Le Pacs en version anglaise
(KARLSRUHE, 17 juillet 2002. La Cour constitutionnelle (allemande) valide le « mariage homosexuel » allemand)
Le gouvernement néo-travailliste veut accorder presque les mêmes droits aux couples gays et lesbiens qu'aux personnes mariées. Le rapport «consultatif» publié hier (30 juin 2003), et qui devrait donner lieu à un projet de loi d'ici à la fin de l'année, prévoit la création d'un «partenariat civil», une sorte de Pacs Britannia. Seule différence avec son cousin français : les hétérosexuels qui vivent en union libre ne bénéficieront pas de la mesure. A l'avenir, les homosexuels qui auront officialisé leur relation obtiendront les mêmes avantages sociaux et fiscaux que les couples mariés. Ils se devront mutuellement secours et assistance. En cas de décès de leur conjoint, ils pourront toucher leur retraite, hériter de leur bien sans avoir à payer de droits de succession. Ils recevront des indemnités en cas d'accident mortel, auront la possibilité d'exercer une autorité parentale sur leurs enfants respectifs. Les hôpitaux ne pourront plus les traiter en parias. Ils bénéficieront du statut de «proche parent», acquerront enfin un droit de visite et devront être tenus informés par les médecins.
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L'Eglise anglicane broie du rose
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KARLSRUHE, 17 juillet 2002. La Cour constitutionnelle (allemande) valide le « mariage homosexuel » allemand
Le « mariage homosexuel », légalisé en Allemagne en août 2001, n'est pas contraire à la Loi fondamentale allemande, a estimé, mercredi 17 juillet (2002), la Cour constitutionnelle, suite à une plainte déposée par plusieurs Etats régionaux dirigés par l'opposition conservatrice.
La Bavière (sud), dirigée par Edmund Stoiber, le candidat conservateur à la chancellerie aux élections de septembre (2002), la Thuringe (est) et la Saxe (est), avaient déposé une plainte contre la loi votée par la majorité parlementaire social-démocrate - écologiste.
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L'Eglise épiscopalienne confirme la nomination du premier évêque homosexuel
Août 2003 : le "mariage" est confirmé
Les couples homos sont reconnus.
Libération, Par Christophe BOLTANSKI, mardi 01 juillet 2003, p. 11
Jeffrey John renonce à être intronisé (6 juillet 2003) ... Il est "confirmé" en août
La consécration prochaine d'un évêque homosexuel divise le clergé britannique.
Le révérend David Phillips, en bras de chemise, arbore un sourire qui semble figé pour l'éternité. Aucune colère ou irritation ne transparaît dans sa voix douce, pas même quand il évoque les «faux prophètes» qui pervertissent l'Eglise d'Angleterre. Une question suscite une gêne immédiate. Quelle attitude adopter envers les prêtres homosexuels ? «Ils doivent renoncer à leur ministère», «se repentir», répond-il. «Nous devons les aider à changer leur mode de vie». Mais, il reconnaît, en rougissant, avec un petit rire nerveux, qu'il aurait «personnellement du mal à traiter avec ces... gens».
Depuis une lointaine banlieue, au nord de Londres, David Phillips dirige la Church Society, l'un des principaux groupes évangéliques anglicans. Une frange très conservatrice qui appelle ses fidèles à communier autour de «la Bible, l'Eglise et la Nation». Une unité aujourd'hui plus que jamais menacée. «Cela va être la pagaille. Une pagaille complète !», prévient-il. De nombreuses paroisses menacent de ne plus verser la moindre obole à leur diocèse ou même de nommer leurs propres évêques. «Nous ne voulons pas d'un schisme. L'Eglise a toujours su rassembler des courants très divers. Mais il y a un point de rupture». D'un bout à l'autre du monde anglican, la révolte gronde depuis la nomination comme évêque de Reading d'un homosexuel déclaré, le Dr Jeffrey John. Le «révérendissime» Peter Akinola, primat du Nigeria, dénonce une «attaque satanique contre la maison de Dieu» et envisage de ne plus reconnaître l'archevêque de Canterbury, chef spirituel de la religion anglicane. Un avertissement pris d'autant plus au sérieux qu'il représente 17,5 millions de fidèles sur un total de 70 millions. L'archevêque de Sidney, Peter Jensen, un autre évangéliste, parle d'un «tournant» et d'une «perturbation tragique de la communauté».
Cadeau de Dieu.
Le chanoine Jeffrey John, 50 ans, n'est pas le premier homosexuel à monter en chaire, mais le premier à le revendiquer haut et fort. Il considère l'amour qui le lie à Grant Holmes, vicaire d'une église du sud-ouest de Londres, comme «un cadeau et une vocation reçus de Dieu». Les deux " se sont rencontrés, il y a près de vingt-sept ans, au collège de théologie St Stephen's House à Oxford. Ils ne vivent pas ensemble et leur relation n'a plus de «caractère sexuel» depuis plusieurs années. Mais «il est parfaitement clair qu'elle va continuer», a-t-il récemment déclaré au Times.
A peine remis de ses débats virulents sur l'ordination des femmes, le clergé anglican se déchire sur le cas du Dr John. Neuf évêques dont celui de Liverpool réclament sa démission dans une lettre ouverte. En réaction, huit autres viennent de voler à son secours. «Je l'appuie à 100 %», s'écrie le très révérend Colin Slee, doyen de la cathédrale de Southwark où Jeffrey John exerçait jusqu'à présent son ministère. «C'est un collègue de premier rang. Un brillant théologien. Un homme qui croit dans les sacrements et respecte la discipline de l'Eglise. Même quand ça lui coûte. Il s'est astreint au célibat et ne vit même pas avec cet homme !»
Le doyen Slee prône un christianisme ouvert, moderne, tolérant à l'image de son diocèse du sud de Londres. «Un petit groupe d'évangélistes et de conservateurs menacent de nous quitter s'ils n'obtiennent pas satisfaction ? A l'inverse, des milliers, sinon des millions d'homosexuels pourraient nous rejoindre. Cela fait des siècles que l'Eglise les traite en parias. Le véritable schisme, c'est celui là !» Le débat actuel met fin, selon lui, à une longue hypocrisie. «Sur cette question, les évêques avaient pour politique : "Ne me dites rien, je ne vous demanderai rien". Le but d'une ...glise devrait être la vérité. Comment voulez vous accéder à la vérité, si vous ne laissez pas la discussion avoir lieu ?»
Attablé à un café de Notting Hill, en jean et tee-shirt, le père Giles Fraser dénonce une campagne orchestrée par des «talibans» qui «s'inspirent des téléprêcheurs américains». Vicaire de Putney, il enseigne la philosophie à Oxford et écrit régulièrement dans les colonnes du Guardian, le quotidien de gauche. «Jeffrey est uniquement victime de son honnêteté. Dans toute notre histoire, il y a eu des évêques gays». La polémique, loin d'accélérer le déclin de l'Eglise d'Angleterre, la renforce. «Londres compte la plus grande proportion de prêtres gays du pays. C'est aussi le seul diocèse où le nombre de fidèles augmente».
L'ancien archevêque de Canterbury, George Carey, croyait avoir clos le sujet avec un document adopté en 1991 et intitulé : «Les problèmes de la sexualité humaine» qui bannit «l'homosexualité active» dans le clergé et non parmi les fidèles. Un compromis bancal. «Si vous êtes gay, vous pouvez vous asseoir sur le banc d'une église, mais pas prononcer le sermon ?», s'exclame Giles Fraser.
La controverse est repartie de plus belle avec l'intronisation en février du nouveau primat d'Angleterre, Rowan Williams. Un prélat barbu à l'allure de barde celte et aux idées très libérales. Pacifiste convaincu, il a plusieurs fois exprimé son opposition à la guerre en Irak. Il admet avoir ordonné un homosexuel à la prêtrise et considère une telle relation conforme à l'enseignement de la Bible si elle est «durable» et «fidèle». Il ne voit pas non plus pourquoi les femmes déjà révérendes ne pourraient pas être élevées un jour au rang d'évêques.
Autant de casus belli pour les traditionalistes. La chasteté proclamée par le chanoine Jeffrey John ne leur suffit pas. Ils exigent repentance. «Un homme qui a volé peut-il se contenter de dire qu'il ne le fait plus ? Il doit d'abord reconnaître qu'il a péché», insiste le dr Philip Giddings, un prédicateur de Reading qui menace de boycotter son futur évêque. Dans son diocèse, trois paroisses envisagent de garder leurs sous. A Londres, l'église St Helen's a déjà proclamé son indépendance financière. Une arme d'autant plus redoutable que les communautés évangélistes, souvent situées dans des banlieues résidentielles, sont riches.
Volte-face ?
L'arrivée de Jeffrey John au siège épiscopal de Reading semble irréversible. L'évêque d'Oxford, Richard Harries, à l'origine de son avancement, est bien décidé à ne pas céder. Son choix a déjà été confirmé par la Reine et Downing Street. Dans un communiqué, l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, déclare avoir cherché «ni à promouvoir ni à bloquer cette nomination». A moins d'une volte-face de la hiérarchie, le drJohn sera consacré évêque le 9 octobre en l'abbaye de Westminster. Le prélat devrait alors demander si quelqu'un s'oppose à la cérémonie. Une question de pure forme jamais relevée. Sauf peut être cette fois. «Je serais surpris si personne ne dit rien», prédit David Phillips.
Libération, Par Christophe BOLTANSKI, mardi 01 juillet 2003, p. 11
Les sages de Karlsruhe ont jugé que le contrat de vie commune entre homosexuels ne représentait pas une attaque à l'égard du mariage traditionnel, car il ne s'adressait pas aux mêmes personnes.
Edmund Stoiber a indiqué qu'il regrettait la décision de la Cour, mais qu'il ne remettrait pas en cause le « mariage homosexuel » s'il arrivait au pouvoir.
Entre 4 000 et 4 500 couples homosexuels se seraient mariés depuis la mise en oeuvre de la loi.
Le Monde, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19 Juillet 2002 p. 4 (AFP, Reuters.)
LEMONDE.FR | 06.08.03 | 09h12, MIS A JOUR LE 06.08.03 | 09h20
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