Tous ensemble, tous ensemble, tous ...

29 septembre 2019 : Paris Saint-Sulpice, Grand Messe pour le Grand Jacques
30 mars 2019 : Laïcité fraternelle ? Le pape François encourage la migration sub-saharienne.
14 mars 2019 : Après, notamment, Toulouse (2012), La Défense (2013), Joué-lès-Tours (2014), Charlie Hebdo HyperCacher Thalys Bataclan (2015), Magnanville (2016), Orly (2017), Trèbes (2018), Condé-sur-Sarthe (2019) ... maintenant ChristChurch en Nouvelle-Zélande (2019) ... analyse subjective
07 mars 2019 : Condamnation du Cardinal Barbarin ; laïcisme utile : 1905, 1962, 2019
20 février 2019 : Dîner annuel du CRIF, avec la classe dirigeante républicaine "laïque", sauf les nationaux, le Président Macron s'engage à soutenir Israël
19 février 2019 : Elections européennes du 26 mai 2019 : Grande Manifestation anti-antisémitique ; des anti-cathophobes et pro-palestiniens exclus ? Ainsi que les Patriotes ...
09 février 2019 : Le Dit d'un laïciste sectaire, pro-liberté d'expression dite "républicaine" (???)

27 août 2018 : Re-affaire Baby-Loup, l'ONU veut imposer le communautarisme à la France
Janvier 2018 : Cérémonie religieuse en présence du Ministre de l'Intérieur et du Président du Conseil Constitutionnel à la Cathédrale de Lyon pour rendre hommage à Paul Bocuse, Grand Chef Cuisinier Mondial, grand homme d'affaires, et polygame heureux ...

Décembre 2017 : La Secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, (auteure d'ouvrages d'éducation sexuelle "moderne" et grande spécialiste du vagin), chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes (Elle ministre, lui chargé du ménage domestique), pour une laïcité maçonne anticléricale au GODF; réactions catholiques ? et autres ?
Octobre 2017 : Le Premier Ministre fête le Nouvel An Juif ; Manuel Valls ovationné
Juillet 2017 : Cérémonie laïque à la Cathédrale de Montpellier pour un excellent catholique footballeur
Juin 2017 : Le nouveau Président laïc républicain français au dîner islamique du CFCM
Février 2017 : Laïcité "à la française", tous à la Cathédrale d'Orléans pour Beulin (Mélenchon, Hamon, Le Pen ???)

Janvier 2016 : Légions d'Honneur posthumes pour des "héros" républicains laïcistes hards et autres victimes des islamistes ; 04 janvier 2016, Expression laïque hard, esprit Charlie-Bataclan, commémoration bravache chez Charlie-Hebdo ; approbation de la LGBT Caroline Fourest ; désapprobation des catholiques ; approbation de la "philosophe" socialiste Elisabeth Badinter

Janvier 2015 : Sortie de "Soumission" ; Ali Baddou gerbe ; attentat contre Charlie Hebdo 12 morts dont les humoristes Cabu, Charb, Tignous, Wolinski et l'économiste Bernard Maris

Décembre 2014 : Attaque maçonnique contre les crèches de Noël catholiques
Mars 2014 : Le tout politique (sauf les pro-palestiniens) au diner annuel officiel du Crif, lutte nationale contre l'antisémitisme et l'antisionisme demandée par le président

Novembre 2013 : Affaire Babby-loup, la Cour d'Appel de Paris versus la Cour de Cassation (Maître Bougrab entendue ?)
Septembre 2013 : La Charte sur la laïcité envoyée au Lycée français de Damas, tandis que François Hollande et le gouvernement oeuvrent pour la victoire des sunnites ... (Arabie Saoudite, Quatar, ...)

Août 2011 : La République laïque loge les musulmans religieux dans sa caserne
Mars 2011 : Les communautaristes religieux attaquent le Chanoine Honoraire

Novembre 2010 : Un enseignant catholique suspendu à la demande du ministre Luc Chatel, pour la diffusion d'une vidéo anti-avortement ; protestations des anti-avortements
Septembre 2010 : Une enseignante juive, suspendue (avec traitement) pour prosélitisme, en appelle au ministre de l'Education Luc Chatel, qui répond
Février 2010 : Le Chef de l'Etat, le Premier ministre et de nombreux ministres, ainsi que les différents politiques, sauf les pro-palestiniens officiels (Verts,PCF, Trotskistes) au dîner annuel du Crif

Novembre 2008 : Islam, mariage, virginité, qualité essentielle, annulation, accord des parties. Les notables de la Cour d'Appel de Douai rétablissent l'idéologiquement correct (souhaité "au plus haut niveau" ?) ; ils devront donc divorcer ...
Septembre 2008 : Visite de Benoît XVI en France : Le Pape approuve la conception de la laïcite dite positive de N.S. ; deux ministres, avec l'archevêque de Paris, à la mosquée d'Evry pour l'iftar, la rupture du jeûne du ramadan.
Juillet 2008 : Conseil d'Etat, arrêt du 27 juin 2008 n°286798, refus de la nationalité française à une femme portant la burqua ; approbation du gouvernement, et de l'opposition socialiste
Avril 2008 : La Miviludes publie jeudi son 5e rapport annuel sur les sectes et les dérives sectaires
Mars 2008 : Paris, Invalides, obsèques nationales du dernier poilu : Le Président de la République Française laïque fait le signe de croix, ostensiblement et à plusieurs reprises, lors de la cérémonie religieuse dans l'église Saint-Louis des Invalides
Janvier/Février 2008 : Laïcité positive ? Le G.O. mobilise

Mars 2007 : Présidentielle. Le Grand Orient de France défend toujours la République laïque, élitiste et méritocratique

Avril 2005 : Mort du Pape, laïcité et drapeau en berne

Décembre 2004 : Dominique Galouzeau de Villepin propose la création d'une fondation pour financer l'Islam, sans modifier la loi de 1905.
Les islamistes protestent.
Novembre 2004 : Nicolas Sarkosy veut modifier la loi de 1905 pour faire financer la construction des mosquées par l'Etat républicain.
Il est approuvé par le maire de Créteil (P.S.), qui cherche des fonds pour construire une mosquée de 2200 m2 au centre de la ville.
16 novembre 2004 : L'aumonier enlève sa soutane
26 août 2004 : Le président Jacques Chirac célèbre le soixantième anniverssaire de la Libération de Paris à Notre-Dame, sous la direction du cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger
17 mars 2004 : La loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 est publiée au J.O. n° 65 du 17 mars 2004
03 mars 2004 : Le sénat vote la loi (340 pour, 19 contre, 20 abstentions)
14 février 2004 : L'ultra gauche soutient les islamistes contre le projet de loi voté par l'assemblée nationale le 10 février 2004.
10 février. L'Assemblée nationale adopte en première lecture, mardi 10 février, par 494 voix pour 36 contre et 31 abstentions, le projet de loi "encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics". Selon l'article 1 : "Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le réglement intérieur rapelle que la mise en oeuvre d'une procédure disciplinaire est précédée d'un dialogue avec l'élève."
A Londres, Ken le Rouge hurle, avec les communautaristes
26 janvier. Pour le voile, et pour la discrimination positive
17 janvier. Manifestations ostentatoires des islamistes contre la laïcité

Décembre 2003
30 décembre. Le cheikh de la Mosquée d'Al Azhar soutient la France
23 décembre. Les islamistes attaquent la France laïque
21 décembre 2003. Le cardinal archevêque de Lyon prend-il la défense du cléricalisme islamique ?
18 décembre 2003. Les Etats-Unis sont "préoccupés" par la laïcité française ...
17 décembre 2003. Le Président de la République française se prononce en faveur d'une loi et contre de nouveaux jours fériés
16 décembre 2003. Ségolène Royal favorable à un jour férié juif et un jour férié musulman
16 décembre 2003. Des organisations et personnalités hostiles à une loi interdisant les signes "ostensibles" dans l'Educ. Nat.
Une analyse du sociologue Pierre Birnbaum
Le rapport Stasi contre les "signes ostensibles" ... et pour deux jours fériés religieux, un juif et un musulman ....
Novembre 2003
Le voile au palais de justice
Les évêques catholiques contre une loi interdisant le prosélytisme idéologique ?
François Bayrou, le grand admirateur d'Henri IV, les soutient (Europe 1, dimanche 16 novembre 2003)
Le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, est du même avis ...
Le grand rabbin de France, Joseph Sitruk, également : "La kippa n'est pas un signe prosélytique"

(Octobre 2003) Le 1er Ministre M. Jean-Pierre Raffarin et la Présidente Madame Chirac au Vatican

(Janvier 1996) François Mitterrand à Notre-Dame de Paris

(Juillet 2003)(Fonction publique. La neutralité républicaine attaquée par les islamistes et le judaïsme ultra-orthodoxe)
Suspendue, la fonctionnaire se bat pour son voile
Le CRCM, saisi, s'insurge contre le jugement administratif.

C'est le premier dossier du conseil régional du culte musulman (CRCM) en Rhône-Alpes (le plus important de France, avec 63 membres). Une jeune femme, contrôleur du travail, l'a saisi mi-juillet (2003), après s'être vu infliger une suspension d'un an, avec perte de salaire, parce qu'elle portait le voile. Le conseil s'inquiète d'une «sanction aussi importante», en l'absence «d'éléments objectifs». Pour lui, l'agent, pourtant «excellemment noté», a fait l'objet d'un «traitement différent» du seul fait de sa religion.

Nadjet ben Abdallah travaille comme contrôleur du travail des transports à Lyon depuis quatre ans. Elle s'est mise à porter le voile en octobre 2001, au sortir du ramadan. Sept mois plus tard, l'administration lui infligeait quinze jours de suspension avec sursis, considérant qu'elle avait porté atteinte «au principe de laïcité de l'Etat et de neutralité de ses services». La jeune femme a fait appel, et persisté à porter le voile. Alors, elle a écopé, le 6 juillet, d'un an de suspension ferme. Elle n'a plus le droit de travailler, et ne touche plus de salaire. Peine, selon elle, «extrêmement sévère au regard de la jurisprudence. Bien des fautes ayant entraîné mort d'homme ont été moins lourdement sanctionnées».

Neutralité.
Le tribunal administratif, saisi après la première suspension, a donné raison à l'administration (Lyon, 11 juillet 2003). D'après lui, le port du voile est «de nature à instiller», auprès des collègues et des usagers que rencontre Nadjet, «un doute quant à la neutralité de l'intéressée, mais également sur son loyalisme envers les institutions». «La lecture de ce jugement nous pose un vrai problème», murmure Nazir Hakim, trésorier national de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et membre du CRCM en Rhône-Alpes. «J'ai beau chercher, je ne trouve pas dans les attendus quelles sont les valeurs dangereuses attribuées au voile. C'est l'islam dans son ensemble qui se trouve suspecté. Pour notre part, nous ne demandons qu'une stricte et juste application de la loi.» Nadjet ben Abdallah, présente hier matin lors d'un point presse organisé par le conseil, ajoute sur le même thème : «En temps que contrôleur du travail, je demande une application égalitaire, telle que je la pratique avec les usagers, quelles que soient leur couleur de peau, leur race ou leur religion

Selon son avocat, Gilles Devers, la fonctionnaire disposait d'un très bon dossier, jusqu'à ce qu'elle porte le voile. Une fiche de notation résume sa situation depuis. Un de ses supérieurs, pour juger son «sens du service public», a choisi de cocher deux cases: «Excellent» et «Très mauvais». Une croix pour la fonctionnaire, une autre pour la musulmane.

Kippa.
L'avocat de Nadjet ben Abdallah compte à présent attaquer la suspension d'un an devant le tribunal administratif. «Avec un suspense modéré», vu le premier jugement. Ce dernier sera porté devant la cour administrative d'appel, où le débat s'annonce intéressant. «Le jugement de première instance, s'indigne l'avocat, insinue que, pour un musulman, le Coran serait supérieur à la loi française.» Dans le dossier de sa cliente, il a glissé l'attestation d'un collègue de Nadjet. L'homme porte régulièrement la kippa au travail, depuis plus de trente ans. «Notre problème, précise l'avocat, n'est bien sûr pas de demander aux juifs d'enlever leur kippa. Mais de lutter contre ce qui s'apparente à une discrimination

Le CRCM a décidé de son côté de saisir le conseil national. Le débat qui ne fait que commencer aura valeur de sérieux test pour l'instance représentative. Pour Kamel Kabtane, président en Rhône-Alpes (1), «il faut trouver la voie médiane pour ne transgresser ni la loi française, ni celle du Coran».
(1) Kamel Kabtane, proche de la Mosquée de Paris, a été élu président bien que minoritaire, par un jeu d'alliance avec l'UOIF.
Libération, Par Olivier BERTRAND, mardi 29 juillet 2003, p. 13

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(Octobre 2003) Matignon répond aux critiques sur la visite au Saint-Siège de M. Raffarin

Le déplacement de JeanPierre Raffarin et son épouse, de Bernadette Chirac et d'une cinquantaine d'invités à Rome, pour les cérémonies du 25e anniversaire du pontificat de Jean Paul II et la béatification de Mère Teresa, les 18 et 19 octobre, aurait coûté "entre 70 000 et 80 000 euros", selon le service de presse de Matignon.

Dans son numéro du 22 octobre, Le Canard enchaîné avait estimé à 100 000 euros les seuls frais d'hébergement - à l'Hôtel Hassler, l'un des plus beaux de la capitale italienne. Le service de presse de Matignon confirme la présence de "51 personnes, incluant les invités et la vingtaine de personnes chargées de la sécurité et de l'accompagnement", ainsi que l'utilisation de deux avions Falcon-900, mais situe le coût total à 1 300 euros par personne. Il précise que les deux journalistes - du Figaro et du Point - qui accompagnaient la délégation "ont réglé leur quote-part, comme c'est la règle pour les voyages officiels". Le voyage des collaborateurs et des invités, dont cinq parlementaires et des élus locaux, a été payé par le Quai d'Orsay, conformément aux usages.

Mercredi, à la sortie du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a qualifié de "fantaisistes" les informations du Canard enchaîné, assurant qu'" il s'agissait d'un déplacement officiel à l'étranger" et déplorant une "polémique tout à fait déplacée".

Le Parti socialiste a aussitôt demandé, dans un communiqué, des "explications plus claires que les justifications "fantaisistes" déjà apportées" par M. Copé. Le PS estime que, "dans un contexte budgétaire difficile, il est légitime de penser que les représentants de l'Etat partagent les efforts en matière d'économie avec les Français". Le sénateur (PS) Michel Charasse, ancien ministre du budget, a quant à lui ironisé, au nom du respect de la laïcité, sur "la présidence de la République qui se met à payer des pèlerinages". Le premier ministre "n'avait pas à représenter la France" dans ce cadre, a-t-il ajouté.

"D'UNE PIERRE TROIS COUPS"

A cela, Matignon répond que "le Saint-Siège est un Etat et -qu'-il s'agissait de célébrer les 25 ans du pontificat du pape". Les services du premier ministre indiquent que M. Raffarin a notamment eu un entretien avec le secrétaire d'Etat du Vatican, le cardinal Angelo Sodano. "La plupart des Etats étaient représentés, et la critique aurait été encore plus importante si la France n'avait pas été là", ajoute le service de presse. Sur place, M. Raffarin a expliqué au Monde qu'il faisait "d'une pierre trois coups" : puisqu'il ne pouvait être présent à Rome, le 21 octobre, pour le consistoire des nouveaux cardinaux - qui inclut trois Français -, comme le veut la tradition républicaine, il a assisté au 25e anniversaire du pontificat et à la béatification de Mère Teresa. Le premier ministre a ajouté qu'il avait "une conception moderne de la laïcité". "Quand je représente l'Etat, je peux aller dans une église comme dans une mosquée", a-t-il expliqué.

Dans son discours à l'ambassade de France auprès du Saint-Siège, au cours duquel il a souligné le "besoin de références morales et spirituelles", M. Raffarin a accueilli les invités en son nom et "au nom de Mme Jacques Chirac, qui représente le président de la République". L'épouse du chef de l'Etat était accompagnée d'un garde du corps et de sa conseillère, Anne Barrère. Aucun texte ne régit le statut de l'épouse du président, mais l'usage veut qu'elle puisse le représenter lors de cérémonies officielles. Celles de Rome ne peuvent être comparées à aucune autre, souligne Pierre Morel, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, "puisqu'en 2 000 ans, seuls trois papes ont régné plus de 25 ans". Sans émettre d'avis sur la légitimité de la visite officielle française. Ni sur son ampleur.

Béatrice Gurrey et Christophe Jakubyszyn (avec Henri Tincq)
LE MONDE | 24.10.03 | 16h36, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.10.03

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(Janvier 1996) C’est bien à la cathédrale Notre-Dame de Paris (et non pas au Grand Orient de France ou à la Grande mosquée de Paris), que certaines cérémonies, pourtant officielles, ont lieu.
Ainsi les obsèques officielles du président François Mitterrand ont été célébrées à Notre-Dame le 11 janvier 1996 en présence de plus de soixante chefs d’Etat et de gouvernement, chrétiens et non chrétiens, y compris le dictateur communiste Fidel Castro (qui aurait couvert un trafic international de drogue depuis 1980 au moins) et le musulman Yasser Arafat.
A cette occasion le cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger, archevêque de Paris, juif converti par sa famille adoptive catholique, a parlé de " communion des saints "...

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L'Eglise catholique s'inquiète de la tournure du débat sur la laïcité

Devant les évêques de France à Lourdes, René Rémond, membre de la commission Stasi, a dénoncé "les intégristes et les fondamentalistes" laïques. "L'opinion nous pousse à aller vers une mesure d'interdiction", a déploré l'historien, et l'Eglise craint un retour de "la plus vieille querelle française".

René Rémond a levé le voile : l'historien, membre de la commission Stasi sur la laïcité, a fait valoir les "inquiétudes" que lui inspirait la tournure prise par le débat sur l'interdiction des signes religieux à l'école. Il s'exprimait devant les évêques de France, réunis en assemblée plénière à Lourdes (Hautes-Pyrénées), qui consacrent cette année leurs travaux aux relations entre l'Eglise et l'Etat. "Mon expérience des débats au sein de la commission Stasi me montre que la laïcité a ses intégristes et ses fondamentalistes, a regretté M. Rémond. Les gardiens de l'orthodoxie laïciste prennent argument du débat en cours pour remettre en cause le statut des cultes en Alsace-Moselle ou les aumôneries."

Exprimant "une certaine inquiétude, à titre personnel", l'ancien professeur à Sciences-Po s'est demandé si l'on n'assistait pas à"la fin d'un cycle" de bonnes relations entre les religions et l'Etat : "On va commémorer le centenaire de la loi de 1905. Mais il ne faudrait pas revenir en arrière, sur un siècle de législation et de jurisprudence."

René Rémond a également évoqué le contexte dans lequel la commission Stasi mène sa réflexion : "L'opinion nous pousse à aller vers une mesure d'interdiction. Je trouve consternant que tout le débat sur la laïcité se résume à une mesure d'interdiction." L'intellectuel catholique n'a pas pris position pour ou contre une loi. Mais il s'est inquiété de ses répercussions : "On va légiférer pour 1 % de la population - les jeunes filles qui portent le foulard - et comme s'il n'y avait qu'une seule religion en France..." M. Rémond a reconnu cependant, devant les évêques, que l'avis de 1989 du Conseil d'Etat sur les signes religieux à l'école était "dépassé" : "Cet avis est intelligent, nuancé. Il incite au discernement. Il reconnaît à chacun le droit d'exprimer ses croyances. Mais les chefs d'établissement sont confrontés aujourd'hui à des situations ingérables."

RÉSURGENCE DU "LAÏCISME"

Les inquiétudes de M. Rémond ont trouvé un écho favorable chez les évêques français, rassemblés à Lourdes du 4 au 10 novembre. Au cours du débat qui a suivi son intervention, plusieurs d'entre eux ont déclaré craindre une résurgence du "laïcisme". Certains signes témoignent, selon eux, d'un retour des vieux clivages autour de la laïcité, " la plus ancienne querelle française", selon une formule de René Rémond. Tel évêque évoque l'interdiction qui lui aurait été signifiée par la préfecture de figurer sur une photo d'identité avec un col romain...

Les évêques sont très réticents à l'égard d'une loi interdisant les signes religieux à l'école. Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a déclaré qu'il n'était "pas sûr que cette solution serve la paix sociale". L'évêque auxiliaire de Lille, Mgr Jean-Luc Brunin, craint qu'on ne légifère "à partir d'une représentation globale et fantasmatique de l'islam, pour répondre à des cas particuliers. Il faut des repères fermes, mais ceux-ci ne peuvent être définis de manière unilatérale. Si on continue sur la base de l'interdiction, on risque d'accentuer la fracture sociale".

De l'avis général, c'est l'arrivée de l'islam dans le paysage religieux français qui a bouleversé les repères. Le cardinal Jean-Louis Tauran, ancien secrétaire pour les relations avec les Etats du Saint-Siège, a fait cette constatation à la tribune : "Les problèmes que pose l'islam sont en train de changer l'approche des religions dans la société française."L'ancien chef de la diplomatie vaticane a quitté le langage convenu des chancelleries pour regretter ouvertement"une tendance dans la société française à vouloir privatiser la religion et ses manifestations".

Au cours d'une conférence de presse, Mgr Tauran s'est inquiété des conséquences d'une loi interdisant les signes religieux : "On retourne à la situation de 1905, quand un prêtre ne pouvait pas porter la soutane ! J'espère que les autorités politiques se rendent compte des conséquences." En revanche, il n'a pas d'hostilité de principe à une révision de la loi de 1905 : "Il est très difficile pour moi de comprendre qu'une loi qui a cent ans n'ait pas besoin d'être révisée..."

Pour Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques, l'urgence n'est pas de légiférer, mais de favoriser le "vivre ensemble en France" : "Reconnaissons qu'il y a un déficit de références symboliques dans notre société. (...) Il y a là un défi qu'il est vital de relever. Ne renvoyons pas cette tâche au seul Etat. Il est de la responsabilité de chaque composante de notre société d'apporter sa contribution à cette œuvre commune."
Xavier Ternisien, LE MONDE | 06.11.03 | 13h37

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Dalil Boubakeur craint un climat de "suspicion"

A l'instar des représentants de l'Eglise catholique, Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman, a renouvelé, mercredi 5 novembre, son opposition à une loi sur la laïcité et le voile. Pour le recteur de la Grande Mosquée de Paris, légiférer serait prendre le risque que, "dans le climat de passion actuel, cette loi puisse être ressentie par la communauté musulmane comme une suspicion, une mise en doute de sa capacité à résoudre un problème qui se pose à la société".

Une loi interdisant le port du foulard islamique à l'école "tourne le dos à une solution de sagesse", selon le recteur, qui avait déjà estimé qu'une nouvelle loi serait une "erreur profonde" (Le Monde du 14 octobre). Soulignant le caractère de "prescription religieuse" du foulard, Dalil Boubakeur craint qu'une nouvelle législation ne vienne "diaboliser ou ériger en interdit un -tel- signe". Néanmoins, il s'est engagé, "s'il y a une loi, -à ce que- les autorités de l'islam obtempèrent et demandent à la communauté de la respecter".
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 07.11.03

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Le rabbin Sitruk et le voile

Jusqu'à présent, une majorité d'hommes politiques de tous bords ont plaidé pour une loi. Or la semaine dernière, le Premier ministre s'est montré sceptique sur la capacité de règler les questions liées à la laïcité et au port du voile dans les lieux publics par la seule loi, en affirmant que "la loi ne règle pas forcément le problème".

Le grand rabbin de France a fait part vendredi (14 novembre 2003) de ses réserves sur le bien-fondé d'une nouvelle loi sur la laïcité

Interdire tout signe politique ou religieux comme le voile serait "une mauvaise façon de poser le problème", a jugé Joseph Sitruk après avoir rencontré Jean-Pierre Raffarin à Matignon.

"Ce n'est pas parce qu'on va interdire tel signe qu'on va rendre les gens plus tolérants. C'est s'abriter derrière la loi pour ne pas résoudre un problème."

"Je crois que (Jean-Pierre Raffarin et moi) nous nous rejoignons sur ce point-là", a ajouté le grand rabbin de France.

Le grand rabbin Sitruk réclame "une analyse plus profonde et plus ouverte de la laïcité". "Il faut résoudre ce problème avec intelligence et réflexion, ne pas se précipiter sur un détail."

"La laïcité, ça veut dire la neutralité de l'Etat en matière de religion. L'Etat ne se mêle pas des religions, il n'y a pas de religion dominante. Le vrai problème est celui de la tolérance. Si on arrive à demander aux religions de ne pas être prosélytes et à chacun d'accepter l'autre comme il est, on vit parfaitement en harmonie", a estimé le grand rabbin de France.
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Joseph Sitruk a par ailleurs souligné auprès du Premier ministre que la communauté juive était "organisée" depuis près de deux siècles, avec notamment une école rabbinique "qui forme des rabbins à la française, pas seulement de culture française mais de mentalité française". Un exemple à prendre en compte, selon lui, dans le cadre de la formation des imams français.

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Une jurée d'assises remplacée d'office parce qu'elle portait le voile

Une jurée de la cour d'assises de Seine-Saint-Denis a été contrainte lundi (24 novembre 2003) par le président de la cour de céder sa place parce qu'elle portait le voile islamique, a indiqué la Chancellerie qui a précisé que le garde des Sceaux était intervenu pour demander au parquet de réquérir dans ce sens.
Lors de la constitution du jury, dans la matinée, cette personne avait prêté serment tête nue. Le procès d'assises à Bobigny, où comparaît un homme accusé de tentative d'homicide de deux policiers, pouvait alors débuter mais la femme qui avait été tirée au sort s'est recouvert la tête d'un voile islamique.
Informé de l'incident alors qu'il se trouvait en visite en Espagne, le ministre de la justice Dominique Perben a aussitôt demandé au parquet de requérir le remplacement de ce juré par un autre, a indiqué son entourage.
A l'issue d'une suspension qui a duré jusqu'à 15H00, le président de la cour, Jean-Pierre Guetti, a ordonné le remplacement de l'intéressée en se fondant notamment sur "l'article 6 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, l'article 2 de la Constitution et l'article 304 du code de procédure pénale", indique-t-on de même source.
Selon la Chancellerie, le fait de porter le voile porte "atteinte au principe constitutionnel de laïcité et est contraire aux principes d'impartialité et d'indépendance consacrés par le code de procédure pénale, code que doit respecter tout citoyen participant au service public de la justice, notamment dans le cadre d'un jury d'assises".
AFP | 24.11.03 | 18h34

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(Décembre 2003) Le rapport Stasi contre les signes «ostensibles» à l'école
LAÏCITÉ Ni ostentatoire ni visible : les sages ont opté pour une formulation de compromis pour lutter contre le prosélytisme religieux à l'école publique
Une centaine de pages pour proposer une définition actuelle, positive et lisible de cette laïcité qui fonde le vivre ensemble en France : la commission Stasi remet ce matin au président de la République son rapport tant attendu sur «l'application du principe de laïcité dans la République».

Une loi réglementant la présence de signes religieux à l'école publique : telle est bien la proposition phare du rapport Stasi. Hier, dans une version encore susceptible d'être modifiée, les sages envisageaient de prohiber «les signes et tenues vestimentaires» politico-religieux «ostensibles» dans les établissements scolaires publics.

Après avoir examiné plusieurs formulations, comme «signe apparent», «couvre-chefs à connotation religieuse», le terme «ostensible», qui, selon le Larousse, signifie «que l'on ne cache pas, qui est fait avec l'intention d'être vu», aurait fait l'unanimité. Car il inclut l'idée d'affichage, pouvant porter atteinte à la liberté de conscience d'autrui, mais repose sur un aspect objectif, contrairement à «ostentatoire». Cela devrait permettre une application plus facile et homogène de la règle dans tous les établissements. La kippa, les grosses croix et le voile devraient être considérés comme ostensibles et donc proscrits.

Le voile islamique, qui déchaîne les passions, se voit, dans le rapport, rattaché à un certain courant de l'islam et qualifié d'emblème «politico-religieux». En revanche, les membres de la commission souhaiteraient autoriser les médaillons et pendentifs, comme la main de Fatma, la croix, ou encore l'étoile de David, car ils ne font que confirmer une foi et non l'exposer.

Pour contenir l'affichage de signes politico-religieux, sans pour autant agresser les élèves dans leurs convictions, les sages ont donc exploré une troisième voie, entre l'interdiction du port «ostentatoire de signes politico-religieux» proposée par l'UMP, et l'interdiction des signes «visibles», prônée par le Parti socialiste et la mission parlementaire présidée par Jean-Louis Debré.

Pour certains membres de la commission Stasi, la proposition de l'UMP, reprenait «l'état actuel du droit et ne clarifiait donc pas la situation». À l'inverse, le rejet de tous les signes politico-religieux visibles, semblait lui trop radical, posant notamment des problèmes d'application pour les pendentifs ou autres symboles religieux arborés en bijoux.

Malgré ces difficultés, les sages ont tenu à fixer un cadre clair, pour permettre aux chefs d'établissement de s'appuyer sur une loi ferme. Qu'ils peuvent ensuite décliner intelligemment sur le terrain, en faisant preuve de pédagogie. Il ne s'agit donc pas de sanctionner certaines manifestations religieuses, mais de garantir l'égalité homme-femme, la liberté de conscience des élèves mineurs, tout en les protégeant des pressions.

Car au cours des trois mois d'auditions, la commission a constaté d'importantes brèches à ces principes fondamentaux. La stabilisation du nombre de contentieux concernant des jeunes filles voilées ne semble pas traduire une diminution des cas de foulards, mais plutôt une adaptation de l'institution. Depuis l'avis du Conseil d'État de 1989, les chefs d'établissement ont appris, parfois à leurs dépens, que les signes religieux n'étaient pas interdits dans les établissements scolaires, sauf s'ils étaient «ostentatoires». Une caractéristique souvent difficile à établir, qui a finalement ouvert la porte à des négociations portant sur des centimètres de tissu, la visibilité de l'ovale du visage ou des oreilles.

Aujourd'hui, on estime que quelques milliers de jeunes filles portent le foulard – sous des formes variées – dans les écoles. Cette présence semble accompagner une certaine remise en cause de la mixité. Elle s'inscrit dans un contexte de montée du communautarisme dans la société française. Ces dernières années, les insultes racistes et antisémites se sont insidieusement banalisées dans certaines écoles.

Dans leur rapport, les sages proposent plusieurs ajustements législatifs ou rappels des règles pour rétablir la laïcité. Dans toute la France, les cantines seront invitées à servir des plats de substitution lorsque le porc est au menu, mais à refuser les menus confessionnels. À l'hôpital, la commission Stasi propose de subordonner l'expression des convictions religieuses aux impératifs de santé.

En revanche, pour établir l'équité entre les religions, les sages entendent favoriser la présence d'aumôniers musulmans dans les prisons ou encore l'installation de carré musulmans dans les cimetières.
lefigaro.fr, Cécilia Gabizon [11 décembre 2003]

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Voile/Pierre Birnbaum, sociologue, analyse le rapport Stasi: «Une vision forte de la citoyenneté»

Pierre Birnbaum est professeur de sociologie politique à l'université de Paris 1. Son ouvrage La France imaginée : déclin des rêves unitaires est réédité chez Folio. Il décrypte les évolutions de la laïcité à la française proposées par la commission Stasi.

Quelle vision de la laïcité la commission Stasi vous paraît-elle proposer ?
Quand on lit de près le rapport, on est frappé par deux choses. D'abord, la réaffirmation des grands principes propres à l'exceptionnalisme français. La réitération d'une vision forte de la citoyenneté, tournée vers l'espace public, et qui dépasse les appartenances communautaires, confessionnelles et ethniques. Non seulement on prend le parti de les ignorer, mais on cherche à limiter leur influence en libérant les individus. Cette phrase du rapport qui dit qu'«aucun groupe, aucune communauté ne peut imposer à quiconque une appartenance ou une identité confessionnelle» est très belle.

Mais on est également frappé par une autre phrase qui n'est pas forcément explicite pour tout le monde. Elle dit que «l'Etat ne saurait recouvrir d'un "voile d'ignorance" le fait spirituel ou religieux». Cette expression est directement tirée d'un ouvrage de John Rawls, philosophe américain contemporain, intitulé Théorie de la justice. Pour lui, il faut mettre un voile d'ignorance sur les appartenances pour pouvoir construire une justice neutre, éthiquement valable pour tous. Rawls défend une conception très hostile au multiculturalisme. Or d'autres auteurs, comme Charles Taylor, se sont élevés contre cette théorie universaliste, affirmant que l'Etat, l'espace public, ne peuvent être coupés des traditions, qu'ils doivent être, au contraire, à l'écoute du culturel, du religieux. Bizarrement, la commission Stasi reprend la métaphore inventée par John Rawls pour en inverser la signification. Après avoir réaffirmé la tradition de l'espace public à la française, elle écrit que «l'Etat ne saurait recouvrir d'un "voile d'ignorance" le fait spirituel ou religieux». C'est aller au-delà de la stricte séparation entre espace public et espace privé, qui n'a été, dans les faits, depuis le XIXe siècle, jamais véritablement respectée. Ce glissement de la commission témoigne de son ambition de rendre compatibles des principes contradictoires.

Va-t-on vers une remise en question de la laïcité ?
Non, mais on va vers une tension : comment maintenir les grands principes propres à l'exceptionnalisme français tout en reconnaissant un certain culturalisme dans l'espace public ? C'est extrêmement difficile. Peut-être les mesures proposées vont-elles permettre de faire se rencontrer ces traditions contradictoires ?

D'un côté, on réaffirme l'éloignement du religieux à travers le maintien de la jurisprudence du Conseil d'Etat. La commission Stasi préserve les règles fondamentales du droit public, et met l'accent à plusieurs reprises sur la stricte neutralité qui s'impose à tous les agents du service public, neutralité contrôlée par les tribunaux qui prennent soin de vérifier l'«impartialité» de ces agents. Dans ce sens, la tradition française est réaffirmée à l'encontre d'une tradition anglo-saxonne qui semblait devenir influente, et qui prend davantage en compte les qualités personnelles des agents.

D'un autre côté, on est simplement passé de l'ostentatoire à l'ostensible. Et, dans la vie de tous les jours, les problèmes vont demeurer. Cependant, cette difficulté de juger de l'ostensible et de l'ostentatoire est ancienne, et propre à la société française, puisque la question s'était déjà posée en 1789. Lorsqu'on a voté la Déclaration des droits de l'homme qui édicte que nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public, il y a eu un grand débat. Certains ne voulaient pas de la seconde partie de la phrase. On souhaitait à la fois affirmer le principe de la liberté d'opinion et en même temps fixer une limitation. A l'époque, comme aujourd'hui, la question était : qui constate le trouble, et comment l'évaluer ? Et c'est cette question qui permet, au fond, tous les errements. On peut porter atteinte très facilement aux principes en donnant un sens trop large au trouble.

D'un autre côté, la mission Stasi offre la possibilité aux citoyens de confession musulmane ou juive de se reconnaître davantage dans la République, d'y trouver un «domicile symbolique» à travers ces grandes fêtes qui s'imposeraient à l'ensemble de la société. Une fête reconnue par tous, qui s'impose à tous, qui ne stigmatise plus personne puisque les enfants ne seraient plus obligés de se démarquer des autres élèves en se signalant comme musulman ou juif. Cette reconnaissance symbolique donnerait à chacun le sentiment d'une prise en compte légitime par l'espace public.

Ce que propose la commission Stasi peut-il éviter un choc des civilisations ?
C'est une inflexion très sensible qui marque aussi les limites extrêmes d'une logique au-delà de laquelle l'histoire redeviendrait incertaine et tragique.
Libération, Par Catherine COROLLER, samedi 13 décembre 2003, p. 5

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Jours fériés, de la pratique à la loi
A l'école et dans les sociétés, chômer l'aïd ou Kippour est déjà une réalité.

A vos calendriers ! Si la proposition de la commission Stasi d'élever l'aïd el-kébir (commémoration du sacrifice d'Abraham pour les musulmans) et Yom Kippour (jour du Grand Pardon pour les juifs) est retenue, il faudra apprendre à jouer avec le calendrier lunaire. Ainsi, en 2004, l'aïd devrait être fixé, selon le Conseil français du culte musulman, «aux alentours du 20 janvier». Car il faut observer la lune avant d'arrêter définitivement le jour de la fête. Le Yom Kippour, mobile lui aussi, aura lieu le 25 septembre.

La perspective de fermer les établissements scolaires ces deux jours laisse de toutes manières les chefs d'établissements «dubitatifs». Des dispenses de cours existent déjà pour ces fêtes religieuses, prévues chaque année par le Bulletin officiel de l'Education nationale. Les élèves, tout comme les enseignants concernés, demandent individuellement à s'absenter ce jour-là. Tout le monde s'organise en fonction : pas d'interrogation écrite ce jour-là. Pas de concours ni d'examens. Mais quelques ratés. En 1983, la rentrée des classes tombait les 8 et 9 septembre, en plein nouvel an juif. Le grand rabbinat avait protesté et obtenu des dispenses de cours officielles.

Le nombre d'absents varie selon les établissements. Au lycée Auguste-Renoir d'Asnières (Hauts-de-Seine), environ 30 % des élèves demandent à s'absenter le jour de l'aïd. Des agents des services administratifs manquent aussi. «Mais ça ne pose pas de gros problème», assure Michel Hazam, le proviseur. L'idée d'en faire un jour férié le laisse sceptique. Comme les syndicats d'enseignants. Récupérer deux jours de vacances supplémentaires, personne n'y croit: «On supprime le lundi de Pentecôte et on ajoute deux jours fériés !» raillent les enseignants. Néanmoins, la question est avant tout symbolique : «Est-ce que la reconnaissance de la singularité des élèves doit passer par la religion ?» interroge Nicole Geneix pour le SNUipp, majoritaire dans le primaire. Daniel Robin, responsable des questions de laïcité au Snes (majoritaire dans le secondaire), y voit «un lot de compensation», qui «au nom de l'égalité, réintroduit du religieux à l'école». Un comble, quand on y interdit dans le même temps le port de signes religieux «ostensibles».

Pour les entreprises, la commission propose de donner le droit aux juifs et aux musulmans d'échanger un jour férié actuel contre Kippour ou l'aïd. Jean-François Roubault, président de la CGPME, ne voit pas «l'intérêt de légiférer» : «De ma vie je n'ai entendu de problème sur cette question. Certains salariés posent des congés soit pour l'aïd, soit pour Kippour, ou autre. On les donne sans poser de question. Si on crée un droit, cela les obligera, au contraire, à venir réclamer un jour d'absence en déclarant leur religion.» «Faux, répond Patrick Del Grande, dirigeant CFTC du bâtiment. Des refus, on en voit souvent, particulièrement pendant le ramadan.» Michel Serfaty, rabbin de Ris-Orangis, met un bémol : «La plupart du temps, dans l'administration comme dans le privé, cela suffit. Mais il m'arrive de devoir intervenir discrètement.» Philippe Martinez, délégué central CGT de Renault, trouve l'idée «tape à l'oeil : on ferait mieux de donner plus de latitude aux salariés dans la gestion de leurs jours de RTT». Le dirigeant du syndicat chrétien, lui, fait une suggestion oecuménique : «Que la loi permette à tous les salariés de prendre leurs RTT en fonction de leur religion, quelle qu'elle soit et quel que soit le jour.»
Libération, Par Marie-Joëlle GROS et Hervé NATHAN, samedi 13 décembre 2003, p. 2

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Mobilisation contre toute loi antivoile
Musulmans, féministes, enseignants appellent à ne pas légiférer.

Les anti-loi donnent de la voix. Hier (16 décembre 2003), les appels demandant à Jacques Chirac de ne pas se prononcer pour l'interdiction des signes religieux à l'école se sont multipliés. A l'origine de ces lettres et pétitions, un éventail d'organisations extrêmement variées.
Du côté de la communauté musulmane se sont ainsi exprimés les Jeunes Musulmans de France (JMF). Pour cette émanation de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans), une loi contre le voile serait synonyme de l'«intrusion» de l'Etat «dans la vie spirituelle des Français». Le Conseil des imams de France estime, lui, que le voile est «une obligation divine conforme à la nature humaine», et que «la femme doit avoir toute sa liberté et sa responsabilité de s'y conformer ou non».
Quant au Collectif des musulmans de France (CMF), proche de l'intellectuel Tariq Ramadan, il estime qu'une telle loi «ne serait qu'une loi d'exception, de diversion et de régression».
Egalement mobilisées, des féministes, auteures d'une «pétition contre une loi d'exclusion», qui a déjà recueilli «plus de 400 signatures» dont celles de Françoise Gaspard (sociologue et ancienne maire PS de Dreux), Madeleine Rébérioux (historienne) et Dounia Bouzar, sociologue et membre (non voilée) du Conseil français du culte musulman.
«Il n'est pas opportun de proposer une nouvelle loi telle qu'elle est actuellement mise en avant», préviennent également neuf organisations dont trois fédérations de l'enseignement (Ferc-CGT, FSU et Sgen-CFDT), l'association de parents d'élèves FCPE, le syndicat lycéen UNL, l'association Education et devenir, la Ligue de l'enseignement, la Ligue des droits de l'homme et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap).

Selon la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), une loi ne résoudrait pas tout. Dans un rapport d'étape remis hier à Jean-Pierre Raffarin, cette instance consultative apporte son grain de sel au débat sur la laïcité.
Et son diagnostic est beaucoup moins sombre que celui de la commission de réflexion sur l'application du principe de laïcité dans la République présidée par Bernard Stasi. Pour elle, l'intégration est un succès, et «il serait contre-productif de grossir des phénomènes politico-religieux marginaux que certains cherchent à exploiter alors que la situation d'ensemble autorise un certain optimisme».
Dans ces conditions, faut-il légiférer ? «Les raisons de formuler dans une loi ce qui serait une réaffirmation de la règle existent.» Mais un tel texte «paraîtrait s'adresser à une minorité d'usagers et de citoyens qui pourraient l'interpréter comme un acte d'incompréhension ou de rejet». Plutôt que d'interdire, mieux vaudrait donc «faire comprendre aux usagers de l'école» ce qu'est la laïcité. Mais ceci sous-entend «un effort considérable de formation et d'explication». Formation des maîtres et des élèves à la laïcité, au fait religieux, voire à l'histoire coloniale.
Libération, Par Catherine COROLLER, mercredi 17 décembre 2003, p. 3

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16 décembre 2003. « On doit savoir dire stop »

ANCIENNE MINISTRE à la Famille dans le gouvernement Jospin (notedt, et concubine de François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste), Ségolène Royal n'est pas opposée à la proposition Stasi de donner deux jours fériés dans les écoles pour les fêtes musulmane et juive.

En matière de laïcité, n'était-il pas possible de s'en tenir aux textes en vigueur ?
Ségolène Royal. Non, il fallait absolument une nouvelle loi. La circulaire actuelle, qui prévoit l'interdiction des signes ostentatoires à l'école, a montré ses limites. Car aujourd'hui, chaque fois qu'une famille d'une jeune fille voilée attaque un établissement scolaire devant les tribunaux, elle gagne. La justice estimant que, pour condamner, il faut que soit prouvée l'intention de propagande volontaire. Désormais, si j'ai bien compris l'esprit de la loi, ce sont les signes visibles qui seront prohibés. La règle est claire, elle doit s'appliquer à tous.

« On a peut-être trop toléré »

Etes-vous favorable à l'instauration de deux jours fériés supplémentaires ?
Oui, car ce sont des fêtes familiales. Cette proposition fait partie de l'équilibre du rapport Stasi. En raison de la tradition culturelle française, les congés scolaires sont calés sur des fêtes religieuses chrétiennes, mais l'idée d'ouvrir une fenêtre sur d'autres cultures ne me choque pas. J'ajoute que, dans bien des écoles, il y a déjà un absentéisme record le jour de l'Aïd et de Kippour. Je souhaite donc que Jacques Chirac retienne cette proposition en se souvenant du 21 avril. Parfois, les responsables politiques doivent avoir le courage de prendre des décisions impopulaires.

Existe-t-il un risque de stigmatisation de la communauté musulmane ?
Il faut faire preuve de fermeté. Il est de l'intérêt des musulmans modérés que la République ne se laisse pas déborder par des intégristes qui testent ses capacités de réaction. Le voile est un moyen pour les radicaux d'imposer leur mode de vie. On doit savoir dire stop. Dans un souci de tolérance, on a peut-être trop toléré dans le passé. Cela dit, il est clair qu'on doit développer parallèlement des mesures d'intégration pour une communauté qui se sent quelquefois marginalisée dans notre pays.

Que pensez-vous du principe de discrimination positive que défend Nicolas Sarkozy ? Je préfère dire « compensation des handicaps ». Mais sur le principe, oui, je suis pour. Du reste, la parité, les zones franches, l'aide aux écoles dans les quartiers en difficulté sont des exemples de cette fameuse discrimination positive.
Propos recueillis par Frédéric Gerschel, Le Parisien, mercredi 17 décembre 2003, p. 2

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17 décembre 2003. "Notre pays, la France"

Au terme d'une intervention solennelle, Jacques Chirac, plaidant avec chaleur pour une laïcité ouverte, a annoncé une loi contre les « signes ostensibles » à l'école, et invité tous les Français, sans exception, à se sentir « filles et fils de la République ».

IL Y A DEUX façons d'évoquer l'intervention de Jacques Chirac hier après-midi, en direct depuis l'Elysée. La première consiste à répondre à une question : « Alors, il a décidé quoi, le président ? » Résumons en cinq points.
1. A l'école, au collège, au lycée, les tenues ou signes manifestant « ostensiblement » une appartenance religieuse (voile, kippa, grande croix) seront proscrits : une loi y veillera.
2. A l'hôpital, rien ne justifie qu'un patient refuse de se faire soigner « par un médecin de l'autre sexe » : une autre loi y veillera.
3. Tous les fonctionnaires se verront remettre un « Code de la laïcité », leur rappelant les exigences de la neutralité.
4. L'égalité professionnelle entre hommes et femmes devient « la nouvelle frontière de la parité ». Le chef de l'Etat souligne que « la mixité, c'est la règle » (« parce qu'elle rassemble »). Et il martèle : « Le degré de civilisation d'une société se mesure d'abord à la place qu'y occupent les femmes. »
5. La suggestion-surprise de la commission Stasi - créer deux jours fériés supplémentaires pour les fêtes religieuses juive et musulmane - a été, elle, écartée : trop lourd, trop compliqué. Mais le président indique, comme c'est d'ailleurs déjà souvent le cas, que les élèves qui demanderaient à pouvoir s'absenter ce jour-là y seront évidemment autorisés. Et aucun examen ne sera organisé le jour de Kippour ou celui de l'Aïd-el-Kébir. Et puis Jean-Pierre Raffarin va installer auprès de lui un « observatoire de la laïcité ». Sa mission : « alerter » à la fois « les Français et les pouvoirs publics » sur toute « dérive ».

Des accents formidables

Ce résumé est, en même temps, trompeur. Hier, Jacques Chirac - pour parler de la France, de son drapeau, de son passé, de ses « valeurs », de la diversité de ses citoyens, de sa volonté que le pays reste « une terre ouverte, accueillante et généreuse », de l'égalité des chances, de l'impérieuse nécessité d'une lutte sans merci contre toutes les discriminations, et contre la xénophobie, le racisme et l'antisémitisme - a eu, par moments, des accents formidables.

Avocat d'une laïcité « ouverte et généreuse », le chef de l'Etat - faisant sienne l'analyse du trio Juppé-Debré-Baroin - considère que cette laïcité est en cause, et doit être défendue.
Il invite donc les Français de toutes origines et de toutes religions à se regrouper derrière cet « héritage ». Sa phrase clé : « Dans notre République, chacun est respecté dans ses différences parce que chacun respecte la loi commune. »
Et le président de rappeler à tous de quoi est faite la France : « Diversité des croyances dans cette vieille terre de chrétienté où s'est aussi enracinée une tradition juive qui remonte à près de deux mille ans. Terre de catholicisme qui a su dépasser les déchirements des guerres de religion, et reconnaître finalement toute leur place aux protestants à la veille de la Révolution. Terre d'ouverture enfin pour les Français de tradition musulmane qui sont partie intégrante de la Nation... »
La leçon est claire : la France est forte de ses diversités, mais ces diversités imposent que tout le monde respecte les règles communes.
Hier, l'espace de trois quarts d'heure, la France républicaine a présenté son meilleur visage.
Dominique de Montvalon, leparisien.fr, Paru le : 18/12/2003

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18 décembre 2003. La loi sur la laïcité préoccupe Washington

Les Etats-Unis ont indiqué qu'ils allaient "suivre attentivement" les mesures qui seront prises concernant le port du foulard islamique en France.

Les Etats-Unis ont indiqué jeudi (18 décembre 2003) qu'ils allaient "suivre attentivement" les mesures qui seront prises concernant le port du foulard islamique en France, redoutant à mots couverts qu'elles n'empiètent sur la liberté de religion.
"Nous allons suivre cela attentivement" a déclaré John Hanford, le responsable du dossier de la liberté religieuse au département d'Etat, en ajoutant que c'était une source "importante de préoccupation en ce moment".
Il a rappelé, lors d'une conférence de presse sur le rapport annuel américain sur la liberté de religion dans le monde, que les Etats-Unis étaient favorables à ce que le port du foulard ou autres signes religieux soit autorisé dès lors que cela ne relevait pas d'une volonté de "provocation" ou "d'intimidation".
"Notre position constante est que si les gens portent cela comme une simple manifestation de leur attachement à leurs croyances, juste comme certains le font chaque jour aux Etats-Unis, et que cela ne constitue pas une provocation personnelle envers les autres, il s'agit d'un droit de base qui doit être protégé", a-t-il déclaré.

"Liberté de religion" pas négociable

Le président français Jacques Chirac s'est prononcé mercredi pour l'interdiction à l'école des signes religieux "ostensibles", notamment le foulard islamique, la kippa et les grandes croix, malgré des mises en garde des autorités religieuses du pays.

Ce sujet est un thème potentiel de profonde incompréhension entre la France, pays attaché de longue date au principe d'une république laïque, et les Etats-Unis, dont l'identité historique s'ancre dans la liberté de religion.
"Le président Chirac est préoccupé par le maintien du principe de la laïcité en France, et je crois qu'il a dit que cela n'était pas négociable. Nous espérons que la liberté de religion ne sera pas négociable non plus", a ajouté M. Hanford.
Il a toutefois indiqué qu'il ne disposait pas encore d'assez d'informations pour faire des commentaires définitifs.
Le débat français est suivi avec une attention particulière aux Etats-Unis, où l'administration multiplie les égards envers l'islam modéré afin d'éviter que son combat contre le terrorisme ou la guerre en Irak n'apparaissent dirigés contre le monde musulman.

Contre l'extrême-droite

La presse américaine de jeudi faisait pour sa part un effort d'explication, en soulignant les relations particulières de la France avec la religion.
"Peu de pays chérissent la laïcité autant que la France, qui a rompu avec l'Eglise catholique après la Révolution française et a intégré la séparation de l'Eglise et de l'Etat dans sa Constitution en 1905", estimait le Washington Post.
Le président français "a rejeté le modèle anglo-saxon d'intégration admiré par certains musulmans français, où les communautés ethniques conservent leurs coutumes", écrivait pour sa part le quotidien USA Today.
La presse américaine considérait que l'intervention du président français avait aussi pour objectif de lutter contre l'extrême-droite.
"Le combat pour intégrer les 5 millions de musulmans au sein de la société française est un sujet politique sensible, qui a été exploité par le parti d'extrême-droite Front National", constatait le New York Times.

Appel d'un ouléma du Qatar

Par ailleurs, un ouléma qatariote, Youssef Al-Qaradaoui, a appelé les musulmans à adresser des messages au président français pour lui demander de "revenir sur sa décision".
Cheikh Qaradaoui, d'origine égyptienne mais établi depuis plusieurs années au Qatar, a lancé cet appel au cours du prêche du vendredi, au cours duquel il a longuement évoqué "les relations historiques entre les arabes et les musulmans d'une part et la France d'autre part" et salué "les positions de la France, qui ne se laisse pas entraîner derrière les positions américaines".
Mais il s'est dit "étonné" que "la France, pays des libertés, des révolutions et des droits de l'Homme, s'attaque au hijab (...) qui n'est pas (un objet) symbolique comme la kippa ou la croix, mais un moyen pour la musulmane de se rapprocher de Dieu".
NOUVELOBS.COM | 19.12.03 | 16:39

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Loi sur le voile : « Une peur irraisonnée »

Mgr Philippe Barbarin cardinal archevêque de Lyon

CHAQUE SEMAINE, « le Parisien Dimanche » donne la parole à une personnalité. Aujourd'hui : Mgr Philippe Barbarin, cardinal archevêque de Lyon.

Jacques Chirac s'est prononcé pour une loi interdisant les signes religieux ostensibles à l'école...
Mgr Philippe Barbarin. Le débat sur le foulard a montré une peur irraisonnée de notre société. Le président de la République a pris ses responsabilités. Mais interdire le port des signes religieux ostensibles à l'école ne règle pas les difficultés. Cette décision peut apaiser les choses, mais elle risque aussi d'accroître le contentieux contre les religions et même de faire le lit de l'intégrisme. Si l'on exclut les jeunes filles voilées des écoles publiques, où iront-elles ? Cela ne va-t-il pas augmenter la tendance au communautarisme ? J'ajouterai que, personnellement, je me sens plus agressé par les images de jeunes femmes dévêtues sur les affiches publicitaires que par une lycéenne voilée. Le principal est de nous décider à vivre ensemble et à en trouver l'art et la manière.

Etiez-vous favorable à la proposition de la commission Stasi - rejetée par le chef de l'Etat - d'ajouter deux jours fériés pour l'Aïd et Kippour ?
Le choix du président est cohérent avec sa volonté de supprimer un jour férié.

Vous avez pris position contre le projet de loi bioéthique adopté à l'Assemblée le 11 décembre...
Ce projet de loi qui autorise les recherches sur l'embryon humain ainsi que le recours à titre expérimental à ce qu'on appelle le bébé-médicament, constitue une transgression sans précédent. Cela va encourager la production d'embryons surnuméraires dans le seul but d'en faire des objets de recherche. L'embryon n'est pas une chose : la vie humaine doit être respectée dès le premier instant de sa conception. Le recours au bébé-médicament est aussi une atteinte à la dignité humaine puisqu'il s'agit de choisir, à des fins thérapeutiques, l'embryon qui sera compatible avec le frère ou la soeur aîné atteint d'une grave maladie... Choix qui ne peut se faire qu'au détriment des autres embryons qu'on supprimera.

Comment avez-vous réagi à la capture de Saddam Hussein ?
J'ai pensé que ce serait une date significative pour le peuple irakien. Une page se tourne, celle de la liberté d'un pays qui a hâte de se reconstruire. Mais, quoi qu'il ait fait, Saddam Hussein a des droits qu'il faut respecter.

« Eteignez vos téléviseurs le vendredi »

Le 21 octobre à Rome, Jean-Paul II vous remettait la barrette cardinalice. Comment appréhendez-vous vos nouvelles fonctions ?
Comme cardinal, électeur du futur pape, je suis titulaire d'une église à Rome, la Trinité-des-Monts, dont je prendrai « possession » le 7 février. Le successeur de Jean-Paul II devra être quelqu'un de profond et de puissant. Je crois savoir pour qui je voterai le jour venu, mais je ne vous en dirai pas plus !

Comment va Jean-Paul II ?
Tout le monde voit bien que le pape est en très mauvaise santé. Mais, même si le corps ne suit plus et si ses capacités d'élocution se sont dégradées depuis l'été dernier, il conserve toute sa lucidité. Je rencontrerai Jean-Paul II en février pour évoquer avec lui les questions qui me préoccupent dans mon diocèse : formation des prêtres, pastorale des jeunes, place des laïcs...

Quel est le sens de la fête de Noël ?
C'est la plus grande fête des familles. A travers l'Enfant Jésus, Dieu se fait homme et entre dans nos familles. Le symbolisme du cadeau est beau. C'est une source de joie, même si je suis parfois agacé par l'inflation commerciale et les illuminations des rues. Un jour, je me promenais avant Noël avec un ami orthodoxe. Des lumières clignotaient partout et il m'a dit : « Regarde, ils nous prennent pour des poules... Ils veulent nous faire pondre des billets ! »

Seul un Français sur dix se dit catholique pratiquant, c'est-à-dire va à la messe au moins une fois par mois...
La pratique est un moyen pour s'approcher de la source de vie. Mais encore faut-il que les gens aient soif, qu'ils puissent dire à Dieu, comme dans le psaume : « Mon âme a soif de toi. » La question fondamentale, c'est l'équilibre de l'homme. Il se situe dans trois dimensions, le corps (la santé), la personnalité (études, profession, salaire) et la spiritualité. Dans les deux premiers domaines, nous sommes parmi les plus performants au monde. En revanche, pour la vie spirituelle, l'amour, la fidélité aux engagements, la joie, la maîtrise de soi, nous sommes malades. Pensez au suicide des jeunes, aux dépressions... La grande maladie de notre société qui fait l'impasse sur la vie spirituelle, c'est le manque d'espérance. On peut être en bonne santé, avoir un gros salaire et être incapable de rendre heureux ses proches. Or, la vie spirituelle, ça s'apprend dès l'enfance. Le problème aujourd'hui, c'est que les machines ont gagné sur les personnes. Voyez l'usage qui est fait du téléphone portable ou de la télévision. Redonner sa place à la vie spirituelle, c'est affirmer que l'homme n'est pas un animal supérieur mais un être mystérieux, « créé à l'image et à la ressemblance de Dieu ».

Que préconisez-vous pour renouer avec la spiritualité ?
Eteignez vos téléviseurs le vendredi soir, jour de la Passion du Christ, et lisez l'Evangile en famille, même si vous n'allez pas à la messe. Pourquoi ne pas reprendre des gestes simples : le signe de croix au lever, la prière avant les repas... ? C'est une façon concrète de montrer que « Dieu est premier servi ».
Propos recueillis par Philippe Baverel, Le Parisien, dimanche 21 décembre 2003, p. 5

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Voile : tollé dans le monde musulman
La position du président français Jacques Chirac en faveur d'une loi interdisant à l'école les signes religieux "ostensibles" suscite l'indignation dans le monde arabo-musulman.

Oulémas, mouvements politiques et officiels du monde arabo-musulmans ont dénoncé la décision du président français de présenter une loi interdisant à l'école les signes religieux "ostensibles", et lui ont demandé de la reconsidérer. Du président iranien Mohammad Khatami à l'influent cheikh d'origine égyptienne Youssef al-Qaradaoui qui a libre accès à Al-Jazira, en passant par les muftis des principaux pays arabes, les appels à Jacques Chirac se sont multipliés.

Sit-in devant l'ambassade

Cheikh Qaradaoui a appelé à une mobilisation face à la décision du président français, exhortant lors du prêche de vendredi les musulmans à adresser des messages au président français pour lui demander de "revenir sur sa décision". Le mufti de Syrie a écrit à M. Chirac lui demandant de reconsidérer sa position, affirmant que "la nation musulmane voit dans le voile un des fondements de sa religion". A Bahrein, des associations islamiques ont annoncé l'organisation jeudi d'un sit-in "imposant" devant l'ambassade de France, au cours duquel sera remise une lettre de protestation au président Chirac.

Le mufti sunnite du Liban est allé plus loin évoquant une "haine pour l'islam". De même pour le mouvement chiite Hezbollah, dont le guide spirituel a écrit une lettre ouverte au président. Avis partagé par les Frères musulmans dont le guide en Egypte, Maamoun al-Hodeiby, a averti contre "la haine entre la France et les peuples musulmans" que risque de susciter une telle loi. Pour la confrérie, le port du voile se situe au rang des "obligations fondamentales, comme la prière ou le jeûne du ramadan". "Le voile est un devoir religieux et non pas un simple signe", a également estimé le mufti d'Egypte.

"Interprétation erronée"

Certains intellectuels musulmans rejettent cependant totalement cette argumentation. Ainsi, Gamal al-Banna, frère du fondateur des Frères musulmans et auteur d'ouvrages sur les droits de la femme musulmane, est catégorique : "Le voile n'est pas une obligation", faisant état d'une "interprétation erronée". "Le voile cité dans le verset al-Hijab dans la sourate Al-Ahzab signifie'rideau' ou 'porte', et non un foulard pour couvrir la tête", alors que le verset communément cité sur le voile dans "la sourate al-Nour demandent aux femmes de se couvrir la poitrine". Mais il ne soutient pas pour autant la décision du président français. "Qu'une femme porte un foulard ou une mini-jupe, cela relève de la liberté individuelle" conclut-il.
tf1;fr, news, Mis en ligne le 23 décembre 2003

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La plus haute autorité de l'islam sunnite donne raison au ministre sur le voile.
Chèque en blanc pour Sarkozy à la mosquée d'Al Azhar

Al Azhar fait bien les choses. Nicolas Sarkozy n'a pas boudé sa joie, hier au Caire, au sortir d'une rencontre avec Mohamed Sayed Tantawi, cheikh de la prestigieuse mosquée Al Azhar. Principale autorité de l'islam sunnite, l'imam a donné sa caution au ministre de l'Intérieur en lui expliquant que «le voile est une obligation divine», mais si la femme musulmane «vit dans un pays non musulman, comme la France, dont les responsables veulent adopter des lois opposées au voile, c'est leur droit et je ne peux pas m'y opposer». Versets à l'appui, le cheikh a absous les écolières françaises contraintes d'ôter leur foulard dans les établissements publics. «Celui qui se trouve obligé n'est pas un pécheur, Dieu lui pardonne», a conclu Mohamed Tantawi.

Annoncé comme une simple visite de courtoisie par les responsables français qui s'agaçaient de l'intérêt porté à cette rencontre «décidée bien avant l'affaire du voile», l'entretien a donc tourné à la bénédiction. Un adoubement dont Sarkozy va pouvoir se prévaloir dans le débat sur la laïcité, ainsi que pour courtiser les voix des musulmans de France dans l'optique d'une course à l'Elysée. Pour le ministre, qui a prononcé un vibrant plaidoyer pour la laïcité française, garante du respect des religions, la déclaration de cheikh Tantawi est «une confirmation de la position française» et «une prise de position de nature à apaiser les tensions». «L'obligation religieuse de porter le voile n'existe pas dans les pays non musulmans, et celui qui l'a dit fait référence dans le monde musulman», a répété Sarkozy en se félicitant des propos «sans ambiguïté» du cheikh d'Al Azhar.

Le ministre n'ignorait pas qu'il relevait un pari risqué en se rendant à Al Azhar. Son prédécesseur, Jean-Pierre Chevènement, a en effet lourdement regretté d'avoir effectué la même démarche en 1998. Tantawi lui avait affirmé que bien que le voile soit un élément fondamental de l'islam, «toute personne dans tout pays doit se plier aux lois de ce pays ou le quitter». Ravi de ce blanc-seing, Chevènement avait rapidement déchanté. Sous la pression d'associations françaises proches des Frères musulmans, Al Azhar avait par la suite démenti les propos de Tantawi, affirmant que celui-ci avait évoqué le niqab (voile intégral), et non le foulard. «Le cheikh a dit que si le visage et les mains étaient découverts, ce n'était pas un problème», avait explicité son porte-parole.

Mais face à Nicolas Sarkozy, et en présence des télévisions arabes, Mohamed Tantawi s'est, cette fois, montré clair. Nommé à son poste par l'Etat égyptien, c'est pourtant un expert dans l'art de naviguer entre deux eaux. Hier, sa déclaration provoquait déjà le mécontentement de certains oulémas d'Al Azhar, qui estimaient ne pas avoir été consultés sur la question. La légitimité de cheikh Tantawi est en effet loin de faire l'unanimité. Surnommé «Sayed OK» (Monsieur OK), Mohamed Tantawi «se contente de répéter ce que le président Moubarak veut qu'il dise», explique un Egyptien. Choqués par les déclarations du grand imam d'Al Azhar, certains journalistes égyptiens ont ainsi jeté à Sarkozy : «L'imam se trompe, le voile est obligatoire dans le Coran.» Ces derniers jours, des articles de la presse arabe ont aussi accusé la France de «racisme» et de «persécution», contraignant l'ambassade de France au Caire à publier dans le quotidien Al Ahram une mise au point sur les principes de laïcité. L'imprimatur de Tantawi est donc un beau cadeau de Noël pour Nicolas Sarkozy. Mais il n'a pas fini de provoquer des remous dans le monde musulman.
Libération, Par Claude GUIBAL, mercredi 31 décembre 2003, p. 8

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(17 janvier 2004) Laïcité : forte mobilisation des opposants à la loi

Les opposants à la loi sur la laïcité, interdisant le port du voile à l'école, ont fortement mobilisé samedi. Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris et dans une dizaine de villes, mais aussi à l'étranger. On comptait entre 10.000 et 20.000 personnes à Paris, 2.700 à Lille, 1.800 à Marseille, près de 500 à Saint-Etienne, 300 à Bordeaux, ou encore une centaine à Toulouse.

Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi en France, à Paris et dans une dizaine de villes, pour dénoncer le projet de loi sur la laïcité interdisant notamment le port du voile à l'école, à l'appel du Parti des musulmans de France (PMF) et de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). "Il faut apprendre la culture du dialogue. Il ne faut pas accentuer les tensions. Ce n'est pas en manifestant qu'on fait avancer les choses", a réagi le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement samedi à Nice.
La mobilisation a toutefois été plutôt faible. A Paris, la préfecture de police a affirmé que les manifestants étaient 10.000 -plus de 20.000 selon les organisateurs-, deux chiffres toutefois contestés sur le terrain.
Des policiers des renseignements généraux et beaucoup de journalistes présents sur place donnaient ainsi une estimation de 3.000 à 5.000 personnes. Un policier a même fait état de 3.500 personnes En se plaçant en tête du cortège, on pouvait d'ailleurs voir les cars des gendarmes mobiles et les véhicules de la voirie fermant la marche, et remonter facilement le défilé à pied en moins de dix minutes. En province, la police a fait de manifestations réunissant 2.700 personnes à Lille, 1.800 à Marseille, près de 500 à Saint-Etienne, 300 à Bordeaux, ou encore une centaine à Toulouse. Publicité

Dans la capitale, le cortège, composé de nombreuses femmes voilées, a quitté les abords de la place de la République peu après 14h30 pour se rendre jusqu'à la place de la Nation.

"Le voile, c'est mon choix"

"Le voile, c'est mon choix et mon droit!", "Ni Chirac ni Stasi! Le voile on l'a choisi!", ou encore "Non à la laïcité!", scandaient les protestataires, dont certains portaient des drapeaux tricolores. L'ancien champion de judo Djamel Bouras est venu apporter son soutien aux manifestants, au moment du départ du cortège. "On est tous là pour que cette loi raciste et imbécile ne passe pas. Y'en a marre qu'à chaque fois qu'on allume la télé, ce soit l'islam par ci, l'islam par là. Le gouvernement est en train d'installer l'islamophobie dans ce pays", a-t-il déclaré juste avant le départ du défilé. "Même si certaines filles sont obligées de porter le voile sous la pression de leur entourage, cette loi, elle va arranger quoi?", s'est-il interrogé.
"C'est l'islamophobie qu'on essaie d'installer dans la tête des gens. Les autorités ont peur que les soeurs aient accès au savoir parce qu'elles ne veulent pas de musulmans instruits, conscients de leurs droits", estimait pour sa part Anissa, une manifestante venue de Belgique pour soutenir les protestataires en France.
"Tous unis pour une laïcité juste", "Non à l'exclusion. Oui à l'école pour tous", "La loi a une limite: la liberté" ou encore "La France, patrie des droits de l'homme, pas de la femme voilée", pouvait-on lire sur les banderoles.
En tête de cortège, Mohamed Latrèche, porte-parole du PMF -un groupuscule religieux- haranguait la foule, lançant notamment qu'avec "Chirac, la République laïque est remise en question", avant de passer le micro à une jeune femme voilée qui affirmait que "l'étape suivante serait la fermeture de nos mosquées".

Pas l'unanimité

Les manifestations de samedi sont loin de faire l'unanimité dans la communauté musulmane. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Dalil Boubakeur avait d'ailleurs appelé à ne pas participer à ces défilés.
De son côté, le mufti de Marseille Soheib Bencheikh a dénoncé, dans un entretien au quotidien "Le Parisien/Aujourd'hui en France" de samedi, des manifestations qui traduisent selon lui "l'influence des pseudo-religieux qui s'emparent du débat sur la laïcité comme d'un cheval de Troie pour conforter en France cet islam politique, obscurantiste, qui fait des ravages dans les pays arabes". Soheib Bencheikh, qui est docteur en théologie, s'est dit "favorable à la loi contre les signes religieux à l'école".
"Le voile est une fausse route pour les jeunes filles" a-t-il dit. "Rien dans le Coran ne leur impose d'afficher ainsi leur foi.
Le voile conduit trop souvent à des comportements inquiétants comme le refus de la mixité, de l'égalité des sexes, des cours de biologie ou de sport".

"Encouragent les tensions"

Pour M. Sarkozy, "les manifestations ne feront qu'encourager les tensions, les incompréhensions, les exaspérations. Il n'y a que dans le dialogue, la culture du compromis et le respect mutuel que chacun trouvera sa place dans la République. La règle que nous ferons voter, elle s'appliquera à tous dans les mêmes conditions. Il n'y a pas d'humiliation. Il n'y a personne qui est montré du doigt. Chacun sera considéré avec les mêmes droits mais aussi avec les mêmes devoirs", a-t-il promis à Nice. Le 21 décembre dernier, un millier de manifestants -dont beaucoup de femmes voilées- avaient déjà défilé dans les rues de la capitale, officiellement à l'appel de trois lycéennes de la banlieue parisienne. AP
NOUVELOBS.COM | 18.01.04 | 08:54

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Karima. Pour le voile et pour la discrimination positive.
« Mon père nous a toujours dit : cramponnez-vous ! »

C'EST UNE BELLE PLANTE de 1,70 m. Le pas décidé, l'oeil intense, le sourire désarmant « Ah, il y en a des hommes au Maroc qui viennent me voir à son sujet ! » sourit Ahmed, accent titi parisien et regard énamouré pour sa fille cadette.
« Mais je leur dis : Karima, elle est libre, elle fera ce qu'elle voudra ! »

Du haut de ses 20 ans, très élégante dans une tenue acquise grâce à son job d'appoint chez Photo-Station à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Karima sourit. « Je vous l'avais bien dit, ce qui compte pour papa, c'est que ses enfants soient indépendants. »

De ce côté-là, a priori, pas de souci : en licence de droit à la faculté de Nanterre, la jeune fille hésite entre passer sa thèse et enseigner, devenir avocate ou se lancer à l'assaut de l'univers. « Des fois, je me dis que je deviendrais bien ambassadeur de France au Maroc ! »
Elle est abonnée à « Courrier international », connaît son Code civil sur le bout des doigts, possède un ordinateur portable. Et pourtant, Karima a grandi et habite dans un grand ensemble à Asnières, son papa est chauffeur de poids lourd, sa maman porte le voile...

« J'ai réalisé la chance qu'on avait de vivre en France »

Un parfait exemple de réussite et d'intégration ? Elle lève les yeux au ciel. « Je suis sérieuse et déterminée. J'étais nulle en maths à l'école, mais s'il fallait passer la nuit sur un problème, je le faisais. »

Pour ses quatre enfants, Ahmed n'a reculé devant aucun investissement. « Il nous a acheté tous les volumes de l'encyclopédie Tout l'univers , s'attendrit Karima. Il nous a toujours dit : Vous avez de la chance d'aller à l'école, moi j'ai dû arrêter très tôt. Rien ne tombe du ciel, cramponnez-vous . »

Karima et ses frères et soeurs n'ont jamais traîné dans la cité. Et elle est restée très impressionnée par les témoignages de ses cousins, glanés lors des vacances au pays. « Malgré tous les tiraillements occasionnés par ces voyages et cette double culture, j'ai réalisé la chance qu'on avait de vivre en France. »

Tout n'a pas été simple pour autant. Le bac en poche, poussée par un prof qui la trouvait brillante, Karima s'est retrouvée inscrite et admise dans une prépa normale sup à Paris. « En sortant de mon lycée où les trois quarts des élèves étaient comme moi, ç'a été le choc, avoue-t-elle. J'ai failli abandonner, je n'étais pas à ma place. Mes camarades du quartier, ils ne savaient même pas ce que c'était qu'une prépa. Et puis, j'ai fini par m'ouvrir. Quand je vois le bien que ça m'a apporté, je me dis qu'on devrait être plus nombreux à échapper au fatalisme de la cité. Je suis pour la discrimination positive. »

« C'est en train de virer au procès de l'islam »

Elle a raté de quatre dixièmes son admission, mais en a gardé une amie, Céline, « fille d'architectes qui ont une immense baraque » à Neuilly. « Chez elle tu verrais, c'est waouhhhh... Je n'ai encore jamais osé l'inviter chez moi ! Elle est fan de Sarkozy. On s'adore même si on ne se comprend pas toujours. On a beaucoup discuté de la loi sur la laïcité toutes les deux... »

Un ange passe.
Tout émancipée qu'elle soit, Karima est très croyante. Et atterrée par la tournure que prend le débat sur le voile. « S'émanciper, c'est surtout faire ce dont on a envie. Je crois que c'est ce que font les filles qui portent le voile. »
Elle cite son héroïne, le Prix Nobel de la paix 2003, l'Iranienne Shirin Abadi. « Il ne faut ni obliger ni interdire. » Et pour avoir épluché la jurisprudence du Conseil d'Etat, elle ne comprend pas la nécessité d'une loi.
« C'est en train de virer au procès de l'islam, déplore-t-elle. On avait dix cas qui posaient problème et 5 millions de musulmans se prennent dans la figure des histoires de lapidation. » Du Coran, qu'elle a lu récemment pour se forger sa propre opinion, elle a préféré retenir un verset : « Le meilleur croyant, c'est celui qui est le meilleur avec sa femme. »

Karima a eu des amoureux, rien de bien sérieux. Elle n'est pas pressée de se marier. Se pourrait-il qu'elle choisisse un « Gaulois » ?
Re-silence. « Non, finit-elle par avouer. Sauf s'il est musulman. »

Bien consciente que cette fin de non-recevoir est un signe d'assimilation impossible, elle soupire. « Quand je vois le mal que ma grande soeur a eu pour trouver son stage de contrôleur de gestion avec son DESS, je reste perplexe. Ce n'est pas à nous de nous intégrer, c'est à vous de nous intégrer. »

Son père hoche la tête, attristé. « Je suis contre le voile », précise-t-il, désemparé.
« C'est bien le problème, conclut Karima. Les parents disent depuis des années à leurs enfants : On n'est pas chez nous, faites comme on vous dit de faire . Il ne faut pas s'étonner que les enfants répliquent un jour : Mais si, on est chez nous, et on fait ce qu'on veut ! »
Florence Deguen, Le Parisien, 26 janvier 2004, p. 4

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«Epouvantable» selon Ken le rouge

Ken Livingstone, le bouillant maire de Londres, vient de partir en guerre contre la France et son «épouvantable législation» antivoile.
Hier (10 février 2004), au moment même où les députés français votaient le projet de loi, l'homme qui préside aux destinées de la ville la plus multiethnique d'Europe organisait une «conférence contre l'interdiction du hijab».
Entouré de leaders de toutes les confessions, ainsi que de plusieurs femmes voilées, il a accusé «la droite traditionnelle française» de vouloir capter «le vote antimusulman». «Chirac joue à un jeu très dangereux», a-t-il ajouté, dont seuls «Le Pen et l'extrême droite sortiront vainqueurs».
Dans la foulée, un rabbin, un pasteur et des défenseurs des droits de l'homme ont tour à tour fustigé «une mesure terrible» et surtout «incompréhensible» de ce côté-ci de la Manche. «Le fait d'avoir à défendre un droit aussi ancien nous laisse sans voix», s'est écriée une représentante des sikhs.
Ken «le rouge» avait déjà fait part de sa colère à Jean-Pierre Raffarin dans une lettre ouverte.
Libération, Par Christophe BOLTANSKI, mercredi 11 février 2004, p. 13

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(14 février 2004) Laïcité : les anti-loi ne désarment pas
Quelques milliers d'opposants au texte sur l'interdiction des signes religieux à l'école ont de nouveau défilé ce samedi (14 février 2004) dans plusieurs villes de France.

De 6 000 personnes (selon la police) à 12 000 (pour les organisateurs) ont participé ce samedi aux manifestations organisées dans plusieurs villes par un collectif d'associations musulmanes, laïques et d'extrême gauche contre l'interdiction du voile islamique à l'école.

Alors que le projet de loi sur l'application de la laïcité à l'école, qui interdit le port de signes religieux ostensibles, a été adopté mardi en première lecture par les députés, le collectif "une école pour tous-tes contre les lois d'exclusion" estime que cette loi aura pour conséquence de "creuser d'avantage +l'inégalité républicaine+". Ces manifestations, intervenant après celles des 21 décembre, 17 janvier et 7 février, se voulaient d'une autre tonalité, en mêlant musulmans et non musulmans unis pour défendre "le droit à l'éducation pour tous".

A Paris (1 300 selon la police, 10 000 selon les organisateurs), les associations de jeunes musulmans (Collectif musulmans de France, Jeunes musulmans de France, Etudiants musulmans de France et Participation et Spiritualité musulmane) dont les sympathisants ont fourni la masse des manifestants, ont partagé le devant de la scène avec les militants laïques venus du Mouvement de l'immigration et des banlieues, Droits Devant, la jeunesse communiste révolutionnaire, etc.

"Pas obligés de venir"

Ouvrant le cortège, une sono juchée sur un camion déversait les chansons des groupes Zebda ou Mickey 3D, au grand dam de quelques jeunes garçons en kamis, la longue tunique blanche adoptée par les salafistes, restés en retrait sur les trottoirs. "On a fait le choix d'agir en collectif, ceux qui ne se reconnaissent pas dans cet état d'esprit ne sont pas obligés de venir", a déclaré Mahmoud Kalkoul, porte-parole de Jeunes musulmans de France.
Les jeunes femmes voilées étaient cependant largement majoritaires parmi les manifestantes. Parmi elles, deux étudiantes de Noisy-le-Sec (Seine St-Denis) de 20 et 23 ans, Hajar Ajimi et Sofia Rahen, qui affirment avoir entamé une grève de la faim le 3 février et qui ont manifesté en fauteuil roulant.

Des manifestations ont également eu lieu dans une dizaine d'autres villes avec, selon la police, 2 600 personnes à Lyon, 600 personnes à Montpellier, 500 à Lille, 400 à Grenoble, 300 à Marseille, 150 à Saint-Etienne, Angers, Nîmes ou Chambéry mais seulement 50 à Rennes. Aucun défilé n'a été signalé dans les régions de Bordeaux ou de Toulouse ni dans l'Est, à part 60 personnes à Metz.
tf1,fr, news, Mis en ligne le 14 février 2004

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Août 2004 Libération de Paris: commémorations sous le signe du recueillement pour Chirac

PARIS (AFP) - Hommage au général de Gaulle, messe à Notre-Dame et inauguration de l'esplanade Jacques Chaban-Delmas: Jacques Chirac a poursuivi jeudi les commémorations de la Libération de Paris, placées sous le signe du souvenir, du recueillement et de la fidélité aux valeurs de la Résistance.

La veille, le président de la République avait participé, à l'invitation du maire socialiste de la capitale Bertrand Delanoë, aux cérémonies du 60e anniversaire de la Libération de Paris, le 25 août 1944.

Jeudi, le chef de l'Etat a commencé la journée par "un hommage personnel" au général de Gaulle dont il a fleuri la statue sur les Champs-Elysées, en compagnie du fils, l'amiral Philippe de Gaulle, et du gendre du chef de la France libre, le général Alain de Boissieu, chancelier de l'ordre de la Libération.

Jacques Chirac a ensuite rejoint Notre-Dame de Paris pour une cérémonie interreligieuse sur le parvis de la Cathédrale, suivie d'une messe concélébrée par Mgr Jean-Marie Lustiger, cardinal-archevêque de Paris, les archevêques de Washington, Westminster et Berlin et un représentant de l'archevêque d'Ottawa.

Au cours de la cérémonie interreligieuse en hommage aux combattants de la 2e DB (Division blindée) morts pour la France, les représentants des confessions (catholique, réformée, juive, musulmane) auxquelles appartenaient ces soldats, ont prié pour la paix.

"Eloigne de nous les maux de la violence, de l'intolérance et de la haine", a dit Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, dans sa prière. "Conduis-nous vers la désescalade des peurs, des menaces, du surarmement", a déclaré le pasteur Jean-Charles Tenreiro, président de l'Eglise réformée d'Ile-de-France.

Le grand rabbin de Paris David Messas a remercié les pouvoirs publics pour "leurs efforts pour que germent dans notre pays les ferments de la paix".

Lorsque le président de la République est entré dans la cathédrale, les Choeurs ont chanté le "Magnificat". Ce cantique avait retenti dans la cathédrale le 26 août 1944, lorsque le général de Gaulle, accompagné du général Leclerc et des chefs de la Résistance française, y avait pénétré après avoir descendu triomphalement les Champs-Elysées.

Dans l'après-midi, Jacques Chirac a participé à l'inauguration d'une "esplanade Jacques Chaban-Delmas", sur le terre-plein central de l'avenue de Breteuil, dans le VIIe arrondissement de la capitale. La présence du chef de l'Etat à cette cérémonie n'avait été annoncée que la veille.

Devant un parterre où cohabitaient élus de droite et de gauche, ministres et l'acteur Alain Delon, le président a rendu un hommage appuyé à l'ancien Premier ministre, "homme d'engagement et d'honneur" dont "le combat est plus que jamais d'actualité".

A la présidentielle de 1974, Jacques Chirac avait soutenu Valéry Giscard d'Estaing contre Jacques Chaban-Delmas, pourtant issu comme lui des rangs gaullistes.

"Jacques Chaban-Delmas a su dépasser en permanence les clivages et les idéologies partisanes", a déclaré Jacques Chirac. Le chef de l'Etat a également fait valoir "à quel point le message" du promoteur de "la Nouvelle société" "est vivant", notamment dans son "goût du partage" et "cette passion de l'unité". "Car la France n'est elle-même que rassemblée face à l'avenir", a-t-il dit.

Bertrand Delanoë a pour sa part salué "la fidélité" de Jacques Chaban-Delmas à ses amitiés et à ses convictions.
tf1.fr, jeudi 26 aout 2004, 19h59

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(16 novembre 2004) Laïcité : l'abbé enlève sa soutane
L'aumônerie d'un lycée toulonnais va pouvoir reprendre son activité après la décision de l'abbé de modifier sa tenue. Début octobre, elle avait été suspendue après les protestations contre ce signe religieux ostensible.

Fin du suspens au lycée Dumont-d'Urville de Toulon. L'abbé a accepté d'abandonner sa soutane "pour ne pas susciter d'émotion inutile". Début octobre, l'aumônerie avait en effet du suspendre son activité après les protestations d'enseignants et de parents d'élèves contre ce signe religieux ostensible.

Cette suspension avait été décidée un mois après la rentrée et l'application de la loi sur la laïcité. Le proviseur du lycée avait alors justifié sa décision par le fait que le conseil d'administration du lycée ne s'était jamais prononcé sur le fonctionnement de cette aumônerie, présente dans ce lycée public depuis 1952

La semaine dernière, le ministre de l'Education nationale François Fillon avait rappelé que la loi sur les signes religieux à l'école ne devait pas s'appliquer aux "adultes qui ne font pas partie de la communauté éducative", tels que les parents d'élèves et les aumôniers. Il avait ainsi rendu définitivement inopérantes les protestations des enseignants et parents d'élèves de Dumont-d'Urville. Mais de son côté, l'évêché avait fait savoir qu'il n'y avait aucun problème pour accéder aux demandes d'une "tenue plus discrète".

A l'issue d'une réunion lundi entre le proviseur du lycée toulonnais et l'abbé, ce dernier a indiqué qu'il viendrait
Tf1.fr, Mis en ligne le 15 mars 2005

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M. de Villepin veut créer une fondation pour gérer le financement des mosquées

À L'ISSUE d'une rencontre avec les représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM), mardi 16 novembre (2004), le ministre de l'intérieur, Dominique de Villepin, a annoncé son intention de créer une « fondation pour les oeuvres de l'islam », un système s'inscrivant « dans le cadre de la loi de 1905 ». Dominique de Villepin prend ainsi le contre-pied de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui suggère dans son livre intitulé La République, les religions, l'espérance (Cerf), de modifier la loi de 1905 afin de permettre le financement des mosquées sur fonds publics.

La fondation est une structure juridique dont le conseil d'administration est composé de représentants d'associations et de représentants de l'administration, à travers les ministères concernés. Elle pourrait recevoir des fonds étrangers, y compris saoudiens, mais gérés « avec transparence et traçabilité », fait-on valoir au ministère.

M. de Villepin veut également « reprendre les travaux pour s'attacher à la recherche de solutions aux problèmes de fond, en particulier la question de la formation des imams ». Le ministre a d'abord reçu cinq présidents de conseils régionaux du culte musulman (CRCM), dont Kamel Kabtane, président du CRCM Rhône-Alpes.

Celui-ci se plaignait, depuis plus d'un mois, que les représentants régionaux étaient cantonnés au rôle de « spectateurs » par le ministère, au profit de la « bande des quatre », à savoir les quatre grandes fédérations qui font partie du Conseil français du culte musulman (CFCM) : la Mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) et le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF).

CÉLÉBRER LA PAIX RETROUVÉE

« Le ministre n'a pas répondu à nos questions », a jugé M. Kabtane, à l'issue de la rencontre. Le recteur de la Mosquée de Lyon ne cache pas son scepticisme sur la fondation : « On nous reprochait de recevoir de l'argent de l'étranger. Maintenant, on le légitime. Est-ce que l'argent venu d'Algérie, touché par la Mosquée de Paris, sera pris en compte ? », interroge-t-il. En fin de matinée, le ministre a reçu les représentants des quatre fédérations. L'objectif était de célébrer la paix retrouvée, après les turbulences qui secouent l'instance représentative du culte musulman depuis deux mois.

La crise du CFCM a été ouverte le 15 septembre, quand la Mosquée de Paris, contrôlée par l'Algérie, a annoncé qu'elle renonçait à participer aux élections destinées à renouveler le CFCM et les CRCM, qui doivent avoir lieu, en principe, en avril 2005. Dalil Boubakeur - coutumier de l'exercice - a opéré un revirement en annonçant, vendredi 12 novembre, que sa fédération souhaitait finalement « participer aux élections conformément au calendrier électoral qui a été prévu ».

Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF, qui réclamait encore, le 11 novembre, des « excuses publiques » de la part de M. Boubakeur, qui l'avait qualifié d' « intégriste », a scellé l'unité retrouvée autour d'un déjeuner avec le recteur de la Mosquée de Paris, lundi 15 novembre.

M. de Villepin a souligné « la nécessité de maintenir le calendrier électoral prévu ». Il a indiqué qu'il recevrait tous les présidents des CRCM au début de l'année 2005. Le bureau du CFCM doit se réunir jeudi 18 novembre pour « préciser le calendrier et définir les perspectives électorales du printemps 2005 », s'est réjoui M. de Villepin.
Xavier Ternisien (avec AFP), ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 18.11.04

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FOUAD ALAOUI, secrétaire général de l'UOIF : « Nous ne comprenons pas pourquoi l'islam devrait se doter d'une fondation »

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.12.04 Le ministre de l'intérieur a proposé, le 7 décembre, de mettre en place une fondation pour financer l'islam de France. Qu'en pensez-vous ?
D'abord, j'ai trouvé dommage que M. de Villepin fasse cette proposition dans les médias, en précisant que le Conseil français du culte musulman (CFCM) allait travailler sur le sujet. Cela donne l'impression que cette instance est au service du ministre. Il aurait fallu d'abord en discuter avec les intéressés. Nous gardons notre liberté.

L'Union des organisations islamiques de France (UOIF) n'y participera pas ?
Non. Nous refusons l'idée d'une fondation. Pour deux raisons. D'abord, nous pensons que la situation actuelle du CFCM, très instable sur des dossiers moins brûlants, ne lui permet pas de s'engager dans la fondation. Mettre la question de l'argent sur la table de l'organisation du culte musulman, c'est ajouter à la confusion ambiante. Ensuite, nous ne comprenons pas pourquoi l'islam devrait se doter d'une fondation alors que ce n'est pas le cas pour les autres cultes.

Il existe bien une fondation du protestantisme.
Mais c'est un rassemblement de fondations qui existaient déjà ! Vouloir que le culte musulman se dote d'une fondation, avec la caution du CFCM, cela consiste à nationaliser l'islam de France. Il est même précisé que trois ministères seront représentés au conseil d'administration.
Ma crainte, c'est que, demain, les collectivités locales n'accorderont des terrains qu'aux associations qui seront financées par la fondation. On risque de créer une division entre les financements dits « honorables » et ceux qui seront « douteux ». Quand j'ai fait cette remarque au représentant du ministère, il m'a répondu : « Le risque existe. »

Que pensez-vous de la proposition de Nicolas Sarkozy, qui consiste à modifier la loi de 1905 pour permettre le financement des mosquées sur fonds publics ?
Je ne veux pas entrer dans un débat sur le choix de modifier ou non la loi. L'essentiel est que le culte musulman puisse rattraper un retard historique par rapport aux autres cultes. Commençons par le plus simple. Par exemple, reconnaître le culte musulman en Alsace-Moselle. Nous n'avons pas besoin de cette fondation ni de l'aide des pouvoirs publics. Il existe déjà des structures pour collecter les dons des musulmans. La tradition dans l'islam est que les lieux de culte n'appartiennent pas à l'Etat. Même dans le monde musulman, ce sont les particuliers et les fondations qui financent les mosquées.

Certains prêtent à l'UOIF l'objectif de monopoliser les fonds étrangers à son profit. Qu'en est-il ?
Aujourd'hui, la part de l'argent du Golfe est minime dans le financement des mosquées. J'estime entre 15 et 20 millions d'euros l'argent collecté dans toutes les mosquées de France pendant le mois du ramadan. Ces dons peuvent permettre de financer des mosquées de proximité. Le problème vient des mosquées-cathédrales, qui sont des projets plus coûteux. Toutes celles qui ont été construites en France ont bénéficié d'argent étranger. Nous sommes opposés à ces mosquées.

Combien l'UOIF a-t-elle collecté cette année dans le Golfe ?
Je ne peux pas vous le dire... Ce que je peux dire, c'est que la collecte dans le Golfe ne dépasse pas les 10 % du budget de fonctionnement de l'UOIF et de ses associations membres. Il y a trois ans, nous étions à 27 % d'argent étranger. Nous avons la capacité de nous autofinancer. Il y a tout un mythe autour du financement étranger. Qu'en est-il du financement de la Mosquée de Paris ?

L'UOIF ne risque-t-elle pas de nuire à la fondation, en freinant les donateurs étrangers ?
On verra quelle fondation collectera le plus, en France et à l'étranger... J'ose espérer que l'Etat français ne dira pas que le financement étranger devient honorable dès lors qu'il transite par la fondation. Nous sommes engagés dans une logique de financement français à 100 %. C'est pourquoi nous avons mis en place un fonds de solidarité ouvert à toutes les mosquées.

En échange, vous leur demandez d'adhérer à l'UOIF ?
Non, ce n'est pas nécessaire. Les mosquées qui pourront bénéficier du fonds seront celles qui accepteront de faire des collectes chez elles. Pour l'instant, toutes les mosquées de l'UOIF y sont, ce qui représente une centaine de lieux de culte.
Propos recueillis par Xavier Ternisien

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Créteil veut bâtir une cathédrale aux musulmans
Largement accepté, ce vaste projet de mosquée bute sur des problèmes de financement que dénonce la mairie.

C'est un beau monument, blanc, moderne, vaste (2 200 m2), doté d'un sculptural minaret et d'un dôme, à quelques mètres d'un lac. Si la mosquée de Créteil voit le jour, elle vaudra la visite. «C'est un vrai projet architectural qui va embellir le cadre urbain», affirme Laurent Cathala, maire PS de la commune. «Nous avons fait appel à trois cabinets d'architectes, raconte Karim Benaïssa, président de l'Union des associations musulmanes de Créteil, porteuse du projet. Et le projet que nous avons retenu a fait l'unanimité de l'équipe municipale, des musulmans, des cristoliens...»

Dans ce concert, quelques voix discordantes se sont toutefois fait entendre. A Créteil comme ailleurs, le projet de construction d'une mosquée fait polémique. Parmi les habituels opposants, les riverains, qui craignent une «dépréciation de leur patrimoine». Et pronostiquent qu'un tel monument va drainer des musulmans de toute la région parisienne, occasionnant des difficultés de circulation et de stationnement. L'édifice comprend un hammam et un salon de thé et devrait également attirer des visiteurs non musulmans. L'opposition municipale, elle, est d'accord avec le projet mais l'aurait plutôt vu ailleurs. Dans un endroit moins résidentiel : «Sur la ZAC (Zone d'aménagement concerté, ndlr) de la Pointe du Lac», s'indigne Benaïssa.

Officiellement, les autres religions sont très favorables à cette construction. Dans le journal municipal, catholiques et juifs saluent le projet. En réalité, la qualité de la réalisation susciterait des jalousies. «Les catholiques me disent : "On a construit la cathédrale il y a trente ans, à une époque où il fallait que les édifices se fondent dans le paysage architectural urbain. Aujourd'hui, elle est trop modeste par rapport à la future mosquée", rigole Laurent Cathala. Les juifs me disent : "M. le Maire, la mosquée va être plus belle que la synagogue."»

Pour que ce projet voie le jour, la municipalité n'a pas ménagé ses efforts (lire ci-contre). Mais les musulmans non plus. «Le terrain appartenait au conseil général, nous l'avons sollicité pour qu'il le cède à la ville pour un euro symbolique», raconte Karim Benaïssa. Celle-ci le mettra gratuitement à la disposition des musulmans sous forme de bail emphytéotique. «Depuis bientôt deux ans, nous avons organisé des collectes sur les marchés, partout... continue Karim Benaïssa. Et nous avons réussi à collecter un million d'euros, dont plus de 200 000 pendant le mois de Ramadan.» Le coût total du projet est estimé à 4 millions d'euros, la mairie en apporte un, manque... deux. «C'est beaucoup, reconnaît le responsable musulman, mais maintenant que les gens voient les choses se concrétiser, ils vont peut-être continuer à donner.» En dernier recours, continue-t-il, «on fera appel aux banques» ou «on reverra le projet à la baisse».
Par Catherine COROLLER, mercredi 08 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 6

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Le maire PS veut assouplir la loi de 1905
Laurent Cathala est député-maire (PS) de Créteil.

«Je souhaite un assouplissement limité dans le temps de la loi de 1905 (qui interdit tout financement public des cultes, ndlr). Pendant dix ans, et seulement pour le culte musulman.
Si les musulmans pouvaient recevoir temporairement des aides financières pour la construction de lieux de culte, cela permettrait de rééquilibrer un peu les choses en leur faveur. A l'heure actuelle, la stricte application de la loi de 1905 m'interdit de réaliser un projet comme celui que nous envisageons : offrant une bonne qualité architecturale et une bonne intégration dans le paysage.

Le président de la République dit que la loi de 1905 permet de répondre aux besoins de la communauté musulmane. François Hollande a déclaré la même chose. J'espère pouvoir démontrer, avec ce projet, que la loi de 1905 n'est pas adaptée.
Notre projet se monte à 4 millions d'euros. Les musulmans ont collecté un million. Ville et Région peuvent ­ en respectant la loi de 1905 ­ participer au financement des espaces culturels à hauteur de 1 million. Manquent deux millions... sauf à chercher des financements extérieurs, ce que les musulmans se sont interdits de faire. La loi de 1905 permet de réhabiliter un hangar, pas de réaliser une mosquée.»
Par Catherine COROLLER, mercredi 08 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 6

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Saint Sarkozy, bienfaiteur des religions : Le ministre sort un livre où il s'affirme catholique et prône une révision de la loi de 1905.

Les religions n'ont pas la place qu'elles méritent dans la société française. Tel est le leitmotiv de Nicolas Sarkozy dans son ouvrage la République, les religions, l'espérance (Ed. du Cerf) à paraître vendredi. Le ministre de l'Economie tire cette certitude de son expérience de ministre de l'Intérieur, mais également d'homme «de culture catholique, de tradition catholique, de confession catholique».

Sur la place de la religion

Nicolas Sarkozy se présente comme un homme de foi, mais séparant strictement sa vie privée et publique. S'il affirme avoir «pensé à Dieu» et peut-être même prié lors de la prise d'otages dans une école maternelle de Neuilly, ville dont il était maire ; s'il dit essayer «d'être chrétien dans [sa] vie personnelle et familiale», il précise que «dans [ses] fonctions de ministre, cela n'entre pas en ligne de compte». Plus largement, le ministre croit «au besoin de religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale». Il oppose d'ailleurs les jeunes qui ont la foi à ceux qui pratiquent un «agnosticisme désespéré». Pour lui, les religions ont une importance spécifique pour l'équilibre de notre société, dans les banlieues évidemment, mais également en Corse, où les églises sont «les derniers lieux où l'on se rassemble sans distinction des opinions».

Sur la laïcité

A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy lance des coups de griffes aux «laïcards» et à ceux qui ont «une vision sectaire de la laïcité». Pour lui, «la laïcité respecte et même défend le droit inaliénable de chacun à pratiquer sa religion», «celui qui pratique n'a pas à s'en excuser et la République doit même veiller à ce qu'il puisse le faire dans de bonnes conditions». Pour autant, il n'est pas question de laisser les religions prôner n'importe quoi. «En contrepartie de la reconnaissance» (que leur garantit la loi de 1905, ndlr), l'Etat doit «faire preuve d'une intolérance résolue envers toutes les attitudes qui violent les règles de la République sous couvert de prétexte religieux».

Sur l'enseignement

Jugeant l'enseignement du fait religieux, tel que présenté par le rapport Debray, trop «neutre», Sarkozy préconise que les points de convergence entre les religions soient exposés : croyance en un dieu unique, en un au-delà...

Sur l'islam et les musulmans

Nicolas Sarkozy se pose en pourfendeur des idées reçues. Non, «il n'y a pas de "complot" musulman contre la République», même s'il y a «des extrémistes qui (...) cherchent à radicaliser des jeunes sans repères et sans équilibre». Non, l'islam n'est pas incompatible avec la république. Non, le port du voile islamique en France n'est pas nécessairement le signe de l'attachement à un islam radical, mais «essentiellement un réflexe identitaire». Le ministre revient sur les efforts qu'il a déployés pour aider les musulmans à se doter d'une instance représentative. Et plus particulièrement sur le choix qu'il a fait d'accorder une place à l'UOIF (Union des organisations islamiques de France, proche des Frères musulmans) au sein de cette instance. «L'UOIF représente une partie de la jeunesse musulmane française, explique-t-il. Compte tenu de cette réalité, qui aurait pu comprendre que l'UOIF ne soit pas membre du CFCM ?» Ajoutant : «Je suis par ailleurs convaincu que lorsqu'un "radical "est intégré dans une structure officielle, il perd de sa radicalité car il devient partie prenante du dialogue.»

Sur la loi de 1905

Sur le mode provocateur qu'il affectionne, Sarkozy fait semblant de s'indigner : «On trouve naturel que l'Etat finance un terrain de football, une bibliothèque, un théâtre, une crèche ; mais à partir du moment où les besoins sont cultuels, l'Etat ne devrait plus engager un centime !» Pour lui, la question du financement public des religions doit être étudiée, et pas seulement pour les musulmans : «A mon sens, il est temps de poser la question du financement national des grandes religions et celle de la formation "nationale républicaine" des ministres du culte. A cet effet, je suis partisan de compléments à la loi de 1905, sans en modifier pour autant la structure profonde» (lire ci-contre).

L'ouvrage de Nicolas Sarkozy laisse sceptique sur deux points. D'abord, il limite son exposé aux trois grandes religions du Livre, ignorant notamment les bouddhistes. Ensuite, il parle des «5 millions de musulmans», catégorie dans laquelle tous les Français issus de l'immigration ne se reconnaîtront pas forcément.
Par Catherine COROLLER, mercredi 27 octobre 2004 (Liberation - 06:00)

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(Avril 2005) Le drapeau ou le goupillon

Alors que certains verts ou socialistes s'offusquent de ce qu'ils considèrent comme une atteinte au principe de laïcité, le ministre de l'Intérieur demande aux préfets d'assister aux messes en mémoire de Jean Paul II.

C'est Christophe Girard, «chrétien, catholique baptisé» et adjoint vert au maire de Paris qui, le premier, a pointé l'accroc au principe de laïcité constitué par la mise en berne des drapeaux pour la mort de Jean Paul II.
«J'ai le plus grand respect pour les communautés religieuses, a-t-il dit dès dimanche. Mais il s'agit là de laïcité, de la nécessaire neutralité de l'Etat, de sa séparation d'avec l'Eglise.» Et l'élu de s'interroger: «Les drapeaux sont-ils en berne pour le pape parce qu'il était un chef d'Etat? Je n'ai pas souvenir qu'ils l'aient été pour la mort d'Hassan II, le souverain marocain (...) Le sont-ils pour la mort d'un chef religieux? Et dans ce cas, en fera-t-on autant pour les autres chefs des grandes religions?» Depuis, la polémique ne cesse d'enfler.

Appel à la désobéissance

Lundi matin, un autre Vert, Yves Contassot, adjoint à l'Environnement à Paris, a lancé: «Que le chef de l'Etat engage l'ensemble de la communauté française, tous les Français, quelle que soit leur religion, il y a manifestement un abus de pouvoir de sa part
Puis, le sénateur PS de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une «sorte de faveur faite à une religion».
Lui emboîtant le pas, le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg (PS) a carrément appelé à la désobéissance: «J'invite les maires, les responsables publics, à ne pas se soumettre à une instruction à l'évidence mal inspirée et en tout état de cause sans rapport avec le respect dû aux exigences de notre Constitution».
Le maire communiste d'Aniane, un village de l'Hérault de 2.600 habitants, ne l'a pas attendu pour refuser de s'éxécuter «au nom de la laïcité» de la République.

«Laïcité à géométrie variable»

Les politiques ne sont pas les seuls à monter au créneau. La FSU (première organisation de l'enseignement) s'est élevée contre «une pratique contraire aux principes de la laïcité». «Alors qu'il y a un an à peine était promulguée une loi sur les signes religieux à l'école, de telles pratiques conduisent à donner le signe que les principes de laïcité peuvent être à géométrie variable», a-t-elle déclaré. Déjà, la deuxième fédération de l'enseignement, l'Unsa-Education avait protesté lundi matin pour les mêmes raisons et avec les mêmes arguments. L'Union des familles laïques (UFAL) va plus loin: en plus de dénoncer la mise en berne des drapeaux, l'organisation regrette que la chaîne publique France 2 soit devenue «un outil de propagande» du pape Jean Paul II. Quant à la Ligue des droits de l'Homme, elle juge «excessive» et «déplacée» la décision de mettre les drapeaux en berne.

Les préfets à la messe!

Lundi matin, Matignon a justifié ce choix en expliquant qu'il s'agissait d'un «chef d'Etat» et que les drapeaux seraient de nouveau baissés le jour de ses obsèques. «La tradition républicaine s'applique aux chefs d'Etat en fonction avec lesquels la France entretient des relations privilégiées. Cette décision est aussi conforme a ce qui a été observé pour les précédents papes.» Et le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé de regretter «cette polémique qui n'a pas lieu d'être». Mais qui risque d'être relancée par un télégramme envoyé par le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin à tous les préfets pour les inciter à assister aux messes célébrées par les évêques à la mémoire du pape !

Lundi matin, l'UMP Paris en a même rajouté une couche en souhaitant qu'un site prestigieux de la capitale soit baptisé au nom du pape défunt. Le groupe en fera la demande lors de la prochaine séance du Conseil de Paris le 17 avril, a précisé son président, Claude Goasguen, élu du très bien-pensant XVIe arrondissement.

Le PS, ou du moins sa porte-parole Annick Lepetit, aura tout de même volé au secours du gouvernement en déclarant que «compte tenu de la grande popularité de ce pape et par respect pour les millions de catholiques qui sont aujourd'hui en deuil, je ne pense pas que l'heure soit à la polémique».
Un avis que ne partage pas François Bayrou, lequel n'a pas raté l'occasion de prouver qu'avec des alliés comme lui, la majorité n'avait pas besoin d'adversaire. Le président de l'UDF, formation héritière de la démocratie chrétienne, n'a pas manqué de faire savoir que personnellement, il n'aurait «certainement pas» décidé de mettre les drapeaux en berne, une mesure qui «ne correspond pas à la distinction qu'il faut faire entre convictions spirituelles et choix politiques et nationaux».
Par Libération.fr, lundi 04 avril 2005 (Liberation.fr - 18:43)

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Le Parisien, 4 mars 2007. L'invité de la semaine : Jean-Michel Quillardet, Grand Maître du Grand Orient de France

AVOCAT à Paris, Jean-Michel Quillardet est, depuis septembre 2005, le Grand Maître du Grand Orient de France (GODF). Avec 47.000 membres, c'est la première obédience maçonnique.

Quel jugement portez-vous, en l'état, sur la campagne présidentielle?

Jean-Michel Quillardet. Elle n'est pas à la hauteur de ce que l'on est en droit d'attendre.
Chacun des candidats - faut-il imputer cela au système médiatico-politique ? - se cantonne à la défense d'intérêts catégoriels, quelquefois même d'intérêts identitaires. On parcellise : défense des agriculteurs, défense des salariés d'Airbus, etc. Toutes les catégories défilent On attend encore ce qui devrait être au cœur d'une campagne présidentielle: un projet pour la nation.

Etes-vous inquiet?

Je suis déçu. Mais j'espère encore. Car il est important, dans notre société disloquée, que les candidats, avec souffle et éloquence, disent la nécessité de s'élever au-dessus de nos passions, au-dessus des intérêts particuliers.

Souhaitez-vous pour cela des confrontations directes entre candidats?

En tout cas, cette idée qui consiste à faire poser des questions par des citoyens lambda choisis dans un panel est une très mauvaise chose.
Ce serait là, prétend-on, une forme moderne de démocratie directe. En vérité, cela tire la campagne vers le bas, alors que nous aurions besoin - au lieu de cette fausse proximité, de cette fausse compassion - de vrais débats républicains arbitrés par des professionnels.

Les francs-maçons du Grand Orient ont-ils rencontré les candidats?

Nous les avions invités. Mais avant le 31 décembre - date limite pour les loges car, après, nous préférons maintenir avec eux des distances - seul François Bayrou a pu venir. Cela étant, une association interobédiences (Dialogue et démocratie) a décidé d'organiser trois grands rendez-vous. Le premier a eu lieu le 13 fevrier avec Nicolas Sarkozy. Puis, le 6 mars, ce sera François Bayrou et, le 3 avril, Ségolène Royal.

Devant eux, sur quoi insistez-vous?

Nous avons adressé à chacun des candidats six questions. Elles ont trait à ce que nous considérons comme notre patrimoine intellectuel et historique: la défense de la laïcité.

Quelles questions?

Nous leur demandons, par exemple, s'ils sont prêts à s'engager à ne pas toucher à la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Nous leur disons notre crainte, après l'affaire de « Charlie hebdo » et des caricatures du Prophète, que l'on rétablisse un délit de blasphème. Et puis, affirmer encore plus le principe de laïcité, c'est dire que la démarche religieuse est respectable mais qu'il faudrait que l'on arrête avec ce statut particulier qui est encore donné aujourd'hui dans notre société à la seule pensée religieuse.

Le Grand Orient est classé à gauche traditionnellement. Penchez~vous du côté de Royal, ou faites~vous partie de ceux qui, à gauche, s'interrogent?

Le GODF est historiquement classé à gauche à cause de notre rôle au XIXe siècle et sous la IIIe République, mais le GODF est très partagé.
Chacun est libre, sauf de voter Le Pen.
Nous ne donnons aucune consigne de vote. Comme Grand Maître, j'ai simplement le devoir de rappeler les valeurs qui nous rassemblent: outre la laïcité,. une certaine conception de la République qui nous amène à exprimer les plus grandes réserves devant l'approche communautariste comme sur la question de la discrimination positive.

" Il y a dans nos rangs un intérêt pour Bayrou "

Sur ces questions, Nicolas Sarkozy a récemment évolué...

Il semble avoir effectivement modifié son discours. Mais nous attendons qu'il précise sa pensée sur le rapport Machelon, rendu public en décembre à l'initiative du ministre de l'Intérieur et qui semble indiquer qu'il faudrait, pour aider à l'expression religieuse de l'islam et des églises évangélistes, les financer. Ce rapport n'a pas été, à ce jour, désavoué.

Y a-t-il chez les « frères » une tentation Bayrou, malgré ses origines démocrates-chrétiennes?

Le GODF est à l'image de la société française. Il y a donc sans doute dans nos rangs un intérêt qui se développe pour ce candidat. Cest tout.

Considérez-vous que le danger Le Pen est aujourd'hui sous-estimé?

Je ne pense pas que Le Pen soit cette fois présent au second tour.
Mais on assiste à une banalisation préoccupante du FN au point que de bons esprits en arrivent à dire que ce serait nonnal qu'on donne des signatures à Le Pen pour qu'il puisse être candidat Je suis sidéré.
Le FN n'est pas un parti comme les autres. A-ton oublié 2002 ?Voilà un effet de plus de lepénisation des esprits.

Donc, pour vous, pas question de donner le moindre coup de pouce à des candidats en manque de parrainages?

Non. Je ne vois pas pourquoi il faudrait le faire, et en particulier pour celui de l'extrême droite.

Quelle note donneriez-vous au bilan des douze années de Chirac à l'Elysée ?

La seule chose que je puisse dire, c'est que, du point de vue des grands principes du GODF, il aura été un vrai défenseur de la laïcité.

Pour vous, y a-t-il vraiment un danger populiste?

On peut au moins s'interroger. Il y a un populisme rampant. né d'une certaine lepénisation des esprits.

Face à cela, qu'attendez-vous des candidats?

J'aimerais qu'ils affirment avec plus de force leur amour de la République, et qu'ils disent plus clairement que le projet républicain né du siècle des Lumières et de la Révolution ftançaise, ce n'est pas quelque chose de ringard, mais, au contraire, l'avenir de notre société.
Pour retrouver le sens du vivre ensemble, les individus ne doivent pas être réduits à leur profession, à leur couleur de peau, à leur ethnie ou à leur croyance, mais être tous porteurs de la citoyenneté universelle.
Le Parisien, Dimanche 4 mars 2007, p. 4, PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE DE MONTVALON

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interview «Le concept de "laïcité positive" ouvre une brèche dans le pacte républicain» Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France.
Recueilli par CATHERINE COROLLER Libération QUOTIDIEN : vendredi 4 janvier 2008

Jean-Michel Quillardet est le grand maître du Grand Orient de France (GOF), qui se présente comme «la première obédience maçonnique française» avec 50 000 adhérents.

Le GOF s’est récemment «inquiété» dans un communiqué des propos tenus par Nicolas Sarkozy le 20 décembre lors de sa visite au Vatican, lui reprochant sa «volonté de présenter le fait religieux comme constitutif de l’identité politique et citoyenne, ce qui pourrait entraîner une sérieuse inflexion du modèle républicain français».

Jean-Michel Quillardet s’explique.

Qu’est-ce qui vous choque dans les propos de Nicolas Sarkozy ?

Ce concept de «laïcité positive», qui veut que les religions soient désormais considérées comme un atout et qu’il faille rechercher un dialogue avec elles, ouvre une brèche inquiétante dans le pacte républicain et laïc. C’est la première fois qu’un président de la République affiche cette nouvelle conception des rapports entre l’Etat et la religion.

Dans une société aussi matérialiste que la nôtre, n’y a-t-il pas chez les gens un besoin de sens qui doit être pris en compte ?

La quête de sens ne passe pas nécessairement par les religions. Cela me choque quand Nicolas Sarkozy dit que «la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme lorsqu’elle n’est pas associée à une aspiration qui comble l’aspiration à l’infini». Derrière ça, il y a une idéologie très américaine.

Les positions de Sarkozy sont connues, il les avait exprimées dans la République, les Religions, l’Espérance (éd. Cerf, 2004)…

Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a été plus en retrait sur la modification de la loi de 1905, sur la séparation des Eglises et de l’Etat, et le rapport Machelon [commandé par Sarkozy, il préconisait un toilettage de ce texte, ndlr]. Là, nous sentons que quelque chose se prépare.

Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

Michèle Alliot-Marie nous a reçus le 3 décembre, elle nous a dit que, dans le rapport Machelon, «il y a quelques idées intéressantes». Elle regarde s’il est possible de faire passer les associations du statut cultuel, interdisant tout subventionnement public, au statut culturel, l’autorisant. Jean-Pierre Raffarin a aussi déclaré dans une interview au Figaro qu’«il faudra compléter la loi de 1905».Nous avons demandé un rendez-vous au président de la République, on verra bien s’il nous reçoit.

Vous êtes opposés à toute modification de la loi de 1905, mais alors comment aider les musulmans à combler leur retard en lieux de culte ?

Les deux premiers articles, aux termes desquels «l’Etat ne reconnaît ni ne salarie aucun culte», et «l’exercice des cultes est libre»,ne sont pas modifiables. Mais nous ne sommes pas hostiles aux baux emphytéotiques, de très longue durée, ni à la création de la Fondation pour les œuvres de l’islam [créée le 16 octobre, elle est notamment destinée à financer la construction de mosquées].

A part le Grand Orient de France, peu de groupes constitués se sont insurgés contre les propos tenus par le président de la République…

François Bayrou, qui a estimé que le concept de «laïcité positive» avancé par Nicolas Sarkozy «remet en cause la conception de la laïcité républicaine» et favorise un retour à la religion «opium du peuple», ainsi que François Hollande, ont protesté.

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20 minutes http://www.20minutes.fr/article/219731/France-Sarkozy-et-Chirac-cote-a-cote-pour-l-hommage-aux-Invalides-au-dernier-poilu.php Sarkozy et Chirac côte à côte pour l'hommage aux Invalides au dernier poilu

La France a rendu lundi un hommage solennel et souvent émouvant à Lazare Ponticelli, ultime poilu décédé à l'âge de 110 ans, puis à ses 8,5 millions de camarades de la Grande guerre, dont 1,4 million furent tués lors de ce conflit meurtrier de 51 mois.

Ce double hommage s'est déroulé à l'Hôtel national des Invalides, haut lieu de l'histoire et de la mémoire des armées françaises.

11H00. Le cercueil du dernier combattant français de la Grande guerre pénètre dans l'église Saint-Louis des Invalides, porté par onze légionnaires au képi blanc et encadré de quatre pionniers barbus au large tablier de cuir, hache sur l'épaule. Ils sont du 3e régiment étranger d'infanterie, héritier du 4e régiment de marche de la Légion étrangère où avait servi Lazare Ponticelli les dix premiers mois de la guerre.

Au même moment, une minute de silence est observée dans les administrations et les drapeaux mis en berne sur les bâtiments publics.

Après avoir refusé toute cérémonie officielle, Lazare Ponticelli avait donné son accord, quelques semaines avant son décès, à des "obsèques nationales sans tapage, ni grand défilé" et accepté "une messe aux Invalides en hommage à (ses) camarades morts dans cette horreur de la guerre et auxquels (il a) promis de ne jamais les oublier".

Sous les ors de "l'Eglise des soldats", 500 personnes suivent les obsèques religieuses, dont le président Nicolas Sarkozy et son prédécesseur Jacques Chirac, le Premier ministre François Fillon et la plupart des ministres et 200 membres de la famille du défunt, proches ou éloignés ainsi que des employés du groupe Ponticelli de métallurgie de précision.

Midi. Le cercueil est acheminé vers la cour d'honneur entre une double haie de membres de l'association "Le Poilu d'Epernay", fusil Lebel à la main, portant l'uniforme français de 1915 : casque d'acier Adrian, capote, pantalon et bandes molletières en drap bleu horizon, brodequins de cuir.

L'académicien Max Gallo exalte alors Lazare Ponticelli qui "nous rend fiers, par toute sa vie, d'être son frère humain".

M. Sarkozy s'incline ensuite devant le cercueil, posé à même les pavés de la cour, alors que retentit la sonnerie aux morts.

12H45. La "Marche funèbre" de Chopin accompagne le pas lent et chaloupé des légionnaires qui portent le cercueil de leur "grand ancien" vers la sortie. Il sera inhumé cinq heures plus tard, dans l'intimité, dans le caveau familial du cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

15H40. Nicolas Sarkozy pénètre seul sous le Dôme des Invalides. Près du tombeau en bronze du maréchal Ferdinand Foch, généralissime des armées alliées à la fin de la Grande guerre, il dépose une gerbe devant une plaque dévoilée par deux collégiens.

La plaque porte ces mots: "Alors que disparaît le dernier combattant français de la première guerre mondiale, la Nation témoigne sa reconnaissance envers ceux qui ont servi sous ses drapeaux en 1914-1918. La France conserve précieusement le souvenir de ceux qui restent dans l'Histoire comme les Poilus de la Grande guerre".

16H00. Dans une longue allocution, le chef de l'Etat dit notamment: "En cet instant, dans toute la France, la pensée de chacun se tourne vers ces femmes et ces hommes qui nous ont appris la grandeur du patriotisme qui est l'amour de son pays et la détestation du nationalisme qui est la haine des autres".

17H15. Fin de la cérémonie. Le choeur de l'Armée française interprète "La Madelon", le chant fétiche des poilus.

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Les nouvelles tactiques des sectes C.J (lefigaro.fr) avec AFP et France Info 03/04/2008 | Mise à jour : 11:49 |

La Miviludes publie jeudi son 5e rapport annuel sur les sectes et les dérives sectaires. Il dénonce les faux souvenirs induits par des thérapeutes peu scrupuleux et le lobbying des sectes auprès des organisations internationales.

«Les sectes évoluent mais elles sont toujours là», souligne Jean-Michel Roulet, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Le cinquième rapport annuel de la Miviludes, rendu public jeudi montre ainsi que les sectes et les comportements sectaires ont investi de nouveaux terrains comme la psychanalyse. Depuis l'an 2000, note Jean-Michel Roulet, les sectes se sont «engouffrées» dans le domaine de l'accomplissement de soi, jouant sur le registre de l'humanitaire ou celui des techniques de «recherche de son moi profond». Exemple de dérive sectaire psychothérapeutique, les faux souvenirs induits. Grâce à des techniques d'autosuggestion (hypnose, sophrologie, psychogenéalogie), des thérapeutes incompétents ou qui désirent assouvir des êtres fragiles, amènent leurs patients à se rappeler d'abus imaginaires-souvent à caractère sexuel- subis dans la petite enfance.

Cette forme de manipulation mentale, similaire à celle des sectes, est apparue aux Etats-Unis dans les années 1950 et « progresse de manière inquiétante » dans l'hexagone. Elle touche à 80% des jeunes femmes vulnérables, des victimes qui ont souvent fait des études supérieures. Ces «souvenirs» qui incriminent la plupart du temps des proches se terminent souvent par des plaintes et de véritables drames familiaux.

Lobbying auprès de l'OSCE

Autre tactique de «sujétion de l'individu» examinée : la vente multi-niveaux, qui consiste à vendre des produits ou services, souvent liés au bien-être, et à convaincre les acheteurs de devenir vendeurs. Rémunérés au pourcentage, les plus convaincus finissent par quitter leur travail et ne plus fréquenter que les membres du réseau.

Les travaux de la Miviludes indiquent que le satanisme n'atteint pas des proportions alarmantes» mais ses manifestations sont plus «radicales», les exhumations de cadavres ne sont «pas rares». En France, la mouvance réunit 25.000 personnes dont 80% ont moins de 21 ans. Selon la Miviludes, il y a eu, du 1er janvier à novembre 2007, 92 cas de profanations à caractère satanique, soit une hausse de 300% en 3 ans. Les suicides de jeunes sont en augmentation, de même que les «conduites déviantes» (scarifications et automutilations diverses). Les adeptes du le néo-chamanisme inquiètent aussi. Ils ont en effet tendance à remplacer l'iboga, inscrit au tableau des stupéfiants, par la datura, une plante courante aux fleurs très parfumées et réputée toxique.

Le rapport de 234 pages se penche enfin sur le lobbying des sectes auprès des organisations internationales notamment auprès de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et son BIDDH (Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme). La Scientologie, les Raéliens et les Témoins de Jéhovah viennent y dénoncer la lutte contre les dérives sectaires au nom des atteintes à la liberté religieuse. Ces interventions étant publiées, elles ont une diffusion et une respectabilité assurées.

Cinq mois après la polémique déclenchée, en février, par les propos supposés (et démentis par l'intéressée) de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, qui aurait affirmé, selon VSD, que «les sectes sont un non problème», la Miviludes a exhorté l'Etat à ne pas «se désintéresser de la lutte contre des mouvements qui déploient des moyens considérables pour pouvoir se livrer, en toute impunité, à leurs activités malfaisantes. L'Etat doit informer, prévenir, sanctionner».

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Port de la burqa : Pécresse approuve le refus de nationalité
NOUVELOBS.COM | 13.07.2008 | 14:57

"Le principe de l'égalité des sexes n'est pas négociable", déclare la ministre après la confirmation, par le conseil d'Etat, du refus de nationalité française à une Marocaine, en raison de sa "pratique radicale de la religion incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française".

La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a déclaré samedi 12 juillet qu'elle approuvait la confirmation, par le Conseil d'Etat, d'un refus gouvernemental d'accorder la nationalité française à une Marocaine musulmane portant la burqa. "Le principe de l'égalité des sexes n'est pas négociable", a affirmé la ministre sur France Info. Le Con

seil d'Etat a confirmé fin juin le refus de nationalité française à une Marocaine en raison de sa "pratique radicale de la religion incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française".

"Pas négociable"

Valérie Pécresse a estimé que "le principe de l'égalité des sexes n'est pas négociable dans la République française" et que "le Conseil d'Etat en rendant cette décision a voulu réaffirmer qu'on ne pouvait pas avoir la nationalité française quand on n'adhérait pas à ce principe".

"Au-delà même du port de la burqa (vêtement couvrant le corps entier de la femme et masquant le visage, ndlr), il y avait la question du fait que cette femme n'allait pas voter, du fait que cette femme n'avait pas de vie indépendante en dehors des déplacements qu'elle faisait accompagnée de son mari. Je crois que cela n'est pas la République française", a conclu la ministre.

"Incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française"

Le Conseil d'Etat, qui était saisie d'une demande d'annulation d'un décret pris en 2005 par le gouvernement, a estimé que "si Mme M. possède une bonne maîtrise de la langue française, elle a cependant adopté une pratique radicale de la religion incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d'égalité des sexes".

"Par conséquent le gouvernement a pu légalement fonder sur ce motif une opposition à l'acquisition par mariage de la nationalité française par Mme M.", ajoute l'arrêt daté du 27 juin.

Selon Le Monde, cette Marocaine, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, se serait présentée en burqa -vêtement couvrant le corps entier de la femme et masquant le visage- lors de plusieurs entretiens avec les services sociaux et la police pour sa demande de nationalité.

Salafisme

Le couple a admis "spontanément" son appartenance au salafisme, un courant rigoriste de l'Islam fondé sur une interprétation stricte et littérale du Coran, et Mme M., voilée "à la demande de son mari", ne conteste pas cette "soumission", précise le quotidien.

Un décret du 16 mai 2005 avait refusé l'acquisition de la nationalité à cette habitante des Yvelines "pour défaut d'assimilation".

Saisi du recours en annulation, le Conseil d'Etat a jugé la demande infondée, précisant notamment que le décret "ne méconnai(ssai)t pas le principe constitutionnel de la liberté d'expression religieuse".

La confirmation du refus de la nationalité "n'est pas liée à un problème de religion mais de comportement traduisant un défaut d'assimilation à la société française", a commenté à l'AFP une source proche du dossier.

Défaut d'assimilation

"Ca n'est pas la première fois que cet argument du défaut d'assimilation conduit à refuser l'octroi de la nationalité française", a ajouté cette source tout en relevant que c'était "peut-être la première fois concernant le port d'une burqa".

L'association Ni putes ni soumises (NPNS) s'est dite dans un communiqué "soulagée" par la décision du Conseil d'Etat, estimant qu'elle devait servir d'"exemple pour tous ceux qui se revendiquent des valeurs de la République".

"La République ne peut en aucun cas cautionner un tel outil de soumission et d'oppression envers les femmes", a soutenu NPNS dans une allusion à la burqa. L'association a qualifié le salafisme de "secte radicale".

Sollicité par l'AFP, le Conseil français du culte musulman ne souhaitait pas réagir dans l'immédiat. (avec AFP)

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IMMIGRATION Port de la burqa : Hollande approuve le refus de nationalité
NOUVELOBS.COM | 13.07.2008 | 15:40

Le refus de nationalité française à une Marocaine, en raison de sa "pratique radicale de la religion" relève d'"une bonne application de la loi", estime le numéro 1 du PS.

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a réagi dimanche 13 juillet à la décision de refuser la nationalité française à une Marocaine qui portait la burqa. Il s'est félicité d'"une bonne application de la loi" et a estimé qu'il n'y avait "pas besoin de légiférer" en la matière.

Une bonne application de la loi

"Le juge a fait une bonne application de la loi", a estimé François Hollande sur Radio J. "Evitons de légiférer chaque fois sur ces questions-là", a-t-il dit, faisant valoir que pour les cas de naturalisation, "on doit prendre en compte ce qu'est l'assimilation ou le défaut d'assimilation", comme la loi le prévoit déjà.

Le Conseil d'Etat a confirmé fin juin le refus de nationalité française à une Marocaine qui portait la burqa, en raison de sa "pratique radicale de la religion incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française".

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Deux ministres à la mosquée Le Parisien Essonne p. III LP/B.J. | 17.09.2008, 07h00

EVRY-COURCOURONNES, HIER SOIR. « Je suis venue comme ministre, je suis aussi venue comme amie. » En ce mois de ramadan, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur et de ce fait chargée des cultes, était hier soir à la mosquée d’Evry-Courcouronnes. Invitée par le recteur Khalil Merroun et le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), accompagnée de sa collègue à la Ville Fadela Amara, Michèle Alliot-Marie célébrait l’iftar, le repas de rupture de jeûne.

Devant des représentants musulmans auxquels s’étaient joints l’archevêque de Paris André Vingt-Trois, la ministre de l’Intérieur a réaffirmé le droit de chacun à « croire selon ses choix » et rappelé que la foi musulmane est « compatible avec la laïcité ».

Avant d’entamer son repas, MAM a encore égrené les grands chantiers politiques à venir liés à l’islam : le développement des aumôneries dans les prisons et les hôpitaux, les carrés musulmans dans les cimetières ou encore la formation des religieux aux valeurs républicaines.

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Publié le 12/09/2008 à 14:45 - Modifié le 12/09/2008 à 20:15 Le Point.fr Nicolas Sarkozy en appelle à la "laïcité positive" Par Ségolène de Larquier

"Dans la République laïque qu'est la France, tous, très Saint-Père, vous accueillent avec respect en tant que chef d'une famille spirituelle dont la contribution à l'histoire du monde, à la civilisation et à l'histoire de France n'est ni contestable ni contestée." C'est en ces termes que Nicolas Sarkozy a entamé son discours après avoir accueilli Benoît XVI sur le perron de l'Élysée, vendredi en milieu de journée . "Je veux en votre présence adresser aux catholiques de France tous les voeux pour la réussite de votre visite", a-t-il ajouté.

Plusieurs dizaines de personnalités du monde politique, dont l'ensemble du gouvernement et le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, ainsi que les plus hautes autorités religieuses, ont pris place dans la salle des Fêtes de l'Élysée. La présidente du Medef Laurence Parisot ou le metteur en scène Robert Hossein étaient également présents pour assister à ce discours très attendu. Clou de son discours, le chef de l'État a appelé au respect d'une "laïcité positive" en France car "se priver des religions serait une folie", "une faute contre la culture et contre la pensée". Et d'expliquer : "La laïcité positive, la laïcité ouverte, c'est une invitation au dialogue, à la tolérance et au respect. C'est une chance, un souffle, une dimension supplémentaire donnée au débat public." "Nos sociétés ont besoin de respect, de dialogue et de tolérance", a-t-il également estimé, jugeant "légitime pour la démocratie de dialoguer avec la religion".

"Nous assumons nos racines chrétiennes"

Nicolas Sarkozy a consacré un long passage de son allocution à la "dignité des personnes" qui est, selon lui, "le vrai trésor de l'Europe et son secret le plus précieux". Il a affirmé que cette "dignité" est d'ailleurs au coeur de son action avec la mise en oeuvre de mesures telles que le Revenu de solidarité active (RSA), le contrôleur général des prisons, le combat contre la maladie d'Alzheimer ou encore la "si délicate question de l'immigration".

"Nous ne mettons personne devant l'autre, mais nous assumons nos racines chrétiennes", a également martelé le chef de l'État. Mais s'il explique avoir "souvent eu l'occasion de parler des racines chrétiennes de la France", il précise : "Ça ne nous empêche pas de tout faire pour que nos compatriotes musulmans puissent vivre leur religion à égalité avec toutes les autres." "Oui la France est multiple", a-t-il relevé, évoquant une "diversité que nous considérons comme une richesse". Lors de ce discours, Nicolas Sarkozy n'a pas enfoncé le clou après ses propos au palais du Latran à Rome, en décembre 2007, puis à Riyad, devant les dignitaires du régime saoudien, qui avaient suscité un tollé. Dans le premier discours, il avait affirmé que la laïcité "ne saurait être la négation du passé" et n'avait "pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes", assurant que, "dans la transmission des valeurs (...), l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur". Dans le deuxième, il avait mis en avant l'héritage "civilisateur" des religions et ce "Dieu transcendant" qui "n'asservit pas l'homme mais qui le libère". L'opposition et les milieux laïques avaient d'ailleurs affirmé qu'il allaient être attentifs à la manière dont le chef de l'État allait parler de la place des religions dans l'espace public.

Benoît XVI plaide pour une "nouvelle réflexion" sur la laïcité

En écho à la "laïcité positive" du chef de l'Etat, Benoît XVI a déclaré qu'"en ce moment historique où les cultures s'entrecroisent, une nouvelle réflexion sur le vrai sens et l'importance de la laïcité est devenue nécessaire". Rappelant que "les racines de la France, comme celles de l'Europe, sont chrétiennes", le pape a souligné le "rôle civilisateur" joué en France par l'Église, qui "a façonné (ce) pays de manière éclatante durant des siècles".

Dans son discours (cliquez ici pour le consulter) , il a aussi jugé "fondamental" d'insister sur "la distinction entre politique et religieux" afin de "garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l'État envers eux". Mais le pape a souligné "la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et la contribution qu'elle peut apporter, avec d'autres instances, à la création d'un consensus éthique fondamental dans la société".

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Publié le 14/09/2008 à 18:21 - Modifié le 17/09/2008 à 12:47 Le Point.fr Benoît XVI réaffirme que "l'Église ne veut pas remplacer l'État" AFP

Le pape veut trouver "une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur lesquelles s'est construite l'identité de la nation" remarquant que Nicolas Sarkozy en avait "évoqué la possibilité".

"L'Eglise ne revendique pas la place de l'Etat. Elle ne veut pas se substituer à lui". C'est ce que le pape a déclaré devant les évêques de France dimanche à Lourdes, revenant ainsi sur la question de la laïcité, déjà évoquée à l'Elysée devant le président Nicolas Sarkozy au premier jour de sa visite.

Benoît XVI a aussi pris soin de souligner que le Vatican "désirait respecter" l'"originalité de la situation française". Il a néanmoins plaidé pour "la mise en évidence des racines chrétiennes de la France (qui) permettra à chacun des habitants de ce pays de mieux comprendre d'où il vient et où il va".

"Saine collaboration entre la communauté politique et l'Eglise"

"Dans le cadre institutionnel existant et dans le plus grand respect des lois en vigueur, il faudrait trouver une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur lesquelles s'est construite l'identité de la nation", a ajouté Benoît XVI, notant: "Votre président en a évoqué la possibilité (...) Une saine collaboration entre la communauté politique et l'Eglise, réalisée dans la conscience et le respect de l'indépendance et l'autonomie de chacun dans son propre domaine, est un service rendu à l'homme".

Vendredi, il avait défendu une laïcité ouverte et affirmé qu'"en ce moment historique où les cultures s'entrecroisent, une nouvelle réflexion sur le vrai sens et l'importance de la laïcité est devenue nécessaire".

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La cour d'appel de Douai rejette l'annulation du mariage pour non-virginité Par LEXPRESS.fr, publié le 17/11/2008 14:47 - mis à jour le 17/11/2008 15:12

La cour d'appel de Douai (Nord) a "cassé" lundi le jugement du tribunal de Lille du 1er avril annulant un mariage à cause du mensonge de l'épouse sur sa virginité, "remariant" de fait les deux époux, a-t-on appris auprès de l'avocat du marié.

"Ils sont toujours mariés à l'heure qu'il est", a simplement déclaré Me Xavier Labbée, l'avocat de l'époux, après avoir pris connaissance du jugement.

"Cet arrêt m'apparaît très inquiétant", a estimé Me Labbée, jugeant que "nos libertés individuelles (étaient) gravement menacées".

Lors de l'audience en appel, qui s'était tenue le 22 septembre à huis clos, les avocats des deux époux, mettant notamment en avant d'autres motifs que le mensonge de l'épouse sur sa virginité, avaient reformulé la demande d'annulation du mariage.

Face aux deux parties en présence, le parquet général avait alors proposé des "portes de sortie" permettant en particulier de substituer à un "motif discriminatoire" un "motif légitime".

La jeune femme avait accepté l'annulation

Rendue publique dans les médias le 29 mai, la décision du TGI de Lille d'annuler l'union célébrée en juillet 2006 à Mons-en-Baroeul, près de Lille, avait immédiatement provoqué un tollé, du monde politique au monde associatif.

Après avoir souligné qu'une telle procédure pouvait permettre de "protéger" les personnes, la garde des Sceaux Rachida Dati avait finalement demandé au parquet de Lille d'interjeter appel, ce qu'il avait fait le 3 juin.

Les époux, d'origine marocaine et musulmans, lui un informaticien âgé d'une trentaine d'années et elle une étudiante infirmière d'une vingtaine d'années, ont depuis les faits quitté le Nord-Pas-de-Calais.

Rejetée par son mari après qu'il eut découvert lors de leur nuit de noces qu'elle n'était pas vierge, la jeune femme avait accepté -après s'y être opposée- l'annulation voulue par son époux, devant la crainte d'une procédure trop longue.

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Une prof suspendue pour consacrer trop de temps à la Shoah leparisien.fr 31.08.2010, 22h16 | Mise à jour : 23h16

Consacrer trop de temps à la Shoah en cours d'histoire, est-ce susceptible d'être sanctionné ? En suspendant quatre mois Catherine Perderzoli, professeur d'histoire au lycée public Henri-Loritz de Nancy, notamment pour cette raison, le rectorat de Nancy-Metz semble répondre par l'affirmative au risque de créer la polémique.
Me Christine Tadic, l'avocate de l'enseignante a saisi mardi en référé le tribunal administratif qui devrait se prononcer d'ici à quinze jours sur cette suspension.

L'enseignante, de confession juive, est accusée d'avoir manqué à ses obligations «de neutralité et de laïcité» dans son enseignement et lors des voyages scolaires dans des anciens camps de concentration qu'elle organise depuis une quinzaine d'année, précise son avocate qui s'interroge : «La faute que l'enseignante a commise n'est-elle pas d'être juive ?» «Depuis l'arrivée d'une nouvelle direction de l'établissement, en 2007, on s'acharne contre elle, on veut s'en débarrasser», affirme-t-elle.

Une manifestation lors d'une visite du ministre

L'enseignante a fait l'objet d'une enquête de l'Inspection générale de l'Education nationale après la manifestation organisée par certains de ses élèves en décembre lors d'un déplacement du ministre de l'Education nationale, Luc Chatel.
Les lycéens protestaient contre la décision de réduire de moitié le nombre d'élèves participant au prochain voyage et la professeur a été suspectée d'avoir organisé la manifestation et manipulé ses élèves.

Soulignant dans un communiqué diffusé mardi qu'il avait demandé cette enquête à la suite d'un «certain nombre de dysfonctionnements» dans le lycée, le rectorat de l'académie de Nancy-Metz «insiste sur le fait qu'il s'agit d'un dossier relevant de la problématique générale de l'organisation des voyages scolaires (...), sans rapport avec le sujet de la transmission de l'histoire et de la mémoire de la Shoah, à laquelle l'Education Nationale est très attachée».

Il ne s'agit pas d'une «sanction», mais d'une «mesure conservatoire de suspension»

L'administration souligne par ailleurs qu'il ne s'agit pas d'une «sanction», mais d'une «mesure conservatoire de suspension (...) à fin de complément d'instruction» et précise que l'enseignante continuerait à être rémunérée. Le rectorat souligne en outre que cette décision a été prise «sur la base du pré-rapport» de l'Inspection générale rédigé en juillet et dont l'AFP a eu copie.

Dans ce rapport , les inspecteurs pointent des «manquements aux obligations de réserve, de neutralité et de laïcité», et reprochent à l'enseignante l'«instrumentalisation des élèves» par des «lavages de cerveaux».
Ils estiment aussi que Mme Pederzoli consacre trop de temps à l'organisation de voyages sur l'histoire des juifs en Europe centrale, comprenant des visites dans des camps comme celui d'Auschwitz-Birkenau.
«Un temps non négligeable de préparation étant consacré au projet, des parties du programme risquent de lui être plus ou moins sacrifiés», écrivent-ils.

Les auteurs notent en outre que, lors de leur entretien avec la professeur, cette dernière a prononcé 14 fois le mot «Shoah», «tandis que le terme à la fois plus neutre et juridiquement fondé de génocide n'(a été) mentionné que deux fois, comme en passant», écrivent-ils.

«Cette enseignante aurait été chrétienne, on n'aurait pas pu dire qu'elle faisait du lavage de cerveaux», affirme de son côté son avocate. Leparisien.fr

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Prof suspendue : Chatel dément tout lien avec l'appartenance religieuse leparisien.fr 01.09.2010, 21h17 | Mise à jour : 22h19

Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a fermement démenti que la suspension d'une enseignante d'histoire de confession juive par le recteur de l'académie de Nancy-Metz soit liée à son appartenance religieuse.

«Je ne peux pas laisser dire que l'Education nationale sanctionne des enseignants pour leur appartenance confessionnelle ou religieuse, ça n'est pas acceptable. Je suis à la tête d'un grand ministère d'une République laïque et nous ne prenons pas nos décisions par rapport à l'appartenance religieuse, aussi bien de nos professeurs que de nos élèves», a-t-il déclaré sur Europe 1.

Des «incidents graves», selon Chatel

«Je rappelle que l'enseignement de la Shoah est une priorité pour nous. Il y a des milliers d'élèves qui chaque année vont à Auschwitz, et je m'en félicite», a aussi réagi Luc Chatel. «J'étais moi-même le 27 janvier au Mémorial de la Shoah (à Paris, ndlr) pour renforcer le partenariat avec l'Education nationale, ça restera une priorité, et les voyages continueront en cet établissement, avec ou sans (ce) professeur», a-t-il ajouté. Le ministre a notamment fait état d'«incidents graves» à l'occasion d'un voyage récent organisé par Mme Pederzoli.

Catherine Pederzoli, 58 ans, a été suspendue quatre mois sur la base d'un rapport rédigé par l'Inspection générale de l'Education nationale en juillet. Dans ce document de 42 pages, dont l'AFP a eu copie, les inspecteurs pointent des «manquements aux obligations de réserve, de neutralité et de laïcité», et reprochent à cette enseignante l'«instrumentalisation des élèves» par des «lavages de cerveaux».

L'enseignante a dénoncé mercredi «un abus de pouvoir» et le représentant de la communauté juive de Nancy, Etienne Heymann, a parlé de «scandale d'Etat». Leparisien.fr

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L'enseignant anti-avortement suspendu Publié le jeudi 25 novembre 2010 à 11H51 Nadia TIGHIDET laprovence.com

Le recteur d'académie engage une procédure disciplinaire à son encontre

L'annonce est tombée hier, comme une délivrance pour les parents d'élèves du lycée des Iscles à Manosque: le professeur d'histoire-géographie qui a diffusé des vidéos anti-avortement (La Provence d'hier)a été suspendu.

"J'ai demandé au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de suspendre le professeur à titre conservatoire, une procédure disciplinaire va être engagée à son encontre, parce que ce qui s'est passé dans ce lycée de Manosque est absolument inacceptable", indiquait au micro de RTL hier midi, Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale. "Ce qui me choque c'est que les professeurs sont tenus à un principe de neutralité, de respect de la personne, et l'enseignant, même si c'est dans le cas d'éducation civique, qui fait l'objet de débats entre les élèves, et entre les élèves et l'enseignant, l'enseignant doit toujours veiller à ne jamais heurter la sensibilité et les convictions des jeunes."

Si les parents se réjouissent de cette décision, certains n'en demeurent pas moins scandalisés par la lenteur de la procédure. "Je suis soulagée mais surtout consternée que rien n'ait été fait avant", s'indigne Corinne Muselec, une mère de famille, dont les appels sont restés sans réponse: "Ma fille a vu cette vidéo l'année dernière. Elle était en première. Le 18 avril dernier, j'ai alors écrit à l'inspection d'académie pour l'informer que ce professeur tenait des propos totalement inobjectifs et inadmissibles dans un établissement laïc.

"Aujourd'hui, il est suspendu, je suis rassurée, mais il aurait pu l'être avant." À l'inspection d'académie, on affirme qu'une enquête a été déclenchée il y a plusieurs semaines. "L'enseignant a été inspecté le 8 novembre dernier puis convoqué au rectorat. Il ne s'est pas rendu à la première convocation la semaine dernière." Il était convoqué une seconde fois hier. Au lycée, deux mouvements se dessinent. Fallait-il en arriver là? Certainement pas, selon cette Manosquine qui se réjouit qu'un professeur "prenne enfin position et assume ses idées et les partage avec ses élèves. Ma fille est très contente de cet enseignant au point qu'elle a mis en place une pétition pour le garder en poste. Ne souhaitant pas que ses élèves aient des ennuis, le professeur leur aurait même demandé de ne pas signer de leur nom mais d'une simple croix."

La pétition n'a pas suffi à épargner l'enseignant, interdit d'exercer à compter de ce jour et pour une durée de quatre mois, le temps de compléter l'enquête en cours et d'engager une procédure disciplinaire. Nadia TIGHIDET

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Manosque : il diffuse une vidéo anti-avortement à ses lycéens Publié le mercredi 24 novembre 2010 à 11H08 Emmanuelle FABRE et Nadia TIGHIDET laprovence.com

Un film très cru a été projeté en cours d'instruction civique

Les faits remontent à la mi-octobre mais n'ont été évoqués hors du lycée des Iscles que ces derniers jours.

"Des images très crues mettant en scène les différentes techniques d'avortements. Une vidéo quasi insoutenable." C'est le message d'avertissement d'un film anti-avortement que l'on peut visionner sur un site internet.
Mais c'est ce document qu'un enseignant du lycée des Iscles, à Manosque, a diffusé à ses élèves de deux classes de seconde et auxquels il a distribué un tract conspuant la loi Veil, qui a légalisé l'avortement.

Les faits remontent à la mi-octobre mais n'ont été évoqués hors du milieu scolaire que ces derniers jours. Au lycée, depuis, on ne parle que de ça dans les couloirs : "Tu l'as vue toi, la vidéo anti-avortement ?" Au moindre visage étranger qui se pointe à l'entrée de l'établissement, les réactions des élèves ne se font pas attendre: "On sait de quoi vous venez nous parler."

Une projection qui a choqué certains élèves de cet enseignant d'histoire-géographie et éducation civique, juridique et sociale. "Au début, on est resté tétanisé", lance un jeune homme. "C'était écoeurant", dit une jeune fille, indiquant qu'une amie est sortie de classe parce qu'elle avait envie de vomir. Les autres font allusion au film d'épouvante sanguinolant Saw.

La projection de ce film devait intervenir dans le cadre du débat argumenté et méthodologie propre à ce cours qui évoque la citoyenneté dans le cadre de la civilité, de l'intégration, du travail et de la transformation des liens familiaux. Mais selon les élèves, point de débat. "Le prof nous parle et dès qu'on veut dire quelque chose, il nous coupe la parole et réutilise ce qu'on dit pour que ça corresponde à ses propos."

Les réactions des parents ne se sont pas fait attendre. "J'interdis depuis à mon fils d'assister à ses cours", souligne un père. Le 16 novembre, les parents ont adressé un courrier au recteur et à l'inspecteur d'académie dans lequel ils leur demandent de prendre toutes les mesures nécessaires "pour mettre fin au plus tôt à cette situation, et pour rétablir les conditions d'un enseignement public de qualité, véritablement laïc, et respectueux des enfants".

Les parents évoquent des précédents

Cette projection ne serait pas la première. Un ancien élève atteste avoir déjà vu le film l'année dernière. Et certains parents d'expliquer : "Nous savions par des enseignants du lycée Esclangon, où ce professeur exerçait précédemment, qu'il avait des idées extrêmes, c'est pourquoi nous avions indiqué à notre fils que nous l'autorisions à sortir de classe si un film contre l'avortement était projeté."

Des enseignants évoquent, au sujet de leur collègue, des faits récurrents de prosélytisme catholique. Nous avons tenté, par différentes voies, de joindre l'enseignant mis en cause. Sans succès.
Emmanuelle FABRE et Nadia TIGHIDET

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29-03-2011 la-Croix.fr «N’ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons»

Tribune de la conférence des responsables de culte en France

« La Conférence des responsables de culte en France a été créée le 23 novembre dernier et elle regroupe six instances responsables du bouddhisme, des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe, protestante), de l’islam et du judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté d’approfondir notre connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société. La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble. Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis. Il nous paraît capital, pendant cette période préélectorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation.

Nous signons ensemble cette tribune sans aucun esprit polémique ou partisan. Une parole commune nous semble néanmoins nécessaire. Notre cohésion au sein de la Conférence que nous avons fondée est significative dans notre société française. Elle a été rendue possible grâce notamment au climat de coopération instauré entre les religions, que la “laïcité à la française” et ses évolutions depuis plus d’un siècle ont permis.

Mais cette cohésion ne signifie pas pour autant uniformité ! Elle ne nous engage nullement en faveur d’un quelconque amalgame syncrétiste ou d’un nivellement de nos positions individuelles et de celles des cultes que nous représentons. Nous travaillons ensemble dans la confiance, en intégrant nos histoires et identités respectives. Nous continuons à avoir des approches différenciées sur telle ou telle question, sans pour autant faire de nos différences des facteurs d’opposition. Nous sommes déterminés à réfléchir et à œuvrer ensemble sur la durée, en relation avec les autorités et les forces vives de notre pays, afin que le facteur religieux y soit un élément de paix et de progrès.

L’accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu’être préjudiciables. Nous en sommes conscients. Cela ne doit pas nous dissuader pour autant de rappeler l’essentiel quand il le faut. Nous restons très attentifs aux évolutions profondes de notre société, notamment celles qui concernent les religions, dans le respect du cadre de la République. Ces évolutions appellent parfois des adaptations, voire des améliorations du cadre juridique et réglementaire de l’expression et de la vie des cultes en France. Nous ne manquerons pas d’être une force positive de propositions dans ce sens.

Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité ? Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Il a un rôle majeur dans une société libre, démocratique et respectueuse de la personne humaine. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ? Ce ne sont ni les débats ni les travaux qui manquent dans ce domaine ! La loi 1905 est déjà plus que centenaire. Elle a permis d’apporter depuis lors des solutions à des questions nées de nouvelles situations et des évolutions de notre société dans un monde de plus en plus rapide. Tous les cultes adhèrent sans réserve à ses principes fondamentaux tels qu’ils s’expriment en particulier dans ses deux premiers articles. Mais les modalités d’application de ces principes restent toujours perfectibles. Faut-il recenser tous les colloques et autres séminaires qui ont abordé en long et en large la question de la laïcité et de ses applications dans notre pays depuis des années ? Faut-il rappeler, dans la période récente, les travaux étendus et exhaustifs de la Commission présidée par le professeur Jean-Pierre Machelon qui ont donné lieu à un rapport sur “Les relations des cultes avec les pouvoirs publics” remis au ministre de l’intérieur le 20 septembre 2006 ? Ce rapport avait abordé d’une manière approfondie les différents aspects liés à l’exercice du culte en France, dont celui du “support institutionnel” de son exercice dans notre pays. Faut-il rappeler de même les travaux du “Groupe juridique inter-cultes” qui travaille depuis 2007, dans le prolongement des recommandations du rapport Machelon au sein du ministère de l’intérieur, et où siègent des représentants des principaux cultes ? Ce groupe a bien fonctionné et a permis la publication de plusieurs circulaires dont la dernière, du 23 juin 2010, conjointe aux ministères de l’intérieur et des finances, aborde d’une manière détaillée à l’attention des préfets, des directeurs départementaux des finances publiques et des trésoriers payeurs généraux, les différents aspects liés au “support institutionnel de l’exercice du culte en France”. Faut-il rappeler aussi la production intellectuelle abondante d’articles et d’écrits divers, ainsi que les nombreux ouvrages qui paraissent sur l’histoire, les fondements, la pratique et les perspectives de la laïcité en France ? La liste en sera longue. Elle illustre parfaitement toute la richesse et la profondeur de notre expérience française de la laïcité. Nous y reviendrons lors de la rencontre publique que nous comptons organiser en octobre prochain.

Secouée par des crises à répétition, politique, économique, financière et morale, la période actuelle manque de lisibilité mais sans doute pas d’espérance ! Le devoir de ceux qui sont “en responsabilité” consiste à éclairer le chemin et à élaborer des solutions conformes au bien de tous. N’ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence. La laïcité n’est pas séparable des valeurs fondamentales que nous partageons, en particulier de la dignité et du respect de la personne humaine et de sa liberté inaliénable. Ces valeurs qui ne peuvent s’épanouir que dans la confiance mutuelle source de paix pour notre société. »

Cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, avec Mgr Laurent Ulrich, vice-président de la Conférence des évêques de France
Pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, avec le pasteur Laurent Schlumberger, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l’Église réformée de France
Métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, avec le Métropolite Joseph, secrétaire de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et Carol SABA, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France
Grand rabbin Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, avec le rabbin Moshé Lewin, porte-parole du Grand rabbin de France
Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, avec Anouar Kbibech, secrétaire général du Conseil français du culte musulman
Révérend Olivier Wang-Genh, président de l’Union bouddhiste de France

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Paris/islam: une caserne pour aller prier lefigaro.fr Mis à jour le 08/08/2011 à 17:19 | publié le 08/08/2011 à 17:19

Les musulmans du XVIIIe arrondissement de Paris qui priaient dans la rue faute de mosquée pourront pratiquer dans une ancienne caserne à partir du 16 septembre, a annoncé le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, dans un entretien avec l'AFP. "Les prières de rue, c'est quelque chose qui n'est pas acceptable, directement attentatoire au principe de la laïcité, (et) il faudra que ça cesse", a assuré le ministre, alors que celles du vendredi ont lieu dans les rues Myrrha et Polonceau (Paris XVIIIe), faute de lieux appropriés.

Les responsables du culte musulman, dont le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), ont visité les locaux de l'ancienne caserne de Clignancourt avec deux salles importantes, l'une de 1.200 mètres carrés, l'autre de 800 mètres carrés, et "les ont trouvés tout à fait appropriés", a relevé le ministre. Aussi, "il est convenu que le 16 septembre, ces locaux entreront en service", a affirmé le ministre.

Ces responsables ont également indiqué que "pendant toute la durée du ramadan, au mois d'août, il y aurait une information en direction des fidèles leur disant que les prières de rues doivent cesser", a ajouté M. Guéant. A Marseille, où existent des problèmes identiques, "les concertations sont encore en cours, mais l'objectif reste le même: les prières de rues doivent disparaître", a-t-il relevé.

Interrogé sur le fait que des élus issus de la diversité réclament une commission d'enquête sur le marché du travail, après que des produits certifiés halal se sont révélés non conformes, le ministre a estimé qu'il n'était "pas question que l'Etat aille se mêler de ces affaires religieuses". "L'Etat français est un Etat laïc et il ne lui appartient pas d'être l'instrument de l'organisation d'une pratique religieuse", a souligné Claude Guéant.

Aussi "il faut que les responsables du culte musulman, le CFCM qui a édité une charte concernant le halal et les grandes mosquées s'organisent pour que les règles qu'elles ont édictées soient respectées", a-t-il souhaité. Toutefois, a rappelé le ministre, "l'Etat, avec ses services de la concurrence et de la consommation, a une responsabilité, c'est qu'il n'y ait pas de tromperie sur la marchandise. Il y a donc possibilité de faire des recours, de déposer des plaintes", a-t-il conclu.

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La charte sur la laïcité remporte une large adhésion politique Le Monde.fr avec AFP | 09.09.2013 à 19h11 • Mis à jour le 09.09.2013 à 19h12 | Par Philippe Euzen

En installant la première charte laïque à l'école, lundi 9 septembre, à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, a cru bon de souligner que la laïcité est "un combat non pas pour opposer les uns et les autres, mais un combat contre ceux qui veulent opposer les uns et les autres". Une définition qui lui permet, dans un même élan – bien que son texte remporte une très large adhésion dans la classe politique –, de répondre aux tenants d'une laïcité offensive, et de rassurer les communautés qui pourraient se sentir stigmatisées par ce texte.

UNE DÉMARCHE "PLUTÔT INTÉRESSANTE"

Pour la candidate à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, invitée de France Bleu Paris, lundi 9 septembre, "cette démarche est plutôt intéressante". "Le mot laïcité est très présent dans le discours politique mais c'est un mot pas très facile, pas très facile pour les enfants et parfois pour les adultes. Lorsqu'il y a eu le débat sur l'identité nationale, l'une des conclusions avait été de dire qu'il y aurait un code de la laïcité notamment à l'égard des élus, j'avais trouvé ça bien aussi."

Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, déclare quant à lui, sur France Inter, que c'est "un bon texte". "C'est un rappel de principes qui me paraît opportun". "Ils ont évité les pièges principaux, ce n'est pas donneur de leçons et je pense que c'est un bon texte", ajoute l'ancien ministre.

Plus mesuré, Luc Chatel, estime que "c'est un pas dans la bonne direction mais [que cela] ne changera pas forcément les choses".

Robert Badinter, ancien président du Conseil constitutionnel et ancien garde des sceaux, a estimé que "la laïcité fait partie de l'ADN de la République". Et Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité, a relevé qu'à "plus de 100 ans, elle est incroyablement moderne". La charte à l'école "ne résoudra pas tous les problèmes. Mais les gens ont besoin de repères, qu'on rappelle les principes qui ne sont pas si bien connus que cela", a dit M. Bianco. "Et on a besoin de rechercher des solutions qui vont dans le sens de l'apaisement, du vivre ensemble, qui mettent l'école à l'écart des violences qui traversent notre société".

Le défenseur des droits, Dominique Baudis, a décidé de saisir le Conseil d'Etat afin d'obtenir des "clarifications nécessaires" sur l'application du principe de laïcité. "Il est urgent de préciser la 'règle du jeu'", explique-t-il. Ciblant deux points en particulier : "les collaborateurs bénévoles ou occasionnels du service public", M. Baudis donne l'exemple des mères voilées accompagnant les enfants lors de sorties scolaires, et les "salariés du secteur privé agissant en lien avec les pouvoirs publics", citant l'exemple des crèches privées.

UN "GADGET" POUR LE PARTI DE GAUCHE

A l'opposé des déclarations du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui a vu dans ce texte des "allusions" à l'islam qui risquent de renforcer le sentiment de "stigmatisation", la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, déplore, dans un communiqué, "qu'aucune mesure véritable n'a été annoncée pour lutter concrètement contre les avancées du communautarisme". "La laïcité n'est plus à écrire, elle est à faire" en raison du "développement inquiétant du communautarisme et des revendications politico-religieuses", ajoute-t-elle.

"La laïcité n'est pas une valeur qui se proclame, c'est un concept qui se décline concrètement par des prises de décisions courageuses", estime le Parti de gauche dans un communiqué. La charte est présentée comme un "gadget" qui ne doit pas faire oublier les décisions concrètes. La formation de Jean-Luc Mélenchon plaide ainsi pour le rétablissement de la gratuité de l'éducation ou encore pour la récupération des "18,7 % du budget de l'éducation nationale qui partent chaque année dans les écoles privées".

Pour Pierre Dharréville, Responsable de la commission démocratie au PCF, "la laïcité appelle à une plus grande ambition". Il estime que la charte "a le mérite de rompre avec l'escalade permanente de ces dernières années. On pourra discuter la légitimité de ce texte mais il semble viser un objectif d'apaisement que nous partageons". Philippe Euzen Journaliste

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Baby Loup : le licenciement de la salariée voilée confirmé LE MONDE | 27.11.2013 à 08h41 • Mis à jour le 27.11.2013 à 10h53 | Par Stéphanie Le Bars http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/11/27/decision-attendue-dans-l-affaire-de-la-creche-baby-loup_3520827_3214.html

Sera-t-il le dernier ? Un nouveau rebondissement dans l'affaire Baby Loup est venu conforter, mercredi 27 novembre, les tenants d'une laïcité stricte. Le licenciement de Fatima Afif, salariée de la crèche de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) a été confirmé, mercredi 27 novembre, par la cour d'appel de Paris, qui a estimé qu'il ne portait "pas atteinte à la liberté religieuse" et qu'il n'était pas "discriminatoire". Cette décision va à l'encontre de celui de la Cour de cassation, qui en mars avait annulé le licenciement. Le contentieux qui oppose depuis plus de cinq ans Mme Afif à la directrice de la crèche Natalia Baleato, porte sur la possibilité ou non pour un employeur d'interdire le port de signes religieux, en l'occurrence le voile islamique, dans une structure ne relevant pas du secteur public.

L'avocat de la crèche, Me Richard Malka, a immédiatement a salué "une victoire de la laïcité", estimant que cette "décision de principe" constituait "la meilleure réponse à tous les différentialismes. Elle marquera l'histoire de la laïcité".

"Elle va surtout à contre-courant de la sensibilité actuelle qui est de ne pas légiférer et de pas régler de manière autoritaire les problèmes liés à la religion dans les entreprises privées", commente, "déçu" mais "pas surpris", l'avocat de Mme Afif, Michel Henry.

Sur l'arrêt de rébellion, lire : Crèche Baby Loup : la bataille judiciaire sur le voile continue

Ce nouvel épisode ne constitue toutefois qu'une énième étape de ce conflit devenu emblématique d'un sujet de société, mêlant deux visions irréconciliables de la liberté religieuse et de la place de l'islam dans la société. "Mme Afif a affirmé à plusieurs reprises sa volonté d'aller jusqu'au bout, et elle se pourvoira très probablement en cassation", indique son avocat. "Si l'affaire va en cassation, l'assemblée plénière de la Cour tiendra véritablement dans ses mains le sort de la laïcité", commente pour sa part Me Malka.

"ENTREPRISE DE CONVICTION"

Pour motiver leur décision, les juges de la cour d'appel ont estimé que la crèche pouvait être considérée comme une "entreprise de conviction", et qu'à ce titre elle pouvait instaurer en son sein une "obligation de neutralité". "Entreprise de conviction ? Mais c'est une notion qui n'a pas d'existence en droit !, s'insurge Me Henry. Pour arriver à ses conclusions, la cour a inventé des principes." La cour considère en tout cas que le règlement intérieur de la crèche qui, au

nom du principe de laïcité et neutralité religieuse, prévoyait l'interdiction de tout port religieux était licite et "suffisamment précis".

En mars, la Cour de cassation avait en revanche estimé que l'interdiction du voile n'était pas justifiée s'il ne s'accompagnait pas "de prosélytisme, de pression ou de propagande" et, qu'une interdiction générale et absolue n'était pas conforme au principe de liberté religieuse.

La cour d'appel a, elle, suivi les recommandations de l'avocat général François Falletti, qui le 17 octobre, avait estimé que la liberté religieuse était certes un "principe fondamental", mais qu'il n'excluait pas d'y adjoindre, dans "un contexte d'équilibre", certaines "restrictions". Les juges ont également motivé leur décision au nom des "droits de l'enfant", estimant nécessaire de protéger "leur liberté de pensée, de conscience et de religion à construire". Ils prennent toutefois la peine de préciser que "protéger la conscience en éveil des enfants est une exigence qui ne résulte pas de la loi"…

Les juges ont par ailleurs mis en avant que les "missions d'intérêt général" remplies par la crèche étaient "fréquemment assurées par des services publics" et assuré que la neutralité religieuse permettait de "transcender le multiculturalisme des personnes" accueillies dans la crèche.

Cette affaire a suscité des débats sur la nécessité ou non de légiférer pour interdire le port de signes religieux dans les structures privées accueillant les enfants. Certains s'en sont saisi pour envisager d'élargir la neutralité religieuse dans les entreprises privées. Une proposition de loi portée par l'UMP allant en ce sens a été rejetée en juin. Et plusieurs avis, émanant de différents organismes, ont repoussé cette éventualité. En octobre, l'Observatoire de la laïcité, installé par le président de la République, a notamment jugé que le droit actuel suffit à répondre aux situations potentiellement conflictuelles, liées aux revendications religieuses dans le secteur privé.

Lire (édition abonnés) : Baby Loup : "Une simple affaire de droit du travail a rencontré un débat de société"
Stéphanie Le Bars Journaliste au Monde

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Crèches de Noël interdites: la défense de la laïcité va-t-elle trop loin ? Par Jérémie Pham-Lê publié le 04/12/2014 à 16:35, mis à jour à 17:47 http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/creches-de-noel-interdites-la-defense-de-la-laicite-va-t-elle-trop-loin_1628969.html

Des élus UMP et FN de Vendée et de Béziers ont été sommés de ne pas installer des crèches de Noël au sein des édifices publics. Certains y voient le signe d'un durcissement de la laïcité.
A juste titre ?

Les crèches de Noël sont-elles des symboles de culte ou de culture ? En apparence anodine, la question suscite de vifs débats après que des élus ont été priés de ne pas exposer de telles installations dans les lieux publics.

La polémique a débuté en Vendée, où le tribunal administratif de Nantes a ordonné au Conseil général, présidé par l'UMP Bruno Retailleau, de retirer une crèche de la nativité installée dans le hall. Motif: cette dernière ne respecte pas "la neutralité du service public à l'égard des cultes". Ce jeudi, c'est au tour de la mairie FN de Béziers, tenue par Robert Ménard, de revoir sa décoration de Noël.
Le Midi Libre révèle que la préfecture de l'Hérault s'est opposée au projet d'installation d'une crèche pour les mêmes raisons.

Racines chrétiennes?

L'article 28 de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat prévoit ceci:
"Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions."

Dans une tribune au Figaro, l'élu Bruno Retailleau dénonce une "décision grotesque". Il estime que si effectivement, les crèches revêtent un caractère religieux, elles font surtout partie d'un patrimoine et relèvent de la culture et "des racines chrétiennes" de la France. Il a reçu le soutien du FN, d'un certain nombre de Vendéens mais aussi d'internautes sur Twitter, lesquels ont lancé le hashtag #TouchePasAMaCrèche.
Certains parlent "d'excès de zèle".

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Michel Houellebecq et l'islam : une relation compliquée déjà avant "Soumission" Le HuffPost | Par Alexis Ferenczi Publication: 06/01/2015 09h55 CET Mis à jour: 06/01/2015 17h43 CET

"Il serait faux de dire que c’est une religion qui n’a pas de conséquences politiques." Même dans sa défense, Michel Houellebecq ne peut s'empêcher d'ajouter le sel de provocation, comme un écho à la citation qui introduit la dernière partie de son sixième roman Soumission, en librairie ce mercredi 7 janvier chez Flammarion, et "piquée" au répertoire de... l'Ayatollah Khomeyni: "Si l'islam n'est pas politique, il n'est rien."

Ce mardi au 20 Heures de France 2, lundi dans la bouche de François Hollande et Marine Le Pen, rarement un de ses livres n'aura été autant commenté avant sa sortie. Pourtant, Michel Houellebecq, éternel poil à gratter de la littérature française (et accessoirement un de ses écrivains les plus lus à l'étranger), n'en est pas à sa première polémique concernant l'islam.

Soumission, politique-fiction de 300 pages n'est pas une "satire", insiste l'auteur de La carte et le territoire, prix Goncourt 2010. Il y fait le portrait d'une France dirigée en 2022 par la Fraternité musulmane après une alliance avec le Parti socialiste, l'UMP et le Centre pour faire barrage au Front national de Marine le Pen.

Dans la description de cette prise de pouvoir, entre jeunes femmes voilées à l'université et enseignant proche des mouvements identitaires, l'auteur et son héros François, professeur de lettres à la vie sexuelle débridée mais sans joie véritable, auteur d'une thèse sur Joris Karl Huysmans, naviguent en eaux troubles.

Première polémique

En 2001, Michel Houellebecq avait (déjà) défrayé la chronique. Dans un entretien avec Didier Sénécal donné au magazine Lire, l'auteur abordait la question de l'islam en parallèle à la sortie de son troisième roman, Plateforme, qui plongeait dans les arcanes du tourisme sexuel et les réseaux de prostitution en Thaïlande. Un attentat islamiste détruisait effectivement un complexe touristique dans le récit.

Ces quelques mots créèrent la polémique, faisant presque oublier certains propos encore plus durs tenus par le narrateur dans Plateforme: "l’islam ne pouvait naître que dans un désert stupide, au milieu de bédouins crasseux qui n’avaient rien d’autre à faire –pardonnez-moi– que d’enculer leurs chameaux" ou "chaque fois que j'apprenais qu'un terroriste palestinien, ou un enfant palestinien ou une femme enceinte palestinienne, avait été abattu par balles dans la bande de Gaza, j'éprouvais un tressaillement d'enthousiasme".

L'auteur des Particules élémentaires s'était défendu en assurant que l'interview avait été tronquée. Poursuivi pour "injure envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à l'islam" et pour "complicité d'incitation à la haine raciale" par quatre associations musulmanes, l’écrivain avait été relaxé.

"Immigration massive"

Dans La possibilité d'une île, son quatrième roman paru chez Fayard en 2005, Michel Houellebecq invente une secte, l'Église élohimite, librement inspirée des raëliens, qui promet à ses adeptes la vie éternelle grâce à des manipulations génétiques. Lors du récit de son expansion, l'auteur décrit sa rencontre avec l'islam qui contrairement aux autres religions "fut un bastion de résistance plus durable."

"S'appuyant sur une immigration massive et incessante, la religion musulmane se renforça dans les pays occidentaux pratiquement au même rythme que l'élohimisme; s'adressant en priorité aux populations venues du Maghreb et d'Afrique noire, elle n'en connaissait pas moins un succès croissant auprès des Européens 'de souche', succès uniquement imputable à son machisme."

À l'époque, Houellebecq est pourtant moins optimiste sur l'avenir de l'islam que dans Soumission. S'il décrit le prosélytisme d'une nouvelle génération d'imams biberonnés à la télé-réalité qui parviendraient notamment à convertir les jeunes filles grâce à des "telenovelas" tournées en Turquie, l'islam était voué dans son roman à "s'effondrer" de la même manière que les pays communistes. Aujourd'hui, dans L'Obs, il affirme que "Marine Le Pen peut arrêter l’immigration, mais elle ne peut pas arrêter l’islamisation".

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Ali Baddou sur "Soumission" de Michel Houellebecq: "Ce livre m'a foutu la gerbe" Le HuffPost | Par Vincent Gibert http://www.huffingtonpost.fr/2015/01/06/ali-baddou-soumission-michel-houellebecq-livre-culture-video_n_6421476.html?utm_hp_ref=mostpopular

Il n'est pas encore sorti qu'il fait déjà beaucoup parler de lui. Le dernier Michel Houellebecq, Soumission, une politique-fiction qui voit le chef d'un parti musulman accéder au pouvoir dans la France de 2022, sort mercredi 7 janvier en librairies.

Mais certains journalistes ont déjà pu le lire, comme Ali Baddou de Canal+. Et le présentateur de "La Nouvelle Edition" n'a pas été tendre avec l'ouvrage star de ce début d'année. Lors de son émission de lundi, il a employé des mots forts, en son nom, évoquant un livre qui lui "a foutu la gerbe":

"Je suis de culture musulmane, ça c’est le hasard, je suis profondément laïc. Ce livre m’a foutu la gerbe, autant le dire aussi simplement que ça, je me suis senti insulté. On est en 2015 et l’année démarre avec ça, c’est-à-dire avec l’islamophobie, installée et diluée dans le livre d’un grand romancier français."

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Attentat à Charlie Hebdo : Cabu, Charb, Tignous, Wolinski et Maris tués G.L. avec A.Ca. | 07 Janv. 2015, 13h27 | MAJ : 07 Janv. 2015, 17h18

Une attaque à la kalachnikov et au lance-roquette par au moins deux hommes cagoulés au siège de Charlie Hebdo à Paris, a fait 12 morts dont deux policiers, un acte sans précédent contre un organe de presse en France.

"Vers 11h30, deux hommes armés d'une kalachnikov et d'un lance-roquette, ont fait irruption au siège du journal satirique Charlie Hebdo dans le XIe arrondissement de Paris. Un échange de feu a eu lieu avec les forces de l'ordre", a déclaré une source proche de l'enquête. En quittant les lieux, les deux agresseurs ont blessé par balle un policier. Ils ont ensuite braqué un automobiliste porte de Pantin et percuté un piéton.

Le mode opératoire des tueurs impliqués dans l'attentat, leur calme, leur détermination et leur efficacité, est la marque d'hommes ayant subi un entraînement poussé, de type militaire, selon des sources policières.

Les images, prises sur leurs téléphones portables par des témoins de l'attaque, montrent le professionnalisme des assaillants qui ont mené une attaque soigneusement planifiée, soulignent un ancien membre d'un service de protection rapprochée et un ancien de la police judiciaire.

15h50. Flammarion fait évacuer ses locaux près d'Odéon

La maison d'édition Flammarion qui publie le dernier livre polémique de Michel Houellebecq, "Soumission", a fait évacuer ses locaux d'Odéon à Paris.

15h25. "Trois criminels" impliqués selon Cazeneuve

Il y a "trois criminels à l'origine" de l'attaque a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, à l'issue d'une réunion de crise à l'Élysée.

Tout est mis en oeuvre pour "neutraliser le plus rapidement possible les trois criminels qui ont été à l'origine de cet acte barbare", a-t-il déclaré, qui n'a pas apporté de précisions sur le rôle des différentes personnes impliquées.

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La légion d'honneur pour les "héros" et les victimes des attentats de janvier et du Thalys Publié à 06h37, le 01 janvier 2016, Modifié à 06h53, le 01 janvier 2016 http://www.europe1.fr/societe/legion-dhonneur-les-heros-des-attentats-de-janvier-et-du-thalys-distingues-2643327

Les victimes et les "héros" des attentats de janvier et du Thalys figurent dans la promotion de la Légion d'honneur du 1er janvier publiée vendredi dans le Journal officiel, dont 15 à titre posthume. Vingt nominations sont liées à ces attentats.

Les victimes de Charlie.

Parmi les personnes nommées chevalier figurent les dessinateurs Charb, Cabu, Honoré et Tignous, la chroniqueuse Elsa Cayat et le correcteur de presse Mustapha Ourrad, tués dans l'attentat du 7 janvier contre Charlie Hebdo.
Le dessinateur Georges Wolinski et le chroniqueur Bernard Maris, également tués dans l'attentat contre la rédaction de l'hebdomadaire satirique, avaient déjà été distingués comme chevalier de la Légion d'honneur, le premier en 2005, le second en 2014.
Le journaliste Michel Renaud, tué à la rédaction de Charlie où il avait été invité le 7 janvier et décoré le 24 juillet, ainsi que l'agent de maintenance Frédéric Boisseau, tué le 7 janvier dans l'immeuble du journal et décoré le 20 janvier, sont nommés chevalier.

La promotion régularise les nominations de chevalier faites par anticipation pour les quatre otages de l'Hyper Cacher tués le 9 janvier : Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François Michel Saada. Il en va de même pour les lieutenants Franck Brinsolaro et Ahmet Merabet, tués le 7 janvier à Paris, le brigadier Clarissa Jean-Philippe tuée le 8 janvier à Montrouge, qui avaient tous les trois été décorés le 13 janvier par le président François Hollande.

Plusieurs représentants des forces de l'ordre.

Cinq personnes intervenues lors d'attentats sont aussi honorées. Eric Tanty, le conducteur du Thalys où une attaque a eu lieu 21 août, Michel Bruet, le chef de bord et l'universitaire franco-américain Mark Moogalian qui s'est interposé lors de l'attaque, sont nommés chevalier de la Légion d'honneur.
Le dispositif d'attribution de la Légion d'honneur aux étrangers avait permis de décorer dès le 24 août les trois Américains (Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler) et le Britannique Chris Norman qui avaient contribué à neutraliser l'homme armé.

Lassana Bathily ne figure pas dans la liste (car naturalisé en récompense de son comportement, notedt).

L'otage des frères Kouachi à l'imprimerie de Dammartin-en-Goële en Seine-et-Marne, Michel Catalano, et son employé Lilian Lepère qui s'était caché sous un évier sont nommés chevalier.
Lassana Bathily, le Malien de l'Hyper Cacher, dont l'acte de bravoure a été d'avoir caché des otages dans une chambre froide au sous-sol, n'est pas distingué. Il avait été naturalisé (c'est nous qui soulignons, notedt) dans les semaines qui avaient suivi les attentats.

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"1 an après, l'assassin court toujours", titre Charlie Hebdo L'Obs avec AFP Par L'Obs avec AFP Publié le 04-01-2016 à 09h27 Mis à jour à 09h35

En mémoire de l'attentat du 7 janvier, "Charlie Hebdo" sort mercredi un numéro spécial avec en une un Dieu barbu, armé d'une kalachnikov et à l'habit ensanglanté, sous ce titre : "1 an après, l'assassin court toujours".

Ce numéro doit être tiré à environ 1 million d'exemplaires, dont des dizaines de milliers d'exemplaires expédiés à l'étranger.

Il comprend un cahier de dessins des disparus - Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré - et des contributeurs extérieurs dont la ministre de la Culture Fleur Pellerin, des comédiennes comme Isabelle Adjani, Charlotte Gainsbourg, Juliette Binoche, des intellectuels comme Élisabeth Badinter, la bangladaise Taslima Nasreen, l'américain Russell Banks, et le musicien Ibrahim Maalouf.

"Fanatiques abrutis par le Coran"

Le dessinateur Riss, patron du journal, grièvement blessé le 7 janvier, y signe un éditorial rageur pour défendre la laïcité et dénoncer les "fanatiques abrutis par le Coran" et "culs-bénits venus d'autres religions" qui avaient souhaité la mort du journal pour "oser rire du religieux".

"Les convictions des athées et des laïcs peuvent déplacer encore plus de montagnes que la foi des croyants", dit-il.

"En 2006, quand Charlie publia les caricatures de Mahomet, personne ne pensait sérieusement qu'un jour tout ça finirait dans la violence. [...] On voyait la France comme un îlot laïc, où il était possible de déconner, de dessiner, de se marrer, sans se préoccuper des dogmes, des illuminés", écrit Riss.

"Dès cette époque, beaucoup espéraient qu'un jour quelqu'un viendrait nous remettre à nos places. Oui, beaucoup ont espéré qu'on se fasse tuer. TU-ER", poursuit-il, en rappelant la fragilité du journal, submergé de procès.

"A l'issue de chaque année, nous nous émerveillions d'être toujours en vie", se souvient Riss.

"C'est l'éternité qui nous est tombée dessus"

"Un mois avant le 7 janvier, je demandais à Charb si sa protection avait encore un sens. Les histoires de caricatures, tout ça, c'était du passé [...] Mais un croyant, surtout fanatique, n'oublie jamais l'affront fait à sa foi, car il a derrière lui et devant lui l'éternité [...] C'est l'éternité qui nous est tombée dessus ce mercredi 7 janvier".

"Ce matin-là, après le bruit assourdissant d'une soixantaine de coups de feu tirés en trois minutes dans la salle de rédaction, un immense silence envahit la pièce", raconte-t-il. "J'espérais entendre des plaintes, des gémissements. Mais non, pas un son. Ce silence me fit comprendre qu'ils étaient morts".

"Et lorsque enfin un pompier m'aida à me relever, et après avoir dû enjamber Charb allongé à mes côtés, je m'interdis de tourner la tête vers la pièce pour ne pas voir les morts de Charlie. Pour ne pas voir la mort de Charlie".

"Comment faire le journal après tout ça ? C'est tout ce qu'on a vécu depuis 23 ans qui nous en donne la rage", affirme-t-il.
Ce ne sont pas deux petits cons encagoulés qui vont foutre en l'air le travail de nos vies". "Ce n'est pas eux qui verront crever Charlie. C'est Charlie qui les verra crever".

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Un journal sectaire anticlérical ? http://www.bfmtv.com/societe/caroline-fourest-si-icharlie-hebdoi-continue-a-froisser-les-bigots-c-est-qu-il-n-est-pas-mort-941045.html Caroline Fourest: "Si Charlie Hebdo continue à froisser les bigots, c'est qu'il n'est pas mort" 04/01/2016 à 20h58 Par Elise Maillard

L'essayiste et l'ancienne collaboratrice du journal satirique était reçue lundi soir par Ruth Elkrief. Elle est revenue sur la une polémique du numéro anniversaire de Charlie Hebdo, un an après les attentats de janvier.

Un dessin à la une qui fait polémique, le numéro anniversaire de Charlie Hebdo un an après les attentats reste sur la même ligne. L'essayiste et réalisatrice, Caroline Fourest était l'invitée de Ruth Elkrief lundi sur BFMTV. L'ancienne collaboratrice du journal satirique a justifié cette caricature qui représente un Dieu barbu, armé d'une kalachnikov et à l'habit ensanglanté sous le titre: "1 an après, l'assassin court toujours".

Selon elle, Charlie Hebdo est un journal anticlérical d'où le dessin de Riss. "Si Charlie Hebdo continue à froisser les bigots, c'est qu'il n'est pas mort, c'est qu'il est toujours en vie", a-t-elle assuré. "On a une histoire d'anticléricalisme dans ce pays et une belle histoire", insiste-t-elle, estimant que les athées sont peu entendus en France.

Fourest dénonce la position "irresponsable" du CFCM

Elle a ensuite été assez critique vis-à-vis d'Abdallah Zekri. Le président de l'Observatoire des actes islamophobes du Conseil français du culte musulman a indiqué qu'il ne ferait rien pour commémorer les attentats de Charlie Hebdo parce qu'il a été choqué par la une. "Cela, c'est choquant", a-t-elle réagi avec insistance. "Qu'il soit choqué, grand bien lui fasse. Cela fait 10 ans qu'il est choqué par les dessins de Charlie Hebdo. Il ne les comprend pas, sincèrement on a tout essayé", a-t-elle avancé. Si l'essayiste lui reconnaît ce droit d'être choqué, elle critique en revanche le "chantage" à la non-commémoration des victimes des attentats.

"En tant que leader communautaire musulman, quelle image cela donne? Je préfèrerais qu'il lutte contre le racisme antimusulman. Sincèrement, il y a du boulot. Quand Abdallah Zekri fait ce genre de sortie, qui le fait monter? Ce n'est pas la une de Charlie, c'est sa réaction", avance-t-elle.

Et d'enfoncer le clou en ajoutant: "c'est triste pour les musulmans de France d'avoir des représentants de ce niveau-là. Après, les représentants de toutes les minorités sont souvent décevants". L'essayiste estime que la position du président de l'Observatoire des actes islamophobes du CFCM, "à ce moment", est particulièrement "irresponsable".

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http://fr.radiovaticana.va/news/2016/01/05/charlie_hebdo__un_an_apr%C3%A8s,_des_blessures_non_cicatris%C3%A9es/1199103 Charlie Hebdo : un an après, des blessures non cicatrisées

RV) Entretien - Un an après l’attentat qui a frappé sa rédaction, le 7 janvier 2015, l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo sort ce mercredi un numéro spécial dont la Une a enflammé la toile. Dans son éditorial, le patron du journal Riss dénonce «les fanatiques abrutis par le Coran et les culs-bénits d’autres religions qui avaient souhaité la mort d’un journal qui a osé rire du religieux». Riss assure par ailleurs que «les convictions des athées et des laïcs peuvent déplacer encore plus de montagnes que la foi des croyants».

Le quotidien du Vatican, L’Osservatore Romano, réagit, dans son édition datée du 6 janvier 2016, à cette nouvelle Une polémque. «Dans le choix de Charlie Hebdo, on retrouve le triste paradoxe d’un monde toujours plus attentif au "politiquement correct", au point de frôler le ridicule (…) mais qui ne veut pas reconnaître et respecter la foi en Dieu de chaque croyant, quel que soit le credo qu’il professe», rapporte le quotidien. «Derrière la bannière trompeuse d’une "laïcité sans compromis", l’hebdomadaire français oublie encore une fois combien de leaders religieux de toute appartenance répètent depuis toujours leur refus de la violence au nom de Dieu», poursuit L’Osservatore Romano.

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Charlie Hebdo en guerre ouverte avec toutes les religions http://www.trt.net.tr/francais/europe/2016/01/06/charlie-hebdo-en-guerre-ouverte-avec-toutes-les-religions-451518

Le dernier numéro de l'hebdomadaire commémorant l'anniversaire des attentats de janvier 2015 met en avant la critique de la religion alors que sa "Une" suscite la colère des représentants religieux.

Le numéro spécial de Charlie Hebdo commémorant le premier anniversaire des attentats de janvier 2015 qui ont décimé sa rédaction est arrivé mercredi en kiosque avec une couverture et la majorité des caricatures et articles consacrée à la critique de la religion.

Le numéro spécial consacre sa "une" à un Dieu barbu, armé d'une kalachnikov et portant un triangle avec un œil au milieu, sous le titre: "Un an après, l'assassin court toujours". Ce numéro comporte par ailleurs deux fois plus de pages qu'habituellement (32 contre 16) et est porté à près d'un million d'exemplaires, dont des dizaines de milliers qui seront vendus à l'étranger.

Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire, Riss, a dédié son édito aux attentats et au bilan de 2015, comme "l'année la plus terrible de toute l'histoire de Charlie Hebdo". Les attentats qui ont visé les six caricaturistes de l'hebdomadaire étaient "quelque chose qu'on avait imaginé, mais jamais réellement envisagé", a-t-il noté dans son article.

Charlie Hebdo verra "crever" tous ceux qui souhaitent sa mort, a martelé Riss, dénonçant à cet égard des "fanatiques abrutis par le Coran" et "des culs-bénits venus d'autres religions".

La majorité des articles et caricatures du journal a abordé des thèmes similaires avec des contributeurs faisant l'éloge de la laïcité et du droit de blasphème. Par ailleurs, la philosophe Elisabeth Badinter, qui a rédigé un article pour le numéro spécial, a soutenu mercredi matin qu'"il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe [pour défendre la laïcité]", sur France Inter(notedt, c'est nous qui soulignons).

En revanche, les représentants religieux en France se sont montrés hostiles à la "une" du journal, y voyant une "attaque" aux religions. "Je pensais qu'il y aurait plus un souvenir, une commémoration à l'égard des victimes", a estimé Abdallah Zekri, président de l'Observatoire de l'islamophobie sur LCI.

"Son titre est violent, il s'attaque à tout le monde, il s'attaque aux religions, il s'attaque aux intellectuels, il s'attaque à ses confrères. Quand je vois ça, je vous avoue que je n'ai pas l'intention de commémorer quoi que ce soit le 7 janvier", a-t-il encore noté.

Dire que les religions voulaient la mort du journal, cela ne veut rien dire. C’est quoi les religions? Ce sont des personnes et personne ne réclamait la mort du journal. J’aurais tendance à traiter cet éditorial par l’indifférence", a commenté Monseigneur Di Falco, évêque de Gap. (AA)

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AFP, publié le vendredi 24 février 2017 à 16h14 Obsèques: Hollande, Fillon et Macron rendent hommage à Xavier Beulin dans la cathédrale d'Orléans

Les obsèques du président de la FNSEA Xavier Beulin ont réuni plus de 3.000 personnes pour un dernier hommage vendredi dans la cathédrale d'Orléans, en présence de François Hollande, François Fillon et Emmanuel Macron, a constaté l'AFP.

Aux côtés du président de la République François Hollande, on pouvait voir au premier rang le Premier ministre Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, ses prédécesseurs Bruno Le Maire, Henri Nallet et Michel Barnier, ainsi que le commissaire européen à l'Agriculture Phil Hogan.

Etaient aussi présents Nicolas Sarkozy, François Fillon, Emmanuel Macron, François Bayrou, Manuel Valls, Claude Bartolone, Gérard Larcher, Valérie Pécresse, François Baroin, Xavier Bertrand et Jean-Louis Borloo.

La messe était retransmise sur écran géant sur le parvis, suivie par 200 à 300 personnes massées derrière des barrières, faute d'avoir pu entrer dans la cathédrale. Un important service d'ordre avait été déployé et la presse a été tenue à distance de la cérémonie.

"Xavier Beulin était un homme engagé, passionné, qui avait le désir du bien commun", a déclaré dans son homélie l'évêque d'Orléans Mgr Jacques Blaquart, saluant son "charisme et sa volonté à toute épreuve, toujours à fond, prêt à servir la cause qu'il croyait juste".

"Ses amis comme ses opposants reconnaissaient ses capacités d'écoute et de respect de l'autre, il n'était jamais méprisant, il s'est brûlé à vouloir trop faire", a ajouté Mgr Blaquart.

Ses enfants ont regretté un père "parti trop vite et trop tôt", un homme "bienveillant, bon et juste" passionné par son travail "qui lui accaparait le corps et l'esprit". "Les agriculteurs étaient ta famille, personne n'était plus fier d'eux que toi", ont-il déclaré.

Patron du 1er syndicat agricole français depuis 2010, Xavier Beulin était céréalier dans la Beauce et présidait depuis 2000 le groupe industriel Avril, colosse de l'agro-industrie centré autour de la filière oléagineux.

Un mélange des genres qu'il assumait mais qui lui a souvent valu l'image d'un homme d'affaires autant que d'un syndicaliste, bien qu'il soit engagé dans la défense des agriculteurs depuis plus de 25 ans.

Il comptait se représenter pour un troisième mandat à la tête de la FNSEA. Dans cette perspective, il avait publié un livre, "Notre agriculture est en danger", qui fera désormais figure de testament.

Au nom de la FNSEA, Eric Thirouin, président du syndicat pour la région Centre-Val de Loire, a salué "le capitaine, l'inspirateur, le visionnaire". "L'oeuvre de ta vie est immense, tu as connu des crises, des paysans qui souffrent. Beaucoup auraient renoncé, tu as résisté, proposé. Tu as tracé un sillon qu'il nous reste à suivre."

Bon orateur, M. Beulin s'était notamment illustré pendant l'été 2015 en tentant de canaliser les fortes mobilisations d'éleveurs en colère contre la chute des prix du lait, du porc et l'effondrement de leurs revenus.

Il appelait à "privilégier une agriculture restant à taille humaine, tout en regroupant les moyens de production" pour rester compétitifs face à nos voisins européens.

Une vision basée sur des exploitations plus grandes, qui ulcérait ses détracteurs parmi les syndicats de gauche et les mouvements écologistes.

Autodidacte, Xavier Beulin avait dû reprendre l'exploitation familiale en 1976, à l'âge de 17 ans, au décès de son père, faisant une croix sur le bac.

A l'issue de la cérémonie, il devait être inhumé dans l'intimité dans le caveau familial à Donnery, la petite ville du Loiret où il est né.

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