L'arrêt CEDH du 1er avril 2004

Octobre 2006. Assises d'Angers, rejugement dans une affaire de viol incestueux présumé. L'avocate générale persiste. Nouvelle condamnation sans preuves.

samedi 21 octobre 2006, 10h39 Rejugé pour viols, Michel Quesne clame toujours son innocence

ANGERS (AFP) - L'avocat général de la cour d'assises du Maine-et-Loire a requis vendredi 16 ans de réclusion contre Michel Quesne, condamné à la même peine en 1999 pour viols de sa fille Alice Collet mais rejugé après une intervention de la Cour européenne des droits de l'homme.

La défense a réclamé l'acquittement de ce père de famille sarthois de 65 ans, qui a toujours nié les accusations de sa fille affirmant avoir été violée et agressée sexuellement de manière répétée avant et après sa majorité.

Michel Quesne a de nouveau clamé son innocence samedi matin, à l'ouverture de la troisième journée de son procès: "Personne ne veut m'écouter, personne ne veut me croire, (...) mais aujourd'hui, je clame encore mon innocence très fortement", a-t-il déclaré depuis son box, le regard fixé sur ses douze jurés. "Le 22 mars 1994 (date de sa mise en garde à vue, au lendemain de la plainte de sa fille), les portes de l'enfer se sont ouvertes devant moi", a poursuivi l'accusé, les traits tirés.

"A cause de mensonges, j'ai purgé six ans et deux mois (...) dans l'enfer. Le trou de la prison, c'est une chose abominable", a-t-il ajouté, faisant allusion à la peine à laquelle l'avait condamné une première fois la cour d'assises de la Sarthe en 1999. Ce verdict avait cependant été cassé en 2005 après intervention de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH). "Je suis innocent du crime dont on m'accuse", a-t-il conclu d'une voix ferme, avant que la cour ne se retire pour délibérer.

Le procès, prévu pour s'achever vendredi soir mais qui a pris du retard, a été suspendu après les plaidoiries de la défense par le président Pascal Fau qui a estimé que la cour n'était "pas en état de délibérer" .

A l'issue de deux journées d'auditions durant lesquelles Michel Quesne et Alice Collet, 33 ans, ont campé sur leurs positions, l'avocat général Mireille Cadenat a présenté vendredi l'accusé comme un "manipulateur". Battant en brèche ses alibis, elle a demandé que la condamnation soit assortie d'une peine de sûreté, soulignant que "les faits ont duré longtemps". Elle a engagé les jurés à "ne pas écouter les histoires d'erreurs judiciaires" évoquées par les défenseurs de M. Quesne pour justifier un acquittement. "Alice ne varie pas, elle est permanente dans ses accusations", a-t-elle souligné.

L'avocat de la défense, Me Jean Marc Florand, a estimé qu'il y avait dans cette affaire "un terreau propice" aux erreurs judiciaires car "les faits reprochés sont de nature sexuelle, et en plus particulièrement anciens". "Il y a absence de toute preuve objective ...c'est parole contre parole", a-t-il souligné. Peu après le réquisitoire, Alice Collet s'est dite "fière d'avoir pu affronter (son père) une nouvelle fois". "Je le laisse à ses mensonges", a-t-elle ajouté.

Cette jeune femme svelte coiffée à la garçonne, aujourd'hui animatrice au planning familial du Mans, a répété vendredi le récit des agressions qu'elle dit avoir subies depuis sa petite enfance. "Il a commencé par me pincer les seins, il me demandait de le toucher, il se mettait du parfum sur le sexe, je devais lui faire une fellation. Il me disait que je ne devais pas le dire et que si je parlais, je perdrais ma mère comme il avait perdu la sienne à 4 ans".

A l'âge de 11 ans, il la viole pour la première fois, puis les agressions sexuelles continuent alors qu'elle est au lycée, dit-elle. Elle fait une tentative de suicide en 1989. En 1990, ses parents divorcent. Alice, qui n'a toujours rien dit à ses proches, croit être "enfin tranquille", mais les viols continuent jusqu'en octobre 1993, selon le jeune femme. Elle porte plainte en mars 1994.

"Ce sont des mensonges, je ne t'ai jamais touchée", a protesté Michel Quesne, interpellé par sa fille. "Nous sommes deux à savoir que tout est faux, je ne t'ai jamais violentée". "Elle a manipulé tellement de gens, tellement de choses qu'elle ne peut plus faire machine arrière", a-t-il estimé. Pourquoi un tel acharnement d'une fille contre son père? "Je ne me suis pas assez occupé d'elle, je n'avais pas le temps", a plaidé l'accusé.

Michel Quesne, qui comparaît pour viols sur mineur de 15 ans par ascendant, a déjà effectué six ans et demi de prison à la suite d'une première condamnation en 1999 par les assises de la Sarthe. Le verdict a été cassé après une intervention de la Cour européenne des droits de l'homme.
Yahoo.fr, actualités, Par Céline AGNIEL

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21.10.06 | 18h09 Peine alourdie à 17 ans pour Michel Quesne, pour viols sur sa fille

Michel Quesne, 65 ans, a été condamné samedi par la cour d'assises du Maine-et-Loire à 17 ans de réclusion criminelle pour des viols sur sa fille, alors qu'une précédente décision d'assises l'avait condamné à une peine plus faible (16 ans) avant d'être annulée en cassation.

La victime, Alice Collet, 33 ans, est restée "permanente dans ses accusations" et les faits reprochés à un père "manipulateur" ont "duré longtemps", entre 1984 et 1993, avait argumenté l'avocat général Mireille Cadenat qui avait réclamé 16 ans de réclusion, assortie d'une peine de sûreté.

Les avocats de la défense ont aussitôt indiqué que leur client allait faire appel. "Nous ne doutons pas que l'on reconnaîtra cette erreur judiciaire en appel", a indiqué Me Philippe Meilhac à l'AFP.

Il "sera acquitté d'une façon ou d'une autre", a renchéri l'autre avocat de la défense Me Jean-Marc Florand, ex-défenseur de Patrick Dils, acquitté en 2002 pour un double meurtre en Moselle.

La cour d'assises de la Sarthe avait déjà condamné une première fois Michel Quesne, à une peine de 16 ans de réclusion criminelle, en 1999. Mais le verdict avait été cassé après une intervention de la Cour européenne des Droits de l'Homme.

Le procès d'Angers constituait de ce point de vue une première judiciaire en France, selon la défense.

Le père de famille de cinq enfants, qui avait passé six ans et demi en prison à la suite de sa première condamnation avant d'être libéré en 2005, a été écroué samedi à Angers.

Durant tout le procès entamé jeudi, cet agriculteur devenu ambulancier et sa fille, Christelle Quesne, devenue récemment Alice Collet "pour ne plus porter le nom de son géniteur" selon son avocat, ont campé sur leurs positions, s'accusant mutuellement de mensonge et de manipulation.

"Je suis innocent du crime dont on m'accuse", a déclaré d'une voix ferme Michel Quesne, samedi avant que la cour ne se retire pour délibérer. "A cause de mensonges, j'ai purgé six ans et deux mois (...) dans l'enfer", a-t-il aussi déclaré.

A l'énoncé du verdict, Michel Quesne, qui encourait au maximum 20 ans de réclusion, a baissé la tête, sans manifester de réaction particulière.

Sa fille, elle, s'est dite soulagée. "Je me sens réhabilitée", a-t-elle déclaré à la presse, le sourire aux lèvres, visiblement émue.

Cette jeune femme svelte coiffée à la garçonne , aujourd'hui animatrice au planning familial du Mans, qui s'est porté partie civile, a répété durant le procès le récit des agressions qu'elle dit avoir subies depuis sa petite enfance. Selon elle, il la viole pour la première fois, lorsqu'elle a 11 ans, puis les agressions sexuelles continuent alors qu'elle est au lycée. Elle fait une tentative de suicide en 1989.

En 1990, ses parents divorcent mais selon la jeune femme les viols continuent jusqu'en octobre 1993. Elle porte plainte en mars 1994.

"Elle a manipulé tellement de gens, tellement de choses qu'elle ne peut plus faire machine arrière", avait rétorqué le père, réputé sévère, devant les jurés. "Je ne me suis pas assez occupé d'elle, je n'avais pas le temps", expliquait-il soutenu dans sa version par les fils de son actuelle compagne venus, accompagnés d'un comité de soutien, témoigner en sa faveur.

Dans cette affaire, "c'est parole contre parole", avait plaidé Me Florand.
20Minutes.fr avec AFP | 21.10.06 | 18h09

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