Xavier Dugoin

Vers Michel Berson

Novembre 2011 : Toujours dans l'oeil de la Justice
Septembre 2011 : Toujours pas sénateur, mais suspendu de l'UMP, temporairement ?
Juin 2011 : Il veut être de nouveau sénateur ... en septembre ?
Janvier 2011 : Mennecy (Essonne), il démissionne et fait maire son fils

Avril 2010 : Toujours candidat ? à Corbeil ? Contre l'UMP ?

Juin 2009 : Candidat à la Mairie de Corbeil ; "fournisseur officiel de l'Elysée en ministres de l'Outre-Mer"

Mai 2008 : Président du Siarce, vers un retour au Sénat ...
Mars 2008 : Municipales, 33,4% au premier tour ; élu au deuxième tour ; son fils aux finances ?
Janvier 2008 : Il aime les chocolats

Mai 2007 : Demande de carte à l'UMP

Février 2006 : Xavier teste sa popularité à Mennecy

Janvier 2005 : Ostracisme ? J'ai le droit de travailler. La gauche proteste.

Juin 2004 : Sénateur ? Pour quelques bouteilles de vin volées ...

Novembre 2003 : Son ancienne épouse demande réparation
Octobre 2003 : Xavier Dugoin veut redevenir sénateur !
Mai 2003 : Une nouvelle "affaire" pour Xavier Dugoin
Janvier 2003 : Quatre nuits en prison par semaine, pendant six semaines

12 décembre 2002 : Pourvoi rejeté dans l'affaire des vols de bouteilles
06 décembre 2002 : La cour d'appel de Paris indulgente dans l'affaire des emplois fictifs
23 octobre 2002 : Xavier Dugoin, j'ai été un fusible
18 octobre 2002 : Xavier Dugoin prépare son retour
30 janvier 2002 : En appel, confirmation de la prison ferme pour Xavier Dugoin dans l'affaire du vol des 1200 bouteilles de vin du Conseil général

3 juillet 2001 : Nouvelle condamnation
29 juin 2001 : Xavier Dugoin condamné à un an de prison
17 mai 2001 : Le procès de la « corruption généralisée » dans l'Essonne

Le nouveau témoin qui accable Xavier Dugoin.

DEPUIS près de huit ans qu'il épluche le dossier de Xavier Dugoin, Laurent Davenas, le procureur d'Evry, attendait la pièce susceptible d'établir l'implication directe du sénateur de l'Essonne dans une affaire de corruption présumée, bien au-delà des emplois fictifs ou du célèbre rapport sur la francophonie commandée à Xavière Tiberi, l'épouse du maire de Paris. Désormais, cette pièce existe sous la forme d'un procès-verbal accablant qui met directement l'élu en cause pour la première fois et relance la piste du financement politique.
Selon les enquêteurs, un témoin raconte dans ce PV comment Xavier Dugoin a convoyé jusqu'en Suisse une mallette contenant 4 millions de francs (609 796 euros). « Selon ses dires, cet homme était aux premières loges puisqu'il se trouvait dans le bureau du directeur de la banque lors de la remise des fonds, rapporte un proche du dossier. Il a même assisté au comptage des billets. »

« Une collecte »
L'argent ainsi déposé aurait ensuite atterri sur le compte d'une société irlandaise, gérée par une fiduciaire suisse, elle-même filiale du Crédit agricole.
Au tribunal d'Evry, la crédibilité de cet élément nouveau et explosif ne fait pas l'ombre d'un doute et les enquêteurs disposent d'éléments précis à propos de l'origine de ces 4 millions de francs. « Tout indique qu'il s'agissait, disons, du fruit d'une collecte », expliquent-ils pudiquement.
Sur la foi de cette déposition, le parquet d'Evry s'estime d'ailleurs en mesure de relancer l'enquête sur le « manuel de la corruption » découvert le 6 mai 1996 au domicile d'Alain Josse, l'ancien maire RPR de Montgeron, dans l'Essonne.
Ce document expliquait par le menu comment ponctionner 2,5 % de commissions sur les marchés publics passés avec une dizaine de sociétés dans ce département. A l'époque, cette trouvaille avait fait l'objet de l'ouverture d'une enquête préliminaire, mais le dossier n'avait pas progressé. Au parquet d'Evry, le lien entre ce feuillet manuscrit ancien et la déposition plus récente sur le dépôt d'argent sur un compte suisse est évident depuis la découverte d'un autre élément troublant. En 1983, à la faveur du marché de la construction d'une piscine à vagues à Etampes, la société TBS a versé une commission de plus de 900 000 F (137 204 euros) à un proche de Xavier Dugoin et, là encore, les preuves figurent désormais au dossier.
Or c'est précisément en 1983 que le « manuel de la corruption » avait été rédigé. Simple coïncidence ?
Le 18 octobre dernier (2000), la Cour de cassation confirmait la condamnation de Xavier Dugoin à dix-huit mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité dans une affaire d'emplois fictifs. Depuis, les nuages s'accumulent pour l'élu déjà exclu du RPR : fin décembre (2000), le préfet de l'Essonne lui a notifié l'arrêté qui le relève de ses fonctions de maire de Mennecy et des élections auront lieu en mars prochain pour le remplacer.
Aujourd'hui, Xavier Dugoin n'est plus qu'un sénateur en sursis et ses soucis judiciaires ne sont peut-être pas terminés.
Rodolphe Landais, Le Parisien, 3 janvier 2001, p. 11.

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Justice. Evry (Essonne). Le procès de la « corruption généralisée » dans l'Essonne. David Charpentier, Le Parisien, 17 mai 2001.

PAS DE REPIT pour Xavier Dugoin.
L'ancien sénateur-maire (RPR) de Mennecy (Essonne) enchaîne les procès comme un sauteur de haies. A peine sorti de l'affaire de trafic d'alcool pour lequel il a évité de justesse le mandat de dépôt, il comparaît depuis hier et pour quinze jours dans un procès de corruption et d'emplois fictifs dans l'Essonne.
Au total, dix-neuf prévenus ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel d'Evry. Ils sont tous issus du milieu politique ou de Parachini, une entreprise de travaux publics.
Durant cette quinzaine judiciaire, la justice va essayer de démontrer les liens très étroits qui existaient entre tous les accusés. La société Parachini était au coeur d'un système de rémunération occulte au profit de cadres et de membres du RPR de l'Essonne.
Parmi les personnalités politiques figurent des hommes toujours en exercice comme le député-maire (RPR) d'Etampes Franck Marlin ou le député (PS) d'Evry-Corbeil Jacques Guyard.
L'affaire démarre en 1996 et va rapidement prendre trois directions. D'abord, la création de la SIC, une société écran émanant du groupe Parachini et qui a servi à rémunérer des collaborateurs de Xavier Dugoin, mais également l'ancienne secrétaire de Jacques Guyard.
Dans le même temps, les enquêteurs ont porté leur attention sur le marché de la piscine à vagues d'Etampes. Un marché évalué à 20 millions de francs (3 millions d'euros) et dans lequel la justice soupçonne des malversations.
Enfin, le nom de Parachini apparaît également dans le « manuel de corruption » découvert chez l'ancien maire RPR de Montgeron et vice-président du conseil général, Alain Josse. Ce dernier, cité comme témoin par le parquet, ne devrait pas se rendre au tribunal. Dans ce document qui porte la signature de Xavier Dugoin étaient fixés les montants des commissions occultes à prélever auprès des entreprises « amies ».
Pour démêler tous les fils de cette affaire, le juge d'instruction Jean-Marie d'Huy avait incarcéré en préventive Jean-Louis Campredon, ancien maire de Saintry-sur-Seine et vice-président RPR du conseil général pendant trois mois à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Marie Baca, collaboratrice au cabinet de Xavier Dugoin, avait connu le même sort la veille du jour de Noël 1996.

« Les hommes politiques se croyaient au-dessus des lois »
Hier, le premier jour d'audience a été consacré aux salaires fictifs de Franck Marlin et de Marie Baca. Le député-maire d'Etampes a reconnu avoir perçu 293 000 F (44 667 €) de septembre 1991 à mars 1993. La société SIC lui versait ces salaires sans qu'il y exerce une quelconque fonction. « Je me présentais aux élections régionales de mars 1992 et la loi obligeait les membres d'un cabinet à quitter leur fonction six mois avant le scrutin», a-t-il expliqué à la barre. « C'est le procès d'une époque où les hommes politiques se croyaient au-dessus des lois », a commenté après cette rude journée Franck Marlin.

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Xavier Dugoin condamné à un an de prison

A 14 HEURES, HIER (29 juin 2001), l'ex-sénateur (RPR) Xavier Dugoin, ancien président du conseil général de l'Essonne, n'était pas présent lors du jugement prononcé par le tribunal correctionnel d'Evry dans l'affaire de « la cave à vins ». Après avoir prononcé une peine d'un an de prison ferme et 250 000 F (38 112 €) d'amende à son encontre, le président Eric Gillet a demandé l'arrestation de Xavier Dugoin, « en raison de son absence lors du jugement ». L'ex-sénateur a annoncé hier qu'il allait se constituer prisonnier. Les larmes aux yeux, son fils Jean-Philippe n'a pas souhaité faire de commentaires. Lui aussi a été condamné dans la même affaire, à quatre mois de prison avec sursis. Dans la nuit du 27 au 28 février 1998, un mois avant la défaite de la droite aux élections cantonales, les deux hommes avaient soustrait plus de 1 200 bouteilles de vins de grands crus dans les caves du conseil général, que Xavier Dugoin présidait depuis 1988. Ces bouteilles avaient ensuite été revendues à divers clients, par le biais d'un savant système de fausses factures et de sociétés écrans étrangères, avant de revenir en argent liquide blanchi sur les comptes de Xavier Dugoin. Celui-ci a nié jusqu'au bout, malgré de nombreux témoignages accablants lors du procès, dont celui d'un intermédiaire, qui a reconnu lui avoir remis 250 000 F en liquide. Xavier Dugoin n'a pas le choix. S'il veut faire appel du jugement, il doit se constituer prisonnier. A moins qu'il n'envisage de prendre la fuite. Hypothèse qu'il rejetait hier. Ce n'est qu'en prison qu'il pourra ensuite demander la levée d'écrou. Cette solution semble privilégiée par des proches : « Il n'est pas en fuite, il est tout près. Il ne voulait pas se faire passer les menottes aujourd'hui, devant tout le monde. Mais il devrait se rendre plus tard. »

« Cette sanction est disproportionnée »
De son côté, son avocat explique que Xavier Dugoin « se repose ». « Nous allons faire appel et introduire une requête pour lever le mandat d'arrêt », explique M e Rodolphe Bosselut. L'avocat ne cache pas sa stupéfaction devant le jugement : « Je suis soufflé. Cette sanction est parfaitement disproportionnée. Mais cela ne m'étonne pas, dans le climat de vendetta que connaît le tribunal d'Evry actuellement. » M e Bosselut évoque l'enchaînement de plus en plus serré des procès visant l'ancien homme fort du département. Il a déjà été condamné à des peines de prison avec sursis (trois ans et dix-huit mois) en 1999 et 2000 pour des emplois fictifs accordés à de nombreuses personnes au conseil général, dont son épouse et Xavière Tiberi, qui a toutefois échappé à une possible condamnation grâce à une annulation de procédure. Mardi, un jugement sur une autre affaire d'emplois fictifs attend Xavier Dugoin, qui n'est plus aujourd'hui qu'un simple justiciable, déchu de ses mandats de sénateur et de maire.
Sébastien Ramnoux, Le Parisien, 30 juin 2001, p. 13.

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Nouvelle condamnation pour Xavier Dugoin

XAVIER DUGOIN n'était pas là. Incarcéré à Fleury-Mérogis depuis dimanche soir pour une affaire de trafic d'alcool, l'ancien homme fort du département a refusé d'être extrait de sa cellule pour assister hier à un nouveau jugement du tribunal correctionnel d'Evry. La justice rendait ses décisions dans les affaires de salaires fictifs et de corruption dans le département de l'Essonne au temps de l'ère Dugoin. Au total, dix-neuf prévenus avaient comparu dans ce procès-fleuve de quinze jours. Mais une partie des faits reprochés sont tombés sous le coup de la prescription.

L'ancien sénateur maire RPR de Mennecy a écopé d'une peine de dix-huit mois de prison avec sursis et de 700 000 F (106 714,31 €) d'amende. Dans ses réquisitions, le parquet avait été plus sévère à l'égard de l'ex-président du conseil général. A son encontre, le procureur avait notamment demandé trois ans de prison ferme.

C'est Me Jean-Michel Pradalié qui a porté la nouvelle du jugement à Xavier Dugoin à Fleury-Mérogis. « Il a très bien pris la nouvelle, mais vous savez ce n'est pas le genre de personnes à s'épancher, rappelle l'avocat menneçois. La discussion dans le parloir a duré une bonne heure et il réfléchit pour le moment à un éventuel appel de la décision mais rien n'est arrêté. »

Aucune peine de prison ferme n'a été prononcée à l'égard des dix-huit autres prévenus. En revanche, les peines d'amende sont lourdes, notamment à l'encontre des chefs d'entreprise impliqués dans le versement de ces salaires fictifs. Philippe Moncany, ancien directeur commercial de Parachini et son directeur général François Reynaud ont écopé respectivement de peines de prison avec sursis et de 400 000 et 500 000 F d'amendes.

Condamné pour recel d'abus de biens sociaux à dix-huit mois de prison avec sursis, Franck Marlin n'était pas présent hier à Evry. Le tribunal n'a pas retenu les charges de trafic d'influence et de prise illégale d'intérêt. Le député maire (RPR) d'Etampes a donc échappé à une peine d'inéligibilité et semble se contenter de la décision du tribunal puisqu'il a décidé de ne pas faire appel.
D.C., Le Parisien, 4 juillet 2001, p. III.

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Prison ferme confirmée pour Xavier Dugoin

LA 9e CHAMBRE de la cour d'appel de Paris a confirmé, hier (30 janvier 2002), la peine de un an d'emprisonnement ferme, prononcée le 29 juin dernier (2001) par le tribunal d'Evry (Essonne) à l'encontre de Xavier Dugoin.
L'ancien sénateur et président (RPR) du conseil général de l'Essonne est reconnu coupable d'avoir volé, puis revendu, 1 200 bouteilles de vins et d'alcool appartenant au conseil général.
Résigné, l'ancien baron gaulliste s'est présenté à l'audience son sac à la main, prêt à retourner en prison. Le 1er juillet, il avait été en effet incarcéré à la maison d'arrêt de Flewy-Mérogis, sur ordre du tribunal d'Evry, qui avait prononcé un mandat de dépôt à la fin de son jugement
Ce mandat avait été cassé par la chambre de l'instruction une semaine après et Xavier Dugoin avait pu sortir après 75 jours d'incarcération après avoir réglé sa caution. Hier, la cour d'appel n'a pas ordonné de mandat de dépôt Son avocat devrait bientôt se pomvoir en cassation, un appel suspensif qui lui évite de retourner en prison.

Dans leur jugement, hier, les juges d'appel ont confirmé une autre peine, celle de quatre mois de prison avec sursis pour son fils Jean-Philippe, qui l'avait aidé à déménager la cave.
Mais les magistrats ont ajouté que cette peine ne serait pas oinscrite à son casier judicaire.
Une chance offerte au jeune homme, qui tente de recommencer sa vie comme directeur de cabinet du maire (RPR) de Montereau (Seine-et-Marne), Yves Jégo. Les deux autres coaccusés ont vu eux aussi leurs peines de prison avec sursis confirmées, avec cependant des réductions d'amende.
Sébastien Ramboux, Le Parisien, 31 janvier 2002, p. 15 et le supplément Essonne p. II

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Xavier Dugoin prépare son retour

BEAUCOUP l'avaient cru « mort politiquement » après l'été 2001 qui a vu Xavier Dugoin passer plus de deux mois derrière les barreaux de Fleury-Mérogis, condamné pour avoir pillé mille deux cents bouteilles d'alcool dans la cave du conseil général de l'Essonne. C'était mal connaître l'incroyable ténacité de cet « animal politique » qu'est l'ex-homme fort du département. C'est à Corbeil-Essonnes, sur les terres de son ancien allié au conseil général Serge Dassault, que le phénix a décidé de renaître.
Déchu de ses mandats de sénateur et de maire (RPR) de Mennecy en 2000 après de multiples condamnations pour emplois fictifs, redevenu simple citoyen, l'ancien président du conseil général fait un retour remarqué sur la scène politique. Dans quelques semaines, il s'apprête à inaugurer sa nouvelle permanence, nichée au coeur du quartier sensible des Tarterêts. Officiellement, Xavier Dugoin fait de « l'associatif ».

« La nouvelle frontière politique est ici, dans ces quartiers multiculturels et multiethniques, explique-t-il. Aux Tarterêts, il y a douze mille habitants et seulement trois commerces ! Si personne ne s'occupe de ces gens, la fracture sociale ne pourra que s'empirer. » Xavier Dugoin s'engage donc à vivre aux Tarterêts, où il vient de relancer une ancienne association, Tarterêts demain, qu'il avait déjà créée en 1995. Un petit journal de ses activités va même être distribué réglièrement à partir de la semaine prochaine.
Dans le milieu politique essonnien, personne n'est dupe. Tout le monde sait que, en 2004, le siège de conseiller général des Tarterêts, actuellement détenu par le communiste Bruno Piriou, est renouvelable. Et la perspective d'une candidature de Xavier Dugoin commence à échauffer les esprits : « Il dit partout qu'il vient à Corbeil avec mon accord, c'est faux ! s'emporte le maire UMP Serge Dassault. Je n'ai rien à voir avec ça et je ne ferai rien pour l'aider. » Dans l'entourage du maire, les accusations fusent : « Dugoin se voit déjà conseiller général, puis élu sur la liste de Serge Dassault en 2007 avant de lui prendre le fauteuil ! Il oublie que le patron, c'est Dassault. »
Xavier Dugoin n'en a cure. L'homme multiplie les contacts, consulte les associations locales, fait les marchés, serre des mains. Un exercice politique dans lequel il s'est toujours révélé redoutable. « Je le répète, je ne suis candidat à rien, mais je ne m'interdis rien. A 56 ans, on n'est pas fini. Je recommence une nouvelle vie, je ne peux quand même pas être banni à perpétuité ! »
Sur ce point, ce sera à la justice d'en décider. Xavier Dugoin est toujours sous le coup de huit mois de prison à effectuer. Il compte sur les juges pour ne pas y retourner et obtenir un aménagement de peine. En attendant, il continue de fréquenter les salles d'audience des palais de justice : aujourd'hui s'achève à Paris le procès en appel des emplois fictifs du conseil général de l'Essonne, quand il en était le président. En première instance, il avait été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et à 106 700€ (700 000 F) d'amende.
Sébastien Ramnoux, Le Parisien , vendredi 18 octobre 2002, Essonne page V.

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« J'ai été le fusible d'une guerre au sommet du RPR »

Après son dernier procès qui s'achève aujourd'hui, Xavier Dugoin compte revenir en politique lors des cantonales de mars 2004.

XAVIER DUGOIN revient. L'ancien président RPR du conseil général de l'Essonne, condamné dans quatre affaires, annonce son retour en politique. Ni l'affaire des emplois présumés fictifs de Xavière Tiberi, ni l'affaire de sa femme de ménage, de ses billets d'avion et du salaire de sa femme, ni l'affaire du vol de bouteilles de vin dans la cave du conseil général, qui lui a valu une condamnation à un an de prison ferme, n'ont entamé ses ambitions.
Dans une quatrième affaire d'emplois fictifs via une entreprise de BTP, son avocat, Me Rodolphe Bosselut, plaide ce matin (23 octobre 2002) devant la cour d'appel de Paris. Vendredi, l'avocat général a requis contre l'ancien élu de l'Essonne entre dix-huit mois de prison avec sursis et deux ans de prison, « dont une partie ferme ». Au premier rang, Xavier Dugoin n'a pas bronché.
« Ruiné », exclu du RPR et déchu de son mandat de sénateur, il a décidé de « repartir de zéro ». Et de régler ses comptes.

Vous êtes jugé aujourd'hui pour la dernière « affaire » du conseil général de l'Essonne, dont vous avez été le président pendant dix ans. Avez-vous renoncé à la politique ?
Xavier Dugoin. Pas du tout ! Je viens d'acheter un appartement de trois pièces dans la cité des Tarterêts à Corbeil. J'ai réactivé une association de quartier, et je lance un journal de la cité. Je « reviens ». Ma peine d'inéligibilité s'arrête en janvier 2004, je ne m'interdis rien pour les cantonales de mars 2004. Qui sait, le conseil général de l'Essonne, aux mains de la gauche, pourrait rebasculer à droite. J'ai 56 ans, une nouvelle vie s'offre à moi !

Comment vos collègues prennent-ils ce « retour » ?
Je fais peur à tout le monde. Il semble que Serge Dassault à la mairie de Corbeil et son entourage voient d'un assez mauvais oeil mon implantation dans leur zone. Mais il y a tellement de choses à faire en matière d'intégration et de scolarité qu'il y a de la place pour tous ! Serge Dassault devrait au contraire se féliciter de ma présence sur la ville. Je suis une sorte d'aubaine pour lui !

« On m'avait demandé d'embaucher ces gens, je l'ai fait »

Feriez-vous les choses différemment aujourd'hui à la tête du conseil général ?
Je suis un dinosaure d'une époque révolue, où les règles de financement des partis n'existaient pas. J'avais pour mission de « RPR-iser » le département de l'Essonne. Comment croyez-vous que l'on fasse de la politique ? Pas avec l'air du temps. Et ce n'est pas l'argent de la rue de Lille qui pouvait suffire à financer nos militants. Nous nous sommes débrouillés, et nombreux sont ceux aujourd'hui qui me doivent beaucoup. Mais si c'était à refaire, une chose est sûre, je n'aurais plus de « cabinet », où il serait constitué différemment. C'est sur mon cabinet au conseil général que j'ai embauché les fameux emplois, notamment celui de Xavière Tiberi, qui ont posé problème à la justice. On m'avait demandé d'embaucher ces gens, je l'ai fait. Et j'ai payé.

Qui « on » ?
Jusque-là, je n'ai pas trahi mes amis devant les juges... Je sais beaucoup de choses, j'ai vu beaucoup de choses, mais soyez certain que je n'ai pas eu tout seul l'idée de ces embauches. Je ne connaissais d'ailleurs ni Xavière Tiberi ni les autres, venus des Hauts-de-Seine... La logique militante n'est pas la même que la logique judiciaire, et j'ai servi de fusible dans des guerres qui me dépassaient au sommet du RPR.

Vous avez été exclu du RPR, avez-vous encore des soutiens d'élus nationaux ?
Je ne demande rien à personne et je n'ai pas besoin de brevet de chiraquisme. Quand Chirac était à 14 % dans les sondages, je lui ai ramené tous les députés de l'Essonne, y compris celui qui avait table ouverte dans deux restaurants parisiens lorsque j'étais patron du département et s'occupait davantage que moi des « relations » avec le national. Mon tort, c'est d'être resté un élu local. C'est aussi ma fierté.

On vous a reproché des emplois fictifs, notamment celui de Frank Marlin, votre ancien directeur de cabinet, actuel député d'Etampes...
Je vous confirme ce que j'ai dit à la barre du tribunal la semaine dernière, j'ai le sentiment que Frank Marlin m'a roulé dans la farine. Il était mon directeur de cabinet jusqu'au 31 août 1991, et il voulait se présenter aux régionales de mars 1992. Je lui ai obtenu une place éligible. Au conseil général, il percevait 25 000 F mensuels, et à la région, il tombait aux alentours de 15 000 F. Alors il m'a demandé de « faire quelque chose ». Je me suis rapproché du groupe RPR au conseil général qui l'a embauché, avec un contrat d'exclusivité de l'ordre de 25 000 F, et de son côté, sans que je n'en sache rien, il a touché par ailleurs une troisième rémunération de Parachini, la société de BTP. Il a cumulé donc trois salaires dans le dos du RPR...

« J'ai appris qu'il ne faut pas toujours se fier à ses soi-disant amis »

Vous avez été condamné à un an de prison pour vol de bouteilles de vin de la cave du département...
Encore une fois, c'est une totale connerie que j'assume pour d'autres. Dans l'ambiance de fin de règne au conseil général, deux membres de mon cabinet m'ont fait du chantage. Ils voulaient de l'argent pour leur reconversion... et je n'avais aucun cash à leur donner. J'ai cédé. Mais c'était l'affaire de trop. Le procureur d'Evry, Laurent Davenas, ne m'a fait aucun cadeau.

Vous étiez pourtant réputé proche de Laurent Davenas...
C'était mon ami. Je ne connaissais rien au processus judiciaire et j'ai appris à mes dépens qu'il ne faut pas toujours se fier aux propos de ses soi-disant amis. Je me suis retrouvé à Fleury-Mérogis, dans la « France du sous-sol ». J'étais au quartier des détenus particulièrement surveillés, réveillé toutes les deux heures la nuit. Là-bas, on se douche en chaussures deux fois par semaine tellement c'est sale. J'ai pu mesurer ce qu'est un vrai pourrissoir.

De quoi vivez-vous aujourd'hui ?
Je travaille pour une entreprise immobilière. Je rencontre aussi des élus qui me demandent des conseils. Je suis une sorte de « coach politique ». Côté « affaires », en amendes diverses, je dois environ 460 000 € (3 millions de francs). J'assume mes responsabilités et je verse 2 300 € par mois au trésor public.

Et vous rêvez d'un retour à la Balkany ?
Non. Lui a été réélu dans sa ville. Moi je pourrais tranquillement attendre les municipales de 2007 dans mon ancienne petite mairie de Mennecy. Mais je m'installe à Corbeil, une cité, la banlieue. C'est quasiment mission impossible. Pour moi, c'est ça, la politique.
Propos recueillis par Laurent Valdiguié, Le Parisien , mercredi 23 octobre 2002

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6 décembre 2002. Clémence pour Xavier Dugoin en appel

LA COUR D'APPEL de Paris a réduit hier (6 décembre 2002) la condamnation de Xavier Dugoin dans l'affaire des emplois fictifs de l'Essonne. L'ancien président (RPR) du département écope d'une peine d'un an de prison avec sursis, soit huit mois de moins qu'en première instance.
A ses côtés, Franck Marlin, actuel député-maire UMP d'Etampes, a été condamné à un an de prison avec sursis et 45 700 € d'amende.
Jacques Guyard, l'ancien député-maire PS d'Evry, a été relaxé.
Les deux chefs d'entreprise, François Raynaud et Philippe Moncany, ont été condamnés à vingt et dix-huit mois avec sursis. « Ils ont passé tous les deux le Noël 1996 en prison dans un dossier de corruption qui n'avait pas lieu d'être », soupire Me Jean-Pierre Versini-Campinchi. Son client, François Raynaud, a été interdit de travail pendant cinq ans.
Le Parisien, samedi 07 décembre 2002

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Xavier Dugoin va-t-il devoir retourner en prison ?

La justice devrait trancher rapidement sur la remise en détention de l'ancien président du conseil général.

LA COUR de cassation a rejeté hier (12 décembre 2002=) le pourvoi formé par Xavier Dugoin dans l'affaire du vol des bouteilles de vin du conseil général. Ce dossier lui avait valu un an de prison ferme en juin 2001. En théorie, l'ancien homme fort de l'Essonne, qui a déjà purgé deux mois et demi, devrait retourner derrière les barreaux pour quelques mois. Mais il espère bien obtenir un aménagement de sa peine pour pouvoir faire son retour en politique.

En 1998, juste avant sa défaite électorale, Xavier Dugoin a dérobé 1 200 bouteilles de grands crus dans les caves du département. Condamné à un an de prison, l'élu avait pu quitter Fleury-Mérogis après avoir réuni sa caution par souscription. En janvier dernier, la cour d'appel a confirmé la peine. Xavier Dugoin s'est alors pourvu en cassation. Mais, en juillet, il a fait machine arrière. En acceptant sa condamnation, il pouvait bénéficier des remises de peine accordées traditionnellement par le chef de l'Etat le 14 juillet.

Un marathon judiciaire

Aujourd'hui, Xavier Dugoin devrait encore purger près de six mois de prison. Mais il espère bien obtenir un aménagement de sa peine. « En France, il est d'usage que les personnes condamnées à moins d'un an de prison se voient proposer une liberté conditionnelle, souligne-t-il. J'espère que je ne serai pas un cas particulier. »

La justice devrait trancher dans les jours à venir. Si elle entend ses arguments, Xavier Dugoin aura bouclé son marathon judiciaire.

Entre la cave à vin, les emplois fictifs dans son cabinet, les billets d'avion et la femme de ménage payés par le département, et les rapports douteux avec la société de BTP Parachini, l'ancien patron du conseil général a été jugé pour quatre affaires. Et condamné à chaque fois. Inéligible depuis deux ans, croulant sous les peines de prison avec sursis, il doit encore rembourser environ 460 000 € (3 MF) d'amende.

Lâché par la plupart de ses anciens amis, l'inoxydable Xavier Dugoin a décidé de faire son retour en politique. Lui qui travaille désormais pour une société immobilière s'est implanté aux Tarterêts, un quartier sensible de Corbeil-Essonnes. Il y fait « de l'associatif » et prépare les prochaines élections cantonales de 2004. Xavier Dugoin, alors, sera de nouveau éligible.
Sandrine Binet Le Parisien , Essonne, vendredi 13 décembre 2002, p. III

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Xavier Dugoin va passer ses nuits en prison

FIN du suspense pour Xavier Dugoin. La justice vient de décider de quelle manière l'ancien sénateur et président (RPR) du conseil général de l'Essonne va terminer sa peine d'un an de prison ferme, prononcée en juin 2001 par le tribunal correctionnel d'Evry dans l'affaire de la cave à vins du conseil général.
Après avoir effectué deux mois et demi de prison à l'été 2001, Xavier Dugoin ne retournera pas en maison d'arrêt pour achever sa peine.
Il bénéficiera d'un régime de semi liberté : quatre nuits par semaine, il devra rejoindre un centre de semi liberté (vraisemblablement celui de Villejuif dans le Val-de-Marne, où Bernard Tapie avait lui-même terminé sa peine de prison), vers 23 heures où il passera la nuit jusqu'à 7 heures.
Ce régime l'autorise ainsi à travailler en journée et à bénéficier des week-ends à partir du vendredi soir.
Après un mois et demi de ce régime, Xavier Dugoin aura définitivement payé sa dette à la société.
S.R., Le Parisien, jeudi 30 janvier 2003, Essonne p. II

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(8 mai 2003) Xavier Dugoin de retour au tribunal

LE CONSEIL GÉNÉRAL a décidé de se porter partie civile dans un autre dossier, impliquant le maire (UMP) de Mennecy, Joël Monier, et Xavier Dugoin. L'ancien président (RPR) du conseil général de l'Essonne « préfère en sourire » : mardi, il sera de retour devant les tribunaux, après avoir essuyé déjà quatre condamnations qui lui ont valu la déchéance de ses mandats de sénateur et maire de Mennecy.

« Je n'ai plus les moyens de me payer un avocat »

« Franchement, quand on n'aura plus rien à me reprocher, je me demande à quoi s'occuperont les magistrats », ironise Xavier Dugoin. La justice l'accuse d'avoir offert un emploi de complaisance au conseil général de l'Essonne, à Joël Monier, l'actuel maire de Mennecy. D'août 1997 à mai 1998, celui qui était alors son adjoint à la mairie de Mennecy aurait touché plusieurs dizaines de milliers de francs pour un emploi fictif. « Là, je tombe de l'armoire, poursuit Xavier Dugoin. Ce contrat n'était pas rattaché à mon cabinet, il dépendait de la direction des services, je n'ai rien signé et je suis « infoutu » de vous dire s'il a travaillé ou non. A l'époque, il y avait 2 000 employés au conseil général, je ne connaissais pas par coeur leur emploi du temps ». Xavier Dugoin reconnaît effectivement avoir accepté le principe d'un contrat pour son adjoint, qui « avait fait quatre mandats avec lui : mais après, je ne sais pas ce qu'il a fait ». Joël Monier n'a pas souhaité commenter ces informations. Mardi, Xavier Dugoin se défendra tout seul, sans avocat, devant le tribunal. « Je n'ai plus les moyens de me payer un avocat. »
S.R., Le Parisien, jeudi 08 mai 2003, Essonne p. III

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Xavier Dugoin veut redevenir sénateur

FINI LES Tarterêts, les grandes tours de la cité de Corbeil-Essonnes et leurs difficultés sociales : après avoir promis pendant des mois qu'il serait le « défenseur » des pauvres et des opprimés, Xavier Dugoin a finalement renoncé à se présenter aux élections sur le canton de Corbeil-Ouest en mars prochain.

L'ancien président (RPR) du conseil général, déchu de ses mandats par de multiples condamnations judiciaires, devait faire son grand retour sur la scène politique grâce à sa « politique sociale ». Il a préféré jeter l'éponge. Mais il ne quitte pas la scène essonnienne pour autant : celui qui était sénateur avant d'être déchu en 2001, veut désormais revenir sous les dorures du palais du Luxembourg : « A Corbeil, je n'avais aucune chance, assure Xavier Dugoin. La droite est trop divisée et fait le jeu du conseiller général communiste sortant. Si je ne peux pas peser sur l'élection, ça ne m'intéresse pas. »

Evidemment, cette renonciation subite a délié les langues : beaucoup y ont vu l'intervention du fortuné maire (UMP) de Corbeil, Serge Dassault. Officiellement, tout le monde nie. Xavier Dugoin a donc désormais un an pour se lancer aux sénatoriales, le 26 septembre prochain.

« Cette candidature est le cadet de nos soucis »

Pour ce scrutin, les cinq sénateurs de l'Essonne* sont renouvelables, avec la règle de la parité qui s'applique pour la première fois à cette élection : la liste doit alterner un homme et une femme. Ensuite, ce sont 2 500 grands électeurs qui désignent les sénateurs : députés, conseillers généraux et régionaux et beaucoup de conseillers municipaux, y compris dans les petites communes. C'est là que Xavier Dugoin veut frapper. Dans le sud, où il a commencé sa carrière, il jouit toujours d'une bonne réputation. Il y a été élu pour tous les mandats : conseiller général, maire de Mennecy, député... A partir de demain, il envoie une lettre à 1 500 grands électeurs et à déjà commencé sa tournée des élus. Il compte rencontrer personnellement plus de 600 d'entre eux.

« Moi, je leur garantis une expérience : j'ai été sénateur six ans, alors qu'un de mes rivaux, Laurent Béteille, n'y est que depuis trois ans ! Je leur apporterai une proximité de tous les jours alors qu'aujourd'hui les candidats ne pensent qu'à la place où ils seront sur la liste. » Ira-t-il jusqu'au bout ou est-ce encore un coup d'épée dans l'eau comme aux Tarterêts ? « Franchement, c'est le cadet de nos soucis, assure Georges Tron, secrétaire général de l'UMP dans l'Essonne. Il veut faire une liste ? Grand bien lui fasse. Nous avons tourné la page Dugoin depuis très longtemps. »
* Sénateurs de droite : Laurent Béteille, Michel Pelchat et Max Marest. De gauche : Claire-Lise Campion et Paul Loridant. CORBEIL-ESSONNES, QUARTIER DES TARTERETS, FIN 2002.
L'ancien homme fort du département abandonne son projet de revenir au conseil général. Il brigue à présent un fauteuil au Palais du Luxembourg.
Sébastien Ramnoux, Le Parisien, jeudi 16 octobre 2003, Essonne, p. IV

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Une erreur de procédure permet à l'ex-femme de Dugoin de réclamer 110 000 euros
Les voleurs de l'Essonne sauvés par le vice

«Elle ose demander qu'on lui rende ce qu'elle avait volé !», s'étranglait vendredi Mi chel Berson, le président (PS) du conseil général de l'Essonne. «Elle», c'est Marie-Aline Hugot de son nom de jeune fille, un peu plus connue comme l'ex-épouse de Xavier Dugoin, le prédécesseur (ex-RPR) de Michel Berson.

Xavier et Marie-Aline, couple symbole pour les Essonniens de toute une époque, celle d'un interminable feuilleton judiciaire ponctué par quatre condamnations pénales pour le mari et une pour l'ex-épouse. S'y ajoutait une kyrielle de jugements de la chambre régionale des comptes et de la Cour des comptes. Le Conseil d'Etat, saisi par Xavier Dugoin, a pourtant, le 17 octobre (2003), annulé les jugements des juridictions administratives et financières pour vices de forme. Conséquence : Marie-Aline Hugot a demandé ­ dès le 20 octobre ­ que le conseil général lui rembourse les 720 000 francs (110 000 euros, soit les dépenses de fonctionnement annuelles d'un collège) qu'elle avait illégalement perçus entre mars 1993 et décembre 1995, et qu'elle avait remboursés. La rémunération de cet emploi fictif lui avait valu, en mai 1998, une condamnation pénale de 300 000 francs.

Francophonie.
L'ancienne «madame Dugoin» n'est pas la seule fondée à demander réparation : Xavier Dugoin, Xavière Tiberi ­ qui peut réclamer les 200 000 francs qui lui avaient été payés pour son «rapport» sur la francophonie ­, le député-maire (UMP) d'Etampes Franck Marlin, son épouse et sa belle-mère, tous condamnés par la chambre régionale des comptes pour avoir perçu illégalement 251 000 euros (1,65 million de francs) de salaires, peuvent imiter Marie-Aline Hugot.

Elle est, pour l'heure, la seule à avoir réclamé son dû. Si la démarche peut se discuter d'un point de vue moral, elle est juridiquement fondée. Une fois les décisions des juridictions financières effacées par le Conseil d'Etat, «je n'ai plus de base légale pour exiger le paiement ou pour refuser ce remboursement», explique Michel Berson.

Juge et partie.
Comment cette situation s'explique-t-elle ? Le Conseil d'Etat, la plus haute instance administrative française, dont les décisions ne sont pas susceptibles d'appel, a repéré deux vices de forme, dont un grossier : un rapporteur de la chambre régionale des comptes, qui avait épluché la gestion de Xavier Dugoin au conseil général ­ ce qui avait déclenché les enquêtes pénales ­, a ensuite participé à la formation qui a condamné l'élu. Cette position de juge et partie entraîne, au nom du principe d'impartialité, la nullité des jugements prononcés. Michel Berson a toutefois annoncé qu'«au nom de la morale publique», il refuserait de payer. Par courrier du 4 novembre, il a averti le trésorier-payeur départemental de son veto. Il va aussi demander à la chambre régionale des comptes de s'autosaisir à nouveau de la question.

Il faut se replonger dans l'ambiance du procès pénal, en avril 1998, pour comprendre la colère de l'édile. A l'époque, Marie-Aline Hugot percevait 21 000 francs en tant qu'at tachée parlementaire, et 21 000 autres francs du conseil général de son époux. On peut y ajouter quelques copieux versements en liquide. Hormis sa participation à la Foire à la tomate de Montlhéry ou celle des haricots à Arpajon, madame Dugoin n'avait pas apporté de justifications crédibles à ce traitement de faveur. Ni aux très fréquents déplacements vers Nice, Toulon, Genève (55 voyages en 1994) payés par le département. Une fonctionnaire avait bien tenté d'épauler la notable en expliquant que Marie-Aline Dugoin donnait à son mari «son avis sur l'action des Casques bleus en Bosnie ou sur les enfants en Roumanie», mais le public avait beaucoup ri. Davantage que le procureur Gilbert Cervoni.

Grâce aux étourderies de quelques magistrats, ce mauvais souvenir pourrait se trans former en rêve sonnant et trébuchant pour Marie-Aline Hugot. Si on y ajoute le vice de procédure qui avait sauvé Xavière Tiberi en 1999, cette affaire recèle des trésors juridiques insoupçonnables.
Libération, Par Fabrice TASSEL, samedi 15 novembre 2003, p. 17

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(Juin 2004) Xavier Dugoin tente les sénatoriales

ON L'AVAIT QUITTÉ en septembre au pied des tours des Tarterêts, la cité sensible de Corbeil-Essonnes. Après avoir juré de se présenter aux élections cantonales de mars dernier pour « défendre » les habitants oubliés de cette cité, Xavier Dugoin, l'ex-président du conseil général, avait finalement renoncé.

Etait-ce la fin définitive cette increvable « bête politique » que rien ne réussit à abattre ni les déchéances de ses anciens mandats de maire (RPR) de Mennecy et de sénateur, ni les mois de prison passés à Fleury-Mérogis pour avoir pillé les caves du conseil général de l'Essonne ? C'est mal connaître l'ancien président du département.

Il est de retour et plus vigoureux que jamais. Objectif : le 26 septembre et les sénatoriales. Ce jour-là, 2 500 grands électeurs (surtout des élus) devront désigner les successeurs des cinq sénateurs essonniens actuels, trois à droite, deux à gauche. Pestiféré, banni, honni, Xavier Dugoin y croit dur comme fer : « Dans le secret de l'isoloir, je sais que j'aurai des partisans », lance-t-il dans un clin d'oeil. Du bluff ? Pas uniquement.

« Je veux servir l'Essonne »

Une chose est sûre : le nom de Dugoin n'est pas oublié et il a encore des partisans. Des nostalgiques de sa gestion, quand « les petites communes du sud du département n'étaient pas oubliées ». A Mennecy, où son aura de maire est intacte, il serait réélu sans difficulté. Et puis l'homme fascine toujours. Depuis son retour sur le terrain, il a réussi à cristalliser des soutiens.

« Des seconds couteaux, même pas des seconds rôles », ironise-t-on à l'UMP, ulcéré de voir le gêneur revenir dans le jeu. Sur l'invitation à une réunion publique le 16 juin prochain à Juvisy-sur-Orge, on voit quand même les signatures d'Anne-Marie Jouvelot, ancienne conseillère régionale jusqu'en 2004, ou Gilles Delille, conseiller municipal à Bures-sur-Yvette.

Xavier Dugoin assure qu'il aura vu plus de 1 500 personnes élues et personnages influents avant l'élection sénatoriale. « Je vois même des tas de maires en tête à tête, assure-t-il. Ils refusent de le reconnaître, mais c'est pourtant vrai ». Pour quoi faire ? « Je ne reviens pas pour le pouvoir, je l'ai déjà eu. Je ne veux pas redevenir président du conseil général, ça ne m'intéresse pas. Je veux servir l'Essonne. J'ai de l'expérience, un bilan des compétences. Le Sénat, c'est la chambre de représentation des communes. Je serai le relais et l'aide des élus essonniens ».

D'ores et déjà, Xavier Dugoin propose, s'il est élu, d'utiliser sa réserve parlementaire (46 00 € par mois) pour mettre au service des élus de droite minoritaires des moyens (secrétariat, consultants...). Y arrivera-t-il ? « J'aurai des voix, c'est sûr. Si ma liste n'a pas d'élus, j'espère qu'au moins j'aurais provoqué le débat. »
Sébastien Ramnoux, Le Parisien, mercredi 09 juin 2004, Essonne, p. III

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Jacques-Louis Dôle, ancien maire RPR d'Epinay-sous-Sénard : "Il a droit à une seconde chance".

L'ancien maire gaulliste soutient Xavier Dugoin :"Il a fait des erreurs, et il les a payées, et chèrement. Franchement, pour quelques bouteilles de vins volées, tout le monde ne fait pas un an de prison comme lui. Aujourd'hui je pense qu'il faut tourner la page : il a droit à une deuxième chance.
S. R., Le Parisien, mercredi 09 juin 2004, Essonne, p. III

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« J'ai le droit de travailler »

Que pensez-vous des réactions politiques à votre encontre ?

Xavier Dugoin. C'est facile de me taper dessus alors que, normalement, je n'ai pas le droit de répondre. Il y a un devoir de réserve pour les collaborateurs de cabinet, ces élus le savent très bien.
C'est de l'acharnement contre un homme. On parle de votre mauvaise image ? Je ne comprends pas. J'ai travaillé dans des sociétés d'immobilier en Essonne, tout le monde me connaissait, cela n'a rien changé. De quoi ont-ils peur ? Ils ne mesurent pas le mal qu'ils font. J'ai payé mes dettes, j'ai effectué mes peines, j'ai le droit de travailler comme tout le monde. A moins que ces élus de gauche ne soient pour la double peine. Certains vous prêtent encore des ambitions électorales... C'est ridicule ! Il n'y a pas d'élection avant trois ans. Je ne suis qu'un modeste chargé de mission, pas un directeur de cabinet. Que l'on me laisse en paix, c'est tout ce que je demande.
S.R., Le Parisien, mardi 18 janvier 2005, Essonne, p. IV

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L'embauche de Xavier Dugoin sème la zizanie

C'EST UN VÉRITABLE TIR de barrage que doit affronter depuis ce week-end (15/16 janvier 2005) Jean Hartz, le président (UMP) de la communauté d'agglomération d'Evry-Centre-Essonne*.
A coups de tracts et de communiqués, les élus de gauche de la communauté dénoncent le recrutement à son cabinet d'un certain Xavier Dugoin, l'ancien sénateur-maire de Menney et président RPR du conseil général de l'Essonne, déchu de ses mandats par ses multiples affaires politico-financières.
« Faute morale, civique et démocratique » pour le député-maire (PS) d'Evry Manuel Valls, « retour au système Dugoin » pour Michel Berson, l'actuel président (PS) du conseil général qui avait battu l'ancien en 1998, « décision gravement préjudiciable » pour Thierry Mandon, le maire (PS) de Ris-Orangis.
La charge est lourde. Elle laisse indifférent Jean Hartz, qui n'a jamais caché son amitié et sa fidélité à l'ancien homme fort du département.

« De quoi se mêlent-ils ? »

« C'est parce que je ne lui dois rien que je peux faire ça. Le reste, c'est de l'agitation médiatique », confiait le président de la communauté d'agglomération lors de ses voeux jeudi, où Xavier Dugoin était présent avec sa compagne.
Curieux ballet ce soir-là où certains décideurs, acteurs économiques et élus sont venus lui serrer la main avant de lui planter des poignards dans le dos.
Xavier Dugoin est-il pestiféré ? Beaucoup estiment que son passé risque d'entacher la réputation de la communauté d'agglomération : l'ancien président a fait de la prison ferme pour avoir volé des bouteilles de vin du conseil général. Il a aussi été condamné pour des emplois fictifs à son cabinet.
« Cette décision dissuaderait les investisseurs, jetterait le doute sur les actes et marchés publics », accuse Thierry Mandon. Manuel Valls menace de ne pas siéger au prochain conseil de la communauté le 24 janvier.
« De quoi se mêlent-ils ! s'emporte Thierry Lafon, le maire (DVD) de Lisses, vice-président de l'agglomération. Cela ne les regarde pas, Jean Hartz peut recruter qui il veut à son cabinet. »
Xavier Dugoin sera chargé de mission. Laquelle ? Il pourrait jouer un rôle dans l'élargissement de la communauté d'agglomération, notamment vers le sud et Mennecy, sa ville d'élection où l'ancien maire a encore beaucoup de partisans.
* Evry, Bondoufle, Courcouronnes, Lisses, Ris-Orangis.
Sébastien Ramnoux, Le Parisien, mardi 18 janvier 2005, Essonne, p. IV

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Paru le : 25/02/2006 Mennecy/Xavier Dugoin teste sa popularité

«IL N'Y A PAS assez de chaises », jubile une femme qui fait office de maîtresse de cérémonie. A côté d'elle, en ce jeudi soir, une petite centaine de personnes prend place dans une brasserie, située à la frontière entre Ormoy et Mennecy, transformée pour l'occasion en salle polyvalente.

Discrètement, serrant quelques mains à la volée, Xavier Dugoin s'installe. Pour se faire entendre, l'ancien maire de Mennecy et président RPR du conseil général se perche sur une table. Et débite en un gros quart d'heure sans notes ni accrocs un discours qui ressemble fort à une entrée en campagne électorale.

Depuis le mois d'octobre, Xavier Dugoin est le premier candidat déclaré au poste de maire de Mennecy en 2008. Un fauteuil qu'il avait lâché contraint et forcé début 2001. Emporté par des affaires politico-judiciaires qui l'ont conduit trois mois en prison.
Cinq ans après, la traversée du désert est derrière lui. Après avoir annoncé sa candidature à l'automne, la soirée de jeudi constituait un premier test pour l'ancien homme fort du département. « Il veut que les électeurs lui donnent raison contre la justice », observe un habitant présent dans la salle. Sans parler de raz-de-marée populaire, Xavier Dugoin peut se targuer d'avoir conservé un socle de notoriété.

L'urbanisme, polémique numéro un

Et pour lancer sa campagne de si loin (à deux ans des échéances), l'ancien maire a choisi de mettre le paquet sur le sujet qui cristallise le plus de passion à Mennecy en ce moment : l'urbanisme, thème principal de cette première réunion.

Les phrases chocs se multiplient : « Lorsque le béton est coulé, c'est fini ! », « Mennecy est en train de devenir une banlieue de Corbeil ».

Malgré ses 13 500 habitants, Mennecy reste un « village » dans sa bouche. Face à lui, le public - en majorité masculin et plutôt âgé - boit du petit-lait. Les projets immobiliers qui fleurissent dans la ville et qui devraient déboucher sur la création de plus de 900 logements en dix ans font peur.

Dans l'assemblée, on retrouve une poignée d'anciens élus locaux, le patron du club de foot, un responsable de celui de rugby... Mais bien sûr, pas trace de Joël Monier. « Je n'ai pas été invité », sourit le maire UMP de la ville.

Adjoint à la culture sous l'ère Dugoin, le « successeur » ironise sur le thème de campagne de son futur rival. « Nous avons prévu en moyenne la construction de 95 logements par an, argumente Joël Monier. Je ne sais pas si c'est un quota que mon prédécesseur respectait de son temps... »

Mais lui comme les autres futurs candidats examinent avec intérêt le retour de Xavier Dugoin. Car tous savent qu'à 58 ans, l'Ex (maire, président du conseil général, député, sénateur...) entend tourner la page en 2008.
Grégory Plouviez, Le Parisien, Essonne, 25 février 2006, p. IV

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Xavier Dugoin demande sa carte à l'UMP

UN SIGNE qui ne trompe pas. Déjà, lors du grand show de Nicolas Sarkozy à Villebon, en mars dernier, Xavier Dugoin était assis en bonne place dans le carré VIP réservé aux élus qui comptent, à quelques mètres de l'estrade où s'ébrouait le candidat UMP.
Banni de la grande famille de la droite républicaine pour cause d'affaires politico-financières au début des années 2000, l'ancien patron RPR du département retrouve progressivement une respectabilité dans son propre camp. Pour officialiser cette « sortie de purgatoire », une demande d'adhésion à l'UMP 91 se trouve actuellement sur le bureau des responsables du parti sarkozyste en Essonne.

« Il a fait des grandes choses pour l'Essonne»

Une nouvelle recrue pas comme les autres dont le sort devrait être étudié par l'UMP rapidement, vraisemblablement dès le lendemain des législatives. « Ce n'est pas le sujet actuellement », évacue, un rien embarrassé Georges Tron. Le patron de l'UMP en Essonne reconnaît toutefois « que la demande sera bien examinée lors d'une réunion de bureau puis par un comité départemental le moment venu, d'ici à la fin de l'année ».
Une adhésion de l'ex-sénateur qui ne devrait pas être bloquée par un veto des parlementaires essonniens. . « C'est le retour d'un militant qui a travaillé longtemps avec nous au RPR, glisse l'un d'entre eux. Je ne vois pas pourquoi on lui interdirait de revenir. » « il ne faut pas oublier qu'il a fait des grandes choses pour l'Essonne », assure pour sa part une militante UMP du canton de Mennecy.

A 60 ans, Xavier Dugoin goûte avec plaisir ce probable retour en grâce à droite. « Symboliquement, l'adhésion à l'UMP est importante pour moi. Cest ma famille politique », glisse l'élu qui avait été particulièrement sensible au fait qu'en 2002, en pleins déboires, Nicolas Sarkozy ait accepté de le recevoir.
Plus de cinq ans après la tornade judiciaire (affaire d'emplois fictifs dans son cabinet, vols de bouteilles de vin au conseil général) qui lui a valu un court séjour en prison, l'ex-sénateur prepare activement son retour sur la scène politique. Depuis plus d'un an, il a en ligne de mire les élections municipales de 2008, à Mennecy, son fief historique actuellement occupé par un de ses anciens adjoints.

« Qui dit adhésion à l'UMP dit aussi respect de ses règles », met en garde un député. Et parmi les règles, il y a les procédures d'investitures dont Xavier Dugoin pourrait s'affranchir si le parti décidait de redonner sa confiance au maire sortant UMP de Mennecy, Joël Monier. Contacté, ce dernier a simplement signalé « ne pas trop s'occuper de ça »...
GRÉGORY PLOUVIEZ, Le Parisien, Essonne, MERCREDI 16 MAI 2007, p. II

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Mennecy Quand Dugoin achète ses chocolats à bas prix Le Parisien, Essonne, 12 janvier 2008, p. II

DES CHOCOLATS à prix discount, des photocopies à l'oeil, des enveloppes « gratos »... Xavier Dugoin, le candidat (divers droite) aux municipales à Mennecy, qui a défrayé la chronique judiciaire en 2000, est dans le collimateur de ses adversaires de gauche. Dans les heures qui viennent, le président UMP de l'agglomération d'Evry - son patron et ami Jean Hartz - doit recevoir un courrier signé Christian Richomme, candidat (PS) à Mennecy. Il y sera question des « agissements » de Xavier Dugoin, chargé de mission à l'agglomération.

D'autres « passe-droit » ?

Le socialiste accuse son adversaire d'avoir utilisé une carte de l'agglo qui donne accès au magasin Métro. Ce supermarché de Lisses qui pratique des prix de gros est réservé aux professionnels. Dans son chariot, Xavier Dugoin a acheté à ses frais une centaine de boîtes de chocolat, distribuées aux assistantes maternelles, aux agents de la Poste et aux personnes âgées de Mennecy.

« Les achats, quoique réglés en espèces, ont été facturés au nom de la communauté d'agglomération d'Evry et ont bénéficié du tarif collectivité auquel l'usage de la carte donne droit », prétend Christian Richomme. Au premier abord, pas de quoi fouetter un chat, selon Jean Hartz. Vérification faite, aucune dépense n'a été enregistrée au titre de l'agglo. « La collectivité n'étant pas lésée, ça ne me pose pas de problème particulier », réagit-il.

Sauf que ce ne serait pas le seul « passe-droit » dont bénéficierait Xavier Dugoin. L'ancien président RPR du conseil général n'hésite pas à demander à sa secrétaire - elle aussi employée de l'agglo - de faire des photocopies pour sa campagne électorale. « C'est occasionnel, assure Xavier Dugoin. Je possède une photocopieuse personnelle, elle me suffit amplement. » Un de ses proches ironise : « Dans pas mal de mairies, la même chose se passe. »

Xavier Dugoin utiliserait également des enveloppes et des cartes de visite avec l'en-tête de l'agglomération, postées grâce à l'affranchissement du service administratif. « Christian Richomme est un gamin qui pense avoir à faire à un voyou, répond Xavier Dugoin, flegmatique. Qu'il prouve que mes activités sont illégales, qu'il porte plainte auprès du procureur. Pendant ce temps, je suis sur le terrain, moi. Tous mes comptes seront publiés après les élections. Pour les chocolats, je les ai payés avec mes propres deniers, mon mandataire peut le certifier. Ce n'est pas sur ce genre d'initiative qu'on gagne une élection. » Conclusion de Jean Hartz : « Qu'on m'apporte la preuve de tout ça et je prendrai les mesures en conséquence. »

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La surprise Xavier Dugoin est de retour Le Parisien, 11 mars 2008, Essonne p. III

MÊME LUI ne s'attendait pas à un tel score: 33,4 % des voix. A Mennecy, Xavier Dugoin coiffe ses quatre concurrents aux municipales. Une première étape encourageante pour celui qui veut retrouver son fauteuil de maire qu'il a dû abandonner en 2001 à cause de condamnations judiciaires.

«Je ne pensais pas que les électeurs me témoigneraient autant leur soutien, s'émeut Xavier Duguoin. Pour le second tour,je demande aux trois autres Candidats de droite de se retirer pour respecter la discipline républicaine et ne pas faire le jeu de la gauche. » Un appel qui risque de n'être pas respecté.

Hier soir, Joël Monier, maire UMP sortant qui n'a obtenu que 13,4 % des suffrages, avouait que les discussions entre les candidats ayant récolté entre 12 et 13 % des voix, lui-même ainsi que Chantal Languet et Jouda Prat) n'étaient vaiment pas « très fructueuses ». Il s'est déclaré très « surpris» par le score «particulièrement éloquent» de celui à qui il a succédé en 2001.

«Pour le second tour,je lance un appel au vote utile, au vote anti-Dugoin pour ne pas replonger la ville dans le discrédit, exhorte Christian Richomme, candidat PS qui décroche 28 % des votes. Il faut à tout prix empêcher son retour à la mairie. »

Même état d'esprit chez Chantal Languet, première adjointe dissidente. «Je suis déçue de voir qu'autant d'habitants ne semblent pas vouloir se souvenir d'une époque peu glorieuse pour Mennecy », tacle celle qui n'exclut pas un rapprochement avec le socialiste. Quant à Jouda Prat, elle devrait se maintenir quoi qu'il arrive. CÉCILE CHEVALLIER

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Le Parisien, Essonne, Lundi 17 mars 2008, p. I Xavier Dugoin vainqueur à Mennecy

"JE REVIENS." Ce que Xavier Dugoin avait annoncé en octobre 2002 s'est réalisé hier soir à Mennecy.

Avec 48 % des voix, l'ancien patron du RPR de l'Essonne a devancé hier le socialiste Christian Richomme (40 %) et la DVD Jouda Prat (12 %).

Il retrouvera ainsi son fauteuil de maire qu'il avait dû abandonner en 2001 avant la fin de son mandat, à la suite d'une troisième condamnation judiciaire.

Malgré son passage en prison, celui qui était l'employeur de Xavière TIberi en tant que président du conseil général de l'Essonne effectue ainsi un retour fracassant.

A l'annonce officielle des résultats, qui sont tombés à tout juste 22 heures, il a été ovationné par des dizaines de supporteurs présents à l'hôtel de ville de Mennecy.

« Il y a un temps pour tout. Celui de travailler est maintenant venu », a déclaré Xavier Dugoin. CÉCILE CHEVALLIER

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Le Parisien, Essonne, 18 mars 2008, p. I Du retour fracassant de Dugoin à l'avènement de NKM, les grands gagnants du second tour n'ont pas eu le temps de savourer leur victoire.

Mennecy Xavier Dugoin a préparé quatre délibérations !

SEPT ANS qu'il attendait ça. Ejecté de sa mairie pour cause d'inéligibilité en 2001, boudé par ses anciens amis de droite après son passage en prison pour cause d'abus de biens sociaux, Xavier Dugoin, soutenu par l'UMP, a réussi un fracassant retour en grâce, dimanche soir.
A 62 ans, le voilà revenu aux commandes de Mennecy.

Pourtant, pas d'explosion de joie ni de sourire revanchard chez cet animal politique au sang froid. Au soir de la proclamation des résultats, ce sont ses supporteurs, présents par dizaines, qui ont exulté.
Son fils Jean-Philippe, qui doit hériter d'un poste d'adjoint aux finances, l'a longuement serré dans ses bras.

Un petit pot avec des amis - « à l'eau, pour ce qui me concerne », précise cet ascète au visage émacié, condamné pour avoir pillé la cave du conseil général après sa défaite en 1998 -, une séance de travail de 2 h 30 à 4 h 30 pour préparer son conseil municipal d'installation, un lever à l'aube...

Ce lundi, à 8 h 30, Xavier Dugoin était de retour en mairie, en avance pour son rendez-vous avec Joël Monier, le maire sortant UMP. Les deux anciens colistiers, qui restent courtois même s'ils ne s'apprécient guère, règlent les formalités de la passation de pouvoir de dimanche prochain.

Le futur maire enchaîne avec plusieurs entretiens avec le secrétaire général de mairie, pour rédiger les quatre délibérations qu'il soumettra au vote dès dimanche, sur le plan local d'urbanisme, la piscine, la déviation ou le CD 153.

Son fils nommé adjoint aux finances ?

Devant une table couverte de feuillets annotés, Xavier Dugoin retouche ses premiers textes. Au passage, il interroge : « Le maire sortant est obligé de venir au conseil municipal d'installation ? C'est cruel, ça. Moi, je croyais que c'était le doyen qui se chargeait de tout... » Xavier Dugoin esquisse un sourire en évoquant la matinée de dimanche où il réenfilera son écharpe de maire. « C'est Pâques, le jour de la Résurrection. J'y vois un signe. »

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Le Parisien 14 mai 2008, Essonne, p. III Le président du Siarce s'appelle ... Xavier Dugoin

L'ANCIEN HOMME FORT de l'Essonne n'en finit plus de revenir.

Après son élection à la mairie de Mennecy, Xavier Dugoin a été élu hier soir à la tête du Siarce, le puissant syndicat qui s'occupe de l'assainissement dans 33 communes.

Un strapontin utile en vue d'autres scrutins comme les sénatoriales ...

Xavier Dugoin a ainsi pris sa revanche sur son adversaire, Patrick Imbert, le candidat du camp Dassault. Les deux s'étaient affrontés pour la présidence de la communauté de communes du Val d'Essonne, tombée dans l'escarcelle du conseiller général UMP.

Cette élection s'est déroulée sur fond de polémique autour du budget de Corbeil. La ville, qui a délégué la compétence assainissement au Siarce, n'a pas transféré 2 M€, « affectés aux opérations de rénovation urbaine ».
« Il n'y a pas d'entourloupe, précise l'adjoint Jean-François Bayle. Le Siarce ne pouvait pas s'en charger. La convention lie l'Etat à la ville. Si le nouveau président réclame cette somme, il n'y a pas de problème. Mais le Siarce devra prendre en charge au total les 5,6 M€ que coûtent ces travaux. » A. V.

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Guerre de succession à la mairie de Corbeil

C’est parti pour la foire d’empoigne. Au lendemain de l’invalidation de l’UMP Serge Dassault par le Conseil d’Etat, on compte déjà neuf prétendants à la mairie.

Certains y croyaient. D’autres ne pouvaient s’y résoudre. Pendant un an, Corbeil a vécu divisé, sur fond de tensions. Finalement, le Conseil d’Etat a décidé hier d’annuler les élections.

Mais dans ce combat judiciaire de plus d’un an entre le maire UMP Serge Dassault et le PC Bruno Piriou, ni l’un ni l’autre ne pourra participer aux nouvelles élections, probablement organisées en septembre. Alors, le bal des prétendants est ouvert. A droite comme à gauche. D’autant qu’après trois réélections, à 84 ans, Serge Dassault n’a jamais désigné de successeur.

Xavier Dugoin sur les rangs

Hier, il a cependant organisé une réunion de crise avec ses adjoints. Tout naturellement, les noms de la première adjointe MoDem Nathalie Boulay-Laurent et du fidèle bras droit Jacques Lebigre, adjoint chargé de la jeunesse, circulent. Sans soulever l’enthousiasme général. Ils restaient injoignables hier.

Mais c’est le maire de Mennecy, Xavier Dugoin, qui anime le landernau. L’ex-patron du département passé par la case prison s’est manifesté auprès du président de l’UMP 91. « Ce n’est pas la candidature la moins intéressante, concède Georges Tron, patron de l’UMP essonnien. Il faut à Corbeil une personnalité faite pour ce combat, loin des disputes locales ridicules et qui ne soit pas accusée d’avoir joué contre son camp.

» Jean-Michel Fritz, l’ex-premier adjoint, mis au ban par Serge Dassault, s’est lui aussi fait connaître. Si l’UMP ne l’investit pas, il partirait avec l’élu Jean-Luc Raymond, lui aussi écarté de la majorité. Georges Tron assure avoir reçu au total cinq candidatures. « Serge Dassault a son mot à dire », ajoute-t-il. Et Paris tranchera. Des listes sans étiquette pourraient aussi troubler la donne. Le médiateur Rachid El Mahdi est sur les rangs.

A gauche non plus, la situation n’est pas simple. Inéligible, le PC Bruno Piriou a adoubé l’ex-candidat communiste aux cantonales Michel Nouaille. Pour mener « une liste de rassemblement ». « Si Serge Dassault n’avait pas triché, nous dirigerions la ville, décrypte Bruno Piriou. Il est un peu opportuniste que des individus qui n’ont pas cru ou pas mené ce recours en profitent maintenant ! » Le rassemblement, les autres leaders y sont tous favorables… mais sur leur nom. Le conseiller général PS Carlos Da Silva estime incarner le mieux le renouveau. Quant au Vert Jacques Picard, il met en avant ses treize ans d’opposition et les scores des européennes. « Les Verts sont la première force de gauche à Corbeil, souligne-t-il. Une nouvelle période s’ouvre. » Quoi qu’il en soit, l’union que tous appellent de leurs voeux semble bien mal engagée. Le Parisien

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"Je suis un peu le fournisseur officiel de l'Elysée en ministres à l'Outre-mer!" Le Parisien, 25 juin 2009, Essonne.matin p. I

Xavier Dugoin, ex-président RPR du département, après la nomination de Marie­Luce Penchard à l'Outre­mer.
Cette attachée territoriale de 50 ans a travaillé au conseil général de l'Essonne au début des années 1990. C'est notamment elle « qui a piloté le dossier de dépollution des lacs de Grigny et qui a lancé les contrats ruraux », se souvient Xavier Dugoin.

Le précédent secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, a lui aussi été employé au conseil général sous la présidence de Xavier Dugoin, où il s'occupait de l'agence pour l'économie.

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Un pavé dans la mare signé ... Xavier Dugoin.

Le maire de Mennecy a envoyé un courrier aux membres du comité départemental de la fédération UMP de rEssonne. Dans cette lettre que les militants ont reçue cette semaine, Xavier Dugoin met indirectement en cause le président de l'UMP 91, Georges Tron et son secrétaire fédéral, Jacques Lebigre, après la défaite aux régionales.

« Dans les 35 villes les plus importantes de notre département, seules deux communes (Mennecy et Verrières-le-Buisson) ont voté majoritairement pour la liste de Valérie Pécresse », écrit le maire de Mennecy sur ce document à l'entête de sa ville.

Une manière de rappeler en creux qu'à Draveil, la ville de Georges Tron, ou encore à Longjumeau, dirigé par la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet, la gauche a triomphé.

leparisen.fr, 9 avril 2010, Essonne p. III "Je sais que Xavier a des ambitions mais il y a d'autres manières de les affirmer" JACQUES LEBIGRE, SECRÉTAIRE FÉDÉRAL DE L'UMP

Pour Xavier Dugoin, la fédération « doit chercher un nouvel élan pour rebondir » avant les cantonales de l'an prochain. « J'appelle à une nouvelle feuille de route pour l'UMP en Essonne », insiste l'élu.

Interrogé, l'édile se montre encore plus incisif et regrette que le nouveau secrétaire d'Etat Georges Tron « dirige de loin et ne va pas sur le terrain ». « Dans les sections, les militants sont en train de désespérer », affirme l'élu. Lui ne demande pas de poste mais... se dit prêt à mettre « son expérience » au service de l'UMP

Xavier Dugoin n'a pas perdu de temps avant de faire entendre sa petite musique : il n'a sa carte de l'UMP que depuis quatre mois. Pourtant, il compte des soutiens dans le parti. La raison ?

Dans les années 1990, alors président RPR du conseil général, il était à la tête de la droite départementale avant d'être rattrapé par la justice.

Animal politique, Xavier Dugoin n'est pas à sa prernière manœuvre. ~ l'an dernier, il s'était porté candidat aux municipales partielles de Corbeil, face au candidat de Serge Dassault. Contre son retrait, il avait négocié son intégration à l'UMP et une place de candidat aux cantonales. Aujourdbui, il ne cache pas son intérêt pour un fauteuil de sénateur.

Par cette nouvelle lettre, que veut-il obtenir? « Je veux faire bouger les choses, dit-il. Je me bats pour faire gagner mon camp. »

« C'est une petite manœuvre de positionnement politique, un non-événement », répond, serein, Georges Tron. « Je sais que Xavier a des ambitions mais il y a d'autres manières de les affirmer», lâche Jacques Lebigre.

Pour le président et le secrétaire, la défaite aux régionales « s'inscrit dans une logique nationale ». Et oui, ils ont fait la campagne sur le terrain. « J'ai fait beaucoup de réunions, je n'y ai pas vu Xavier Dugoin », tacle Georges Tron qui n'a pas «besoin d'une leçon ».

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Mennecy : protestations et mises au point suite au départ du maire 10 janvier 2011 | Auteur: Julien Monier EssonneInfo.fr

Suite à l’annonce, par Xavier Dugoin, de sa décision de laisser son poste de maire de Mennecy à son fils, Jean-Philippe Dugoin-Clément, plusieurs commentaires et réactions ont eu lieu en fin de semaine dernière. Tandis que ses opposants l’attaquent, le clan Dugoin semble serein et prépare la passation de pouvoir qui aura lieu samedi 15 janvier.

Le Maire (UMP) de Mennecy et ancien Président du Conseil général de l’Essonne quitte ses fonctions à la tête de la commune. Une décision qu’il a officialisé lors de la cérémonie des vœux aux employés communaux, jeudi dernier. Xavier Dugoin a ainsi indiqué que cette décision a été prise collégialement avec l’ensemble de ses colistiers. Son fils Jean-Philippe Dugoin-Clément devrait vraisemblablement prendre la tête de la ville, samedi matin, lors d’un Conseil municipal convoqué pour l’occasion.

Depuis l’annonce de cette décision, le climat semble tenu à Mennecy. Beaucoup ne comprennent pas cet acte, après avoir vu le retour de Xavier Dugoin dans son fauteuil de maire il y a trois ans. Alors que des voix crient au « népotisme » , les habitants de Mennecy vont devoir s’habituer à celui qui était déjà en première ligne lors du débat local sur les ordures ménagères (écouter notre interview du 26 novembre dernier).

Du nouveau pour les menneçois

En tout état de cause, cette décision semble causer des remous au sein de la ville, et les prochains mois, qui verront l’installation de la nouvelle équipe municipale et la conduite des projets de la ville, s’avéreront cruciaux dans la marque d’un style et d’un type de gouvernance pour le nouveau maire.. Xavier Duguoin a été maire de Mennecy de 1990 à 1999, avant de quitter ses mandats suite à ses déconvenues judiciaires.de se faire réélire en 2008. Il laisse donc une nouvelle fois son fauteuil de maire, et va sensiblement se consacrer désormais à d’autres ambitions politiques.

Pour Jean-Paul Reynaud, ex élu d’opposition, cette décision témoigne du « dédain et du mépris dans lequel Xavier Dugoin tient les habitants de Mennecy » . Sévère, il juge que le futur ex-maire « ne s’est présenté en 2008 que pour prendre une revanche publique en retrouvant une fonction dont il avait été démis par ses condamnations judiciaires » . Au micro de Téléssonne, vendredi soir, Jean-Philippe Dugoin-Clément, promis à devenir maire samedi prochain, a tenu à se justifier de la décision « collective » , « qui a été prise à 33 (ndlr : le nombre de candidats de la liste conduite par Xavier Dugoin en 2008) » . Revenant sur son parcours personnel, l’actuel adjoint au finance a défendu sa candidature : « Je mettrai toute mon énergie, toutes mes forces, toutes mes capacités pour essayer de faire de ce mandat une réussite » .

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Le Parisien Essonne 1er juin 2011 p. V MARIE D'ORNELLA5 AVEC GREGORY PLOUVIEZ Xavier Dugoin, encore candidat

Il n'a pas encore sa place au Sénat, mais peut-être bientôt dans le « Guinness» des records. Xavier Dugoin prépare sa ... 23e campagne électorale. Hier soir, il a confirmé qu'il serait candidat aux sénatoriales de septembre, et ce, sans le soutien de sa famille politique. « J'ai le sentiment que l'UMP a déjà choisi son candidat (NDLR : Serge Dassault) », souligne-t-il.

Sa candidature, Xavier Dugoin l'évoquait depuis qu'il a quitté son fauteuil de maire de Mennecy en janvier au profit de son propre fils. « J'ai démissionné parce que je suis contre le cumul des mandats et que je fais partie des gens qui ont la sénatorialité, c'est-à-dire l'expérience et la connaissance pour ce type d'élections. »
Sauf qu'en regardant dans le passé on remarque qu'il a été à la fois député (puis sénateur), maire et président du conseil général ...

Toutefois, c'était avant sa chute pour cause d'affaires entre 1998 et 2001. Condamné pour emplois fictifs puis pour avoir cambriolé la cave du conseil général, l'ex-homme fort de la droite essonnienne tente depuis le milieu des années 2000 un étonnant come­back.
Après avoir brigué en vain un fauteuil de sénateur en 2004, il avait été réélu en 2008 dans « sa » ville de Mennecy. Un retour au Parlement serait-il un moyen de « boucler la boucle» ? « Il est dans une perspective de revanche », tacle Laurent Béteille, maire UMP de Brunoy et sénateur sortant.

La droite en situation difficile

A droite, cette candidature fait en tout cas ressurgir le spectre de la défaite de 2004, où la gauche avait profité de la division du camp adverse pour rafler trois des cinq fauteuils de sénateurs dans l'Essonne.
Une bérézina pour la droite qui pourrait se reproduire cette année puisque, en plus des deux sénateurs sortants (Laurent Béteille et Serge Dassault), le maire de Massy radical valoisien Vincent Delahaye et Xavier Dugoin ont annoncé leur candidature. D'autres, comme le maire NC de Janvry, Christian Schoettl, pourraient suivre.

« Cette situation favorise la gauche. C'est assez dramatique, car ces listes n'ont aucune chance de faire un siège », s'agace Laurent Béteille. « C'est un atout pour nous. Quand on est unis, on a plus de chances de gagner », confirme Michel Berson (PS), ex-patron du département et numéro trois sur la liste de la gauche.

Xavier Dugoin ira-t-il jusqu'au bout? A droite, certains rnppellent le précédent de 2009. Cet été-là, Corbeil se prépare à voter pour des municipales partielles à la suite de l'invalidation de Serge Dassault. Alors maire de Mennecy, Xavier Dugoin était sorti du bois pour briguer le fauteuil ... avant de se rétracter discrètement à la suite d'un accord passé avec l'industriel.

Dugoin assure ne pas vouloir jeter l'éponge et pense déjà à l'après: s'il est élu, il promet de passer le témoin au bout de trois ans à sa numéro deux (dont le nom n'est pas encore connu) pour qu'il y ait une parité effective.En attendant, il peaufine son pro­gramme avec, notamment, deux axes : la défense des petites villes qui craignent de perdre leurs prérogatives à cause de l'intercommunalité et la fin de ce qu'il appelle "l'Essonne-poubelle" (projets de décharges, nuisances aériennes ... ).

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Dugoin et Duranton suspendus de l’UMP Publié le 22.09.2011, 07h00 leparisien.fr

A droite aussi, les sanctions tombent pour les dissidents. Hier, Xavier Dugoin et Marianne Duranton — qui présentent leur liste aux sénatoriales face à celles soutenues officiellement par la droite (Dassault et Béteille) — se sont vu signifier leur « suspension temporaire » du parti.

Une décision qui concerne aussi les autres colistiers UMP, comme le conseiller général de Dourdan, Dominique Echaroux. « C’est un peu blessant quand on a toujours été fidèle au parti, témoignait hier Marianne Duranton, conseillère générale de Longjumeau. Mais après, c’est la règle adoptée au niveau national, il est donc normal qu’elle soit appliquée en Essonne. » Le Parisien

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Xavier Dugoin toujours dans l'oeil de la justice, Le Parisien, 2 novembre 2011, Benjamin Jérôme, Essonne p. II

Au cours de sa carrière, l'élu en a vu d'autres, et des affaires bien plus sérieuses: il a été condamné à du sursis en 1999 pour emplois fictifs et abus de biens sociaux et a même passé trois mois en cellule en 2001 pour vol de bouteilles au conseil général.

Après une traversée du désert et un retour en politique, voilà que le nom de Xavier Dugoin, désormais adjoint UMP à Mennecy, apparaît à nouveau dans plusieurs procédures judiciaires dans le cadre d'affaires révélées par «le Parisien» il ya plusieurs mois.

La première concerne le Siredom, énorme syndicat d'ordures ménagères, dont les représentants se réunissent demain. Arrivé à la tête du Siredom en mars 2008, Franck Marlin, le député-maire UMP d'Etampes, a découvert que, de janvier 2007 à février 2008, le syndicat avait réglé sans raison 225 repas pris dans une pizzeria de Mennecy. Au milieu des facturettes problématiques, une enveloppe a été retrouvée avec dessus le nom de Xavier Dugoin, habitué de ce restaurant.

« J'ai été invité à bouffer en 2007 par l'ancien président (NDLR : Daniel Tréhin, dont il était proche) et c'est lui qui payait », se souvient aujourd'hui Xavier Dugoin. Mais en aucun cas, dit-il, il n'a profité de ces 225 repas.

Si le détournement présumé ne porte que sur 5 OOO€ à 6 OOO€ - sur un budget de 55 M€ -, le syndicat a néanmoins porté plainte avec constitution de partie civile. Résultat: une information judiciaire a été ouverte le 16 février contre X pour « détournement de fonds public, trafic d'influence, prise illégale d'intérêts, favoritisme, complicité de ces délits ».
La police judiciaire de Versailles, en charge du dossier, a procédé à l'audition de Xavier Dugoin.

Ce n'est pas tout. Depuis un an, la PJ , mène également une enquête préliminaire à la suite de dénonciations anonymes et aux plaintes de Christian Richomme, élu d'opposition PS à Mennecy. D'abord, les enquêteurs s'intéressent à la voiture utilisée en 2010 par Dugoin : une Mégane Renault, propriété du Siarce, le syndicat des eaux qu'il préside.
« le l'utilisais de bonne foi », assure aujourd'hui le politique, qui a découvert tardivement que la Siarce, du fait de son statut, ne peut attribuer de voiture sans ordre de mission.
Depuis janvier 2011, le président a rendu la Mégane au Siarce et utilise son propre véhicule.

[La voiture et les timbres] peuventfaire penser à un détournement d'un bien par une personne chargée de service public LE PARQUET D'ÉVRY. QUI RAPPELLE TOUT DE MÊME QUE L'ENQUÊTE EST EN COURS

La PJ doit aussi éclaircir une histoire de courriers remontant à mai 2010. A cette époque, Xavier Dugoin avait écrit en son nom aux élus UMP. Des lettres avaient été expédiées aux frais de Mennecy, dont il était alors maire. « Quarante à 50 timbres ont pu être pris à la commune », reconnaît aujourd'hui l'intéressé.

La voiture et les timbres « peuvent faire penser à un détournement d'un bien par une personne chargée de service public », analysait lundi le parquet d'Evry, tout en rappelant que l'enquête n'était pas bouclée.

Néanmoins, vu les sommes concernées, peu importantes, l'en quête devrait déboucher sur un simple rappel à la loi, voire un classement sans suite.

« Vraiment, ce sont des peccadilles, réagissait hier Xavier Dugoin. Ça ne m'empêche pas de dormir»

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