Oswald Spengler (1880-1936)

Le Déclin de l'Occident

- La vie et l'oeuvre

Né le 29 mai 1880 à Blankenburg, en Allemagne, Oswald Spengler fait des études de sciences naturelles, de mathématiques et de philosophie.
Il obtient, en 1904, son doctorat de philosophie en soutenant une thèse sur Héraclite.

Professeur dans l'enseignement secondaire jusqu'en 1910 il fait alors un héritage qui lui permet de se consacrer entièrement à son oeuvre. Il projette d'écrire une méditation philosophique sur le destin des cultures. Le plan général d'un ouvrage est terminé en 1914 et en juillet 1918 parait le premier tome de "Der Untergang des Abendlandes"(Le Déclin de l'Occident). Le livre a immédiatement un succès considérable. Le second tome est publié en 1922 et la version remaniée et définitive du premier tome en 1923.

Alors que la République de Weimar fonctionne vaille que vaille Spengler consacre toute son activité à critiquer violemment la démocratie, le parlementarisme et le marxisme, sans pour autant adhérer au nazisme ni appartenir aux chapelles intellectuelles, aussi les ouvrages de cette deuxième période ne rencontrent-ils que peu d'audience: Preussentum und Sozialismus, 1919 (Prussianisme et socialisme); Pessimismus ? 1921 (Pessimisme ?); Neubau des deutchen Reiches, 1924 (La Reconstruction du Reich Allemand).

"Der Mensch und die Technik", 1931 (L' homme et la technique) qui est une.suite au Déclin n'est pas mieux accueilli et son dernier ouvrage "Jahre der Entscheidung" (Années décisives) qui parait en 1933 et coincide avec l'arrivée de Adolf Hitler au pouvoir lui vaut d'être accusé par les nazis de pessimisme systématique.

Oswald Spengler décède le 8 mai 1936.

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- Le biologisme aristocratique d'Oswald Spengler

Spengler ne croit pas, comme les marxistes le croient, que l'Histoire ait un sens.
A l'idée scientiste et démocratique d'une Histoire universelle et unique orientée dans le sens du progrès Spengler oppose l'existence des cultures, radicalement différentes, organismes vivants qui naissent, grandissent, murissent puis déclinent et disparaissent. A la recherche rationnelle des causes il préfère la méditation sur le destin. Au mécanisme il oppose le biologisme.

A la suite de Goethe, Spengler oppose le devenir au devenu, l'organique au mécanique, la nature à l'Histoire.
Il n'y a pas d'Histoire de l' Humanité pour la raison que l'Humanité n'existe pas. Les seules réalités historiques sont les cultures qui possèdent leur âme propre. Spengler écrit: "Une culture naît au moment où une grande âme se réveille, se détache de l'état psychique primaire d'éternelle enfance humaine, forme issue de l'informe, limite et caducité sorties de l'infini et de la durée. Elle croît sur le sol d'un paysage exactement délimitable, auquel elle reste liée comme une plante. Une culture meurt quand l'âme a réalisé la somme entière de ses possibilités, sous la forme de peuples, de langues, de doctrines religieuses, d'arts, de sciences, et qu'elle retourne ainsi à l'état psychique primaire".

Chaque culture est mue par une nécessité immanente qui est son "destin". Différentes les unes des autres les cultures ne peuvent ni communiquer, ni se comprendre, ni transmettre d'héritage.
Spengler distingue huit grandes cultures (égyptienne, babylonienne, indienne, chinoise, mexicaine, arabe, antique, occidentale). Ses principaux développements concernent, bien entendu, la culture antique et la culture occidentale.

La culture antique a une âme "appollinienne". Cette âme qui répugne à l'illimité s'attache donc à ce qui est clairement circonscrit, s'exprime dans la géométrie euclidienne, la statuaire, la tragédie, la Cité-Etat.
L'âme occidentale, elle, est "faustienne". Elle s'épanouit dans les espaces illimités. Ses manifestations: telles sa musique, sa peinture, ses cathédrales dressées vers le ciel, le drame shakespearien, le calcul infinitésimal, les grandes explorations, les armes à longue portée, le télégraphe et le téléphone, l'Etat moderne, l'impérialisme, sont autant de signes de l'éternelle inquiètude de l'occident à désirer l'inaccessible.

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