Michel Charasse, socialiste auvergnat

Janvier 2010 : Le Grand Laïc encore honoré par N.S.
Février 2010 : Michel Charasse nommé au Conseil constitutionnel par son ami et obligé Nicolas Sarkozy
Janvier 2009 : Le sénateur Charasse souhaite que les enseignants fassent moins de fautes d'orthographe
Juillet 2008 : Réforme des Institutions, le sénateur s'amuse
Mai 2008 : "Honoré" d'être exclu du parti socialiste
Avril 2008 : Charasse suspendu ... du P.S.
Avril 2007 : Présidentielle. 2ème tour. Royal contre Sarkozy. Michel embrasse Nicolas ...
Mars 2003 : Le sénateur socialiste Charasse attaque Le Monde
Décembre 2002 : Le sénateur socialiste Charasse défend le Sénat contre le député socialiste Montebourg
Juin 2002 : « Assez des leçons de morale ! » dit MICHEL CHARASSE, sénateur PS du Puy-de-Dôme

L'HYPER-MITTERRANDISTE Michel Charasse reproche à une fraction du PS une attitude scandaleuse et révélatrice.

La promotion de Noëlle Lenoir provoque au PS du grabuge...

Michel Charasse. Je félicite Michel Rocard pour son courage face à la meute (NDLR : dans une lettre au « Monde », l'ancien Premier ministre salue les qualités de l'intéressée, parle de « mises en cause mesquines » et estime que la nouvelle ministre « n'a pas de comptes à rendre » à la gauche). Mme Lenoir n'a conclu aucun pacte d'allégeance avec le PS, dont elle n'est pas membre, et elle a toujours été très correcte dans les missions que les autorités de gauche lui ont confiées. Ses choix personnels ne regardent qu'elle.

« Le peuple a tranché en réélisant Chirac »

En février 1992, Henri Emmanuelli l'avait nommée au Conseil constitutionnel ...

Le président Mitterrand voulait qu'une femme entre enfin au Conseil. Catherine Tasca a refusé. Nous avons alors pensé à Noëlle Lenoir. François Mitterrand a suggéré à Henri Emmanuelli, président de l'Assemblée nationale, de la désigner. Ce qu'Henri a fait.

Raymond Forni parle aujourd'hui de « trahison »...

Mais qu'est-ce que cette violence dans une République libre et démocratique ? En 1988, j'ai été membre d'un gouvernement Rocard dont faisaient partie des gens venus de la « société civile » et de sensibilité plutôt « centriste ». Personne n'a rien dit à gauche, en tout cas pas sur ce ton. Y aurait-il donc de « bons traîtres » quand ils viennent de la droite et de « mauvais », qu'on jette aux loups, quand ils font la route en sens inverse ? Mme Lenoir a bien le droit de ne plus être d'accord avec nous, et d'être sur ce point comme la majorité des Français.

Qui visez-vous ?

Tous ceux qui, depuis 1997, n'ont pas cessé de lasser tout le monde avec leurs leçons de morale quotidiennes, et qui oublient qu'ils ont perdu les élections ! Tous ceux qui palabrent à longueur de temps sur l'impunité pénale du président Chirac, et qui préfèrent battre la m... avec un bâton plutôt que leur coulpe avec humilité. N'en déplaise à certains, la justice est rendue « au nom du peuple français ». Or le peuple a tranché en réélisant le président Chirac, et en lui donnant une énorme majorité parlementaire. Les Français attendent que nous passions à des choses qui leur semblent plus importantes et plus urgentes.

Pour Arnaud Montebourg, la nomination de Mme Lenoir est un « renvoi d'ascenseur » après la décision du Conseil constitutionnel sur le statut du chef de l'Etat...

Passée presque inaperçue à l'époque, cette décision semble avoir été adoptée à l'unanimité des membres du Conseil constitutionnel, ceux désignés par la gauche comme par la droite. Si j'avais été au Conseil, j'aurais voté comme eux.

Le Conseil a proclamé l'immunité du chef de l'Etat !

Faux, archifaux ! Saisi du traité sur la Cour pénale internationale, le Conseil a constaté que la Constitution prévoyait des procédures particulières pour poursuivre et juger les parlementaires, les ministres et le président. Il a estimé que ces règles particulières n'étaient pas compatibles avec le traité : nous sommes allés à Versailles pour modifier la Constitution. S'agissant du président, le Conseil a fait une analyse stricte, rigoureuse et parfaitement honnête du texte de la Constitution : pendant qu'il est à l'Elysée, le président ne relève que d'un seul tribunal ­ la Haute Cour de justice ­, soit pour les actes de sa fonction et qualifiés de haute trahison, soit pour des infractions commises avant son élection. Le Conseil a été très clair : le président ne bénéficie d'aucune immunité pénale, et il peut être jugé à tout moment. L'Assemblée nationale et sa majorité de gauche avaient donc le pouvoir de renvoyer le président en Haute Cour, et de poser la question au Sénat : elles ne l'ont pas fait, et la gauche n'a même pas pu se mettre d'accord pour engager la procédure. Il faut arrêter de raconter n'importe quoi aux Français.

Vous êtes très remonté !

On a fait hier un procès au Conseil constitutionnel parce qu'il était présidé par Roland Dumas. On en fait un aujourd'hui à M m e Lenoir parce qu'elle entre dans un gouvernement qui déplaît à la gauche. La République a des règles, et je ne suis pas un républicain à géométrie variable. Je suis de ceux qui la défendent tout le temps, et pas seulement quand il y a le feu. Et je combats les raisonnements qui voudraient que la justice soit un instrument de la vengeance politique.
Propos recueillis par Dominique de Montvalon et Bruno Seznec, Le Parisien, lundi 24 juin 2002, p. 6.

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La guerre Charasse-Montebourg
Echanges acerbes sur la légitimité du Sénat.

En d'autres temps, ce duel-là se serait réglé sur le pré. A coups de rapière. En ce début de XXIe siècle, avec pour décor la préparation du congrès du PS de Dijon, en mai, l'échange entre Michel Charasse et Arnaud Montebourg est seulement épistolaire. Mais c'est du brutal. «Fasciste», accuse le premier. «Suppôt de la droite», réplique le second en substance.

Tout commence le 17 novembre (2002). A la tribune du congrès de la Convention pour la VIe République, qu'il préside, Arnaud Montebourg lance : «Au Sénat, on ne peut être battu au suffrage universel, puisque c'est un endroit où il n'y a pas d'électeurs.» Le député de Saône-et-Loire ne fait là qu'expliciter ce qu'affirmait Lionel Jospin en son temps : «Le Sénat est une anomalie.» Trois jours plus tard, Montebourg intervient à l'Assemblée pour brocarder le projet Raffarin sur la décentralisation. Au passage, il scande que «les grands électeurs votent souvent en ne faisant pas de politique. Ils votent donc le plus souvent à droite [...]. De sorte qu'aujourd'hui les sénateurs sont des parlementaires sans électeurs, qui ne rendent des comptes à personne». Et il ajoute : «Le scandale des neuf années de mandat fait de cette chambre une chambre illégitime parce que antidémocratique.» Le député, qui sent qu'il y est allé fort, s'adresse par courrier le 22 novembre à ses «camarades» sénateurs PS: «Attaquer un système n'a jamais signifié d'impliquer les hommes et les femmes qui en sont les sujets.» Un rien jésuite.

Une mise au point qui ne calme pas l'ire de Charasse. Le sénateur juge, dans une lettre datée du 29 novembre, «la prise de position» du député «injurieuse» et «démagogique». Le 14 décembre, il reprend la plume. Et Charasse conclut la missive adressée à son adversaire comme à ses collègues sénateurs par ces mots : «La démagogie et l'antiparlementarisme sont la marque des esprits et des régimes fascistes. Ils sont toujours fondés sur le mensonge.» Le sang de Montebourg ne fait qu'un tour. Dans une réponse en date du 20 décembre, il conseille à son interlocuteur «d'employer [son] agressivité à l'égard de la droite sénatoriale et gouvernementale. Nous sommes un grand nombre à penser que vous préférez la fréquentation de ses intérêts, de ses membres et de ses palais». Pour le moment, personne n'est mort sur le pré. Mais l'ordalie n'est pas finie.
Libération, Par Didier HASSOUX, samedi 21 décembre 2002, p. 15

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MICHEL CHARASSE , sénateur PS du Puy-de-Dôme : « J'attends que la justice dise la vérité »

ALORS QUE Jean-Marie Colombani, directeur de la publication du « Monde », annonce, dans « la Vie », que « des plaintes seront déposées cette semaine » à la suite de la publication du livre de Pierre Péan et Philippe Cohen (« la Face cachée du Monde »), Michel Charasse, ancien ministre du Budget et membre fondateur de l'institut François-Mitterrand, s'explique.

Avez-vous lu le livre de Péan-Cohen ?
Michel Charasse. Si ce qu'écrivent ces deux auteurs se révèle exact, je suis accablé. Ce journal, qui était le journal de référence de ma jeunesse, le compagnon de lecture de mes années étudiantes, est tout simplement devenu un journal ordinaire, banal, commercial qui, depuis des années, balade ses lecteurs en leur faisant croire qu'il est au-dessus de la mêlée. Comme tous ceux qui ont été trompés, j'attends maintenant que la justice nous dise la vérité. J'attends aussi que les commissaires aux comptes du journal se prononcent sur son réel état financier. Si j'étais salarié au « Monde », je m'interrogerais sur mon avenir. Au vu de l'analyse financière de Péan-Cohen, qui n'a pas été démentie sérieusement à ce jour, l'introduction en Bourse s'annonce périlleuse. Comment feront-ils pour rembourser les obligations reconvertibles en actions ? Dans la situation actuelle, « le Monde » risque peut-être la déconfiture.

« Ma déception va bien au-delà de François Mitterrand ! »

Votre critique n'est-elle pas dictée par la colère de François Mitterrand contre « le Monde » ?
Ma déception va bien au-delà de François Mitterrand ! On découvre que ceux qui, depuis des années, font la morale à la terre entière ne seraient pas au-dessus de tout soupçon. C'est insupportable. C'est comme si on découvrait que ceux que l'on prenait pour des moines soldats font aussi des partouzes ! Le contentieux Mitterrand-« le Monde » n'est qu'un des épisodes des dérives dénoncées par Péan-Cohen. C'est vrai, François Mitterrand n'aimait pas « le Monde ». Il en riait souvent et appelait Colombani « papatte de mouche ». Il avait aussi l'habitude de dire « le Monde suggère telle chose, eh bien je vais faire le contraire pour être sûr de ne pas me tromper ». Fin 1994, le journal a écrit un article pseudo-médical sur son état de santé expliquant qu'il n'était plus en état de gouverner. Mitterrand m'appelle, et me dit avec humour : « Michel, appelez vite un prêtre. » C'est ce jour-là que je lui ai suggéré de supprimer les cinquante abonnements de l'Elysée au kiosque du coin.

Vous demandez que « la justice dise la vérité »…
Péan et Cohen écrivent que « le Monde » a fait du lobbying auprès du gouvernement Jospin en faveur des NMPP, l'organisme de diffusion des journaux. Puis « le Monde » serait allé réclamer aux NMPP des honoraires de lobbying d'un million. Mais imaginez une seule seconde qu'un homme politique fasse cela ! On aurait déjà ouvert une enquête. Avec l'affaire des NMPP que j'ai lue avec attention, les deux auteurs décrivent en détail une opération de corruption. Si ce qu'ils dénoncent est vrai, cela relève, à l'évidence, de la justice pénale. Mais il ne faut pas désespérer des juges, même si certains écrivent dans ce journal. Je souhaite qu'on sache la vérité, comme pour les politiques qui ont fait la même chose.

Le directeur du journal indique que les commissaires aux comptes des NMPP et du « Monde » ont validé les « opérations »…
Mais à Urba aussi, il y avait des factures, et tout était clair légalement ! Je répète que, si un homme politique était allé chercher un million aux NMPP pour une action de lobbying après être intervenu à Matignon, on crierait au scandale. Et on aurait raison. Si c'est vrai, la justice doit faire toute la lumière.

« C'est curieux. Le dossier est vide »

Péan-Cohen affirment que vous avez été sollicité du temps où vous étiez ministre du Budget par Jean-Marie Colombani pour un dossier fiscal…
Franchement, je ne me souviens pas de la nature de cette intervention. Je revois encore mon chef de cabinet me dire qu'il avait été approché par Colombani sur un problème fiscal. Je ne me souviens pas lui avoir donné la moindre instruction. Je ne sais pas ce qui s'est passé, et je n'en ai plus entendu parler jusqu'au livre. J'ai donc fait faire des recherches récemment aux archives de mon cabinet, à Fontainebleau, et on m'a dit qu'il y avait bien un « dossier Colombani ». C'est la preuve que mon cabinet a été saisi d'une demande d'intervention.

Que contient ce dossier ?
C'est assez curieux : il est vide. Il ne reste dans la chemise « Colombani » qu'un papier sans importance. J'ignore qui aurait pu mettre la main sur son contenu, et pourquoi. Je m'étonne : c'est tout. S'il ne s'agissait pas de son directeur, je vois déjà le titre du « Monde » : « Le mystère des archives de Fontainebleau ». Vous voyez, pour moi, la leçon de toute cette histoire est simple : si l'on veut donner des leçons de morale, il faut d'abord être irréprochable soi-même. On ne peut pas mélanger l'éthique et le petit commerce.
Propos recueillis par Laurent Valdiguié, Le Parisien, mercredi 05 mars 2003, p. 6

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Michel Charasse suspendu du PS
AFP - Mardi 15 avril, 19h43PARIS (AFP) -

Le sénateur Michel Charasse a été suspendu mardi du PS, après avoir soutenu un candidat à la présidence du conseil général du Puy-de-Dôme qui n'était pas celui choisi par les militants socialistes, a annoncé Bruno Le Roux, responsable des élections au PS.

Cette décision, prise par le bureau national, fait suite à un vote de la fédération PS du Puy-de-Dôme demandant le 11 avril l'exclusion de 18 conseillers généraux, dont Michel Charasse. Ces conseillers avaient voté pour Jean-Yves Gouttebel, réélu le 20 mars à sa propre succession à la présidence du conseil général, alors que les militants socialistes avaient choisi Michèle André, vice-présidente PS du Sénat.

Interrogé par l'AFP, M. Charasse, 66 ans, ancien ministre du Budget et figure de la mitterrandie, n'a pas souhaité réagir.

Le BN a pris trois décisions, a précisé M. Le Roux. "Il a confirmé l'exclusion de Jean-Yves Goutebel". Il a aussi décidé de "suspendre tous les conseillers généraux qui aujourd'hui ne font pas partie du groupe socialiste qui est reconnu par la fédération" de ce département.

Cette sanction, a-t-il expliqué, tombera donc "automatiquement à partir du moment où ils rejoindront le groupe socialiste et se désolidariseront de l'actuel président du conseil général".

Mais s'ils ne rallient pas ce groupe socialiste, "il n'y a pas de possibilité d'appartenance au PS", a dit M. Le Roux.

Le BN a enfin décidé "l'envoi d'une mission la semaine prochaine pour essayer de trouver des voies de sortie de crise", a encore dit M. Le Roux.

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31 mai 2008 9h Michel Charasse considère son exclusion du PS comme "un honneur"

PARIS (AFP) — Michel Charasse, conseiller général et sénateur du Puy-de-Dôme, considère son exclusion du PS mercredi comme "un honneur" et a affirmé dans un communiqué qu'"il n'est pas nécessaire, pour être socialiste, d'appartenir au Parti socialiste".

Figure du mitterrandisme, Michel Charasse avait refusé, comme 17 autres conseillers généraux du Puy-de-Dôme qui ont subi le même sort, un compromis proposé par la direction nationale du PS dans un conflit départemental qui s'était focalisé sur la présidence du Conseil général.

Dans son communiqué publié vendredi et daté de Puy-Guillaume, la commune auvergnate dont il est maire, il a déclaré: "En 46 ans de militantisme au Parti socialiste, au cours desquels j'ai constamment bénéficié de la confiance des électeurs de gauche, je n'ai jamais cédé à aucune pression, à aucun chantage, ni à aucune menace: je ne reconnais aucun autre mandat impératif que celui que me dicte ma conscience".

Relevant les "explications nébuleuses de la rue de Solférino", siège du PS, sur les motifs de la sanction, l'ancien ministre du Budget affirme que "dans la période et dans les circonstances actuelles, cette décision politique est pour (lui) un honneur".

"Fort heureusement, il n'est pas nécessaire, pour être socialiste, d'appartenir au Parti socialiste, ajoute M. Charasse, qui entend rester "fidèle à (ses) convictions, à (ses) amitiés, au message et au souvenir lumineux de François Mitterrand, auquel beaucoup d'amnésiques doivent d'exister encore".

Se disant aussi fidèle "aux électeurs de gauche qui (l)'ont toujours soutenu", l'ex-conseiller de François Mitterrand affirme qu'il continuera "à défendre la République et ses grands principes, spécialement la laïcité, et à remplir jusqu'au bout les missions que (lui) a confiées le suffrage universel".

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Sénat - Charasse chahute ses ex-amis Publié le 03/07/2008 - Modifié le 08/07/2008 N°1868 Le Point Sylvie Pierre-Brossolette

A l’image du Palais du Luxembourg, qui s’est révolté contre le projet de loi de révision constitutionnelle en amendant plusieurs points contre la volonté de Nicolas Sarkozy, Michel Charasse, ancien ministre et sénateur du Puy-de-Dôme exclu du Parti socialiste au mois de mai, s’est complu à clouer au pilori ses ex-amis du PS.

Sur la réforme du « 49-3 », qui prévoyait d’en limiter l’usage, Michel Charasse a défendu cette pratique, dont l’idée aurait été, selon lui, suggérée par le socialiste Guy Mollet au général de Gaulle pour pallier les dérives de la IVe République.

Sur le temps de parole du chef de l’Etat, que la gauche estime devoir être décompté de celui de la majorité, il a jugé que ses amis faisaient également fausse route : qu’auraient-ils à dire si on leur en donnait l’opportunité ?

Enfin, sur le point délicat du partage de l’ordre du jour, ce proche de François Mitterrand, pourtant défenseur des droits du Parlement, a lancé une dernière salve contre les représentants de son ancien parti, leur reprochant d’empêcher un gouvernement de travailler, quelle que soit sa couleur. Le tout sous les applaudissements nourris de la droite. Charasse l’iconoclaste...

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Charasse souhaite que les profs fassent moins de « fautes » Par Julien Martin | Rue89 | 26/01/2009 | 13H50

Michel Charasse, ancien ministre et toujours sénateur du Puy-de-Dôme, n'a pas adressé ses voeux de nouvelle année à Rue89, comme nombre de politiques l'ont fait, mais à Paul Busuttil, directeur de l'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) de Clermont-Ferrand, avec un style très particulier…

Passée la formule de l'homme-de-gauche-qui-combat-le-capitalisme (« J'espère que les riches spéculateurs ne se referont pas, une fois de plus, sur les dos des plus modestes »), ses voeux manuscrits se révèlent bien plus personnalisés :

« En espérant que les enseignants seront enfin formés car pour l'instant ça laisse beaucoup à désirer.
Quand un enseignant m'écrit, je trouve toujours une ou plusieurs fautes d'orthographe et quand il me parle c'est souvent du balbutiement approximatif sauf pour les revendications.
Les IUFM ont été un désastre, mais vous n'y êtes pour rien.
Cordialement. »

S'ils ne contiennent aucune erreur orthographique, pas sûr que les propos de celui qui a été exclu du Parti socialiste en mai ne passent pas pour une faute aux yeux desdits enseignants.

C'est en tout cas l'avis du directeur de l'IUFM concerné. Paul Busuttil a répondu aux voeux du sénateur, « dont les termes [le] surprennent et [le] choquent profondément ». « Cette analyse, résumée dans une formule lapidaire, est la vôtre, mais ne relève d'aucune approche sérieuse d'évaluation. » Et de conclure, en forme de tacle pour la classe politique parisienne : « L'abandon d'une certaine rigueur dans l'expression écrite et orale de nos contemporains (…) atteint même des personnalités en charge des plus hautes fonctions dans notre pays. » (notedt, le Président Sarkozy ? non !)

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Charasse, gardien du pouvoir LE MONDE | 24.02.10 | 10h11 • Mis à jour le 24.02.10 | 17h08

Il avait fini par ne plus y croire et, plein de fureur, était reparti ronchonner dans son coin. Et puis, mardi en fin de matinée, Nicolas Sarkozy l'a appelé : "Finalement, je suis parvenu à mes fins. Tu es le meilleur. Tu iras au Conseil constitutionnel." Et Michel Charasse a retrouvé cette allure joviale qui est son bouclier le plus efficace.

Il attendait cet adoubement depuis longtemps. Le jour où ils en ont parlé la première fois, Nicolas Sarkozy n'était même pas encore élu. La France entrait dans l'entre-deux-tours de la présidentielle, et Michel Charasse avait convié, le 27 avril 2007, le candidat UMP dans sa mairie de Puy-Guillaume, au cœur de l'Auvergne.

Quelques jours auparavant, Jean-Marie Le Pen avait dénoncé en ciblant Nicolas Sarkozy, "un candidat venu de l'immigration", et Charasse s'était étonné que la gauche ne réagisse que mollement. Tout le monde regardait donc l'ancien mitterrandiste donner l'accolade à celui qui faisait la course en tête.

Ségolène Royal pouvait toujours courir pour obtenir la même faveur : "J'ai tout de même voté pour elle, rit-il aujourd'hui, mais ça m'a coûté !"

Ce que personne ne vit, ce jour-là, ce fut cet hameçon en forme de rêve que le futur président lança vers lui : "Et le Conseil constitutionnel ? Ce serait bien que tu y ailles…" Michel Charasse releva ses lunettes, réfléchit une seconde avant d'avouer : "Oui, cela m'intéresse."

Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy entrait à l'Elysée. Depuis, Michel Charasse n'a plus cessé d'y penser. Lors de ses pêches légendaires au lac Chauvet, lorsqu'il retrouve de vieux Auvergnats qui taquinent avec lui l'omble chevalier. Lors de ses chasses à Chambord où il côtoie les affidés de tous les pouvoirs.

"CELA FAIT LONGTEMPS QU'IL JOUE SA CARTE PERSONNELLE"

Déjà, en 1994, François Mitterrand avait caressé pour lui la même idée. Robert Badinter devait quitter le Conseil en mars de l'année suivante et c'était la dernière chance du président socialiste de nommer un homme de gauche avant de quitter l'Elysée.

Michel Charasse, licencié en droit et diplômé de Sciences Po, était depuis 1981 son conseiller sur les questions constitutionnelles. Il avait 54 ans. Il fit ses calculs. S'il entrait au Conseil constitutionnel, il en sortirait à 63 ans, sans plus aucun mandat électif. Un enterrement de première classe.

Il déclina l'offre et François Mitterrand nomma Roland Dumas en soupirant ces quelques mots : "Tous les chefs d'Etat ont leur Talleyrand. Le mien, c'est Dumas." Mais maintenant, qu'il a "68 ans et demi", dit-il comme un enfant, c'est une belle fin de carrière.

Cela ne le préoccupe pas d'avoir été porté là par la volonté de Nicolas Sarkozy. Lui qui s'était inscrit à 21 ans à la SFIO, il s'est largement éloigné des socialistes depuis que le PS l'a exclu en 2008 pour avoir soutenu un candidat dissident à la présidence du conseil général du Puy-de-Dôme.

"Cela fait longtemps qu'il joue sa carte personnelle, assure un cadre du parti. Il a connu le cœur du pouvoir avec Mitterrand. Il est prêt à se rapprocher de Sarkozy pour y rester."

La droite, elle, a appris depuis longtemps à le connaître. Son goût de la chasse, des cigares, son provincialisme affiché et sa détestation de "tous les glandus de Parisiens qui ne savent pas conduire dans Paris dès qu'il y a trois grains de neige", ses interventions tranchées au Sénat lui ont valu une certaine popularité.

Personne n'ignore sa camaraderie avec le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux, "un copain dans mon département", dit-il. Quant au président… Il le connaît depuis la cohabitation de 1993, lorsque Nicolas Sarkozy lui succéda quasiment au ministère du budget, une fois la droite arrivée à Matignon : "Il était l'homme de Balladur, j'étais, avec Védrine, celui de Mitterrand. Nous sommes devenus tout naturellement amis."

Pendant deux ans, ils ont déjeuné ensemble presque chaque semaine dans le petit appartement de fonction dont disposait Michel Charasse à l'Elysée. La période était délicate. François Mitterrand luttait contre son cancer. Il n'était alors pas rare que Michel Charasse passe la nuit au cœur du palais avec, posé à côté de son lit, un petit téléphone blanc le reliant directement à l'appartement présidentiel.

Combien d'heures a-t-il passé à conjurer la mort qui rôde en philosophant avec François Mitterrand qui, lorsqu'il dormait parfois à l'Elysée, se réveillait, pris par de terribles crises d'angoisse ?

En somme, Nicolas Sarkozy a compris depuis longtemps qu'il tenait avec Michel Charasse, non seulement un amateur de la complexité mitterrandienne, mais aussi un politique capable de conjuguer pouvoir et droit. Une forte personnalité aussi. Derrière son style Almanach Vermot, Charasse est un laïque militant. Du genre à rester à la porte des églises même pendant un enterrement.

C'est aussi un jacobin qui a voté en 2008 contre la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. Et un ardent défenseur du pouvoir présidentiel et du statut pénal du chef de l'Etat. Il est ainsi l'un des rares à avoir dénoncé, en décembre, le renvoi en correctionnelle de Jacques Chirac.

A Bercy, les fonctionnaires se souviennent encore que ce bon connaisseur de la loi fiscale pouvait d'un geste épargner un gros contribuable ou au contraire déclencher contre lui un contrôle dévastateur. Ce mélange-là peut-il créer des remous parmi les "sages" ? "Cela mettra au moins un peu d'ambiance", assure un haut fonctionnaire du Conseil.

Ce connaisseur intime du pouvoir n'a cependant jamais hésité lorsqu'il lui fallait trancher entre la vérité et l'intérêt politique. C'est lui que François Mitterrand avait chargé dès 1987 de trier ses archives. Charasse passa ainsi des années à consulter, classer ou détruire dans sa broyeuse des milliers de papiers afin de conserver les secrets et d'éliminer les médiocrités qui pourraient entacher la légende mitterrandienne. "PAS DE SERMENT D'ALLÉGEANCE À L'ÉGARD DU PRÉSIDENT" Depuis qu'il aspire à rejoindre le Conseil constitutionnel, Michel Charasse a déjà préparé sa succession politique dans le Puy-de-Dôme. L'Auvergne gardera cependant un Charasse : Gérard, son cousin, est député de l'Allier. Il a aussi entrepris de lire le compte rendu des débats du Conseil, de 1958 à 1983, que son président, Jean-Louis Debré, a fait publier. Le fils d'employé de l'imprimerie de la Banque de France a pu y constater, assure-t-il, "que ceux que l'on aurait pu croire les plus fieffés réactionnaires ont un grand sens de l'intérêt général".

Il a aussi regardé attentivement le parcours des autres membres du Conseil. Il retrouvera là, notamment, Valéry Giscard d'Estaing, compagnon d'Auvergne, Jacques Chirac, côtoyé depuis la première cohabitation en 1986, Jean-Louis Debré vingt fois rencontré, ou Renaud Denoix de Saint-Marc avec lequel il chasse.

Il sera alors le seul à venir de la gauche. Cela l'amuse et le flatte. Le Parti socialiste ne se fait pourtant pas d'illusion. Michel Charasse n'a cessé d'affirmer, ces dernières années, que le PS n'était ni assez laïque ni assez républicain pour lui.

Il ne sera sûrement pas son représentant ni même son informateur au Conseil. Il assure qu'il "n'a pas non plus prononcé de serment d'allégeance à l'égard du président". Et lorsque les sarkozystes tentent de le sonder sur ses fidélités, il rétorque en riant : "Je vous jure que la France n'aura pas à se plaindre de moi…"
Raphaëlle Bacqué Article paru dans l'édition du 25.02.10

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Légion d'honneur pour Charasse, Amara et Chibret newsauvergne.com 2 janvier 2011

C'est la tradition... Chaque année, la promo du nouvel An de l'ordre de la légion d'honneur apporte son lot de médaillés prestigieux dans la région.
Cette fois, trois Auvergnats sortent du lot. Dans le monde politique, cela concerne d'abord deux personnes au départ étiquetées à gauche, mais promues par un gouvernement de droite.

Il s'agit en premier lieu de Michel Charasse, ancien maire de Puy-Guillaume (Puy-de-Dôme), nommé chevalier sur le quota du ministère de l'Intérieur. Si la distcinction peut paraître tardive pour l'ex-proche de Mitterrand - qui n'a par ailleurs jamais caché son amitié pour Sarkozy au point de le recevoir dans sa mairie juste avant la dernière présidentielle de 2007 - c'est que députés et sénateuirs ne peuvent prétendre à cette médaille durant leurs mandats. Et Charasse a longtemps siégé au palais du Luxermbourg.

Autre promue de la sphère politique : la Clermontoise Fadela Amara, qui vient de sortir du gouvernement. Elle est nommée au titre du ministère de l'Emploi et de la Santé. Henri Chibret, capitaine d'industrie et fondateur des laboratoires Théa à Clermont-Ferrand, est quant à lui promu officier. Il est également président du FRAC (fonds régional d'art contemporain).

Les autres "épinglés" dans la région sont : Jacqueline Buire (élue à Cournon); Claire Grelet (adjointe au maire de Vichy), Maie-Andrée Perrey (maire de La Chomette, en Haute-Loire); Bernard Barraux (conseiller général de Marcillat-en-Combraille, Allier); et enfin Robert Poughon (président de la chambre d'appel de Riom).

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