La présence chrétienne dans les pays arabes. Témoignage difficile sans inculturation.

ROME, dimanche 18 mars 2001 (ZENIT.org/FIDES) - " Les chrétiens, dans les pays arabes, jouissent en général de la liberté de culte.
L'Arabie Saoudite, où il n'y a pas de liberté religieuse, est une exception ".
C'est ce qu'a déclaré à l'agence Fides le père Thomas Michel, Jésuite, Consulteur du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, à l'occasion de la visite "ad limina" des évêques latins du Moyen-Orient, qui a eu lieu du 12 au 17 mars.

Le père Michel déclare qu'" il faut distinguer les pays où les chrétiens sont presque tous des étrangers (dans la péninsule arabe) et les pays où ils sont une minorité faisant partie de la population locale (Syrie, Egypte, Liban, Jordanie)… Dans les pays à large majorité islamique, la liberté de culte existe, mais pas la liberté de proclamer publiquement sa foi, ou de faire du prosélytisme".

"Dans les Emirats Arabes, Oman, Bahreïn, Koweït, poursuit-il, les chrétiens jouissent de la liberté de culte. Dans l'Emirat de Abu Dhabi, on célèbre régulièrement la Messe dans la cathédrale catholique ; dans l'Emirat de Dubayy, il y a l'église catholique la plus grande du Moyen-Orient, et la communauté chrétienne a obtenu la permission de construire une deuxième église. Dans le sultanat d'Oman, il y a quatre paroisses en service. Le Sultan a offert le terrain et a fait construire les églises à ses propres frais. Il a subventionné aussi un temple hindou. Le Sultan a offert aussi à l'église de Masqat (Oman) un orgue allemand pour les cérémonies… Les chrétiens dirigent des écoles et peuvent s'organiser. Dans le Vicariat Apostolique d'Arabie, il y a 7 écoles catholiques pour un total de 12.000 élèves (60% de musulmans, 36% de chrétiens, 4% d'hindous) ".

Concernant l'Arabie Saoudite, le père Michel fait remarquer que "ce ne sont pas seulement les chrétiens qui souffrent : même les Saoudiens qui veulent un système démocratique et des libertés civiles sont pénalisés. On ne doit pas être surpris par l'absence de liberté religieuse".

Le père Michel précise que dans les pays où les chrétiens font partie de la population locale "la coopération oecuménique est très importante… Souvent, les catholiques doivent partager les édifices et les lieux de culte avec les autres chrétiens, orthodoxes et protestants. Les gouvernements musulmans ont du mal à comprendre pourquoi les chrétiens ne prient pas ensemble".

"Le dialogue interreligieux n'est pas facile, note le père Michel. Il y a des suspicions et des malentendus qui durent depuis des siècles, mais il y a aussi de nombreuses personnes de bonne volonté. En Egypte, en Syrie, au Liban, en Jordanie, le dialogue est possible et nécessaire, parce que les chrétiens et les musulmans ont la même langue et la même culture. Dans la Péninsule Arabe, le dialogue n'est pas développé, parce que les chrétiens sont en majorité des étrangers qui restent quelques années pour leur travail et qui ne connaissent pas la langue arabe".

"Pour vivre la foi chrétienne dans des pays à large majorité musulmane, conclut le père Michel, il existe deux modes de présence : témoigner de l'Evangile dans l'humilité, en vivant au milieu des gens, comme le font les Petites Soeurs de Jésus, qui s'inspirent de Charles de Foucauld, en Afghanistan, au Pakistan, en Turquie; développer les oeuvres sociales, en travaillant dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les orphelinats".

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