Charles Robert Darwin (1809-1882)
L'évolution par la sélection naturelle

Au darwinisme d'origine, le darwinisme de Darwin, a succédé le néo-darwinisme actuel, encore appelé "théorie synthétique de l'évolution".
Cette théorie est critiquée par le néo-lamarckisme.
D'autre part, au darwinisme social de la fin du XIXème siècle a succédé récemment la sociobiologie.

1. Le darwinisme de Darwin

1.1. La vie et l'oeuvre

Charles Robert Darwin est né en 1809 à Shrewsbury dans le Shropshire en Angleterre. Son grand père, Erasmus Darwin, est un botaniste et poète célèbre, et riche. Son père est médecin.
Il étudie la médecine à Edimbourg de 1825 à 1828. Il apprend à naturaliser les animaux et découvre Lamarck mais échoue dans ses études. Son père l'envoie à Cambridge au Christ'College pour devenir clergyman. Il étudie la géologie, l'entomologie et la botanique de 1828 à 1831. Etudiant plutôt médiocre il sort cependant diplômé.
En 1831, recommandé par son professeur de botanique et soutenu par son oncle contre son père, il part sur le navire le Beagle en expédition en Amérique latine et dans les Iles du Pacifique. Il rapporte de ce voyage qui dure cinq ans (1831-1836) les observations qui seront la base de son oeuvre scientifique.
En 1839 il épouse sa cousine, dont il aura quatre fils, et vit à Londres jusqu'en 1842. Il est de 1838 à 1841 secrétaire de la Geological Society.
Sa santé étant précaire il s'installe alors dans le Kent, à Down, où il vit de sa fortune personnelle et du succés de ses livres. Il y reçoit ses amis et de nombreux savants. Il est célèbre mais violemment attaqué par les religieux pour son non respect des dogmes bibliques.
Darwin décède le 19 avril 1882. L'Angleterre fut fait des funérailles officielles. Son corps repose à l'abbaye de Westminster.

Les ouvrages suivants sont parmi les plus importants :
- On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life, 1859, De l'Origine des espèces par sélection naturelle ou des lois de transformation des êtres organisés, 2 vol., trad. Clémence Royer, Flammarion, Paris, 1872, L'Origine des espèces, Flammarion, Paris, 1992 ;
- The Variation of Animals and Plants under Domestication (1868), La Variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication, Paris, 1868 ;
- The Descent of Man, and Selection in Relation to Sex (1871), La Descendance de l'homme et la sélection sexuelle, Paris, 1872, Ed. Complexe, 2 vol., Bruxelles, 1981 ;.
- The Expression of the Emotions in Man and Animals (1872), L'Expression des émotions chez l'homme et les animaux, Paris, 1874.

1.2. L'évolutionnisme de Darwin

Pour Charles Robert Darwin, l'évolution des espèces vivantes est une évolution biologique qui repose essentiellement sur le phénomène de la sélection naturelle.

Selon lui les populations composant une espèce vivante sont constituées d'individus apparemment semblables mais qui, en réalité, diffèrent par leurs caractères biologiques. Donc l'aptitude à survivre et à laisser des descendants exerce ses effets sur des populations biologiquement hétérogènes.

Selon Darwin la nature, comme les éleveurs et les horticulteurs, procède au tri systématique des plus aptes, ceux qui, en fonction des conditions écologiques, mais à cause de leurs caractères biologiques, vont s'adapter - donc subsister et se reproduire. Et, selon lui, les comportements acquis du fait de l'adaptation sont transmissibles par hérédité.

Mais le phénomène est très lent et graduel, la nature, selon Darwin, n'étant efficace qu'à condition de disposer de très longues durées.

Si la girafe, selon la théorie de Darwin, possède un long cou c'est que, parmi les giraffidés, certains étaient biologiquement prêts à s'adapter à de nouvelles conditions écologiques.

2. Le néo-darwinisme actuel ou la "théorie synthétique de l'évolution"

Le darwinisme repose donc, fondamentalement, sur des données biologiques. Mais seule la génétique pourra les développer et les expliciter.
Or les travaux du fondateur de la génétique, le moine Johann Gregori Mendel (1822-1884), bien qu'ayant été publiés en 1865, ne furent vraiment connus des spécialistes qu'en 1900.

C'est donc au XXème siècle que le darwinisme a été repris et enrichi pour devenir ce que l'on appelle aujourd'hui le néo-darwinisme, ou la théorie synthétique de l'évolution.

Le néo-darwinisme actuel affirme que les caractères biologiques différents sur lesquels s'exerce la sélection naturelle résultent de mutations génétiques dues au hasard, mutations qui sont transmissibles génétiquement, qui sont héréditaires, alors que les modifications acquises par l'action du milieu ne sont pas, elles, biologiquement transmissibles.

En conséquence, pour les néo-darwinistes actuels, l'Etre humain, c'est à dire l'homo sapiens sapiens d'il y a environ 130 OOO ans, ne peut pas changer génétiquement du fait de l'éducation et/ou des transformations économiques et sociales, comme le pensent notamment les marxistes, mais l'Etre humain peut changer du fait de manipulations génétiques effectuées par les biologistes, manipulations qui sont aujourd'hui techniquement possibles mais qui posent des problèmes qui relèvent de la bio-éthique.

3. Le néo-lamarckisme

Le néo-darwinisme est toujours l'objet de nombreuses critiques, notamment des néo-lamarckistes.
Certains biologistes contestent le hasard pour ne retenir que la nécessité. Ou bien ils doutent que les mutations aient un pouvoir suffisant pour permettre l'évolution.
Par exemple Pierre-Paul Grassé soutient que c'est le vivant lui-même qui porte sa puissance évolutive et Paul Wintrebert que l'adaptation est une riposte déterminée à une déficience fonctionnelle antigénique que guérit un anticorps adaptatif. Un génome ne fournit pas nécessairement d'emblée tout ce qu'il est en mesure de fournir.

Selon Jacques Ruffié il est vain d'opposer Lamarck à Darwin car "la grande richesse longtemps ignorée de leur stock génique (des espèces vivantes) fait que l'information génétique détenue dans un groupe est, potentiellement, extrêmement vaste. Toute contrainte écologique nouvelle est presque assurée de recevoir une réponse adéquate".

4. Le darwinisme social

Dans le domaine social le darwinisme a donné naissance au XIXème siècle a une théorie - le darwinisme social - dont le représentant principal est l'anglais Herbert Spencer (1820-1903).
Alors que le darwinisme est une théorie générale qui concerne l'évolution de toutes les espèces vivantes, le darwinisme social de Spencer est une application sociologique concernant l'évolution interne de l'espèce humaine.

Le darwinisme social affirme que la compétition, la lutte pour la vie, affecte, à l'intérieur de l'espèce humaine, les différents groupes sociaux qui la composent (familiaux, ethniques, étatiques) de telle sorte que des hiérarchies se créent, qui sont le résultat d'une sélection sociale qui permet aux meilleurs de l'emporter.

Or, pour Spencer, tous les groupes sociaux étant en compétition les uns avec les autres, tout ce qui peut affaiblir un groupe social bénéficie à ses concurrents.
En conséquence, Spencer pense que toute protection artificielle des faibles est un handicap pour le groupe social auquel ils appartiennent, dans la mesure où cette protection a pour effet d'alourdir le fonctionnement du groupe et, donc, de le mettre en position d'infériorité face aux groupes sociaux rivaux.

Le darwinisme social a été politiquement utilisée par le libéralisme classique pour justifier de la non-intervention de l'Etat dans le domaine économique et social, intervention qui est considérée comme étant handicapante pour la Société.

5. La sociobiologie

La sociobiologie est l'héritière du darwinisme social, constituant ce que l'on peut appeler un néo-darwinisme social.

La sociobiologie est née aux Etats-Unis d'Amérique en 1975 lorsque Edward O. Wilson (1929 - ),professeur de zoologie à Harvard, publie son ouvrage fondamental "Sociobiology, the new synthesis".
La sociobiologie est née des recherches les plus récentes en éthologie, la science du comportement animal, en écologie et en biologie génétique.

Les sociobiologues pensent que les êtres vivants sont en perpétuelle compétition pour essayer d'améliorer leur situation.
Plus précisément, selon Wilson, l'organisme vivant n'existe pas pour lui-même mais pour permettre la reproduction de ses gènes, la transmission de son génotype, son patrimoine génétique, dans les meilleures conditions possibles, quantitatives et qualitatives.
Pour certains sociobiologues l'organisme vivant n'est qu'un "véhicule à gènes".

Pour Wilson la "nature humaine" est faite d'un certain nombre de contraintes biologiques, codées génétiquement, qui amènent les différents humains à prendre les mêmes décisions dans un large éventail de contextes.

Wilson pense que le moteur du comportement social est l'égoïsme biologique qui permet la conservation de ses propres gènes et/ou de leurs copies, ce qui conduit les individus à s'affronter socialement pour l'acquisition de la dominance - car la dominance sociale, directement liée à l'agressivité, peut se traduire par un grand succés reproductif.
Et Wilson admet l'hérédité des comportements acquis, comme le fait Darwin lui-même (et Lamarck)...

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