L'instabilité constitutionnelle des français doit être comparée au pragmatisme des anglais et des américains : la constitution coutumière anglaise est d'une souplesse qui permet l'évolution, et la constitution américaine, qui est de 1787 et qui s'applique depuis 1789, s'amende "naturellement" dans l'intérêt général ... of course.

Ce qui est extraordinaire, pour ne pas dire d'une connerie remarquable, c'est qu'en France on trouve toujours quelques politiciens et/ou publicistes pour penser qu'une nouvelle constitution, une VIème république, permettrait, enfin, au peuple tout entier, d'atteindre, enfin, au bonheur, probablement pour l'éternité ... (par exemple Arnaud Montebourg, François Bayrou, Olivier Duhamel ...), alors que quelques modifications seraient suffisantes pour clarifier, par exemple, les rapports entre le président de la République et son Premier ministre. Il n'est pas nécessaire de changer de République pour celà ...

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(Décembre 2005) M. Bayrou se prononce pour une VIe République

L'idée du passage à une VIe République était jusque-là liée à Arnaud Montebourg (ex-Nouveau Parti socialiste). Le président de l'UMP, François Bayrou, a repris ce concept à son compte, vendredi 16 décembre (2005).
"La République vers laquelle nous devons aller, je l'appelle VIe République pour montrer qu'il faut tourner la page de la Ve République (...) parce qu'elle a connu beaucoup d'échecs", a déclaré le président de l'UDF, François Bayrou, lors d'un colloque sur les institutions organisé par son parti à l'Assemblée.

Il a brossé un tableau sévère de la Ve République, où "la concentration des pouvoirs va aujourd'hui de pair avec l'impuissance du pouvoir", et où "la représentation du peuple n'est pas assurée". "Tout le monde a voté pour le président de la République, pourtant il se tient en retrait, dans le silence pendant des mois. Et personne n'a voté pour le premier ministre, qui est chargé de gouverner", a-t-il regretté, parlant de "principes monarchiques".

"ESPRIT DE RENAISSANCE"

C'est pourquoi il faut renforcer les responsabilités du président, qui resterait élu au suffrage universel mais serait chargé, à la place du gouvernement, de "déterminer et de conduire la politique de la nation", a-t-il proposé. Le gouvernement mettrait en oeuvre cette politique. Il reviendrait aussi au président de "nommer les ministres et de mettre fin à leurs fonctions".

M. Bayrou ne propose pas pour autant la suppression du poste de premier ministre. Il a estimé "utile" qu'il y ait en France "un coordinateur, un entraîneur". Mais "le premier ministre doit redevenir le premier des ministres. Le chef du gouvernement, c'est le président de la République", a-t-il estimé.

Le chef de l'UDF veut aussi donner aux simples "citoyens" le droit de saisir des institutions telles que Conseil Constitutionnel ou le CSA. Et pour garantir "l'indépendance et l'impartialité" des autorités indépendantes, il propose de faire confirmer la nomination de leurs dirigeants par un vote du Parlement, "à une majorité qualifiée, après audition du candidat proposé". "En tournant la page sur une forme usée de la République, nous allons donner à la France la démocratie dont elle a besoin pour que s'affirme l'esprit de renaissance", a conclu M. Bayrou.

Cette refonte des institutions doit aussi passer pour M. Bayrou par une révision du mode de scrutin : pour l'élection législative - qui est selon lui "l'élection où le pays choisit non pas son cap, mais sa représentation" - "je suis pour la représentation égale entre les territoires et les opinions, la représentation proportionnelle", a-t-il dit. "Le cadre de cette loi territoires/opinions, 50/50, peut parfaitement servir de règle, y compris pour la représentation des départements et des régions", a-t-il ajouté.

Enfin, un autre aspect de cette nouvelle Constitution serait le recours au référendum "lorsqu'il y a crise", ce type de consultation étant "évidemment réservé aux grands sujets".
LEMONDE.FR | 16.12.05 | 17h55, Mis à jour le 16.12.05 | 21h22

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