Lapidation : Téhéran reproche aux Occidentaux leur ingérence (août 2010)
Un couple lapidé en Afghanistan (Août 2010)

Amina Lawal Kurami

(Septembre 2003) Nigeria: accusée d'adultère, Amina Lawal est acquittée
(Août 2002) Lapidation pour une mère nigériane divorcée
Elle a été condamnée à mort pour avoir conçu un enfant après sa séparation.

Amina Lawal Kurami, mère de trois enfants, dont le dernier a été conçu après son divorce, est condamnée à mort par lapidation, a confirmé hier le juge de la cour d'appel islamique de Funtua, dans l'Etat de Katsina.

Dans ce Nord musulman, où douze Etats de la fédération du Nigeria ont choisi de vivre sous le régime de la charia, un procès pour adultère ­ car il s'agit d'adultère, selon la loi islamique, même si Amina est divorcée ­ est un événement. La plupart des délits jugés sont des larcins, de la prostitution ou du trafic de drogue. Depuis l'acquittement en appel de Safiya Husseini, la première condamnée à la lapidation pour adultère, les Nigérians savent que ce genre de procès est médiatisé. Un moyen d'exposer leurs convictions au monde. Aussi la sentence a été saluée d'un enthousiaste «Allah est grand !» par le public, tandis qu'Amina, son bébé dans les bras, quittait la salle d'audience en larmes.

Crime grave.
Malgré ses avocats et le soutien du ministère fédéral de la Condition féminine, la jeune femme de 31 ans n'aura pas bénéficié de la clémence, stimulée par l'intense campagne internationale qui a sauvé Safiya Husseini. La charia ne se limite pourtant pas aux châtiments. En principe, elle vise à réguler la vie sociale en faveur des plus démunis. Les femmes divorcées, souvent à la charge de leur famille lorsqu'elles ont été chassées du domicile conjugal, en font partie. Sans statut social, ni argent, il est rare qu'elles trouvent un «protecteur» prêt à régulariser la situation. Sans mari, la grossesse est une preuve d'adultère, un crime grave, selon le code pénal islamique. Amina ne pourra être lapidée qu'à partir de janvier 2004, a ajouté la cour d'appel, quand elle aura sevré sa fillette de 8 mois. Ses avocats ont annoncé qu'ils feraient appel dans les trente jours et qu'ils iraient plaider devant la Cour suprême à Abuja s'il le faut, où le pouvoir fédéral considère les châtiments corporels au nom de la charia comme inconstitutionnels.

Mains.
Si la sentence était appliquée, Amina serait la première Nigériane exécutée par lapidation depuis l'introduction de la charia. Des mains ont été amputées, mais en trois ans la seule exécution pour crime et par pendaison a eu lieu en janvier, dans cet Etat de Katsina.
Libération, 20 août 2002, p. 9

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dépêche de presse du 25 septembre 2003 - AFP Nigeria: accusée d'adultère, Amina Lawal est acquittée

KATSINA (AFP) - La Cour d'appel islamique de Katsina, dans le nord du Nigeria, a acquitté jeudi Amina Lawal, condamnée à mort par lapidation, en première instance, pour adultère.

Mère de quatre enfants Amina Lawal avait été condamnée en mars à la peine de mort par lapidation par un tribunal islamique nigérian pour avoir eu un enfant hors mariage. Ses partisans l'ont accompagnée à Katsina, distante de 180 km de son village natal de Kurami, et l'ont mise au secret. Cette affaire, qui a provoqué peu d'émoi parmi la population majoritairement musulmane de cette ville du nord nigérian, a en revanche attiré l'attention de nombreux militants et défenseurs des droits de l'Homme au Nigeria et à l'étranger.

Les médias internationaux ont convergé dans ce pôle régional situé aux portes du Sahel, en même temps que des militants français et des manifestants nigérians en grève de la faim. Jusqu'à présent, Olusegun Obasanjole chef d'Etat chrétien n'a pas encore directement dénoncé la charia, par peur de mécontenter les quelque 63 millions de musulmans nigérians, soit la moitié de la population du pays le plus peuplé d'Afrique.

L'année dernière, Amina une villageoise timide avait été dénoncée aux autorités religieuses par des voisins après la naissance de sa fille, Wasila, plus de deux ans après avoir rompu avec son mari. Lors du procès en appel au mois d'août, l'avocat de la jeune femme avait axé sa plaidoirie sur les faits et la procédure pour tenter de démontrer que la condamnation était douteuse. Me Yawuri a affirmé que le tribunal qui a jugé Amina en première instance ne lui avait pas expliqué correctement son inculpation ni les conséquences de ses propos lors du procès. Il a aussi avancé que l'enfant avait été conçu avant l'entrée en vigueur de la charia dans l'Etat de Katsina et que la grossesse avait été le résultat d'un possible "embryon dormant" (phénomène reconnu par la loi islamique), fécondé alors qu'Amina était encore mariée.

Même au sein de la communauté musulmane, on dénonce l'application de la charia comme une injustice, visant les Nigérians pauvres et peu éduqués, comme Amina, plutôt qu'une élite souvent accusée de corruption.
AFP, dépêche de presse du 25 septembre 2003

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Un couple lapidé en Afghanistan AFP 16/08/2010 | Mise à jour : 08:39

Un couple d'Afghans accusé d'adultère par les talibans a été lapidé à mort dans le nord de l'Afghanistan, ont indiqué aujourd'hui un témoin, des responsables locaux et un chef rebelle.

Une jeune femme de 23 ans, déjà fiancée, et un homme marié de 28 ans ont été condamnés par les talibans à la lapidation devant une centaine de personnes, en majorité des talibans, dans le district d'Imam Sahib (province de Kunduz).

Le couple avait quitté son village et avait été arrêté à son retour par les talibans qui appliquent de manière très stricte la charia (loi islamique).

"Les talibans les ont condamnés à la mort par lapidation et des personnes dans la foule ont lancé des pierres sur le couple jusqu'à ce qu'ils meurent", a affirmé Abdul Satar, un habitant témoin de l'exécution. Les insurgés gagnent du terrain depuis deux ans dans cette partie du nord de l'Afghanistan auparavant stable.

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Lapidation : Téhéran reproche aux Occidentaux leur ingérence 17.08.10 | 11h14 • Mis à jour le 17.08.10 | 11h47 lemonde.fr

Téhéran a demandé, mardi 17 août, aux pays occidentaux de ne pas interférer dans la question de l'Iranienne condamnée à mort par lapidation, en soulignant que l'affaire est toujours "en cours d'examen", selon le porte-parole du ministère des affaires étrangères.

Le cas de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, mère de famille de 43 ans condamnée à mort par lapidation en 2006 pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari, selon Téhéran, a suscité ces dernières semaines une intense mobilisation des pays occidentaux, qui ont réclamé qu'elle ne soit pas exécutée.

"LES PAYS OCCIDENTAUX NE DOIVENT PAS EXERCER DE PRESSIONS"

"Les procédures judiciaires sont très strictes, particulièrement concernant les affaires de meurtre", a déclaré Ramin Mehmanparast lors de son briefing hebdomadaire. "Plus la sentence est lourde et plus la justice est méticuleuse dans l'examen de l'affaire, et c'est ce qui est en cours", a ajouté le porte-parole.

"Aucune nation indépendante n'accepte que d'autres pays interfèrent dans ses décisions judiciaires, (...) et les pays occidentaux ne doivent pas exercer de pressions", a poursuivi le porte-parole. Selon lui, la mobilisation occidentale en faveur de Sakineh Mohammadi-Ashtiani résulte d'une "approche politisée", liée au conflit entre l'Iran et la communauté internationale à propos du programme nucléaire iranien.

Répondant aux nombreux appels internationaux à la clémence, l'Iran a annoncé en juillet la suspension temporaire de la peine de Mme Mohammadi-Ashtiani. Ses avocats, contestant la version officielle iranienne, affirment qu'elle n'a été initialement condamnée à la lapidation que pour adultère, et que l'accusation de complicité dans le meurtre de son mari a été ajoutée ultérieurement par les autorités.

REFUS D'ENVOYER SAKINEH AU BRÉSIL

M. Mehmanparast a, mardi, de nouveau rejeté toute idée de libérer la condamnée, comme l'a notamment suggéré le président brésilien, Lula, qui a proposé d'accueillir Mme Mohammadi-Ashtiani au Brésil si Téhéran faisait un geste de clémence.

"Si nous libérons les personnes condamnées pour meurtre, il n'y aura plus de sécurité", a affirmé M. Mehmanparast. Quand le Brésil aura pris connaissance du dossier, "il comprendra que tout ce tumulte a été créé pour porter atteinte aux relations irano-brésiliennes", a ajouté le porte-parole

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