22 millions d'euros "disparus ..."

(Octobre 2008) Pourvois rejetés : Dreyfus, 10 mois avec sursis ; Courbis, 12 mois ferme
(Octobre 2007) Indulgence en appel : pourvois en cassation
(Juin 2006) Prison ferme ou avec sursis pour les principaux acteurs
(Mars 2006) Le procès : Très ému, Robert Louis-Dreyfus découvre, à l'audience, les scandales de son propre club ... ; peines de PRISON, AMENDES ET INTERDICTION D'EXERCER sont requises ...
(Août 2005) L'affaire des comptes de l'OM : 14 personnes en correctionnelle
Le parquet de Marseille vient de demander le renvoi de quatorze personnes devant le tribunal correctionnel après sept ans d'instruction sur les comptes de l'OM.

Robert Louis-Dreyfus, patron du club, est soupçonné d'abus de biens sociaux.

AU THEATRE des multiples affaires en cours d'instruction qui secouent le football français, le procès des comptes de l'Olympique de Marseille pourrait être la première affiche. Cette dernière devrait être programmée au début 2006.
Lundi, le parquet de Marseille a requis le renvoi en correctionnelle de quatorze personnes mises en examen dans le dossier des transferts suspects au sein du club de l'OM entre 1997 et 1999. Les acteurs concernés sont l'actionnaire principal, l'homme d'affaires Robert Louis-Dreyfus (surnommé RLD), l'ancien entraîneur Rolland Courbis, ainsi que douze intermédiaires ou agents de joueurs qui figurent au sommaire du réquisitoire de 199 pages.

Un début de saison difficile pour les Olympiens

Les réquisitions du parquet ont été soumises au juge Franck Landou, qui a bouclé l'instruction du dossier en novembre 2004 et devrait rendre son ordonnance définitive début septembre.
Ouverte le 13 novembre 1998, au lendemain de la victoire de la Coupe du monde, l'enquête a duré sept ans. Le juge s'est appliqué à démonter tous les systèmes de transferts. Dans un monde idéal, un club achète à un autre club le contrat d'un joueur. Les agents de joueurs officiels reconnus par les autorités du football - la Ligue nationale, la Fédération française, les Fédérations européenne (UEFA) et internationale (FIFA) - touchent un pourcentage (7 à 10 %).

Lors de leurs investigations, les enquêteurs ont découvert des chemins de traverse, notamment à l'étranger où des intermédiaires non officiels, viennent se greffer sur la transaction. Des pseudo-agents auraient ainsi exigé une partie du pactole, en gonflant artificiellement les prix des transferts ou des primes versées aux joueurs. Robert Louis-Dreyfus se demande encore pourquoi il a été mis en examen pour abus de biens sociaux le 30 juin 2004 au préjudice de l'OM.
Un club pour lequel il a déjà englouti 192 M à fonds perdus. Pris par ses affaires, très rarement à Marseille entre 1997 et 1999, RLD affirme qu'il ne connaissait l'objet et le montant des transferts de joueurs... que par téléphone... « L'OM, c'est ma danseuse », expliquera-t-il au juge. 22,1 M se sont ainsi volatilisés des caisses de l'OM.

Il va diriger le puissant groupe familial dès le 1 e r janvier

Mal engagé en championnat (deux défaites avant de recevoir Lyon dimanche) et diminué par la rude campagne de coupe Intertoto , l'Olympique de Marseille connaît un début de saison pénible. D'autant que Robert Louis-Dreyfus ne veut plus mettre un euro de plus pour le recrutement de joueurs. Il faut dire que le milliardaire a versé entre le 31 août 1997 et le 16 avril 2003, 134 943 970 de son compte personnel BNP-Paribas-Suisse à la société mère SAS OM ! Jamais adopté sur la Canebière, RLD va sûrement, sauf spectaculaire retournement de situation, se retrouver au tribunal correctionnel au début de l'année 2006.

Cette mésaventure tombe bien mal pour l'homme qui dirigera le puissant groupe familial dès le 1 e r janvier. Son amour pour l'OM sera-t-il toujours sans limite ? A Marseille, certains redoutent ou rêvent déjà de son départ. Même si ses hommes de confiance ont travaillé sur des scénarios de désengagement, il a toujours promis qu'il ne partirait qu'une fois la pérennité du club assurée.
leparisien.com, Karim Nedjari, Paru le : 10/08/2005

------

Paru le : 13/03/2006 Robert Louis-Dreyfus : un milliardaire passionné de foot

ACTIONNAIRE principal de l'Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus, qui a englouti 200 millions d'euros pour son club en dix ans, se retrouve ce matin à la barre du tribunal correctionnel de Marseille.

Mis en examen pour abus de biens sociaux, le milliardaire encourt (en théorie) jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 375 000 d'amende. « L'abus de biens sociaux consiste pour un dirigeant à mettre dans sa poche l'argent de la société, ou à lui faire courir un risque anormal. Ici, c'est le contraire : Robert Louis-Dreyfus a sauvé et financé seul l'OM avec son argent personnel », explique Jean Veil, l'un de ses avocats.

Emporté dans la passion du stade Vélodrome, embobiné par le baratin d'agents madrés, tenu par une mafia locale ou flambeur naïf, Robert Louis-Dreyfus a tout entendu ces derniers jours. Cette épreuve judiciaire est vécue comme un affront pour celui qui, le 1 e r mars, a accédé à la présidence de l'empire familial Louis-Dreyfus.

Cette multinationale présente dans plus de cent pays affiche un chiffre d'affaires comparable à celui de Vivendi (22 milliards d'euros). Sa ligne de défense n'est pas un secret. « Je ne pensais pas que l'on pouvait être accusé d'avoir commis un délit en utilisant son argent personnel pour renflouer un club de sport. Me retrouver devant un tribunal, je trouve ça profondément injuste », a-t-il déjà expliqué à « L'Equipe » début janvier, affirmant qu'il ne quitterait pas le club, même en cas de condamnation.

« Courbis exerçait une domination intellectuelle sur Louis-Dreyfus »

Pour Pierre Dubiton, l'alibi de la passion naïve ne tient pas. L'ancien directeur administratif et financier de l'Olympique de Marseille estime que Robert Louis-Dreyfus « savait l'essentiel » sur les pratiques présumées illégales du club. « J'ai démissionné en septembre 1997 pour ça, martèle Dubiton. Courbis exerçait une domination intellectuelle et psychologique sur Louis-Dreyfus qu'il avait séduit. Il pouvait ainsi faire ce qu'il voulait. Il l'a bien compris, et il en a profité. »

Une domination intellectuelle ? L'explication semble partielle. Héritier d'une dynastie de courtiers en céréales et d'armateurs, Robert Louis-Dreyfus est titulaire d'un MBA à Harvard.

Dans les années 1980, ce passionné de poker touche le jackpot grâce à trois paris industriels gagnés : il brille dans le secteur médical aux Etats-Unis (IMS) avant de relancer l'agence de pub londonienne Saatchi et Saatchi (PDG de 1989 à 1993) et orchestre, jusqu'en 2001, le redressement d'Adidas racheté à Bernard Tapie.

Dans les années 2000, il développe LD Com (aujourd'hui Neuf Télécom).
Enfin, il fonde, à titre personnel, la société de droits sportifs Infront née de la chute de l'empire Kirch qui gère les droits de la Coupe du monde de football.

Avec un tel parcours, le propriétaire de l'OM pourra difficilement avancer son incompétence en matière de business.
K.N., Paru le : 13/03/2006 , leparisien.fr

---------

Paru le : 24/03/2006 Procès de l'OM Robert Louis-Dreyfus découvre les scandales de son club

Marseille (Bouches-du-Rhône) LE PRÉSIDENT TURBEAUX avait déjà clôturé l'audience quand, d'une voix blanche, Robert Louis-Dreyfus, poursuivi pour abus de biens sociaux dans le dossier des transferts de l'OM, s'est adressé au tribunal. « Puis-je faire une déclaration, monsieur le président ? » Réponse affirmative du président Turbeaux.

Alors, d'un pas mal assuré, visiblement très ému et les larmes aux yeux, l'actionnaire principal de l'OM a lu à la barre son texte dans un silence de plomb.

« L'audience m'a révélé ce qui m'avait été dissimulé et qui heurte aujourd'hui ma morale. Je souhaite dire publiquement ma grande tristesse. Les débats ont démontré l'existence de dérives dont le football est la principale victime. Je ne me suis pas investi autant pour que mon sport favori soit éclaboussé par ce qui apparaît être un système de fraude généralisé. Votre tribunal m'a demandé si aujourd'hui encore je maintenais ma confiance aux équipes. A cette question, j'ai répondu que je me déterminerais à l'issue des débats... »

Il prend ses distances

A l'évidence, Robert Louis-Dreyfus avait préparé son texte et pesé tous ses mots. Le message est clair, il n'a rien couvert, il n'a rien facilité « ni par laxisme ni par vanité ».

Au dernier jour de l'examen des quinze transferts jugés litigieux par le tribunal entre 1997 et 1999, l'actionnaire principal de l'OM indique que chacun, désormais, doit prendre ses responsabilités et qu'il n'entend pas porter le chapeau comme personnalité morale supérieure d'un club dans lequel il a injecté quelque 180 millions d'euros depuis 1996.

Il prend aussi ses distances avec quelques déclarations péremptoires donnant à penser que rien d'illégal n'avait pu être commis par des cadres financiers, administratifs ou sportifs directement choisis par lui et nommés à des postes clés dans des conditions salariales extrêmement confortables.

Désormais, c'est chacun pour soi, mais il aura fallu neuf jours à Robert Louis-Dreyfus pour plonger au coeur d'un système qu'il assure n'avoir jamais soupçonné, mais dont il semble désormais accepter l'existence. Poursuite des débats aujourd'hui avec les plaidoiries des parties civiles.
Jean-Louis Pacull, Le Parisien, 24 mars 2006, p. 13

-------

(27 mars 2006) Transferts de l'OM : prison ferme requise contre Courbis et sursis pour Louis-Dreyfus

Le réquisitoire du procureur rendu le 27 mars dans le cadre du procès des comptes de l'Olympique de Marseille a été moins clément avec Rolland Courbis qu'avec Robert Louis-Dreyfus. Le parquet a requis deux ans de prison ferme contre le premier, entraîneur entre 1997 et 1999, et trois à quatre ans contre le second, ancien président du club et actuel actionnaire majoritaire. Le jugement du tribunal correctionnel de Marseille est attendu pour vendredi, mais pourrait être mis en délibéré.

Le procureur a annoncé que les peines qu'il requérait contre les 14 prévenus étaient lourdes car les acteurs avaient à l'époque contourné les règles sur les transferts de joueurs. Pour MM. Courbis et Louis-Dreyfus, Marc Cimamonti a demandé 375 000 euros d'amende. Rolland Courbis, qui n'est plus entraîneur d'Ajaccio depuis peu, est sous la menace d'une interdiction de cinq ans d'exercice de sa profession.

"L'OM, ce n'est pas vous", a lancé Marc Cimamonti à Robert Louis-Dreyfus, mis en examen pour abus de biens sociaux. "Ce club a existé avant vous et il existera après vous". Selon le procureur, "RLD" avait "tous les moyens" pour ne pas engager l'OM dans ce "mauvais système frauduleux" qu'il a finalement "pris à son compte".

Le "jeu de pouvoir" mis en place à la tête du club phocéen profitait aussi à Rolland Courbis, a estimé le procureur. Il était l'homme d'un "directoire de l'ombre" où il siégeait aux côtés de l'actionnaire majoritaire du club.

PRISON, AMENDES ET INTERDICTION D'EXERCER

Dans le système frauduleux dénoncé par le procureur, les agents de joueurs ont joué un mauvais rôle. Il a requis de la prison ferme contre trois d'entre eux : Lucio d'Onofrio, l'ancien agent de Christophe Dugarry et actuel président exécutif du Standard de Liège (deux ans de prison, dont un ferme), Gilbert Sau (deux ans ferme avec mandat de dépôt le jour du délibéré) et Jean-François Larios (un an ferme). Comme d'autres agents mis en examen dans le procès, tous trois voient de plus requis contre eux de lourdes amendes et cinq ans d'interdiction d'exercer.

Rolland Courbis, 52 ans, a été condamné en 1995 et 1997 à de la prison avec sursis pour fausses factures et fraude fiscale dans l'affaire de la comptabilité suspecte du Sporting Club de Toulon et du Var, dont il était le manager général à la fin des années 1980. Il a effectué 98 jours de détention préventive d'octobre 1990 à janvier 1991. Lorsqu'il a été recruté par l'OM en 1997, il était sous le coup d'un redressement fiscal de plus 1,37 million d'euros.
LEMONDE.FR | 27.03.06 | 19h09 • Mis à jour le 27.03.06 | 19h21, Avec Reuters

--------

[2006-06-09 14:13] Comptes de l'OM: Louis-Dreyfus et Courbis sévèrement sanctionnés

MARSEILLE (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Marseille a sévèrement taclé l'homme d'affaires et principal actionnaire de l'Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus, dans l'affaire des comptes de l'OM.

L'ancien président du club a été condamné à trois ans de prison avec sursis et 375.000 euros d'amende pour son rôle dans plusieurs transferts litigieux de joueurs entre 1997 et 1999.

Robert Louis-Dreyfus "ne peut arguer avoir ignoré les arcanes" de ces transferts, a affirmé le président du tribunal, Vincent Turbeaux. "Le pouvoir était de fait détenu par Robert Louis-Dreyfus, qui "a tenté d'échapper à ses responsabilités".

L'homme d'affaires, qui était poursuivi devant le tribunal correctionnel de Marseille pour "abus de biens sociaux", n'était pas présent lorsque le jugement a été rendu vendredi matin.
"C'est un homme meurtri, c'est un sentiment d'injustice qui l'habite", a dit son avocate, Me Sophie Bottai, qui a précisé que son client ferait appel.
"Il est condamné après avoir tout donné à son club. Il a été son bailleur de fonds unique depuis plus de dix ans", a-t-elle ajouté.

Le fait que "RLD" ait injecté 170 millions d'euros de sa fortune personnelle dans les caisses de l'OM n'a pas convaincu les juges, qui ont estimé que l'homme d'affaires avait gravement "porté atteinte au crédit et à la réputation" du club.
"En réglant sur ses propres deniers les augmentations de capital rendues inéluctables par les pertes dont sa gestion était responsable, Robert Louis-Dreyfus ne pouvait ignorer que l'esprit de la loi était bafoué", a souligné le président Turbeaux.
"La fraude a été un des outils de la politique des dirigeants de l'OM entre 1997 et 1999. Cela a donné une image désastreuse du football professionnel", a-t-il déploré.

"IMAGE DESASTREUSE DU FOOTBALL"

Le tribunal ne s'est guère montré plus clément à l'encontre de douze des treize autres prévenus, surtout envers l'ancien entraîneur du club Rolland Courbis, qui écope de la plus lourde peine - deux ans de prison qui s'ajoutent à la révocation d'un sursis de 18 mois relatif à deux condamnations précédentes.

L'ancien coach est également condamné à 375.000 euros d'amende et à une interdiction de toute activité professionnelle ou sociale dans le monde du football pendant cinq ans.
"J'avais encore le souhait sportif de devenir champion de France, il est vrai que cela me paraît difficile de la cellule d'une prison", a ironisé Rolland Courbis, physiquement marqué par la lourdeur de la peine.
"La sanction est disproportionnée. Je suis traité avec beaucoup de sévérité, je m'y suis malheureusement habitué", a-t-il dit, dénonçant la "tentative d'extermination" dont il se juge victime.

A l'exception de l'ancien joueur Marcel Dib, seul prévenu à être relaxé, le tribunal a eu la main particulièrement lourde pour les autres accusés qui écopent de peines de prison et de fortes amendes allant de 10.000 à 375.000 euros.

Jean-François Larios, ancien international français devenu agent de joueurs, est condamné à deux ans de prison ferme. Un autre agent de joueurs, Gilbert Sau, a écopé de trois ans fermes tandis que l'actuel président exécutif du Standard de Liège, Licio D'Onofrio, a été condamné à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis.

Les protagonistes de ce procès, qui s'est tenu du 13 au 30 mars, ne pourront exercer une activité dans le football, ce qui revient à les écarter durablement de ce milieu.
"C'est une opération mains blanches. La justice a dit clairement 'ça suffit'", a expliqué l'un des avocats.
"La sévérité des peines, très au-delà des habitudes en matière de délits financiers, montre la volonté de mettre un terme aux excès d'un système qui a profité à l'OM comme à beaucoup d'autres clubs français."
Yahoo.fr, actualités, par Jean-François Rosnoblet, [2006-06-09 14:13]

-------

Comptes de l'OM: Robert Louis-Dreyfus se pourvoit en cassation Yahoo.fr, actualités, 25.10.07 | 15h42

MARSEILLE (Reuters) - L'actionnaire majoritaire de l'Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus, a déposé un pourvoi en cassation après sa condamnation en appel à dix mois d'emprisonnement avec sursis et à 200.000 euros d'amende dans le cadre du procès des comptes de l'OM, annonce jeudi le site internet de l'OM.

La cour d'appel d'Aix-en-Provence a pourtant réduit, le 17 octobre, la condamnation prononcée en première instance à l'encontre de l'ancien président du club entre 1997 et 1999 qui a été condamné, en 2006, à trois ans de prison avec sursis et à 375.000 euros d'amende pour des faits d'abus de biens sociaux au sein du club.

Condamné pour sa part à deux ans de prison ferme et à une amende de 200.000 euros, l'ex-entraîneur Rolland Courbis avait déjà indiqué sa décision de se pourvoir en cassation.

Cette mesure a eu pour effet de suspendre l'exécution de la peine d'emprisonnement de l'actuel coach de Montpellier

------

Retour première page