
Octobre 2007, la Cour européenne des droits de l'Homme donne raison à Jean-Marie Le Pen
Novembre 2006, le maire de Bègles Noël Mamère était libre de traiter le professeur Pellerin de "sinistre personnage"
Mai 2005, Canal + rappelé à l'ordre pour injure religieuse contre Benoît XVI
Mars 2005, affaire Marithé-Girbaud, une violation manifeste de l'esprit de tolérance
Octobre 2004, affaire Rocco Buttiglione, une censure démocratique : l'ami du pape dit que l'homosexualité est un péché.
Février 2004, affaire Yahoo
Octobre 2002, affaire Houellebecq
Février 2002, affaire Amen
Un commentaire très cathophobe
Un commentaire non cathophobe
La liberté des croyances a ses limites dans l'expression des croyances
Cour de cassation, 30 octobre 2001, affaire Marianne/Tranchant, internet, diffamation, prescription
Si l'on peut croire ce que l'on veut, l'on ne peut pas exprimer certaines croyances qui seraient contraires à certains principes.
En France, par exemple, en vertu des "valeurs républicaines", l'on ne peut pas tenir de propos racistes et/ou antisémites qui relèveraient des sanctions prévues par la loi Fabius (parti socialiste) Gayssot (parti communiste) du 13 juillet 1990 (notamment provocation à la haine raciale).
Les limites apportées dans l'expression des opinions relèvent de la défense idéologique normale et normative du groupe social dirigeant, c'est ainsi que, par exemple, dans la constitution de 1936, dite constitution stalinienne, de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), les libertés publiques les plus larges sont accordées aux citoyens mais dans l'intérêt de la seule défense du parti communiste soviétique exerceant "la dictature du prolétariat".
Les techniques utilisées pour "redresser" les opinions incorrectes sont bien connues : éliminations physiques directes ou indirectes (goulag), rééducation idéologique par l'enseignement, par les medias, et par la justice prolétarienne (camps de rééducation).
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Selon l'académicien Français, journaliste et écrivain, Jean d'Ormesson, dans son livre Le rapport Gabriel, Gallimard, Paris, 1999, le président François Mitterrand, le 17 mai 1995, jour de l'installation à la présidence de la République de son successeur M. Jacques Chirac, lui aurait fait part de "l'influence puissante et nocive du lobby juif en France". Propos que l'on peut rapprocher de ceux du général Charles de Gaulle qui fit scandale en parlant du peuple juif comme d'"un peuple sûr de lui et dominateur". La réponse de Mazarine Pingeot, fille adultérine du président Mitterrand, a été immédiate :"Subirai-je encore longtemps la diffamation et la haine ? ... Passent encore les attaques dont mon père fut victime dans son honneur, la douleur devient intolérable lorsqu'il est question de sa dignité"(Le Monde, 27 août 1999, p.29).
Selon l'avocat Théo Klein, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) les propos du président Mitterrand ne sont pas étonnants car "il est arrivé à François Mitterrand, de temps à autre, de se laisser aller à des propos de ce genre, un peu faciles"(Le Parisien, 27 août 1999, p. 4).
Selon certains observateurs les propos du président Mitterrand, comme ceux du général de Gaulle, ne relèvent pas de l'antisémitisme, ou plus exactement ne sont pas judéophobes car les arabes sont, eux-aussi, des sémites, mais de l'antisionisme et concernent donc l'Etat d'Israël et les groupes de pression qui soutiennent sa politique, notamment, à l'égard des palestiniens.
C'est, semble-t-il et apparemment, le point de vue de M. Jean-Christophe Mitterrand, l'un des fils légitimes de l'ancien président de la République.
La communauté juive est divisée.
Par exemple selon Nathalie Duhamel, collaboratrice du président Mitterrand pendant dix-sept ans, ce langage est utilisé entre juifs mais interdit à un non juif :"Pourtant, ce lobby existe, comme tant d'autres, chaque communauté ayant le droit de se retrouver et de défendre ses idées et ses intérêts" (Nathalie Duhamel, Devoir de mémoire, Le Monde, 5/6 sept. 1999, p. 11).
Par contre selon Nicolas Weill les propos du président Mitterrand seraient révélateurs d'une banalisation de l'"un des mythes de la judéophobie la plus traditionnelle", rappelant la fabrication par la police russe de "l'archétype des rêveries sur la prétendue domination juive : Le Protocole des sages de Sion" (Nicolas Weill, Le fantasme pervers du "lobby juif", Le Monde, 5/6 sept. 1999, p. 1-11).
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Les voisins d'Israël sont évidemment antisionistes et souvent antisémites, c'est à dire judéophobes, par exemple l'éditorialiste du quotidien officiel syrien Te-chrine estime dans son édition du 31 janvier 2000 qu'Israël, ce qui est le point de vue des historiens révisionnistes, exagère l'ampleur de l'extermination (génocide) des juifs par les nazis pour s'assurer l'appui de l'Occident et tenir en échec ses ennemis :"Je crois qu'Israël et les organisations sionistes ont deux objectifs. Le premier est de recevoir plus d'argent de l'Allemagne et d'autres Etats occidentaux sous prétexte d'une indemnisation justifiée par la Shoah. Le second objectif est d'implanter le mythe de la Shoah et d'accuser d'antisémitisme quiconque s'oppose au sionisme et à sa politique expansionniste". Ce commentaire a suscité une vive réaction en Israël où le ministre chargée des affaires de la diaspora, Michaël Melchior, s'est dit "écoeuré"."Les Syriens ne connaissent pas de limite dans la provocation, aussi bien sur le plan diplomatique que moral". (AFP, Reuters) Cité par Le Monde, 2 février 2000, p. 5. Les propos syriens relèvent évidemment des interdictions de la loi Fabius/Gayssot du 13 juillet 1990.
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Le pape Jean-Paul II, le dimanche 12 mars 2000 à la basilique Saint-Pierre de Rome, avant un voyage en Israël, a demandé très officiellement le pardon de Dieu pour tous les péchés commis au nom de l'Eglise catholique depuis sa fondation. Cet acte de repentance concernait notamment les persécutions des juifs.
Le grand rabbin ashkénaze d'Israël, M. Israël Meir Lau, s'est déclaré "profondément déçu que le sujet de la Shoah n'ait pas été traité. Certes la "solution finale" est l'oeuvre des nazis et non de l'Eglise, mais le pape Pie XII n'a pas fait le nécessaire pour la dénoncer et la combattre".
En France M. Jean Kahn, président du Consistoire central israëlite de France, a déclaré qu'il se réjouissait de cette repentance, "mais nous eussions préféré que l'antisémitisme chrétien qui a mené à la Shoah ne soit pas mis sur le même plan que les regrets concernant les croisades, l'Inquisition, la discrimination contre la femme et les pauvres".
Le cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger, recueilli par une famille catholique pendant l'occupation nazie et converti par elle au catholicisme, nommé cardinal-archevêque de Paris par Jean-Paul II, approuve, lui, sans réserves officielles, la démarche papale.
A la veille de l'arrivée du Pape en Israël, le 20 mars 2000, l'héliport que doit utilisé celui-ci est vandalisé, avec croix gammées, par les juifs ultra-orthodoxes. Et certains catholiques fondamentalistes attendraient, alors, qu'Israël se repente pour l'extermination de certains peuples cananéens, extermination qui est relatée dans la Bible (par exemple Josué, VI, 21 :"Et ils tuèrent tout se qui s'y rencontra, depuis les hommes jusqu'aux femmes, et depuis les enfants jusqu'aux vieillards. Ils firent passer aussi au fil de l'épée les boeufs, les brebis et les ânes" (génocide ?). La Bible, Robert Laffont, Collection Bouquins, Paris 1990, p. 257).
A son arrivée à Jérusalem le pape est reçu par le maire de la ville qui tient absolument à dire que Jérusalem est la ville des juifs, et non pas la ville des trois religions du Livre, et le lendemain à Bethléem la messe est interrompue par la voix enregistrée d'un muezzin, diffusée par hauts-parleurs comme partout, ou presque, dans les pays musulmans, qui appelle à la prière. Le 23 mars 2000 le pape est au sanctuaire de Yad Vashem, mémorial de l'Holocauste, la Shoah (Catastrophe), du génocide par les nazis d'une partie de la communauté juive d'europe (depuis 1945 officiellement six millions, toute contestation de ce chiffre relève des tribunaux). Dans son discours le pape déplore la "terrible tragédie de la Shoah", ce qui est jugé très insuffisant par le grand rabbin ashkénaze M. Israël Meir Lau. Il appert que l'on voudrait que le pape reconnaisse la responsabilité du catholicisme dans l'existence de l'Holocauste. A quand le procès pour complicité de crime contre l'Humanité ? Le même jour le grand mufti de Jérusalem refuse de rencontrer le pape et conteste l'étendue de l'Holocauste.
Le 25 mars à Nazareth le pape longe l'esplanade où les islamistes vont construire, avec l'autorisation d'Israël et à cent mètres de la basilique de l'Annonciation, une mosquée. Une énorme banderole proclame : "Il n'y a de Dieu qu'Allah, Mohamed est son prophète".
Le 26 mars 2000 le pape termine son pèlerinage en visitant la mosquée El Aqsa, en célébrant une messe dans l'église du Saint-Sépulcre, et surtout en implorant une nouvelle fois, devant le mur des Lamentations, le pardon pour les péchés des catholiques. Après cette ultime repentance l'ancien grand rabbin de France M. René Samuel déclare :"Tout est dit. Le pape est allé au-delà de ce que l'on pouvait espérer. C'est un geste historique." Ce point de vue ne semble pas partagé par toute la communauté, divisée entre orthodoxes (par exemple le grand rabbin Joseph Sitruk) et libéraux (par exemple M. Jean Kahn, président du consistoire central de France).
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La définition de l'antisémitisme peut être large. Par exemple M. Jean-Marie Cavada, président-directeur-général de Radio-France, et Mme Laure Adler, directrice de France-Culture, ont fait retirer de la vente un ouvrage des Editions Fayard dont l'auteur, M. Renaud Camus, à propos d'une émission journalistique de France-Culture, avait écrit le passage suivant :"Il m'agace et m'attriste de voir et d'entendre cette expérience [française], cette culture et cette civilisation avoir pour principaux porte-parole et organes d'expression, dans de très nombreux cas, une majorité de juifs, Français de première ou de seconde génération bien souvent qui ne participent pas directement de cette expérience". Selon Mme Laure Adler ces propos "incitent à la haine raciale".
M. Stéphane Zagdanski, dans son ouvrage "Pauvre de Gaulle !", publié chez Pauvert en mars 2000, attaque violemment la France et les français, la question est posée par certains de savoir si une telle attaque contre Israël et les israéliens serait de l'antisémitisme, et/ou si critiquer cet auteur relève de l'antisémitisme ...
Une affaire "antisémite" (?) fait un certain bruit en Russie, membre du Conseil de l'Europe, et en France notamment, après l'élection à la présidence de la République de M. Vladimir Poutine. Le magnat de la presse russe, M. Vladimir Goussinski, la plus puissance personnalité de la communauté juive de Russie, président du Congrès juif de Russie, l'équivalent médiatique de Rupert Murdoch en Occident, a été incarcéré (trois jours) et inculpé pour "escroquerie". Les médias contrôlés par M. Vladimir Goussinski, comme la plupart des médias en France, critiquent vigoureusement M. Vladimir Poutine ainsi que la politique de la Russie à l'égard des musulmans Tchétchénes. Une procédure de suspension de la Russie a été introduite par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour violation des droits de l'homme.
Le 15 juin 2000 Mme Brigitte Bardot a été condamnée, à la demande de la Ligue des droits de l'homme et du Mrap, à 30 000 francs d'amende et 20 000 francs de dommages et intérêts, pour provocation à la haine raciale, pour avoir écrit dans son livre "Le carré de Pluton" (Grasset et Fasquelle, Paris 1999) une "Lettre ouverte à ma France perdue" dans laquelle elle critique le nombre des musulmans et le nombre des mosquées en France "pendant que nos clochers d'églises se taisent faute de curés", et fustige les pratiques d'égorgement des moutons lors de la fête musulmane de l'Aïd-el-Kébir.
Le 21 juin 2000 la cour d'appel de Lyon a confirmé la peine de six mois de prison avec sursis et l'interdiction d'éditer pendant trois ans, peines infligées en première instance, à l'éditeur d'une revue négationniste, M. Jean Plantin, revue ayant publiée des articles mettant en doute l'existence des chambres à gaz dans les camps de concentration nazis de la deuxième guerre mondiale.
Le 20 novembre 2000, à la demande de l'Union des Etudiants juifs de France, du Mrap et de la Licra, le juge des référés du TGI de Paris, M. Jean-Jacques Gomez, a demandé au portail américain Yahoo d'interdire dans les trois mois l'accès des internautes français aux sites américains qui vendent aux enchères des objets nazis, faute de quoi la société américaine serait soumise à une astreinte de 100 000 francs par jour de retard. Aussitôt la décision du juge français connue à New York l'action de Yahoo chutait de 5,8% sur le Nasdaq.
Le 3 janvier 2001 Yahoo décide de retirer de ses enchères toute référence au nazisme ..., et le 10 janvier 2001 annonce des résultats inférieurs aux prévisions.
La Cour européenne des Droits de L'Homme du Conseil de l'Europe a jugé que la condamnation par la cour d'appel de Paris le 26 janvier 1990 des sieurs Lehideux et Isorni, pour "apologie des crimes de guerre ou de crimes ou délits de collaboration", à la suite de la parution le 13 juillet 1983 dans le journal "Le Monde" d'un encart publicitaire présentant comme salutaires certaines actions du maréchal Philippe Pétain, était une ingérence dans l'exercice par les requérants de leur droit à la liberté d'expression (23 sept. 1998, affaire Lehideux et Isorni c. France).
La Cour européenne des droits de l'homme a de nouveau condamné la France pour violation de l'article 10 de la Convention européenne, qui affirme la liberté d'expression, le 21 janvier 1999 dans l'affaire Fressoz et Roire c. France, la Cour d'appel de Paris ayant condamné en 1993 deux journalistes de l'hebdomadaire satirique "Le Canard Enchaîné" qui avait publié en 1989 trois avis d'imposition de M. Jacques Calvet, président directeur général de PSA (Peugeot-Citröen), qui attestaient que M. Calvet s'était en deux ans accordé une augmentation de salaire de 45,9% alors qu'il refusait une augmentation de 1,5% à ses salariés.
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Toile et médias, la loi est la même. L'arrêt de la Cour de cassation le confirme.*
«Le point de départ du délai de prescription doit être fixé à la date à laquelle le message a été mis pour la première fois à la disposition des utilisateurs du réseau.» La Cour de cassation
L'Internet est bien soumis au même régime que les médias classiques, télés ou journaux. Il est impossible de poursuivre en justice un site pour des propos estimés diffamatoires plus de trois mois après leur publication, comme le stipule la loi française depuis plus de 120 ans... C'est ce qu'a rappelé la chambre criminelle de la Cour de cassation - la plus haute juridiction française - le 16 octobre, dans un arrêt rendu public hier.
L'affaire opposait le site de l'hebdomadaire Marianne à l'ex-député RPR Georges Tranchant. Sur le site du journal, un texte publié le 22 septembre 1997 évoquait la mise en examen de Tranchant et dévoilait une pièce du dossier d'instruction. L'ex-député a porté plainte contre le responsable technique du site, Renaud de la Baume, et le signataire de l'article, Grégoire Bardin, pour «diffamation» et «recel du secret de l'instruction» le 12 janvier 1999, donc plus de trois mois après la publication. Une telle plainte à l'encontre d'un article publié dans un quotidien, par exemple, aurait été rejetée pour cause de prescription. C'est le régime commun: en France, tout délit de presse (la diffamation, notamment) est prescrit trois mois après la publication pour éviter que la multiplication des procès ne coule des journaux incapables de faire face au harcèlement juridique. Et ce depuis les lois sur la presse de 1881.
Or, cette règle a peiné à trouver sa transcription sur le réseau. Georges Tranchant a ainsi épuisé tous les recours possibles pour tenter d'obtenir gain de cause, en comptant sur une jurisprudence flottante. Ainsi, dans une affaire qui oppose le membre du FN, Carl Lang, à l'association Réseau Voltaire, le tribunal correctionnel de Paris a jugé en décembre 2000 que la mise à disposition sur le Web d'une notice biographique estimée diffamatoire par Lang pouvait s'apparenter à un «délit continu», car elle demeurait accessible en ligne tant que l'éditeur du site ne l'avait pas ôtée de ses archives. Selon cette lecture de la loi, aucune prescription ne pouvait donc jouer tant que l'article restait en ligne.
En rappelant dans son arrêt rendu public hier que, sur le Web, «le point de départ du délai de prescription (..) doit être fixé à la date [...] à laquelle le message a été mis pour la première fois à la disposition des utilisateurs du réseau», comme elle l'avait déjà fait dans une autre affaire de diffamation en ligne le 30 janvier dernier, la Cour de cassation confirme ainsi le retour du réseau dans le droit commun.
* Par FLORENT LATRIVE, Libération, 31 octobre 2001, p. 28
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La justice dit Amen à Costa Gavras
Le président du Tribunal de grande instance de Paris a rejeté jeudi (21 février 2002) la demande d'interdiction sur la voie publique de l'affiche du film "Amen" de Constantin Costa-Gavras.
"Amalgme historique grave" ? "Provocation" ? Le Tribunal de grande instance de Paris répond "Non". L'affiche du dernier film de Costa Gavras, représentant une croix chrétienne prolongée sur trois branches par celle d'une croix gammée, avec le titre du film (Amen.), ne sera pas retirée.
Cette interdiction de diffusion avait été demandée par l'association catholique Agrif (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne) qui y voyait "une offense gratuite inutile et publique aux sentiments religieux les plus respectables".
Saisi de la question mardi dernier (19 février 2002), le parquet s'était déjà montré hostile au retrait de l'affiche. "Franchement, je n'ai pas été agressé par cette affiche" a déclaré le substitut Pascal Le Fur : "il faut tenir compte de la liberté d'expression et de la liberté des croyances".
Une "accusation monstreuse" selon l'Agrif
Maître Wallerand de Saint-Just, l’avocat de l'Agrif, rappelle que les couleurs rouges et noires utilisées pour l'affiche étaient "les couleurs officielles du régime nazi" et que le mot "amen" signifie "ainsi soit-il". Il en déduit que l'affiche porte une "accusation monstrueuse" car elle est destinée à faire admettre que les catholiques ont donné leur approbation au nazisme. Prenant le contre-pied de cette déclaration, le président du Tribunal estime lui qu'"une lecture ouverte de l'affiche permet d'y découvrir une volonté de briser la croix nazie, symbole du totalitarisme, et de replanter en terre, comme pour la réhumaniser, la croix que continue de porter toute une communauté". Et d'ajouter : "seule une lecture fermée du message (...) peut donner à voir l'amalgame dénoncé entre la chrétienté et le nazisme".
L'affiche avait été critiquée par le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, par le président de la conférence des évêques de France Mgr Jean-Pierre Ricard, par des personnalités juives, dont Henri Hajdenberg, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et René-Samuel Sirat, ancien Grand rabbin de France, et par le MRAP.
Le film sortira le 27 février (2002) dans les salles.
Par Alexandra GUILLET, tf1.fr, news, Mis en ligne le 22 février 2002
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Déni creator
« L'avantage avec l'Histoire, selon Costa-Gavras, c'est que les faits sont indéniables tandis que les événements actuels sont toujours susceptibles d'interprétations. » Je ne sais si les événements sont susceptibles, ils protestent rarement ; on peut leur faire dire ce qu'on veut, et c'est bien ce que font les hommes qui se jettent dedans.
L'histoire, elle, est écrite dans un sens ou un autre, et c'est précisément ce que fait Costa-Gavras, metteur en scène engagé, comme on disait autrefois. Comme on a commencé à dire après les événements qu'il retrace dans Amen. Et c'est l'impression que donne ce film, celle d'un bon gros engagement né de cette espèce de bonne volonté touchante et massive dont témoignaient Z et L'Aveu.
Ainsi voyons-nous dans Amen, au moment ou les nazis font tourner leurs camps à plein régime, un déjeuner au Vatican où des évêques se goinfrent dans une élégante atmosphère de maison close. Un jeune et courageux jésuite, joué par Mathieu Kassovitz, tente vainement de les intéresser aux preuves qu'il apporte de l'existence des camps. Peine perdue. Les évêques se repassent la mayonnaise. Encore un peu de galantine, Monseigneur ?
Telle est la conception de l'histoire indéniable de Costa-Gavras, cinéaste qui a bien le droit de mettre ce qu'il veut dans son film, mais qui risque de rencontrer quelques spectateurs plus susceptibles que les événements.
L'intéressant est que Costa-Gavras n'a pas tiré son film du néant, d'archives ou d'un scénario, mais de la pièce de Rolf Hochhuth, Le Vicaire. Elle a dans les quarante ans. On a tout dit sur elle, du bien et du mal, mais personne ne peut nier qu'il s'agit d'une interprétation de l'histoire. Le film de Costa-Gavras qui en reprend les personnages réels ou imaginaires, et notamment le jeune et courageux Kassovitz, est donc l'interprétation d'une interprétation. Pourquoi pas ? C'est le droit légitime de tout créateur, c'est son devoir, sa raison d'être. Mais dans le genre indéniable, on repassera.
Naturellement, chaque créateur est convaincu qu'il est la vérité, encore plus qu'il ne la dit ; mais quand il s'agit de prouver que le pape Pie XII était un autre bras droit d'Hitler, un de plus, le créateur le plus grandiose s'expose à une critique non seulement de son art, mais de ses intentions. Je sais bien que l'époque n'en est pas à une intention près ; et sur ce qu'on lit des rois, des papes, de la France, de l'histoire depuis une vingtaine d'années, il y a autant de quoi rire que de s'affliger. S'affliger de la bêtise, de l'ignorance, rire de l'effet obtenu par la bêtise et l'ignorance. Voir un peuple tourner le dos à son passé, à son histoire, pour se jeter dans le vide de l'immense rien est un spectacle fascinant, mais qui ne surprend plus personne.
Il n'y a pas si longtemps c'était la guerre de 14-18. Auparavant, il y avait eu la célébration du bicentenaire de la Révolution qui nous valut de bons moments. Il n'y a pas de semaine sans que nous n'apprenions d'une bouche ou d'une autre, souvent gouvernementale, toujours autorisée, des détails inédits sur l'horreur dont nous sommes collectivement et historiquement coupables. Cette gigantesque farce rappelle la machine à décerveler du père Ubu, et l'admirable logique qui lui faisait jeter les palotins à la trappe.
Considérons qu'il ne s'agit que d'un film. Il y en a eu d'autres qui disaient des bêtises. Dans l'avion de dimanche, j'ai appris que d'Artagnan était le fils d'Anne d'Autriche. C'était une conception américaine de l'histoire. Ça m'a fait de la peine pour Dumas et pour Anne d'Autriche, fière Espagnole, mais je n'en étais plus à ça près. Ça m'a rappelé un autre film, Ridicule, dans lequel Louis XVI était un Libanais court sur pattes. Or le roi était très grand, et si on voulait se moquer de lui, les motifs ne manquaient pas qui ne l'auraient pas transformé abusivement et contrairement à une vérité indéniable, comme dit Costa-Gavras, en rahat-loukhoum à jabot.
Et pour rester à Costa-Gavras qui, lui, n'a pas pour vocation d'amuser, ni de raconter une histoire, mais revendique bien haut, bien fort, de mettre l'histoire en scène et ce qu'il appelle « la fonction de l'art », « provoquer continuellement le scandale pour créer le débat », j'ai le sentiment que son oeuvre est un bel exemple de conformisme. Montrer le Pape dans l'histoire, Pie XII dans la tourmente de l'Europe en guerre, pas plus extralucide qu'un autre mais chrétien inspiré, cherchant à sauver ce qui peut l'être, luttant pour sa foi contre un mal qui n'épargnait personne, voilà qui eût été anticonformiste. Un peu moins dans le vent bien sûr, le vieux vent tricoté maille à maille, et sans doute pas très recommandé.
Sur le conformiste et le recommandable, il y aurait des choses à écrire qui demandent une plume plus autorisée. Ce n'est pas que le conformisme soit détestable en soi, et même je suis prêt à m'engager à mon tour et pour une fois dans le rang des conformistes indécrottables, qui tiennent d'Artagnan pour le fils de sa mère, Louis XVI pour un géant, l'offensive de Nivelle pour une sottise d'état-major et l'occupation nazie en Europe pour une réalité objective dont il était difficile de faire abstraction. Le conformisme a du bon qui permet de ne pas penser qu'en 1981 la lumière, brusquement, succéda à la nuit, que le château de Versailles est antérieur au siège du Parti socialiste et que la première obligation d'un pape est d'être catholique. Repriser la vieille chaussette du Vicaire, très bon titre qui fit beaucoup pour la renommée de la pièce, me semble, au contraire, d'un conformisme douteux, éculé, et qui n'est pas certain d'obtenir le scandale qui conduit au succès.
Notez que l'Eglise de France pourrait protester. Elle l'a fait à propos de l'affiche du film, et un peu aussi sur sa thèse, mais je n'ai pas senti l'indignation farouche. Elle n'a pas l'air très assurée de ce Pape et nous a donné récemment tant de preuves qu'elle regrette d'avoir existé, d'avoir été puissante et écoutée à une époque où elle ne doutait pas d'être l'Eglise, qu'on finit par se demander de quoi on se mêle. C'est vrai à la fin, les causes ne manquent pas mais si les intéressés s'en désintéressent, on est tenté de passer la main. En fait d'héritage, l'Eglise a le sien qu'elle devrait défendre au lieu de s'en débarrasser dans un esprit de pauvreté évangélique qui a vite tourné à la pauvreté historique et ne tardera pas à terminer dans la plus sublime des pauvretés, la simplicité d'esprit.
Je sais bien que le royaume des cieux lui appartiendra, mais dans l'immédiat il faudrait affirmer la pérennité du royaume, et qui dit royaume dit un roi. Nous voici ramenés au Pape auquel on reproche pêle-mêle d'avoir été nonce à Berlin, d'avoir levé l'interdiction qui frappait L'Action française, d'avoir envoyé un télégramme de félicitations à Franco après sa victoire de 1936 et surtout, si j'ai bien compris, de ne pas avoir écouté à temps Mathieu Kassovitz, c'est-à-dire en 1943 un personnage créé vingt ans plus tard et rejoué vingt ans après. Il n'allait pas assez au cinéma.
lefigaro.fr, CHRONIQUE, Déni creator, Stéphane Denis [26 février 2002]
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Pie XII, "pape de Hitler", par Annie Lacroix-Riz*
Avec l'appui de Pie XII, l'Eglise s'engagea activement à l'est de l'Europe dans l'extermination.
La polémique qui se développe à propos du film de Costa-Gavras Amen s'est concentrée jusqu'à présent sur une affiche mêlant la croix catholique à la croix gammée. Mieux vaudrait aborder le cœur du débat : l'attitude du Saint-Siège à l'égard de "la destruction des juifs d'Europe" (Raul Hilberg) pendant la seconde guerre mondiale.
On lit dans Le Monde (14 février)(2002) que le choix du cinéaste ferait fi des acquis de la recherche depuis 1963. Mais de nombreux travaux sont allés dans le sens de la pièce de Rolf Hochhuth Le Vicaireet ont prouvé qu'elle contient peu d'erreurs factuelles.
L'image de Pie XII a-t-elle été définitivement établie par les Actes et documents du Saint-Siège, sélection de ses archives de guerre que le Vatican fit effectuer par une équipe de quatre jésuites comprenant le célèbre Père américain Graham, et dont le Père français Blet est le dernier survivant ? Lancée pour apaiser la tempête soulevée par Le Vicaire, cette publication de dix volumes (1965-1980) a été remise à l'ordre du jour par un récent résumé du Père Blet (Pie XII et la seconde guerre mondiale d'après les archives du Vatican,1998). Elle ne saurait convaincre, les conditions de sa réalisation n'ayant pu être contrôlées par des historiens.
La dernière tentative, une "commission internationale" paritaire de six historiens juifs et catholiques, a abouti en juillet 2001 à un échec retentissant : l'obstination du Vatican d'aujourd'hui à lui refuser l'accès à ses archives originales l'a conduite à la dissolution après démission de certains de ses membres, démission suivie d'une polémique entre ses trois membres juifs et l'Eglise.
Les "repentances" ne peuvent être opposées au bilan de près de quarante ans de recherches fondées sur des fonds originaux - à défaut de ceux que le Saint-Siège laisse obstinément fermés. Il fut riche en France et ailleurs au milieu des années 1960, dominé notamment par Carlo Falconi (Le Silence de Pie XII 1939-1945,essai fondé sur des documents d'archives recueillis par l'auteur en Pologne et en Yougoslavie), Saül Friedlander (Pie XII et le IIIe Reich), Gunther Lewy (The Catholic Church and Nazi Germany) et, à un degré moindre de recherche, Jacques Nobécourt, ancien correspondant du Monde en Italie ("Le Vicaire" et l'histoire).
Le débat fut ensuite anéanti en France, au profit de panégyriques dont le récent ouvrage du Père Blet offre le meilleur exemple. Ce qui domine en France n'est pas l'insulte faite aux catholiques d'aujourd'hui, mais le mauvais cas réservé aux récentes tentatives de recherche : l'a bien montré l'accueil réservé en 1999 par les grands médias au livre de John Cornwell, Le Pape et Hitler. Ce travail, certes insuffisamment approfondi et qui accable le seul Pie XII en exonérant le reste de la Curie, en particulier Pie XI, dont le règne couvrit les six premières années des misères des juifs allemands (sans parler de ceux de l'Europe orientale), a cependant ajouté quelques pièces au dossier d'Eugenio Pacelli.
Quel meilleur symbole de la difficulté à s'exprimer librement en France sur le nonce et secrétaire d'Etat du Vatican devenu pape que le conflit sur le titre initial de l'ouvrage, Le Pape de Hitler (Hitler's Pope) ? Car Eugenio Pacelli ne fut pas le saint torturé par un "drame intérieur d'une très rare acuité" (Xavier de Montclos) cher à l'historiographie catholique institutionnelle. Pas davantage le "mouton noir" que John Cornwell oppose à son prédécesseur Pie XI, dressé en antinazi. Mis au service de la politique allemande du Vatican, ce germanophile convaincu était surnommé Tedesco (l'Allemand) en Italie et en Pologne. Nommé au printemps 1917, à la demande de Berlin (tant il était considéré comme sûr), nonce à Munich, il s'y entoura d'une camarilla d'extrême droite, dans une région dont les traditions antisémites valaient celles de l'Autriche à laquelle elle appartint jusqu'au début du XIXe siècle.
Le Reich assura depuis lors sa carrière. Pacelli fut lié dès le début des années 1920, comme le clergé bavarois placé sous ses ordres de fait, aux groupuscules d'extrême droite qui pullulaient en Bavière : il fréquentait beaucoup Ludendorff, intime de Hitler, dans ce havre des terroristes du Reich qui avaient assassiné des ennemis politiques symbolisant la République de Weimar. L'antisémitisme de l'Eglise dans l'entre-deux-guerres est avéré, et on ne débat que sur le fait de savoir s'il demeurait un antijudaïsme ou devenait un antisémitisme racial (Völkisch). Celui de Pacelli unissait les deux : sa correspondance bavaroise révèle son obsession morbide des "juifs galiciens" bolcheviques. Comme tout Völkisch, il voyait dans chaque juif un bolchevique, et inversement.
Avocat infatigable des droits du Reich contre Versailles, comme nonce à Munich puis dans le Reich (depuis 1920), puis comme secrétaire d'Etat du Vatican (février 1930), il contribua largement, avec l'aval de ses supérieurs, Benoît XV puis (depuis 1922) Pie XI, à la réunification sans exclusive - nazis inclus - de la droite allemande. Il y mit assurément son empreinte, mais ne fut jamais désavoué pour avoir fait la carrière spectaculaire des éléments les plus nazis de l'Eglise autrichienne, allemande ou de toute fraction de nationalité œuvrant à la liquidation de l'Europe des traités de 1919-1920.
Pacelli, comme Pie XI, connaissait le sort des juifs du Reich depuis février 1933. Il interdit toute protestation des Eglises nationales (la française comprise) contre la persécution, notamment lors du boycott nazi des juifs du 1er avril 1933. Quand Pie XI posa à Berlin, en septembre 1933, par une note officielle, la question des juifs convertis (les autres n'intéressant pas Rome), il battit en retraite dès que le conseiller d'ambassade allemand Klee le pria de baisser le ton sur cette question "raciale". Devenu pape en mars 1939, affichant son amour pour le Reich avec des élans qui ravissaient l'ambassadeur allemand en poste depuis 1920, von Bergen, Pie XII fut, dans l'exceptionnel poste mondial d'observation du Vatican, immédiatement informé des atrocités allemandes : non pas à l'été 1942, lorsque les Américains lancèrent une campagne de presse sur l'extermination, alors dans sa phase la plus aiguë, mais dès les premiers jours de l'occupation de la Pologne.
On a beaucoup traité de ses silences sur les victimes de l'Axe, populations assaillies, bombardées, Polonais, juifs, Serbes, malades mentaux allemands assassinés par le régime avant la guerre, etc. Mais Pie XII parla beaucoup depuis 1939, comme Benoît XV pendant la guerre précédente : sur "les nécessités vitales" du Reich, contre l'éventuel bombardement de Rome (depuis l'été 1940) et, avec des sanglots dans la voix, contre celui des villes allemandes, depuis 1942, contre la formule de "capitulation sans conditions" de l'Allemagne projetée en 1943 par les Alliés, etc.
Il ne se contenta pas de se taire sur les massacres ou de faire avec son secrétaire d'Etat, Maglione, et son collaborateur, Montini, futur Paul VI, des bons mots lorsque les Américains le prièrent de parler : l'extermination des juifs était "exagérée par les Alliés" et n'était pas avérée, il ne pouvait dénoncer les "atrocités allemandes" sans dénoncer celles des Soviets, etc. Avec son appui, l'Eglise s'engagea activement à l'est de l'Europe dans l'extermination : franciscains de Croatie, massacreurs des juifs et des Serbes, prélats ukrainiens, slovaques, hongrois, roumains, etc., hérauts de la croisade contre les "judéo-bolcheviques". Tous furent impliqués dans le pillage des biens des massacrés, auquel le Vatican donna son aval écrit (en latin).
Le cas de l'Ouest est mal connu, car les liens de guerre entre les hiérarchies nationales et Rome n'y furent pas disséqués après-guerre. Mais comment interpréter le choix par Pie XII de l'Autrichien pro-nazi Hudal pour négocier en octobre 1943 avec le commandement militaire allemand la déportation des juifs de Rome organisée sous ses fenêtres ? "Question délicate [et] désagréable pour les relations germano-vaticanes", mais heureusement "liquidée" en moins de deux semaines, commenta le nouvel ambassadeur du Reich, von Weiszãcker.
Pie XII assuma doublement le soutien apporté aux massacreurs. Pendant la guerre, il fêta leurs représentants, ceux d'Ante Pavelitch en tête. Le texte de conversion forcée des Serbes, autre génocide croate de la guerre, ne fut d'ailleurs pas l'œuvre du chef d'Etat bourreau, mais un ordre d'inquisition contresigné par le secrétaire de la Congrégation orientale (contre son gré, la chose est avérée), le Français Tisserant, qui le reconnut après-guerre.
Après la guerre, Pie XII organisa avec Montini et Hudal le réseau de sauvetage des criminels de guerre, les "Rat Lines", financés par les Etats-Unis, et logea d'illustres "réfugiés", tels d'anciens ministres de Mgr Tiso (dont Karel Sidor, auteur de la législation antijuive de la Slovaquie "autonome" d'avant mars 1939).
L'ardeur mise par Pie XII à sauver les bourreaux pour les recycler sur place ou les expédier outre-mer (via Gênes et son archevêque Siri) constitue une nouvelle preuve à charge contre "le pape de Hitler".
* LE MONDE | 25.02.02 | 12h17 | analyse, Le Monde, 26 février 2002, p. 16. Annie Lacroix-Riz est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-VII.
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22 octobre 2002, Michel Houellebecq relaxé
C'est une interview au magazine littéraire «Lire», en septembre 2001, qui valait à Houellebecq d'être poursuivi, à la demande des grandes mosquées de Paris et de Lyon et de la Ligue des droits de l'Homme.
Le tribunal correctionnel de Paris n'a relevé ni injure raciale, ni provocation à la haine, la discrimination ou la violence contre les Musulmans, dans les propos tenus sur l'islam (qualifié de «religion la plus con») par l'écrivain Michel Houellebecq, qui a été relaxé mardi.
Le tribunal a donc rejeté les demandes des associations qui s'étaient constituées partie civile et réclamaient un total de 190 000 euros de dommages et intérêts.
La Société des habous et des lieux saints de l'islam, l'Association rituelle de la grande mosquée de Lyon, la Fédération nationale des musulmans de France, la Ligue islamique mondiale et la Ligue des droits de l'Homme reprochaient à l'auteur du roman «Plateforme», paru en août 2001, des déclarations faites à des journalistes du Figaro-Magazine et de Lire. Sa phrase la plus marquante, publiée dans Lire, était: «La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré».
Les magistrats de la 17ème chambre du tribunal correctionnel ont estimé que les jugements de valeur de nature théologique, littéraire ou artistique, de M. Houellebecq, n'étaient «sans doute caractérisés ni par une particulière hauteur de vue, ni par la subtilité de leur formulation», mais ils n'y ont pas décelé de délit.
Ils ont estimé que le terme «con» avait «une connotation outrageante ou à tout le moins méprisante», mais que toutes les religions étaient visées à des degrés différents et que cette phrase ne visait pas les musulmans.
«Ce propos ne renferme aucune volonté d'invective, de mépris ou d'outrage envers le groupe de personnes composé des adeptes de la religion considérée», estime le tribunal.
«Mépris pour l'islam»
Il ajoute que la critique des textes anciens «n'est pas en elle-même constitutive d'une injure et ne peut en tout état de cause viser les musulmans d'aujourd'hui».
Les magistrats refusent à M. Houellebecq le droit à une sorte «d'impunité de la littérature» ou de l'écrivain, notamment lorsqu'il s'exprime, non pas dans son ouvrage mais auprès de journalistes. Mais ils estiment que s'il exprime «de la haine» envers l'islam, il ne le fait pas envers les musulmans et n'invite personne à la partager ni à en tirer des conséquences discriminatoires envers quiconque.
M. Houellebecq, qui réside en Irlande, n'était pas présent pour entendre mardi le président Nicolas Bonnal lire ce jugement conforme aux réquisitions prononcées par le parquet lors de l'audience du 17 septembre. Ce jour-là, l'auteur avait nié toute aversion contre les musulmans mais avait revendiqué son «mépris pour l'Islam».
«Plateforme» se termine par un attentat imaginaire perpétré par des islamistes anti-occidentaux dans un bar d'un complexe touristique en Thaïlande, le Crazy Lips, et qui provoque la mort de 117 personnes, en majorité des touristes étrangers.
Le roman, paru chez Flammarion, a suscité de vives polémiques en raison des idées du narrateur sur les bienfaits du tourisme sexuel, l'égoïsme de l'Occident et la «déraison» qui s'empare de l'Islam. Me Jean-Marc Varaut, avocat de la Société des habous et lieux saints de l'islam, a annoncé qu'il allait faire appel.
lefigaro.fr, Avec AFP
[22 octobre 2002]
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Vente d'objets nazis : Yahoo s'estime hors la loi française
Le portail américain était poursuivi, hier (04 février 2004), devant la cour d'appel de Paris.
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(Octobre 2004) La pression monte pour un retrait de Rocco Buttiglione
ROME (AFP) - La pression continuait à monter jeudi (28 àctobre 2004) pour un retrait du controversé représentant italien Rocco Buttiglione dans la prochaine Commission européenne, même si le gouvernement de Silvio Berlusconi continue, pour le moment, à le soutenir.
Le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin s'est montré très dur vis-à-vis de M. Buttiglione jeudi. "Je n'accepte pas l'homophobie. Je n'accepte pas l'insulte, je n'accepte pas l'arrogance", a-t-il déclaré sur la radio RTL, en voyant des "excès" dans les propos du commissaire désigné italien.
M. Raffarin n'est pas allé jusqu'à demander que M. Buttiglione ne fasse pas partie de la prochaine Commission, mais il a invité son président, José Manuel Durao Barroso, "à écouter les Etats et le parlement" européen. M. Barroso, qui avait dû renoncer mercredi à présenter son équipe face à l'opposition du parlement européen, s'est aussi montré clair en annonçant des "changements ponctuels" dans son équipe. Et il a ajouté ne pas pouvoir accepter un commissaire qui aurait des "problèmes" avec le parlement européen.
M. Barroso n'a pas cité le nom de M. Buttiglione, mais, même si d'autres commissaires sont aussi dans le collimateur, c'est lui qui a cristallisé l'hostilité de nombreux parlementaires par ses propos jugés machistes sur les femmes et contre l'homosexualité, qu'il a qualifiée de "péché". Le leader des libéraux au parlement européen, Graham Watson, et celui des eurodéputés socialistes Martin Schulz lui avaient d'ailleurs conseillé dès mercredi de ne pas conserver Rocco Buttiglione dans son équipe s'il voulait obtenir la nécessaire investiture du Parlement.
M. Buttiglione avait aussi été critiqué par le Premier ministre suédois Goeran Persson, qui avait déploré son "sensationnel manque de jugement". Et le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a déclaré qu'il ne voudrait pas dans son gouvernement d'un homme qui "tient des propos aussi dénigrants".
Le cas de M. Buttiglione devrait figurer en bonne place dans les conciliabules que ne manqueront pas d'avoir les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 en marge de la signature, vendredi à Rome, de la Constitution européenne. Le gouvernement de M. Berlusconi, qui a désigné M. Buttiglione, lui conserve son soutien, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini.
Mais la presse italienne soulignait jeudi que les autorités italiennes pourraient envisager de présenter un autre candidat à condition que M. Buttiglione ne soit pas le seul à faire les frais de l'opération. Romano Prodi, le président sortant de la Commission européenne, s'est déclaré mercredi convaincu que "plusieurs commissaires seront changés". Selon le quotidien La Repubblica, proche de l'opposition, M. Berlusconi n'exclut pas d'avoir à "sacrifier" M. Buttiglione sur l'autel de l'Europe.
"L'objectif était de ne pas gâcher la cérémonie de la signature vendredi de la nouvelle Constitution européenne. Nous y sommes parvenus. Nous avons maintenant un mois pour réfléchir et nous verrons. Mais nous devons être prêts à d'autres solutions", aurait dit Le chef du gouvernement italien à ses proches, selon le journal.
Selon le quotidien romain Il Messaggero, il a expliqué à un de ses ministres ce qu'il dirait vendredi à M. Barroso: "Nous ne pouvons laisser croire qu'il n'y a qu'un "cas Buttiglione" en Europe. Donc nous ne devons pas être les seuls à faire un pas en arrière. Mais si parmi les sacrifiés, il y aussi notre candidat, nous ne poserons pas de problèmes".Juridiquement, M. Barroso peut donner un autre portefeuille à M. Buttiglione, mais il ne peut exiger son départ car il a été désigné pour faire partie de la Commission par les chefs d'Etat et de gouvernement. Il faut donc que M. Buttiglione démissionne de lui-même ou que le gouvernement italien le remplace.
yahoo.fr, actualités, jeudi 28 octobre 2004, 13h45
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Buttiglione se retire de la Commission Barroso
L'Italien Rocco Buttiglione a annoncé samedi (30 octobre 2004) à Rome son retrait de la Commission européenne présidée par José Manuel Durao Barroso. Il avait été récusé par le Parlement européen pour ses positions homophobes.
"J'offre ma démission pour favoriser le succès de la Commission Barroso", a déclaré Rocco Buttiglione au cours d'une conférence de presse.
Vendredi en fin de soirée, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait annoncé indirectement que Rocco Buttiglione ne serait pas commissaire européen et qu'il était prêt à lui trouver un remplaçant pour siéger au sein de la Commission Barroso. "Que M. Buttiglione reste ministre (dans le gouvernement italien), je pense qu'il en sera ainsi. Il est inutile de nier que cela représente la voie la plus probable après les rencontres de ces dernières heures avec Barroso et avec les leaders européens", avait-il déclaré à des journalistes.
Le président désigné de la Commission européenne avait dû renoncer mercredi à présenter son équipe face à l'opposition du parlement européen, qui conteste plusieurs commissaires.
Mais c'est avant tout Buttiglione qui avait cristallisé l'hostilité de nombreux parlementaires européens, par ses propos jugés machistes sur les femmes et contre l'homosexualité, qu'il a qualifiée de "péché".
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(Mars 2005, Cathophobie) Interdiction de la pub Marithé & François Girbaud
PARIS (AP) - Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a ordonné jeudi (10 mars 2005) l'interdiction de l'affiche de la campagne publicitaire des créateurs de vêtements Marithé & François Girbaud, inspirée de "La Cène", au motif qu'elle heurte le sentiment religieux des catholiques.
La société Marité & François Girbaud va faire appel de cette ordonnance qui est assortie d'une astreinte de 100.000 euros par jour de retard à compter du troisième jour de cette décision.
La campagne des créateurs Marithé & François Girbaud consiste en une photo qui s'inspire de "La Cène" du maître italien Léonard de Vinci. Seul homme, vu de dos, l'apôtre Jean est vêtu simplement d'un jean, tandis que Jésus et les autres apôtres sont représentés par des femmes habillées des vêtements des créateurs.
Cette inversion des sexes semble être un clin d'oeil au best-seller "Da Vinci Code". Dans ce roman, Dan Brown affirme que, sur la fresque de "La Cène", la personne assise à la droite de Jésus n'est pas Jean mais Marie-Madeleine.
Pour l'instant, une seule affiche de cette campagne publicitaire se trouve sur une bâche de ravalement sur un immeuble de l'avenue Charles-de-Gaulle à Neuilly-sur-Seine, mais elle se trouve en revanche largement présente dans la presse.
"L'affiche critiquée constitue dans son ensemble une violation manifeste de l'esprit de tolérance qui doit caractériser, au même titre que la liberté d'expression, une société démocratique", note le juge des référés.
Celui-ci estime que les "catholiques peuvent d'autant plus se sentir attaqués et offensés dans leurs sentiments religieux que la représentation litigieuse (...) procède de la seule intention de réaliser des profits au mépris de la foi de personnes appartenant à la religion catholique".
La Conférence des évêques de France (CEF) demandait le retrait de cette affiche. "Demain, ce sera le Christ sur la croix qui vendra des chaussettes", s'est indigné l'avocat de la CEF, Me Massis, en demandant au tribunal de mettre un terme à cette "violence morale" engendrée par les publicitaires trop créatifs.
"Cette photo ne présente aucune injure vis-à-vis de la religion catholique", avait rétorqué Me Bernard Cahen, l'avocat de la société François Girbaud. "Le travail effectué l'a été à partir d'une oeuvre de Léonard de Vinci et non pas par rapport à la Bible", a noté l'avocat rappelant que l'oeuvre est dans le "domaine public". AP
liberation,fr, jeudi 10 mars 2005, 18h39, p. 24
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(Mai 2005) Le CSA rappelle à l'ordre les "Guignols de l'info"
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a adressé une "mise en demeure" à la chaîne privée Canal+, après la diffusion d'une séquence jugée "injurieuse" par les évêques de France à l'égard du pape Benoît XVI dans l'émission en clair les "Guignols de l'info". Cette "mise en demeure" a été adressée mercredi 11 mai. Ce rappel à l'ordre n'est toutefois pas assorti, à ce stade, de sanction financière, a précisé un porte-parole du CSA.
Dans le sketch des "Guignols" diffusé le 20 avril (2005), le nouveau pape Benoît XVI était présenté comme un nouvel Hitler baptisé Adolf II, bénissant les fidèles "au nom du Père, du Fils et du IIIe Reich" . La séquence faisait allusion à l'enfance du pape en Allemagne et à son enrôlement au sein des Jeunesses hitlériennes sous le IIIe Reich.
Le CSA avait reçu des plaintes des évêques de France mais aussi de particuliers. Il a donc mis en demeure la chaîne privée de respecter l'article 10 de sa convention "en respectant les différentes sensibilités politiques, culturelles et religieuses de son public et en n'encourageant pas de comportement discriminatoire en raison de la race, du sexe ou de la nationalité".
REGRETS DE LA CHAÎNE
Il lui a également demandé de se conformer à l'article 11 de sa convention "en respectant les droits de la personne relatifs à sa vie privée, son image, son honneur et sa réputation tels qu'ils sont reconnus par la loi et la jurisprudence".
Canal+ avait exprimé, dans un communiqué, "ses regrets" pour cette séquence.
C'est la première fois que la chaîne fait l'objet d'une mise en demeure pour les Guignols, a précisé le CSA. La mise en demeure est la première étape avant d'éventuelles sanctions que le Conseil est susceptible de prendre envers une chaîne, mais "on ne peut pas engager de procédure de sanction si au préalable il n'y a pas eu de mise en demeure pour les mêmes motifs", a-t-on expliqué au CSA.
LEMONDE.FR | 11.05.05 | 19h50 • Mis à jour le 11.05.05 | 19h56, Avec AFP et Reuters
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