
(Janvier 2008) Vente par la veuve Mitterrand des effets personnels du Président, et de cadeaux à lui offert
(Janvier 2006) Retour de la "tontonmania"
(2003) François Mitterrand grand-père
(2003) Mitterrand-Elkabbach : "Est-ce bien légal ?"
(2001) Jean-Pierre Elkabbach, confident et bouc émissaire du pouvoir
(2001) François Mitterrand entre orgueil et misanthropie : un document exceptionnel, au-delà de la mort.
Raphaëlle Bacqué, Le Monde, 12 avril 2001, p. 9.
France 2 diffusera, à l'occasion du vingtième anniversaire du 10 mai 1981, cinq documentaires enregistrés en 1993 et 1994 par François Mitterrand. Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach, l'ancien président avait obtenu que ces entretiens ne soient pas diffusés avant la fin de son mandat. Si elles ne contiennent aucune révélation, ses confidences tracent le portrait saisissant d'un homme jusqu'au bout sculpteur de lui-même.
LORSQU'EN 1992, Jean-Pierre Elkabbach proposa à François Mitterrand, lors d'un week-end au fort de Brégançon, de réaliser avec lui une série d'entretiens télévisés, il l'assura que les images ne seraient diffusées qu'après son départ de l'Elysée. "Alors ce sera après ma mort", répondit le président malade. Les conversations filmées durèrent quinze mois. Elles furent nombreuses, près d'une douzaine d'heures enregistrées entre avril 1993 et juin 1994, par petits morceaux volés en fin d'après-midi aux obligations du pouvoir, mais interrompues à l'été 1994, lorsque le chef de l'Etat fut si mal que l'on cru qu'il mourrait sans terminer son mandat.
En coulisse, seuls quelques collaborateurs, le conseiller en communication Jacques Pilhan, le secrétaire général de l'Elysée Hubert Védrine, la secrétaire générale adjointe Anne Lauvergeon, assistèrent parfois aux séances. Mais c'est Jacques Pilhan, puis après son décès, Michèle sa femme, qui gardèrent pendant cinq ans les cassettes, dans le coffre d'une banque. Au printemps 1999, Jean-Pierre Elkabbach a demandé aux journalistes Marie-Eve Chamard et Philippe Kieffer de restructurer l'ensemble en une série documentaire pour la télévision. Le tout en concertation avec André Rousselet, l'exécuteur testamentaire de l'ancien président de la République, et les ayants droit de François Mitterrand, dont sa fille Mazarine Pingeot qui, assure Jean-Pierre Elkabbach, n'ont donné aucune directive ni demandé de coupe au montage.
UN GRAND MÉPRIS
Le résultat est étrange et rare. Car François Mitterrand y parle du pouvoir, de la défaite, de ses adversaires, de son parti avec tour à tour de la lassitude devant les hommes qu'il côtoie et un reste d'appétit pour ce jeu politique qui lui échappe. Au soir de son premier conseil des ministres de la deuxième cohabitation, le 2 avril 1993, le président avoue sa solitude. Mais quelques jours plus tard, alors que son départ est réclamé, il affirme : "On ne peut rien contre la volonté d'un homme."
Plusieurs choses frappent. D'abord, une assez grande misanthropie pour ses contemporains ou du moins un grand mépris pour les autres hommes politiques, pour la presse, pour une certaine catégorie d'intellectuels dont il assassine les plus médiatiques représentants. Bernard-Henri Levy a réuni à la Mutualité les partisans d'une intervention militaire contre les Serbes de Bosnie ? Le président balaie leur indignation d'un revers de main : "Ce ne sont pas, que je sache, des spécialistes de la stratégie militaire et de la frappe... L'Abbé Pierre... Françoise Giroud." On lui reproche ses positions sur Vichy et le jugement des criminels contre l'humanité ? Il qualifie violemment ses attaquants d'"excités professionnellement et caractériellement excités, des gens que je suppose en Israël on ne supporterait pas, mais la France est très libérale, ils ont le droit à l'insulte permanente". Il hait ceux qui veulent fouiller et juger la part noire de l'Histoire : "en général, les inquisiteurs sont des lâches", dit-il.
C'est d'ailleurs sur Vichy que l'ancien président se laisse le plus facilement aller à la colère. Et parfois aux erreurs de jugement lorsqu'il pense que la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans les crimes de Vichy attiserait la haine entre les Français, alors que cette même reconnaissance, accomplie le 16 juillet 1995 par Jacques Chirac n'a aucunement divisée le pays. On écrit des centaines de livres sur lui, ses affaires, ses liens avec l'extrême droite, sa vie privée ? Il dit avec mépris de leurs auteurs : "Oui, j'ai fait leur fortune, quand même. Ce sont mes pauvres. Mais ils mangent ensuite dans mon assiette."
Ce qui frappe aussi, pourtant, c'est la capacité de maîtrise dont jamais François Mitterrand ne se départit. Son intervieweur a beau lui rappeler à plusieurs reprises que les entretiens ne paraîtront qu'après son départ de l'Elysée, le président ne lâche rien. Pas de révélation inattendue. Comme si à ses yeux, ce qui importait le plus c'est l'empreinte qu'il veut laisser. Sur le destin accompli, François Mitterrand lâche d'ailleurs cette image à la fois modeste et orgueilleuse : "C'est comme un chemin qu'on a devant soi. On s'imagine à vingt ans, si cette route a cent kilomètres de long, comme le parcours va être beau, et puis à la veille de mourir, on se rend compte qu'on a fait cent cinquante mètres. Mais il vaut mieux les avoir faits que de s'être arrêté au bas du fossé."
Diffusion sur France 2 : "On ne peut rien contre la volonté d'un homme", le 3 mai 2001 à 20h50 ; "Le procès Bousquet n'aura pas lieu", le 4 mai 2001, 22h30 ; "Ce n'est pas mon affaire !", le 6 mai 2001, 22h30 ; "En général, les inquisiteurs sont des lâches", le 10 mai 2001, 20h50 ; "Jusqu'au matin du dernier jour", le 10 mai 2001, 22h30.
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"La principale qualité d'un homme d'Etat, c'est l'indifférence", Le Monde, 12 avril 2001, p. 9.
Voici quelques extraits des entretiens filmés accordés par François Mitterrand à Jean-Pierre Elkabbach entre avril 1993 et juin 1994.
Les qualités d'un président de la République : "Il faut de la patience, en tout cas. Il ne faut pas être sensible au stress. (...) Je suis d'un naturel très patient. Ma patience est faite de mille impatiences (...) La principale qualité d'un homme d'Etat je voudrais dire que c'est la sincérité, mais c'est l'indifférence. (...) Ça veut dire garder une distance par rapport à la brutalité de chaque événement, ne pas se laisser impressionner."
La solitude du chef de l'Etat sous la cohabitation : "Je suis réellement seul, physiquement et, par voie de conséquence, souvent moralement ou psychologiquement. (...) Mais une fois qu'on a dit ça, il faut quand même atténuer, parce que sur les problèmes qui se posent, il y a beaucoup de choses que beaucoup de ministres pensent et moi je pense. C'est une question de bon sens. Je ne me suis pas retrouvé en contradiction sérieuse, par exemple, depuis trois semaines avec le premier ministre. C'est vrai que c'est tout une autre politique, une tout autre équipe, un changement de catégorie de majorité, donc je me trouve un peu comme cela représenter toute une politique qui est aujourd'hui abandonnée. On peut appeler ça une solitude. Mais la vie est toute-puissante."
Après le suicide de Pierre Béregovoy, François Mitterrand s'en prend à ceux qui ont "livré aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie": "C'est la phrase qui m'est venue naturellement sous la plume. Je me suis dit : c'est peut-être un peu fort, d'autant plus que j'aime beaucoup mieux les chiens que les gens auxquels je pense, mais finalement, j'ai dit : non, j'exprime ce que je pense. (...) Ce sont les juges qui se sont comportés comme des informateurs d'une certaine presse et la certaine presse qui a repris ça au vol. Et ensuite, des journalistes, quelques, pas tous, quelques journalistes plus titrés, mieux reconnus dans la société bourgeoise qui ont cru de bonne technique journalistique de harceler ce malheureux Pierre Béregovoy avec leurs questions, au point qu'il a dû acquérir un sentiment, sinon de culpabilité, il était sûr de lui, mais d'être l'objet d'une chasse à courre. (...) Le secret de l'instruction, lorsqu'il est violé, devrait faire l'objet de sanctions. C'est tout. C'est la loi. (...) Personne n'ose. Personne n'ose sévir. Aussitôt, on est des apprentis dictateurs qui s'en prennent à la liberté de la presse ou bien, lorsqu'il s'agit de magistrats, qui s'en prennent à l'indépendance de la magistrature."
La responsabilité de l'Etat français dans Vichy : "Je ne voudrais pas que s'instaure en France, même à l'égard de gens tout à fait détestables, qui se sont mal conduits, et ma génération le sait mieux que la génération actuelle parce qu'elle en a d'avantage souffert, je ne pense pas que cinquante ans après, ce soit d'une façon générale très utile. (...) La France n'a pas d'excuses à donner, ni la République. A aucun moment je ne l'accepterai. Je considère que c'est une demande excessive de gens qui ne sentent pas profondément ce que c'est que d'être français, d'être français et l'honneur de l'histoire de France. (...) C'est l'entretien de la haine et ce n'est pas la haine qui doit gouverner la France."
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PORTRAIT
Conspué le 10 mai 1981, il devient, douze ans plus tard, le confident de François Mitterrand
JEAN-PIERRE ELKABBACH est sans aucun doute le journaliste français qui a entretenu les relations les plus complexes, les plus mouvementées avec François Mitterrand en particulier et la gauche en général. Renvoyé de la télévision publique après la victoire des socialistes en mai 1981, parce qu'il symbolisait l'allégeance de la télévision au pouvoir giscardien, il est devenu, douze ans plus tard, le confident de François Mitterrand.
Personnalité paradoxale, ce chasseur de scoops, né à Oran en 1937, est à la fois l'un des meilleurs intervieweurs de France, mais c'est aussi celui qui symbolise le plus la collusion avec le pouvoir politique en place. Sa carrière est d'ailleurs marquée de mises à l'écart spectaculaires. Entré à France Inter en 1961, gréviste pendant les événements de mai 1968, il est muté à Toulouse, puis à Bonn. Pendant deux ans, de 1970 à 1972, il fait partie de l'équipe de Pierre Desgraupes et présente le journal télévisé de la deuxième chaîne. Peu apprécié de Valéry Giscard d'Estaing, il ne retrouve pas de place à la télévision publique, mais prend la rédaction en chef de France Inter (1975) puis la direction de la rédaction de la Maison ronde un an plus tard.
Retour à Antenne 2 en 1977 : il est nommé, sous l'impulsion de Jean-Philippe Lecat, porte-parole du président de la République, directeur de l'information de la chaîne. Jean-Pierre Elkabbach fait partie du trio qui, avec Gérard Saint-Paul et Alain Duhamel, interroge pour la première fois, le 27 novembre 1979, Valéry Giscard d'Estaing sur l'affaire des diamants. Mais l'histoire ne retiendra que son entente avec le président de la République. Le 10 mai 1981, le journaliste est conspué place de la Bastille par une foule en liesse qui demande son départ. En une soirée, il catalyse toutes les rancœurs accumulées en vingt-trois ans d'opposition.
CONTRATS EXORBITANTS
Elkabbach entame une première traversée du désert, avant de rejoindre Europe 1 où il crée l'émission "Découvertes", qui devient un vrai rendez-vous des hommes politiques. Il collabore également à Passion et longueur de temps, un ouvrage publié en 1989 par Edouard Balladur, qui le nommera, une fois à Matignon, à la commission Campet pour réformer l'audiovisuel public. Le journaliste resserre encore ses liens avec le groupe de Jean-Luc Lagardère et devient conseiller du PDG et du directeur général de La Cinq (1990-1992). Son émission politique du dimanche soir a pour ambition de supplanter "7 sur 7" sur TF1. La chaîne est en faillite avant d'y parvenir.
Ses liens avec François Mitterrand vont se réchauffer progressivement. Ils ne sont pas intimes, mais le journaliste entretient des liens suffisamment privilégiés avec le chef de l'Etat pour l'interroger pendant une vingtaine d'heures au cours de l'année 1993. Elkabbach est nommé le 13 décembre de cette même année, à la présidence de France Télévision. A l'automne 1994, il n'hésite pas à interroger lui-même le président de la République sur son cancer et ses relations avec Vichy. S'il se donne pour ambition de remonter l'audience des deux chaînes publiques tout en prenant le virage de la télévision numérique en proposant une alliance avec TF1, Jean-Pierre Elkabbach est rapidement déstabilisé par l'affaire des contrats exorbitants accordés à des animateurs-producteurs, comme Jean-Luc Delarue, Arthur, Nagui, Mireille Dumas ou Jacques Martin. Le 31 mai 1996, il doit partir. Un rapport de la Cour des comptes sur la gestion de France Télévision entre 1993 et 1996 le met sérieusement en cause.
Il revient une nouvelle fois à la radio sur Europe 1, où il a réussi récemment à embarrasser Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire de la cassette Méry. Tout en conservant son statut de conseiller spécial pour la stratégie médias du groupe Lagardère, Jean-Pierre Elkabbach est président de la chaîne parlementaire Sénat depuis 1999.
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13 juillet 2001. Le ministère public de la cour de discipline budgétaire et financière affirme qu'il n'y a pas lieu à poursuivre dans l'affaire des animateurs-producteurs de France 2, dans laquelle M. Jean-Pierre Elkabbach, président de France-Télévision avait été mis en cause (voir supra).
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(3 juillet 2003) Mazarine bientôt maman
Le secret était bien gardé. C'est « Paris-Match », dans son numéro d'aujourd'hui 3 juillet 2003), qui le révèle: Mazarine, la fille (longtemps cachée) de François Mitterrand, aujourd'hui collaboratrice de l'émission littéraire « Field dans ta chambre » sur Paris-Première, sera, à 28 ans, maman pour la première fois au début du mois de novembre.
Le père du futur bébé n'est autre que le compagnon de Mazarine, Mohamed Ulad~Mohnd, réalisateur d'origine marocaine âgé de 32 ans. Le jeune couple réside actuellement à Paris.
Le Parisien, 3 juillet 2003, p. 5
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(Janvier 2006) Le PS nostalgique du Mitterrand de 1981
Les socialistes préfèrent se souvenir de la conquête du pouvoir que du bilan du second septennat.
Pas un éléphant d'aujourd'hui qui ne célèbre la façon dont François Mitterrand a rassemblé les socialistes et réuni la gauche pour remporter la présidentielle de 1981.
Que leur reste-t-il de Mitterrand ?
Dix ans après sa mort, les socialistes s'apprêtent à rendre hommage, demain, à «leur» président, dont la photo monumentale trône depuis quelques jours sur l'immeuble de la rue de Solferino. Ce qu'on appelait il y a quinze ans la «tontonmania» a envahi les journaux et les écrans télé, toujours friands d'anniversaires et de leur lot de nostalgie.
Le PS n'y échappe pas.
Il y a dix ans, Lionel Jospin s'enorgueillissait de pratiquer le «droit d'inventaire» à l'égard des deux septennats. Aujourd'hui, le temps a passé, le souvenir des faits s'estompe et il est d'autant plus facile de garder le seul bon grain pour mieux oublier l'ivraie.
Même Arnaud Montebourg, grand pourfendeur des travers d'une Ve République dont François Mitterrand s'est fort bien accommodé, jette l'éponge. «Que voulez-vous que je vous dise ? François Mitterrand a un actif et un passif. Certains ont proclamé le droit d'inventaire. L'inventaire a été fait. Maintenant, nous pouvons passer à l'avenir», déclarait-il il y a quelques jours sur RTL.
Dans les sondages, divine surprise pour les mitterrandistes. Selon la Sofres, Mitterrand talonne de Gaulle au rang de meilleur président de la Ve République. Selon CSA, il serait même le meilleur, devant le Général. Au PS, on est comme surpris : on n'en attendait pas tant.
L'abolition de la peine de mort comme étendard
Car dans leurs discours, les dirigeants socialistes sélectionnent soigneusement les pages de la geste qui les servent le mieux. De congrès en convention, c'est le Mitterrand de la conquête du pouvoir qu'ils célèbrent. Celui de 1981 plutôt que de 1988. Le père fondateur d'Epinay plus que l'homme vieillissant.
Avec la victoire du 10 mai en âge d'or et l'abolition de la peine de mort comme étendard. Pas un éléphant d'aujourd'hui qui ne célèbre la façon dont il a rassemblé les socialistes et réuni la gauche pour remporter la présidentielle. Cette conquête reste pour eux un modèle, un exemple à suivre pour conjurer le mauvais sort de 2002.
En bon disciple, l'ancien premier ministre Laurent Fabius rappelle, à l'envi, ce principe : «Le PS, disait-il en mai 2005, pendant la campagne électorale pour le référendum européen, doit se souvenir des enseignements de François Mitterrand : affirmer notre volonté européenne et rassembler la gauche, pour ensuite rassembler au-delà. C'est le chemin qu'il faut suivre.»
Car, comme l'ancien ministre Paul Quilès, les socialistes, encore plus aujourd'hui qu'ils sont dans l'opposition, sont fascinés par son «exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité». Ce qui lui vaut aujourd'hui d'être invoqué dans les discours comme le troisième élément de la trilogie, derrière Jean Jaurès et Léon Blum.
Mensonges, secrets et sabras du premier septennat
Mais à part l'atypique maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, personne chez les socialistes ne se glisse dans les pas du Mitterrand qui tenta de réconcilier la gauche avec l'entreprise.
Camouflé, le tournant de 83. Oubliés, la politique des années Bérégovoy, le franc fort, les critères de Maastricht. Désormais, au PS, de la politique économique de Mitterrand on préfère retenir la création de l'impôt sur la fortune et la retraite à 60 ans. Un axe plus commode pour rassembler autour du PS le reste de la gauche, échaudé par l'expérience.
Et si l'on aborde le temps des affaires, les mensonges sur son passé à Vichy
, le secret gardé sur sa maladie ou l'existence de sa deuxième famille, à part les sabras du premier septennat, nombreux sont les socialistes, notamment les plus jeunes, qui préfèrent regarder le bout de leurs chaussures. En attendant que l'histoire trie et qu'ils n'aient plus à s'en justifier.
lefigaro.fr, M. L., [07 janvier 2006]
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29/01/2008 21:08 la-Croix.com PARIS (AFP) - La vente de la garde-robe de Mitterrand atteint près de 150.000 euros
Curieux et nostalgiques venus en nombre, et aussi des collectionneurs, ont payé au total près de 150.000 euros pour se partager la garde-robe de François Mitterrand mise aux enchères par sa veuve Danielle, le parti socialiste ayant obtenu le chapeau emblématique de l'ancien président. Le montant de la vente, qui a duré cinq heures à l'Espace Tajan (VIIIème arrondissement), a atteint 148.900 euros, soit avec les frais près de 185.000 euros. Comme l'a souligné l'experte de la vente Bénédicte Blondeau-Wattel, la somme "dépasse largement les estimations", qui étaient de 60 à 90.000 euros. La vente était réalisée au profit de la Fondation France Libertés de Danielle Mitterrand, qui récupèrera, selon la maison Tajan, "autour de 140.000 euros". Tous les vêtements et objets sont partis, à des prix commençant à 20 euros et atteignant 8.000 euros (frais en sus) pour le plus cher, la robe d'avocat de François Mitterrand. Le parti socialiste a payé à peine moins (7.800 euros, frais en plus) pour le chapeau présidentiel, acquis à la demande de François Hollande. Le feutre noir a fait l'objet d'une bataille de surenchères, pour finir à près de 100 fois son estimation initiale (80 à 120 EUR). Dans une assistance de quelque 300 personnes, beaucoup de gens simples qui voulaient des souvenirs se sont offert des assiettes en porcelaine ou en faïence parties à 20 euros, des flûtes en argent à 30 euros, ou des nappes. Le sac de crocodile offert par Fidel Castro est parti à 1.300 euros, nettement moins qu'un attaché-case offert également par le président cubain et parti à 4.700 euros, sans les frais. Un coffret de flacons d'huile de bains offert par l'Arabie saoudite a trouvé acquéreur à 3.200 euros. C'est un avocat qui a acheté la robe de M. Mitterrand, bordée d'hermine et signée Cerruti. "Elle a appartenu à un éminent confrère, et il est important qu'elle reste près d'un avocat", a fait valoir auprès de l'AFP Me Karim Achoui, qui avait fait l'actualité en étant blessé par balles au mois de juin, puis mis en examen pour recel de banqueroute en septembre. L'acteur et réalisateur Alain Chabat a craqué pour une chapka, puis pour une boîte de cigares au nom de François Mitterrand vendue 5.204 EUR frais inclus, expliquant que "Mitterrand, c'est une histoire, une époque". Autre lot très attendu de la part d'un public plutôt populaire et très différent de celui qui fréquente habituellement les salles de vente, une paire de pantoufles du célèbre chausseur anglais Church's, en velours noir rebrodé d'une rose rouge. Estimées entre 150 et 200 EUR, elles sont finalement parties à 1.000 EUR. Tajan avait dû organiser la vente dans une salle plus grande que celle initialement prévue. Un mélange de curiosité et de fascination paraissait animer une bonne partie des acheteurs, comme Guillaume, jeune militant socialiste de Creil, né en 1981, année de l'élection à la présidence de Mitterrand, qui a acheté plusieurs de la trentaine de costumes mis en vente, qu'il mettra sur des mannequins en bois. Jeanine, une retraitée de Saint-Malo, déclarait à l'AFP: "je veux acheter des objets typiquement mitterrandiens, chapeau, écharpes ou casquette et en faire cadeau à des amis partisans de Mitterrand même si je ne suis pas socialiste". Très loin de tout engagement politique, d'autres acheteurs étaient simplement à la recherche de vêtements de marque à prix cassé. "J'avais besoin de costumes et la vente Mitterrand, c'est l'affaire de la décennie", expliquait Laurent Forge, acquéreur de plusieurs costumes. A l'exception des objets les plus emblématiques, nombre d'éléments de la garde robe partaient en effet à des prix proches des estimations, plutôt raisonnables, soit par exemple 300 à 400 EUR pour un costume signé Cifonelli. Le musée municipal de La Haye a acquis deux de ces costumes pour figurer dans une exposition sur "L'homme idéal" fin juillet.--------