Jean Duns Scott (1265-1308)

Selon ce philosophe fransciscain, le droit émane de la volonté divine, et humaine.
L'on sait peu de choses de sa vie mais son oeuvre (§ 1) fonde la philosophie volontariste (§ 2).

§ 1. La vie et l'oeuvre

Jean Duns Scott est un philosophe franciscain qui a enseigné à Oxford et à Paris et dont l'oeuvre a eu un grand succès au Moyen Age.
Sa scolastique, que Michel Villey qualifie d'intégriste, s'oppose à celle de saint Thomas d'Aquin qualifiée par lui d'humaniste.

Les deux oeuvres principales de Duns Scott sont :
- Opus oxoniense
- Reportata Parisiana.

§ 2. La philosophie volontariste de Duns Scott

Duns Scott s'oppose à Thomas d'Aquin.

Pour Duns Scott Dieu est totalement libre de ses actions, son pouvoir est absolu.
Affirmer l'existence d'un ordre naturel qui émanerait de la raison divine c'est amoindrir la puissance de Dieu qui ne saurait être obligé d'agir selon la raison mais comme il l'entend.

La raison humaine ne peut être que la servante de la foi. Certes la foi nous enseigne que Dieu est bon et qu'il agit par amour, qu'il ne saurait se contredire et il est vrai qu'il a créé un ordre qui peut être qualifié de naturel.
Mais Dieu, qui dispose du pouvoir absolu, n'est pas lié par ses propres lois et donc par l'ordre naturel, c'est ainsi qu'il agit par miracles, qu'il a voulu que Marie, tout en demeurant vierge, donne naissance à son fils, ce qui n'est pas dans la nature des choses.

Ce qui compte, fondamentalement, c'est la volonté divine, la liberté divine.
Quant à l'homme Dieu a également voulu qu'il soit libre. Cette liberté est une liberté individuelle qui permet à l'homme d'agir volontairement, de commettre ou de ne pas commettre le péché, d'aimer du de ne pas aimer Dieu et son prochain.
Car la seule loi morale est d'aimer Dieu et son prochain. Or le fait d'aimer ou de ne pas aimer ne peut relever de la raison mais d'un choix délibéré, d'un acte libre, volontaire, individuel.

Le droit ne saurait donc être rationnel, il émane de la volonté, volonté divine et volonté humaine.

A - Le droit positif divin

Dieu a fixé lui-même les règles de droit, qu'il convient de respecter, dans la Bible, dans l'"écri ture Sainte".
Les préceptes bibliques - tels que : Tu ne tueras pas, Tu ne voleras pas, Tu ne commettras pas d'adultère - doivent être respectés parce que Dieu le veut ainsi, et non pas parce qu'ils sont respectables en soi.
D'ailleurs Dieu lui-même peut vouloir qu'on ne les respecte pas, c'est ainsi qu'il a comandé aux juifs de voler les Egyptiens lors de leur départ vers la Terre promise (Ex. III, 22-XI, 2 et 3-XII, 35) et à Osée de s'unir à une prostituée (Osée, chap. 3).

Les hommes doivent donc respecter la volonté divine mais dans le cadre ainsi fixé par Dieu ils sont libres de déterminer leur propre droit.

B - Le droit positif humain

Ce droit sera très largement conventionnel, contractuel, basé sur le principe que "les promesses licites doivent être tenues" (Op. Oxon, ,IV dist. 21 qu. 2).
Ains le pouvoir politique a sa source dans la convention positive des membres de la communauté et c'est le pouvoir politique qui délimitera la propriété de chacun. L'esclavage lui-même ne saurait être de droit naturel mais est fondé sur un contrat de sujétion (Op. Oxon, IV d.36 qu.1 n.2).

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