Mai 2009. Vers Scientologie, le procès

Août 2004. Tom Cruise, de l'Eglise de Scientologie, reçu par Nicolas Sarkozy, ancien ministre de l'Intérieur et des Cultes

------

Mai 2009. Rapport Fenech 2008. Les faux psychothérapeutes persistent et plus
Décembre 2000. Rapport Vivien 2000. Les sectaires, ils sont [presque] partout.
Le Figaro du 23 décembre 2000 rend compte, de manière factuelle, du rapport annuel remis à Lionel Jospin par le président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils), Alain Vivien.

Cinq domaines, requièrent une vigilance particulière.
Tout d'abord, les psychothérapeutes, actuellement 15 000 en France « chiffre [qui] pourrait bien doubler dans les dix prochaines années » sont très diversement formés et « parmi les innombrables courants de psychothérapie, il existe des pratiques comparables à celles dénoncées dans les groupes à dérive sectaire ». Le rapport préconise donc « la mise en place d'une régularisation administrative et déontologique des activités des psychothérapeutes' », qui permettrait de discriminer « les néoformations thérapeutiques » d'inspiration « religieuse » des autres approches.
Les écoles Steiner [du nom du philosophe autrichien fondateur de l' anthroposophie, ndrl] sont également montrées du doigt, les pouvoirs publics étant appelés à « maintenir une politique de veille soutenue » sur ces expériences de pédagogie alternative, tout comme il leur est recommandé de la faire dans les DOM, qui semblent « noyautés » par les sectes : une enquête réalisée au printemps 2000 a, en effet, montré qu'en Guyane, Guadeloupe et la Martinique, « rares sont les familles dont au moins un membre n'adhère pas à une secte ou n'en subit pas les méfaits. »
Enfin, le rapport se félicite des « efforts de prévention et d'information » mis en place, notamment par le ministère de l'emploi et de la solidarité, en l'an 2000, qui ont permis de lutter contre l'infiltration des sectes dans « la formation professionnelle qui constituent l'un des gisements » privilégiés d'influence et de ressources des mouvements sectaires' ». Pas souvent désintéressées les sectes, qui « ont appris à pénétrer et utiliser des secrets d'entreprises' - recherches de laboratoire, fichiers de clientèles, dossiers personnels de salariés ».
Dans le même ordre d'idées, « la Mils constate que, dans leur fonctionnement international, les sectes recourent volontiers à des subterfuges qui leur permettent d'échapper au contrôle et à la vigilance des États' », et notamment à l'entrisme dans les ONG, souvent à but soi-disant humanitaire. Ces réseaux, alliés aux « échanges sur Internet [et à] la libre circulation des capitaux [...] procurent d'importantes opportunités, de corruption, de déstabilisation économique ou politique et de fausses aides au développement'. »

-------

Août 2004. Tom Cruise s'invite chez Nicolas Sarkozy

De passage à Paris pour la promotion de son dernier film "Collateral" qui sort fin septembre, Tom Cruise a eu un entretien lundi avec Nicolas Sarkozy à Bercy, à la demande de l'acteur américain.

Leur entrevue a duré plus d'une heure et a porté sur plusieurs sujets dont les relations franco-américaines. La star est arrivée au ministère à bord d'une vedette, pour le bonheur des paparazzi.

On ne sait pas si le héros de "Mission impossible" a proposé au ministre de l'Economie un rôle dans un prochain film. Qui sait, peut être que Nicolas Sarkozy envisage un jour de crever le grand écran !
Yahoo.fr, actualités, mardi 31 aout 2004, 9h01

-------

Quand des charlatans se font passer pour des thérapeutes La-Croix.com
Dans son dernier rapport, rendu public mardi 19 mai, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes épingle de nouveau les psychothérapies déviantes

Jamais les psychothérapeutes n’ont eu autant de succès. Les « vrais », c’est-à-dire ceux qui ont été formés à des techniques éprouvées ; mais aussi les « faux », les charlatans, qui n’ont de thérapeutes que le nom. Si le phénomène n’est pas nouveau, il est en constante augmentation, alerte la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Son rapport annuel publié mardi 19 mai parle d’une « explosion de la bulle psy accompagnée de nombreuses déviances ».

Cet engouement s’explique par un croisement de l’offre et de la demande. D’un côté, « face aux difficultés des sociétés contemporaines et devant le recul de certaines institutions, dont la famille, l’accompagnement psychologique est de plus en plus sollicité pour des publics fragiles (malades, jeunes en difficulté, personnes dépendantes…), pour gérer des situations de crise (catastrophes naturelles) ou des fléaux sociaux (violence urbaine, toxicomanie, délinquance…). Cette évolution coïncide avec un élargissement constant des pratiques et des méthodes, dont le nombre se situerait aujourd’hui entre 200 et 400 », explique le chapitre du rapport consacré au « Risque santé ».

Une enquête faite au début des années 1980 par la Fédération française de psychothérapie sur un peu plus de 8 000 Français estimait, par extrapolation, que près de 3 millions de personnes avaient suivi ou suivaient encore une psychothérapie. Mais, si l’on admet que l’entourage d’un patient en thérapie est fortement concerné, en réalité huit à dix millions de personnes en subissent les effets, souligne la Miviludes. Aujourd’hui, « il est raisonnable d’estimer l’impact des pratiques psychothérapeutiques à environ douze millions de personnes », lit-on dans son rapport. Témoignages inquiétants

Or, de 25 à 30 % de ceux qui se disent psychothérapeutes ne sont ni psychiatres, ni psychanalystes, ni titulaires d’un diplôme de psychologue. « Ils se réclament de disciplines diverses et ont des parcours de formation hétérogènes », note la Miviludes. Car le titre de psychothérapeute n’est pas protégé : n’importe qui peut s’en réclamer. Plus pour longtemps toutefois, puisque l’article réglementant la profession devrait enfin être adopté dans le cadre de la loi sur l’hôpital. Chacun pourra alors savoir à qui il se confie.

En attendant, la Miviludes dit avoir été alertée par des témoignages inquiétants sur deux types de déviance : d’abord, la nouvelle médecine germanique, inspirée par le docteur Geerd Hamer. Celle-ci « développe la thèse que toute maladie, et en particulier les cancers, naissent de graves conflits psychologiques non résolus (…) enfouis dans l’inconscient du malade. Le décryptage de ce conflit conduit à la guérison. » Un important réseau de « thérapeutes » auto-institués s’est ainsi développé sur ces bases, en dépit de plusieurs condamnations prononcées à l’encontre du fondateur de cette théorie.

La mission de lutte contre les sectes s’inquiète aussi de la pratique des faux souvenirs induits. L’an dernier déjà, la Miviludes avait épinglé cette dérive thérapeutique consistant à persuader un patient, une femme le plus souvent, que les troubles dont elle souffre sont la conséquence de l’abus sexuel que lui aurait fait subir son père ou sa mère dans l’enfance.

Fantasme et réalité

Ce phénomène a fait son apparition aux États-Unis dans les années 1990 avant de se répandre en France au début des années 2000. Il est particulièrement difficile à combattre, souligne le docteur Erik Nortier, psychiatre, qui suit chaque année environ une dizaine de victimes à la demande de l’association Alerte faux souvenirs induits (Afsi) : « Tout le problème est d’arriver à distinguer ce qui relève du fantasme et ce qui relève de la réalité, puisque les abus sexuels sur mineurs, cela existe aussi », explique l’expert psychiatre.

Combien de victimes peut-on imputer à des thérapeutes déviants ? Impossible à dire. Mais il semble que celles-ci sont bien supérieures au nombre de personnes demandant à être aidées. Si leurs proches témoignent parfois (lire les Paroles en page suivante), les principaux intéressés, eux, se manifestent peu ou pas du tout. « Soit les victimes restent complices de ce qu’elles ont traversé, persuadées que le gourou est dans le vrai ; soit elles sont sorties de cette relation d’emprise, mais pour basculer dans un refus de contact », analyse Michel Topaloff, psychiatre et psychanalyste.

Car l’effet des pratiques charlatanesques est assimilable à un traumatisme : la personne perd toute confiance en autrui. « Ce sont des gens qui ont été trompés, trahis par celui ou celle en qui ils avaient placé tous leurs espoirs. Comme s’ils avaient vécu une histoire d’amour dans laquelle le prince charmant s’avère être un salaud.

Ils en éprouvent de la honte et, en même temps, ont les plus grandes peines du monde à se confier à un nouveau thérapeute », reprend Erik Nortier. "Illusion groupale"

Pour ces deux psychiatres, l’adhésion à une entreprise sectaire s’apparente à l’addiction toxicomaniaque. « C’est le fruit d’une rencontre entre une fragilité personnelle, un “dealer” – le gourou – et une drogue – la secte », poursuit Erik Nortier, paraphrasant le spécialiste des drogués récemment décédé Claude Olievenstein. À partir du moment où l’on entre dans ce système de croyance, que l’on fait partie du groupe, plus rien d’autre n’a d’importance. La personne vit une « illusion groupale », telle que décrite par le psychanalyste Didier Anzieu : les membres du groupe sont unis dans l’amour du père (du gourou), ils expulsent leur agressivité vers l’extérieur et vivent dans un état d’euphorie spécifique qualifié par les psychiatres d’« élation ».

Autant d’éléments qui expliquent la difficulté qu’ont les sortants de secte à se reconstruire : il leur faut à la fois faire le deuil du « paradis perdu » qu’a constitué le groupe à un moment donné, retrouver des repères leur permettant de vivre sans l’appui du groupe et admettre que ce qu’ils ont subi n’est pas sans lien avec leur histoire personnelle. Pour ce cheminement, « il est préférable qu’ils soient entourés », estime le docteur Topaloff, qui préfère adresser ces patients à un centre de thérapie familiale.

Mais la parade essentielle reste bien évidemment la prévention. La Miviludes propose ainsi de « dresser un inventaire précis et régulièrement actualisé de l’offre à risque », « d’évaluer les contenus, les limites et la dangerosité des pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique » et « d’informer régulièrement le grand public ». Les psychiatres, eux, donnent quelques pistes sur les signes qui doivent alerter : « Il faut se méfier de quelqu’un qui promet la guérison psychique à tout coup », avertit ainsi le docteur Michel Topaloff.

En ce domaine, la solution miracle n’existe pas – cela se saurait. Quant à Erik Nortier, il met en garde contre les groupes qui proposent de soi-disant « tests psychologiques » minute : « à partir du moment où vous acceptez, vous êtes cuits, prévient-il, parce qu’ils savent que vous n’allez pas forcément très bien. » Des recommandations en apparence très simples, mais qui peuvent éviter à chacun d’entre nous d’être, un jour, pris dans un engrenage fatal. Marianne GOMEZ

--------

Retour Première page