C'est très tardivement, à l'automne 2000, et après plusieurs affaires de curés pédophiles, que les évêques de France interviennent publiquement pour condamner leurs brebis galeuses et "conseiller" à celles-ci de se dénoncer, tout en maintenant le principe du secret de la confession.

Il semblerait bien que la loi du silence s'imposait dans l'Eglise, à propos, notamment, des curés pédophiles, et que le principe de précaution n'était pas toujours appliqué.
Par exemple l'affaire d'un curé canadien, le bon père Vadeboncoeur (le mal nommé ?).

Mgr Gaillot connaissait le passé pédophile d´un prêtre québecois avant son arrivée dans son diocèse.
Xavier Ternisien, Le Monde, 10 décembre 2000.

L´ancien évêque d´Evreux avait d´abord dit ignorer « tout de la gravité des faits » reprochés au père Vadeboncœur.

Jacques Gaillot, a reconnu, vendredi 8 décembre, dans un communiqué, qu´il était au courant du passé du père Denis Vadeboncœur, un prêtre québecois nommé en 1988 à Lieurey (Eure), mis en examen et écroué, le 1er décembre, pour des actes pédophiles. Mgr Gaillot avait déclaré, dans un premier temps, qu´il « ne l´[aurait] pas accepté dans le diocèse [s´il avait] su qu´il avait été condamné pour pédophilie ».
Jacques Gaillot, ancien évêque d´Evreux, destitué par le Vatican en 1995 pour ses positions progressistes, a reconnu, vendredi 8 décembre, qu´il était au courant du passé du père Denis Vadeboncœur, un prêtre québécois mis en examen et écroué, vendredi 1er décembre, pour viols sur mineur de moins de quinze ans et de plus de quinze ans par personne ayant autorité (Le Monde daté 3-4 décembre). Le père Vadeboncœur avait en effet été condamné en novembre 1985 à vingt mois de prison au Québec pour abus sexuels. En 1988, il avait été accueilli dans le diocèse d´Evreux et avait été nommé, par Mgr Gaillot, curé de la paroisse de Lieurey (Eure). Un jeune homme de vingt-cinq ans vient de porter plainte pour viols – des faits qui se seraient produits pendant cette période, avant et après 1990.

Dans un entretien au quotidien Paris-Normandie en date du 6 décembre, l´ancien évêque d´Evreux avait pourtant affirmé qu´il ignorait « tout de la gravité des faits » qui avaient valu sa condamnation au père Vadeboncœur : « Je ne l´aurais pas accepté dans le diocèse si j´avais su qu´il avait été condamné pour pédophilie. » Jacques Gaillot précisait même qu´il avait reçu « une lettre d´accompagnement favorable » émanant des supérieurs du prêtre au Québec. Ces dénégations ont suscité une polémique au Canada. La congrégation des religieux de Saint-Vincent-de-Paul, à laquelle appartient le prêtre, a donc décidé de rendre public, jeudi 7 décembre, l´échange de courriers qu´elle a eu, en 1987 et 1988, avec l´évêché d´Evreux.
Dans une lettre en date du 13 octobre 1987, l´abbé Jean-Jacques Latour, secrétaire de Mgr Gaillot, demande des « renseignements complémentaires » sur le père Vadeboncœur. Le provincial canadien des religieux de Saint-Vincent-de-Paul lui envoie un long courrier, daté du 29 octobre 1987, dont Le Monde a obtenu une copie. Les agissements et la condamnation du prêtre québécois y sont longuement détaillés : « Au tout début du mois de février 1985, le père Vadeboncœur a été arrêté à la suite d´une enquête policière. Il était alors accusé d´actes de grossière indécence et d´agression sexuelle à l´égard de quelques adolescents, âgés de douze à dix-sept ans, et d´un acte de sodomie avec un de ceux-ci. » Le père Pierre Lévesque, signataire de la lettre, estime qu´il n´est pas « déraisonnable d´entretenir certains doutes sur [la] capacité [du père Vadeboncœur] de ne pas récidiver ». Dans un courrier du 24 février 1988, le secrétaire de Jacques Gaillot accuse réception de la lettre. Il explique, à propos du père Vadeboncœur : « Nous espérons comme vous que ce changement de climat permettra un nouveau départ, au service de l´Evangile. »

Revenant sur ses précédentes déclarations, Mgr Jacques Gaillot a affirmé, vendredi 8 décembre, dans un communiqué, qu´il avait été informé du passé du prêtre québécois : « Avant de décider de l´accueil de Denis Vadeboncœur à Evreux, j´ai reçu quelques informations fragmentaires et incomplètes sur la courte détention qu´il avait subie au Québec. (…) Ce n´est que plus tard que j´ai reçu des informations plus détaillées. Néanmoins, face à sa volonté de réinsertion et en l´absence de toute critique de ses paroissiens, je n´ai pas estimé devoir revenir sur cette décision d´accueil. »
Contrairement à ce qui est reproché à l´évêque de Bayeux, Mgr Pierre Pican, mis en examen pour non-dénonciation de crime et d´atteinte sexuelle sur mineur (Le Monde du 2 février), Mgr Gaillot ne semblait en effet pas au courant des agissements reprochés au père Vadeboncœur à Lieurey. Pour autant, l´attitude des évêques français suscite l´étonnement au Québec : « Comment a-t-on pu le nommer en paroisse ? s´interroge Jacques Côté, responsable de la communication de l´archevêché de Québec. Nous avons adopté chez nous le principe de la tolérance zéro : tout prêtre soupçonné de pédophilie est aussitôt signalé à la justice. »

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Le Parisien, 19 décembre 2000, p. 16 : Nouvelle bavure dans l'affaire du curé pédophile.
Selon un chef de service d'un musée de Montréal, M. Eric V., une victime du père Vadeboncoeur, l'évêque de Dreux, Mgr David, aurait été informé, par lettre recommandée du 5 octobre 1997, de l'existence de plusieurs nouvelles victimes du curé en Haute-Normandie, une lettre restée sans effets.

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