Scandale whaspiste ....
il aurait trompé sa femme

(Novembre 2004) Kerry pleure et Bush rit : La croisade doit continuer
(Octobre 2004) Un petit fils de converti pas trop catho
(Juillet 2004) Samuel Berger démissionne
Frenchies discrets
(Mars 2004) Des parents juifs morts en déportation

(Février 2004) Une rumeur d'adultère tente de casser la course en tête du démocrate John Kerry.
Du cul, des mensonges, de vieilles photos oubliées : la campagne présidentielle a renoué cette semaine avec la grande tradition des coups bas. Alors que George W. Bush est largement distancé par John Kerry dans les sondages (52 % des intentions de vote pour Kerry contre 43 % pour le premier, selon la dernière enquête Washington Post-ABC), une vaste offensive anti-Kerry a été lancée, principalement sur l'Internet, par des conservateurs sans scrupule.

«Attiré».
L'affaire la plus croustillante a été dévoilée par le Drudge Report jeudi. Ce site d'information est connu pour avoir révélé la liaison entre Bill Clinton et Monica Lewinsky. Il est dirigé par un journaliste sans principes déontologiques, Matt Drudge. Ce dernier évoque une aventure extra-conjugale «supposée» entre Kerry et une jeune femme qui se serait exilée en Afrique pour fuir les médias. Mais ceux-ci n'ont pas soufflé mot de l'affaire. Interrogé sur la chaîne câblée MSNBC, Kerry a constaté que puisqu'il n'y avait «rien à raconter» sur le sujet, il n'avait «aucun commentaire à faire». Seul le Sun a révélé le nom de la jeune femme en question. Interrogés par ce tabloïd anglais, les parents de cette dernière affirment que Kerry a été «attiré» par elle il y a deux ou trois ans, mais sans suite.

Si l'adultère est considéré comme un crime abominable par les Américains, il faut qu'il soit vraiment flagrant pour faire dérailler une campagne. La conférence de presse de Gennifer Flowers, maîtresse autodéclarée de Clinton, lors des primaires de 1992, n'avait pas empêché celui-ci de l'emporter. Mais les frasques de Gary Hart, parti favori lors des primaires démocrates de 1988, avaient eu raison de sa campagne. Après la publication d'une photo le montrant une blonde sur les genoux ­ avec laquelle il avait passé une nuit sur un yacht au nom prédestiné, Monkey Business ­ Hart avait dû se retirer de la course.

Kerry doit faire face à une seconde attaque assez vicieuse : la diffusion, par des médias conservateurs, d'une photo le présentant en compagnie de Jane Fonda. Rien ici de très olé olé : la photo a été prise en 1970 pendant un «sit-in» anti-Vietnam, en Pennsylvanie. Jane Fonda est au premier plan, très jolie, très «flower power». En arrière-plan, flou, on aperçoit le menton en galoche de Kerry, assis parmi d'autres militants. A priori, il n'y a pas de quoi fouetter un chat : en 1970, celui-ci revenait du Vietnam et militait, comme Fonda, contre la guerre. Mais l'actrice est restée dans la mémoire collective comme une militante qui vomissait l'armée et le drapeau américains. L'amalgame Fonda-Kerry est donc une aubaine pour les partisans de Bush.

La photo a été publiée par un site de vétérans anti-Kerry (1). Son animateur, un ex-Béret vert, Ted Sampley, se vante de l'avoir cherchée «pendant plusieurs mois». Sur un autre site, le chroniqueur très réactionnaire Rush Limbaugh s'en donne à coeur joie : il explique que pendant que John McCain (aujourd'hui sénateur républicain) était emprisonné à Hanoï, «Kerry était dans le palais des miroirs de Fonda».

Jane Fonda, sur CNN, a juré qu'elle ne connaissait pas Kerry à l'époque : il s'agit d'un «gros mensonge, un stratagème de propagande des républicains», a-t-elle déclaré. Mais désormais tout est mis en oeuvre, côté républicain, pour démontrer que Kerry n'était pas, il y a plus de trente ans le patriote qu'il affirme être aujourd'hui.

Fantômes.
Le passé de John Kerry n'est pas le seul à être exploré. George W. Bush, lui aussi, doit lutter contre de vieux fantômes que les démocrates tentent de réveiller. Un témoin, interviewé par USA Today, raconte que le dossier concernant Bush, dans les archives de la Texas National Guard (où il a servi comme pilote) a été expurgé en 1997, lorsque Bush était gouverneur du Texas... Ce dossier mentionnait plusieurs arrestations embarrassantes, qui avaient eu lieu avant son enrôlement en 1968. Il pouvait aussi, suggère le quotidien, contenir des informations sur sa consommation de drogue ou d'alcool. Bush aurait, dans sa jeunesse, tâté la cocaïne, une rumeur qu'il n'a jamais explicitement démentie.
(1) www.vietnamveteransagainst johnkerry. com
Le général à la retraite Wesley Clark, qui a abandonné mercredi la course à l'investiture démocrate, a apporté vendredi son soutien au favori John Kerry, dont il a loué la bravoure durant la guerre du Vietnam.
Libération, Par Pascal RICHE, samedi 14 février 2004, p. 8

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Des parents juifs de John Kerry sont morts en déportation
Deux parents juifs de John Kerry ont péri dans un camp de concentration nazi durant la deuxième guerre mondiale.
Felix Gundacker, de l'Institut autrichien de recherche sur l'histoire des familles, a révélé que Jenni et Otto Loewe, la sœur et le frère de la grand-mère de Kerry, prénommée Ida, ont été tués dans un camp de concentration».

Ida et son mari, Fritz Kohn, sont nés au XIXe siècle sur les terres de l'empire austro-hongrois durant le règne des Habsbourg. La famille, d'origine juive, a vécu notamment à Vienne.
Après avoir changé leur nom de Kohn en Kerry et s'être convertie au catholicisme, le grand-père de John Kerry et son épouse Ida ont émigré vers les Etats-Unis en 1904.
Libération, 1er mars 2004, p. 11

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(Juillet 2004) Sandy (Samuel) Berger, cible d'une enquête criminelle liée aux documents sur le 11 septembre, cesse de conseiller John Kerry

WASHINGTON (AP) - Cible d'une enquête criminelle sur la disparition de documents classés, l'ancien conseiller à la sécurité nationale de Bill Clinton Sandy Berger a quitté mardi son rôle de conseiller informel dans la campagne du candidat démocrate à la présidentielle américaine John Kerry.

Sandy Berger, qui avait été cité comme un possible secrétaire d'Etat ou directeur de la CIA si John Kerry était élu, fait l'objet d'une enquête criminelle du Département de la Justice sur la disparition de documents classés sur le terrorisme. Ces documents se sont volatilisés alors que Sandy Berger examinait les dossiers devant être remis à la commission parlementaire sur les attentats du 11 septembre 2001.

"M. Berger ne veut pas que des questions concernant la commission du 11 septembre puissent être utilisées pour des motifs partisans", a fait savoir Lanny Breuer, l'avocat de Sandy Berger. "Dans cet esprit, il a décidé de cesser son rôle de conseiller informel dans la campagne Kerry jusqu'à ce que cette affaire soit résolue".

L'annonce de l'enquête sur Sandy Berger est intervenue à une semaine de la convention démocrate et deux jours avant la publication du rapport de la commission sur les attentats du 11 septembre, qui pourrait nuire politiquement au président sortant George W. Bush.

Le domicile et le bureau de Sandy Berger ont été perquisitionnés au début de l'année par des agents du FBI après que l'ancien conseiller de l'ex-président Bill Clinton eut retourné des documents sensibles aux Archives nationales et admis avoir retiré des notes écrites à la main qu'il avait prises lors de l'examen des documents.

Mais certaines versions d'un rapport sensible sur la gestion par l'administration Clinton de la menace terroriste d'Al-Qaïda lors des célébrations du 31 décembre 1999 sont toujours manquantes, ont précisé des sources officielles à l'Associated Press.
yahoo.fr, actualités, mercredi 21 juillet 2004, 0h09

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(Convention démocrate de Boston, juillet 2004) Les Français présents mais discrets

DEPUIS l'opposition de la France à la guerre en Irak, John Kerry cherche à minimiser ses vagues attaches avec l'Hexagone : un cousinage avec Brice Lalonde et des vacances - adolescent - dans une propriété familiale à Saint-Briac en Bretagne. L'ex-ministre écolo sera donc prié de se faire discret.

Mais si les hommes politiques français ne paraderont pas ces jours-ci à Boston, ils ne manqueront pas pour autant cette convention qualifiée de « moment décisif » dans la course à la présidence américaine.
« Une élection mondiale », selon le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray, qui souhaite voir s'achever « cette terrible épreuve pour le monde qu'a été le mandat du président Bush ».
Le secrétaire national du PS Pierre Moscovici est donc allé apporter son soutien au candidat démocrate.
Dominique Strauss-Kahn est de la fête, ainsi que le trublion Arnaud Montebourg, venu voir, lui, les « techniciens » du Parti démocrate plutôt que les têtes d'affiche.

Si elle ne soutient pas Kerry, la droite sera néanmoins du voyage. Présent avec sa famille à partir de demain, Alain Juppé laissera à Alex Poniatowski (député du Val-d'Oise), président du groupe d'amitié franco-américain de l'Assemblée nationale, le soin de représenter l'UMP. Ce dernier précise qu'il assistera également, en août, à la convention du candidat républicain George Bush.
P.P., Le Parisien, mardi 27 juillet 2004, p. 4

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Kerry, catholique mais pas trop
Avortement, mariage gay... ces sujets pourraient lui coûter des voix.

Fernando Laguarda, avocat et père de quatre enfants, arbore sur le pare-chocs de son minivan un autocollant qu'il a commandé sur l'Internet : «Catholics for Kerry».
«Je suis en colère contre les gens qui, parlant au nom de l'Eglise, suggèrent de voter George Bush. J'ai voulu exprimer le fait qu'on pouvait, en tant que catholique pratiquant, soutenir John Kerry

La campagne 2004 a créé une déchirure sérieuse au sein de l'Eglise. A priori, les catholiques devraient pourtant être heureux de voir l'un des leurs dans la course à la Maison Blanche : John Kerry est le premier candidat catholique depuis Kennedy, en 1960.
Mais quelques évêques, rangés derrière l'archevêque du Colorado, Charles Chaput, ont semé le trouble en déclarant qu'un bon catholique ne pouvait pas voter pour un candidat favorable au droit à l'avortement. Ou alors qu'il devait se confesser en sortant des urnes, avant de pouvoir communier.

Débat interne.
Ces prises de position ont blessé nombre de catholiques, qui y voient une atteinte à leur liberté de conscience.
«Que font-ils de la peine de mort ? De l'environnement ? De l'unilatéralisme et l'agression d'autres pays ? De la justice sociale ? De la pauvreté ?», s'agace ainsi Fernando Laguarda. Mouvementé, le débat interne donne le tournis aux sondeurs. Selon John Zogby, John Kerry était initialement largement en tête dans l'électorat catholique, puis George W. Bush l'a dépassé, puis Kerry a repris la tête...

Les catholiques (un quart de la population) ont très longtemps voté démocrate. Mais, depuis 1972, ils balancent entre les deux partis. Ils ont toujours voté pour le gagnant, à l'exception de 2000, où ils avaient préféré Al Gore (majoritaire en nombre de voix) à George W. Bush (majoritaire en nombre de grands électeurs). Selon Zogby, Kerry peut difficilement conquérir la Maison Blanche sans obtenir la majorité chez ses coreligionnaires.

Chaque candidat redouble donc d'efforts pour les séduire, d'autant que les catholiques sont très nombreux dans quatre des Etats les plus disputés : 37 % au Nouveau-Mexique, 32 % dans le Wisconsin, 31 % en Pennsylvanie, 27 % dans le New Hampshire.

Bush a pris de l'avance. Cela fait quatre ans qu'il courtise cet électorat. Il a multiplié les gages aux catholiques. Lorsqu'il parle de «culture de la vie», à propos de l'avortement ou de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, il reprend une formule forgée par Jean Paul II. Il a rencontré trois fois le pape, la dernière fois en juillet. Il a courtisé sans relâche les leaders du monde catholique américain depuis quatre ans. La semaine dernière encore, il s'est entretenu avec l'évêque de Philadelphie, Justin Rigali. La photo des deux hommes a permis de rappeler aux électeurs catholiques de Pennsylvanie que Bush était «du bon côté». Kerry, lui, ne manque pas de rappeler sa foi. Les démocrates catholiques ont commencé à organiser une contre-attaque publicitaire, avec des slogans du type : «La vie ne s'arrête pas à la naissance», mais un peu tard.

«Jugement moral».
Les indécis, parmi les 65 millions d'électeurs catholiques, ne peuvent en tout cas pas compter sur le Vatican pour y voir plus clair : lundi, le porte-parole du pape a indiqué que c'était «à la hiérarchie locale» d'éclairer ses ouailles sur telle ou telle «question éthique» et de permettre ainsi aux électeurs de «former un jugement moral» avant d'aller voter.
Par Pascal RICHE, mercredi 27 octobre 2004 (Liberation - 06:00), p. 9

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