Un portrait : Faucon pragmatique, Libération, 2006
Ariel Sharon

Janvier 2014 : Mort officielle

Avril 2006 : Inapte
Février 2006 : Omri condamné à 9 mois ferme
Janvier 2006 : Attaque cérébrale.
Juillet 2005 : Réconciliation avec la France ; Ariel Sharon ne demande plus aux juifs de France de rejoindre "aussi vite que possible" Israël, comme en juillet 2004 ;
- problème avec le fils
20 juillet 2004 : Condamnation par l'ONU, Israël refuse
18 juillet 2004 : Ariel Sharon demande aux juifs de France de partir "immédiatement" pour Israël ...
09 juillet 2004 : Condamnation de la Cour de justice internationale (CIJ), Israël refuse
15 juin 2004 : Faute de preuves, non-lieu pour Ariel Sharon
02 avril 2004 : Sharon menace de mort:"Quiconque tue un juif ...
27 mars 2004 : Inculpé ?
18 décembre 2003 : Sharon propose un plan de "séparation" (apartheid)
Décembre 2003 : La famille Sharon mise en cause
04 juin 2003 : Sharon accepte un Etat palestinien
11 février 2003 : La plainte contre Sharon, pour crimes de guerre, est recevable
29 janvier 2003 : Sharon victorieux, les travaillistes s'effondrent
13 janvier 2003 : Les intellectuels juifs français, Alexandre Adler, Alain Finkielkraut, Serge Klarsfeld, Théo Klein, Bernard-Henri Levy, Alain Minc, ne le soutiennent pas ...
09 janvier 2003 : Nouveau scandale
1er janvier 2003 : Problèmes financiers

Juin 2002 : Victoire (provisoire) d'Ariel Sharon en Belgique
Février 2002 : La France est antisémite, selon Ariel Sharon, qui prépare Israël à recevoir les Juifs de France.
Février 2002 : décision Yerodia de la CIJ le 14 février 2002, suite des commentaires
Juin 2001 : Israël accuse la BBC de crime de lèse-Sharon. La chaîne est revenue sur les massacres de Sabra et Chatila.
Mars 2001 : Ariel Sharon a présenté son gouvernement d'union nationale

Février 2001 : Un jeune commandant nommé Ariel, 69 morts à Qibiya, en 1953. Des survivants témoignent.
«Le nom de Sharon peut se traduire par "guerre". Quand un peuple sait le passé d'un homme comme lui et veut l'élire, cela signifie qu'il ne veut pas la paix.» Ayed Mourab, responsable local du Fatah, Qibiya (Cisjordanie), envoyé spécial.

Dans une société aussi rigide, prude et vissée par les traditions, l'islam et le regard des hommes, telle que se montre la société rurale palestinienne, il est exceptionnel qu'une femme ose briser les tabous du village pour livrer un pareil secret. «Nous étions quinze, cachés dans une étable et nous avions peur, si peur que personne ne pouvait se retenir. Nous faisions tous sur nous.» Autour d'elle, les hommes, un peu gênés par un tel aveu, font silence. La villageoise ajoute: «Pour que les enfants ne pleurent pas, on leur enfonçait le sein dans la bouche.» Alima Mahmoud avait 19 ans, ce 14 octobre 1953, lorsque l'unité 101 de l'armée israélienne enlève le gros village, alors jordanien, de Qibiya, à quelques kilomètres de la frontière. La formation était dirigée par un jeune commandant de 25 ans du nom d'Ariel Sharon. Selon l'historien israélien Martin Van Creveld (1), la tuerie fit 69 morts, pour la plupart des femmes et des enfants. Les autorités du village palestinien avancent le chiffre de 76 morts.

Quarante-huit ans plus tard, le jeune commandant s'apprête, si l'on en croit les sondages, à prendre la tête d'Israël. A Qibiya, le passé, évidemment, est remonté à la surface. «Comment un homme de massacres peut-il aujourd'hui faire la paix?», feint de s'interroger un jeune Palestinien.

L'opération israélienne commence vers 7 heures du soir. L'unité 101 réagit à l'attaque d'un commando de fedayin infiltré en Israël, qui, en regagnant la Jordanie, a tué une Israélienne et deux de ses enfants à Yehuda, près de Tel-Aviv. Il s'agit donc d'un raid de représailles, l'unité 101 ayant vocation à mener ce type de mission. Ahmed al-Badawi, l'un des deux gardes du village, a vu s'approcher le commando de Tsahal, peut-être une quarantaine d'hommes, avec des mulets dont les sabots étaient enveloppés d'étoffe. Les montures portent 600 kg de TNT (2), qui doivent servir à faire exploser le village. «Les soldats m'ont attaché et m'ont bandé les yeux. Mais je suis quand même parvenu à m'enfuir. Ils m'ont tiré dessus et m'ont blessé deux fois», raconte-t-il. Il ajoute que l'autre garde, a été exécuté.

Familles anéanties.
C'est en se cachant dans les buissons de cactus qui, aujourd'hui encore, envahissent le village, que Mohammed al-Masloud, 75 ans, assure avoir eu la vie sauve. «Dans chaque maison où les soldats ont vu de la lumière ou entendu du bruit, ils ont placé des explosifs», se rappelle ce chauffeur de taxi. Les «loups» de Sharon tueront sa femme, Tuhifa, et leurs trois enfants, âgés respectivement de 9 ans, 7 ans et 1 an. La plupart des victimes ont péri dans les maisons que le commando a fait sauter. «Les soldats plaçaient les mines devant les portes», relate un autre survivant, Ali Mahmoud, 80 ans, qui a perdu cette nuit-là son frère, sa jeune femme et une nièce âgée de 7 jours. Des familles entières seront ainsi anéanties. La famille Abou Qabous aura onze tués. Abdel Majid Nasser perdra sa femme et leurs sept enfants. Mahmoud Ibrahim Gitan, son épouse et leurs dix enfants. Le maire de Qibiya, Hassan Jaber, raconte cet épisode horrible: «Une quarantaine de personnes s'étaient cachées dans une étable. Comme les pleurs d'un bébé risquaient d'alerter les soldats, ses parents l'ont étouffé accidentellement en le bâillonnant.»

Pardon.
Curieusement, les témoins sont aujourd'hui très réticents à parler de ce raid terrible. Leur mémoire est-elle encore douloureuse? Est-ce parce que les hommes du village se sentent toujours coupables d'avoir fui en abandonnant leurs familles? «Ils ont pensé que les soldats ne tueraient pas des femmes et des enfants», avance le maire. «Je les ai vus tuer une femme dans la rue à une centaine de mètres devant moi. Il n'était plus temps de prendre les enfants. Tous ceux qui pouvaient fuir l'ont fait. Sharon ne nous a rien laissé: ni femmes, ni enfants, personne», affirme Mohammed al-Masloud. L'ancien garde blessé se souvient aussi qu'en 1967, peu après la conquête de la Cisjordanie par Israël, un soldat, fils d'un combattant de l'unité 101, est venu lui demander pardon au nom de son père.

Dans ses mémoires, Ariel Sharon reconnaît avoir dirigé le raid sur Qibiya. Il précise même que ses hommes ont fait exploser 42 maisons. Mais il assure avoir cru que celles-ci étaient vides au moment du dynamitage et n'avoir appris que le lendemain la mort des femmes et des enfants en écoutant la radio jordanienne. «Je ne pouvais en croire mes oreilles [...] J'ai compris que des familles arabes avaient dû rester dans les maisons au lieu de s'enfuir [...]», écrit-il. Après l'attaque de Qibyia, qui a provoqué une réaction internationale très vive, il est convoqué par le Premier ministre et ministre de la Défense, Ben Gourion. On ne sait exactement s'il fut félicité ou morigéné mais, quelques mois plus tard, il est promu lieutenant-colonel. Début 1954, les ordres d'opération vont désormais comporter régulièrement la mention «Les femmes et les enfants doivent être systématiquement épargnés». La leçon de Qibiya...

«Tragédie».
Dans ce village pauvre, où les hommes vont travailler en Israël, pas une seule plaque commémorative ne rappelle ce que Sharon lui-même a qualifié dans ses mémoires de «tragédie». «C'est parce que les Israéliens nous avaient totalement interdit de faire une quelconque référence à la tuerie», explique Ayed Mourab, un responsable local du Fatah. «Le nom de Sharon peut se traduire par "guerre". Quand un peuple sait le passé d'un homme comme lui et veut l'élire, cela signifie qu'il ne veut pas la paix», conclut-il.
Par JEAN-PIERRE PERRIN, Libération, 05 février 2001, p. 10-11.

1) Tsahal, histoire critique de la force israélienne de défense. Editions du Rocher. 1998 pour son édition française.
2) Ces précisions figurent dans les Mémoires d'Ariel Sharon (de son vrai nom Ariel Scheinerman).

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LEMONDE.FR | 07.03.01 | 18h21. Ariel Sharon a présenté son gouvernement d'union nationale

Le nouveau premier ministre israélien, Ariel Sharon, a présenté, mercredi 7 mars, son gouvernement à la Knesset. Celui-ci comprend 25 ministres dont 8 du Likoud, le parti d'Ariel Sharon et 8 du Parti travailliste. Cinq autres ministres viennent du Shass, 2 de l'Union Nationale Israël Beiteinu, un du Am Echad et un dernier de Israël B'Aliyah. Quinze vice-ministres ont également été nommés dans le gouvernement qui s'annonce équilibré, élargi et sans réelle surprise.

Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a présenté, mercredi 7 mars, son gouvernement d'union nationale devant la Knesset, le Parlement israélien. Attendu avec impatience par les électeurs, les Palestiniens et la communauté internationale, le nouveau gouvernement israélien comprend 26 ministres, 15 vice-ministes et regroupe huit partis politiques. Cette large coalition illustre la volonté d'Ariel Sharon de présenter une société israélienne unie devant l'épreuve de la paix et prête à affrontrer les problèmes du pays dans la concertation et la solidarité.

Le Likoud, le parti d'Ariel Sharon, les travaillistes du premier ministre sortant Ehoud Barak et les religieux séfarades du parti Shass constituent l'ossature du gouvernement d'union. Le Likoud et le Parti travailliste détiennent chacun 8 ministères. Avec 5 ministères, le Shass occupe une place stratégique de première importance pour l'équilibre de la majorité gouvernementale. L'Union nationale Israël-Beiteinu, le Israël Be Aliya (immigrants russes), l'Am Echad et l'Histadrut sont les autres partis composant le gouvernement. A noter l'absence de trois partis proches d'Ariel Sharon, le Parti national religieux (droite sioniste), le Parti du centre et le mouvement Gesher de David Levy, l'ancien ministre des affaires étrangères.

Au sein du Likoud, Silvan Shalom a été désigné au poste de ministre des finances et vice-premier ministre. Le poste de ministre de l'éducation nationale revient à Limor Livnat. Meir Sheetrit prend la tête du ministère de la justice. Reuven Rivlin se charge du ministère des communications. Uzi Landau devient le nouveau ministre de la sécurité intérieure et Tzahi Hanegbi assure la fonction de ministre de l'environnement. La désignation de Limor Livnat, de Meir Sheetrit et de Uzi Landau est inattendue. Il semblerait, d'après le Jérusalem Post, que les pressions du Shass aient lourdement pesé dans ce sens. Les religieux ne voulaient pas qu'Ariel Sharon confie l'éducation nationale à Meir Sheetrit. Prévu un temps à la sécurité intérieure, Meir Sheetrit a finalement été placée à la tête de la justice, après avoir tenté en vain de convaincre Ariel Sharon de lui remettre les clefs de l'éducation nationale. Les religieux séférades du Shass démentent de leur côté toute intervention dans la formation du gouvernement.

A la sécurité intérieure, Limor Livnat, connu pour ses interventions sur le terrorisme, s'attendait plutôt à prendre la tête de l'éducation nationale. Plus tristes, Yehoshua Matza et les députés Michael Eitan et Ayoub Kara n'ont obtenu que des postes de vice-ministres. Deux proches de Benyamin Netanyahu, l'ancien premier ministre, Dan Naveh et Tzipi Livni ont été nommés ministres sans portefeuille. Dan Naveh se chargeant des relations entre le gouvernement et la Knesset. Tzipi Livni prenant la tête du ministère de la coopération régionale.

Pour le parti Shass, Ariel Sharon a désigné Eli Yishai comme ministre de l'intérieur et vice-premier ministre. Shlomo Benizri prend la tête du ministre du travail et des affaires sociales. Nissim Dahan est nommé ministre de la santé. Asher Ohana, un des leaders du Shass, prend le ministère des affaires religieuses et Eli Suissa devient le nouveau ministre des affaires de Jérusalem mais n'a pas de portefeuille. L'ancien député Shmuel Avital représente le parti Am Ehad au gouvernement. Sans portefeuille, il prend la tête de la coordination des problèmes sociaux . Rehavam Ze'evi, dirigeant du parti d'extrême droite l'Union nationale, devient, quant à lui, ministre du tourisme.

A l'extrême droite, Avigdor Lieberman, du parti Israël Beitenou, devient le ministre des infrastructures nationales. Nathan Chtcharansky, du parti des immigrés de Russie, est nommé à l'habitat.

Pour le Parti travailliste, Shimon Peres est devenu le nouveau chef de la diplomatie israélienne et le vice-premier ministre. Salah Tarif, premier Arabe à devenir ministre en Israël, n'a pas de portefeuille mais symbolise l'ouverture du gouvernement d'Ariel Sharon sur les Israéliens arabes. Le ministre de la défense Ben Eliezer est considéré, quant à lui, comme un "faucon" travailliste favorable à un engagement plus ferme de son parti en matière de sécurité nationale. Ephraïm Sneh est nommé aux transports. Dalia Itzik, au commerce et à l'industrie. Shalom Simhon, à l'agriculture et au développement rural. Matan Vilnaï, au sport et à la culture. Raanan Cohen, sans portefeuille. Am Ehad, à la coordination sociale mais sans portefeuille.

S'agissant des postes de vice-ministres, le nombre exact dépend des tractations en cours entre le Likoud et la Liste unifiée de la Torah, parti ultra-orthodoxe ashkenaze (juifs d'Europe). Au moins quatre de ces postes de vice-ministre sont pourvus de portefeuille. M. Sharon n'a pas révélé qui étaient les titulaires effectifs ou pressentis des postes de vice-ministre mais quatre d'entre eux sont déjà connus. La petite-fille d'Izthak Rabin, l'ex-premier ministre assassiné en novembre 1995, Rabin-Pelosoff a donné son accord pour devenir la vice-ministre de la défense. Sa désignation constitue la seule surprise du gouvernement. Yuli Edelstein (Israël Be Aliya), à l'intégration. Meshulam Nahari (Shass) à l'éducation. Michael Melchior (Meimad parti religieux de gauche allié des travaillistes) aux affaires de la diaspora.

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Israël accuse la BBC de crime de lèse-Sharon. La chaîne est revenue sur les massacres de Sabra et Chatila.

"Partial", "injuste". Le gouvernement israélien n'a pas de mots assez forts pour condamner le procès intenté par la BBC à son chef. Dans un reportage diffusé dimanche soir et intitulé l'Accusé, la télévision britannique examine la possibilité de faire inculper Ariel Sharon de crimes de guerre pour sa responsabilité dans les massacres de Sabra et Chatila, camps de réfugiés palestiniens à Beyrouth.

Phalangistes.
En juin 1982, Ariel Sharon, alors ministre de la Défense, entraîne son pays dans une des guerres les plus sanglantes de son histoire. Il prend prétexte d'un attentat pour lancer ses troupes à l'assaut de l'OLP retranchée au Liban. Après trois mois de siège, Yasser Arafat et ses hommes évacuent Beyrouth-Ouest sous protection internationale. Au même moment, un allié d'Israël, chef des phalanges chrétiennes, Béchir Gemayel, est élu à la tête de ce qui reste de l'Etat libanais.

Le général Sharon n'a pas le temps de goûter sa victoire. Le 14 septembre, Béchir Gemayel, l'homme avec qui il espérait signer une paix séparée, est assassiné par les Syriens. Le lendemain, Tsahal se déploie à Beyrouth-Ouest et confie aux phalangistes le soin d'occuper Sabra et Chatila, où s'entassent 20 000 Palestiniens. Pendant trois jours, les miliciens chrétiens se livrent au meurtre, au viol et au pillage contre une population désarmée. La Croix-Rouge estime entre 800 et 1000 le nombre des victimes.

«Des goyim («non-juifs», ndlr) tuent des goyim et on veut pendre des juifs pour ça», déclare alors le Premier ministre, Menahem Begin. Mais après une manifestation monstre à Tel-Aviv, il se résout à nommer une commission d'enquête. Celle-ci conclut à «la responsabilité indirecte», mais «personnelle» du ministre de la Défense et de son chef d'état-major. En guise de punition, Ariel Sharon hérite du portefeuille du Logement.

Le journaliste Fergale Keane a interrogé d'anciens officiers, des survivants, des juristes et des diplomates. Tous confirment la responsabilité écrasante de l'occupant. «Il fallait tomber de la Lune pour ne pas savoir ce qui allait se passer», s'écrie l'ancien envoyé spécial américain Morris Draper. A aucun moment, Tsahal, qui campait à l'entrée des camps, n'a tenté d'arrêter la tuerie.

Plainte.
L'enquête de la BBC ne contient pas de révélations, mais réexamine les charges qui pèsent contre Ariel Sharon à l'aune de la nouvelle jurisprudence internationale. «Si celui qui commande sait que des civils innocents sont tués, il est encore plus responsable que l'exécutant», estime ainsi Richard Goldstone, ancien procureur des tribunaux de l'ex-Yougoslavie et du Rwanda. Pour Richard Falk, professeur de droit à Princeton, «il ne fait pas de doute que [Sharon] aurait dû être inculpé». Le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé hier une «tentative de souiller le nom d'Israël et de son dirigeant par tous les moyens». De leur côté, une vingtaine de Palestiniens ont déjà déposé plainte contre Ariel Sharon auprès de la justice belge qui, depuis 1999, peut se saisir de crimes contre l'humanité et actes de torture, même s'ils ont été commis hors du territoire national.
Londres de notre correspondant (D'après AFP), Par CHRISTOPHE BOLTANSKI, Libération 19 juin 2001, p. 11.

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Immunité des dirigeants en exercice: la presse belge est indignée
JÉRUSALEM - Les réactions sont contrastées après la décision de la Cour internationale de Justice, de déclarer illégal un mandat d'arrêt belge lancé contre un ex-ministre congolais. Israël est satisfait. La presse belge estime que la justice a été «désavouée.
La décision de la Cour internationale de justice (CIJ) devrait en effet faire jurisprudence pour la plainte déposée contre Ariel Sharon en Belgique. D'où la satisfaction de l'État hébreu.
Alan Baker, conseiller juridique des Affaires étrangères israélienne, n'a pas caché sa satisfaction: «Nous avons soutenu que la justice belge n'était pas compétente pour juger Ariel Sharon pour son rôle présumé lors des massacres de Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila à Beyrouth en 1982».
«Il est très improbable qu'un tribunal belge puisse aller à l'encontre d'une décision de la justice internationale», a ajouté M. Baker. Le porte-parole de M. Sharon, s'est montré plus prudent. «Nous préférons attendre et étudier toutes les implications de la décision prise par la Cour internationale de justice», a-t-il dit.
Dans son arrêt, la CIJ, chargée de trancher les différends entre Etats, a exigé que la Belgique «annule le mandat d'arrêt» lancé le 11 avril 2000 contre l'ancien ministre des Affaires étrangères congolais Abdulaye Yerodia Ndombasi. Ce dernier était à cette date ministre en exercice.
La presse belge considère quant à elle que la justice a été «désavouée» par cette décision. «L'immunité prévaut», titre «La Libre Belgique», qui souligne que cette décision «aura plus que vraisemblablement des répercussions sur l'application de la loi dite de compétence universelle».
(SDA-ATS\/cc jc wac/c4bel int jus c8isr c8leb c7zai) © ATS, Vendredi 15 février 11:39

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Vifs débats sur une justice à "compétence universelle"
Les poursuites intentées en Belgique contre le premier ministre israélien, Ariel Sharon, pour les massacres du Liban, en 1982, risquent d'être classées sans suite. Elles butent sur les principes d'immunité des dirigeants en fonctions et de souveraineté nationale des pays démocratiques
L'arrêt de la cour internationale de justice de la Haye jugeant illégale la procédure engagée en belgiquecontre un ancien ministre des affaires étrangères du Congo-Kinshasa, provoque un émoi considérable au sein des milieux favorables aux progrès de la justice internationale. Il pourrait revenir à dénier à une justice nationale, du fait de l'immunité attachée à la fonction officielle d'une personne étrangère faisant l'objet d'une plainte, la "compétence universelle" dont la Belgique s'était faite un pionnier. A terme, les poursuites contre le premier ministre israélien ariel sharon pour sa responsabilité dans les massacres de sabra et chatila, en 1982 au Liban, risquent de devenir irrecevables devant les tribunaux belges. Ceux-ci sont saisis d'une trentaine de dossiers pour crimes et génocides.

"Douche froide", "mauvaise décision", "revanche des juges internationaux sur les juges nationaux" : l'arrêt rendu, jeudi 14 février, par la Cour internationale de justice (CIJ), a suscité une levée de boucliers parmi les partisans de la loi belge de compétence universelle.

Au-delà, la reconnaissance par la Cour d'une immunité au Congolais Abdoulaye Yerodia, ex-ministre des affaires étrangères, visé par une plainte déposée à Bruxelles par des Tutsis rwandais, a relancé le débat sur la possibilité de traduire dans les faits certains principes de la justice pénale internationale.

La CIJ de La Haye, organe judiciaire des Nations unies, avait à se prononcer sur le mandat d'arrêt international lancé en avril 2000 par le juge d'instruction bruxellois Damien Vandermeersch. M. Yerodia était visé pour une "violation grave du droit humanitaire". En 1998, il avait lancé des appels à la résistance de la population de Kinshasa contre les troupes rwandaises qui menaçaient la capitale et évoqué "des vermines"qu'il convenait d'"éliminer". La population de Kinshasa et d'autres villes était allée par la suite s'en prendre à des civils congolais d'origine tutsie.

La CIJ a estimé que la délivrance du mandat d'arrêt était illégale. Toutefois, le dénouement du bras de fer qui a opposé, pendant près de deux ans, la Belgique et la République démocratique du Congo n'aurait sans doute pas eu un tel retentissement si l'affaire s'était limitée à cet aspect. C'est la possibilité de juger d'autres dirigeants suspectés de crimes qui risquait d'être déterminée par la décision des juges de La Haye.

La justice bruxelloise a, en effet, ouvert une trentaine d'autres dossiers pour crimes et génocides visant des dirigeants politiques de haut rang. Se fondant sur les lois de 1993 et 1999 qui octroient aux juges belges une compétence pour juger des crimes, quels que soient le lieu de l'infraction, la nationalité de l'auteur ou celle des victimes, les plaignants ont convergé vers Bruxelles, où ont été également jugés et condamnés quatre "génocidaires" rwandais.

La plupart des plaintes ont été déclarées recevables par le parquet. Elles visent, outre l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, plusieurs dirigeants africains, Fidel Castro, Saddam Hussein, l'ancien président iranien Ali Hachemi Rafsandjani, etc. C'est toutefois l'annonce, au printemps 2001, d'un dépôt de plainte contre le premier ministre israélien Ariel Sharon - suivie d'une autre, visant Yasser Arafat et déposée par des responsables juifs -, qui a focalisé toute l'attention sur la loi belge et illustré les difficultés de son application. M. Sharon était cité par des rescapés palestiniens pour son implication présumée dans les massacres de Sabra et Chatila, commis en 1982 au Liban.

Les avocats belges de l'Etat d'Israël et de son premier ministre allaient briser le consensus qui semblait régner dans les milieux politiques et judiciaires. Ils invoquaient une série d'objections qui, jusque-là, n'étaient jamais apparues dans le débat. Impossible, affirmaient-ils, de juger un dirigeant en exercice sans trouver préalablement un lien de rattachement avec la Belgique, sans porter atteinte à la souveraineté d'un Etat ou sans tenir compte du principe d'immunité attaché à toute fonction de haut niveau. Ebranlés, les juges belges ont tergiversé en attendant, notamment, l'arrêt qui devait être rendu à La Haye.

Une fois celui-ci connu, les avocats de M. Sharon ont estimé que toute poursuite contre ce dernier était désormais impossible. "Si tous les pays se comportaient comme la Belgique, les relations entre Etats deviendraient impossibles", juge Me Michèle Hirsch, qui défend l'Etat d'Israël. Pour Me Adrien Masset, avocat d'Ariel Sharon, la CIJ a clairement fixé l'immunité pénale des chefs d'Etat, premiers ministres ou ministres des affaires étrangères en exercice. Immunité qui serait violée tant par un mandat d'arrêt que par la simple mise à l'instruction d'un dossier. Des affirmations qui intéresseront très probablement d'autres dirigeants en fonction visés par des plaintes déposées à Bruxelles, quels que soient leurs sentiments à l'égard du premier ministre israélien...

Dans le camp des partisans de la loi, on ne peut cacher un certain dépit. Georges-Henri Beauthier, avocat des Congolais qui ont assigné M. Yerodia, estime toutefois que l'arrêt de la CIJ est "limité à un point, le mandat d'arrêt, et ne met pas en cause le principe des instructions". L'avocat souligne que la décision des juges de La Haye contredit le texte fondateur de la future Cour pénale internationale qui évoque "le défaut de pertinence de la qualité officielle" - l'immunité.

La loi belge, unique au monde, survivra-t-elle ? "Oui, l'arrêt de La Haye apporte de la précision et il sera possible, après quelques aménagements, de préserver le fondement du texte", juge Henri Bosly, professeur de droit à l'université de Louvain. Un avis qui n'est plus partagé par tous ses confrères.
J.-P. S., ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 17.02.02

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"IL NE FAUT PAS exagérer", « il n'y a pas péril en la demeure », « il faut réfléchir à deux fois avant d'employer le mot anti-sémitisme ».
Roger Cukierman, président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Elie Barnavi, ambassadeur d1sraël en France, et Théo Klein, ancien président du Crif, sont montés hier au créneau pour riposter aux élans vengeurs d'Ariel Sharon.

Le Premier ministre israélien a en effet lancé, mercredi (20 février 2002), une charge très violente contre la France où, selon lui, «700 000 Juifs font face à une très dangereuse vague d'antisémitisme ».
«Il y a près de six millions d'Arabes en France et les Juifs pourraient se trouver en très grand danger, c'est pourquoi nous nous livrons à tous les préparatifs pour les recevoir en Israël », avait ajouté Sharon.
Ces propos surviennent après ceux du vice-ministre israélien des Affaires étrangères qui, début janvier, avait qualifié la France de « pire pays occidental pour le nombre de ses agressions antisémites (NDLR : 312 ont été dénombrées l'an dernier) ».

La nouvelle attaque de Sharon a plongé les Juifs de France dans un embarras teinté d'accablement, résumé par Roger Cukierman en ces termes : « C'est vrai que nous vivons dans un climat tendu en France, mais de là à dire que les juifs prennent leur baluchon... »
Quant au gouvemement français, il a estimé, par la voix d'Hubert Védrine, qu'il était «odieux» de dénoncer la France comme un pays antisémite.
PH.D., Le Parisien, 22 février 2002, p. 6.

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Une victoire israélienne en Belgique : c'est définitif (notedt : non, voir 11 février 2003), les plaintes contre Ariel Sharon sont irrecevables Par Anne Eckstein anne.eckstein@eis.be

Les 23 Palestiniens parties civiles contre le Premier ministre israélien ont été déboutées, le 26 juin, par la Chambre des mises en accusation de la Cour d'Appel de Bruxelles. Sharon ne sera donc pas jugé pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide à Sabra et Chatila. Emotion chez ses défenseurs et dans le camp israélien, en particulier d'un homme clé de l'ambassade d'Israël à qui Sharon doit tout dans cette affaire : Daniel Saada.

" La justice a gagné !" C'est plus que du soulagement, une émotion mal dissimulée qui étreint les Conseils d'Ariel Sharon et de l'Etat d'Israël ce mercredi 26 juin au palais de justice de Bruxelles lorsqu'ils entendent l'arrêt rendu par la Chambre des mises en accusation de la Cour d'appel. Sharon, après des mois d'une homérique bataille judiciaire, ne sera donc pas poursuivi. C'est une victoire exceptionnelle pour les avocats belges, Maître Michèle Hirsch et Maître Adrien Masset, pour Irit Kohn, Directrice au département des affaires internationales du ministère israélien de la Justice, Yolav Gelert, avocat attaché au cabinet du premier ministre et les représentants de l'ambassade d'Israël à Bruxelles. C'est surtout un triomphe personnel – et modeste – pour celui à qui Ariel Sharon doit tout dans cette affaire depuis le début : Daniel Saada, chargé de la presse et de la communication, un homme clé de l'ambassade. « Nous avons toujours considéré la question sous son angle juridique et non politique, souligne-t-il et nous avons, en dépit des conseils contraires de certains qui nous incitaient à " ignorer " l'affaire, décidé de faire confiance à la justice belge. Aujourd'hui, nous ne le regrettons pas. "

Michèle Hirsch et Adrien Masset ont rappelé que la Cour a ainsi admis et reconnu comme fondés la plupart des arguments juridiques invoqués dès le départ par la défense d'Ariel Sharon pour justifier la non recevabilité des plaintes : [- ] la non-compétence de la Belgique en vertu de l'article 12 du code de procédure criminelle, [- ] le principe de l'immunité (non repris dans l'arrêt de ce jour mais reconnu comme intangible par l'arrêt de la Cour internationale de La Haye de janvier 2002 également dans l'affaire Yerodia), [- ] le principe de " non bis ibidem " ou principe de la chose jugée, puisque Sharon a déjà été jugé et sanctionné par la Commission d'enquête israélienne juste après les faits.

Pour Maître Hirsch " cet arrêt ne signifie pas, comme le crient les parties civiles, la mort de la loi de compétence universelle. Au contraire, insiste-t-elle, il s'agit d'une application stricte de cette loi. Les juges en ont simplement mieux défini les limites. Ils l'ont encadrée ". Pour Shaul Amor, ambassadeur d'Israël en Belgique, cet arrêt est " tout à l'honneur de la justice belge qui a pris une décision honnête, brave et courageuse, indépendante de toute pression qui aurait pu être exercée à son encontre…Je la remercie" a-t-il dit, après avoir espéré que le nuage qui " obscurcit depuis un an les relations entre Israël et la Belgique, se dissipe enfin. » Un souhait repris par Daniel Schek, Directeur pour les relations avec l'Europe au Département du ministère israélien des Affaires étrangères qui a, lui aussi, souligné que malgré le caractère éminemment politique de cette affaire, la décision a été prise de la mener uniquement sur le plan juridique et de suivre la procédure belge. Nous n'avons pas été déçus " dit-il, avant d'ajouter : " La décision prise ce 25 juin est une opportunité pour Israël comme pour la Belgique de tourner la page et de relancer des relations qui depuis cinquante ans sont celles de deux pays amis. Et Israël, a-t-il conclu, " a bien l'intention de la saisir ".

Les plaintes déposées au titre de la loi de compétence universelle belge de 1993 par 23 Palestiniens à l'encontre d'Ariel Sharon pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide commis à Sabra et Chatila en 1982 sont donc irrecevables. Bien que les parties civiles aient immédiatement déclaré qu'elles déposeraient un pourvoi en cassation, il est désormais peu probable qu'Ariel Sharon doive un jour faire face à un procès devant la justice belge, du moins tant que la législation reste en l'état.

Le droit l'emporte sur le politique

C'est bien un arrêt " en droit " qui a été rendu. Les juges, précise la Cour, ont procédé à une analyse en profondeur des dispositions légales applicables, des travaux préparatoires à l'élaboration de la loi de compétence universelle et des accords internationaux en rapport avec cette loi. Et de cette analyse, la Cour conclut que le juge belge est, sur base de la loi du 16 juin 1993, effectivement compétent en matière de plaintes qui concernent les violations graves du droit humanitaire et que la " compétence universelle " du juge belge, organisée par la loi, ne va pas à l'encontre du droit international. Toutefois, précisent les juges, pour que les poursuites, basées sur cette compétence universelle, puissent être intentées valablement dans des cas relatifs à des crimes qui n'ont pas été commis en Belgique, il est nécessaire que le ou les auteur(s) présumés se trouvent sur le territoire du Royaume et ce, conformément à l'article 12 du Titre préliminaire du Code d'instruction criminelle. À défaut de cela, dit la Cour, la poursuite n'est pas recevable. Cela ne veut pas dire pour autant que si Sharon venait en Belgique, il serait arrêté : couvert par son immunité de Premier ministre d'une part, il ne fait, par ailleurs, l'objet d'aucun mandat d'arrêt.

La Cour répond en outre par un " non " catégorique à la question controversée de savoir si la loi de compétence universelle de 1993 ne fait pas exception à la règle de cet l'article 12 : la loi belge du 16 juin 1993 qui introduit cette " compétence universelle " ne contient, a constaté la Cour, aucune dérogation à la règle générale de droit commun belge qu'énonce ledit article 12, règle générale qui stipule que des faits commis en dehors du territoire belge ne peuvent être poursuivis en Belgique que " lorsque le suspect est trouvé en Belgique ".

La Cour précise en outre que, dans ses travaux préparatoires à la loi de 1993, le législateur a bel et bien considéré la possibilité de faire exception à la règle " de rattachement " que constitue l'article 12. Les minutes du Parlement indiquent que dans la discussion sur l'opportunité d'une telle exception, la portée générale de la règle de l'article 12 a été reconnue explicitement. A l'époque, l'Assemblée a également discuté d'une éventuelle modification ultérieure de cet article 12, modification que le Parlement jugeait indispensable si le législateur voulait exclure, dans les cas de crimes contre l'humanité, l'application de la règle " de rattachement ". Mais force est de constater, dit la Cour, que cette intervention législative pour faire exception en la matière au prescrit de l'article 12, n'a jamais eu lieu. Dès lors, insiste la Cour, la décision rendue aujourd'hui ne constitue pas une interprétation restrictive de la loi ni une restriction de la compétence universelle voulue par le législateur. La Cour constate également qu'à ce jour le législateur n'a pas non plus avalisé en droit la possibilité de poursuites " in absentia ", c'est à dire lorsque l'auteur présumé n'a pu être trouvé sur le territoire. Les juristes rappellent à ce propos que toute procédure par défaut en la matière est contraire au principe de " procès équitable " imposé par la Convention européenne des droits de l'Homme. Et que si la loi devait être modifiée en ce sens, elle serait donc contraire à cette Convention. Autrement dit, tant que le législateur n'aura pas modifié la loi soit qu'il abroge l'article 12 - et ce ne serait valable que pour les cas postérieurs à cette décision - soit qu'il crée une loi interprétative de la loi de 1993 - qui serait alors immédiatement applicable aux affaires en cours - Ariel Sharon ne peut être jugé par la justice belge.

Cet arrêt, a précisé, l'avocat général Pierre Morlet, va dans le même sens que l'arrêt rendu par la Chambre des mises en accusation, composée d'autres juges, le 14 février 2002 dans l'affaire Yerodia (du nom de l'ancien ministre des affaires étrangères de la république du Congo) pour laquelle un recours en Cassation a été introduit. Si cette dernière devait à son tour rendre un arrêt dans le même sens, cette décision ferait alors jurisprudence et nombre de plaintes déposées en Belgique au titre de la loi de 1993 - et il y en a plus d'une trentaine contre des ministres ou présidents en fonction ou non, de Saddam Hussein à Fidel Castro et de Hissen Habré à Arafat...- pourraient ainsi être considérées comme non recevables.
proche-orient.info, 26 juin 2002 / 18 h 51

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1er janvier 2003 : Le scandale qui ébranle le gouvernement israélien

Ariel Sharon a limogé mardi sa vice-ministre des Infrastructures nationales, impliquée dans une affaire de pots-de-vins lors des élections primaires du Likoud. Le scandale a déjà conduit à l’arrestation de deux membres éminents du comité central du parti.

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon s’est séparé mardi de sa vice-ministre des Infrastructures nationales, Naomi Blumenthal, impliquée dans un scandale politique qui a secoué son parti, le Likoud. Dans une lettre transmise à la vice-ministre, Ariel Sharon indique avoir été obligé de la destituer de son poste parce qu'elle avait refusé de répondre à la police qui lui demandait si elle avait payé les notes d'hôtel de membres du comité central du Likoud en échange de leur voix, afin de s'assurer une bonne place sur la liste de candidats du parti aux prochaines législatives.

"Vous vous êtes contentée d'une réponse évasive par l'intermédiaire de votre avocat et ne vous êtes même pas préoccupée de dire si oui ou non vous alliez répondre aux questions des enquêteurs", a écrit le Premier ministre, dont la lettre a été citée par la radio publique israélienne. Ariel Sharon n'a cependant pas exigé de Mme Blumenthal qu'elle abandonne sa place sur la liste des candidats du Likoud à la Knesset et indiqué espérer qu'elle serait bientôt disculpée.

Valises de billets

Naomi Blumenthal avait été élue lors d'élections primaires le 8 décembre à la neuvième place de la liste des candidats du parti de droite israélien en vue des élections législatives anticipées du 28 janvier. Mais depuis cette date, la presse israélienne s'étend abondamment sur des récits de valises de billets qui seraient passées de main en main, lors du scrutin interne. La mécanique des pots-de-vin voulait qu'un candidat à une place éligible paye au moins 1.000 dollars américains pour obtenir le suffrage d'un électeur influent, alors qu'une dizaine de voix était parfois déterminante pour espérer devenir député.

Des témoignages pour le moins troublant de candidats à la députation ont ainsi été publiés, comme celui de la député sortante du parti Gescher, Nehama Ronen, récemment ralliée au parti d'Ariel Sharon, qui a déclaré que 300 dollars lui ont été réclamés pour chaque vote d'un membre du comité central du Likoud en sa faveur. Entre-temps, un candidat finalement placé en position inéligible, l'ancien député Akiba Nof, avait déclaré quant à lui avoir été sollicité par un responsable local du parti qui, en échange d'une somme rondelette, lui aurait promis l'appui à sa candidature de membres du Comité central. Deux autres candidats malheureux, dont Nahman Schechter auquel le comité central avait préféré le fils du Premier ministre Omri Sharon, avaient lancé à la télévision des accusations similaires. L’affaire a déjà conduit à l’arrestation de deux membres éminents du comité central du Likoud par la section anti-fraude de la police israélienne.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 01 janvier 2003

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Un nouveau scandale affaiblit Ariel Sharon

De nouvelles accusations de corruption au sein du Likoud mettent cette fois en cause Ariel Sharon lui-même et portent un nouveau coup à ses espoirs de réélection triomphale aux législatives anticipées du 28 janvier.

"Ceci est une ignoble calomnie politique et je réfuterai ce mensonge avec des documents et des faits", a assuré mercredi le premier ministre israélien, alors que son adversaire du Parti travailliste, Amram Mitzna, a réclamé sa démission.

"Celui, quel qu'il soit, qui propage cette calomnie (...) n'a qu'un but, abattre le premier ministre", a expliqué Ariel Sharon à la presse, lors d'une tournée d'inspection des barrières de sécurité dressées entre Israël et la Cisjordanie.

A en croire les résultats d'un sondage, a déclaré Avi Degani, directeur de l'institut Geocartography Knowledge Group, près d'un tiers des électeurs estiment effectivement que les accusations de corruption portées contre Ariel Sharon et son entourage sont incompatibles avec les fonctions de chef de gouvernement.

Plus préoccupant encore pour Ariel Sharon, le sondage suggère que 16 % des propres membres du Likoud ne lui font plus confiance.

Le Likoud a déjà vu son avance sur les travaillistes entamée dans les sondages depuis qu'il est sous le coup d'une enquête sur des achats de voix présumés lors des primaires du parti, le mois dernier.

Le nouveau scandale, surnommé "Sharongate" par les médias, a été déclenché mardi par le quotidien Haaretz, qui a fait état d'irrégularités financières mettant en cause l'entourage d'Ariel Sharon lors de la campagne électorale du Likoud en 1999.

LA POLICE CONFIRME UNE ENQUÊTE

Haaretz explique que les autorités judiciaires israéliennes ont demandé l'aide de leurs homologues d'Afrique du Sud dans le cadre d'investigations sur le financement de la campagne d'Ariel Sharon lors des "primaires" du Likoud en 1999, qui l'ont porté à la tête de ce parti. L'enquête porte sur un prêt qu'un homme d'affaires sud-africain aurait accordé à la famille de Sharon et qui aurait en fait servi à financer illégalement sa campagne, la loi israélienne interdisant le financement politique depuis l'étranger.

Ariel Sharon a assuré avoir remboursé le prêt en hypothéquant sa propriété.

La police israélienne a confirmé avoir ouvert une enquête pour des irrégularités présumées de financement opérées en 1999 par des membres de l'entourage d'Ariel Sharon, mais elle s'est refusé à préciser l'identité des personnes soupçonnées.

"Je demande à Sharon de rompre son silence ou de démissionner", a déclaré le candidat travailliste Amram Mitzna, tandis que le directeur de campagne du Likoud, Eyal Arad, dénonçait "des mensonges et une campagne orchestrée par les ennemis du premier ministre pour le renverser et renverser le gouvernement israélien".

Selon les derniers sondages, le Likoud remporterait le 28 janvier 31 à 34 des 120 sièges de la Knesset. Au début septembre, il était crédité de plus de 41 sièges.

Le Likoud compte actuellement 19 députés.

Le Parti travailliste est crédité de 21 à 22 sièges dans la future Assemblée, contre 19 dans de précédents sondages. Il en compte 25 actuellement.
Avec Reuters, LEMONDE.FR | 08.01.03 | 16h58, MIS A JOUR LE 08.01.03 | 17h42

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Je choisirais Mitzna Par Alexandre Adler*

Je ne prendrai pas ouvertement position sur les prochaines élections israéliennes, car il y a une frontière juridique entre Israéliens et juifs français.
Ce ne serait en outre pas très malin de s'ingérer dans la vie politique israélienne. Nous, intellectuels juifs français, devons manifester notre solidarité de manière sobre. Notre solidarité avec l'Etat d'Israël, dans son ensemble. Car, si chacun commence à donner son avis, cela risque d'affaiblir la nécessaire cohésion de la communauté juive.
Cependant...Sij'étais israélien,je voterais travailliste. Un vote à la fois tactique, stratégique et ethnique.

Tactique, pour que la victoire de Sharon soit la plus courte possible, qu'il n'ait pas la tentation de gouverner seul, que les travaillistes soient en mesure de revenir dans la coalition, avec un jour, peut-être, la mise en place d'une coalition d'union nationale.

Stratégique, pour qu'Israël abandonne une lutte politique intérieure devenue démodée au profit d'une démocratie moderne tournée vers la haute technologie. Politiquement parlant, même si on se rend compte que trop d'espoirs déçus ont été placés dans le processus d'Oslo, tout n'y est pas bon à jeter. Or, le Parti travailliste représente aujourd'hui la poursuite de ce processus et, conséquemment, l'abandon des implantations.

Éthnique, enfin, car les travaillistes sont des miens. Des juifs ashkénazes de tradition socialiste venus d'Europe de l'Est.
Voilà trois bonnes raisons de voter travailliste. ....
Journaliste, historien, conseiller éditorial du Figaro, Marianne, 13/19 janvier 2003, p. 13-14.

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Je ne suis pas le bon juif anti-Sharon Par Alain Finkielkraut*

M'engager sur cette question? Ce n'est pas mon rôle et cela n'aurait ni sens ni efficacité. Il n'y aurait aucune cohérence à afficher mes convictions et mon choix en faveur de tel ou tel candidat. Cette démarche équivaudrait, au fond, à faire patte blanche. A montrer qu'à Paris je vis dans le bon camp.
Cela dit, vu d'ici, je voterais évidemment Mitzna. Mais je ne suis pas électeur israélien. Je ne sais pas ce que la peur me dicterait si je vivais en Israël. De Paris, je ne choisis d'intervenir que lorsque je suis assuré de pouvoir éclairer l'opinion. Or prendre parti aujourd'hui, ici, ce serait un coup d'épée dans l'eau. Je n'accréditerai pas la thèse de Sharon diable et de Mitzna bon Dieu. Car nous sommes tout de même placés en ce moment dans un contexte particulier : tout le monde crie « Sharon nazi! » et entoure le Premier ministre israélien d'une aura maléfique. Je ne serai pas de ceux-là. Je ne serai pas le bon juif ~ anti -sharonien. Naguère, en cas de duel Netanyahou - Barak, j'aurais pu clairement m'exprimer. Pour la bonne raison qu'il n'y avait pas ce climat de haine dans lequel vivent aujourd'hui ! les juifs de France et notamment les étudiants.
* Philosophe, écrivain, in Marianne, 13/19 janvier 2003, p. 14.

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L'Israël des généraux, Par Serge Klarsfeld*

Je vis en France et je ne peux avoir, sur les enjeux politiques en Israël, qu'un point de vue extérieur. En revanche je continuerai à défendre l'existence d'IsraëL Ce qui me navre aujourd'hui néanmoins, c'est que les citoyens israéliens ont le choix entre deux généraux, ce qui signifie que l'existence d'Israël est en danger. Deux hommes qui ne sont des anges ni l'un ni l'autre. Mitzna, tout homme de paix soit-il, n'en reste pas moins un général.
* Avooat et historien, Marianne, 13/19 janvier 2003, p. 14.

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Le courage de Mitzna Par Théo Klein *

Lors de la première intifada, j'ai rencontré Amram Mitzna. C'était un homme manifestement conscient qu'il y avait autre chose derrière ce chaos.
Aujourd'hui, Mitzna est le premier homme politique israélien à avoir eu le courage de définir une ligne de séparation claire entre Israéliens et Palestiniens. Une ligne autre que la frontière du Jourdain. Une fois cette ligne de démarcation tracée, tout se résoudra presque de soi-même. On ne peut plus oublier cette situation de fait : l'existence d'un autre peuple, le peuple palestinien. C'est à cela que s' oppose le rêve du Grand Israël.
Mais c'est cela, et cela seul, qui permettrait d'en arriver au plus vite à une confédération. Quant à Sharon, si je ne le considère pas en lui-même comme une catastrophe, sa politique en est une.
L'armée israélienne a un poids considérable et Sharon joue son jeu. Un jeu fondé sur de mauvaises bases, celles qui consistent à vouloir gagner une guerre à tout prix. Or les représailles ne constituent pas une politique. Il faut trouver autre chose, permettre aux Palestiniens de se forger un Etat.
Et Arnram Mitzna n'a pas hésité à mettre cartes sur table. Lui, au moins, il offre une alternative à laguerre.
* Avocat, ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) in Marianne, 13/19 janvier 2003, p. 15

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Retrouver l'esprit de Barak. Par Bernard-Henri Lévy*

La question, c'est quoi ? Comment je voterais si j'étais israélien ? A gauche. Parce que la gauche me semble seule en mesure, aujourd'hui, de faire les choix et, surtout, les gestes nécessaires pour sortir de l'impasse. Barak avait essayé. Il avait accepté le double principe de la sortie des Territoires et de l'évacuation de l'essentiel des colonies.
Avec un courage inouï, il avait choisi de ne plus s'interroger sur les intentions palestiniennes, sur la sincérité ou la non-sincérité d'Arafat. Il avait choisi, en quelque sorte, de sortir de la psychologie, du pathos, et de contraindre Arafat à l'Etat dont il ne veut peut-être pas.
C'est ce geste qu'il faut à nouveau tenter. C'est l'esprit de Barak qu'il faut retrouver.
* Philosophe, écrivain, in Marianne, 13/19 janvier 2003, p. 15.

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(29 janvier 2003) Les Israéliens confirment Sharon
Le Likoud est arrivé en tête des élections législatives israéliennes, avec 37 députés. Le Parti travailliste, avec 19 mandats, enregistre une cuisante déroute.

Après le marathon des législatives que son parti, le Likoud, a remportées mardi avec 37 sièges à la Knesset, Ariel Sharon doit enchaîner avec de périlleuses négociations pour donner à Israël un gouvernement Le Premier ministre sortant a appelé à la formation d'un cabinet d'union nationale mais ce projet risque d'être difficile avec une Knesset très à droite.

Les partis de la droite nationaliste pourront semble-t-il compter sur quelque 70 des 120 sièges avec les formations religieuses, la gauche s'effondrant avec environ 35 sièges, dont neuf députés pour les partis arabes.

Refus de Mitzna

Le parti travailliste, en particulier, enregistre une humiliante déroute, n'obtenant que 19 mandats contre 25 auparavant, soit le plus mauvais score de son histoire (Lire "Amram Mitzna, l'illisible constance") . Son leader, Amram Mitzna, a catégoriquement exclu toute participation à un gouvernement d'union nationale. "Je n'ai aucune intention de servir d'alibi à un gouvernement dirigé par M. Sharon (...) : il n'y a aucune honte à se trouver dans l'opposition", a-t-il souligné.

Le Shinouï, du centre-droit laïc, décroche 15 mandats contre 6, et le Shass (ultra-orthodoxe) recule avec 11 mandats contre 17. Le taux de participation a été le plus faible de l'histoire d'Israël pour ce type d'élections, n'atteignant que 68,5% des inscrits, soit environ dix points de moins que le taux habituel.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 29 janvier 2003

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Belgique. Crimes de guerre. Sharon pourra être poursuivi dès la fin de son mandat
La Cour de cassation belge rend à nouveau recevable une plainte contre le Premier ministre israélien Ariel Sharon pour les massacres de Sabra et Chatila en 1982. Il pourra être jugé à la fin de son mandat.

La Cour de cassation belge a annulé mercredi une décision de justice qui avait déclaré irrecevable une plainte pour crimes de guerre contre Ariel Sharon, mais a gelé les poursuites tant que le Premier ministre israélien sera en fonction.
Le Sénat belge a voté fin janvier deux propositions de loi visant à préciser la portée de la loi de "compétence universelle". Ces propositions stipulent notamment que cette loi unique au monde, qui permet aux tribunaux belges de juger les auteurs présumés de crimes de guerre, de génocide ou de crimes contre l'humanité, s'applique "sans considération du lieu où l'auteur présumé du crime peut être trouvé".

Israël menace

Une situation juridique loin de satisfaire l'Etat hébreu. Ainsi, Israël a déjà fait savoir qu'il prépare une "série de mesures de rétorsions" contre la Belgique au cas où la loi belge de "compétence universelle" serait modifiée pour permettre la relance de poursuites contre le Premier ministre israélien Ariel Sharon. "Selon des informations précises et concordantes, l'Etat hébreu et son département des Affaires étrangères a préparé une série de mesures de rétorsions diplomatiques sans précédent dans l'histoire des relations entre les deux pays", écrivait fin janvier le quotidien Le Soir.
L'Etat hébreu pourrait ainsi rappeler son ambassadeur en Belgique mais il n'irait pas cependant jusqu'à rompre ses relations diplomatiques avec Bruxelles, selon Le Soir.

Sabra et Chatila

Des rescapés des massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, au Liban, en 1982, avaient porté plainte à Bruxelles en juin 2001 contre M. Sharon (ministre de la Défense au moment des faits) en l'accusant de responsabilité indirecte dans ces massacres.
Au ministère belge des Affaires étrangères, on estime à propos du vote du Sénat qu'il s'agit d'un "malentendu" en déclarant que la volonté des parlementaires et du gouvernement belges n'est pas de viser spécifiquement le chef du gouvernement israélien.
lenouvelobs.fr,

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Sharon : Israël «appuie fermement» l'idée d'un Etat palestinien

Israël «appuie fermement» la «vision» de deux Etats, israélien et palestinien, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, exprimée par le président George W. Bush dans son discours du 24 juin 2002, a affirmé aujourd'hui le Premier ministre israélien Ariel Sharon.

«Israël, comme d'autres, a exprimé son ferme appui à la vision du président Bush, exprimée le 24 juin 2002, de deux Etats, Israël et l'Etat palestinien, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité», a déclaré M. Sharon à l'issue d'un sommet avec M. Bush et le Premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), à Aqaba (Jordanie).

«Il y a maintenant l'espoir d'une nouvelle chance pour la paix entre Israéliens et Palestiniens», a-t-il dit au cours d'une brève déclaration. «Le gouvernement et le peuple d'Israël se félicitent de l'occasion qui leur est offerte de renouer des négociations directes en fonction des mesures de la "feuille de route" telle qu'elle a été adoptée par le gouvernement israélien pour réaliser cette vision», a poursuivi M. Sharon.

Les dirigeants israéliens, et en premier lieu M. Sharon, affirment que la «feuille de route», telle qu'elle a été rédigée par le Quartette (Etats-Unis, Onu, Russie et Union européenne), diffère du discours de M. Bush du 24 juin 2002. Ils assurent notamment que ce discours était beaucoup plus exigeant vis-à-vis des Palestiniens en matière de sécurité.

Les propos de M. Sharon aujourd'hui à Aqaba, où chaque mot avait visiblement été soigneusement pesé, confirment cette méfiance du gouvernement israélien à l'égard de ce plan de paix.

En acceptant le 25 mai la «feuille de route», le gouvernement israélien avait ainsi annoncé qu'il approuvait «les mesures définies dans la feuille de route», et non «la feuille de route» elle-même.
lefigaro.fr, 4 juin 2003

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(18 décembre 2003) Le "plan de séparation" décrit par Ariel Sharon
Voici les déclarations du Premier ministre israélien à propos du "plan de séparation" entre Israël et les Palestiniens, traduites par l'Agence France-Presse.

"... Le but du 'plan de séparation' est de réduire autant que possible le terrorisme et de donner aux citoyens israéliens le niveau maximum de sécurité. Le processus de séparation conduira à une amélioration de la qualité de la vie et contribuera à renforcer l'économie israélienne. Les mesures unilatérales qu'Israël prendra dans le cadre du ‘plan de séparation’ le seront en pleine coordination avec les Etats-Unis. Nous ne devons pas porter atteinte à notre coordination stratégique avec les Etats-Unis. Ces mesures accroîtront la sécurité des résidents d'Israël et atténueront la pression sur l'armée israélienne et les forces de sécurité dans l'exercice des tâches difficiles auxquelles elles sont confrontées.

Nous voulons des négociations directes, mais nous n'avons pas l'intention que la société israélienne soit un otage aux mains des Palestiniens. Je l'ai déjà dit: nous ne les attendrons pas indéfiniment.

Le ‘plan de séparation’ inclura le redéploiement de l'armée israélienne le long de nouvelles lignes de sécurité et un changement dans le déploiement de colonies, qui réduira, autant que faire se peut, le nombre d'Israéliens au coeur de la population palestinienne... Le ‘plan de séparation’ réduira la friction entre nous et les Palestiniens.

Cette réduction des frictions nécessitera (que nous prenions) la mesure extrêmement difficile qui consistera à changer le déploiement de certaines colonies. Je voudrais répéter ce que j'ai dit dans le passé: dans le cadre d'un futur accord, Israël ne restera pas dans tous les endroits où il se trouve aujourd'hui. Le redéploiement de colonies sera effectué avant tout afin de tracer la ligne de sécurité la plus efficace possible, créant ainsi cette séparation entre Israël et les Palestiniens.

Cette ligne de sécurité ne constituera pas la frontière permanente de l'Etat d'Israël. Cependant, tant que l'application de la Feuille de route ne reprendra pas, l'armée israélienne sera déployée le long de cette ligne. Les colonies qui seront redéployées sont celles qui ne seront pas incluses dans le territoire de l'Etat d'Israël, dans le cadre d'un possible accord permanent à l'avenir. Dans le même temps, dans le cadre du ‘plan de séparation’, Israël renforcera son contrôle sur ces zones de la Terre d'Israël (NDLR: Israël dans ses frontières bibliques, c'est-à-dire Israël et les territoires palestiniens) qui feront partie intégrante de l'Etat d'Israël dans un futur accord, quel qu'il soit.

Israël accélérera considérablement la construction de la clôture de sécurité. Aujourd'hui, nous la voyons déjà prendre forme. L'achèvement rapide de la clôture de sécurité permettra à l'armée de démanteler des barrages et de faciliter la vie quotidienne des Palestiniens non impliqués dans le terrorisme.

Afin de permettre aux Palestiniens de développer leur économie et leur commerce et d'assurer qu'ils ne dépendent pas exclusivement d'Israël, nous envisagerons, dans le cadre du ‘plan de séparation’, de permettre --en coordination avec la Jordanie et l'Egypte-- le libre passage des biens et des personnes à travers les postes frontaliers internationaux, tout en prenant les précautions nécessaires sur le plan de la sécurité.

Je voudrais le souligner: le ‘plan de séparation’ est une mesure de sécurité, et non une mesure politique. Les mesures qui seront prises ne changeront pas la réalité politique entre Israël et les Palestiniens et n'empêcheront pas la possibilité de retourner àl'application de la Feuille de route et d'atteindre un règlement négocié.

Le ‘plan de séparation’ n'empêche pas l'application de la Feuille de route. C'est plutôt une mesure qu'Israël prendra en l'absence de toute autre option, afin de consolider sa sécurité. Le ‘plan de séparation’ ne sera mis en oeuvre que si les Palestiniens continuent de traîner les pieds et de repousser l'application de la Feuille de route.

De toute évidence, les Palestiniens recevront beaucoup moins, à la suite du ’plan de séparation’, qu'ils n'auraient reçu à l'issue de négociations directes telles que celles prévues dans la Feuille de route.

Selon les circonstances, il est possible que des parties du 'plan de séparation', censées fournir la sécurité maximum aux citoyens d'Israël, soient mises en oeuvre parallèlement à des tentatives d'appliquer la Feuille de route... "
tf1.fr, news, mis en ligne le 18 décembre 2003

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Sharon sur la sellette par Hési Carmel

Le Premier ministre israélien, déjà contesté pour sa politique dans les Territoires, est ébranlé par plusieurs affaires de corruption

Même pour un bulldozer de la politique comme Ariel Sharon, cela fait beaucoup d'embûches accumulées sur son chemin. Américains impatients de le voir enfin entamer un dialogue avec son homologue palestinien; anciens responsables du renseignement qui s'inquiètent publiquement des conséquences «catastrophiques» de sa politique dans les territoires; tollé suscité parmi les colons après qu'il eut évoqué un possible retrait de colonies juives; «affaires» familiales qui pourraient aboutir à sa mise en accusation pour corruption...

60% des Israéliens souhaitent un accord de paix et acceptent pour cela l'idée d'un Etat palestinien

Fin novembre (2003), George W. Bush manifestait sa mauvaise humeur en décidant de soustraire des 9 milliards de dollars de garanties bancaires américaines au Trésor israélien quelque 300 millions correspondant aux crédits publics investis en 2003 dans les colonies. Quelques jours plus tard, le 1er décembre, un plan de paix officieux était lancé à Genève. Une initiative qualifiée de «nuisible et embarrassante» par un Premier ministre israélien furieux, mais jugée «intéressante» par le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell.

Certes, Ariel Sharon sait bien qu'il n'a rien de sérieux à redouter de la part du président américain, trop occupé par sa réélection pour se soucier vraiment de relancer un processus de paix moribond au Proche-Orient. Mais le Premier ministre israélien a, en revanche, tout à craindre sur le front intérieur. Quelques jours avant la cérémonie de la déclaration de Genève, le Parti travailliste sortait de son silence pour adopter ce plan de paix très proche d'une autre initiative, celle de l'Israélien Ami Ayalon et du Palestinien Sari Nusseibeh (lire l'article), qui a déjà rassemblé, dans les deux camps, près de 200 000 signatures.

1 million de dollars versés illégalement

Plus inquiétant encore pour le Premier ministre: le soutien apporté publiquement à cette initiative par trois des prédécesseurs d'Ami Ayalon à la tête du Shin Beth, le service de renseignement de l'Etat hébreu. Les sondages d'opinion révèlent que 60% des Israéliens souhaitent un accord de paix et qu'ils acceptent pour cela l'idée d'un Etat palestinien.

A ce contexte politique difficile s'ajoutent les menaces que font planer sur l'avenir du chef du gouvernement israélien les «affaires» de la famille Sharon. Le volumineux dossier les concernant attend sur le bureau du conseiller juridique du gouvernement, Elyakim Rubinstein. Une décision qui pourrait déboucher sur un acte d'accusation. Il y a en fait deux «affaires» de corruption qui concernent Sharon et ses deux fils - Omri, député du Likoud, et Gilad, conseiller économique. A l'origine du premier scandale, une somme de 1 million de dollars versée illégalement par des «amis» anonymes et étrangers pour aider au financement de la campagne du Premier ministre. La semaine dernière, la Haute Cour a statué en faveur de l'accusation, obligeant les fils de Sharon à dévoiler les documents relatifs à ces transactions bancaires. Autre coup dur: le quotidien indépendant Haaretz révélait que le compte de la famille Sharon avait été crédité de 3 millions de dollars!

La seconde affaire porte sur une prime de «consultant» de 500 000 euros offerte à Gilad, le fils cadet d'Ariel Sharon, par le promoteur israélien David Appel, qui voulait construire un casino sur une île grecque. Or le projet aurait été évoqué au cours de la visite à Jérusalem d'une délégation officielle grecque parrainée par Ariel Sharon, qui était à l'époque ministre des Affaires étrangères. La police semble avoir rassemblé suffisamment d'éléments solides pour constituer un acte d'accusation. Mais la décision finale reste entre les mains du conseiller juridique du gouvernement, Elyakim Rubinstein. Celui-ci, qui espère être prochainement nommé à la Cour suprême, hésite cependant à franchir le pas. D'autant que, dans le contexte politique actuel, une décision de renvoi devant la justice pourrait bien sonner la fin du règne d'Ariel Sharon.
lexpress.fr, L'Express du 18/12/2003

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(27 mars 2004) Israël : le parquet pour l'inculpation de Sharon
Le procureur d'Etat israélien va demander l'inculpation du Premier ministre dans une affaire de corruption.

Selon les médias israéliens, le procureur d'Etat israélien, Edna Arbel, doit recommander prochainement au conseiller juridique du gouvernement d'inculper Ariel Sharon, soupçonné d'avoir accepté un pot-de-vin d'un homme d'affaires israélien, David Appel. La décision finale d'inculper le chef du gouvernement reviendra cependant à Menahem Mazuz.

Le 21 janvier, David Appel avait été le premier à être inculpé. Il est soupçonné d'avoir offert un pot-de-vin à Ariel Sharon, via l'un des fils du Premier ministre, Gilad, ainsi qu'au vice-Premier ministre Ehud Olmert. Il aurait ainsi tenté de s'acheter des appuis politiques pour promouvoir un projet touristique sur une île grecque et promis une aide "logistique" à Ariel Sharon pour les élections primaires au sein de son parti, le Likoud. L'affaire remonte à 1998.

Comme plusieurs hauts responsables au ministère de la Justice, Edna Arbel s'était déjà prononcée implicitement pour l'inculpation de Ariel Sharon, qui a été interrogé par la police à plusieurs reprises dans cette affaire.

Ariel Sharon est également impliqué dans une autre affaire liée au financement de sa campagne de 1999. Il a été interrogé par la police en octobre 2003 à propos d'un prêt de 1,5 million de dollars que lui a octroyé l'homme d'affaires sud-africain Cyril Kern. La loi israélienne n'oblige pas un Premier ministre inculpé et même condamné à démissionner, mais il lui serait très difficile de se maintenir en poste compte tenu de décisions passées de la Cour suprême qui font jurisprudence et de la pression publique.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 27 mars 2004

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(2 avril 2004) Ariel Sharon menace Yasser Arafat et le chef du Hezbollah libanais

Dans un entretien publié vendredi au quotidien "Maariv", le Premier ministre israélien Ariel Sharon laisse clairement entendre que le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat et le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah pourraient devenir des cibles d'assassinat, déclarant notamment qu'"Arafat n'a pas de police d'assurance" et que "quiconque tue un un juif ou fait du mal à un citoyen israélien ou encore fait tuer des juifs, est une cible. Point final".

M. Sharon a accordé une série d'interviews en vue des prochaines fêtes de la Pâque juive aux quotidiens "Maariv", "Yediot Ahronot" et "Haaretz". Selon la télévision israélienne, le Premier ministre de l'Etat hébreu a affirmé qu'Israël pourrait prendre une mesure à l'encontre du président palestinien dans un avenir relativement proche.

Un autre média a cité Ariel Sharon déclarant qu'"Arafat ne peut plus être en sécurité là où il se trouve", c'est-à-dire le siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah en Cisjordanie où le leader palestinien est confiné depuis plus de deux ans.

"Maariv" a publié des extraits de cet entretien vendredi, au cours duquel le Premier ministre affirme qu'"Arafat n'a pas de police d'assurance". "Aujourd'hui tout le monde sait qu'Arafat est un obstacle à toute avancée", ajoute-t-il.

Ariel Sharon explique également que son plan de désengagement unilatéral prévoit d'ici le printemps 2005 un retrait quasi-total de la Bande de Gaza et des quatre colonies juives de peuplement de Cisjordanie de Ganim, Kadim, Homesh et Sanur. En ce qui concerne la Bande de Gaza, "Maariv" cite Sharon comme précisant qu'Israël se retirerait de la totalité du territoire ne gardant le contrôle sur une route de patrouille entre la pointe sud du territoire et la frontière égyptienne pour prévenir toute contrebande d'armes depuis l'Egypte.

C'est la première fois que Sharon est aussi précis sur son plan de "désengagement". "Nous devons nous retirer de Gaza, pour ne plus être responsable de ce qui s'y passe", déclare le Premier ministre.

"J'espère que d'ici la prochaine Pâque juive, nous serons au milieu du désengagement, parce que le désengagement est bon pour Israël", affirme-t-il encore à "Maariv".

"Maariv" prévoit de publier l'intégralité de cet entretien lundi. La Pâque juive débute lundi soir.

Ariel Sharon mène une campagne très active pour tenter de persuader les membres les plus réticents de son propre parti, le Likoud, pour qu'ils soutiennent son projet de retrait unilatéral. Au début de la semaine, il a accepté le principe d'un référendum, organisé le 14 avril, parmi les 200.000 membres du Likoud et déclaré qu'il se plierait aux résultats.

Pendant ce temps sur le terrain, les chars israéliens sont entrés tôt vendredi matin dans le camp de réfugiés de Rafah à la recherche de tunnels de ce genre. Selon les Palestiniens, un jeune homme de 19 ans dont on ignore s'il s'agissait d'un militant a été tué dans un échange de tirs. L'armée israélienne a toutefois démenti tiré des coups de feu et a ajouté qu'un de ses véhicules blindés avait été légèrement endommagé par une bombe.
yahoo.fr, actualités, vendredi 2 avril 2004, 11h45

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Menaces de mort signées Sharon contre Arafat
L'hypothèse de l'élimination du chef palestinien irrite Washington.

Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a laissé planer vendredi la menace d'une élimination physique du dirigeant palestinien Yasser Arafat, tandis que la police israélienne a fait irruption sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem. «Notre position sur de telles questions (l'exil ou l'assassinat d'Arafat) est bien connue», a commenté à Washington le secrétaire d'Etat adjoint Richard Armitage. «Nous y sommes opposés et nous l'avons fait clairement savoir au gouvernement d'Israël.»

Dans plusieurs interviews parues vendredi dans la presse israélienne, Sharon avait notamment affirmé que le président de l'Autorité palestinienne n'avait «aucune assurance» sur la vie, n'excluant pas son élimination. «Je ne proposerais à aucune compagnie d'assurances de l'assurer» sur la vie, a-t-il déclaré au quotidien Haaretz.
«Quiconque tue un juif ou frappe un citoyen israélien ou envoie quelqu'un tuer des juifs est un homme dont le sang retombera sur sa tête», a ajouté le Premier ministre. Les commentateurs israéliens jugeaient ces propos plutôt à usage interne, pour complaire à la base du Likoud, avant un référendum du parti sur le plan de Sharon d'un retrait de Gaza.

Les forces de l'ordre israéliennes ont par ailleurs assiégé durant une heure la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam, après des jets de pierres de jeunes Palestiniens. Les policiers ont tiré des grenades lacrymogènes, des grenades à souffle et des billes caoutchoutées sur des jeunes retranchés dans la mosquée, faisant une vingtaine de blessés, selon des témoins. Une quinzaine de Palestiniens ont également été arrêtés.

Dans la bande de Gaza, un Palestinien a été tué lors d'une incursion de l'armée israélienne à Rafah (Sud). Un autre a trouvé la mort lors d'affrontements à Bethléem (Cisjordanie).
Libération, samedi 03 avril 2004, p. 12

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(15 juin 2004) Ariel Sharon échappe à la justice
Faute de preuves, il ne sera pas inculpé de corruption.

Ariel Sharon ne sera pas inculpé de «corruption» dans l'affaire dite de «l'île grecque» (Libération du 22 janvier). Le procureur général de l'Etat, Méni Mazouz, a tranché : «Il n'existe pas de base solide de preuves et même pas de commencements de preuves.» Il a rejeté par là même les recommandations d'Edna Arbel, procureure publique, d'inculper Sharon et son fils, Guilead, pour «corruption détournée» de la part de l'homme d'affaires David Appel. Ce sont, à ses yeux, des «arguments trop généraux et des preuves indirectes et circonstancielles» qui ont fondé la conviction de la procureure.

«Le Premier ministre doit être jugé comme tout citoyen. Il ne convient pas d'être plus indulgent à son égard, ni plus sévère.» En une argumentation sèchement juridique, détaillée, Méni Mazouz a démonté les accusations d'emploi fictif contre le fils du Premier ministre et signalé son «rôle opérationnel éminent» dans le projet d'île de vacances en cause. De même qu'une analyse serrée des écoutes clandestines et du calendrier d'Ariel Sharon l'a autorisé à balayer l'accusation : au moment où ce dernier aurait pu aider David Appel dans ses projets, il se trouvait dans l'opposition.

Aussitôt, les députés Yossi Sarid (Yahad, extrême gauche), Ofir Pinès et Eytan Cabel (travaillistes) ont décidé de présenter un recours devant la Haute Cour de justice. Ainsi blanchi, Sharon peut mener librement ses tractations avec Shimon Pérès pour la formation d'un gouvernement d'union nationale. Et se consacrer à son plan de retrait de Gaza.
Par Jean-Luc ALLOUCHE, mercredi 16 juin 2004, p. 9 (Liberation - 06:00)

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(9 juillet 2004) La CIJ réclame le démantèlement du "mur" israélien

La Cour internationale de justice, instance judiciaire de l'ONU, juge contraire au droit international la barrière antiterroriste construite par Israël en Cisjordanie. L'Etat hébreu a d'ores et déjà rejeté l'arrêt de la cour et les Palestiniens ont salué une "décision historique".

La Cour internationale de justice a rendu un arrêt sévère envers Israël, jugeant que la "ligne de sécurité" édifiée en Cisjordanie contrevient à la loi internationale et doit être démantelée. La CIJ exige en outre qu'Israël payent des compensations aux propriétaires palestiniens dont les terres ont été confisquées pour construire la barrière antiterroriste, dont le tracé s'enfonce par endroits profondément en avant de la Ligne verte de 1967. L'avis, consultatif et non contraignant, du principal organe judiciare de l'ONU a été adopté par 14 juges, à l'exception de l'Américain Thomas Buerghenthal.

"Situation illégale"

Pour la cour, "La construction par Israël, puissante occupante, du mur en territoire palestinien occupé, notamment dans et autour de Jérusalem-est (...), est contraire à la loi internationale". La CIJ mentionne, parmi les violations du droit occasionnées par la construction de la barrière, les entraves à la liberté de mouvement des Palestiniens, les entraves à leur droit au travail, à leur droit à la santé, à l'éducation, et à un "niveau de vie adéquat", tel qu'il est prévu par des conventions internationales. En outre, pour la cour, le droit à l'auto-défense ne saurait légitimer la construction d'un tel édifice.

Selon le texte de l'arrêt cité par les médias internationaux, la CIJ réclame le démantèlement de l'ouvrage : "Israël a l'obligation de cesser les travaux de construction du mur actuellement construit dans le territoire palestinien occupé, notamment dans et autour de Jérusalem-est, et de démanteler l'ouvrage qui y est situé". Elle indique que "tous les Etats ont l'obligation de ne pas reconnaître la situation illégale résultant de la construction du mur" et de ne rien faire qui soit de nature à la prolonger. Dans leur dernière conclusion, les juges en appellent à l'Assemblée et au Conseil de sécurité de l'ONU, leur demandant de "considérer quelles actions doivent être entreprises pour mettre fin à la situation illégale résultant de la construction du mur".

Retour à l'Assemblée générale ?

En réaction, le ministre israélien de la justice Yossef Lapid a déclaré que la "seule décision qui compterait pour le gouvernement israélien est celle de la Cour suprême d'Israël". Il a accusé la CIJ d'avoir un a priori défavorable à Israël, étant constituée "en majorité de représentants de pays européens qui ont une position hostile" à la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens. Le gouvernement Sharon s'est insurgé contre le fait que la CIJ a "totalement ignoré le terrorisme palestinien, cause de la construction de la barrière". "La seule façon de résoudre le conflit entre Israël et les Palestiniens, y compris la question de la barrière, est la négociation directe entre les deux parties. Et la condition nécessaire à la tenue de ces négociations est l'arrêt du terrorisme palestinien", dit un communiqué du gouvernement israélien.

Pour les Palestiniens, en revanche, l'arrêt de la CIJ est une victoire. "Ce jour est un jour historique et cette décision est une décision historique car elle a été rendue par la plus haute cour internationale", a affirmé le Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï. "Cette cour a dit au monde, à Israël et aux Etats-Unis que ce mur est illégal car il est bâti sur la terre d'autrui, sur une terre occupée", a-t-il ajouté. Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat a quant à lui qualifié l'avis de "victoire pour notre peuple, tous les peuples libres et tous les mouvements de libération dans le monde". De son côté, le porte-parole de la Maison Blanche a jugé que l'examen de l'édifice par la CIJ était "inapproprié".

La CIJ en bref

La CIJ est le principal organe judiciaire des Nations unies. Entrée en fonction en 1946, elle est chargée principalement de trancher les litiges entre les Etats, en s'appuyant sur les conventions, les traités internationaux et la coutume internationale. Seuls les 191 Etats membres de l'ONU peuvent la saisir dans le cadre de cette procédure "contentieuse". La Cour, qui siège à La Haye, peut également donner des avis consultatifs lorsqu'elle est sollicitée par un des 21 organes et institutions de l'ONU, comme l'Assemblée générale. Les arrêts de la Cour sont définitifs et sans appel, mais elle ne dispose pas de moyens coercitifs pour les faire appliquer. Un Etat qui s'estime lésé par la non application d'un arrêt, peut en référer au Conseil de Sécurité de l'ONU.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 09 juillet 2004

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Sharon a réclamé hier un «changement radical» de la position européenne sur la barrière de séparation.
Le «mur» dressé entre Israël et l'UE

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a écarté un rôle de l'Europe dans un processus de paix au Proche-Orient compte tenu de ses positions anti-israéliennes. «Il sera difficile de coopérer avec l'Europe vu ses positions unilatérales contre Israël, qui ignorent totalement nos besoins de sécurité», a-t-il déclaré hier lors de sa rencontre avec le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne, Javier Solana. Il a prôné un «un changement radical de la position européenne, en particulier sur la question de la sécurité d'Israël et son droit à se défendre».

«Déception». Sharon a exprimé la «déception» d'Israël à la suite du vote des pays européens à l'ONU contre la barrière de séparation en construction en Cisjordanie. «Nous sommes déçus du soutien massif des pays de l'Union européenne à la résolution de l'Assemblée générale qui se base sur l'avis partial de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye.» Il a réaffirmé qu'Israël poursuivrait la construction de la barrière, «obstacle efficace contre le terrorisme».

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté, mardi (20 juillet 2004) , à une écrasante majorité, une résolution exigeant que l'Etat hébreu démantèle partiellement le mur. La résolution avait été présentée par un groupe de pays majoritairement arabes ou musulmans. Outre Israël, les Etats-Unis et l'Australie ont voté contre. L'UE a voté unanimement pour.

Auparavant, Solana avait défendu à Tel-Aviv le vote européen tout en s'efforçant d'apaiser la tension avec Israël. «La barrière passe à travers les territoires occupés et, depuis le tout début, nous avons été contre ce fait», a-t-il rappelé lors d'une conférence de presse conjointe avec le chef de la diplomatie israélienne Sylvan Shalom. Qualifiée de «mur de l'apartheid» par les Palestiniens, de «clôture de sécurité» par Israël, la ligne de séparation, dont 196 kilomètres ont été achevés, doit être longue de 730 kilomètres une fois terminée. Elle s'enfonce profondément en Cisjordanie occupée. «Tous les pays européens soutiennent le droit d'Israël à se défendre, mais vous vous devez de prendre en compte, avec vos besoins sécuritaires, les besoins humanitaires (des Palestiniens)», a-t-il poursuivi.

Arafat. Concernant la crise politique palestinienne, Solana a indiqué que Yasser Arafat devait concéder plus de pouvoirs à son Premier ministre Ahmed Qoreï : «L'Autorité palestinienne en tant que telle est l'interlocuteur, mais j'ai défendu l'idée d'un Premier ministre doté de pouvoirs.» Le 17 juillet, après une série d'enlèvements et de désordres dans la bande de Gaza, Qoreï, qui réclame plus de prérogatives sur les questions sécuritaires, a présenté sa démission mais Arafat l'a refusée. «Si cela arrive [le départ de Qoreï, ndlr], nous devrons reconsidérer beaucoup de choses», a estimé Solana. Jusqu'ici, la position de l'UE vis-à-vis d'Arafat était à l'opposé de celle d'Israël et des Etats-Unis, qui ont coupé tout contact avec lui, l'accusant d'être un «obstacle à la paix». D'après AFP
Libération, vendredi 23 juillet 2004 (Liberation - 06:00)

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(Juillet 2005) Le fils d'Ariel Sharon va être inculpé de corruption

JERUSALEM (AP) - Le fils du Premier ministre israélien Ariel Sharon, Omri, va être inculpé pour corruption dans une affaire de collecte de fonds pour l'une des campagnes électorales de son père, a annoncé mardi le ministre de la Justice.

Omri Sharon, qui siège au Parlement, a déclaré qu'il renoncerait à son immunité et comparaîtrait au tribunal, selon le journal "Haaretz". L'affaire remonte à la campagne de 1999 qui a amené son père à la direction du Likoud (droite) et en a fait le candidat à la tête du gouvernement. Omri Sharon est soupçonné d'avoir monté des sociétés fantômes pour dissimuler des contributions illégales. Il encourt cinq ans de prison.

Le premier mandat d'Ariel Sharon a été entaché de multiples scandales concernant le financement de sa campagne et des contrats immobiliers mais le Premier ministre lui-même n'a pas été inculpé.
yahoo.fr, actualités, mardi 26 juillet 2005, 22h39

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(Juillet 2005) Ariel Sharon à Paris pour sceller la fin des "malentendus" franco-israéliens

PARIS (AP) - Ariel Sharon est arrivé mardi à 19h30 à Paris pour une visite officielle destinée à normaliser les relations entre les deux pays, pour le moins tendues ces dernières années, alors que le Premier ministre israélien est engagé dans le délicat retrait de Gaza.

Accueilli à son arrivée à l'aéroport d'Orly par le ministre des PME (petites et moyennes entreprises) Renaud Dutreil, M. Sharon est sorti souriant de son avion. Le dispositif de sécurité était particulièrement important, avec notamment la présence d'un hélicoptère au-dessus de la piste d'atterrissage et celle de nombreux tireurs d'élite postés sur les toits alentours.

Ariel Sharon devait être reçu mercredi par Jacques Chirac à l'Elysée, avant de dîner avec le Premier ministre Dominique de Villepin. Il devait aussi rencontrer jeudi des représentants de la communauté juive de France.

Cette visite doit permettre de tourner une nouvelle page dans les relations franco-israéliennes, après plusieurs années conflictuelles.

De fait, les deux parties ont adopté un ton conciliant. Côté français, on salue ainsi la décision "courageuse" du Premier ministre israélien de se désengager de Gaza.

"J'apprécie sa compréhension de la région", a expliqué quant à lui Ariel Sharon au sujet de Jacques Chirac, dans un entretien publié dans "le Monde" daté de mercredi. Il a également présenté la France comme un "exemple pour d'autres gouvernements européens" en matière de lutte contre l'antisémitisme.

Le 18 juillet 2004, M. Sharon avait pourtant déclenché la colère présidentielle en appelant les juifs de France à émigrer en Israël "aussi vite que possible", pour échapper à "la montée de l'antisémitisme le plus violent" en France. Reflet des profonds désaccords entre les deux capitales, la dernière -et unique- visite en France d'Ariel Sharon en tant que Premier ministre remonte à juillet 2001.

Mais aujourd'hui, "les choses ont changé", assure-t-on de source diplomatique française. La mort en novembre dernier du président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat et l'élection de son successeur Mahmoud Abbas ont levé le principal obstacle à la normalisation des relations franco-israéliennes. Ariel Sharon reprochait en effet à la France son soutien indéfectible à Arafat. Côté français, on salue par ailleurs la décision israélienne d'entamer le 15 août le retrait de la Bande de Gaza. Autant de changements qui "permettent de repartir sur de nouvelles bases" pour Paris.

Jacques Chirac devrait surtout insister mercredi sur l'après-Gaza et la nécessaire relance de la "feuille de route", en panne depuis plusieurs années. Car "on ne peut pas éteindre la lumière après Gaza. Il est essentiel que les Palestiniens continuent à avoir un horizon avec une lumière au bout", insiste un diplomate français.

"Nous ne devons pas laisser se refermer la fenêtre d'opportunité", a plaidé Jacques Chirac récemment. "Le désengagement de Gaza doit s'accompagner de la poursuite d'un processus politique", a souligné à son tour mardi le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy.

Reste qu'Ariel Sharon pose toujours comme condition à la relance de la feuille de route "un arrêt total du terrorisme". "Il n'y a pas de prochaines phases de retrait prévue. Il n'y a qu'une seule phase. Après cela, on passe à la feuille de route si les conditions que je viens d'évoquer sont remplies".

D'autres sujets de désaccord demeurent entre la France et Israël, tels que la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie ou le tracé de la "barrière de sécurité" israélienne.

Ariel Sharon et Jacques Chirac devraient par ailleurs évoquer la situation au Liban, alors qu'Ariel Sharon réclame l'inscription du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne. Mais pour le président français, "la solution passe par la participation, pleine et entière, du Hezbollah, comme de la communauté chiite, à la vie politique, économique et sociale" du Liban.

Alors que Paris, Berlin et Londres sont engagés dans des négociations avec l'Iran sur son programme nucléaire, Israël demande par ailleurs des sanctions contre un pays qui "ne donne aucun signe qu'il pourrait être disposé à renoncer à ses efforts nucléaires".

"Par-delà les malentendus (...) la France est l'amie d'Israël", a assuré Jacques Chirac quelques jours avant la visite de M. Sharon. Et pour éviter de nouveaux "malentendus", la France devrait proposer la création d'une "Fondation France-Israël" pour oeuvrer à une meilleure compréhension entre les deux pays et les deux peuples.
yahoo.fr, actualités, mardi 26 juillet 2005, 20h15

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(Juillet 2004) Ariel Sharon invite les juifs de France à émigrer "aussi vite que possible" vers Israël

JERUSALEM (AP) - Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a de nouveau appelé dimanche (18 juillet 2004) les juifs de France à émigrer pour Israël, leur demandant cette fois de venir "aussi vite que possible" pour échapper à "la montée de l'antisémitisme le plus violent" en France.

Ces propos ont suscité une vive réaction du ministère français des Affaires étrangères qui les a jugés "inacceptables". Dans un communiqué, le Quai d'Orsay précise dimanche soir avoir "pris immédiatement contact avec les autorités israéliennes pour leur demander des explications".

"En France, nous voyons la montée de l'antisémitisme le plus violent", a déclaré M. Sharon lors d'une rencontre à Jérusalem avec des responsables d'organisations juives américaines. "En France aujourd'hui, environ 10% de la population est musulmane et parallèlement à l'antisémitisme qui persiste en Europe, il y a maintenant là-bas une sorte d'antisémitisme différent, basé sur des sentiments anti-israéliens et sur la propagande".

"Je dois dire que le gouvernement français a pris des mesures contre ça", a souligné Ariel Sharon. "Mais si je devais m'adresser à nos frères de France, je leur dirai une chose: 'émigrez en Israël, aussi vite que possible', et c'est la chose que je dirais à tous les juifs du monde".

"Je pense que la vie des juifs ne peut être réussie qu'ici", a expliqué Ariel Sharon, qui s'est déjà adressé à plusieurs reprises ces derniers jours en des termes similaires aux juifs français.
yahoo.fr, actualités, dimanche 18 juillet 2004, 19h37

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(Janvier 2006) Sharon Faucon pragmatique Liberation.fr, par Jean-Luc ALLOUCHE, QUOTIDIEN : vendredi 06 janvier 2006, p. 6
Guerrier sans scrupules face aux Arabes, longtemps fervent défenseur de la colonisation des territoires occupés, il restera aussi comme celui qui ordonna le retrait de Gaza.

Guerrier impénitent, voire féroce, faucon inflexible, roublard, «bulldozer» pour les uns, «boucher», «lâche» pour certains Palestiniens, «roi d'Israël» pour ses plus chauds partisans, Ariel Sharon a laissé une trace brûlante dans l'histoire de son pays.
De la guerre à outrance à l'amorce d'une paix, d'une certaine paix du moins, il n'est certes pas le premier général à avoir puisé sur les champs de bataille sanglants le sens d'un réalisme tard venu. «Je suis né dans une ferme. Je tire ma force non de l'appareil politique mais de la nature et des fleurs.»

Homme de la terre, fils de deux paysans venus de Biélorussie au début du XXe siècle, Vera et Shmuel Scheinerman, il aime poser ­ non sans coquetterie ­ avec ses moutons dans sa ferme des Sycomores. De sa mère, Vera, en indélicatesse avec tout son voisinage, il tient son obstination, son dédain du qu'en-dira-t-on, et le plaisir secret de tenir tête à tous.

Né à Kfar Malal en 1928, Sharon a connu la pauvreté. D'où, sans doute, un goût tardif pour les commodités de la vie ­ sa ferme est prospère. Et quelques imprudences avec la loi.
Elevé à la dure, il rejoint à 14 ans la Haganah, la milice de défense juive d'avant et d'après la création de l'Etat d'Israël. Pendant la guerre d'Indépendance en 1948 ­ âgé de 20 ans, il y est officier d'infanterie ­, les combats meurtriers devant la forteresse de Latroun où nombre de ses hommes sont blessés forgent à jamais sa doctrine militaire : ne jamais reculer, ne pas abandonner ses hommes derrière soi.

En 1953, Ariel Sharon s'illustre ­ à mauvais escient ­ à la tête d'une escouade de la fameuse unité 101, formation de parachutistes lancés en représailles contre le village de Kibya en territoire jordanien : 69 villageois sont tués. Sharon regrettera cette «tragédie», tout en ne cachant pas qu'elle puisse servir de «leçon» aux Arabes. Episode formateur : il ne baissera jamais la garde, ne leur fera pas confiance. Il n'en démord pas, jusqu'à aujourd'hui.

Ses exploits militaires au cours de la guerre des Six Jours de 1967, son audacieuse manoeuvre de prise à revers de l'armée égyptienne sur son propre sol, par le franchissement du canal de Suez, lors de la guerre de 1973, en enfreignant les ordres de l'état-major, ont beaucoup contribué à sa légende.
Mais son indiscipline et ses comptes rendus assez désinvoltes lui ont interdit d'accéder au poste de chef d'état-major («Il ne dit pas la vérité», avait laissé tomber Ben Gourion). Tandis que sa réputation de «général séditieux» inquiétera même son compagnon politique, Ménahem Bégin. «Il est capable d'encercler la Knesset avec ses chars», jugeait ce dernier.

Sa plus grande marque d'infamie reste les massacres de Sabra et Chatila, en 1982. Un an auparavant, il avait lancé l'opération «Paix en Galilée», soit l'occupation du Sud-Liban afin d'éloigner les tirs de roquettes sur le nord d'Israël. La bande de «quarante kilomètres de sécurité» est ensuite repoussée jusqu'au coeur de Beyrouth. Là, des milices chrétiennes massacrent des centaines de Palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila.
Un an plus tard, une commission judiciaire israélienne destitue Sharon de sa fonction de ministre de la Défense pour sa «responsabilité indirecte» dans la tuerie. Il est accusé d'avoir laissé faire les miliciens.
«Criminel de guerre», clament alors plusieurs centaines de milliers d'Israéliens à Tel-Aviv. «Vous n'avez pas voulu de lui comme ministre de la Défense, vous l'aurez un jour comme Premier ministre», ricane alors son homme lige, le journaliste Uri Dan.

«L'homme qui ne s'arrête pas au feu rouge», selon la formule d'un de ses biographes, mettra deux décennies pour accéder à la fonction suprême de Premier ministre. En balayant au passage Ehud Barak en 2001 et Amram Mitzna en 2003, deux chefs travaillistes empêtrés entre «sécurité» et «paix».
Sharon, lui, «fera la paix dans la sécurité»... En reprenant au passage deux idées de la gauche : la barrière de sécurité, afin de combattre les attentats terroristes. Et l'évacuation unilatérale de Gaza. Idées qu'il avait fustigées pendant ses campagnes électorales.

Pendant de nombreuses années, il aura incité les colons juifs à «se saisir de chaque colline, pendant qu'il en est encore temps». «Arik» (son surnom) se fait le père des colons. Il sillonne les territoires occupés avec une brassée de cartes. Eux le suivent, et le croient lorsqu'il martèle : «La valeur stratégique de Nétsarim (colonie isolée au coeur de Gaza, ndlr) est la même que celle de Tel-Aviv.»
Les subventions pleuvent sur eux.

En septembre 2000, sa montée sur le mont du Temple (l'esplanade des Mosquées pour les musulmans) enflamme les esprits, et jette le premier brandon de l'Intifada ­ mais non le seul. Provocation, bien sûr : son fils Omri, conseiller d'habitude très écouté, qui sera son émissaire auprès de Yasser Arafat, n'a pas réussi à l'en dissuader...

Le 17 août 2005, 21 colonies sont évacuées

Quatre ans plus tard, au bout d'un affrontement qui a fait plus de quatre mille morts dont les trois quarts sont palestiniens, il jettera l'éponge. Les accords de Genève initiés par la gauche et célébrés par la planète ­ qui prévoyaient plus ou moins un retour aux frontières de 1967 ­, les scrupules de conscience exprimés par de hauts gradés de Tsahal, des enquêtes policières sur des affaires de corruption électorale et, surtout, les pressions des Etats-Unis, allié stratégique prioritaire d'Israël, finissent par lézarder les certitudes.

Il lui faut donc lâcher du lest à Gaza pour mieux conserver «ce qui peut l'être» des colonies en Cisjordanie. Le 1er février 2004, il annonce au quotidien Haaretz : «J'ai donné des instructions pour évacuer 17 colonies à Gaza. J'ai l'intention de réaliser cette évacuation ­ pardon, ce redéploiement ­ des implantations qui nous causent des problèmes et que, de toute façon, nous ne garderons pas dans le cadre d'un accord définitif.»
Ses plans déclenchent une vague de manifestations, une «tempête orange» avec marches, malédictions de rabbins, fronde de députés et de ministres de son propre parti, le Likoud, des appels à la désobéissance, voire à la désertion. Rien n'y fait : le 17 août 2005, l'évacuation de vingt et une colonies de Gaza et de quatre autres dans le nord de la Cisjordanie débute. En six jours, trente-huit ans d'occupation sont effacés sous les décombres de pelleteuses.

Parti pour une troisième campagne électorale à la tête de son nouveau parti, Kadima, Ariel Sharon n'aura pas eu le temps de la mener à bien. Il s'efface de la scène politique avec, au moins, le bénéfice du doute.
Venu des profondeurs de la guerre, de la méfiance, et du souci obsessionnel de «la sauvegarde du peuple juif et de sa pérennité», il a fracassé un mythe : le Grand Israël biblique et irrédentiste. «Je laisserai à une autre génération le soin de faire une paix définitive avec les Palestiniens», avait-il confié lors du retrait de Gaza. Seul, il pouvait faire ce premier pas. Ses successeurs, quels qu'ils soient, savent que c'est celui qui coûtait le plus.
liberation.fr, par Jean-Luc ALLOUCHE, QUOTIDIEN : vendredi 06 janvier 2006, p. 6

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(Février 2006) Israël : le fils de Sharon condamné

Omri Sharon, fils du Premier ministre ,israëlien, Ariel Sharon, a été condamné hier à neuf mois de prison ferme pour violations de la loi sur le financement des campagnes électorales.
Les avocats de l'ex-député feront appel.
Libération, 15 février 2006, p. 9

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(11 avril 2006) Ariel Sharon a été déclaré inapte à être premier ministre

Ariel Sharon, dans le coma depuis le 5 janvier, a été déclaré officiellement inapte à être premier ministre, a annoncé, mardi 11 avril, le gouvernement israélien. Son successeur, Ehoud Olmert, a été dans la foulée déclaré premier ministre en exercice à l'unanimité des voix des membres du gouvernement.

"Nous sommes occupés à former le prochain gouvernement", a déclaré M. Olmert en remerciant les ministres. La décision prendra formellement effet vendredi 14 avril à minuit, à l'issue des cent jours d'hospitalisation d'Ariel Sharon, victime, le 4 janvier, d'un grave accident vasculaire cérébral. Il est, depuis, plongé dans un coma profond.

"Ce vendredi à minuit marquera la fin de la période des cent jours au cours desquels le premier ministre Ariel Sharon a été incapable d'exercer ses fonctions", a déclaré le secrétaire du gouvernement, Israël Maïmon, dans un communiqué lu devant la presse.

ÉTAT "GRAVE MAIS STABLE"

Ariel Sharon est le premier chef d'un gouvernement à être déclaré inapte à exercer ses fonctions dans l'histoire d'Israël. "Je remercie les ministres pour leur soutien et leur confiance", a pour sa part affirmé M. Olmert. Il a également espéré que la situation de transition actuelle sera "brève". "Actuellement, nous sommes en train de former un gouvernement et nous espérons réussir rapidement", a ajouté le premier ministre en exercice.

Kadima, un parti centriste dont Ehoud Olmert a pris la direction après l'hospitalisation d'Ariel Sharon, a remporté les élections du 28 mars et engagé des négociations avec différents partis pour former le prochain gouvernement. Le ministre de l'éducation, Meïr Sheetrit, a déclaré qu'il s'agissait d'un "jour très triste pour nous tous. Le fait qu'il [Ariel Sharon] ne soit pas ici avec nous sur la scène politique m'attriste", a ajouté M. Sheetrit.

Un proche de M. Olmert, le ministre de l'agriculture, Zeev Boïm, a pour sa part affirmé que "Ehoud Olmert est celui qu'il faut pour remplacer Ariel Sharon". Yaël Bossam-Lévy, une porte-parole de l'hôpital Hadassah de Jérusalem, a indiqué que l'état de santé d'Ariel Sharon continue à "être grave mais stable", sans fournir d'autres détails. Mercredi 5 avril, Ariel Sharon avait subi "avec succès" une opération de la boîte crânienne destinée à restaurer la partie de la calotte du crâne qui avait été enlevée lors d'une opération subie après son attaque cérébrale.
LEMONDE.FR | 11.04.06 | 11h17 • Mis à jour le 11.04.06 | 11h27

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