George W. Bush

Novembre 2006 : Le désaveu des électeurs, victoire totale des démocrates ; départ de Donald Rumsfeld
Octobre 2005 : Problèmes : Son avocate "personnelle" renonce ; parjure chez Dick ;
20 janvier 2005 : George W. Bush pyromane de la liberté mondiale contre les méchants tyrans
Présidentielle 2004. Victoire de Ben Laden, une réélection bien nette pour le born again Bush, le tueur de père
Présidentielle 2004. George W. Bush contre l'antisémitisme
Après septembre 2001 : La croisade du Bien contre le Mal, la croisade d'un démocrate whasp (blanc, anglo-saxon, protestant) converti à l'évangélisme fondamental ... , contre un monocrate musulman "moderne" ... un duel léonin ...
14 novembre 2001 : George W. Bush avait bien remporté le scrutin de l'Etat de Floride
15 décembre 2000 : George W. Bush entrera à la Maison Blanche le 20 janvier 2001

Al Gore s'est finalement plié à la décision de la Cour suprême des Etats-Unis et a reconnu sa défaite. Les grands électeurs se réuniront le 18 décembre (2000) pour désigner le nouveau président, qui a promis de réconcilier les Américains.

Le passage de l'ère Clinton-Gore à celle de George W. Bush, le premier président du 3e millénaire, s'est effectué en un peu plus d'une heure, mercredi 13 décembre, au lendemain de la décision de la Cour suprême donnant la victoire au gouverneur du Texas, une des plus controversées de l'histoire. Mais, cette fois, le ton était différent : d'un bureau de la Maison Blanche, Al Gore a reconnu de bonne grâce la victoire de son rival à 21 heures, et ce dernier en a peu après remercié le vaincu. Le président élu – c'est désormais son titre jusqu'à son intronisation le 20 janvier – s'est pour la première fois adressé à la nation de la tribune de la Chambre du Texas, à majorité démocrate. Dick Cheney, le futur vice-président, devait recevoir jeudi les clés des bureaux officiels mis à la disposition de l'équipe de transition.

« W » avait du mal à dissimuler sa jubilation après cinq semaines d'émotions intenses et un succès à l'arraché obtenu devant les tribunaux plus que dans les urnes, avec 338 000 voix de moins qu'Al Gore. Une telle défaite victorieuse, obtenue par le truchement des grands électeurs dans ce système à deux tours, ne s'était pas vue depuis celle de Benjamin Harrison en 1888. Ayant senti le vent du boulet, ayant sans doute même cru un bref moment, à la fin de la semaine dernière, qu'il pouvait perdre, M. Bush se devait de s'élever au-dessus de l'esprit partisan qui a caractérisé sa campagne bien plus que des appels à l'unité contredits dans les faits. C'est à quoi il s'est appliqué en lisant son discours.

Dans la meilleure tradition de l'unanimisme cher aux Américains, il a retourné à Al Gore l'hommage que celui-ci venait de lui rendre, confirmant que les deux hommes allaient se rencontrer mardi prochain à Washington. « Nous avons eu de vifs désaccords. Et, à la fin, nous avons trouvé un consensus constructif. C'est une expérience que je porterai toujours avec moi, un exemple que je suivrai toujours », a-t-il déclaré. Optimiste sur un « changement de ton à Washington DC », la capitale fédérale jusque-là vouée aux gémonies, sur le « désir de réconciliation et d'unité de l'Amérique », le 43e président a développé un programme qu'il voit comme « l'essence du conservatisme compassionnel qui sera le fondement de [son] administration ». Et il a tendu la main vers un électorat noir qui l'a rejeté encore plus massivement qu'aucun candidat républicain et qui a l'impression de s'être fait voler son vote par les manœuvres du camp républicain.

SIX OBJECTIFS
Mais un discours de futur président n'est plus un discours de candidat, et « W » a remanié son programme pour tenir compte des nouvelles circonstances et dévoilé six objectifs pour « unir et inspirer les citoyens américains » : remise en ordre de l'enseignement public, réforme du système des retraites et de la protection sociale, réduction des impôts d'une manière « étendue, juste et fiscalement responsable », politique étrangère bipartisane et prise en compte de « certains des problèmes les plus profonds de notre société, individu par individu », par le biais d'organismes privés plus que par l'aide publique. Enfin, après avoir demandé à ses compatriotes de prier pour l'Amérique, pour lui et pour Al Gore, il a conclu : « Je n'ai pas été élu pour servir un parti, mais la nation (…). Que vous ayez voté pour moi ou non, je ferai de mon mieux pour servir vos intérêts et je travaillerai à mériter votre respect. »
On a coutume de dire que le discours d'un candidat battu est le plus important – et le plus difficile – de sa carrière. Al Gore, qui se souvient encore avec émotion de celui prononcé par son père après sa défaite au Sénat en 1970, n'a pas failli à la tradition, parlant avec une émotion et quelques touches d'humour que l'Amérique ne lui connaissait pas. Il a fait tout ce que cet exercice exigeait de lui : reconnaître sa défaite et appeler ses amis à s'unir derrière le vainqueur et à oublier leur rancœur. Au point que l'on aurait pu avoir l'impression que s'il avait parlé de la sorte dans la campagne l'issue aurait été inversée. Al Gore ne s'est pas comporté comme les républicains n'avaient cessé de le caricaturer : après avoir tout fait pour que tous les votes de Floride soient comptés, il a rendu les armes avec dignité. Mais il n'a pas abandonné les principes pour lesquels il s'était battu.
« Se battre », ce verbe a marqué son discours comme il avait été le leitmotiv de sa campagne. « Je n'ai qu'un seul regret, a-t-il dit, celui de n'avoir pas l'occasion de continuer à me battre pour le peuple américain pendant les quatre prochaines années, en particulier pour ceux qui ont besoin qu'on les décharge de leur fardeau ou qu'on enlève les barrières, ou pour ceux qui sentent que leur voix n'a pas été entendue. Je vous ai entendu et je n'oublierai pas. » Bref, il entend poursuivre le combat, sans doute pour obtenir l'investiture de son parti en 2004 contre ce même George W. Bush qu'il félicite aujourd'hui. Et, s'il a accepté la sentence de la Cour suprême qui a anéanti ses derniers espoirs, il a exprimé son « profond désaccord » sur une décision qu'il juge injuste.

Enfin, se moquer de soi-même dans de telles circonstances n'est pas chose aisée. Al Gore s'y est essayé non sans courage, en disant qu'il avait promis au téléphone à George W. Bush de ne pas revenir sur son retrait de la course comme il l'avait fait au petit matin du 8 novembre lorsqu'il avait appris que le score de Floride était si serré qu'un recompte était nécessaire. Et il a conclu en s'appliquant à lui-même les mots qu'il avait eus envers George Bush père après la victoire démocrate de 1992 : « Et maintenant, mes amis, dans une phrase que j'avais adressée jadis à d'autres, il est temps pour moi de m'en aller. » On peut comprendre qu'un tel discours ait été couvert d'éloges non seulement par les démocrates mais aussi par des républicains.
Patrice de Beer, Le Monde, 15 décembre 2000.

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Source A.P., Le Monde, 14 novembre 2001, p. 10
New York. Un nouveau décompte de 175 000 bulletins de vote contestés en Floride, qui n'avaient pu être vérifiés dans les délais, a confirmé que George Bush avait bien gagné cet Etat par 537 votes de plus que son rival Al Gore, pour une participation de 6 millions d'électeurs.
Ce nouveau décompte avait été organisé à l'initiative d'un pool d'agences de presse et de journaux américains.
"Nous sommes un pays de droit et l'élection présidentielle de 2000 est terminée", a déclaré Al Gore après cet ultime décompte, reconnaissant définitivement sa défaite et ajoutant qu'il soutenait sans réserve son ancien adversaire, George Bush, dans son combat contre le terrorisme.

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PRESIDENTIELLE 2004 Bush part en guerre contre l'antisémitisme mondial

Lors d'un meeting électoral au sud de la Floride dont la population juive représente la 3è communauté juive au monde, le candidat a annoncé samedi avoir promulgué une loi obligeant le département d'Etat à recenser les actions antisémites à travers le monde et à évaluer l'attitude des pays. Il désire "que les vieux réflexes antisémites ne puissent jamais trouver une patrie dans le monde moderne".

Le président George W. Bush a annoncé samedi avoir promulgué une nouvelle loi qui obligera le département d'Etat à recenser les actions antisémites à travers le monde et à évaluer l'attitude des pays sur ce sujet.

"Cette nation sera vigilante et nous ferons en sorte que les vieux réflexes antisémites ne puissent jamais trouver une patrie dans le monde moderne", a déclaré M. Bush lors d'un meeting électoral en Floride. La population juive du sud de la Floride représente la troisième communauté juive au monde, derrière Israël et la région de New York.

Texte d'un survivant

Le texte de cette loi déposée par le représentant démocrate Tom Lantos, seul survivant de l'Holocauste au Congrès américain, avait été adopté par les deux chambres du Congrès il y a quelques jours, en dépit des objections du département d'Etat qui craignait que ce texte ne crée un traitement préférentiel pour les juifs par rapport à d'autres groupes religieux ou ethniques.

Aux termes de la loi, le ministère américain des Affaires étrangères devra établir un état annuel de l'antisémitisme dans le monde et le publier dans le cadre de son rapport sur les droits de l'homme.
La loi crée également un service au sein du département d'Etat qui sera chargé de recenser les actes antisémites et d'élaborer des stratégies pour les combattre.
NOUVELOBS.COM | 16.10.04 | 18:18

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(20 janvier 2005) Bush, pompier planétaire : Le président américain a prêté serment pour son deuxième mandat.

Un président pyromane ? «Par nos efforts, nous avons allumé un feu, un feu dans l'esprit des hommes. Il réchauffe ceux qui sentent sa chaleur, il brûle ceux qui combattent sa progression, et, un jour, ce feu indompté de la liberté gagnera les coins les plus sombres de notre monde», a lancé George W. Bush, lors de son discours d'investiture, hier à midi, devant le Capitole, juste après sa prestation de serment.

Un discours très offensif, largement consacré à ce «feu» de la liberté, seul moyen selon lui de vaincre le terrorisme. «La survie de la liberté dans notre patrie dépend de plus en plus du succès de la liberté dans d'autres patries. Le meilleur espoir de paix pour notre monde, c'est d'étendre la liberté partout», a-t-il déclaré devant les ténors de la classe politique américaine.
La poursuite de la liberté de tous les hommes, parce qu'ils sont «à l'image du Créateur», fait partie de la «mission» historique des Américains, estime Bush. Elle répond aussi à un «impératif urgent pour la sécurité de la nation». Jamais, pourtant, il n'a prononcé le mot «Irak».

Le Président a également consacré un long passage à la «société de propriété» qu'il espère substituer, dans son pays, à l'Etat-providence : «Nous élargirons la propriété de nos maisons et de nos entreprises, de notre épargne retraite et de notre assurance santé, pour préparer notre peuple aux défis de la vie dans une société libre.» Cependant, c'est surtout sa promesse ­ enflammée ­ d'aider tous les combattants de la liberté qui a marqué les esprits. Lorsqu'il déclare : «Heureusement pour les opprimés, l'influence de l'Amérique est considérable, et nous l'utiliserons avec confiance pour faire avancer la cause de la liberté», George W. Bush lance un avertissement clair aux pays de ce qu'il a appelé, il y a trois ans, l'«axe du mal».

Il y a trois jours, sa nouvelle secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, avait livré une nouvelle liste de ces pays, qualifiés d'«avant-postes de la tyrannie» : Cuba, Birmanie, Corée du Nord, Iran, Biélorussie et Zimbabwe.

Le même jour, Bush avait promis aux militaires qu'il «leur serait demandé bien plus dans les mois et les années qui viennent»...
Autant de propos qui soulèvent des interrogations. Les experts militaires doutent que Bush, ensablé en Irak, puisse engager de nouvelles campagnes de large envergure. Quoique Bush semble se préparer à tout. Dans un article publié cette semaine dans le New Yorker, le journaliste Seymour Hersh a ainsi révélé que la Maison Blanche avait ordonné «des missions secrètes de reconnaissance en Iran, au moins depuis cet été», dans le but de collecter des informations nécessaires à une éventuelle frappe contre les installations militaires et nucléaires du pays.
Un ancien «haut responsable du renseignement» a expliqué à Hersh que la «campagne d'Iran» serait la prochaine étape : «Nous avons déclaré la guerre et les méchants, où qu'ils soient, sont l'ennemi... Nous avons quatre ans et nous voulons sortir de là en pouvant dire que nous avons gagné la guerre contre le terrorisme.» La Maison Blanche a décrit l'article comme «truffé d'inexactitudes», mais refuse d'exclure l'hypothèse d'une intervention militaire en Iran.

C'est sur un nuage que George W. Bush a traversé ces trois journées de cérémonies, galas, dîners aux chandelles et bals. Rose de plaisir, clignant des yeux d'émotion, son visage était omniprésent sur les télévisions. Les feux d'artifice l'ont fêté. Les badauds l'ont acclamé.
Soixante millions de dollars sont partis en fumée festive. Le Texan, qui aime généralement se présenter comme un gars modeste, a cédé au plaisir de la majesté. Les Américains ne semblent pourtant pas avoir partagé son plaisir. Certes, ils ont toujours adoré la cérémonie d'investiture, qui symbolise leur réconciliation après la bataille électorale. Cette fois, selon un sondage du Washington Post, les deux tiers des Américains auraient préféré une investiture plus modeste. La guerre en Irak n'est pas populaire et Bush n'entame pas son second mandat dans les meilleures conditions. Il dispose certes d'un Congrès républicain, mais son soutien dans l'opinion est fragile, comparé à celui dont jouissaient Bill Clinton ou Ronald Reagan à l'aube de leur second terme.
Par Pascal RICHE, vendredi 21 janvier 2005 (Liberation - 06:00), p. 9

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George W. président pour tuer le père
Alcool, faillite économique, échecs politiques... Le destin de Bush Jr n'était pas tout tracé.

Qui se souvient encore de George Bush? Non, pas George W.: l'autre, l'ancien président, le numéro 41. Il a été gommé. Pendant la campagne, c'est à peine si on l'a vu. Il est parfois passé, furtivement, souriant dans un coin de l'image, par exemple dans les gradins de la convention républicaine de New York, fin août. Sur le podium, Bush-le-fils a présenté Dick Cheney comme «le meilleur vice-président» de l'histoire, oubliant que son père avait été celui de Reagan.

En allant dans la même université (Yale), en se lançant dans le même business (le pétrole), en entrant en politique, en devenant président, puis en déclarant la guerre contre Saddam Hussein, George W. Bush semblait suivre les traces de son père.
Erreur : il les recouvrait. Hier, le fils a sans doute vengé le père (qui avait, lui, été chassé au bout d'un mandat, par Bill Clinton), mais il l'a surtout effacé. Dans les livres d'histoire, s'il reste un «George Bush», ce sera lui : celui du 11 septembre, celui des deux mandats.

Le gai luron de l'université.
La vie de George W. Bush, 58 ans, est étrange. Il est devenu président à la fois par accident et par fatalité.
Il est né dans le Connecticut le 6 juillet 1946, aîné d'une famille de six enfants. Il grandit au Texas, dans la région de Midland. Son grand-père est sénateur, son père est un homme d'affaires capable. George Walker est un garçon charmant, proche de sa mère Barbara, femme au franc-parler et dotée d'un solide bon sens. Il lui voue encore aujourd'hui une adoration sans bornes.
Lorsqu'il a 7 ans, sa petite soeur Robin, âgée de 3 ans, meurt d'une leucémie. C'est pour lui un choc : ses parents ne l'avaient pas informé de la maladie. «Il posait plein de questions et ne pouvait pas comprendre pourquoi nous savions, depuis longtemps», a raconté Barbara Bush dans ses mémoires.
Cet épisode, assurent ses panégyristes, explique la fermeté de son caractère. Il peut aussi éclairer d'autres traits. A l'époque, c'est sur George que retombe la responsabilité de consoler sa mère. Son père est absent. Il voyage sans cesse. L'enfant divertit Barbara par ses mimiques...

Grâce aux relations familiales, George W. Bush entre dans la prestigieuse université Yale, déjà fréquentée par son père et son grand-père. Comme eux, il est admis dans la société secrète estudiantine Skull and Bones, la plus prestigieuse du campus.
Ce n'est pourtant pas un étudiant brillant. Son frère Jeb, dans l'idée de ses parents, est bien plus prometteur. George est un gai luron aux notes moyennes. Il aime faire le pitre et la fête (surtout bien arrosée), encourager l'équipe de foot, rigoler.
Certains biographes racontent qu'il prend aussi goût à la cocaïne. Bush n'a jamais commenté le sujet, parlant seulement «d'erreurs de jeunesse». C'est sa période «Prince Hal». Le parallélisme avec le personnage shakespearien (qui deviendra le roi guerrier Henri V) est frappant : deux jeunes gens, promis un jour à régner, s'adonnant à de multiples frasques sans réussir à conjurer leur destin.

Laura ou Jack. Grâce aux appuis de son père, encore, Bush échappe à la guerre du Vietnam en s'enrôlant dans la Garde nationale texane. Il est déchargé prématurément de ses obligations militaires et termine ses études par un MBA à Harvard, en 1973. Plus son père prend de l'importance sur la scène publique (élu du Congrès, ambassadeur, directeur de la CIA...), plus la boisson en prend dans la vie de «W».
Plus tard, il accrochera dans son bureau, un portrait du héros texan du XIXe Sam Houston couvert d'une serviette, en cure de désintoxication : «C'est la preuve qu'on peut avoir bu et être un grand homme», expliquera-t-il à ses conseillers.
Sa vie professionnelle alors est chaotique : il s'est lancé dans le business du pétrole, comme papa, mais enchaîne les ratés. Ce sont les amis de son père qui, plus tard, sauveront son entreprise de la faillite.

Une femme, Laura Welch, change le cours de sa vie. Son père n'y est, cette fois, pour rien. C'est une bibliothécaire âgée comme lui de 30 ans. Des amis, cherchant à les marier, organisent un barbecue pour les rapprocher.
Elle est son image inversée : sage, solide, tout en retenue. «Il a mis de l'excitation dans ma vie», confiera-t-elle un jour. Ils se marient trois mois plus tard. Toujours sur les traces paternelles, Bush cherche à se faire élire au Congrès en 1978, mais il échoue.

En 1981, le couple donne naissance à deux jumelles. Il appelle l'une d'entre elles Barbara, comme sa mère. Mais l'alcool est toujours là, minant sa vie. En 1986, Laura exige qu'il cesse : plus une goutte. «Elle m'a dit : "C'est moi ou Jack Daniel's"», a raconté un jour Bush.

Sa vie se stabilise alors, avec le soutien d'un groupe de chrétiens évangélistes. Il avait délaissé la religion, il la retrouve, violemment, comme le font la plupart des born again. Sa carrière politique devient «courte et joyeuse», pour reprendre le sous-titre d'un livre qui lui est consacré.
Président d'une équipe de base-ball, les Texas Rangers, il se fait élire gouverneur du Texas en 1994. Son frère, candidat au même poste, mais en Floride, a été battu. Lorsque l'ex-président Bush appelle George pour le féliciter, ce dernier est mal à l'aise : «J'ai l'impression que Papa n'a retenu que la défaite de Jeb. Pas ma victoire», lâche-t-il.

Il se lance dans la campagne présidentielle en 2000. Avec l'aide de son fidèle stratège Karl Rove, il écrase le favori John McCain en s'appuyant sur la base chrétienne du parti. Le politicien conservateur qui se présente aux Américains est alors très différent du modéré qu'était son père.
Il remporte l'élection, avec moins de voix que son opposant Al Gore, et au terme d'une vaste bataille juridique interrompue par la Cour suprême.

La présence de Dieu.
C'est le 11 septembre qui marque la rupture la plus profonde de sa vie, donnant un sens à son mandat. Bush racontera par la suite que, ce jour-là, il a «senti» la présence de Dieu à ses côtés. Il se sent investi d'une mission.
Il aurait pu alors profiter de cette tragédie pour se poser en rassembleur, se repositionner au centre, dans la tradition de son père. Mais non : il choisit la voie inverse, se posant en héros des valeurs chrétiennes à l'intérieur du pays, en «président de guerre» à l'extérieur. Il décide d'entrer en guerre contre Saddam Hussein.
Lorsque celui-ci est arrêté dans son trou, il se fait remettre le pistolet du dictateur déchu, qu'il montre, parfois, à des invités de marque. «Il a essayé de tuer mon papa», laisse-t-il échapper un jour.
Par Pascal RICHE, jeudi 04 novembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 6

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Lewis Libby inculpé d'entrave à la justice et parjure

WASHINGTON (Reuters) - Lewis Libby, directeur de cabinet du vice-président américain Dick Cheney, a été inculpé vendredi par un grand jury fédéral d'entrave à la justice, parjure et faux témoignage dans l'affaire de la divulgation de l'identité de l'agent secret de la CIA Valerie Plame.

Il risque une peine maximale de 30 ans de prison et une amende de 1,25 million de dollars s'il est reconnu coupable.

Aucun autre responsable américain n'a été inculpé dans cette affaire, qui ébranle l'autorité de l'administration Bush.
google, actualités, 28/10/2005 - 19h03

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Miers pas assez conservatrice
L'avocate personnelle de George W. Bush renonce à sa candidature à la Cour suprême

George W. Bush a dû accepter le retrait de la candidature à la Cour suprême de son avocate personnelle, Harriet Miers, cédant à la fronde de l'aile la plus conservatrice de son propre parti. Harriet Miers craignait d'être "un fardeau pour la Maison-Blanche". L'administration Bush essuie un revers supplémentaire, auquel s'ajoutent des inculpations dans une affaire de fuite médiatique.

Des représentants de la droite religieuse ont "remercié" l'avocate de s'être retirée, après avoir vivement manifesté leur hostilité à sa nomination, en raison de son "manque d'engagement" contre le droit à l'avortement. La Maison-Blanche prétend ne pas avoir cédé aux pressions de la droite : "nous avons toujours été concentrés sur le Sénat, et pas sur les commentaires de groupes extérieurs", affirme son porte-parole, Scott McClellan. Mais, selon le leader de l'opposition démocrate au Sénat, Harry Reid, "la droite radicale du Parti républicain a tué la nomination d'Harriet Miers".
vendredi 28 octobre 2005, mis à jour à 20:08, Anne-Laure Pham Viet Lac

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jeudi 9 novembre 2006, 7h13 Défaite républicaine, George Bush se sépare de Donald Rumsfeld

WASHINGTON (Reuters) - Pour la première fois depuis 1994, les démocrates ont pris le contrôle des deux chambres du Congrès, à en croire les médias américains, ce qui a amené George Bush à remanier son administration en se séparant de Donald Rumsfeld, numéro un du Pentagone depuis six ans.

La chaîne NBC rapporte que le démocrate James Webb a finalement battu le sénateur républicain George Allen en Virginie. Il manquait un siège aux démocrates pour être majoritaires au Sénat.

Ils ont conquis une trentaine de sièges à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de mardi. Il leur en fallait 15 pour prendre la majorité.

Première conséquence politique de cette alternance historique, George Bush s'est séparé mercredi de son secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et a proposé de le remplacer par l'ancien directeur de la CIA Robert Gates.

Les dirigeants démocrates ont accueilli avec satisfaction le départ de Rumsfeld et, appelant de leurs voeux "un nouveau départ", ont souhaité l'organisation d'un sommet avec Bush sur la politique irakienne.

Bush, lors d'une conférence de presse, a reconnu que la situation en Irak ne correspondait pas à ses attentes, que les choses là-bas n'allaient "ni assez bien, ni assez vite" et qu'une "nouvelle perspective" était nécessaire.

Mais le chef de la Maison blanche, s'il a admis porter une large part de responsabilité dans la défaite de son parti, a souligné que le résultat des élections ne signifiait pas que les Etats-Unis étaient prêts à se retirer d'Irak.

ALLEN N'A PAS CONCEDE SA DEFAITE

"L'ennemi va se dire 'eh bien, cela signifie sûrement que l'Amérique va partir'. Et la réponse est: 'non'", a-t-il dit. "C'est un combat difficile, nous allons gagner ce combat."

En politique intérieure, le président a tendu la main aux démocrates, les invitant à collaborer jusqu'en 2008 avec l'administration républicaine. Il s'est dit convaincu de trouver des "terrains d'entente" sur des dossiers cruciaux comme le financement des retraites et des programmes de santé.

Au Sénat, dont un tiers des 100 sièges était renouvelé, les jeux ont été très serrés.

Les démocrates devaient reprendre six sièges aux républicains pour s'emparer de la majorité. Ils en avaient repris cinq mercredi (Missouri, Pennsylvanie, Ohio, Rhode Island, Montana), et la couleur du Sénat ne dépendait plus que du résultat en Virginie.

........ Des recours devant les tribunaux ne sont en outre pas exclus, ce qui ferait revivre aux Américains l'expérience vécue lors de la présidentielle de 2000, lorsque l'élection de Bush ne fut acquise qu'après cinq semaines de bataille juridique.

"BONNE VOLONTE"

L'alternance permettra aux démocrates de prendre la tête des différentes commissions dans les deux chambres, ce qui va leur donner la possibilité d'enquêter sur les aspects les plus contestés de la politique de George Bush, notamment dans les domaines diplomatiques, militaires et énergétiques.

L'élue démocrate de Californie Nancy Pelosi, considérée comme une "libérale" sur les questions de société, devrait devenir la première femme à assumer la présidence de la Chambre des représentants.

Le président lui a téléphoné mercredi matin, ainsi qu'à d'autres dirigeants démocrates. "Dans tous ces échanges, je dirais que s'est manifestée une ferme intention de faire preuve de bonne volonté et le président a dit que si le Congrès avait changé, les problèmes restaient les mêmes", a dit une porte-parole de la Maison blanche.

Outre les élections pour le parlement fédéral, les démocrates ont aussi enregistré des gains importants pour les postes de gouverneurs, en reprenant six Etats aux républicains et en obtenant une majorité de voix au plan national. Ils ont également remporté la majorité des assemblées d'Etat.

Seul motif de satisfaction pour les conservateurs, les électeurs de sept Etats ont rejeté le mariage homosexuel lors de référendums organisés parallèlement aux scrutins locaux.

Forts de leurs gains au Congrès, les démocrates se sont engagés à mettre rapidement en oeuvre leur programme électoral, notamment sur une nouvelle pratique du pouvoir, sur la hausse du salaire minimum, sur la réduction des subventions à l'industrie pétrolière et sur le renforcement de la sécurité aux frontières.

Malgré leur fort mécontentement sur la conduite de la guerre en Irak, les électeurs américains ont placé les thèmes de la corruption et de l'éthique en tête des facteurs décisifs de leur vote, d'après un sondage réalisé pour CNN.

Le Parti républicain a été récemment éclaboussé par une série de scandales présumés de corruption ou de moeurs. Yahoo.fr, actualités,

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jeudi 9 novembre 2006, 14h22 Etats-Unis : le pouvoir législatif aux mains des démocrates

Aux Etats-Unis, le triomphe complet au Capitole pour les démocrates : ils contrôlent entièrement les deux chambres du Congrès et donc le pouvoir législatif du pays

Les dernières données fournies par les médias américains leurs attribuent le dernier siège sénatorial en lice, celui de l'Etat de Virginie. Officiellement le décompte dans l'Etat n'est pas terminé et pourrait se poursuivre sur plusieurs semaines, mais le démocrate Jim Webb l'emporterait sur George Allen de plus de 7.000 voix sur un total de 2,3 millions de suffrages. Le sénateur Républicain refuse encore de reconnaître sa défaite et pourrait porter l'affaire devant les tribunaux. Les démocrates ont réussi l'exploit de ravir 6 sièges à leurs adversaires et pour un total de 51 contre 49.

A la Chambre des représentants la victoire est en revanche totale. 226 sièges pour les démocrates et 191 pour les Républicains. Nancy Pelosi est appelée à devenir la future présidente de la chambre basse du Congrès. Première femme à ce poste, elle devient le troisième plus haut personnage politique des Etats-Unis. "Les démocrates sont prêts à gouverner" dit-elle. "A gouverner d'une façon bipartisane qui s'impose d'elle-même. Le président reste le président des Etats-Unis. J'espère qu'il saura entendre la voix du peuple en laissant de côté les luttes partisanes pour faire valoir un partenariat afin de mettre un terme à cette guerre".
Par EuroNews, jeudi 9 novembre 2006, 14h22

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