Une arme de guerre

09 janvier 2018 : Liberté d'importuner les femmes. Moi aussi (Me Too) accusée de puritanisme protestant par certaines féministes françaises dont Catherine Deneuve (une salope) et l'ancienne pornographe Brigitte Lahaie (une jouisseuse) ; protestations LGBT de Caroline de Haas

Décembre 2011 : 5 ans, indulgence pour le repenti des "béatitudes"
Novembre 2011 : Affaire d'un mineur violeur barbare, interne dans un lycée mixte, qui récidive ; les gauches protestent contre les réactions sarkozistes.
Août 2011 : Reçu par Nicolas Sarkozy il demandait la création de «fichiers des délinquants sexuels» ; il est accusé de viols sur mineure accueillie

Novembre 2009 : Francis Evrard fait appel
Mars 2009 : Autriche, affaire Josef Fritzl, perpétuité psychiatrique ? ; France, arrestation d'un pédophile récidiviste, le "violeur des stades", affaire Halim Taguine

Avril 2008 : Autriche, violée par son père, sequestrée dans une cave pendant 24 ans, affaire Josef Fritzl
Mars 2008 : Récidive ordinaire

Octobre 2007 : affaire Hazout, le gynécologue abuse-t-il ?
Août 2007 : L'affaire Evrard, un violeur pédophile chronique
Janvier 2007 : Faux ou vrai "viol" ? L'affaire Jean-Luc Lahaye

Octobre 2006 : 27 ans pour un récidiviste, dont 18 de sureté ; affaire Quesne, condamnations sans preuves ;
Septembre 2006 : Elle avait accusé son père à tord : après les 6 ans de prison ferme de celui-ci elle fait publier sa "repentance"
Mai 2006 : 12 ans pour le "parisien" très médiatisé Robert Mégel ; l'abbé Dufour aux assises ; 18 ans pour le masseur des "stars" Thierry Chuchportich ;
Avril 2006 : Non-lieu confirmé en appel pour Johnny Hallyday ; les policiers violeurs condamnés

Octobre 2005 : Chez les "people" également ?, mais discrimination positive ... ?
Septembre 2005 : Encore des multirécidivistes. Nicolas Sarkozy pour la castration chimique.
Les magistrats protestent
Juillet 2005 : L'affaire d'Angers

Décembre 2004 : Johnny c. Eric, et réciproquement ? Enquête du fisc
Octobre 2004 : Le violeur pédophile s'évade
Septembre 2004 : Libéré sur erreur formelle le violeur récidiviste récidive violemment
Juillet 2004 : affaire Fourniret
Juin 2004 : Jeunes policiers ripoux violeurs à Saint-Denis
Mai 2004 : affaire d'Outreau : "Oui j'ai violé mes enfants deux ou trois fois par semaine"
Perpétuité et 22 ans incompressible pour un pédophile multi récidiviste
Mars 2004 : Johnny nie
Encore un récidiviste
Février 2004 : 59 délinquants sexuels en liberté en Seine-et-Marne
Janvier 2004 : Mise en examen du sénateur
Viol familial généralisé

Novembre 2003 : Explications, sa femme le défend
Septembre 2003 : Une affaire médiatique ? L'autre face ?
Mai 2003 : L'affaire Le Prince de Saint-Hilaire
L'affaire du haut magistrat, ancien président de l'USM, pédophile
Avril 2003 : L'assassin violeur en série de Jennifer arrêté

Novembre 2002 : L'assassin de Marianne arrêté
Canada, les délinquants sexuels fichés
L'assassin de Marianne en Algérie
Le violeur en série fait repentance

Octobre 2002 : Après la Ligue des droits de l'homme, le ministre contre la censure des ouvrages faisant l'apologie de la pédophilie
Septembre 2002 : Violeurs "ordinaires", tournantes chez les "sauvageons", les nouveaux barbares
De six mois à douze ans de réclusion crimininelle pour les violeurs et leurs complices : leurs avocats, leurs amis et leurs parents protestent violemment ...
Juin 2002 : Un récidiviste incarcéré
Juin 2002 : Un diplomate incarcéré

Février 2002 : affaire Cazaux

Novembre 2000 : affaire Necer
En 1985 le sieur Ali Lahcene Necer, 20 ans, est condamné à huit ans de prison pour le viol d'une femme. L'expert psychiatre note "un dysfonctionnement de son comportement sexuel assumé de façon pleine et entière".
En 1992 il est condamné à trois ans de prison pour attentat à la pudeur.
Sorti de prison le 30 mars 1995 il pratique pendant plus d'un an le viol en série sur 24 fillettes et jeunes filles de 9 à 13 ans.
Il est jugé par la cour d'Assises de Paris dans la semaine du 20 au 24 novembre 2000. L'expert psychiatre estime qu'il s'agit d'un pervers sexuel difficilement réinsérable dans la société ...
La cour d'Assises le condamne à 30 ans de réclusion criminelle dont 17 ans incompressibles. Il pourra donc être libéré à 52 ans. Son avocate avait plaidé la bonne volonté de son client qui "a évolué avec la psychothérapie qu'il suit depuis quatre ans" et qui accepte des soins "par injection d'antihormones mâles" (castration chimique).

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affaire Cazaux

Un contremaître soudeur arrêté mercredi (20 février 2002) dans le Sud-Ouest a avoué pas moins de 46 viols et agressions sexuelles depuis 1987. Il opérait essentiellement dans la région d'Hossegor, dans les Landes, et d'Arcachon, en Gironde. Les policiers le traquaient depuis sept ans.

Il s’appelle Roland Cazaux ; et ce contremaître soudeur de 43 ans, marié et père de deux enfants, a reconnu vendredi le nombre record de 46 viols et agressions sexuelles en une quinzaine d’années. Arrêté mercredi par la gendarmerie dans un petit village des Landes, il avait été écroué jeudi à la maison d'arrêt de Gradignan, en Gironde. Le même jour, il était mis en examen à Dax pour un viol, une tentative de viol, diverses agressions sexuelles et violations de domiciles, soit 16 crimes et délits commis dans la région d'Hossegor entre 1995 et 2001. Lors de son audition par le SRPJ de Bordeaux, il a également avoué être l'auteur d’une trentaine d’agressions similaires commises en Gironde depuis 1987.

Roland Cazaux a été présenté dans la soirée au juge d'instruction bordelais Françoise Gambachidzé qui l'a mis en examen dans le cadre du volet girondin de l'affaire. L'homme aurait déjà été condamné, par le passé, pour des faits qui vraisemblablement ont été amnistiés et qui concernaient des affaires de moeurs.

"Son objectif était toujours le viol"
Celui que l'on surnommait le "chat" dans les régions où il opérait, repérait ses victimes et les suivait jusqu'à leur domicile pour vérifier qu'elles vivaient bien seules. Dans les premiers années, il passait par les toits et les balcons pour pénétrer chez ses victimes. Depuis quelque temps, il avait modifié son mode opératoire en pénétrant chez elles avec de fausses clefs. Des trousseaux de clefs ont d'ailleurs été retrouvés lors de perquisitions. "Son objectif était toujours le viol", a expliqué la police. Si les choses tournaient mal ou si sa victime criait, il s'enfuyait aussitôt.

"L'enquête qui a conduit à son arrestation a débuté en 1995", a expliqué l'adjoint du groupement de gendarmerie départementale des Landes, Denis Lelaidier. "En juillet 2001, à la suite d'une quinzaine de dépôts de plaintes pour viol et agressions sexuelles sur Hossegor et sa région immédiate, nous avons créé la ‘cellule viol 40’, comprenant un pool d'une dizaine de gendarmes et c'est leur travail qui a permis de resserrer l'étau autour de cet individu".
tf1.fr, news, Mis en ligne le 23 février 2002

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Le violeur en série était un récidiviste

DEPUIS MERCREDI (12 juin 2002), Gilles S., 28 ans, est incarcéré à la maison d'arrêt du Val-d'Oise pour une série de viols commis depuis le début de l'année dans le Val-d'Oise et les Yvelines, dont un sur une fillette de 11 ans. Interpellé lundi à son domicile de Cergy (Val-d'Oise) par les gendarmes de la brigade de recherche départementale (BR), il a déjà été condamné en 1997 par la cour d'assises de Pontoise à sept ans de prison pour des faits similaires.
Le 22 avril dernier, vers 18 heures, un groupe d'enfants qui se promènent dans les rues de Courcelles-sur-Viosne dans le Vexin est abordé par un automobiliste. L'homme déclare s'être perdu. Une fillette de 11 ans accepte de monter dans sa voiture pour lui indiquer la route. Quelques secondes plus tard, le véhicule s'engage sur un petit chemin rural isolé. La jeune victime est violée et son agresseur la menace de mort si elle se décide à parler. Saisis, les enquêteurs de la BR étudient le mode opératoire du violeur, recueillent des témoignages et finissent par porter leurs soupçons sur Gilles S., un agent technique de 28 ans qui vit à Cergy à quelques kilomètres du lieu de l'agression. Gilles n'est pas un inconnu. En 1995, il est déjà « tombé » pour une série de viols commis près de la ville nouvelle de Cergy. A l'époque déjà, il avait pris l'habitude d'emmener ses victimes à bord de sa voiture en les menaçant avec un pistolet automatique. Deux fillettes et une jeune femme de 20 ans avaient alors été victimes du « violeur à l'Autobianchi » obsédé par les chevelures blondes.

Condamné en juin 1997 à sept ans de prison par la cour d'assises du Val-d'Oise, on retrouve la trace de Gilles S. dans le département de l'Eure en 2000 où il est mis en cause dans une affaire d'exhibition sexuelle. Interpellé lundi dernier, Gilles S. est passé aux aveux devant les gendarmes. Il a reconnu le viol de la fillette de 11 ans à Courcelles-sur-Viosne le 22 avril dernier, mais aussi trois autres viols commis depuis le début de l'année autour de Cergy et aux Mureaux dans les Yvelines dans des circonstances similaires. Les enquêteurs devraient poursuivre les recoupements avec d'autres dossiers impliquant cet homme qui avait l'habitude de circuler dans un véhicule utilitaire blanc ou dans une Peugeot 205 grise.
Damien Delseny, Le Parisien , samedi 15 juin 2002, p. 14.

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Agression sexuelle. Un ancien diplomate sous les verrous

C'EST DANS UNE EXTREME discrétion qu'un ancien diplomate dort depuis quatre mois à la prison de la Santé, sous le numéro d'écrou 277207. Comme le révélait hier (14 juin 2002) RTL, l'ancien consul général de France à Alexandrie, en Egypte, est soupçonné d'avoir accordé des largesses administratives à des mineurs ou à leurs proches, en échanges de faveurs sexuelles, lorsqu'il était en poste à la fin des années quatre-vingt-dix, et au-delà.
Cet ancien haut dignitaire qui approche la soixantaine, marié et père de trois enfants, a été mis en examen fin janvier pour viols par personne ayant autorité, agressions sexuelles sur mineur de 15 ans et obtention indue de documents administratifs. Le fonctionnaire n'était plus en poste lorsque l'affaire a été portée à la connaissance de la justice.
Alerté des forts soupçons qui pesaient sur l'un de ses représentants à l'étranger, le Quai d'Orsay a mené ses propres investigations, par le biais de l'inspection générale des Affaires étrangères, avant d'en avertir le parquet de Paris, le 16 janvier dernier (2002). Huit jours plus tard, une information judiciaire était ouverte conduisant à l'interpellation du présumé agresseur, de retour en France.
A son domicile parisien, les enquêteurs ont découvert un adolescent égyptien de 17 ans. Dans les rues d'Alexandrie, la nouvelle n'a pas créé de surprise. Depuis longtemps, des rumeurs circulaient sur les prétendues préférences sexuelles du consul, lui qui était particulièrement proche d'une structure accueillant les enfants en difficulté.
« Une affaire délicate et compliquée », insiste une source proche de l'enquête, certaine qu'il faudra encore de longs mois d'enquête avant que l'instruction confiée à la juge parisienne Danielle Ringot aboutisse. Seul mis en examen dans cette affaire, le dignitaire n'a peut-être pas agi seul.
Les investigations vont se poursuivre à travers la France et peut-être au-delà, puisque l'ancien consul, qui cumule les décorations et les reconnaissances nationales (chevalier de la Légion d'honneur, officier des Palmes académiques...), a occupé de nombreuses fonctions avant d'officier en Egypte. Après l'Inde, l'Ouganda, les Etats-Unis, il a notamment été chargé de cours dans une université des Alpes-Maritimes et juge assesseur dans un tribunal pour enfants d'Ile-de-France.
Carole Sterlé (Avec Tangi Salaün, au Caire, et C.D.), Le Parisien , samedi 15 juin 2002, p. 14.

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Un long calvaire et le deni des violeurs
Procès, après un hiver de «tournantes» à Argenteuil.

Violée, séquestrée, frappée, obligée de «sucer» des garçons du quartier de la Dalle à Argenteuil et de subir des sodomies, Leïla (1) n'avait que 15 ans à l'époque de ces «tournantes» orchestrées par une «meuf» de la cité. La victime, qui a maintenant 18 ans, a affronté hier ses vingt agresseurs à la cour d'assises des mineurs du Val-d'Oise dans le secret d'un procès à huis clos qui dure deux semaines.

Après quatre séries d'agressions sexuelles entre la mi-décembre 1998 et la fin janvier 1999, Leïla a fini par tout dénoncer et fuir la France. Elle revient, protégée de ceux qui l'ont salie par des hommes en uniforme. Son avocat, Pierre-Olivier Sur, souligne le «paradoxe de la loi du 15 juin 2000». Ce texte «permet aux accusés de comparaître libres, de ne plus se constituer prisonniers la veille de l'audience». Mais «pour éviter que tout le monde se retrouve sur le trottoir devant le tribunal, c'est ma petite victime qui doit arriver une heure à l'avance sous escorte policière et se retrouver dans la souricière». Le passage d'habitude réservé aux accusés qui viennent de la prison.

Face à Leïla, dix-huit garçons jugés pour «viols en réunion» et deux filles pour «complicité», tous dans la dénégation. Au début du procès, Me Jean Chevais a demandé à se constituer partie civile pour l'association l'Enfant bleu, au grand dam de l'avocat de la défense. Me Sur a fustigé l'attitude de son confrère, cet «ouvrier de la dernière heure» qui n'a même pas sollicité l'accord de la victime : «Il n'a jamais rien fait, ni à titre procédural, ni au plan psychologique.»

Sous la baguette du président Jean-Michel Hayat, la cour de Pontoise a écouté la lecture éprouvante des 58 pages de l'arrêt de renvoi des vingt accusés ­ dont treize mineurs à l'époque ­ devant le tribunal pour enfants.

Ecole.
Le 14 décembre 1998, Leïla, 15 ans, qui habite alors à Montrouge (Hauts-de-Seine), a été attirée à Argenteuil par une copine pour y «récupérer sa doudoune» piquée par trois filles, les soeurs Z. et Fathia. Sur la Dalle, elle tombe dans le piège. Des garçons la séparent de force de l'amie et la conduisent dans une cave. Ils la touchent puis l'entraînent sur le dernier palier d'un immeuble, l'obligent à les «sucer». Ils continuent dans une école primaire puis la bouclent chez un «vieux».

Le lendemain, ils recommencent dans une cave, une cabane, une cage d'escalier puis une école maternelle. Là, ils sont plus violents : ils la frappent au visage, déchirent son cache-coeur et son pantalon, la sodomisent à trois reprises. Le troisième jour, ils la séquestrent encore et la traînent au tribunal pour enfants de Pontoise. Quatre garçons du groupe, plus les soeurs Z. et Fathia, y sont jugés pour une précédente agression sexuelle avec arme sur mineure. Les prévenus enferment la jeune Leïla dans les toilettes du palais de justice, l'un d'eux exige une fellation et «tape sur sa tête avec la balayette des WC». Même traitement au retour dans les toilettes du train pour Argenteuil. Le soir, Leïla finit par rentrer chez elle à Montrouge, mais «n'ose pas parler» à sa mère qui a signalé sa disparition à la police. Leïla invoque une fugue.

Même escalier.
Quelques jours plus tard, en décembre, Zora, l'aînée des soeurs Z., essaie de l'attirer à nouveau, sous le même prétexte de lui redonner son blouson, mais son entreprise tourne court grâce à l'intervention d'un grand frère. A la mi-janvier, à Paris, Leïla tombe encore sur Zora et sur des types de la Dalle qui l'embarquent pour Argenteuil, la conduisent dans la même cage d'escalier que la toute première fois.

Deux groupes se succèdent pour les fellations. Une troisième équipe la sodomise dans une cave, puis la maltraite encore dans un squat. A la fin du mois, Leïla passe la journée à Paris avec Fathia et le frère de celle-ci. Un peu paumée, et solitaire, elle accepte de les accompagner à Argenteuil, toujours pour «récupérer sa doudoune», et tombe sur un agresseur qui exige une fellation, sous peine d'appeler «la cité» en cas de refus. Leïla est emmenée au foyer de jeunes travailleurs, et là aussi violée. Un garçon l'a menacée avec un couteau et a tailladé sa doudoune.

Pendant les six semaines de viols répétés, Leïla s'est tue. A cause «des menaces de représailles de ses agresseurs si elle allait à la police», selon l'acte d'accusation, qui parle de coups de fil, menaces de mort, visites à Montrouge, et de «pression psychologique et véritable harcèlement». Cela n'a pas cessé après sa plainte, le 8 mars 1999. Lors d'une présentation derrière une vitre sans tain, un violeur a mimé pour sa victime une fessée et une gorge tranchée.

A l'issue de l'instruction, les deux filles, Zora Z. et Fathia, apparaissent comme des «intermédiaires actives», des rabatteuses qui «ramènent une salope» pour les garçons, et proposent «ses services» : «J'ai une copine de disponible prête à te sucer» ­ peut-être contre de l'argent ou du shit. Selon un suspect, Zora a voulu lui «faire un petit prix» : «Elle ramène des filles dans la cité, elle les fait travailler je crois... Elle fait jamais rien de gratuit.»

«Aucun respect».
Tout au long de l'enquête, et hier, au premier jour de leur procès, les accusés n'ont cessé de dénigrer la victime. Ils la traitent de «fille facile, nymphomane», de «pute», de «salope», de «chienne», de «suceuse» «à la chaîne» et la présentent comme «consentante». En même temps, ils admettent qu'ils ont «insisté gentiment», lui «ont pris la tête parce qu'elle avait pas trop envie de faire une fellation», lui ont donné «des claques sur les fesses». Ils disent aussi : «Elle a rien dit, elle a pas dit oui, elle l'a fait, c'est tout.» Ils se retranchent derrière les autres : «Tout le monde voulait se vider les couilles, alors les mecs se disaient : "Pourquoi pas moi ?"» Alors, Leïla s'exécutait : «Elle a fait sa tournée, c'est-à-dire qu'elle a sucé la dizaine de mecs qui étaient là.» Un violeur admet juste : «Il n'y avait aucun respect entre nous. Je l'ai perçue comme un objet sexuel.»

Me Sur voit dans ce procès «une société parallèle constituée sur la Dalle d'Argenteuil avec des repères presque tribaux, des adolescents en marge complète qui ont pris une sorte de totem sexuel». Pour Eric Plouvier, l'avocat d'un des principaux accusés, «ce sont tous des gamins en extrême difficulté, père mort ou inconnu, mais qui ont respecté la volonté de la victime de ne pas être déflorée» : Leïla, qui n'a pas subi de «pénétration vaginale», témoignera demain, face aux garçons. Elle devra affronter leur singulier «respect de sa virginité».
(1) Tous les prénoms ont été modifiés.
Libération, Par Patricia TOURANCHEAU, mardi 17 septembre 2002, p. 15

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Jusqu'à douze ans de réclusion pour les ados violeurs

LES JURÉS de la cour d'assises du Val-d'Oise ont condamné hier soir à des peines allant de six mois fermes à douze ans de réclusion criminelle dix-neuf des vingt accusés poursuivis pour des viols collectifs et complicité sur une jeune fille de 15 ans en 1998 et 1999 à Argenteuil. Seul l'un des accusés, qui avait toujours nié sa participation aux faits, a été acquitté.

Les familles des accusés indignées

Après plus de sept heures de délibéré, le président Hayat a rendu son verdict peu avant 22 h 30 dans une salle bondée et quadrillée par les forces de l'ordre. Il a résumé les réponses faites par les jurés aux cent cinq questions qui leur étaient soumises. L'une des deux jeunes filles poursuivie pour « complicité » a écouté la sentence la tête posée sur l'épaule d'un gardien de la paix chargé de la surveiller. Condamnée à six mois de prison ferme et trente mois avec sursis et mise à l'épreuve, elle est la seule à avoir quitté le palais de justice libre. L'autre accusé acquitté, qui comparaissait détenu, devrait être libéré demain. La victime, toujours sous protection policière, était aussi dans la salle.

A l'énoncé des peines, le côté gauche de la salle, où s'étaient installées les familles des accusés, plombé jusqu'alors par le silence, a soudainement explosé. Cris, insultes, rage, le président a immédiatement demandé aux forces de l'ordre de faire évacuer les lieux pour éviter tout débordement supplémentaire. Les alentours du palais de justice bénéficiaient d'ailleurs hier soir d'un dispositif de sécurité exceptionnel.

Après dix jours d'audience à huis clos, les jurés ont donc suivi à une exception près les réquisitions de l'avocat général, en déclarant dix-neuf des vingt accusés coupables de « viols en réunion et complicité ». Près de quatre ans après la série d'agressions et de viols dont avait été victime Samia, 15 ans, dans le quartier de la Dalle à Argenteuil. C'est la reconnaissance officielle de son statut de victime, face aux nombreuses dénégations de ses violeurs, dont beaucoup étaient mineurs à l'époque. Ils ont presque tous reconnu leur participation aux faits mais ont toujours maintenu que Samia était consentante.

Les peines prononcées hier soir pour ce procès, qui fut l'un des premiers à rassembler autant d'accusés dans un dossier de « tournante », sont significatives. Cinq accusés condamnés à dix ans, un à douze ans et tous les autres entre cinq et neuf ans. L'avocat général, qui avait demandé que « le message passe », a été entendu.
Damien Delseny, Le Parisien, samedi 28 septembre 2002, page 15

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Jean-Jacques Aillagon (ministre de la cul-ture dans le gouvernement Raffarin) contre toute censure dans l'affaire "Rose bonbon"

La menace d'interdiction aux mineurs du roman de Nicolas Jones-Gorlin Rose bonbon (Gallimard), mettant en scène des pédophiles, suscite de vives réactions. Le ministre de la culture et de la communication, Jean-Jacques Aillagon, exprime, dans un entretien au Monde, son opposition à une éventuelle interdiction : "Je suis, par principe, opposé à toute censure d'une œuvre littéraire. Je ne méconnais pas la dureté des textes en question. Mais je crois que l'art et la culture sont là pour explorer sans mièvrerie, sans lâcheté et sans complaisance les méandres de l'âme humaine et les ressorts de la société. C'est un destin que la littérature assume depuis son origine d'une manière qui lui est absolument propre. Plus sans doute que l'image, en effet, le mot, au moment même où il nomme la chose, la met à distance et introduit la place nécessaire à la réflexion et au jugement."

"Quelle que soit la légitimité de leur combat, que je soutiens et qui doit être celui de la société, poursuit le ministre, les associations se trompent de cible en s'attaquant à la littérature. Je crois que nous n'échapperons pas à un véritable débat de société, et je ferai tout pour que la protection des droits des créateurs et de leur liberté d'expression sorte renforcée de ce débat."

La machine est pourtant en route. Antoine Gallimard devait rencontrer Nicolas Sarkozy, samedi 5 octobre, pour présenter ses arguments, comme l'invitait à le faire une lettre recommandée du 30 septembre de la direction des libertés publiques. Cette lettre l'avertissait que Rose bonbon était "de nature à choquer les mineurs qui pourraient acquérir ou consulter l'ouvrage". Le ministère de l'intérieur doit prendre sa décision avant la fin de la semaine prochaine.

"Aucune décision n'a encore été prise, explique le ministre de la culture. Je suis en dialogue avec Nicolas Sarkozy depuis le début de cette affaire. Je comprends et je partage son souci de réprimer la pédophilie. J'ai en même temps la volonté de faire entendre mes arguments sur le statut propre et spécifique de l'œuvre d'art. Je souhaite également qu'on prenne pleinement en compte les précautions prises par Antoine Gallimard – avertissement en gros caractères sur la jaquette, film plastique enveloppant le livre – lorsqu'il a remis cet ouvrage en vente."

Dès qu'il a été saisi par la Fondation pour l'enfance sur le cas de Rose bonbon, le ministère de l'intérieur a voulu interdire la vente du livre aux mineurs, conformément à l'article 14 de la loi du 16 juillet 1949. Le 3 septembre, Jean-Jacques Aillagon écrit à Nicolas Sarkozy pour l'alerter : "Cette décision risque fort d'être interprétée et perçue comme un acte de censure, ce qui ne manquera pas, j'ai pu le vérifier, de susciter une forte réaction des éditeurs, des auteurs, des médias et d'une large fraction de l'opinion publique." Il préconisait de "laisser au juge, saisi le cas échéant par les associations, le soin de se prononcer sur le sort de l'ouvrage"ou de consulter la commission chargée de la surveillance et du contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence.

La commission – composée d'éditeurs, d'auteurs, d'associations familiales, de parlementaires – s'est réunie le 19 septembre. Treize de ses vingt-quatre membres ont estimé que Rose bonbon devait être interdit de vente aux mineurs. Sept membres étaient contre, quatre souhaitaient que le livre soit aussi interdit d'exposition et de publicité. La commission n'a pas encore statué sur le livre de Louis Skorecki Il entrerait dans la légende, paru aux éditions Léo Scheer, qui a été également signalé au ministère de l'intérieur. Saisi par plusieurs associations de défense de l'enfance, le parquet a ouvert une enquête sur les deux livres.

"Il y a l'enquête qui est en cours et puis, maintenant, l'intervention du ministre, explique Nicolas Jones-Gorlin : c'est comme si l'on avait sorti deux fusils contre mon livre. On est dans la censure, qui est à l'opposé de la pédagogie. C'est ce qui me semble le plus inquiétant. Il faut expliquer ce qu'est la pédophilie, pas censurer. Je n'ai pas fait d'apologie, mais plutôt une critique. J'ai conscience que mon livre comporte des scènes choquantes. Est-ce une raison pour l'interdire aux mineurs ?"

La Ligue des droits de l'homme a appelé "solennellement le ministère de l'intérieur à renoncer à toute mesure qui constituerait une entrave à la diffusion de cet ouvrage aux adultes". "La LDH, poursuit son président, Michel Tubiana, engage le gouvernement à modifier la loi pénale partout où cette dernière permet la censure des œuvres à raison de leur contenu, au mépris de la liberté d'expression en matière de création, afin que ni le ministère de l'intérieur ni des associations ne puissent plus se poser en censeurs."

"Toute intervention de l'Etat dans une œuvre de fiction est malvenue", explique le PDG du Seuil, Claude Cherki. Paul Otchakovsky-Laurens a reçu la même lettre en 1987, à propos d'un roman de Mathieu Lindon. Il avait obtenu le soutien du ministre de la culture, François Léotard, et le ministre de l'intérieur, Charles Pasqua, avait renoncé à son projet.
Alain Salles, LE MONDE | 05.10.02 | 10h45

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Des mesures de moins en moins appliquées

L'article 14 de la loi de 1949 interdisant la vente aux mineurs était de moins en moins appliqué pour des ouvrages de littérature générale, après les nombreuses interdictions des années 1960 et 1970, de Barbarella à Pierre Guyotat. Les derniers livres concernés sont un recueil d'histoires drôles de Carlos, paru en 1997 chez Ramsay, et deux romans érotiques, en 1995, chez l'éditrice Sabine Fournier : Les Fruits verts, de Carlo Vivari, et La Veuve et l'Orphelin, d'Esparbec. En 1987, le tribunal de Tarbes avait interdit L'Os de Dionysos, de Christian Laborde (éd. Eché). Le livre a reparu deux ans après chez Régine Desforges sans être inquiété. Plusieurs albums chez Glénat ont été interdits au début des années 1980. L'Epi monstre, de Nicolas Genka, interdit en 1962, est sorti en 1998 chez Exils, mais le ministère de l'intérieur a refusé de lever l'interdiction de vente aux mineurs.
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 06.10.02

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Les remords d’un violeur en série

"A l'époque, je ne me rendais pas compte". Lundi, au premier jour de son procès devant la cour d'assises de Paris pour de multiples viols, Didier Edom a reconnu tous les faits et a demandé pardon à ses victimes.

Même s'il ne s'en souvient pas toujours, Didier Edom reconnaît sans les expliquer clairement tous les faits pour lesquels il comparait depuis lundi devant la cour d'assises de Paris, soit 21 viols, agressions sexuelles ou tentatives. "Tout ce que je voyais c'était une fille, une jeune fille ou une femme. Je ne choisissais pas mes victimes", a tenté d'expliquer l'accusé, 26 ans, qui montre de la bonne volonté à expliquer mais cherche ses mots, souvent en vain. "A l'époque, je ne me rendais pas compte. Je ne me rendais pas compte des conséquences de mes actes", déclare-t-il, en demandant "pardon".

Sur les bancs des parties civiles ou du public, les victimes ont les yeux rouges, certaines ont éclaté en sanglots dès l'entrée du jeune homme dans le box des accusés. Dans la salle, l’une d’elles, Julie, regarde fixement la cour, pas son agresseur. Parfois elle tremble ou ferme ses yeux clairs comme pour s'échapper de cette enceinte. Elle avait 13 ans et demi quand elle a été entraînée, "le couteau sous la gorge", dans le local poubelle de son immeuble par un homme qui s'était engouffré en même temps qu'elle à l'entrée du bâtiment. Puis elle vient à la barre. Cheveux courts coiffés en pétard, elle explique que ces faits sont aujourd'hui "un élément constitutif de (sa) personnalité". "En bien ou en mal", elle ne sait pas.

"Pulsions incontrôlables"

Sophie, tout juste 16 ans aujourd'hui, reconnaît avoir "eu de la chance". "Pas violée, ni rien", confie l'adolescente qui avait 11 ans au moment de la tentative d'agression dont elle a été victime. "Une fillette", souligne l'avocate générale Evelyne Gosnave-Lesieur, qui a réussi à crier si fort qu'elle a fait fuir son agresseur. Elle l'a reconnu formellement après son arrestation. Lui ne se souvient pas mais ne conteste pas.

Pourquoi les cris le font-il fuir? "C'est comme si je me réveillais, comme si je me prenais une claque et que je me rendais compte que j'étais en train de commettre des actes tellement horribles", répond-il. Pourquoi des filles aussi jeunes ? "Au moment où je le faisais je ne pensais pas à ça", c'est-à-dire à l'âge des victimes, avoue-t-il. Edom parle de "pulsions", d'"envies incontrôlables". "Il s'agissait d'assouvir un besoin?", interroge l'accusation. "C'était l'impression que cela me donnait", répond l'accusé.

L'audition des enquêteurs et des victimes doit se poursuivre jusqu'à jeudi soir. La personnalité de l'accusé sera examinée vendredi avec l'audition des experts psychologues et psychiatres.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 21 octobre 2002, Mise à jour : 18 h 48

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L'assassin de Marianne en cavale en Algérie

En épluchant les appels de téléphones portables passés dans le secteur où Marianne Listoir a disparu, les enquêteurs ont retrouvé la trace de son meurtrier.

LE MEURTRIER PRÉSUMÉ de Marianne Listoir est en fuite en Algérie. Ce Franco-Algérien de 28 ans a embarqué le 24 octobre sur un vol en direction d'Alger, cinq jours après la disparition de l'étudiante de Valenciennes. Connu des services de police pour diverses affaires de moeurs, il a déjà été condamné dans des dossiers d'attentat à la pudeur, de harcèlement et de viol.
Le corps de la jeune victime, lardé de coups de couteau, a été retrouvé mardi en fin d'après-midi sur les indications de la compagne du fugitif. Toujours en garde à vue hier soir, cette femme de 25 ans devrait être déférée ce matin devant un magistrat du tribunal de grande instance de Valenciennes.

Sa compagne a « un comportement ambigu »

Pour retrouver la trace du suspect, les enquêteurs de la PJ de Lille ont travaillé sur les derniers appels téléphoniques reçus et passés par Marianne Listoir. Ils ont ainsi isolé l'endroit dans lequel la jeune femme se trouvait avant de disparaître et ont ensuite épluché les numéros de portables qui apparaissaient sur les bornes-relais du secteur. C'est en croisant cette longue liste de téléphones et celle des habitants de la région connus pour des affaires à caractère sexuel qu'ils se sont mis sur la piste de l'homme aujourd'hui recherché.
Lundi matin, lorsqu'ils se sont présentés à son domicile, ce dernier avait déjà pris la fuite à l'étranger. Sa compagne a donc permis de retrouver le cadavre de Marianne, mais son rôle précis dans l'histoire reste toujours à préciser. « Elle peut simplement avoir été informée par son compagnon, mais on peut se demander si elle n'a pas participé au transport du corps ou si elle n'a pas été impliquée directement dans l'homicide. Nous sommes en train de l'interroger à ce propos », confiait hier soir un enquêteur. « Elle a un comportement ambigu et ne nous a peut-être pas tout dit », insiste-t-il.
Interrogé sur la proximité temporelle et géographique entre le meurtre de Marianne Listoir et celui de Sophie Berkmans, une rhumatologue de Valenciennes retrouvée égorgée dans son cabinet le 7 octobre dernier, le procureur Jean-Louis Cattez a déclaré qu'il « y a des points de similitude, mais aussi des différences ». « La différence essentielle, c'est que Sophie Berkmans a été découverte en milieu fermé, dans son cabinet, alors que le corps de Marianne Listoir a été retrouvé en rase campagne. »
Une comparaison, entre l'ADN retrouvé sur les lieux du meurtre de la rhumatologue et l'empreinte génétique du fuyard, devrait prochainement permettre d'écarter ou de confirmer cette piste.
Stéphane Albouy et Franck Antson, Le Parisien , jeudi 31 octobre 2002, page 16

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Les délinquants sexuels suivis à la trace
. Les ministres de la Justice réunis à Calgary

. Réunis à Calgary, les ministres de la Justice des provinces et des territoires ont décidé de mettre sur pied un fichier national des agresseurs sexuels, pour aider les corps policiers dans leurs enquêtes. Les personnes reconnues coupables d'agression sexuelle seront désormais obligées de fournir à la police leur adresse précise et des détails sur leurs signes distinctifs, comme des tatouages, par exemple.

. Dans les 15 jours suivant leur remise en liberté, les personnes qui auront purgé une peine de prison devront informer la police de leur adresse et de tout changement de résidence. Ces personnes seront aussi tenues de se réinscrire chaque année au fichier national. Des modifications au Code criminel à cet effet seront présentées aux Communes d'ici la fin de l'année. Ottawa consacrera deux millions de dollars à l'établissement du fichier.
L'Ontario possède depuis plusieurs années son propre registre des délinquants sexuels, qui contient 5000 noms. Des représentants d'Ottawa vont tenter de déterminer la façon d'intégrer ce registre dans le fichier projeté.
Le ministre fédéral de la Justice, Martin Cauchon, a exprimé l'opinion que le fichier satisfera aux exigences de la Charte canadienne des droits et libertés et permettra de préserver l'anonymat des individus.
Radio-canada, Mise à jour le mercredi 6 novembre 2002, 22 h 27 .

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Mort de Marianne Listoir : un homme en garde à vue
Tahar Bourala, principal suspect du meurtre de Marianne Listoir, une étudiante retrouvée le 19 octobre dans un fossé de la banlieue de Valenciennes, est interrogé par le SRPJ de Lille. Il est également soupçonné du meurtre d’une rhumatologue égorgée à Valenciennes le 7 octobre.

Le meurtrier présumé de Marianne Listoir, une étudiante valenciennoise tuée à coups de couteau fin octobre, a été interpellé jeudi soir et placé en garde en vue à Lille. Tahar Bourala, un Franco-algérien de 28 ans, en fuite en Algérie depuis la fin octobre, a été interpellé jeudi soir à Orly où il était arrivé en provenance d'Alger. Avant de prendre l'avion, il s'était rendu à l'ambassade de France à Alger, qu'il avait quittée librement. Le suspect avait indiqué dans une lettre envoyée il y a plusieurs semaines à sa compagne, domiciliée dans la région de Valenciennes, qu'il comptait se rendre à l'ambassade de France "pour clamer (son) innocence".

Selon les policiers, Tahar Bourala est le suspect numéro 1 dans l'enquête sur la mort de Marianne Listoir, une étudiante de 18 ans disparue le 19 octobre et dont le corps avait été retrouvé dix jours plus tard dans un fossé de la banlieue de Valenciennes, à Marly, au bord de l'autoroute A2. Il a été placé en garde à vue dans les locaux du Service régional de la police judiciaire (SRPJ) de Lille, où il est entendu depuis vendredi matin. Mais il serait également interrogé dans le cadre d'une autre affaire, le meurtre de Sophie Berkmans, une rhumatologue de 41 ans égorgée à Valenciennes le 7 octobre.

Ces deux meurtres de femmes, intervenus à Valenciennes à deux semaines d'intervalle, présentent certaines similitudes (mort par arme blanche, pas de violence sexuelle) mais n'ont pas officiellement été liés par les enquêteurs. Ceux-ci se contentent d’indiquer pour l’instant que cette possible relation entre les deux meurtres n’est encore qu’une "hypothèse de travail". Le suspect sera présenté à un juge d'instruction de Valenciennes dans les 48 heures.
tf1.news, Mis en ligne le 29 novembre 2002

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(18 avril 2003 Jennifer) TOURS Définitivement confondu par les analyses ADN le meurtrier de Jennifer est passé aux aveux
Mis en examen pour ce crime et écroué, Patrick Ghiliazza, jusque-là inconnu des services de police, n'en était pas à son coup d'essai. Il a tout avoué vendredi soir (18 avril 2003).

Après avoir été entendu vendredi par les services de police de Tours et présenté devant le juge d'instruction, Patrick Ghiliazza, un magasinier de 30 ans, a reconnu avoir violé et tué Jennifer Dion, quinze ans et demi, en novembre dernier. Le corps de la collégienne avait été retrouvé en partie dénudé, le crâne défoncé par un objet contondant, dans un jardin ouvrier de Tours.

Extrêmement abattu et peu loquace, traversant une phase dépressive depuis des mois, selon son avocat Me Daniel Jolly, Patrick Ghiliazza semble prendre seulement aujourd'hui conscience d'avoir commis «quelque chose d'irréparable». Mis en examen pour ce crime et écroué, le jeune homme, jusque-là inconnu des services de police, n'en était pourtant pas à son coup d'essai. Il est en effet soupçonné de deux autres viols, commis le 24 mars et le 13 août 2002, ainsi que de deux agressions sexuelles sur une collégienne de 14 ans, le 7 novembre, et sur une écolière de 10 ans, le 16 novembre.

C'est une jeune femme agressée au mois de mars 2002 qui a reconnu son violeur présumé dimanche dernier: un grand brun, plutôt beau garçon, qui se promenait à cyclomoteur dans la banlieue de Tours. Les policiers, aussitôt alertés, l'ont arrêté quelques heures plus tard. Travaillant sur la même «piste locale» depuis le début de l'enquête sur le meurtre de Jennifer, les enquêteurs ont rapidement fait le rapprochement entre cet homme et plusieurs agressions commises dans un secteur situé entre les jardins ouvriers de Tours et Joué-lès-Tours.

Dans les quatre affaires pour lesquelles Patrick Ghiliazza a été mis en examen, les victimes ont en effet toutes fait état d'un même mode opératoire, d'un comportement extrêmement violent de leur agresseur, puisque celui-ci, déchaîné, les a frappées à coups redoublés, leur arrachant des cheveux. L'homme, qui paraissait plus jeune que son âge, commençait généralement par les aborder dans un endroit isolé en leur demandant l'heure. Les victimes ont par ailleurs décrit avec précision un cyclomoteur correspondant à celui de Patrick Ghiliazza. Ses traces de pneu et celles de la béquille de l'engin avaient été également retrouvées sur la terre du jardin ouvrier où le corps de Jennifer a été retrouvé. Autre élément à charge, le magasinier était porteur de cigarettes d'une marque américaine assez rare lors de son interpellation: la même que celle du mégot découvert près du corps de l'adolescente. Or, les policiers s'étaient intéressés de très près à cet indice, au point d'enquêter auprès des bureaux de tabac de la ville pour retrouver les consommateurs de cette marque et de soumettre les hommes identifiés à des prélèvements d'ADN.

Dès qu'il a été soupçonné du viol et du meurtre de Jennifer, Patrick Ghiliazza a donc fait l'objet à son tour, dès son arrestation, d'un prélèvement génétique. Son empreinte ADN, analysée par un laboratoire parisien, a confirmé les présomptions des enquêteurs. Les résultats correspondaient en effet exactement aux traces prélevées, tant sur le corps de Jennifer que sur le mégot de cigarette. Une évidence qui empêchait désormais le jeune homme de persister dans ses dénégations.
lefigaro.fr, Marie-Estelle Pech [19 avril 2003]

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(14 mai 2003) Le double visage du « Prince de Saint-Hilaire »

A NEUILLY-SUR-SEINE, on l'appelait M. Leprince, brillant chirurgien-dentiste la journée, assidu conseiller municipal UMP le soir et les week-ends. Un fils de bonne famille gâté par la vie. Elégant, le teint éternellement halé, Thierry Leprince, 42 ans, divorcé, père d'un enfant, exerçait sa profession avenue Charles-de-Gaulle dans un luxueux cabinet à quelques centaines de mètres de l'arche de la Défense.
L'adresse était connue de tous les notables de la ville. La carte de visite ressemblait à un prix d'excellence. Cet amateur de Porsche était diplômé à la clinique de Boston (Etats-Unis) et à la faculté de Paris et était passé par l'hôpital Sainte-Anne. A cette formidable réussite professionnelle s'était ajouté un engagement politique. « Il avait créé Neuilly Info-Sida, raconte un élu. A ce titre, il était intervenu au lycée Pasteur de Neuilly pour évoquer aux élèves et à leurs parents les méfaits de la drogue. » Dans le cadre de cette association, il organisait chaque année un cross dans la ville. Tout semblait réussir à cet homme, discret pour les uns, hautain pour les autres.

Les jeunes filles étaient promises à une carrière de mannequin ...

A Perpignan, au début des années quatre-vingt-dix, trois jeunes filles, aujourd'hui majeures, ont longtemps appelé le Prince de Saint-Hilaire celui qu'elles identifient formellement aujourd'hui comme étant Thierry Leprince, avant qu'il ne soit mis en examen par un juge de cette ville et écroué lundi dernier (12 mai 2003) pour viols.
Pour ces mineures, le Prince n'était pas chirurgien-dentiste mais un photographe connu du Tout-Paris, un peu plus hâbleur et un peu plus séducteur que l'homme de Neuilly. Les jeunes filles étaient promises à une carrière de mannequin sous les sunlights des studios. Une histoire qui débutait comme un conte de fées. La rencontre s'était faite grâce à Maryse, originaire de la région de Perpignan, âgée de 48 ans, mise en examen depuis pour complicité de viols.
Par l'intermédiaire d'une petite annonce, le Prince de Saint-Hilaire l'avait embauchée en tant que femme de ménage avant de nouer une relation amoureuse. Maryse racontera aux enquêteurs de la brigade des mineurs de Perpignan que son employeur dont elle ne connaissait pas « la véritable identité » l'avait rapidement invitée à se déshabiller pour des photos de charme. Le Prince n'en était pas resté là.
Il avait demandé à son mannequin amateur si elle n'avait pas dans son carnet d'adresses les noms de jeunes candidates à la gloire. Elle lui avait alors présenté sa propre fille et deux voisines dont la plus âgée avait 11 ans. Celles-ci auraient été abusées d'abord à Perpignan et auraient pris l'avion (tous frais payés par le Prince) pour subir le même sort dans un appartement des Hauts-de-Seine.
A l'âge de sa majorité, en octobre 1998, l'une des jeunes filles avait déposé plainte. Malgré le portrait-robot effectué par les policiers perpignanais, l'enquête piétinait et semblait se diriger tout droit vers le tiroir des affaires non élucidées. Nulle trace du Prince de Saint-Hilaire ni à Perpignan ni en région parisienne. Lundi 5 mai, dix ans après le dépôt de plainte, la Division nationale pour la répression aux atteintes aux personnes et aux biens (DNRAPB), cosaisie de cette affaire, frappait à la porte du domicile de « Thierry Leprince de Saint-Hilaire » à Neuilly. Une juge d'instruction de Nanterre procédait à la perquisition du cabinet du praticien. Selon une source judiciaire, des dizaines de clichés de jeunes filles dans des poses suggestives ont été retrouvés sur le disque dur de l'ordinateur de Thierry Leprince. Ces photos sont en cours d'expertise.

Les parents des victimes auraient-ils reçu de l'argent ?

A Sceaux, au 42, avenue Chérier, un résidant se souvient de la visite de policiers, il y a un peu plus d'un mois. « Ils sont venus avec une jeune femme et ont visité l'appartement où vivait Thierry Leprince », confie-t-il. « Ce propriétaire a cédé le logement le 15 juin 2000 », ajoute l'agence immobilière Foncia à Sceaux.
Le chirurgien-dentiste s'était déjà installé à Neuilly. L'instruction devra déterminer si les parents des victimes, issus d'un milieu modeste, n'ont pas reçu d'argent pour ce commerce d'enfants. Elle devra également établir l'origine de tous ces clichés de jeunes filles découverts dans le cabinet du chirurgien-dentiste. Une question risque de ne jamais être résolue si les faits sont avérés : comment cet élu respectable a-t-il pu mener une double vie pendant plus de dix ans sans que personne de son entourage ne s'en aperçoive ?
François Vignolle, Carole Sterlé, avec Cécile Beaulieu, Le Parisien, mercredi 14 mai 2003, p. 17

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(15 mai 2003) Pédophilie : un haut magistrat sur la sellette

Jeudi matin (15 mai 2003), la gendarmerie a mené une opération d'envergure dans une quarantaine de départements français. Des dizaines d'internautes pédophiles ont été appréhendés dont un magistrat de haut rang.

Des dizaines d'internautes pédophiles parmi lesquels figurent un haut magistrat ont été interpellés jeudi (15 mai 2003) dans 38 départements. Cette opération a été menée dans la matinée, au domicile ou sur le lieu de travail de ces amateurs de photos pédophiles, précise la gendarmerie.
Le gestionnaire du forum pédophile, un jeune homme de 19 ans, étudiant dans un lycée agricole, est déjà en prison. Ce dernier, a été appréhendé et incarcéré le 17 janvier à Tours. Puis les gendarmes ont réussi à identifier la soixantaine d'internautes français qui se connectaient sur ce site de photos pédophiles, mettant en scène des adolescents mais aussi de très jeunes enfants, parfois âgés d'à peine plus d'un an.

Une commission d'éthique

Michel Joubrel, agé de 49 ans, haut magistrat, adjoint au procureur général de la cour d'appel de Versailles (Yvelines) et ancien président de l'Union syndicale des magistrats (USM) a été mis en examen à Tours pour "diffusion, captation et recel" d'images pédophiles par la juge d'instruction Marie-Dominique Paolini, qui a mené l'enquête. Il a été laissé en liberté.
Le ministre de la Justice Dominique Perben a indiqué sur RTL qu'il avait saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) en vue d'une suspension provisoire du magistrat de Versailles pour son implication présumée dans cette affaire de pédophilie sur internet.
La mise en examen de Michel Joubrel qui fait suite à plusieurs dérives de magistrats, a conduit le garde des Sceaux à annoncer jeudi la mise en place d'une "commission d'éthique". "J'ai décidé de mettre en place dans les huit jours une commission d'éthique composée de personnalités incontestables et connues pour leur rigueur morale pour me faire des propositions et pour réfléchir aux règles de recrutement, de formation et de suivi tout au long de la vie professionnelle des magistrats", a annoncé le ministre.
tf1.fr, news, 15 mai 2003

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L´autre face de Johnny Hallyday

Notre collaborateur Maurice Achard publie « Souvenirs, Souvenirs... »

Après « Dactylo Rock » (1994) et « Guitare Solo » (1997), notre collaborateur Maurice Achard vient de boucler sa trilogie sur le début des années soixante en publiant chez Flammarion « Souvenirs, Souvenirs... ». La véritable histoire de l´idole naissante Johnny Hallyday. Nous avons demandé à Philippe Manoeuvre, rédacteur en chef du magazine « Rock & Folk », de se pencher sur cet ouvrage qui vient de sortir en librairie. «SOUVENIRS, Souvenirs... » est le dernier volet d´une trilogie sur le rock français écrite par Maurice Achard. De quoi s´agit--il ? Rien de moins que la résistible ascension d´un certain Jean-Philippe Smet, que nous connaissons tous mieux sous le nom de Johnny Hallyday.

Johnny ! A quelques encablures du Stade de France (5, 6 et 7 septembre), juste après les remous provoqués par l´album très mou concocté par Pascal Obispo, et alors que l´on apprend la revente de PolyGram (NDLR : Mercury, la maison de disques de Johnny Hallyday, est un label de PolyGram), l´actualité peut sembler effectivement incontournable.

Pourtant, il est ici question de toute autre chose. Tel un prestidigitateur, Maurice Achard lance plusieurs balles multicolores en l´air.
Première balle : une remarquable description de la France gaulliste des années soixante, vieillotte, mais peuplée de jeunes qui vont la secouer. Dès le 22 juin 1963, 160 000 d´entre eux déboulent place de la Nation pour écouter Johnny. Cet événement est restitué par Achard avec un luxe de détails inédits et croustillants.
Deuxième balle : une enquête rigoureuse des origines de Johnny Hallyday, bourrée de témoignages là encore inédits. Une véritable première : jamais un journaliste n´avait réussi à percer l´écran de fumée tissé par l´idole au fil des années, des interviews et des livres de souvenirs plus ou moins arrangés. Dans « Souvenirs, Souvenirs... », Achard a retrouvé les dates, les adresses exactes, les musiciens en personne.
Enfin, ce diable d´investigateur se lance (troisième balle) dans un véritable solo free-style. Prenant pour point de départ cette incroyable semaine de la mi-mars 1960 où sortent - à deux jours d´intervalle ! - le premier disque de Johnny, « T´aimer follement », et le premier film de Jean-Luc Godard, « A bout de souffle », Achard démêle un écheveau de signes et de retombées pour parvenir à une stupéfiante conclusion. Non contente d´annoncer le règne des baby-boomers, cette exaltante semaine fut, peut-être, plus importante que tout mai 68. N´en déplaise à nos petits Che Guevara reconvertis dans l´édition, le marketing et les médias.

Parvenir à faire monter ces balles en l´air puis à les faire tournoyer dans l´esprit du lecteur est un infernal privilège. Celui d´un très grand écrivain et musicologue. « Souvenirs, Souvenirs... », Editions Flammarion, 140 pages, 79 F. « Souvenirs, Souvenirs... », la véritable histoire de l´idole naissante Johnny Hallyday. (Photos Polygram.)
Philippe MANOEUVRE, leparisien.fr, Paru le : 28/05/1998

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(Septembre 2003) Les juges vont entendre Johnny Hallyday

Enquête. Les deux juges niçois qui instruisent la plainte pour viol; visant Johnny Hallyday ont décidé de le convoquer au mois de novembre (2003), pour l'entendre comme "témoin assisté". Les négociations avec son avocat ont commencé hier (24 septembre 2003) pour fixer la date.

RECEMMENT, une banque s'est ouverte devant le palais de justice de Nice. Sur chacun des panneaux publicitaires qui orne sa vitrine, les Niçois voient tous les jours un même visage, celui de Johnny Hallyday. Avant la fin de l'année, le chanteur se rendra en chair et en os à Nice pour repondre à une convocation judiciaire dans le cadre de l'enquête dans laquelle une de ses anciennes employées l'accuse de viol.

Selon nos informations, les deux magistrats en charge de ce dossier très sensible se sont réunis en fin de semaine pour définir leur stratégie et ont arrêté le principe d'une audition comme témoin assisté de Jean-Philippe Smet pour le courant du mois de novembre.

Hier, l'un des juges s'est longuement entretenu avec le nouvel avocat du chanteur pour convenir d'une date précise. En vain pour l'instant

Demandée par les parties civiles, celle-ci devrait, de toute façon rester ultra-secrète jusqu'au bout. Les juges Dorcet et Guichard, souhaitant éviter un quelconque incident, cherchent à savoir s'il faut que cette convocation ait lieu très tôt le matin, très tard le soir, dans les locaux de l'instruction ou aileurs ...

"Cet interrogatoire est dans la logique du dossier, il ne pouvait pas en être autrement », assure une source judiciaire. Le statut de témoin assisté, qui ne préwut en rien d'une possible mise en examen, pemteUla à Johnny Hallyday d'avoir accès au dossier d'instruction.

Une plainte déposée un an plus tard

Le chanteur rejette catégoriquement, depuis le début de l'affaire, l'ensemble des accusations lancées par Marie-Christine Vo. Cette hôtesse d'accueil de 34 ans, qui ne demande qu'un euro de dommage et intérets, l'accuse de l'avoir violée, dans la nuit du 28 au 29 avril 2001, sur le yacht « l'Irina » dans le port de Gennes. La jeune femme n'a quitté le bateau que quelques jours plus tard, a été examinée sommairement par un médecin qui décrit « plusieurs hématomes » et a porté plainte un an plus tard. Aujourd'hui, aucun élément tangible ne permet de savoir si Marie-Christine Vo est une victime ou une affabulatrice. Et les avocats de Johnny devraient, quoi qu'il en soit, contester la compétenœ du tribunal de Nice à enquêter sur ce dossier puisque Cannes dépend nonnalement du tribunal de Grasse. Le procureur Eric de Montgolfier a ouvert une information judiciaire en mars dernier après que la victime présumée a été la cible, à Nice œtte fois, de menaces et d'appels malveillants.

Dorénavant, c'est justement des écoutes téléphoniques qui laissent planer des doutes sur la sincérité de plusieurs témoins. « Il apparaît en effet que les déclarations faites par deux des marins présents sur le yacht cette nuit-là à la police ne coïncident pas avec leurs propos privés », precise une source proche de l'enquête. Ces deux hommes ont été entendus à une semaine d'intevalle. « Je n'ai pas tout dit à la police », explique en substance le premier à son collègue. Ils auraient ainsi « oublié » d'évoquer devant les fonctionnaires de la PJ les nombreux compliments tenus par Johhny œ soir-là à sa belle employée.

Manœuvres

"Il y avait déjà les enquêtes de détectives privés et une plainte pour subornation de témoin, déclypte une source proche du dossier. Il s'agit encore d'éléments périphériques aux accusations en elles-mêmes mais qui laissent soupçonner des manœuvres visant à étouffer quelque chose. la question est de savoir quoi... » L'ancien avocat de Johnny, Daniel Vaconsin, a, lui, été entendu il y a trois semaines après le dépôt d'une plainte par le nouveau conseil du chanteur à Paris pour « tentative le chantage et d'extorsion de fonds ». Il avait laissé entendre que des proches de la plaignante l'avaient approché en mars 2002 pour lui faire comprendre qu'aucune plainte ne serait déposée en contrepartie du versement d'une somme avoisinant les 360 000 euros. Une autre plainte pour « dénonciation calomnieuse » a été déposée par la défense de Johnny à Nice.
JULIEN DUMOND, Le Parisien, 25 septembre 2003, p. 14

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(Novembre 2003) «Je n'ai jamais violé personne»
Lors de son audition comme témoin assisté, Johnny Hallyday a nié les accusations portées contre lui par une jeune hôtesse. Nous révélons le détail de sa version de la nuit des faits présumés.

«SUR mon honneur, je peux déclarer n'avoir jamais violé la victime, ni d'ailleurs personne d'autre dans ma vie. » Cette ultime précision a été apportée spontanément par Johnny Hallyday au terme de ses trois heures d'audition dans le bureau des juges Dorcet et Guichard. Le chanteur a été entendu en qualité de témoin assisté lundi par les magistrats en charge de l'instruction ouverte en mars dernier contre X pour viol suite à la plainte d'une hôtesse ayant travaillé pour lui une première fois en 2000 puis en avril 2001.

« Elle avait été contente de travailler pour moi et moi j'avais été content d'elle », a rappelé Johnny, précisant « quand une personne travaille bien il est normal de la garder ». C'est donc le chanteur en personne qui, comme elle l'avait déclaré, a contacté Marie-Christine Vo pour lui proposer un poste sur son yacht pour une croisière fin avril 2001. Selon la jeune femme, dont le profil de victime n'a jamais été remis en cause par la justice, la star aurait abusé d'elle sur le bateau dans la nuit du 28 au 29 avril alors que plusieurs personnes se trouvaient à bord. « Dans ce type de navire, il est absolument impossible de faire le moindre bruit sans réveiller tout le monde », a expliqué Johnny aux juges, ajoutant que, pourtant, son accusatrice « parle d'une scène qui a duré plusieurs heures et qui a comporté des coups violents ».

« J'étais vaseux »

L'interprète de « Marie » a ensuite donné sa version d'une soirée pendant laquelle, selon plusieurs témoins, il aurait beaucoup bu. Arrivé à l'aéroport en compagnie de son ami photographe Daniel Angeli, Jean-Philippe Smet a indiqué avoir « peur en avion » et qu'il lui arrivait « de boire pour calmer sa peur ». « Je dirais que j'étais vaseux », a-t-il confié aux magistrats en réponse aux déclarations de son beau-père qui a souligné, lors de sa propre audition, à quel point le chanteur était ce soir-là « chaud ». « Nous avons bu un peu de vin à table comme à chaque repas puis nous sommes rentrés sur le bateau, poursuit Johnny. Nous avons dû boire un ou deux verres. »

« Par respect pour mes employés, je ne suis jamais familier envers eux »

Selon Marie-Chistine Vo, le chanteur et son ami auraient alors eu des paroles et des gestes déplacés à son égard. « C'était mon employée, et par respect pour mes employés, je ne suis jamais familier envers eux », a-t-il répondu. Sur ce point, les juges disposent d'écoutes téléphoniques troublantes. A la sortie de son audition par les enquêteurs, l'un des deux marins présents à bord cette nuit-là a contacté son collègue pour lui assurer qu'il n'avait « pas dit à la police que Johnny avait fait deux-trois avances à l'hôtesse. Si tu dis la même chose que moi c'est bien, après le reste, j'ai dit la vérité ». Ces deux marins devraient être prochainement réentendus. « Cela ne m'évoque rien », s'est défendu Johnny Hallyday.

Invité à raconter dans le détail sa nuit, le chanteur a poursuivi : « Je pense que nous avons dû nous coucher chacun dans notre cabine, peu après être revenus sur le bateau. Je suis insomniaque et je prends des somnifères. C'est le cas depuis plus de vingt ans, sinon je ne peux pas dormir. Pour les prendre, j'ai besoin d'eau mais il n'y en avait pas dans ma cabine. J'ai dû me lever et taper à la première cabine venue du côté de l'équipage. Je ne connaissais pas ce bateau. Je pense qu'elle (NDLR : Marie-Christine Vo) a dû aller chercher de l'eau. Je l'ai attendue dans le salon. Elle me l'a donnée et je suis allé me recoucher. Ensuite, je me suis endormi et je n'ai entendu aucun bruit particulier. Je me suis réveillé vers 10 heures ou 10 h 30 le lendemain. Mon épouse et celle de Daniel Angeli sont arrivées vers 11 heures. »

Autre élément troublant soumis par les juges au chanteur : l'hôtesse vient alors de recevoir, à 10 h 56 précises, un appel sur son portable d'un numéro identifié comme celui de la résidence de Marnes-la-Coquette, QG du clan Hallyday en Ile-de-France. « J'ignore qui a appelé et pourquoi », a-t-il répliqué. Johnny prend alors connaissance, « pour la première fois dans le détail », assure-t-il, de la version des faits de son ancienne employée et de ses accusations de viol. « C'est un mensonge, c'est aberrant, je me demande comment on peut oser dire de telles choses. » Jean-Philippe Smet et Marie-Christine Vo devraient être confrontés devant les juges au début de l'année 2004. Mais au vu des déclarations du chanteur, plusieurs sources proches du dossier estiment que cette audition, au terme de laquelle il n'a pas été mis en examen, a été pour lui « un tournant positif », même s'il reste des vérifications à faire.
Julien Dumond, Le Parisien, jeudi 27 novembre 2003, p. 13

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Laeticia Hallyday défend son mari

Laeticia Hallyday a passé plus de trois heures avec les juges.

ELLE y a presque passé plus de temps que son mari. Laeticia Hallyday a été entendue hier en tant que témoin pendant plus de trois heures au tribunal de grande instance de Nice par les juges Dorcet et Guichard.
Les magistrats continuent ainsi les auditions des proches du chanteur, entendu, lui, en tant que témoin assisté, lundi dernier, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en mars dernier contre X suite au dépôt d'une plainte pour « viol » visant Jean-Philippe Smet.
Marie-Christine Vo, employée comme hôtesse, accuse la rock star d'avoir abusé d'elle dans la nuit du 28 au 29 avril 2001 à bord du yacht « Irina » dans le port de Cannes alors que des marins et un ami du chanteur étaient à bord.

A ce jour, les juges ne disposent d'aucun élément formel accréditant les accusations de la jeune femme. Mais si tous les proches du chanteur s'accordent pour évacuer formellement tout écart de Johnny cette nuit-là, les versions commencent à diverger quand ils sont interrogés sur les événements périphériques de ces quelques jours.

Laeticia, visiblement abattue par la tourmente judiciaire dans laquelle se retrouve son mari, s'est dit aujourd'hui extrêmement « déçue par toute cette histoire » mais a précisé qu'elle avait beaucoup apprécié la jeune hôtesse lors d'un premier contrat effectué en septembre 2000.
« Elle avait été contente de travailler pour moi et moi j'avais été contente d'elle, tout comme mon épouse », avait d'ailleurs précisé le chanteur il y a une semaine. « Laeticia laisse entendre que c'est même elle qui a insisté pour que Marie-Christine Vo soit reprise pour la seconde croisière », explique une source proche du dossier. Entendu le 12 novembre, André Boudou, le beau-père de Johnny, avait pourtant clairement laissé entendre que Laeticia aurait préféré un steward homme alors que son mari insistait pour employer une femme.

« Les accusations de viol seront bien difficiles à prouver »

Les juges sont en revanche parvenus à résoudre un autre mystère. Mais la réponse pose d'autres questions. Lundi 24 novembre, Philippe Dorcet et Philippe Guichard avaient demandé à Jean-Philippe Smet qui avait bien pu appeler Marie-Christine Vo, à 10 h 56, au lendemain des faits qu'elle dénonce, depuis un numéro identifié comme celui de sa résidence de Marnes-la-Coquette. Le chanteur n'avait pas pu éclairer les magistrats.

C'est Laeticia qui l'a fait puisqu'elle est elle-même l'auteur de ce coup de téléphone « passé pour vérifier si l'hôtesse s'était occupée d'acheter de la nourriture pour le chien ». Sauf que Johnny a confié aux juges que son épouse était arrivée sur le bateau à 11 heures, elle qui, selon ses propres déclarations, a pris l'avion de Paris à 15 heures. « Les accusations de viol seront bien difficiles à prouver, résume une source proche du dossier. Mais il y a autour de tout cela des éléments de plus en plus troublants. »
Julien Dumond, Le Parisien, mardi 02 décembre 2003, p. 14

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(Janvier 2004) Un sénateur mis en examen

JEAN FAURE n'y a pas coupé. Accusé par la fille de son ex-maîtresse, le sénateur (UMP) de l'Isère a été mis en examen pour « viols » et « agressions sexuelles sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité » avant-hier (20 janvier 2004) par le juge parisien Philippe Jourdan. L'élu, qui a été entendu pendant une heure et demie, nie fermement ces accusations et continue à dénoncer une cabale.
Il a été laissé en liberté. Il soupçonne la mère de la plaignante d'avoir orchestré cette affaire au motif qu'il lui réclame le remboursement d'une forte somme d'argent.

Litige financier

« Cette mise en examen est le type même du non-événement », réagissent maîtres Gilles-Jean Portejoie et Jean-Yves Leborgne, conseils du parlementaire. Selon les avocats, cette étape n'est que la suite logique de l'information judiciaire ouverte fin novembre dans la foulée de la garde à vue de leur client et de sa confrontation avec la plaignante. « Il ne faut pas confondre mise en examen et déclaration de culpabilité », avertit Me Portejoie.

La plaignante, Shirley J..., aujourd'hui âgée de 23 ans, a attendu de longues années avant de révéler « sa » vérité. Courant 2003, elle a affirmé avoir été victime du sénateur et maire d'Autrans (Isère). Selon elle, tout a commencé par des fellations que l'amant de sa mère lui aurait imposées à l'âge de 4 ans.
D'après son récit, les faits se sont prolongés pendant sept ans, entre les Alpes et Paris, où Jean Faure louait un appartement. Depuis la révélation de l'affaire, l'élu fait front. « Il m'est possible de prouver qu'il s'agit d'un complot. Je fais confiance à la justice pour rétablir la vérité », déclarait-t-il après son audition à la brigade des mineurs. « Cette mise en examen ne change rien. Il reste combatif et déterminé », indique un proche.

Non seulement Jean Faure rejette catégoriquement les faits dénoncés par Shirley J..., mais il prétend pouvoir expliquer de telles accusations. Faure a vécu une histoire d'amour avec la mère de la plaignante. « Une femme qu'il avait dans la peau et pour laquelle il s'est montré très généreux », confie ce même proche.
Il a ainsi mis la main au porte-monnaie pour l'acquisition d'un institut de beauté. Mais un litige financier opposera ensuite les anciens amants, Faure réclamant depuis longtemps son dû à la mère de Shirley. Une dette aujourd'hui évaluée à 500 000 F... Le juge Jourdan, lui, cherche à savoir qui de l'élu ou de la plaignante dit vrai.
Geoffroy Tomasovitch, Le Parisien, jeudi 22 janvier 2004, p. 15

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«Il m'a fallu faire ça avec mon oncle, mes frères...»
Procès à huis clos d'une famille où le viol des enfants était généralisé.

«Non, je vous jure...» Derrière les murs de la brigade de gendarmerie de Marmande (Lot-et-Garonne), ce 11 septembre 2001, Gabriel (1), 15 ans, assure depuis des heures qu'il n'a rien à voir avec l'histoire dont on lui parle. Puis s'effondre : à propos de viol, c'est plutôt lui qui aurait à se plaindre. Son grand-père l'a forcé quand il avait 5 ans. Il violait son frère Rodolphe, aussi. Puis sa soeur Manuella. Et, de toute façon, continue-t-il, dans cette famille, tout le monde violait tout le monde. Médusés, les gendarmes écoutent plus tard Manuella leur dire ne pas se souvenir des assauts de son papy, mais de ceux de son papa. Qui l'a violée pendant dix ans et depuis qu'elle en a 2. «Il m'a fallu faire ça avec mes tantes aussi, les concubins de mes tantes, mon oncle, mes frères et mes cousins.»

Rodolphe raconte à son tour comment le grand-père avait violé devant lui son demi-frère et ses cousines. L'une d'elles, Andréa, 6 ans, n'avait que 3 mois quand le «vieux» la besognait déjà dans les toilettes de la ferme. «Il y avait la vieille aussi, la grand-mère qui se masturbait pendant qu'elle me forçait à des relations avec Gabriel ou Rodolphe», explique Yaël, la cousine de Manuella. Dans la campagne d'Allemans-du-Dropt, l'inceste se pratiquait en clan. Deux mois après les aveux de Gabriel, ils étaient neuf sous les verrous. Depuis lundi dernier et jusqu'au 7 février, ils sont jugés à huis clos aux assises du Lot-et-Garonne pour viol par ascendant, avec violence, par menace ou surprise.

«Comme une mafia».
Les experts parlent de «transmission générationnelle de l'inceste». C'est le grand-père, 74 ans, agriculteur, qui a commencé à violer ses quatre enfants. Lesquels ont à leur tour violé les leurs dès 1986, puis les ont soumis au vieux, avant de les forcer à faire ça entre eux. Le papy avait une prédilection pour la cabane à lapins. C'est là qu'il sodomisait Rodolphe et Gabriel pendant qu'eux-mêmes étaient contraints de sodomiser les bêtes. Mais cela pouvait aussi se passer à table, pendant ou après les repas, en grande réunion : les adultes faisaient d'abord l'amour entre eux, raconte ainsi Yaël. Puis les femmes venaient chercher les enfants dans l'arrière-cuisine, les déshabillaient et les amenaient aux grands. La grand-mère n'hésitait pas à tenir les bras du demi-frère de Gabriel, Sacha, alors âgé de 5 ans, pour que son époux puisse lui introduire un bâton dans l'anus. Antoinette forçait ses propres fils à lui lécher le sexe. Pour son bébé de 8 mois, cependant, elle avait soin de lui glisser des oreillers sous le dos quand le père de son concubin faisait pénétrer le bout de bois.

Tout se passe dans une ferme, isolée au bout d'un chemin qui ne ressemble à rien. L'alcool ou la «débilité mentale avérée» marquent quelques-uns, relèvent les enquêteurs. La famille fonctionnait «comme une mafia, expliquent-ils, encore abasourdis. Sous le régime du secret absolu». Gabriel souffre aujourd'hui d'avoir brisé ce secret. «Il porte la culpabilité d'avoir, par sa parole, provoqué l'incarcération de presque toute sa famille», dit un psychiatre. Mais seule «la révélation du secret» peut éviter que les victimes ne reproduisent ce qu'elles ont subi, indique-t-il. Le huis clos de ce procès pourrait donc n'être qu'un demi-remède.

Le clan se protège.
Pendant l'instruction, déjà, les enquêteurs ont noté que les mis en examen changeaient de discours d'une audition à l'autre. Ou tentaient de disculper les autres membres de la famille. Pierre, un cousin, nie tout. Il lui est arrivé, bien sûr, de se rendre chez le papy, mais seulement pour y «jouer aux cartes». Antoinette a d'abord détaillé quelques scènes, avant de conclure qu'elle avait «dit n'importe quoi» sous la pression des gendarmes. Son frère a nié à l'instruction tout ce qu'on lui reprochait, après l'avoir reconnu à deux reprises. Sa soeur a suivi la même logique, précisant d'abord avec quels gamins tel ou tel adulte s'était commis, avant de conclure qu'elle n'avait «jamais été témoin de rien». La grand-mère affirme maintenant qu'il ne s'est «rien passé». Le grand-père, qui aurait même violé son arrière-petite-fille âgée de quelques mois, dit ne plus se souvenir.

«Réalité familiale positive».
Trois semaines de procès, c'est long pour des enfants dont le plus âgé a 17 ans, note l'avocat des victimes, Me Philippe Reulet. Le silence ou les dénégations des accusés ne font qu'accroître, selon lui, le sentiment de culpabilité qui les ronge. Les onze victimes ne sont d'ailleurs pas toutes présentes au procès.

Manuella, pourtant très précise lors de l'enquête sur les relations que lui imposait son père, a bien indiqué aux gendarmes qu'elle ne voulait pas qu'on fasse «du mal à [son] papa». Elle se dit aujourd'hui prête à «faire des bêtises» pour aller rejoindre ses parents en prison. Son frère Rodolphe est lui-même décrit par les psychiatres comme «profondément marqué par l'incarcération de ses parents». Le petit cousin Paul est toujours à la recherche désespérée d'une «réalité familiale positive». Yaël ne reconnaît plus toutes les agressions qu'elle aurait pu subir de la part des membres de sa famille, aujourd'hui à la barre des accusés. Sacha, ne pouvant admettre que son père et son grand-père aient abusé de lui, est tout juste capable d'expliquer, sans plus de précisions, que d'autres membres de sa famille lui «ont fait du mal». Le cauchemar de la maison d'Allemans-du-Dropt est terminé. Celui de la dispersion en familles d'accueil et des angoisses de la culpabilité vient de commencer.
(1) Les prénoms ont été modifiés.
Libération, Par Gilbert LAVAL, lundi 26 janvier 2004

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« 59 délinquants sexuels sont en liberté sans aucun suivi »

COUP DE COLÈRE de Nicole Maestracci : alors que les premiers bracelets électroniques arrivent actuellement dans le département, la présidente du tribunal de Melun, ex-responsable de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), dénonce le manque de places en semi-liberté en Seine-et-Marne.
Elle constate par ailleurs l'insuffisance de suivi pour les délinquants sexuels pendant leur séjour en prison et à leur sortie.

La prise en charge des personnes condamnées pour crimes et délits sexuels, qui représentent 61 % des détenus du centre de Melun, vous préoccupe, pourquoi ?
Nicole Maestracci. Parce qu'en 2003, 59 détenus sont sortis de l'établissement sans aucun suivi. Les causes de cette situation sont multiples : absence de savoir-faire, déficit de coordination entre le social et le médical, crise de la psychiatrie, etc. Il est indispensable qu'on se donne les moyens de les prendre en charge. La sortie de ces personnes qui ont purgé de longues peines n'est pas suffisamment préparée, ce qui accroît le risque de récidive. Il ne sert à rien de multiplier les lois et d'allonger sans cesse les peines si nous ne sommes pas en mesure d'assurer un suivi des personnes condamnées.

Quelles solutions préconisez-vous ?
Les expériences conduites dans certains centres de détention, à Caen (Calvados) notamment, ont montré qu'il était impossible de faire mieux. A Melun, la coordination entre les psychiatres, psychologues, travailleurs sociaux, personnels pénitentiaires, magistrats, n'est pas suffisante. Il faut donc l'améliorer. L'objectif commun est de diminuer le nombre de gens qui sortent sans suivi. Plusieurs études ont démontré que les délinquants qui sortent en libération conditionnelle ont moins de chances de récidiver.

Comment peut-on assurer le suivi des jeunes confrontés dans leur enfance à des situations de grande détresse ?
De nombreux enfants confrontés à ce genre de situation sont déjà pris en charge par les juges des enfants, la protection judiciaire de la jeunesse, l'aide sociale à l'enfance ou les différentes structures de soins ou de prévention. La difficulté que pose ce suivi, c'est le fait que ces enfants victimes ont des difficultés à en parler. Il se passe beaucoup de temps avant qu'ils ne soient repérés, et donc pris en charge.

Et au niveau de la loi, l'enfant agressé ou violé est-il bien protégé ?
On a beaucoup amélioré la prise en charge des enfants victimes. Ils sont mieux écoutés tout au long de la procédure. Ils bénéficient de leur propre avocat.

Ce type d'affaires est-il en augmentation ?
Oui. Mais c'est aussi le résultat des différentes campagnes d'information qui ont incité les jeunes à parler de leurs drames. Les éducateurs, enseignants, travailleurs sociaux, familles ont été également plus attentifs aux abus sexuels intrafamiliaux. Il y a vingt ans, peu d'affaires sortaient. Les peines étaient légères et les victimes, ni suffisamment écoutées ni suffisamment prises en charge
Le Parisien, 24 février 2004, Essonne, p. VI, Propos recueillis par Gisèle le Guen

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Johnny : « Mon accusatrice se contredit tout le temps »
Confronté hier (12 mars 2004), à Nice, à celle qui l'accuse de viol, Johnny Hallyday balaye les arguments de Marie-Christine Vo. Des incohérences apparaissent dans le témoignage de cette jeune femme qui, hier, a maintenu ses déclarations.

PLANTES dans le sillage de la BMW aux vitres fumées, les fans de Johnny sont déçus. Ils n'ont même pas aperçu leur idole qui vient de quitter le palais de justice de Nice à la mi-temps de sa confrontation avec Marie-Christine Vo, qui l'accuse de viol. « Johnny est incapable de faire ça. Il sera innocenté », hurle une admiratrice du chanteur, alors que Johnny a déjà rejoint dans le plus grand secret un palace niçois.
De bonne humeur, Jean-Philippe Smet plaisante : « J'en ai marre de me lever tôt », avant de confier que la matinée s'est bien passée. « J'ai répondu aux questions des juges, des avocats de Mlle Vo. » La star indique que l'interrogatoire s'est vite concentré sur son accusatrice : « Elle se contredit tout le temps. Elle s'emmêle les pattes entre le début et la fin d'une même question. Un coup j'aurais défoncé la porte de sa cabine, un autre la porte est intacte... »

« Elle est pas mal, mais je ne lui ai jamais fait d'avances sur le bateau »

L'air peiné, le chanteur se dit désorienté par le comportement de son ex-employée. « J'ai toujours été gentil avec elle, ma femme Laetitia aussi. Je ne sais pas ce qu'elle me veut. Depuis un an, je suis, comme Laetitia, meurtri et heurté. J'en ai marre, qu'elle arrête de dire n'importe quoi, j'ai hâte que la vérité se sache. »
Puis Johnny passe en revue les mobiles possibles de cet acharnement. « Je ne comprends pas. Cette femme est-elle malade ? Est-elle mal entourée ? Une affaire d'argent ? Au départ, je sais qu'il a été demandé 3 millions de francs à mon ex-avocat... »
Si Marie-Christine Vo maintient ses graves accusations, elle ne les a pas réitérées en prenant à partie son ex-patron hier matin. « Je suis né pauvre, je ne suis pas habitué à traiter avec méchanceté les personnes à mon service, reprend Johnny. Le soir du 28 avril 2001, je regrette presque d'avoir invité Mlle Vo à dîner avec nous quand je l'entends dire que je l'aurais forcée sous peine de la virer ! »
Jean-Philippe Smet nie avoir eu des gestes déplacés envers l'hôtesse. « Elle est pas mal, concède-t-il. Mais je ne lui ai jamais fait d'avances sur le bateau. » Blessée qu'on puisse l'imaginer capable d'un viol, l'idole des jeunes insiste : « Il n'y a jamais rien eu entre nous, pas même une relation sexuelle consentie. » Malgré son ras-le-bol, Johnny avait confié plus tôt ne pas en vouloir à son accusatrice, la qualifiant avec plus de pitié que de méchanceté de « pauvre fille ».
Geoffroy Tomasovitch, Le Parisien, samedi 13 mars 2004, p. 14

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Le meurtrier présumé de Patricia aux assises
JEAN-PAUL LECONTE, 37 ans, délinquant sexuel récidiviste, devra répondre devant une cour d'assises du viol et du meurtre de Patricia Leclercq, 19 ans. Le cadavre de cette jeune fille, employée au restaurant McDonald's d'Albert, dans la Somme, avait été retrouvé dans un champ dans l'après-midi du 8 juillet 2002.
S'appuyant sur une expertise génétique qui démontre que des taches de sperme et de sang retrouvées sur le corps de victime appartiennent à Leconte, Corinne Desmazières-Vue, juge d'instruction au tribunal de Péronne, a délivré le 3 mars (2004) l'ordonnance de mise en accusation de cet homme au profil très inquiétant.
La justice s'estime donc en mesure de résoudre l'un des trois crimes qui avaient créé la psychose au cours de l'année 2002 en Picardie. La série avait commencé le 12 janvier 2002 avec la mise à mort, dans un champ, près de Péronne, d'une banquière de 24 ans, Elodie Kulik. A cette date, Jean-Paul Leconte était emprisonné au centre de détention de Bapaume, ce qui le met a priori hors de cause.
Le meurtre de Patricia Leclercq survenait six mois plus tard. Il était suivi, le 21 août 2002 à Villers-Bretonneux, près d'Amiens, par celui de Christelle Dubuisson, 18 ans. L'ordonnance de mise en accusation de Jean-Paul Leconte permet de résoudre un pan du mystère. Elle présente le mis en examen comme un « prédateur » solitaire, désoeuvré et obsédé par les femmes.

« Il est insensible à la souffrance des autres »

Le parcours de cet homme né le 4 avril 1966 à Amiens et élevé par sa grand-mère, Catherine S., ressemble à une lente dérive. Enfant « non dépourvu de capacités intellectuelles mais indiscipliné, voire agressif et violent », selon la juge d'instruction, il quitte l'école dès l'adolescence, avec en poche un CAP de mécanicien-tourneur, profession qu'il n'exercera jamais.
Le 5 février 1988, à l'âge de 22 ans, il est condamné à deux ans de prison pour « attentat à la pudeur commis avec violence ou surprise sous la menace d'une arme ». Cinq ans plus tard, le 17 avril 1993, il écope de dix-sept ans de réclusion criminelle pour un viol sur une fillette de 8 ans et plusieurs agressions sexuelles sur des jeunes femmes.
Lors de ce premier procès, les experts psychiatres écrivent : « Leconte aime faire peur et humilier les femmes qu'il attaque. Il est insensible à la souffrance des autres et ne se remet pas en question. Le pronostic d'avenir de Jean-Paul Leconte demeure problématique et réservé. »
L'intéressé est remis en liberté le 4 mai 2002. Il s'installe chez sa grand-mère, à Méaulte, près d'Albert, et adopte un mode de vie oisif, décrit en quelques lignes dans l'ordonnance de mise en accusation. « L'instruction démontrait qu'à partir de juillet 2002 Jean-Paul Leconte quittait le domicile de sa grand-mère le soir vers 20 heures habillé avec un survêtement, un blouson de couleur claire et un sac à dos. Il se rendait dans une station-service à Albert où il achetait de la bière. Personne ne savait ce qu'il faisait ensuite. »
C'est au cours de ces errances dans la campagne picarde, au volant de sa Ford Scorpio noire, que Jean-Paul Leconte a croisé, selon la justice, la route de Patricia Leclercq. Après avoir nié toute implication, le mis en examen a fini par admettre qu'il « était présent sur les lieux du crime ». Selon toute probabilité, son avocat, Jean Bouly, qui n'a pu être joint hier soir, devrait faire appel de l'ordonnance du juge.
Leconte demeure également au centre de l'enquête menée sur la mort de Christelle Dubuisson. « Il reste un personnage intéressant dans cette affaire », précise Jérôme Crépin, l'avocat des parents de la jeune fille.
Frédéric Vézard, Le Parisien, samedi 13 mars 2004, p. 14

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(7 mai 2004) Prison à vie pour le «fou de Bègles», assassin du petit Larbi
A Bordeaux, Alain Diaz a été condamné, hier, à la peine maximale.

C'est un tout petit homme de 1,62 mètre. Trapu. Cheveux ras. Paupières lourdes, mains épaisses. Enfant, il dormait tout le temps. A 7 ans, on a diagnostiqué une épilepsie. «Quand j'ai une crise, mon cerveau diminue de moitié et je m'endors.» Il précise : «Je n'ai pas de soubresauts, je ne bave pas.» A l'école, il dort. «J'avais appris que 2 et 2, c'est 4, c'est tout.» Il fait «six mois de sixième», puis est placé dans une institution, début d'une longue série de placements. Aujourd'hui, à 41 ans, il prend «15 cachets par jour», des cachets «plus gros que l'ongle du pouce». Ses crises, il les connaît. «Moi, c'était pleine lune, demi-lune, lune rousse, chaque fois c'était une crise : un demi-coma et tous les cachets à prendre.» A 20 ans, on a diagnostiqué chez Diaz une démence dangereuse. Dans sa ville natale, on l'appelait «le fou de Bègles».

Alain Diaz a aujourd'hui 41 ans. La cour d'assises de Bordeaux l'a condamné, hier, à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de trente ans de sûreté ­ la peine la plus lourde. Il a été reconnu coupable du meurtre, le 4 décembre 2001, du jeune Larbi Fanousse, un Marocain âgé de 10 ans. Dans les yeux de l'enfant, il avait vu un désir de mourir. A 20 ans, Alain Diaz se disait déjà «assez doué pour deviner ce qui se passe dans la tête des gens». En février 1983, il avait entraîné sa petite amie dans la forêt et cherché à l'étrangler en lui faisant l'amour. «J'ai serré le cou. C'était une salope. Mon grand-père était décédé. Il a eu une vie exemplaire. Est-ce que je voulais lui enlever la vie pour la donner à mon grand-père ? Je ne sais pas.»

Internement.
Ce qu'il sait, c'est pourquoi il n'a pas été jugé pour cette tentative de meurtre : «Je pense que je devais être reconnu comme fou.» L'expertise psychiatrique du 24 mars 1983 relève des «anomalies mentales» et un «état de démence». Les médecins alarmistes recommandent l'internement : «Des troubles graves ne sont pas à exclure dans un avenir proche», chez ce patient qui «pourrait présenter une certaine dangerosité». Le 8 avril 1983, le procureur de la République de Bordeaux prend un réquisitoire de non-lieu. Alain Diaz est placé d'office. Et étroitement surveillé par les psychiatres. Jusqu'à un nouvel accident.

En 1995, il partage la vie d'une femme qui a un garçon de 5 ans. Un soir, il va le border. «Je lui ai dit : "Tu veux faire un jeu ?" Il m'a dit : "Oui, on va jouer au professeur. Tu veux que je te suce ?" J'ai payé pour deux», grimace-t-il. Cette fois, il est jugé : dix-huit mois de prison, dont douze avec sursis, et injonction de soins pendant trois ans. A l'hôpital psychiatrique, il rencontre une autre femme, handicapée mentale. Une fille naît en 1998. Mais les médecins veillent : «Elle est née le 2 septembre, et placée le 15», dit Diaz qui a le droit de la voir une heure par mois, et jamais seul. L'été 1999, le couple quitte Bègles pour la cité des Aubiers, à Bordeaux. Ils vivent dans la saleté, le désordre, les cris. En novembre 2001, elle finit par claquer la porte, le laissant seul.

Le 3 décembre, Diaz s'en plaint auprès de sa tutrice. Le 4, le jeune Larbi fait le tour des voisins de la cité pour vendre les billets de la tombola de l'école. En fin d'après-midi, il sonne chez Diaz. Le corps du garçon est retrouvé le 19 décembre 2001, couvert de morsures de rat. Diaz l'avait jeté nu dans une décharge, la tête enveloppée dans une combinaison où l'on a trouvé des traces de son sperme. Larbi est mort étouffé. Il n'a pas été violé. Lors de l'une de ses nombreuses et incohérentes dépositions, il a reconnu avoir éjaculé sur le corps. Aux experts psychiatres, il explique : «Son regard m'a dit "enlève-moi la vie".» «J'ai accompli la dernière volonté de cet enfant.» Dans son rapport de 2003, le professeur Pierre Moron diagnostique une «dangerosité clinique et sociale». Cet expert avertit : «Si on envisageait sa libération, la récidive serait quasiment immédiate .» Vingt ans après, le pronostic est aussi sombre qu'en 1983. Mais, cette fois-ci, les experts concluent à l'«altération du discernement», et non à son abolition qui aurait autorisé un non-lieu et, du coup, privé de procès la famille de Larbi et la cité des Aubiers.

Malaise.
Finalement, Alain Diaz a été reconnu pénalement responsable pour éviter tout incident. La cour d'assises de Bordeaux a sorti le grand jeu. Un procès de quatre jours malgré la simplicité des faits, avec présence du procureur général de la Gironde en personne, Marc Moinard, dans le rôle de l'avocat général. Le malaise n'a cependant cessé de planer. Comment interroger un accusé aux réponses absurdes ? Prendre au sérieux des dénégations incohérentes ? Le clou a été l'exposé savant d'un expert avec projections de diapositives sur trois immenses écrans, montrant slips et chaussettes sales trouvés dans l'appartement de l'accusé. Tout en continuant à disserter sur les traces de sang et de sperme, le docte expert a fait défiler des photos de palmiers, de sable et de soleil sous les tropiques. Etourderie ? Le lendemain, toujours sur les grands écrans, a été projetée une photo de la décharge où le corps de l'enfant a été retrouvé. Une main dépassait des ordures. La mère, assise au premier rang, s'est évanouie en voulant quitter la salle.
Libération, Par Brigitte VITAL-DURAND, vendredi 07 mai 2004, p. 18

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«Oui, j'ai violé mes enfants, deux ou trois fois par semaine»
Le procès pour pédophilie à Outreau
Thierry Delay, après avoir nié pendant toute l'instruction, a avoué.

Ça partait mal.
«Thierry Delay, vous êtes accusé d'avoir violé vos quatre fils de 1995 à 2000.» Lui s'ébroue dans son survêtement. OEil rond. Peu de mots, toujours les mêmes. «Me souviens pas. Sais pas.» Pendant trois ans d'instruction, Delay l'a répété aux enquêteurs. Et là, il le dit à nouveau devant la cour d'assises de Saint-Omer pour un des plus retentissants procès de pédophilie, entamé depuis une semaine.

Souvenirs.
Au premier rang, Myriam Delay, sa femme, hoche la tête. Fait les mimiques de celle qui l'avait bien dit. Mon mari ? Rien à en tirer. Depuis le début du dossier, elle a l'habitude d'être celle que la justice prend au sérieux. Quand les enfants se plaignent aux services sociaux, elle avoue tout de suite, en février 2001. Elle se flagelle. Demande pardon. Accuse des voisins de participer aussi. Trois reconnaissent. Le dossier enfle. Et si c'était un réseau ? «Ça va jusqu'en Belgique», assène Myriam. Nouvelles arrestations. Entre le mari qui parle si peu et la femme qui parle tant, c'est sur elle que le juge d'instruction va bâtir son dossier, même si 13 des 17 accusés se disent innocents. Hier, à l'audience, les choses ont commencé à tourner.

Il y a pourtant des trucs dont il peut parler, Thierry Delay. Des trucs précis, même. L'alcool par exemple, il s'en souvient bien : les bons jours, il descendait son litre de pastis et ses 12 canettes. Ou alors le prix d'une vidéo porno au sex-shop de la rue des Religieuses-Anglaises à Boulogne : 50 francs, avec «l'argent des allocs». Les enfants, justement, quand est-ce qu'ils ont été placés ? Ça, il le sait encore : février 2000. Et si Thierry ne se souvient pas de ce qu'il a fait, il se souvient en revanche de ce qu'il n'a pas fait. Myriam l'avait accusé, en prime, de prostituer leurs fils. Alors, depuis sa prison, il lui écrit : «Tu m'en as remis sur le dos. Arrête de balancer des conneries. Tu vas faire arrêter des personnes innocentes.» Puis : «Tu sais bien que tout ce que tu dis n'est pas vrai, une partie seulement.» A l'audience, le procureur Gérald Lesigne se lève. «Votre position n'est pas tenable, M. Delay. Vous êtes un homme intelligent...» Silence lourd. Long. Il ouvre la bouche. On se dit, ça y est. Et Delay : «Non, je crois pas que je suis intelligent.» Patatras.

«Putain, parle!»

Eric Dupont-Moretti est l'avocat d'une boulangère du quartier, petite femme énergique de 47 ans, qui faisait ses tournées en camionnette. Elle est accusée ­ entre autres ­ d'avoir enfoncé des baguettes «dans le derrière des enfants» Delay avant de les manger. «Vous le confirmez ?» demande Dupont-Moretti. Delay dit que non. «Elle y était pas.» Dupont-Moretti : «Si vous ne reconnaissez pas ce que vous avez fait, on ne peut pas vous croire pour les autres. Avouez donc.» Sur les bancs des accusés, notamment ceux qui nient, monte un brouhaha, quelque chose entre l'exaspération et l'espoir. «Putain, parle!» Delay tire sur son jogging. Rien n'en sort. Audience suspendue. Dans le box, quelqu'un pleure.

Quand Delay revient à la barre, la salle le regarde à peine. N'attend plus rien. Vivement Myriam. «Oui, j'ai violé mes enfants.» Sursaut. «C'était deux ou trois fois par semaine.» Les avocats se lèvent d'un bond et, les uns après les autres, viennent poser la même question à Delay : est-ce que leur client y était ? Martel, le taxi, accusé d'alimenter la filière en Belgique ? «Y était pas.» Et Legrand, ouvrier dans le bâtiment, baptisé chef de réseau ? Et son fils ? Et le mari de la boulangère ? Et l'huissier ? Et le prêtre ouvrier ? Et le voisin du dessous ? Et celui du dessus ? A chaque fois, on se demande si le couperet va tomber. Mais treize fois, Delay répond : «Y était pas.»

Seuls sont restés assis les avocats de Myriam, d'Aurélie et David Deplanque, les voisins qui ont eux aussi reconnu les viols. Le président demande : Et Aurélie ? Et David ? L'oeil est redevenu rond. Delay a baissé le rideau : «Me souviens pas. Sais plus.» Myriam, maintenant. Pas le temps de poser une question, elle démarre toute seule. En pleurs, elle reprend la liste à l'envers. «Il y avait le prêtre. Et l'huissier. Et les voisins.» Durant l'instruction, elle avait accusé une vingtaine de personnes. Des mensonges, dit-elle aujourd'hui. Et face à la cour : «J'ai fait des choses atroces mais je ne veux pas être toute seule.»
Libération, Par Florence AUBENAS, mardi 11 mai 2004, p. 18

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(25 juin 2004) Six policiers ripoux de Saint-Denis écroués

LEUR UNIFORME de police ne leur servait pas à appliquer la loi, mais leur loi. Une loi de petite vertu, faisant fi des missions régaliennes qui leur incombaient. Six policiers de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dorment depuis mercredi soir en prison, notamment à la Santé, Villepinte ou Fresnes.

A charge, un palmarès impressionnant : viols de prostituées, vols sur des vendeurs à la sauvette, infraction à la législation des stupéfiants... Agés de 24 à 29 ans, ces jeunes gardiens de la paix avaient débuté dans la police il y a quatre ans tout au plus. Malgré ce peu d'ancienneté, certains avaient déjà un dossier disciplinaire chargé.
Cette année, les soupçons ont pris une tout autre dimension lorsque d'autres policiers du commissariat ont dénoncé le racket de vendeurs à la sauvette par un groupe de gardiens de la paix. « Une enquête IGS a été sollicitée par le commissariat de Saint-Denis et la direction départementale de la sécurité publique », insiste une source proche du dossier. C'était en mars dernier.
Les faits reprochés, eux, portent sur l'été 2003. Entre juillet et septembre, l'équipe se serait livrée à des viols, vols, extorsions... à la Plaine-Saint-Denis, Aubervilliers, mais aussi au-delà de la Seine-Saint-Denis. Alors qu'ils n'étaient pas supposés franchir le périphérique, ces gardiens de la paix se seraient pourtant rendus à Paris, sur les boulevards des maréchaux, haut lieu de racolage.
Non contents d'obtenir gracieusement des faveurs sexuelles, ces jeunes policiers auraient également racketté les prostituées roumaines ou albanaises, porte de la Chapelle. Autant de griefs qu'auraient admis les suspects avant d'être écroués.

« L'abcès est crevé, c'est le soulagement. On n'a pas d'état d'âme quand on arrête des brebis galeuses »

Placés sous surveillance pendant de longs mois par les enquêteurs de l'IGS, les présumés ripoux avaient pourtant été laissés en fonction. « Une mise à pied aurait éveillé les soupçons et mis un terme à nos investigations », commente anonymement un policier. L'activité de l'IGS aurait pourtant été un secret de polichinelle. « Quand elle débarque, tout le monde est au courant, rapporte un autre fonctionnaire. Ça créait une ambiance pitoyable au commissariat, personne ne voulait tourner avec ces gardiens de la paix.

Maintenant, l'abcès est crevé, c'est le soulagement. On n'a pas d'état d'âme quand on arrête des brebis galeuses. » Une affaire dont se serait pourtant bien passée la police.
A Saint-Denis, quatre fonctionnaires de la BAC (brigade anticriminalité) étaient suspendus le 4 juillet 2003 par le directeur général de la police nationale pour « violence illégitime ». Lors d'un contrôle routier, deux mois plus tôt, ils avaient roué de coups un gardien de chantier qui a terminé sa garde à vue à l'hôpital avec un traumatisme crânien.
En novembre 2003, un brigadier et deux gardiens de la paix de ce même commissariat étaient mis en examen et écroués pour avoir frappé et volé une jeune Chinoise en juillet 2002 et enclenché contre elle une fausse procédure. Les policiers ont été confondus lors du procès en appel de leur victime.
« Il y a un manque cruel d'encadrement partout en Seine-Saint-Denis, tout le monde s'en plaint », glisse un policier.
Carole Sterlé avec Vincent Mongaillard et Blandine Seigle, Le Parisien, vendredi 25 juin 2004, p. 17

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(1er juillet 2004) Le « Dutroux français » a avoué six meurtres
Une semaine après la fin du procès du pédophile Marc Dutroux, la Belgique découvre en Michel Fourniret, le « forestier des Ardennes », un meurtrier présumé, auteur potentiel d'une dizaine d'assassinats de part et d'autre de la frontière.

Michel Fourniret, 62 ans, est soupçonné d'avoir enlevé et tué plusieurs adolescentes entre 1987 et 2001 en France et en Belgique. Parmi elles : Isabelle Laville et Natacha Danais...

«VOUS AVEZ maintenant votre Dutroux français. » La confidence vient d'un enquêteur belge à la sortie de l'audition de Michel Fourniret, qui a avoué hier le meurtre de six jeunes filles entre 1987 et 2001. Ce Français, détenu depuis juin 2003 en Belgique, a confirmé en partie les aveux faits par son épouse, Monique Fourniret, mise en examen pour « non-assistance à personne en danger » et « complicité d'assassinat » et écrouée à Dinant (Belgique).

Lors de son audition, cette ancienne visiteuse de prison a donné des « détails très troublants » sur huit enlèvements suivis de meurtres en France et un assassinat en Belgique dans lesquels serait impliqué Michel Fourniret.
« Elle a livré les prénoms des victimes, les endroits où elles avaient été tuées et souvent le mode opératoire. Soit elle était sur les lieux du drame, soit elle a recueilli les confidences de son compagnon », confie une source judiciaire belge.
« Je m'interroge sur ses déclarations, note Bernard Castaigne, l'avocat de Michel Fourniret. C'est une femme très sensible et très perturbée. » Les enquêteurs français et belges vont pouvoir rapidement vérifier s'il s'agit d'une affabulatrice.
La troisième épouse de Fourniret, surnommé le « forestier des Ardennes », a indiqué que deux jeunes filles avaient été enterrées dans le parc du château de Sautou à Donchéry (Ardennes), ancienne propriété de son époux. Il s'agit d'Elisabeth Brichet, une adolescente belge de 12 ans, disparue le 20 décembre 1999 près de Namur, et d'une autre adolescente, française, originaire du Pas-de-Calais, vue pour la dernière fois le 18 mars 1989 en gare de Charleville-Mézières. Les fouilles dans le manoir de Donchéry pourraient débuter dès aujourd'hui.
« Les parquets généraux ont prévenu toutes les familles des victimes qui ont été citées par Monique Fourniret, commente Yves Charpenel, le procureur général de Reims, Pour l'instant, nous n'avons aucun élément matériel. Il faut déterminer s'il s'agit de dossiers réels ou de meurtres imaginaires. »

Dans l'attente du résultat des tests ADN

Parmi les noms d'enfants livrés par Monique Fourniret figure, selon une source belge, celui de Natacha Danais, 13 ans, disparue le 24 novembre 1990 à Rezé et retrouvée un mois plus tard décédée sur la plage de Brem-sur-Mer (Loire-Atlantique).

Michel Fourniret, lors de son interrogatoire, n'a pas contesté les faits. Il aurait violé l'adolescente avant de la tuer et l'aurait laissée en bord de mer, selon les déclarations concordantes des époux Fourniret. Il aurait par ailleurs confirmé avoir assassiné une jeune fille à Mourmelon.
Monique Fourniret a également cité le nom d'Isabelle Laville, disparue à Auxerre (Yonne) à l'âge de 17 ans le 11 décembre 1987. « Il faut encore une fois être prudent. Il ne faut pas nourrir de faux espoirs », ajoute Yves Charpenel.

En revanche, le « Forestier des Ardennes » a nié être l'auteur des séquestrations et des assassinats commis le 16 mai 2000 à Charleville-Mézières sur Céline Saison, 18 ans, et sur Mananya Thumpong, 13 ans, le 5 mai 2001 en plein centre de Sedan.
Monique Fourniret, lors de sa garde à vue, avait imputé ces faits à son mari. « Nous attendons désormais des faits concrets. Les tests ADN pourront confirmer ou infirmer cette piste », confie Jean-Pierre Saison, le père de Céline. Après l'interpellation de Michel Fourniret le 26 juin 2003 à Ciney (Belgique), les enquêteurs ont relevé des cheveux dans sa camionnette. Des analyses génétiques ont été effectuées concernant les affaires de Céline Saison, Mananya Thumpong ainsi que pour Estelle Mouzin.
Tous ces noms de jeunes filles donnent le tournis aux enquêteurs. Les dossiers concernant des victimes françaises seront désormais traités par la justice de notre pays. Un travail de longue haleine qui pourrait mener à l'un des plus grands serial killers français.
François Vignolle, Le Parisien, jeudi 01 juillet 2004, p. 14

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(Septembre 2004)Le routard du viol avait sévi à Senlis

RAOUL BECQUEREL n'aurait jamais dû croiser la route d'Anne-Sophie, une jeune femme de 28 ans, qu'il a enlevée, séquestrée dans le coffre de sa voiture et violée le mercredi 29 septembre (2004) à Senlis (Oise).

Un viol d'une rare sauvagerie, de l'aveu même du procureur de la République, dont la victime s'était en quelque sorte « libérée » en envoyant des appels SMS depuis son téléphone portable. Becquerel, véritable routard du viol, est considéré comme un danger public.
Agé d'une trentaine d'années, déjà condamné à douze ans de réclusion criminelle, auteur avéré de plusieurs viols, il aurait dû se trouver derrière les barreaux d'une prison avant son procès fixé le 9 septembre dernier devant la cour d'assises de Gironde. Mais ce jour-là, Raoul Becquerel figurera aux abonnés absents, le procès est renvoyé.
Libéré à la fin du mois de juin de la maison d'arrêt où il se trouvait, Raoul Becquerel a en effet bénéficié d'une invraisemblable erreur judiciaire.

Le juge d'instruction chargé de suivre au plus près cette affaire n'avait pas signé l'ordonnance de prise de corps. Un document indispensable pour maintenir Becquerel en prison jusqu'au jour du procès. Dans sa cellule, Raoul Becquerel est bien loin de savoir ce qui se prépare. Il n'en croit pas ses yeux lorsqu'il est miraculeusement remis en liberté à la fin de ce mois de juin 2004. Selon certaines informations, il doit sa liberté à une décision du procureur général qui a constaté l'illégalité de sa détention.

Arrêté au cours d'un banal contrôle de gendarmerie

Même s'il doit pointer plusieurs fois par semaine au commissariat de Bordeaux, Becquerel n'a qu'une seule idée en tête : fuir cette ville pour commettre de nouveaux forfaits. Son parcours, on ne le connaît pas en dehors des viols qui sont aujourd'hui avérés. Celui d'une femme dans la nuit du 28 au 29 août près d'Angoulême. Et celui d'Anne-Sophie à Senlis, un mois après.

A chaque fois, le scénario se répète. Il repère ces femmes, s'introduit dans leurs appartements et les viole sous la menace d'un couteau. A chaque fois, il repart également en emportant la carte bancaire des victimes et d'autres objets.

A-t-il fait d'autres victimes ? On peut malheureusement le craindre. On sait simplement aujourd'hui que le périple de ce violeur en série a pris fin la semaine dernière lors d'un banal contrôle de gendarmerie sur une aire d'autoroute.
Raoul Becquerel, après avoir violé Anne-Sophie à Senlis, dormait paisiblement sur la banquette arrière d'une voiture volée. Les expertises ADN sont formelles et infaillibles. Il se trouve aujourd'hui de nouveau en prison, près d'Angoulême.

Une prison d'où il n'aurait jamais dû sortir.
Victor Fortunato, Le Parisien, 9 octobre 2004, p. 15

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Le «Gominé» alias le «Fesseur», s'évade
Il a faussé compagnie à ses gardiens lors d'une consultation dans un hôpital parisien.

Laurent Aouadj, 39 ans, alias le «Gominé» et le «Fesseur», détenu pour des braquages à la maison d'arrêt de la Santé et suspecté d'agressions sexuelles sur mineurs, s'est évadé vendredi matin d'un hôpital du XIVe arrondissement de Paris.

Extrait de prison pour une bénigne opération «d'un amas graisseux au bras», Laurent Aouadj, les mains menottées, a échappé à ses gardiens de la pénitentiaire, a sauté dans un escalier puis par une fenêtre du premier étage. Un surveillant l'a suivi et s'est cassé un poignet. Les policiers ont fouillé en vain les rues et même les égouts. Le «dangereux fesseur d'enfants» s'est fondu dans la ville.

La brigade de protection des mineurs craint le pire. Le «Gominé» est incarcéré depuis le 28 octobre 2003 pour 31 vols à main armée. Mais, trahi par son ADN prélevé sur les fesses d'un enfant dont il avait abusé, il a été confondu il y a un mois pour douze agressions sexuelles de mineurs, dont un viol.
Entre octobre 1999 et juillet 2003, ce Beur né à Vitry dans une famille «tuyau de poêle», voleur par héritage et abusé dans son enfance, aurait suivi des fillettes et des petits garçons, les aurait disputés, fessés, touchés ou pénétrés. Il aurait aussi organisé des jeux sexuels entre quatre enfants.
Il a globalement reconnu les faits lors de sa garde à vue à la brigade des mineurs le 2 septembre (Libération du 4 septembre). La juge Danièle Ringaud n'a pas pris le temps de l'entendre à son tour et de le mettre en examen.
Retourné en prison, le braqueur devenu «pointeur» (violeur) aux yeux de ses codétenus avait perdu de son aura et réclamé son isolement. Les policiers qui le recherchent espèrent que ses possibles complices se fassent rares pour l'aider.
Par Patricia TOURANCHEAU, samedi 09 octobre 2004 (Liberation - 06:00)

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AFFAIRE DU VIOL. Bras de fer entre Johnny et le procureur de Nice
Le procureur de Nice, Eric de Montgolfier, met les pieds dans le plat. Selon lui, l'enquête sur l'accusation de viol portée contre la star est loin d'être terminée.
Révoltés, le chanteur et ses proches saisissent le ministre de la Justice.

LES JUGES d'instruction en charge de l'enquête sur les accusations de viol portées contre Johnny Hallyday par une ancienne employée ont déjà, à deux reprises, signifié aux parties la fin de leurs investigations. Mais au fil des nouvelles demandes d'actes, l'affaire continue d'exister judiciairement.
Et les deux clans s'affrontent plus farouchement que jamais.

Au milieu de cette guerre faite de rumeurs et de petits ou grands secrets, l'emblématique procureur de la République de Nice tient à nouveau une place de choix.
Invité dimanche soir (12 décembre 2004) de l'émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » sur France 3, Eric de Montgolfier a vivement répondu à ceux qui croient « l'idole des jeunes » blanchie après la mise en examen de son accusatrice pour « usage de faux ».
« L'histoire n'est pas terminée », a-t-il assuré, ajoutant en substance : « Je ne crois pas que le fait qu'elle soit aujourd'hui témoin assisté, mise en cause pour les certificats médicaux, signifie qu'elle ait complètement menti. »

Des « pressions venues de très haut »

Face à ces déclarations, l'avocat de Johnny, Gilles-Jean Portejoie, dans un courrier envoyé hier au ministre de la Justice, Dominique Perben, demande l'ouverture d'« une procédure d'enquête administrative confiée à l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) ».
C'est déja l'IGSJ qui avait sérieusement épinglé le magistrat l'an dernier avant que l'histoire ne lui donne finalement raison avec, notamment, les sanctions prises contre le juge Renard.

Me Portejoie, lui, entend protester contre « l'implication surprenante » du procureur dans le cadre de l'enquête et dénonce le fait qu'il ait donné « son sentiment sur l'évolution prévisible de la procédure au mépris des dispositions du Code pénal ».
« Mon client évoque également les contrevérités manifestes que M. de Montgolfier a formulées à plusieurs reprises, poursuit l'avocat. C'est ainsi qu'il a indiqué que Marie-Christine Vo n'avait pas fait l'objet d'une mise en examen à la suite de sa garde à vue le 26 novembre dernier, mais bénéficiait du statut de témoin assisté. Ce qui est inexact. »
Comment expliquer cet amalgame venant de ce magistrat médiatique tant attaché à la précision ? « Ce n'est pas de la provocation mais une simple erreur, nous a-t-il confié hier. Ce lapsus me paraît dérisoire. Il est peut-être compliqué pour moi de gérer cette affaire où la seule mise en examen est la plaignante. »

Eric de Montgolfier, qui a déjà dénoncé des « pressions venues de très haut », enfonce le clou : « Ce dossier ne sera refermé que le jour où l'on sera assuré qu'il n'y a pas eu viol, nous n'en sommes pas à ce stade. Je vois bien que la justice a du mal à passer quand il s'agit de gens ayant dépassé un certain stade de notoriété. »

Dans sa lettre au garde des Sceaux, Me Portejoie insiste : « Cette désinformation de l'opinion apparaît à mon client aussi anormale que suspecte et ce d'autant qu'il a toujours à l'esprit la relation privilégiée entretenue par le procureur de la République et Marie-Christine Vo. »
Une allusion à des écoutes téléphoniques versées au dossier d'instruction qui suggèrent qu'Eric de Montgolfier aurait influencé la plaignante sur le choix d'un deuxième avocat. Dans ces écoutes, elle explique à son ancien petit ami qu'un journaliste l'a contactée et lui a indiqué : « Le procureur vient de m'appeler, il m'a dit : Donnez-lui ma ligne directe, qu'elle m'appelle, je lui dirai de vive voix que je souhaiterais qu'elle prenne celui-là, car l'autre, il est guère mieux. » Par la suite, Marie-Christine Vo engagera, outre Me David Rebibou, Frédéric de Baets, l'avocat personnel du procureur...

« Une fois de plus, le clan Johnny monte au créneau sur un détail, glisse une source proche du dossier. S'ils sont tellement sûrs que le chanteur sera blanchi, pourquoi toute cette agitation ? Pourquoi ces pressions ? »

« Ce dossier ne sera refermé que le jour où l'on sera assuré qu'il n'y a pas eu viol », déclare Eric de Montgolfier, interrogé sur les accusations portées contre Johnny Hallyday par Marie-Christine Vo.
Julien Dumond, Le Parisien, mercredi 15 décembre 2004, p. 14

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(Janvier 2005) Mise en examen Le beau-père de Johnny poursuivi par le fisc
ANDRE BOUDOU, le beau-père de Johnny Hallyday, a été mis en examen pour « fraudes fiscales » mardi (11 janvier) par une juge d'instruction de Béziers (Hérault). Au terme de six heures d'interrogatoire, la magistrate n'a pas requis de mandat de dépôt, comme le craignaient certains proches du chanteur. Cette information judiciaire fait suite à une plainte déposée il y a un an par l'administration fiscale.

Les impôts ont enquêté sur la discothèque Amnesia qu'André Boudou possède au Cap-d'Agde. Selon la plainte, qualifiée de « solide et étayée » par une source judiciaire, l'ancien joueur de rugby doit à l'Etat plusieurs dizaines de millions d'euros sur la période 1995-1997.
Il est fait état de double billetterie, de dissimulation de trésorerie et d'argent au noir. Les années 2000, 2001 et 2002 sont également à l'étude. L'homme d'affaires reconnaît l'existence de poursuites, rejette toutes ces accusations mais ne souhaite pas s'exprimer publiquement.

« On s'acharne sur moi »

« Cela fait trente-cinq ans qu'on le surveille, dénonce un proche. Son premier gros contrôle remonte au début des années 1990, on lui demandait 49 millions de francs et, au final, ce sont eux qui lui ont fait un chèque de 800 €. Sa société au Cap-d'Agde est la même depuis vingt et un ans, il n'a jamais déposé le bilan, toujours payé tout le monde. » Reste que, cette fois, l'administration fiscale a passé la vitesse supérieure.
André Boudou fait par ailleurs l'objet de menaces de poursuites en correctionnelle dans un autre dossier pour « opposition à un contrôle fiscal ». Hormis ces dossiers, la direction centrale s'intéresse de très près aux finances d'une autre Amnesia, une boîte de nuit bien plus médiatisée, celle de Paris, dont Hallyday est actionnaire. Plus pour très longtemps cela dit, car, comme nous le révélions hier, le chanteur et ses associés sont en train de se séparer de ce bateau ivre. Et certains d'avancer les déboires financiers de la société en guise d'explication de cette brutale séparation.
A l'époque de l'inauguration, le montage financier opaque avait suscité des interrogations car il était impossible de connaître avec précision l'origine des fonds investis dans le projet. « On s'acharne sur moi, parce que je suis le beau-père de Johnny », s'énerve Boudou auprès de ses amis. A 54 ans, son parcours est atypique. Résident américain, il dit payer ses impôts là-bas et doit à ce titre passer moins de cent quatre-vingt-trois jours dans l'Hexagone.
En France, l'homme sur lequel Johnny se repose pour grand nombre de ses choix depuis trois ans n'est pas aimé de tous. Ceux qui se sont opposés à son projet de l'Amnesia Paris ont été écartés. Et n'ont plus eu leur mot à dire quand André Boudou a persuadé son beau-fils de rompre avec sa maison de disques Universal. A la clé, un jugement alambiqué des prud'hommes qui ne satisfait personne : pas un sou pour Hallyday, qui exigeait 60 M € et une procédure d'appel repoussée au 28 février.
Julien Dumond, Le Parisien, vendredi 14 janvier 2005, p. 14

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Voile soudanais sur les viols au Darfour
Khartoum tente de minimiser l'ampleur de ces crimes, perçus comme une «arme de guerre».

Elle s'appelle Hawa et nul ne sait ce qu'elle est devenue. «Il paraît qu'elle vit dans le camp de Kalma», assure un humanitaire en poste à Nyala, la capitale du Sud-Darfour. Hawa a brièvement incarné le problème des viols devenus endémiques depuis qu'une guerre civile a éclaté au Darfour en février 2003. Au point que certaines ONG ont pu parler d'«arme de guerre» dans ce conflit qui oppose une rébellion majoritairement africaine (les tribus Four, Zaghawa et Masalit) au pouvoir central aidé par des milices tribales arabes, les Jenjawids. Fin mars donc, Hawa se présente dans la clinique du camp de Kalma tenue par une ONG occidentale. Elle dit avoir été violée aux abords du camp, comme c'est souvent le cas, par des hommes armés, policiers ou civils des tribus arabes environnantes. Un médecin et une infirmière étrangers l'examinent et confirment le viol.

Son histoire s'ébruite et parvient aux oreilles de l'Union africaine qui campe à l'entrée du camp afin de superviser la police soudanaise accusée par les déplacés des pires exactions. Deux membres de l'Amis, la Mission de l'Union africaine au Soudan, vont l'interroger. La police soudanaise, informée elle aussi par l'un de ses nombreux mouchards, vient interroger Hawa à la clinique. La jeune femme de 17 ans est arrêtée et embarquée pour Nyala où elle est placée en détention à l'hôpital. Là, les autorités font effectuer une contre-expertise par des médecins locaux, qui infirment le premier certificat.

Stratégie.
Hawa passe du statut de victime à celui de suspecte : elle est inculpée pour «faux témoignage» puis relâchée. Une plainte est déposée par les autorités contre les deux expatriés. Mais ces derniers ayant quitté le Soudan, l'affaire est enterrée. D'autant que Hawa a été conviée à témoigner des viols au Darfour avec sept autres femmes lors de la visite de Kofi Annan, fin mai, dans le camp de Kalma. L'entrevue, à huis clos, a suscité l'ire des autorités soudanaises qui ont fait pression sur un employé local de l'ONG qui avait organisé la réunion afin de savoir qui y assistait et ce qui s'y était dit. Au moins, le fait d'avoir rencontré le secrétaire général de l'ONU protège quelque peu Hawa. Mais combien de femmes, voire de fillettes, ont été ou sont encore victimes de viols, si nombreux que l'on se demande s'il ne s'agit pas de terroriser et d'humilier les populations civiles africaines suspectes de sympathies pour la rébellion.

«C'est un sujet très sensible, concède Fillipo Iarrera du Fonds des Nations unies pour la population, à Khartoum. Nous n'avons aucun moyen de mesure, aucun chiffre. Mais il semble évident qu'avec la guerre, les violences sexuelles, qui ne semblaient pas avoir court dans cette région du Soudan, ont pris des proportions inquiétantes. Quant à dire qu'il s'agit d'une stratégie délibérée du gouvernement à l'égard des populations civiles déplacées, c'est impossible à prouver.» La plupart du temps, les femmes ne se manifestent pas, de peur d'être stigmatisées au sein de leur société. Mais surtout par crainte d'être harcelées par la police qui rechigne à enregistrer les plaintes, quand elle n'inculpe pas les plaignantes pour adultère ou prostitution. Quant à la justice, elle demande des preuves voire des témoins pour sanctionner...

Les autorités soudanaises ne sont pas les seules à réfuter l'existence de viols : «C'est toute la société nordiste qui ne veut pas y croire, raconte un responsable de l'ONU. Récemment, nous avons invité sept femmes journalistes de Khartoum au Darfour pour se faire une idée par elles-mêmes. Elles sont reparties effarées par l'ampleur des viols mais pas une n'a publié un témoignage, sauf de vagues généralités.» Depuis que MSF-Hollande a jeté un pavé dans la mare en publiant début mars un rapport mentionnant le chiffre hallucinant de près de 500 viols recensés en quatre mois et demi dans le Sud et l'Ouest-Darfour, le débat est ouvert. Le gouvernement a réagi très violemment en arrêtant deux cadres de MSF pour «espionnage, publication de faux rapports et atteinte à la société soudanaise». Ils ont été relâchés depuis mais cette crise a eu pour effet de rendre les ONG et l'ONU ultra-prudentes sur la question.

A l'inverse, les déplacés sont plus loquaces depuis le rapport de MSF et ont parfois tendance à exagérer. Le cheikh Ali Abderrahman Taher, qui représente tous les chefs tribaux du camp de Kalma, où vivent plus de 120 000 déplacés, cite le chiffre de «575 viols» depuis l'ouverture du camp il y a quinze mois. Chiffre impossible à vérifier. Dans les camps, les «enfants du viol» ne sont pas tenus à l'écart par la communauté et sont donc difficiles à repérer. Tout comme les avortements clandestins.

«Cas isolés».
Le gouverneur du Sud-Darfour, Elhaj Atta el-Mannan Idriss, ne voit rien d'autre que «des cas isolés» : «Nous avons créé une commission conjointe avec l'ONU et des ONG. Depuis mars, seuls 14 cas ont été recensés pour tout le Sud-Darfour.» En fait, la commission n'a rien de conjointe : aux côtés des autorités soudanaises, l'ONU n'a qu'un rôle d'observateur. «Franchement, 14, ça me paraît ridiculement bas», s'exclame une source onusienne. Ainsi, rien qu'à Kalma, 8 cas sûrs ont été recensés en mai, 9 en juin. Une nette augmentation par rapport au début de l'année. Plus inquiétant, les viols s'accompagnent de sévices et n'épargnent plus les femmes enceintes. Vendredi, Louise Arbour, la Haut-Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, a une nouvelle fois accusé Khartoum d'être «incapable ou non désireux de mettre un terme» aux viols.
Par Christophe AYAD, samedi 30 juillet 2005 (Liberation - 06:00)

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Un violeur récidiviste présumé mis en examen à Paris et écroué

PARIS (AFP) - Un homme de 38 ans, sorti de prison en mai après avoir purgé dix ans pour viols, a été mis en examen samedi à Paris pour trois nouveaux viols et écroué, a-t-on appris de source judiciaire.
Le suspect avait été interpellé jeudi par des enquêteurs de la police judiciaire.
Déféré samedi au tribunal de grande instance de Paris, il a été mis en examen pour "viols en récidive" par la juge Anne Auclair-Rabinovitch et placé sous mandat de dépôt par un juge des libertés et de la détention, conformément aux réquisitions du parquet.

L'homme est soupçonné d'avoir violé trois jeunes femmes de 20 à 35 ans, entre juin et septembre 2005. Les faits se sont déroulés dans la rue et dans un parking dans trois arrondissements parisiens.

En 1998, il avait déjà été condamné à 16 ans de réclusion pour plusieurs viols. Incarcéré en 1995, il était sorti de prison en mai après dix ans d'incarcération.

"Cette libération anticipée était normale, compte tenu du jeu des remises de peine prévu par le code et des décrets de grâce collective", a précisé une source judiciaire, rappelant que depuis 2003, un décret écarte les violeurs des grâces collectives.

Cette nouvelle affaire de récidive présumée intervient quelques jours après celle du gardien du domaine de Gerville de Soisy-sur-Seine (Essonne), violeur récidiviste, écroué jeudi pour le viol et le meurtre d'une jeune femme de 24 ans habitant son immeuble.
Le gardien, Jean-Luc Cayez, 48 ans, est passé aux aveux. Il avait déjà été emprisonné deux fois pour viol.

"Lors des deux premières affaires, il avait été reconnu par ses victimes. Cette fois, il a tué", a affirmé le lieutenant-colonel de gendarmerie Jean-Philippe Guérin, qui a dirigé l'enquête.

En octobre 1984, Jean-Luc Cayez avait été condamné à sept ans de prison pour viol par la cour d'assises de l'Essonne. En 1991, la cour d'assises de l'Hérault lui avait infligé vingt ans de réclusion criminelle pour le viol d'une voisine.
Incarcéré à la centrale de Caen, il avait été libéré en 2002, les réductions de peines légales s'appliquant.
Le suivi socio-judiciaire, assorti d'une injonction de soins pour les délinquants sexuels, ne lui était pas applicable puisqu'il n'est prévu par la loi que depuis 1998.

L'Assemblée nationale doit examiner à la mi-octobre une proposition de loi contre la récidive, dont le texte a été durci après le meurtre en juin d'une mère de famille en Seine-et-Marne par deux hommes, dont un avait été condamné à perpétuité en 1990 pour l'assassinat d'une femme et remis en liberté conditionnelle en 2003.

Le bracelet électronique pourrait ainsi être imposé en cas de libération conditionnelle mais aussi dans le cadre d'un suivi socio-judiciaire pour les délinquants sexuels après leur peine.

Selon le texte, une libération conditionnelle ne serait possible qu'après 18 ans passés derrière les barreaux et non 15 comme aujourd'hui pour les condamnés à perpétuité. Ce "temps d'épreuve" passerait à 22 ans pour les récidivistes, sauf en cas de période de sûreté.
yahoo.fr, actualités, samedi 24 septembre 2005, 21h27

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Sarkozy pour un traitement médical des violeurs récidivistes
Avant l'examen du texte sur la récidive, le ministre de l'Intérieur souhaite que la loi puisse imposer le suivi médicamenteux des délinquants sexuels

Soigner – de force si besoin – les violeurs récidivistes : c'est le souhait avancé hier (27 septembre 2005) par Nicolas Sarkozy, à quelques jours de l'examen, à l'Assemblée, du texte de loi consacré à la lutte contre la récidive. Un dossier dont le ministre de l'Intérieur fait désormais un combat prioritaire : «Je suis bien décidé à mener ce combat jusqu'à ce que la société française se dote des moyens de tourner la page de la récidive», a-t-il affirmé hier.

Devant un parterre de près de 1 800 gendarmes et policiers, Nicolas Sarkozy a expliqué qu'il faut «sortir des tabous concernant le suivi médicamenteux» de personnes qui ne «contrôlent pas leurs pulsions». «Si l'on attend de ces individus qu'ils soient volontaires pour se soigner, on peut attendre longtemps», a-t-il lancé. «Le volontariat des criminels et des psychopathes, je ne connais pas, a ironisé le ministre, mais je connais le volontarisme d'État.»

La proposition de loi que les députés doivent examiner mi-octobre prévoit l'utilisation de «médicaments qui entraînent une baisse de la libido», selon le texte. Et cela sans même attendre l'autorisation de mise sur le marché des médicaments pour cette indication. Cette «castration chimique» n'est envisagée qu'avec le consentement de l'intéressé.

Le précédent garde des Sceaux, Dominique Perben, a lancé une étude pilotée par l'Inserm mais celle-ci n'a pas encore démarré. Si l'efficacité mécanique de ces traitements n'est pas en cause, beaucoup de spécialistes mettent en garde contre l'illusion d'une solution miracle. Selon Daniel Zaguri, psychiatre, ces médicaments ne seraient adaptés que dans 10% à 15% des cas. Les médecins soulignent également l'importance de l'adhésion du délinquant au traitement.

De leurs côtés, les juges d'application des peines mettent une nouvelle fois en avant le manque de moyens. «Je suis plusieurs personnes condamnées à une obligation de soins, et d'ailleurs désireux de se soigner, témoigne Mickaël Janas, secrétaire général de l'Association des juges d'application des peines, Ils ne bénéficient pourtant d'aucun suivi, car il y a dix mois d'attente pour consulter un psychiatre en prison. Et à la sortie, c'est à peine mieux...»

Nicolas Sarkozy a levé, hier, un autre tabou. Selon lui, la loi de 1998 devrait être rétroactive, de façon à ce que des personnes condamnées avant cette date puissent elles aussi se voir imposer un suivi socio-judiciaire. Patrick Trémeau, le violeur des parkings, avait en effet effectué, comme beaucoup de criminels, une «sortie sèche» en fin de peine, c'est-à-dire sans suivi.

Toutes ces propositions vont plus loin que le texte actuel de la chancellerie, déjà le fruit d'un compromis gouvernemental. Le ministre de la Justice, Pascal Clément, milite, lui, pour la rétroactivité d'une autre mesure : le port du bracelet électronique GPS, toujours à la sortie de prison. Les syndicats de magistrats ont affiché hier leur scepticisme sur les deux démarches, à quelques jours d'un débat qui promet d'être agité.
Laurence de Charette, lefigaro.fr [28 septembre 2005]

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(Septembre 2005) Surenchères et dérapages politiques sur la question de la récidive

Le débat sur la récidive s'enflamme. Jamais, depuis deux ans, le ministre de la justice n'a semblé aussi proche du ministre de l'intérieur : voulant imposer le futur bracelet électronique aux personnes déjà condamnées, Pascal Clément et Nicolas Sarkozy ont tous les deux appelé, mardi 27 septembre, à ne pas tenir compte du principe de non-rétroactivité des lois pénales. Pour le garde des sceaux, la lutte contre la récidive vaut que le gouvernement prenne "le risque de l'inconstitutionnalité."

"Le bracelet électronique est une peine"

Si "nul n'est censé ignorer la loi" , nul ne saurait être puni au nom d'un texte qu'il ne pouvait connaître au moment des faits : c'est le principe de la non-rétroactivité des lois. L'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme indique que "nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée" . Selon l'article 112-1 du code pénal, "sont seuls punissables les faits constitutifs d'une infraction à la date à laquelle ils ont été commis" . Le même article précise que "peuvent seules être prononcées les peines légalement applicables à la même date" . Ce principe s'applique, en matière pénale, aux lois répressives plus sévères. Dans sa décision du 2 mars 2004, le Conseil constitutionnel avait autorisé l'inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infraction sexuelle (FJAIS) des "auteurs d'infractions -sexuelles- commises avant la date de publication de la loi". Il avait estimé que cette mesure ne constituait "pas une sanction mais une mesure de police" . Qu'en serait-il du bracelet électronique mobile ? "Il s'agit d'imposer à quelqu'un une contrainte. Le bracelet est une peine", estime Dominique Rousseau, professeur de droit et membre du Conseil supérieur de la magistrature.

Sous la pression d'une succession de faits divers dramatiques, une nouvelle loi sur la récidive est en passe d'être votée, qui sera examinée en seconde lecture à l'Assemblée nationale les 12 et 13 octobre. Depuis 2003, face à la volonté de M. Sarkozy d'imposer des peines automatiques minimales aux récidivistes, ce texte d'origine parlementaire n'a cessé d'évoluer. Le bracelet électronique mobile est devenu l'une de ses mesures phares. Le gouvernement souhaite instaurer la surveillance électronique par satellite des condamnés dangereux dans le cadre du suivi socio-judiciaire.

Cette peine permet déjà au juge d'imposer un contrôle et des soins au condamné, une fois sa peine purgée. Le suivi, créé en 1998 pour les seuls agresseurs sexuels, sera étendu aux meurtriers. Dans ce cadre élargi, la chancellerie affirme que le bracelet sera une mesure de sûreté, et non une peine. Mais ce point suscite un débat chez les juristes.

"NE PAS SAISIR LE CONSEIL"

M. Clément a affirmé vouloir appliquer le bracelet aux personnes condamnées avant la future loi, prenant ainsi le risque d'inconstitutionnalité d'une telle mesure. Un amendement a déjà été adopté en ce sens par la commission des lois de l'Assemblée nationale le 6 juillet. "Les événements récents me poussent à prendre ce risque et les parlementaires avec moi. Il suffira pour eux de ne pas saisir le Conseil constitutionnel" , a lancé M. Clément, lundi, avant de renouveler ses déclarations mardi.

Ces propos ont suscité de vives réactions. Le président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, a rappelé à l'ordre le garde des sceaux : "Le respect de la Constitution est non un risque, mais un devoir" , a-t-il déclaré, mardi. Pour Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste de l'Assemblée, M. Clément "n'est pas digne d'exercer ses fonctions" .

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) s'est dite "profondément choquée" : "De tels propos bafouent les principes d'un Etat de droit." Selon le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), en "défiant les parlementaires de saisir le Conseil constitutionnel" , le ministre exerce "un chantage inadmissible à l'opinion publique" . M. Sarkozy, qui réunissait mardi policiers et gendarmes au Palais des congrès, à Paris, a, pour sa part, affirmé : "Je souhaite que l'on se pose la question de la rétroactivité du suivi socio-judiciaire pour les multirécidivistes condamnés avant 1998, comme c'est le cas dans l'affaire du violeur des parkings parisiens." Il a ajouté qu'il avait "bien l'intention" de faire de la récidive "un combat devant l'opinion publique" , assurant qu'il avait sur ce sujet l'appui de Jacques Chirac : "Sa mobilisation et notre entente sur ce sujet sont totales."

Les débats à l'Assemblée risquent d'être vifs. L'instauration du bracelet électronique, mesure coûteuse et attentatoire aux libertés, soulève de nombreuses questions : quels seront les services responsables du suivi des condamnés ? Quelle sera la durée d'une telle mesure ? Certains députés avaient réclamé vingt ans. Une mission conduite par le député (UMP) Georges Fenech a conclu, au vu de rares expériences étrangères, qu'une durée de cinq ans était le maximum supportable par les individus.

"CONSENTEMENT ÉCRIT"

M. Sarkozy a également réclamé, mardi, que l'on puisse administrer aux agresseurs sexuels, contre leur volonté, un traitement médicamenteux contre la libido. Un tel traitement figure aussi dans la proposition de loi contre la récidive, mais le texte envisage de soumettre la prescription au "consentement écrit et renouvelé" du condamné.

Plusieurs dispositions prévoient un allongement des peines pour les récidivistes. Pour eux, le nombre des sursis avec mise à l'épreuve sera désormais limité à deux. Voire à un seul, en cas d'agression sexuelle ou de violence. Le risque, pour un criminel, de récidiver est inférieur à 5 pour 1 000.

Le texte prévoit aussi que le tribunal amené à juger un récidiviste soit contraint de prononcer un mandat de dépôt à l'audience, sauf avis motivé du juge. Cette disposition heurte l'indépendance des juges et n'est pas soutenue par la chancellerie.

En revanche, le ministre de la justice a souhaité que les auteurs d'actes graves attendent plus longtemps avant de pouvoir demander une libération conditionnelle : le délai d'épreuve sera porté de quinze ans à dix-huit ans pour les condamnés à perpétuité et de quinze ans à vingt-deux ans pour les récidivistes.

L'Assemblée devra aussi se prononcer sur la proposition de M. Fenech d'instaurer des périodes de sûreté plus longues, de vingt-cinq ans. Selon les magistrats, il s'agirait plus d'un effet d'annonce que d'une garantie contre la récidive. Enfin, sur proposition de M. Sarkozy, il est prévu que les associations de victimes soient consultées par le tribunal de l'application des peines avant toute décision de libération conditionnelle.
Nathalie Guibert, Article paru dans l'édition du 29.09.05, LE MONDE | 28.09.05 | 13h30, Mis à jour le 28.09.05 | 13h41

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(Octobre 2005) Un publicitaire jugé pour agressions sexuelles sur ses filles
« Nous n'avions pas des relations de père à fille, mais d'homme à femme », dit Pierre de Plas

PIERRE DE PLAS fut, dans les années 80-90, une figure flamboyante de la publicité. Le voici en correctionnelle pour agressions sexuelles et corruption de mineures. Les victimes présumées : ses propres filles, mineures au moment des faits.

La présomption d'innocence de ce prévenu au carnet d'adresses bien rempli aura été formidablement préservée depuis la révélation de ses turpitudes supposées, fin 2001. Sa détention provisoire, le procureur François Sottet le remarque, fut de courte durée et d'une confidentialité inhabituelle : trois mois seulement, pour des actes initialement qualifiés de viols, et donc passibles des assises, « correctionnalisés » pour éviter aux deux jeunes filles « la lourdeur et la solennité » d'une audience criminelle. Pas un mot sur l'affaire durant l'instruction, bien que le mis en examen fût connu du Tout-Paris.

M. de Plas n'était pas présent, hier, devant la 15 e chambre présidée par Chantal Bertholin. Il est gravement malade et dans l'incapacité de parler, justifie son conseil, M e Pierre Haïk. Ses deux filles, elles, sont venues, accompagnées de leur mère. J. et D. ont porté leurs accusations avec constance tout au long de la procédure. La première a subi les violences sexuelles les plus lourdes. Assistées de M e Jean-Yves Le Borgne, elles ont réitéré mot pour mot, à l'audience, la mise en cause de leur père.

Dans ce genre d'affaires, quel que soit le milieu social, la situation est peu ou prou la même. Des mineurs finissent par révéler ce qu'ils ont subi. L'auteur présumé des crimes ou délits nie le plus grave, avoue ce qui, pénalement, revient le moins cher. Ses arguments sont pauvres, quand bien même l'intéressé passait pour avoir, jadis, le sens du slogan. Dans sa plaidoirie, M e Le Borgne relève quelques formules : « Nous n'avions pas des relations de père à fille, mais d'homme à femme. Il existait une véritable fusion entre nous. » « Cet aveu-là ne corrobore-t-il pas les déclarations de J. et D. ? », interroge l'avocat.

Me Haïk, lui, est en charge du sale boulot : défendre l'absent, l'homme à femmes affiché qui filmait ses multiples ébats, celui qui a obtenu plusieurs renvois considérés comme dilatoires de l'autre côté de la barre, celui qui a admis des bribes que son conseil voudrait faire passer pour des montagnes, afin de restituer quelque panache à son client. Il produit une lettre bouleversante de J. à son père, une photo de vacances, prise à une époque où la fillette affirme avoir été odieusement agressée, et sur laquelle elle sourit. L'avocat y voit l'image du bonheur ; ne peut-on pas se demander si ce n'est pas l'illustration de l'ambivalence des sentiments, aussi classiques à Outreau que dans les beaux quartiers de Paris ?

J. et D. écoutent sans s'indigner Me Haïk qui tempête. Elles ont sur le visage la belle douceur et la noble tristesse des enfants détenteurs d'une vérité qui n'est pas de leur âge.
Stéphane DURAND SOUFFLAND, Le Figaro, no. 19026, Le Figaro, mercredi 5 octobre 2005, p. 14

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lundi 10 avril 2006, 15h38 Policiers ripoux: prison ferme pour 5 ex-agents de Saint-Denis

BOBIGNY (AFP) - Deux ex-policiers de Saint-Denis ont été condamnés lundi à 4 et 3 ans de prison ferme pour "agression sexuelle" sur des prostituées et trois autres à des peines de 18 mois à 2 ans ferme pour "complicité d'agression sexuelle" par le tribunal correctionnel de Bobigny.
Le tribunal a relaxé sur l'ensemble des charges un sixième policier, Nicolas Taillard, 27 ans, renvoyé pour "vols" et "non-assistance à personne en danger" et contre lequel le procureur avait requis 12 à 18 mois d'emprisonnement.

Cette juridiction a reconnu coupables Sébastien Courant, 28 ans, et David Berouty, 30 ans, tous deux en détention provisoire depuis juin 2004, les condamnant respectivement à 5 et 4 ans d'emprisonnement dont 1 avec sursis, pour des faits commis courant 2003.
Il a également sanctionné Loïc Dewaele, 28 ans, de 3 ans de prison dont 1 avec sursis pour avoir participé aux contrôles de prostituées à la suite desquels ont été commises les agressions sexuelles, le déclarant coupable de "complicité".

Ces trois policiers ont en outre l'interdiction définitive d'exercer une fonction publique. Ils ont été également condamnés pour avoir volé des prostituées et dépouillé des vendeurs à la sauvette mais relaxés pour des vols présumés dans des camps roumains.
Un quatrième policier, Bernard Michel, 29 ans, sorti du tribunal en insultant des photographes, et un cinquième, Laurent Spies, 29 ans, ont été condamnés à 30 mois de prison, dont 12 avec sursis, pour "complicité" dans les abus sexuels commis par leurs collègues, mais relaxés pour tous les vols.
Ils ne pourront exercer de fonction publique pendant un délai de cinq ans.

Le tribunal n'ayant pas prononcé de mandat de dépôt, Dewaele, Michel et Spies ont quitté libres le tribunal en attendant que soient fixées les modalités d'exécution du restant de leurs peines. Ils ont déjà effectué de 6 à 14 mois de détention provisoire.
Seul policier à être ressorti avec le sourire, Nicolas Taillard, qui avait été écroué en juin 2004 avec ses collègues, dispose de six mois pour demander réparation des trois mois et demi passés en détention provisoire.

Enfin, en marge de l'affaire, un septième policier, Laurent Hadzamann, 31 ans, le seul à n'avoir pas été suspendu de ses fonctions, a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour avoir cosigné un faux procès verbal d'interpellation avec Dewaele.
"C'est un jugement assez nuancé mais on est quand même très surpris des décisions concernant certains gardiens de la paix", a commenté Jérôme Hanarte, secrétaire régional du syndicat des gardiens de la paix Alliance pour qui ce procès "a montré encore une fois les gros problèmes d'encadrement et de hiérarchie au sein de la police nationale".
Yahoo.fr, actualités, lundi 10 avril 2006, 15h38

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Douze ans de prison en appel pour l'ex-éducateur Robert Mégel
Un verdict plus sévère qu'en première instance. Ses avocats n'ont pas réussi à instiller le doute chez les jurés sur la véracité des viols.

Robert Mégel va rester en prison. Après sept heures de délibéré, la cour d'assises de Paris a condamné l'ancien directeur des Tournelles, un centre pour mineurs difficiles de Seine-et-Marne, à douze ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sexuelles commis sur deux ex-pensionnaires de l'établissement, Jérôme et Heddy. Un verdict conforme aux réquisitions de l'avocat général ; plus sévère que celui prononcé, en premier ressort, par la cour d'assises de Melun, en décembre 2004 (onze ans).

Jusqu'à l'énoncé de la peine, toute la salle, bondée de membres du comité de soutien de Robert Mégel, a retenu son souffle. Quand le président a prononcé le nombre d'années de prison, les «c'est dégueulasse» et les sanglots ont éclaté. Tandis que Jérôme et sa mère, arrimés côte à côte sur le banc des parties civiles depuis trois semaines, étreignaient leur avocat.

Pression.
Les plaidoiries intenses et brillantes de Mes Florand et Senyk, défenseurs de Mégel, n'auront pas réussi à instiller le doute dans l'esprit des jurés. Difficile d'effacer le fait que Robert Mégel s'est comporté comme un coupable dès que Jérôme l'a dénoncé, un soir d'avril 1997 : pression sur le gamin et sa mère ; constitution d'un dossier pour montrer que l'accusateur serait un menteur pathologique ; destruction de cahiers qui auraient pu indiquer que Jérôme se retrouvait seul, tard le soir, à l'appartement du directeur...

«Panzerdivision».
Compliqué de dissiper la désagréable impression qu'aucun membre de l'équipe n'a joué son rôle. Bien au contraire, puisqu'ils ont immédiatement pris fait et cause pour Robert Mégel. A la barre, les uns et les autres sont venus répéter qu'ils n'avaient jamais douté de l'innocence du patron des Tournelles. Alors qu'ils en avaient l'obligation professionnelle. «Une véritable panzerdivision, ces témoins tellement bien préparés qu'ils répondent aux questions avant qu'elles leur soient posées», a raillé Me Roland Poynard, avocat de Jérôme. «Des valets», a renchéri l'avocat général.

Jérôme a mis du temps à dénoncer les faits, il ne présente pas de séquelles physiques ou psychiques apparentes, il était volontaire pour aller chez Robert Mégel, a pointé la défense. «Nous n'avons jamais prétendu que les viols ont été obtenus par la violence», a plaidé Me Poynard. Il s'agissait d'une véritable relation, où Jérôme trouvait des compensations : argent de poche, statut de chouchou dans ce centre de luxe où les sorties et les voyages ne manquaient pas. Lui qui n'a pas de père, qui a été maltraité par un beau-père, trouve soudain ce «père providentiel, ce prince du château des Tournelles qui dispose d'un pouvoir considérable sur ceux qui y habitent».

Chancre.
Robert Mégel a aussi été rattrapé par son passé. Pascal fut son élève, dans les années 70. Aux jurés, il a raconté des viols dont témoigne une hospitalisation pour un chancre syphilitique à l'anus. Il avait 16 ans et revenait d'un voyage avec Mégel en Espagne. A l'époque, il avait dénoncé des «violeurs marocains», comme le lui dictait son éducateur. Aux assises de Paris, près de quarante ans plus tard, son apparition a pesé lourd.
par Jacqueline COIGNARD, QUOTIDIEN : samedi 13 mai 2006, p. 16

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(Mai 2006) L'abbé Pierre Dufour jugé pour viols
ASSISES Le vicaire épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) aurait abusé de dizaines de jeunes gens, souvent mineurs.

L'abbé Pierre Dufour, 71 ans, vicaire épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne, comparaît à partir d'aujourd'hui devant la cour d'assises de Savoie pour «viols et agressions sexuelles sur personnes vulnérables par personne ayant autorité».
Cinq hommes se sont constitués partie civile, dont un jeune prêtre. Mais l'instruction a démontré que Pierre Dufour avait laissé derrière lui des dizaines de victimes. Certaines ne pourront pas demander justice car les faits les concernant sont prescrits. D'autres ont sans doute préféré garder le silence par honte et dégoût.

L'homme d'Eglise a en effet sévi pendant près de quarante ans dans la vallée de la Maurienne, profitant de son aura de prêtre et de la confiance d'une grande partie de ses ouailles, impressionnées par son charisme et sa générosité.
Son arrestation en 2003 a d'ail leurs provoqué stupeur et incompréhension parmi la communauté catholique savoyarde.

«Un côté jour et un côté nuit»

Les premiers faits d'attouchements recensés sur des mineurs remontent à 1963.
«A la fin du catéchisme, il nous demandait de rester pour nous remettre une médaille. Il m'a touché le sexe», a ainsi expliqué une des victimes. Des enfants de choeur ont aussi subi les assauts du prêtre. L'évêque de Chambéry, Mgr Ulrich, reconnaît aujourd'hui que l'abbé Pierre Dufour s'est comporté comme «un prédateur présentant un côté jour et un côté nuit».
Avant son interpellation, le prêtre s'attaquait à de jeunes hommes en situation difficile. Il proposait de les héberger et en profitait pour assouvir ses désirs. Pour justifier les fellations et autres actes de sodomie imposés à ses victimes, il leur expliquait que cela leur permettrait «de retrouver la paix intérieure». Pour éviter d'être dénoncé, Pierre Dufour n'hésitait pas à utiliser la menace : «Il m'a dit : «Je te casserai la gueule si tu parles», a révélé un jeune homme agressé.

Le prêtre achetait également le silence de certaines de ses victimes en leur offrant de l'argent.
C'est d'ailleurs en retrouvant les traces de mandats envoyés à un SDF que les enquêteurs ont pu confondre Pierre Dufour. «C'est un des pires pervers manipulateurs que j'aie rencontrés durant toute ma carrière», estime Me Cathy Richard, avocat de la partie civile.
Le vicaire a affirmé, lui, que ses victimes étaient consentantes. Selon les experts psychiatres, l'accusé est «un homme intelligent, doté d'une personnalité perverse avec un mécanisme de déni par rapport à la gravité des faits».

«Dufour est à l'origine du suicide de mon fils»

En 1995, les parents de Sébastien avaient déjà déposé plainte contre le prêtre. Leur fils avait dénoncé l'attitude de l'abbé Dufour. En 1998, le procureur d'Albertville leur avait cependant expliqué que «l'enquête très approfondie (n'avait) pas permis d'établir que le prêtre avait commis des attouchements sur leur fils».
Entre-temps, Sébastien, jeune étudiant en médecine de 20 ans, s'est suicidé. Le drame s'est produit en 1997. Alain Gilodi, le père du jeune homme, raconte : «En 1991, Sébastien avait déjà commis une première tentative de suicide. Il nous implorait de ne pas laisser Dufour lui rendre visite.»

Dès mars 1992, les parents de Sébastien avaient écrit à Mgr Claude Feidt, à l'époque évêque de Chambéry, pour dénoncer le comportement du prêtre.
Mais l'évêque leur avait alors répondu qu'il ne croyait pas en la culpabilité de l'abbé Dufour : «Je le connais depuis trente-six ans et je travaille avec lui depuis douze ans», argumentait-il. Il invitait d'ailleurs les parents de Sébastien à rencontrer le prêtre «pour lui parler franchement» avant de conclure : «Depuis votre lettre, je prie tout spécialement pour votre fils et pour vous.»

Même si sa constitution de partie civile a été rejetée, Alain Gilodi affirme : «Dufour est à l'origine du suicide de mon fils. Il l'a détruit psychologiquement dès l'âge de 14 ans. Et la hiérarchie de l'Eglise a fermé les yeux alors qu'elle aurait pu éviter de nombreuses autres victimes.»
Une analyse rejetée par Mgr Ulrich, actuel évêque de Chambéry, arguant que, dans les années 90, «la justice n'avait rien trouvé contre Pierre Dufour».
Serge Pueyo, Le Figaro, 22 mai 2006, (Rubrique France)

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vendredi 19 mai 2006, 18h40 Dix-huit ans de réclusion pour Thierry Chichportich, le "masseur des stars"

NICE (AFP) - Les assises des Alpes-Maritimes à Nice ont condamné vendredi Thierry Chichportich, 47 ans, surnommé "le masseur des stars", à 18 ans de réclusion criminelle pour une série de viols et d'agressions sexuelles sur 13 jeunes femmes.

Les jurés ont assorti la peine d'une interdiction définitive de toute activité liée aux massages. En revanche, ils n'ont pas retenu la mesure de sûreté réclamée par l'avocat général Mario Agneta, qui avait requis 20 ans de réclusion.

Avant que les jurés se retirent pour délibérer, l'accusé avait déclaré: "Je m'excuse de m'être trompé et je ne sais pas quoi dire d'autre".

Son avocat, Me Frédéric Levy, du barreau de Nice, avait insisté sur "l'enfance terrible" de l'accusé qui aujourd'hui "éprouve un sentiment de honte" face aux victimes.

Pour la défense toujours, Me Charles Lasvergnas, du barreau de Paris, a souligné que "les impressions d'audience" laissées par l'accusé "sont mauvaises". "Il donne une image d'arrogance et d'indifférence depuis le début du procès. C'est détestable et dévastateur (...) alors qu'il y a quelque chose d'humain dans sa démarche".

Au cours de ce procès, entamé il y a neuf jours, les victimes ont fait le récit douloureux d'agressions qui ont "brisé leur vie" et laissé un "trou noir" dans leurs souvenirs.

"Depuis quatre ans, j'ai cessé de vivre, j'ai évité mes parents, restant dans le noir de mes 35 m2. Pendant que je fréquentais Chichportich, j'étais dans un état de néant", a déclaré mercredi l'une de ses accusatrices à la barre.

Entre larmes et colère, le récit de ces femmes de 30 à 40 ans a été celui d'un traumatisme aux conséquences durables. "J'ai perdu ma raison de vivre", a soutenu l'une d'elle, tandis qu'une autre a assuré "ne plus supporter qu'on la touche".

Pour attirer chez lui de jeunes femmes, Thierry Chichportich se servait de son "book" où figuraient les éloges de nombreuses stars (Emmanuelle Béart, Monica Belluci, Penelope Cruz, Carole Bouquet, Tom Cruise ou encore Sylvester Stallone) ayant fait appel à ses massages, en particulier pendant le festival de Cannes.

Celui qu'on surnommait aussi "l'homme aux doigts d'or" leur proposait une séance gratuite de massage au cours de laquelle il les violait, après leur avoir fait absorber, à leur insu, des médicaments.

Face à l'accusé, sûr de lui, qui dans un premier temps a soutenu la thèse de leur consentement, l'une d'elle a laissé éclater son ressentiment: "Chichportich, tu connais le mot +non+ ? Ce mot-là, tu ne m'as pas laissé le temps de te le dire, alors je te le dis aujourd'hui: +c'est non!+. Tu es la honte de la société !".

A l'avant-dernier jour du procès pourtant, Thierry Chichportich avait fléchi, en admettant qu'il avait "peut-être fait de mauvaises déductions à propos des femmes" et qu'il "ne les connaissait peut-être pas aussi bien qu'(il) le pensait".
Yahoo.fr, actulités, vendredi 19 mai 2006, 18h40

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21/09/2006 Justice Virginie avait accusé à tort son père de viols

«MON PÈRE a abusé de moi. »
Elle a lancé ça à une camarade, dans la cour du collège, un matin de mai 1999.
Virginie Madeira avait 14 ans. Elle voulait seulement faire son intéressante. Mais tout le monde a pris au sérieux ses accusations. Le lendemain matin, son père, Antonio, un artisan maçon de 47 ans, était placé en garde à vue.

Deux ans plus tard, il a été condamné à douze ans de réclusion criminelle pour « viols » sur sa fille.

Depuis, Virginie s'est rétractée. « J'ai menti », raconte-t-elle dans un ouvrage éponyme paru hier*. Une confession à la fois émouvante et terrifiante.

La machine judiciaire s'est emballée, rendant toute marche arrière impossible. Même quand Virginie est revenue sur ses dires, courant 2002, même quand une contre-expertise a prouvé qu'elle était vierge, même quand elle s'est mise à frapper à toutes les portes pour demander qu'on la croie.

Son père a passé six ans en prison avant de bénéficier d'une libération conditionnelle, en février dernier. Son avocat, M e Jean-Marc Florand, a déposé une requête en révision.
* « J'ai menti », Virginie Madeira et Brigitte Vital-Durand, Editions Stock.
Le Parisien, 21 septembre 2006, p. 15

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(13 octobre 2006) Le violeur récidiviste écope de 27 ans

JE NE ME RÉFUGIE PAS « denière le passé de mon père, j'assume mes actes. J'espère pouvoir vous prouver que je peux faire quelque chose de mieux de ma vie et trouver le courage dont vous avez fait preuve. » Repenti sincère ou simple artifice d'un violeur récidiviste ? Cheveux noirs coiffés en arrière, barbichette, le visage grave, Nicolas Brard, 30 ans, aura adressé, hier après~midi, ces quelques mots aux six victimes assises au banc des parties civiles de la cour d'assises de Maine-et-Loire à Angers, où il comparaissait pour viols et agressions sexuelles sous la menace d'une arme.

Une série commise entre juillet 2003 et janvier 2004, dans le même quartier d'Angers. Toujours de nuit, toujours par surprise. Et alors même qu'il venait de purger une première condamnation à dix ans de réclusion pour quatre viols et agressions sexuelles.

Lourd passé familial

« C'est un jaguar qui se tapit avant de sauter sur ses proies », résumera l'avocat général, Yvan Auriel, en reprenant à son compte les expertises des psychiatres qui, tous, ont souligné la « dangerosité intrinsèque » de l'accusé. « Quelle évolution attendre d'un hormne extrêmement fier de sa dangerosité, sans émotion. Peut-on accepter, pour la société, de le remettre en liberté? »
C'est bien la question de ce procès. « Lorsqu'on se retrouve dehors, sans suivi, sans encadrement et qu'il faut engager personnellement une thérapie, ce n'est pas si simple », tentera de plaider son avocat, Me Luciani, en s'appuyant sur son passé familial : En 1989, le père de Nicolas Bratd fut aussi condamné aux assises pour des viols répétés sur ses deux sœurs.

« En prison, Nicolas nous répétait qu'il n'était pas pris en charge, qu'il n'y avait pas de suivi. Il est ressorti, shooté de médicaments et déboussolé », confie sa mère, quelques heures avant le verdict livré à lui-même, préférant l'alcool et le cannabis au travail et au psychologue, la rechute du violeur a été rapide. Et c'est miracle si sa dernière victime, en janvier 2004, réussit à ouvrir le coffte de la voiture en marche dans laquelle il l'avait laissée pour morte. Tentative de meurtre?

Les jurés n'ont finalement pas retenu ce chef d'accusation hier soir, tout comme l'une des six agressions. L'avocat général avait requis 30 ans, Nicolas Brard a été condamné à 27 ans de prison dont deux tiers de sûreté.
YVES BOITEAU, SAMEDI 14 OCTOBRE 2006, Le Parisien, p. 16

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lundi 8 janvier 2007, 14h19 Jean-Luc Lahaye condamné à 10.000 euros d'amende

PARIS (AP) - Le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi le chanteur Jean-Luc Lahaye et un de ses amis, l'avocat Roland Elbaz, à 10.000 euros d'amende pour "atteintes sexuelles sur mineure de 15 ans".
Ils devront verser solidairement 5.000 euros de dommages et intérêts à la victime et un euro à chacun de ses deux parents.

L'accusation avait requis deux ans d'emprisonnement avec sursis contre les deux hommes, initialement poursuivis pour "atteintes sexuelles sur mineure de 15 ans commises en réunion".

Le tribunal a requalifié les poursuites en "atteintes sexuelles sur mineure de 15 ans", un délit passible de cinq ans d'emprisonnement, la peine pouvant être portée à dix ans lorsque ce délit est commis en réunion.

"On a partout traité Jean-Luc Lahaye de violeur et aujourd'hui on s'aperçoit qu'il n'en est rien", a commenté l'avocat du chanteur, Me Olivier Metzner.

Jean-Luc Lahaye avait été mis en examen en janvier 2005 après une plainte pour "viols" de la jeune fille, alors âgée de 17 ans. Elle accusait notamment Lahaye de l'avoir violée dans la boîte de nuit du chanteur à Aubervilliers fin 2002, puis quelques semaines plus tard à son domicile.

La version livrée par la jeune fille aux policiers n'a cependant pas été retenue par le juge d'instruction qui a mis en examen les deux hommes pour "atteintes sexuelles", à savoir détournement de mineure.

Jean-Luc Lahaye a toujours reconnu avoir eu des relations sexuelles avec la jeune femme, mais a affirmé qu'elle avait été consentante. Une version retenue par le juge d'instruction.

"Il s'agit d'une amende purement symbolique qui a été prononcée contre lui parce qu'il n'aurait pas dû ignorer que cette jeune femme avait 14 ans et neuf mois et il ne pouvait pas penser d'après le tribunal qu'elle avait moins de 15 ans", a ajouté Me Metzner. AP
Yahoo.fr, actualités,

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Un gynécologue mis en examen pour viols sur des patientes Yahoo.fr, actalités, 28 octobre 2007, bladi.net Messages: 3 571,

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Spécialiste de la fécondation in vitro, le médecin a été placé sous contrôle judiciaire et s'est vu interdire d'exercer la médecine.

Un gynécologue reconnu pour son travail sur l'infertilité, André Hazout, a été mis en examen par des juges parisiens le 19 octobre pour viols et agressions sexuelles sur cinq de ses patientes, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Le médecin est poursuivi pour agressions sexuelles et viols sur personnes vulnérables à l'encontre de cinq patientes, venues consulter à son cabinet pour des problèmes d'infertilité. Ce spécialiste de la fécondation in vitro a été placé sous contrôle judiciaire et s'est vu interdire d'exercer la médecine.

L'information judiciaire instruite par les juges Patrick Gachon et Nathalie Dutartre a été ouverte à la suite d'une plainte en juillet 2005 d'une des patientes du Dr Hazout, selon Me Claude Katz, avocat de plusieurs plaignantes, confirmant une information du Parisien. Les autres plaignantes se sont ensuite manifestées après avoir consulté des forums internet spécialisés, a-t-il affirmé.

Selon lui, six autres plaintes ont été déposées à son encontre mais n'ont pas été retenues en raison de l'ancienneté des faits. "Ces femmes étaient en situation d'infertilité, il était leur dernier espoir. Elles faisaient entièrement confiance au médecin", a confié Me Katz. "Il y avait déjà eu une dénonciation auprès du conseil départemental de l'ordre des médecins de Paris en 1991, rien n'avait été fait", a-t-il ajouté. "On peut imaginer que d'autres personnes vont se découvrir", a-t-il estimé.

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Le Parisien Dimanche, 23 mars 2008, p. 9 Viol

Déjà condamné deux fois pour des affaires semblables, un homme de 42 ans, originaire de l'Orne, vient d'être interpellé et placé sous mandat de dépôt pour viol aggravé et séquestration.

Alors qu'il finissait de purger une peine de dix-huit ans, il a bénéficié en février d'une permission de sortie de cinq jours et a violé une jeune femme.
Il encourt une nouvelle peine de vingt ans de réclusion.

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Séquestration d'une femme en Autriche: son père fait des aveux complets AFP Par Philippe SCHWAB AFP - Lundi 28 avril, 21h21

AMSTETTEN (AFP) - Josef Fritzl, 73 ans, a avoué lundi avoir séquestré sa fille dans sa cave pendant 24 ans et avoir eu avec elle des relations d'où sont nés sept enfants, et l'Autriche cherchait à comprendre comment de tels faits avaient pu si longtemps passer inaperçus.

L'homme avait monté un scénario diabolique et sophistiqué, selon les premiers éléments de l'enquête, et ni son entourage, ni les autorités n'avaient pendant toutes ces années eu le moindre le soupçon.

Josef Fritzl a reconnu avoir construit un réduit de 60 m2 dans la cave de sa maison, y avoir séquestré sa fille Elisabeth depuis 1984 - elle a 42 ans aujourd'hui - et trois des sept enfants auxquels elle a donné naissance.

Il a ensuite avoué les relations incestueuses et a fini par admettre avoir fait usage de la violence.

"Il a reconnu être le père des sept enfants de sa fille, dont l'un est décédé en bas âge", a indiqué Gerhard Sedlacek, le porte-parole du parquet de Sankt-Pölten, en charge de l'enquête.

Le suspect a été présenté à un juge en début de soirée et devait être placé en détention préventive pour deux semaines dans un premier temps. Selon M. Sedlacek, il ne fait pas de doute que cette détention sera prolongée en attendant la clôture de l'enquête et l'inculpation formelle.

L'affaire a éclaté samedi après l'hospitalisation, à la mi-avril, de l'un des enfants séquestrés, Kerstin, âgée de 19 ans, souffrant d'une mystérieuse maladie.

Les médecins ont alors recherché la mère de la jeune fille pour pouvoir mieux diagnostiquer le mal.

Or Elisabeth Fritzl avait été officiellement portée disparue depuis 1984 et aurait vécu avec une secte dans un endroit inconnu. En réalité, elle était séquestrée par son père dans sa cave.

L'un des sept enfants issus de ces relations incestueuses, un jumeau, est mort peu après la naissance. Le septuagénaire a admis avoir brûlé le corps dans la chaudière de son immeuble.

Trois autres ont été adoptés par le couple Fritzl après un scénario diabolique élaboré par le père. Les bébés ont été déposés à quelques années d'intervalle sur le seuil de la maison avec des lettres d'Elisabeth disant qu'elle ne pouvait pas les élever.

Elisabeth et les six enfants ont été placés en observation dans une unité psychiatrique de la clinique régionale, où leur état psychologique semblait satisfaisant.

En revanche, l'épouse de Josef, Rosemarie, 69 ans, avec qui il a eu sept enfants, serait dans un état psychologique préoccupant, selon le responsable des services sociaux de la ville, Heinz Lenze.

A sa libération, le dernier des enfants d'Elisabeth, un bambin de 5 ans, qui n'était encore jamais sorti de la cave où il était séquestré avec sa mère, un frère et sa soeur Kerstin, s'est réjoui auprès de l'assistante sociale de pouvoir "enfin monter dans une vraie voiture". Il n'en avait vu qu'à la télévision.

Selon les photos fournies par les enquêteurs, le réduit de 60 mètres carrés construit par Josef Fritzl était gardé par une porte en béton armé munie d'une serrure électronique dont il était le seul à connaître le code.

A l'intérieur, il y avait trois petites pièces, des sanitaires, une douche, une kitchenette et une télévision.

Les enquêteurs ont décrit en Josef Fritzl, un ancien électricien, un individu "très dynamique, dominant et autoritaire", qui "a simulé et maîtrisé la situation à la perfection" jusqu'à ce qu'il cède aux supplications de sa fille Elisabeth et accepte de faire hospitaliser Kerstin, mourante.

La jeune femme, toujours entre la vie et la mort lundi, n'a pas été violée, selon les premières conclusions des enquêteurs. Elle pourrait toutefois, comme ses frères et soeurs, avoir fait l'objet d'abus sexuels.

Les journaux parlant de "maison de l'horreur" à Amstetten, une bourgade à 150 kilomètres à l'ouest de Vienne, s'interrogeaient sur l'"aveuglement" des autorités, qui "comme avec Natascha Kampusch", ont été incapables de mettre fin plus tôt à ce drame.

Kidnappée par un déséquilibré à l'âge de 10 ans en 1998 et retenue pendant huit ans et demi dans le sous-sol d'un pavillon de la banlieue de Vienne jusqu'à son évasion en août 2006, Natascha Kampusch, aujourd'hui âgée de 20 ans, a proposé lundi son aide aux victimes d'Amstetten.

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AUTRICHE Josef Fritzl condamné à la prison à vie et à l'asile NOUVELOBS.COM | 19.03.2009 | 17:40

L'Autrichien a été reconnu coupable de la séquestration et viol de sa fille pendant 24 ans, ainsi que du meurtre d'un bébé.

L'Autrichien Josef Fritzl a été condamné jeudi 19 mars à la prison à vie et à l'internement psychiatrique par la Cour d'assises de Sankt-Pölten. Il a été reconnu coupable de la séquestration et viol de sa fille pendant 24 ans, ainsi que du meurtre d'un bébé.

Josef Fritzl a laissé mourir un bébé né des relations incestueuses avec sa fille Elisabeth séquestrée et violée pendant 24 ans.

La Cour a assorti la condamnation à perpétuité d'un internement psychiatrique pour une durée indéterminée. L'état de santé psychique du condamné et, par conséquent, "le risque de récidive" détecté par l'experte psychiatrique, seront évalués chaque année avant tout transfert éventuel vers une prison pour y purger le restant de sa peine.

Josef Fritzl, restera détenu, dans un premier temps, dans la prison de Sankt-Pölten attenante au tribunal, a annoncé un porte-parole du ministère autrichien de la Justice.

Josef Fritzl "restera dans sa cellule", qu'il partage depuis son arrestation fin avril 2008 avec un codétenu, a indiqué le porte-parole du ministère, Katharina Swoboda.
Le maintien du condamné dans cette prison sera effectif jusqu'à la rédaction finale du verdict et la transmission du texte aux parties concernées, notamment l'avocat de la défense et ceux des victimes. Selon le ministère, cela pourrait prendre jusqu'à la mi-avril.

Graves troubles de la personnalité

Josef Fritzl se trouvait depuis près de onze mois en détention préventive dans la prison de Sankt-Pölten, où il s'est conduit comme un prisonnier ordinaire sans histoires, selon son directeur adjoint, Erich Huber-Günsthofer.

Ensuite, toujours selon le ministère, la direction de l'administration pénitentiaire disposera d'un délai de six semaines pour décider dans quel centre spécialisé il doit être transféré. L'Autriche dispose de plusieurs centres de ce type qui peuvent acceuillir des détenus étant, comme Josef Fritzl, pénalement responsables de leurs actes mais souffrant de graves troubles de la personnalité et présentant de ce fait un risque de récidive en l'absence de soins thérapeutiques.

L'internement dans un tel centre de coordination thérapeutique doit permettre de déterminer s'il est capable de se soumettre à un traitement psychiatrique, s'il l'accepte et s'il est motivé pour se soigner et quel traitement sera le plus approprié, a indiqué Erich Huber-Günsthofer au cours d'une conférence de presse à Sankt-Pölten jeudi après-midi.

"Je regrette de tout mon coeur"

Un peu plus tôt Elizabeth avait indiqué vouloir que son père soit "rendu responsable de ses actes jusqu'à sa mort", selon l'avocate des victimes, Eva Plaz.
L'accusé, qui a été le dernier à prendre la parole avant que les huit jurés ne se retirent pour délibérer, a uniquement déclaré: "Je regrette de tout mon coeur. Je n'y peux plus rien, malheureusement."

De son côté, Eva Plaz a averti les jurés qu'il n'y avait pas le moindre signe de "remords" chez Josef Fritzl. "Ne croyez pas un mot de ce qu'il dit! L'accusé s'est proclamé leur seigneur, ayant droit de vie et de mort" sur ses victimes.
Ce dernier s'est reconnu mercredi coupable de tous les chefs d'accusation : viols, inceste, séquestration et menaces aggravées, meurtre et esclavage.

Homicide par négligence

Le procureur avait requis jeudi la "peine maximum", c'est-à-dire la prison à vie. "Il y a eu homicide par négligence ce qui requiert la peine maximum", avait déclaré le procureur Christiane Burkheiser.

Selon elle, l'accusé a également "abusé de la crédulité des gens", bernant pendant 24 ans l'intégralité de son entourage ainsi que les autorités municipales d'Amstetten, à 130 km à l'ouest de Vienne, où se trouve la demeure familiale.

"Il n'y a pas eu meurtre"

Dans sa plaidoirie, l'avocat de la défense, Me Rudolf Mayer, avait estimé "qu'il n'y avait pas eu meurtre" et avait demandé pour son client le "bénéfice de circonstances atténuantes" dans la mesure où il avait plaidé "coupable" de tous les chefs d'accusation.
Josef Fritzl, habillé d'un costume gris clair, était jeudi à visage découvert dans la salle d'audience alors que depuis l'ouverture du procès le 16 mars il se cachait toujours derrière un grand classeur.

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Jeudi 19 Mars 2009 Un pédophile récidiviste arrêté Par G.V. LeJDD.fr

Le "violeur des stades", responsable de dix agressions sexuelles sur des garçons de 10 à 13 ans en 2001-2002, a été interpellé lundi dernier à Montreuil, dans l'Est parisien. Il était en cavale depuis onze mois et aurait récidivé à trois ou cinq reprises entre août 2008 et janvier 2009.
Sa spécialité: abandonner des serviettes en papier imbibées de parfum sur le corps de ses victimes.

Les enquêteurs et la presse locale lui ont donné le nom de "violeur des stades". Après une cavale de onze mois, il a été retrouvé par la police selon le site du Parisien. Un homme de 35 ans, soupçonné d'être l'auteur de trois viols depuis avril 2008 sur mineurs aux abords des stades de l'Est parisien, a été interpellé lundi à la sortie du métro, à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Après avoir été conduit au commissariat local, les policiers ont fait le rapprochement entre leur suspect et le "violeur des stades".
Il a été aussitôt placé en garde à vue. Ce qui l'a trahi? Du parfum, des serviettes en papier et un couteau de cuisine qu'il portait sur lui. Après ses actes, le "violeur des stades" aspergeait de parfum une des serviettes qu'il déposait sur le corps de ses victimes.

Le "violeur des stades" est apparu la première fois en 2001. Il a commis dix agressions sexuelles sur mineurs de mai 2001 à janvier 2002, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Arrêté un an plus tard, il a été jugé à quinze ans de réclusion criminelle en 2006. En avril 2008, lors de son procès en appel, l'homme a eu un malaise en pleine audience. Amené à l'hôpital, dans l'Essonne, il a alors réussi à s'évader, en forçant la fenêtre de sa chambre.

Une signature olfactive

Le 31 août 2008, le 23 décembre 2008 et début janvier 2009, trois nouvelles agressions sexuelles, dont le "violeur des stades" serait le présumé coupable, ont eu lieu aux stades de Montreuil-sous-Bois et de Bagnolet, à la périphérie de Paris. Le mode opératoire est identique à celui de la série de viols de 2001-2002. Aux abords d'un centre sportif, le pédophile, armé d'un couteau de cuisine, menaçait des garçons âgés de 10 à 13 ans. Puis il laissait sur les lieux du crime une serviette empreinte de parfum. Une analyse ADN a confirmé que "le violeur des stades" avait commis ces récents viols.

Le suspect désormais arrêté, les enquêteurs devraient pouvoir réunir les preuves nécessaires pour l'accuser des faits récents. L'analyse du flacon de parfum, retrouvé sur lui, et des serviettes qu'il a abandonné après chaque crime, sera déterminante. La police veut également vérifier si leur homme ne serait pas responsable, comme semble l'avancer la brigade de protection des mineurs de la PJ de Paris, d'un viol et d'une agression sexuelle sur des garçons de 11 et 13 ans, qui ont eu lieu dans le XXè arrondissement de la capitale, en octobre et décembre 2008. Là encore, les enfants jouaient au foot sur un terrain de sport près du périphérique.

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Francis Evrard fait appel AFP 09/11/2009 | Mise à jour : 19:34 |

Francis Evrard a fait appel de sa condamnation fin octobre par la cour d'assises de Douai à 30 ans de réclusion, assortis d'une peine de sûreté de 20 ans, pour l'enlèvement et le viol du petit Enis en août 2007, a-t-on appris de source judiciaire. Le violeur multirécidiviste devrait donc être rejugé en appel d'ici un an environ, probablement devant la cour d'assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais), a dit cette source.

Le procureur de Douai "a fait un appel incident", a-t-on précisé de même source. La procédure permet à la juridiction d'appel de prononcer une peine éventuellement supérieure à celle de première instance.

Francis Evrard, 63 ans, a été condamné fin octobre pour avoir enlevé, séquestré et violé par pénétration digitale, en récidive légale, le petit Enis, âgé de cinq ans au moment des faits, dans un garage de Roubaix le 15 août 2007.

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Le père d'accueil de Laëtitia Perrais accusé de viol Par Flore Galaud Publié le 17/08/2011 à 16:59 lefigaro.fr

Gilles Patron avait accordé de nombreuses interviews tout au long de l'enquête.

Le père d'accueil de Laëtitia Perrais, la jeune fille tuée en janvier près de Pornic (Loire-Atlantique), est soupçonné d'agression sexuelle et de viol sur la soeur jumelle de Laëtitia, Jessica, âgée de 18 ans, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Gilles Patron a été présenté au parquet de Nantes, qui a requis sa mise en examen et son placement en détention après une garde à vue de 48 heures à la gendarmerie de Saint-Nazaire, précise France 3.

Cette décision fait suite au témoignage d'une amie de Jessica Perrais, survenue le 8 août dernier, à qui la jeune fille aurait confié des viols depuis presque trois ans.

Face aux gendarmes, Gilles Patron aurait reconnu des relations sexuelles, mais assure que Jessica était consentante, rapporte Ouest France. Le procureur de la république adjoint devrait faire une déclaration en milieu d'après-midi.

Tony Meilhon inculpé

Laëtitia Perrais, 18 ans, avait été retrouvée morte dépecée en janvier près de Pornic, victime de coups portés au visage et de très nombreuses blessures par arme blanche sur tout le corps, ainsi que d'une strangulation. L'autopsie de la jeune fille n'a en revanche relevé aucune violence sexuelle.

L'enquête menée tambour battant a établi que le meurtre avait été perpétré par l'une de ses connaissances, Tony Meilhon, un multirécidiviste de 31 ans. Considéré comme pleinement responsable de ses actes, il a été mis en examen le 22 janvier pour «enlèvement suivi de mort», il a été écroué et devrait être jugé. Depuis son placement en détention, il a tenté plusieurs fois de se suicider.

Gilles Patron reçu à l'Elysée

Tout au long de l'enquête, la famille d'accueil de la jeune fille, où, selon plusieurs de ses proches, «elle se sentait bien», s'était mobilisée pour que l'enquête avance. Interviews, marches blanches... Très ému devant les caméras, Gilles Patron n'avait pas hésité à médiatiser cette affaire, notamment en demandant la création de «fichiers des délinquants sexuels» et la mise en place en place de «surveillances réelles efficaces» pour les délinquants.

Gilles Patron, chez qui Laëtitia et Jessica vivaient à La Bernerie-en-Retz (Loire-Atlantique) depuis 2005, avait été reçu à l'Elysée le 31 janvier par Nicolas Sarkozy dans le cadre de cette affaire.
Le 10 février, il s'était également invité à une manifestation des juges devant le palais de justice de Nantes. «Il faut que tout le monde soit ensemble pour se battre contre les criminels. Nos enfants doivent vivre et le mot ‘récidive' doit être banni à tout jamais», avait-il déclaré.

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Meurtre d'Agnès: la polémique remonte à Matignon Par LEXPRESS.fr, publié le 21/11/2011 à 06:35, mis à jour à 14:59

Près de 4.000 personnes ont rendu hommage dimanche au Chambon-sur-Lignon à Agnès, la collégienne assassinée, alors que naissait une polémique sur un défaut d'information de son établissement concernant le passé judiciaire de l'assassin présumé.

Le collège-lycée du Chambon-sur-Lignon assure ne pas avoir été informé du passé de violeur présumé du lycéen qui a avoué avoir violé et tué Agnès. Le garde des Sceaux a ouvert une enquête.

Le collège-lycée du Chambon-sur-Lignon a lancé la polémique dimanche en assurant ne pas avoir été informé du passé de violeur présumé du lycéen qui a avoué avoir violé et tué Agnès, une de ses camarades, à laquelle près de 4000 personnes ont rendu hommage lors d'une marche blanche.

La polémique a pris de l'ampleur dimanche soir au point que Matignon a annoncé une réunion de ministres autour de François Fillon lundi après-midi.

Le garde des Sceaux, Michel Mercier, a ordonné l'ouverture d'une enquête pour déceler une éventuelle défaillance dans le suivi judiciaire de l'assassin présumé d'Agnès. Il réunira lundi les parquets généraux de Nîmes, qui instruit la précédente affaire de viol, et de Riom.

Le père d'Agnès, Frédéric Marin, qui a regagné son domicile parisien avec son épouse Paola, a assuré à 20 minutes que la direction du collège "était au courant de son passé" et "qu'il avait eu des problèmes pour des faits d'agression sexuelle" au point qu'il fut envisagé de "le virer".

"On savait qu'il avait eu des ennuis avec la justice, mais on n'en connaissait pas la nature. Et nous n'avions aucun contact avec les services de justice", a concédé Philippe Bauwens, directeur du collège-lycée cévenol.

Mis en examen pour viol d'une mineure en août 2010 dans le Gard, ce lycéen de 17 ans, brillant élève de Première, avait effectué quatre mois de détention provisoire avant d'être placé sous contrôle judiciaire fin 2010.

Jugé "réinsérable et ne présentant pas de dangerosité", il était soumis à une obligation de suivi psychiatrique et d'être scolarisé dans un internat, toutes conditions qu'il remplissait selon le parquet. Il était suivi par un psychiatre au Puy-en-Velay et par un psychologue dans son établissement.

Un responsable du Collège cévenol, Albert Munoz, a reconnu face à la presse que la direction savait que le lycéen avait fait un séjour de 4 mois en prison. Mais "nous n'avons pas à nous immiscer" et à exiger des parents venant inscrire leurs enfants le motif d'une éventuelle incarcération, a-t-il dit.

Michel Sapin, chargé du projet présidentiel du candidat PS François Hollande, a estimé dimanche qu'un établissement scolaire devait être informé du passé de ses élèves par l'administration judiciaire.

André Vallini, chargé de la justice auprès de François Hollande, a appelé à "éviter toute réaction qui serait guidée par autre chose que la recherche objective des causes du drame".

La fiabilité des expertises psychiatriques et du suivi judiciaire de tels jeunes se sont retrouvées au centre du débat.

"J'espère que le ministre de l'Education va prendre le dossier en main", a déclaré Armel Marin, grand-père d'Agnès, sur BFM-TV.

Jean-Michel Hieaux, vice-président du Collège cévenol, s'est dit "sidéré que, par inconséquence et irresponsabilité, un système puisse permettre à un jeune particulièrement violent d'être accueilli dans un internat mixte, ouvert, en pleine nature".

La direction de l'établissement de Haute-Loire a également pointé du doigt le manque de structures adaptées pour de tels jeunes qui se retrouvent par conséquent dans des établissements classiques.

L'ex-ministre de la Justice Rachida Dati est allée dans ce sens dimanche, en prônant le développement des centres éducatifs fermés (CEF) avec "de vraies prises en charge pédo-psychiatriques" pour les mineurs délinquants.

Interrogé par l'AFP, le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig, a jugé que dans cette affaire "extrêmement grave", "on a un juge qui, avec la caution du parquet, des psychiatres, des éducateurs, prend une décision, dans le cadre du contrôle judiciaire, qui est de bon sens, (...) de le faire partir de Nîmes --pour ne pas qu'il rencontre sa précédente victime-- et l'obligation de l'internat".

"On ne peut pas reprocher à l'établissement de ne pas faire le travail de la justice", a réagi Philippe Tournier, Secrétaire général du principal syndicat de chefs d'établissement, le SNPDEN.

Bougies et roses blanches s'accumulaient, dimanche soir, à la porte de l'immeuble parisien où réside le couple. Sur les murs, des photos pêle-mêle de la victime et un drap blanc avec ces mots: "Agnes on ne t'oubliera pas, tu resteras a jamais dans nos coeurs".

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Meurtre d'Agnès: nouvelles mesures contre la récidive, Guéant évoque un "dysfonctionnement"

Le directeur du collège-lycée, Philippe Bauwens, a affirmé que si son école savait que le lycéen avait "eu des ennuis avec la justice", la "nature" de ses antécédents n'était pas connue. "Et nous n'avions aucun contact avec les services de justice."

PARIS (AFP) - Le gouvernement, derrière François Fillon qui veut faire de la lutte contre la récidive une "priorité absolue", a tenté de répondre à l'émoi provoqué par le meurtre d'Agnès, promettant de nouvelles mesures, notamment dans la lutte contre la criminalité des mineurs.

Aux yeux du ministre de l'Intérieur Claude Guéant, il y a en effet eu "dysfonctionnement", notamment dans le fait que le jeune homme de bientôt 18 ans qui a avoué le viol et le meurtre d'Agnès, 13 ans, est déjà mis en examen pour le viol d'une adolescente en 2010 dans le Gard.

Pour Claude Guéant, une réforme de la justice des mineurs et de l'ordonnance de 1945 devra être "une des priorités" après les élections présidentielle et législatives. Comme son collègue de la Justice Michel Mercier, il souhaite également que les professionnels de la justice, de l'éducation ou de la santé, échangent leurs informations sur les mineurs délinquants qui, pour les crimes les plus graves, devront être impérativement placés en centres éducatifs fermés (CEF) jusqu'à leur jugement.

Car, a expliqué Michel Mercier, les parents du jeune meurtrier présumé d'Agnès avaient informé par courrier le collège-lycée cévénol du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) que leur fils était en 2010 "en détention provisoire pour des faits graves qui les stupéfient eux-même", sans toutefois en préciser la nature. Or, a relevé Claude Guéant, ni la maire de Chambon-sur-Lignon, ni la gendarmerie n'étaient au courant de l'affaire du viol de 2010 qui a valu quatre mois de détention préventive au jeune homme.

Dans un entretien avec l'AFP, le père d'Agnès, Frédéric Marin, a appelé à "éviter toute politisation" du meurtre de sa fille et souhaité que ce drame puisse servir à "mobiliser tous les acteurs de la prise en charge" des délinquants sexuels.

"Pour les crimes les plus graves, le garde des Sceaux demandera aux parquets de requérir le placement en centre éducatif fermé jusqu’au jugement", a annoncé Matignon à l'issue d'une réunion interministérielle convoquée en urgence. Il ne devra plus être possible de procéder à des inscriptions scolaires sans avoir fourni une information "complète" au chef d'établissement ou au psychiatre chargé du suivi.

M. Mercier a par ailleurs plaidé pour une "évaluation pluridisciplinaire de la dangerosité" des délinquants, un sujet inclus dans une loi de programmation présentée mercredi en Conseil des ministres.

Ces mesures doivent permettre notamment "de renforcer le suivi des personnes présentant un risque de récidive" et d’améliorer "la prise en charge des mineurs délinquants en accroissant la capacité d’accueil" des CEF. Pour François Fillon, "la prévention de la récidive" devra "être une priorité absolue de tous les services de l'Etat".

Le meurtrier présumé, bon élève de première, avait été placé sous contrôle judiciaire fin 2010 pour le précédent viol. Jugé "réinsérable et ne présentant pas de dangerosité", il était soumis à une obligation de suivi psychiatrique et de scolarisation dans un internat, toutes conditions qu'il remplissait selon le parquet. "Le juge a appliqué toutes les règles qu'il devait appliquer, ce sont simplement ces règles qu'il faut que l'on change maintenant", a dit Michel Mercier.

Le directeur du collège-lycée, Philippe Bauwens, a affirmé que si son école savait que le lycéen avait "eu des ennuis avec la justice", la "nature" de ses antécédents n'était pas connue. "Et nous n'avions aucun contact avec les services de justice."

Au Collège-lycée, les cours ont repris après une "réunion générale", mais l'émotion restait forte au lendemain de la marche blanche qui a réuni près de 4.000 personnes.

Le porte-parole du PS Benoît Hamon a jugé "nauséabond de voir la droite instrumentaliser ce fait divers". Il n'y a pour l'heure "pas d'utilisation (...) de l'émotion populaire" à des "fins politiciennes", a toutefois déclaré André Vallini, chargé de la Justice dans l'équipe du candidat François Hollande.

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Rodez : le religieux pédophile condamné à 5 ans de prison Le mea-culpa du frère pédophile le 30 novembre 2011 à 17h19 , mis à jour le 30 novembre 2011 à 22h00 lci.tf1.fr Dossier : Pédophilie : l'Eglise de Benoît XVI dans la tourmente

Mercredi, au 1er jour de son procès devant le tribunal correctionnel de Rodez, le frère Pierre-Etienne Albert a assumé l'entière responsabilité des actes de pédophilie qu'il a fait subir pendant des années à des dizaines d'enfants.

"Le fait de me retrouver devant la justice est très important par rapport à mes victimes. J'espère qu'elles trouveront un certain apaisement après ce procès, je l'espère de tout coeur". Mercredi, au 1er jour de son procès devant le tribunal correctionnel de Rodez, le frère Pierre-Etienne Albert a assumé l'entière responsabilité des actes de pédophilie qu'il a fait subir pendant des années à des dizaines d'enfants. Le prévenu encourt dix ans de prison.

L'homme, aujourd'hui âgé de 60 ans, ne nie pas les faits. Il a lui-même produit une liste de 57 noms d'enfants sur lesquels il s'était livré à des attouchements, des caresses et des baisers alors qu'il était chantre de la communauté catholique des Béatitudes. Certains faits sont prescrits, d'autres pas établis. Aussi répond-il devant le tribunal correctionnel de 38 cas seulement d'agressions sexuelles commises entre 1985 et 2000 sur des garçons et des filles alors âgées de 5 à 14 ans.

"Je suis comme le renard dans le poulailler"

Adultes aujourd'hui, une partie d'entre eux sont venus à Rodez en quête d'explication et d'apaisement. Ils aimeraient que le procès cicatrise des blessures profondes. Et ils voudraient savoir pourquoi certains responsables de la communauté se sont tus, et pourquoi la justice, alertée en 2000, a laissé le dossier en sommeil jusqu'en 2008.

Pierre-Etienne Albert, aujourd'hui âgé de 60 ans mais entré à 25 aux Béatitudes, composait les chants et les musiques de cette communauté née d'un mouvement d'expression joyeuse de la foi. A ce titre, il était appelé à travers la France dans les dizaines de "maisons" de la communauté. Il était appelé aussi à côtoyer les enfants.

Pourquoi celui que les experts psychiatres décrivent comme un "pédophile séducteur" et dans lequel les parties civiles voient plutôt un "pédophile prédateur" n'a-t-il pas essayé de garder ses distances avec l'objet de la tentation, lui demandent les avocats de ses victimes. "Comment voulez-vous que je fasse ? Je suis comme le renard dans le poulailler, je suis dans une communauté où c'est bourré d'enfants", répond le prévenu. On sanglote sur le banc des victimes. Pendant toutes ces années, en proie aux remords, Pierre-Etienne Albert s'est ouvert de ses penchants auprès de différents responsables de la communauté, comme Philippe Madre dès 1989.

"On l'appelait Monsieur Papouilles"

Philippe Madre dit aujourd'hui avoir sous-estimé les faits que Pierre-Etienne Albert lui avouait. "On l'appelait Monsieur Papouilles. Il avait l'habitude des effusions autant avec les adultes qu'avec les enfants". "Je n'ai rien vu, tout le monde faisait confiance à Pierre-Etienne, moi aussi", dit-il. C'est à l'audience, dit-il, qu'il découvre la gravité des attouchements qu'a subis sa propre fille de la part du prévenu. Philippe Madre lui-même est mis en examen dans une autre affaire pour viol aggravé sur une adulte, révèle le président.

Gérard Croissant, alias Ephraïm, fondateur des Béatitudes, communauté aujourd'hui décriée pour ses dérives sectaires ou "psycho-spirituelles", a également passé un mauvais moment devant le tribunal. Mais il avait beau être fondateur, ses responsabilités effectives étaient limitées, a-t-il assuré. Lui et Philippe Madre ont été appelés à la barre comme simples témoins. L'enquête visait initialement aussi les faits de non-dénonciation de crimes. Mais la prescription a joué en faveur des anciens dirigeants de la communauté. Pierre-Etienne Albert, lui, ne se défausse pas. Le coupable, c'est lui et personne d'autre, dit-il. Il aura fallu pour que la vérité éclate que d'autres membres de la communauté, alertés, le pressent de confesser ses fautes. Il vit aujourd'hui à l'abbaye de Bonnecombe (Aveyron) contre l'engagement de ne pas approcher les enfants. Suite du procès jeudi. le 30 novembre 2011 à 17:19

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Rodez : le religieux pédophile condamné à 5 ans de prison le 01 décembre 2011 à 18h09 , mis à jour le 01 décembre 2011 à 23h40 Dossier : Pédophilie : l'Eglise de Benoît XVI dans la tourmente

Le tribunal correctionnel de Rodez a condamné jeudi à 5 ans de prison l'ancien frère Pierre-Etienne Albert pour les actes de pédophilie qu'il a commis pendant des années sur des dizaines d'enfants à travers toute la France.

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