L'UCK (Armée de libération du Kosovo) serait née fin 1992. Ses fondateurs sont issus du LPK (Mouvement populaire
du Kosovo) lui-même issu du LRSHJ (Mouvement pour la République albanaise de Yougoslavie), fondé en février 1982
en Turquie par des partisans maoïstes de la dictature d'Enver Hodja (1908-1985) en Albanie.
En 1996-1997 l'UCK ouvre des camps d'entraînement dans le nord de l'Albanie et en Macédoine occidentale où les albanais
sont majoritaires. Les services secrets militaires allemands (Kommandos Spezialkräfte) fournissent des armes,
des uniformes, du matériel de transmission, et entraînent les futurs officiers de l'UCK.
Le financement de l'UCK provient de la diaspora albanaise qui est bien implantée en Suisse et en Allemagne. L'UCK
utilise les filières mafieuses, qui pratiquent le trafic de drogue, l'escroquerie et la cavalerie dans le monde
des affaires, y compris à Paris dans le quartier du Sentier (démantèlement d'une filière en décembre 1997).
En janvier 1998 l'UCK annonce qu'elle combat pour la création d'une grande Albanie, composée de l'Albanie, du
Kosovo, épuré des Serbes, de la partie occidentale de la Macédoine et du tiers méridional du Monténégro (la Grande Albanie
de Mussolini puis d'Hitler, de 1939 à 1945).
A la fin de l'été 1998 après des succès militaires albanais au Kosovo, puis des revers dus à la réaction de l'armée serbe (800 morts,
150 000 réfugiés), les Etats-Unis interviennent, avec l'argent de l'Arabie saoudite et le soutien logistique de la Turquie, pour fonder une nouvelle armée,
la FARK (Force armée de la République du Kosovo), placée sous la direction théorique du président Rugova. Mais les américains prennent également
contact avec les dirigeants de l'UCK. Les armes affluent, notamment sous couvert d'aide humanitaire.
En mars 1999 l'UCK est chassée par l'armée serbe de la quasi totalité du Kosovo. Pendant les bombardements de l'Otan
elle se réorganise avec l'aide des services spéciaux américains. Les albanais du Kosovo installés à l'étranger, de 18 à 50 ans, non chargés de famille,
sont mobilisables. 20 000 volontaires se présentent. La mobilisation financière est également productive ; les 220 000 albanais
de Suisse doivent verser chacun 2 000 deutschmarks par mois. En France les travailleurs doivent verser 50%
de leurs salaires.
Si l'on en croit des engagés volontaires, venus "d'un pays européen", au sein de l'UCK, le "courant
marxiste-léniniste pur et dur, agent du gouvernement socialiste albanais, ( )n'avait pas d'influence et n'a pas pu
s'imposer", et les combats menés par l'UCK, pendant les bombardements de l'Otan ("... chaque unité, infiltrée par la CIA, avait son téléphone satellite et son code à quatre chiffres,
pour donner sa position à l'OTAN"), qui lui auraient coûté un
millier de morts, et dix fois plus aux civils, auraient, avec ces bombardements, permis la fin de la guerre.
Sur les accords
avec la KFOR (Forces armées de l'Otan au Kosovo) prévoyant la démilitarisation de l'UCK, ils sont très clairs :"Ne pensez pas qu'on rendra quoi que ce soit, si ce n'est du rebut. On a déjà ramené
tout l'armement en Albanie, et les gens ici cacheront leurs armes légères. Il n'y aura plus de massacres
de civils au Kosovo" (sous-entendu albanais).
D'après Sophie Shihab, in Le Monde du 26 juin 1999, p. 4.