Présidentielle 2007. 1er tour : 1,32% des exprimés
Une grande bio critique (2006, François Desouche ?)
Un portrait (2003, Luc LE VAILLANT)
Un mini-portrait (2006, Luc LE VAILLANT)
Joseph (dit José) Bové (1953-)

Soixante-huitard, "paysan" sur le Larzac, "producteur" de Roquefort, cofondateur du syndicat agricole La Confédération paysanne, née en 1987 de la fusion des Paysans-travailleurs et de la FNSP, il devient un personnage mediatisé en août/septembre 1999 à la suite du démontage par ses militants du McDonald's de Millau.
Profondément hostile à la mondialisation de l'économie et à la politique américaine libérale d'ouverture des marchés, la Confédération paysanne entend, notamment, mobiliser les consommateurs contre les grandes surfaces accusées d'acheter à bas prix les productions agricoles.
José Bové est également fondamentalement hostile aux OGM (organismes génétiquement modifiés), dont son père, Joseph Bové dit Josy, un chercheur de haut niveau en microbiologie, membre de l'académie des sciences, serait l'un des découvreurs.

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Octobre 2008 : José Bové rejoint Daniel Cohn-Bendit, avec Eva Joly ...
Septembre 2008 : Indulgence judiciaire confirmée, relaxe de l'altermondialiste et synthèse de ses interventions et jugements
Août 2008 : Encore et toujours devant le tribunal, prison ferme demandée
Janvier 2008 : L'agitateur s'agite, et est soutenu royalement
Décembre 2007 : Indulgence de la Justice pour l'agitateur-provocateur
Mai 2007 : Premier tour de l'élection présidentielle : 483 008 voix soit 1,32 % des exprimés
Février 2007 : Condamnation définitive et début de campagne, à Aubagne ; soutien aux victimes de l'Erika (affaires Total) ;
Janvier 2007 : 32% des symphatisants de gauche pour sa candidature ; Marie-Georges Buffet (parti communiste) le conjure de renoncer ... ; officiellement candidat ; Ségolène naïve ;
Novembre 2006 : Vandalisme : José en garde à vue ; IL RENONCE "pour l'heure";
Juillet 2006 : Sur le terrain, destructions exemplaires ... (?)
Juin 2006 : Candidat, à l'Elysée ...
Mai 2006 : Disponible pour la présidentielle de 2007 ; refus de la LCR de Olivier Besancenot ; et du Parti communiste de Marie-Georges Buffet ;
Mars 2006 : L'ami de Fabius
Février 2006 : Menacé de saisie
15 novembre 2005 : OGM, 4 mois ferme
18 juin 2005 : (Financée par des américains ?) la journée nationale anti-ogm. Les chercheurs et industriels américains et asiatiques se frottent les mains.
Juillet 2004 : Le retour, Mamère et Bové même combat, à Verdun (sur-Garonne) ...
Août 2003 : Gràce à la juge socialiste le trotskiste José Bové Roi du Larzac
22 juin 2003 : Bové incarcéré, les gauches protestent ; ainsi que la FNSEA, qui bénéficie depuis toujours de l'immunité de fait pour ses actions illégales ...
26 février 2003 : Dix mois ferme, à faire
30 janvier 2003 : Nouveau procès contre la "malbouffe"
29 janvier 2003 : L'incarcération est demandée
25 novembre 2002 : Le garde des sceaux contre la gràce de José Bové
19 novembre 2002 : Rejet du pourvoi en cassation dans l'affaire des OGM. François Hollande, secrétaire national du parti socialiste, Laurent Fabius, ancien premier ministre socialiste, l'ancien trotskiste et député socialiste de l'Essonne Julien Dray, le parti communiste et les syndicats de gauche, demandent la gràce du président Chirac pour le trotskiste José Bové : sa condamnation par la justice républicaine serait une atteinte "au droit syndical".
19 juin 2002 : José Bové incarcéré, après une mise en scène allégorique
02 avril 2002 : José Bové expulsé d'Israël énonce "Une guerre de purification ethnique"
06 février 2002 : La cour de cassation rejette le pourvoi concernant la décision du 22 mars 2001.
20 décembre 2001 : La cour d'appel de Montpellier condamne José Bové a six mois ferme dans l'affaire OGM. Il y a recours en cassation.
22 mars 2001 : La cour d'appel de Montpellier a condamné José Bové à trois mois de prison ferme pour la destruction du Mac Do. Il y a recours en cassation.

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Bové répond aux questions de "Politis" (hebdomadaire politique des gauches alternatives - trotskistes, antimondialistes, écologistes radicaux ...)

1
Politis : Quelles sont les raisons de votre action ?
José Bové : Les Etats-Unis ont pris la décision, en juillet, de surtaxer certains produits européens, avec l'aval de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). C'est très grave, car nous, les producteurs, nous sommes pris en otages. Le politique recule devant le marché. Cela augure une organisation mondiale très dangereuse, destructrice, à la fois du politique, de la culture, des peuples. Nous nous sommes attaqués à un symbole de la mondialisation, McDonald's, qui s'installait au coeur d'une zone d'appellation d'origine contrôlée, Roquefort. McDonald's, c'est la volonté d'imposer une alimentation homogénéisée, standardisée, à partir d'une agriculture complètement industrielle. Nous avons décidé de demonter un restaurant de manière publique, à visage découvert, après en avoir averti le préfet.

Politis : Que pensez-vous de la répression dont vous avez été l'objet ?
José Bové : Elle s'est abattue de manière brutale. C'est l'une des premières fois qu'on lance un mandat d'arrêt contre un représentant syndical. Je me suis rendu, car on n'allait pas prendre le maquis. Le droit syndical est mis en cause par une certaine conception de la justice. Les magistrats n'ont aucun compte à rendre. Il va falloir que les élus posent la question de la responsabilité politique des juges.
Entretien avec José Bové, Le politique recule devant le marché, Politis, 16 septembre 1999, p. 9.

Politis est un heddomadaire des gauches alternatives.

2
Quand le sage montre la lune, l'idiot voit le doigt. Et quand José Bové et une délégation de la société civile française rapportent de Palestine un témoignage bouleversant sur le sort des Palestiniens, Pierre-André Taguieff et ses amis (Libération du 10 juillet :"José Bové en territoires piégés") ne voient que "la baraka médiatique de José Bové". Double cécité. D'abord parce que la délégation comprenait quinze membres, tous majeurs et légitimes, quinze paires d'yeux qui ont vu avec effarement les mêmes horreurs, quinze citoyens qui ont ressenti les mêmes indignations. Ensuite, parce que l'idée selon laquelle tel d'entre nous serait allé dans "l'espace de la tragédie palestinienne", pour reprendre la formule de Juan Goytisolo, dans le but de se faire de la publicité témoigne surtout de l'univers dans lequel pensent et vivent les signataires de ce brûlot. Un univers désespérément égocentrique et parisien.
La pensée coloniale de Taguieff et de ses amis, Accuser la direction palestinienne des malheurs de son peuple relève d'un procédé nauséabond, avec Evelyne Sire-Marin, membre du syndicat de la magistrature, Jean-Claude Amara, membre de l'association Droits Devant, Marcel-Francis Kahn, membre du Collectif des citoyens français d'origine arabe ou juive, Libération, 13 juillet 2001.

3
Nous sommes restés huit jours en Palestine. C'est peu. Mais ce que nous avons vu à Ramallah, à Bethléem et à Gaza, nul ne peut le contester et nul ne peut l'ôter de notre mémoire. Les barrages militaires conçus comme autant d'humiliation pour la population palestinienne, les hommes et les femmes extraits de leurs voitures et condamnés à attendre des heures sous un soleil de plomb, les terres confisquées, des arbres arrachés, des maisons détruites, des routes interdites aux Arabes et réservées aux juifs : tout cela, nous l'avons vu. A Gaza, nous avons vu comment les colonies accaparent le front de mer, les arbres, l'eau, tandis que les réfugiés des camps croupissent dans une misère d'autant plus insupportable qu'elle côtoie l'opulence. Nous avons employé un mot pour désigner cette discrimination : apartheid. Et ce mot nous le maintenons. Comme nous maintenons que la stratégie de constrution de colonies juives autour de Jérusalem procède d'une volonté délibérée d'enfermer la population palestinienne dans des bantoustans.
Ibidem.

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La cour d'appel de Montpellier a condamné jeudi (20 décembre 2001) José Bové à six mois d'emprisonnement. Mais, ayant annoncé son intention de se pourvoir en cassation, il n'ira pas en prison. En première instance, il avait été condamné à dix mois avec sursis pour sa participation à la destruction de riz transgénique au CIRAD, en juin 1999.

José Bové est condamné à 6 mois de prison ferme par la cour d'appel de Montpellier

Le parcours judiciaire de José Bové ne s'arrêtera pas à Montpellier. Sitôt après l'annonce, jeudi (20 décembre 2001), de sa condamnation à six mois de prison ferme par la cour d'appel de cette ville, le leader de la Confédération paysanne a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Il n'ira donc pas en prison. Une nouvelle fois, José Bové retournera devant un juge...

Poursuivi pour avoir saccagé une serre et détruit des plants de riz, le 5 juin 1999 au Centre montpelliérain de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), organisme public, il avait été condamné en première instance à dix mois de prison avec sursis. A l'époque, l'avocat du CIRAD, partie civile, avait souligné que José Bové et ses amis n'étaient "ni les gardiens des intérêts de la planète ni les détenteurs de la vérité". "Les chercheurs sont dans les laboratoires, pas devant des caméras. Ils ont une éthique, une conscience", avait dit Me Michel Zaoui. Le CIRAD a toujours affirmé que les plants de riz transgéniques détruits n'étaient pas destinés à la commercialisation.

"Réquisitoire politique" ou "récidiviste intolérable"

Plaidant la relaxe, Maître François Roux avait dénoncé un "réquisitoire politique". "On ne réclame pas huit mois de prison ferme pour une porte fracturée", avait-il affirmé, se disant "terrifié par l'apparente bonne conscience des chercheurs, et surpris qu'aucun ne puisse répondre à la question : à quoi ça sert les OGM?" Le 23 novembre, devant la cour d'appel de Montpellier, l'avocat général Michel Legrand avait justifié son réquisitoire, le plus sévère jamais prononcé contre José Bové, en lui reprochant d'être un "récidiviste". "Ce qui est intolérable, c'est que les prévenus revendiquent de pouvoir casser pour faire triompher leurs idées", avait-il dit. Rejetant un débat sur les OGM, il avait ajouté : "Nous sommes là pour juger un acte délictuel et faire appliquer la loi". Il avait aussi requis six mois de prison ferme contre René Riesel, ancien membre de la Confédération paysanne, et une "peine plus atténuée" contre Dominique Soullier, porte-parole du syndicat dans l'Hérault, qui avaient tous deux participé aux dégradations.
Tf1.news, Mis en ligne le 20 décembre 2001

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José Bové expulsé d'Israël

José Bové était, hier soir (1 avril 2002), en instance d'expulsion d'Israël en compagnie d'une dizaine de militants antimondialisation arrêtés la veille à Ramallah.
Selon l'association France-Palestine, le porte-parole de la Confédération paysanne devait être expulsé à bord d'un vol de la Turkish Airlines, via Istanbul, et devait arriver à Orly aujourd'hui en fin de matinée.
José Bové et ses compagnons avaient rendu visite dimanche 31 mars 2002) à Yasser Arafat, rompant ainsi l'isolement du chef palestinien. Une trentaine de militants pacifistes ou propalestiniens, pour la plupart français, ont passé la nuit dans le QG assiégé de Ramallah, formant un «bouclier humain» autour du président de l'Autorité palestinienne.
Mais José Bové et une dizaine d'autres militants ont été arrêtés le même jour par l'armée israélienne et remis à la police. Le leader paysan a ensuite été détenu avec ses compagnons dans plusieurs lieux successifs, notamment la base centrale de l'armée israélienne, où il a été «maintenu à même le sol».
«Nous avons ensuite été transférés dans un camp de rétention de Palestiniens où nous avons vu des centaines d'hommes à même le sol, sous des toiles de tente entourées de barbelés avec des miradors, a-t-il raconté à France Info.
Et nous avons vu 300 personnes, agenouillées et les yeux bandés, qui attendaient dans le froid et la nuit d'être interrogées. C'était quelque chose de tout à fait insupportable.» Le porte-parole de la Confédération paysanne a précisé avoir ensuite été conduit dans la nuit vers un poste de police, puis transféré au centre de l'aéroport de Tel-Aviv.
Libération, Le mardi 02 avril 2002, p. 10. (Avec Reuters)

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José Bové, de retour de Ramallah, dénonce Israël : «Une guerre de purification ethnique»

Le retour d'un déplacement mouvementé dans les territoires palestiniens, d'où il a été expulsé par les autorités israéliennes après avoir été arrêté à sa sortie du palais présidentiel de Yasser Arafat, à Ramallah, José Bové a évoqué hier au siège de la Confédération paysanne, à Bagnolet, la nécessité d'une intervention internationale pour «protéger» le peuple palestinien. «L'Etat d'Israël est en train de mener une guerre de purification ethnique dans les territoires palestiniens. Nous avons passé 48 heures dans les camps d'internement de l'armée israélienne, où des centaines de Palestiniens, raflés en pleine nuit, sont emprisonnées, les yeux bandés.» Selon le leader de la Confédération, les routes sont défoncées par les tanks de Tsahal, les maisons ouvertes au canon, l'électricité et l'eau coupées. «Tout cela montre très clairement que Sharon veut forcer les gens à partir.»

A la tête d'une «mission civile de protection du peuple palestinien», José Bové a réussi à forcer les barrages israéliens pour entrer à deux reprises ce week-end dans le QG d'Arafat. «C'est au tour de Hubert Védrine de se rendre personnellement auprès du président Arafat, clame-t-il. On verra alors si les Israéliens interdisent à un ministre de la République française de rencontrer un président démocratiquement élu.» Soulignant que le gouvernement français n'avait pas attendu le feu vert du Conseil de sécurité pour évacuer Arafat de Beyrouth, en 1982, il réclame l'envoi immédiat de troupes d'interposition dans les territoires : «Une force internationale permettrait non seulement de protéger les Palestiniens, mais aussi les Israéliens. Car les attentats cesseront le jour où chaque peuple pourra vivre librement sur sa terre.»

Accueilli à sa descente d'avion par de nombreux sympathisants propalestiniens, mais aussi une cinquantaine de militants du Betar (organisation de jeunesse sioniste de droite) qui ont provoqué quelques échauffourées, José Bové a évoqué la vague d'attentats ciblant des lieux de la communauté juive en France : «Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu'un climat antisémite s'est installé en France, pour mieux détourner les regards.».
Par Thomas HOFNUNG, Libération, Le mercredi 03 avril 2002, p. 4.

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16 heures, Bové entre en prison

OSERA-T-ON PARLER d'un formidable coup de marketing ?
En mettant en scène de manière radicalement médiatique son « embastillement » à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone hier (19 juin 2002), José Bové s'est délibérément présenté comme un militant de l'antimondialisation, voire un prisonnier politique.

« Je mène un combat juste et légitime pour l'ensemble des citoyens, pour une meilleure alimentation et, surtout, pour l'ensemble du mouvement social, les exclus, les précaires, les sans-papiers », a-t-il rappelé juste avant de franchir les portes de la prison pour effectuer une peine de trois mois fermes infligée pour les dégradations du McDonald's de Millau (Aveyron) en 1999.

Le porte-parole de la Confédération paysanne a fait du rapport de force sur le terrain et avec les institutions un vrai combat politique. En médiatisant chaque étape d'un parcours de révolte désormais bien rodé (destruction, procès, condamnation, puis sanction), José Bové est passé maître dans ce genre d'action. Cette démarche rencontre d'autant plus d'écho que le berger de Potensac paie véritablement de sa personne. Il n'a d'ailleurs pas caché son appréhension à l'idée « de se retrouver seul avec lui-même 24 heures sur 24 », expérience qu'il a déjà connue, notamment lors des dix-neuf jours de détention provisoire effectués à l'automne 1999.
Selon les calculs de ses deux avocats, Mes Etelin et Roux, le condamné devrait effectuer cinquante-six jours de détention si l'on tient compte des remises de peine.

Convoqué à 8 heures, José Bové ne s'est présenté qu'à 16 heures aux autorités, après un long périple en tracteur escorté par un bon millier de sympathisants des organisations qui le soutiennent, Confédération paysanne, SUD, les Verts, Attac, le PCF.
Habillé en bagnard, enchaîné à ses neuf comparses de la destruction du McDo, il est arrivé aux cris de : « Chirac en prison, Bové à la maison ! »
Plusieurs rassemblements de soutien ont eu lieu en Midi-Pyrénées, à Toulouse, Auch, Cahors et également à Poitiers où quatre-vingts personnes ont défilé dans le centre-ville.
Hier, Jean-Louis Debré l'ancien ministre de l'Intérieur et député UMP, a estimé que « la sanction décidée par les magistrats à l'encontre de José Bové devait être appliquée » et a invité à « arrêter la comédie » autour du leader de la Confédération paysanne.
Le nouveau président du groupe UDF de la nouvelle Assemblée nationale, Hervé Morin, s'est déclaré, hier, opposé à une amnistie ou à une libération du condamné parce qu'il « est un Français comme les autres ». « Tolérance zéro, c'est tolérance zéro pour tout le monde. »
Le Parisien, I.G., jeudi 20 juin 2002.

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José Bové à la veille d'un nouvel emprisonnement

La Cour de cassation a rejeté mardi (19 novembre 2002) le pourvoi déposé par José Bové qui devrait donc être de nouveau incarcéré dans quelques semaines, malgré l'annonce d'un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) sur la question de "l'état de nécessité".

"Je n'accepte pas cette condamnation car c'est une grave atteinte au droit syndical", a déclaré à Millau (Aveyron) M. Bové, sitôt informé par téléphone de l'arrêt qui le contraint à 14 mois de détention.

"La dernière fois que des syndicalistes ont été emprisonnés, c'était sous le régime de Vichy", a-t-il lancé devant quelque 150 partisans rassemblés devant le palais de justice de Millau.

Son avocat, Me François Roux, a annoncé qu'il allait soumettre la question de "l'état de nécessité" à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

Au nom de ce principe, qui évite une condamnation à ceux qui commettent un délit en cas de danger ou d'urgence, M. Bové demandait la cassation de l'arrêt du 20 décembre 2001 par lequel la cour d'appel de Montpellier l'a condamné à 6 mois d'emprisonnement ferme.

Cet arrêt, constatant que M. Bové était coupable de destructions commises en récidive, avait en outre révoqué une peine de 8 mois avec sursis prononcée en 1998 à Agen pour une autre affaire de destruction d'OGM.

M. Bové et plusieurs autres militants avaient détruit, le 5 juin 1999, dans les locaux du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), à Montpellier, plusieurs milliers de plants de riz transgénique, à la veille, selon eux, de leur replantation en pleine nature en Camargue.

Selon l'argument principal de Me Claire Waquet, avocat de M. Bové à la Cour de cassation, les prévenus, face à l'impossibilité d'obtenir un débat sur le danger des OGM et devant un danger d'ampleur encore inconnue, étaient fondés à agir, par "état de nécessité".

Il s'agissait, selon Me Waquet, de faire respecter un principe de précaution pour la santé publique, devant le danger des OGM dont personne ne peut actuellement évaluer l'ampleur ni savoir qui en sera la victime et quand.

L'objet du pourvoi était donc de savoir si les magistrats de Montpellier avaient eu raison de rejeter "l'état de nécessité".

La Cour, qui ne se prononce par directement sur cet argument, indique qu'en procédant par affirmations, les magistrats de la cour d'appel ont suffisamment motivé leur réponse. Les juges d'appel avaient estimé que les prévenus disposaient "de nombreux moyens d'expression dans une société démocratique, autres que la destruction des plants de riz, pour faire entendre leur voix auprès des pouvoirs publics" et qu'il n'y avait pas de danger.

Le pourvoi rejeté concernait également René Riesel, ex-dirigeant de la Confédération, condamné à la même peine que M. Bové, et Dominique Soullier, agriculteur, condamné à 6 mois d'emprisonnement avec sursis et 3.811 euros d'amende.

Les trois hommes devront en outre verser 3.000 euros au CIRAD et à deux de ses salariés, pour les frais de procédure liés au pourvoi.
PARIS (AFP), 19 Novembre 2002 17h14

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José Bové retournera en prison après le rejet de son pourvoi en cassation

Le militant anti-mondialisation français José Bové devra effectuer une peine de quatorze mois de prison pour la destruction de plants de riz transgénique en France, après le rejet mardi de son recours par la Cour de cassation. La cour d'appel de Montpellier (Hérault) avait condamné en décembre 2001 le cofondateur de la Confédération paysanne à six mois de prison et transformé la peine de huit mois avec sursis, prononcée en février 1998 par le tribunal correctionnel d'Agen (Lot-et-Garonne), pour destruction d'OGM (organismes génétiquement modifiés) en peine de prison ferme.

Le porte-parole du syndicat agricole la Confédération paysanne avait déposé un recours contre ce jugement, devant la Cour de cassation qui a rejeté mardi le principal argument de M. Bové, pour qui, en l'absence de concertation nationale sur les OGM, il ne restait plus aux opposants qu'à agir, par "état de nécessité", devant un danger d'ampleur encore inconnue. M. Bové et plusieurs autres militants avaient détruit, le 5 juin 1999, dans les locaux du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), à Montpellier, plusieurs milliers de plants de riz transgénique, à la veille, selon lui, de leur replantation en pleine nature, en Camargue (Bouches-du-Rhône).

L'avocat de José Bové, Me François Roux, a aussitôt annoncé qu'il allait saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), sur cette question de "l'état de nécessité". "Je n'accepte pas cette condamnation car c'est une grave atteinte au droit syndical", a indiqué M. Bové sitôt informé de l'arrêt de la Cour. "Le combat continue, je ne sais pas dans quelle mesure je pourrai continuer à le mener de l'extérieur", a encore indiqué le syndicaliste.

"Nous allons demander aux citoyens de ce pays de se mobiliser pour demander au chef de l'Etat d'exercer son droit de grâce à l'égard de José Bové", a annoncé de son côté à Millau (Aveyron) Jean-Emile Sanchez, le secrétaire national de la Confédération paysanne.

Pour l'organisation écologiste Greenpeace, "il y a une volonté de museler toute contestation des OGM et, d'une manière générale, une volonté des pouvoirs publics de criminaliser toute contestation sociale". Le Parti communiste français (PCF) a estimé quant à lui que "la criminalisation de l'action syndicale et des activités militantes (était) une grave dérive antidémocratique".

LE PARTI SOCIALISTE INDIGNÉ

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a déclaré mardi que la "place de José Bové n'est pas en prison" et a dénoncé un "mépris du droit et des libertés syndicales", se disant favorable à un recours à la grâce présidentielle. "Je suis tout à fait solidaire", a affirmé M. Hollande dans les couloirs de l'Assemblée, précisant ne pas "partager tous les points de vue" de M. Bové.

"Nous reconnaissons tous la sincérité et la légitimité de son engagement", a poursuivi le député PS, affirmant qu'il n'y "avait pas d'autre démarche que la demande de grâce". "Est-ce que José Bové a manqué à des règles élémentaires de protection des personnes. A-t-il agressé des forces publiques ? A-t-il menacé ou bafoué ? Non, il a mené une action syndicale", a estimé M. Hollande. "Il faut qu'un leader syndical puisse mener ses actions, avec le souci bien sûr du respect des lois", a-t-il poursuivi. José Bové "peut être sanctionné pour des manquements à la loi mais il n'a pas à se retrouver en prison dans notre pays". "Cela vaut aussi pour d'autres leaders syndicaux qui sont sous le coup de procédures judiciaires", a-t-il ajouté, jugeant qu'il "fallait faire très attention dans notre pays à ce que les libertés syndicales soient préservées".

Le député socialiste de Seine-Maritime et ancien premier ministre, Laurent Fabius, a également déclaré dans un communiqué que "les formes d'action utilisées par José Bové ont été critiquables mais la place d'un syndicaliste n'est certainement pas d'être en prison".

Le député socialiste de l'Essonne, Julien Dray, s'est élevé mardi contre la décision de la Cour de cassation : "Tout doit être fait pour que José Bové ne soit pas envoyé en prison. Il doit donc être gracié", a-t-il déclaré dans un communiqué. Le député a dénoncé "cette décision [qui] est un pas supplémentaire dans la criminalisation de l'action syndicale".

"Par son entêtement, la justice montre qu'elle refuse de prendre en considération la légitimité de la lutte menée par de nombreux militants syndicaux, associatifs, politiques, qui, à juste titre, se dressent contre la logique inégalitaire de la mondialisation libérale", a également souligné le député.
LEMONDE.FR | 19.11.02 | 18h15, MIS A JOUR LE 19.11.02 | 18h52

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Perben contre la grâce de Bové

- Le ministre de la Justice Dominique Perben a confié hier à l'antenne d'Europe 1 qu'il « aurait du mal à parler » aux petits délinquants incarcérés si le leader paysan José Bové obtenait une grâce présidentielle après ses condamnations qui devraient le conduire 14 mois en prison. A la question « si la grâce est accordée à José Bové, qu'est-ce que vous direz aux petits délinquants incarcérés pour moins que ça? » le ministre de la Justice a répondu qu'il « aurait du mal à leur parler ».

Par ailleurs, le garde des Sceaux a rappelé que « l'usage » en France est de ne pas incarcérer un condamné tant que les recours qu'il a engagés sur sa peine n'ont pas été examinés. La demande de grâce annoncée par ses partisans ne sera pas instruite non plus par la Chancellerie tant qu'existeront des recours ou des demandes d'aménagement de peine.

José Bové est sous le coup d'une condamnation à 6 mois de prison ferme, condamnation qui révoquait également une peine de 8 mois avec sursis, précédemment prononcée pour des faits similaires de destructions d'OGM. Le fondateur de la Confédération paysanne a déposé une demande de dispense partielle ou totale de la révocation du sursis qui devrait être examinée en décembre. Le ministre a rappelé que M. Bové pourrait aussi demander une confusion des deux peines et éventuellement un aménagement de sa peine.
ladepeche.com, Article paru le 25/11/2002

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(29 janvier 2003) Portrait José Bové, 50 ans. La figure de proue de la Confédération paysanne doit savoir aujourd'hui s'il retourne pour 14 mois en prison.

JOSE BOVE en 7 dates 1953 Naissance à Bordeaux. 1972 Insoumission au service militaire. 1974 Installation sur le Larzac. 1987 Fondation de la Confédération paysanne. 12 août 1999 Démontage du McDo de Millau et incarcération. Eté 2002 Incarcération pendant 44 jours pour fauchage de riz et de colza transgéniques. 29 janvier 2003 Décision de la cour d'appel de Montpellier pouvant entraîner une incarcération de 14 mois.

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D'abord, il se ressemble. Ensuite, même un héros altermondialiste n'est pas tenu de se grimer de toute éternité en diva moustachue. Il était programmé en martyr du scientisme, en emprisonné de la cause anti-OGM. Le retour derrière les barreaux l'angoisse et voilà le meneur de la jacquerie des paysans du monde qui demande grâce au Jacquot des croquants qui croquent du productivisme. Il était légitimé par ses bacchantes au roquefort et ses brebis à traire, par son côté Lazare du Larzac, ressuscité d'entre les établis pour démontrer aux renégats que l'enracinement est la meilleure manière de lutter contre l'establishment, et le voilà qui change de vie, quitte sa femme et son village, et jubile de se satelliser pour aller plaider aux quatre vents contre la marchandisation de la planète. Et l'Astérix du terroir, le Super-Dupont bleu-blanc-bec, de battre en brèche sa caricature moquée par les mêmes qui l'avaient façonnée, pour révéler sa vraie nature d'anarcho-syndicaliste à godillots Méphisto et de VRP internationaliste en K-way tibétain. Brouillage d'une image saturée qui le rend d'autant plus intéressant...

Avant, les rencontres se faisaient là-haut sur le causse, dans la ferme réquisitionnée, devenue demeure douillette. Il recevait bouffarde au bec et chaussons aux pieds. On aurait pu aussi le retrouver à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), au siège de la Confédération paysanne, où le porte-parole à 1 200 euros mensuel dort à l'étage, dans des lits superposés. Là, on est à Roissy, vol pour Porto Alegre à venir. Il affiche un sourire cintré de bonhomie et une tranquillité de glaneur de saisons et de maître du temps. Impossible de couper au tutoiement, inutile de résister au charme d'un gaillard lucide et pédago, futé et décontracté. Qui a l'habileté de confesser ses «regrets» pour ses sorties déconnantes sur les attentats contre les synagogues.

Il est à des années-lumière de l'agressivité des sûrs-de-leur-fait ou des emberlificotis des manipulateurs. Il répond au salut de tous les Blacks du coin qui semblent l'avoir élu défenseur des dominés, de l'Afrique et d'ailleurs. On s'assoit à distance raisonnable du McDo local et il peut tremper lentement ses pilosités paille-foin dans une bière blonde. Alain Minc, ennemi autoproclamé, décrit (1) avec pertinence le Bové classique en «un Robin des Bois joufflu et gouailleur, héritier d'une culture de la truculence et du bon sens» et en «double de Walesa cloné par Coluche». Sans remarquer que le Bové pragmatique, activiste et guilleret cache aussi un assoiffé de réflexion, un lecteur assidu de Bakounine et de Thoreau, et un militant-symbole admirateur de Gandhi et Martin Luther King, échangeur de pipes avec le sous-commandant Marcos mais qui, parfois, renâcle devant les impératifs de la gloire.

Son rapport à la prison en est le meilleur symptôme. Le jeune objecteur de conscience l'a frôlé. Le «démonteur» du McDo en a tâté avec plaisir, menottes brandies. Mais le faucheur de marguerites transgéniques ne s'attendait pas à en reprendre une part. Incrédule, le désobéisseur civil, le tacticien transgresseur, a vu le gouvernement sécuritaire crier haro sur les syndicalistes. Là, il risque un rabiot de 14 mois. Auquel il ne pourra couper qu'en sollicitant la grâce présidentielle. Bové, l'opposant pathologique, en dette envers Chirac, l'intouchable, cruelle ironie ! En réfractaire qui se fiche du juridisme, Bové peut bien parler de créer un rapport de force, on devine surtout la douleur de l'enfermement. Il explique : «La première fois, la prison, tu découvres. Ensuite, tu retournes au même endroit. Tu te mets entre parenthèses. Les jours se ressemblent tous.» Il ajoute : «Il y a du bruit tout le temps. ça crie jour et nuit. Il n'y a aucune vue extérieure.» Peut-être est-ce ce qui manque le plus au marcheur des hauts plateaux, au toiseur d'horizon qui se fait construire un voilier pour rallier le Pacifique de ses combats et de ses rêves. Histoire de retrouver la Nouvelle-Calédonie de Djibaou, le Mururoa d'après les essais, mais aussi une civilisation de sensualité et de poisson mariné au lait de coco...

Inutile de rappeler que Bové n'est pas un d'Artagnan antiaméricain. Il a grandi en Californie où ses parents, lui luxembourgeois, elle bordelaise, étaient chercheurs dans les années 50. Il en garde un anglais alerte, un goût pour Dylan, Kerouac, et Brando dans Viva Zapata. Depuis Seattle, tout cela est public. Il est plus intéressant de pointer les influences religieuses de celui qui se définit «comme agnostique, non comme athée». Pacifiste et non-violent, Bové s'inspire volontiers de Dom Helder Camara. Il se réclame aussi des enseignements de Jacques Ellul, sociologue protestant, critique de la technique et apologue de la nature, mixant Rousseau et Heidegger. Et le Larzac, terre chrétienne réactivée, a souvent pris des airs de «plateau inspiré», façon Vézelay de la contre-culture. Pourtant, José-Jésus n'a pas le goût de la crucifixion. Peut-être parce qu'il veille à toujours injecter «du plaisir dans la lutte» et qu'il n'oublie pas de bien vivre quand il part à la conquête des «châteaux forts» avec ceux qu'il appelle avec tendresse «les gueux, les bouseux».

Avec les institutions, Bové entretient un rapport d'opposition frontale. Denis Pingaud, son biographe : «Bové est un antiautoritaire qui déteste physiquement les pouvoirs» (2). S'y entremêlent sa fibre libertaire et cette aversion irraisonnée qui vient souvent aux syndicalistes envers les politiques de gauche, quand ils seraient mieux avertis de réserver leurs coups à leurs adversaires patronaux. Bové n'a pas voté au premier tour de la présidentielle et ne s'en repent en rien. Il est basiste et spontanéiste. Ce qui lui vaut quelque procès en irresponsabilité...

Sur les questions de société, il ne se défausse pas même s'il aborde des continents moins balisés. Il a signé le manifeste contre le clonage, refus de la marchandisation du vivant oblige. Mais sur la prostitution, il est plus prudent. Il trouve «l'abolitionnisme aberrant». Evoque le rapport à la liberté amoureuse des sociétés polynésiennes. Il est pour la «non-pénalisation du cannabis», mais bifurque fissa sur le sort des producteurs marocains. Lui qui a eu ses deux filles tout jeune mais s'est marié sur le tard, est pour le Pacs mais s'interroge quant à l'adoption par les homosexuels, parlant de «construction de l'altérité». Il refuse la censure des images, mais pointe la banalisation de la violence lors des JT. Et il défend le porno à la télé. «Parce que dans les prisons, c'est une énorme soupape.» Signe qu'il s'inquiète de la mise sous les verrous. Pour les autres comme pour lui.
(1) Epître à nos nouveaux maîtres (Grasset).
(2) La Longue Marche de José Bové (Seuil).
Libération, Grâce à lui, Par Luc LE VAILLANT, mercredi 29 janvier 2003, p. 36

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Jeudi 30 janvier 2003
Nouveau procès en forme de tribune pour Bové

Le leader syndical a comparu jeudi (30 janvier 2003) devant le tribunal correctionnel de Paris, où il a de nouveau pourfendu la "malbouffe". Il était poursuivi pour diffamation par le Syndicat national des industriels de la nutrition animale. La procureure a estimé que "l'infraction n'est pas constituée".

Moins de 24 heures après avoir comparu à Montpellier, José Bové a prolongé jeudi son combat syndical contre la "malbouffe" à Paris. Il s'est rendu en délégation devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, où il était poursuivi dans l'après-midi pour diffamation par le Syndicat national des industriels de la nutrition animale (SNIA). La procureure, Béatrice Angelelli, a rappelé que la récente amnistie présidentielle bénéficiait à José Bové pour sa prévention de diffamation, mais que de toute façon, selon elle, "l'infraction n'est pas constituée".

En novembre 2000, José Bové avait affirmé à différents médias que les "plus grosses enseignes" des fabricants d'aliments pour le bétail avaient acheté des farines animales britanniques jusqu'à l'automne 1996, en dépit de l'embargo institué en France en juillet 1990. Il se basait notamment sur un document "emprunté" à la direction des douanes de Toulouse, montrant selon lui "un listing des importations de farines animales sous embargo, année par année, trimestre par trimestre, entreprise par entreprise". Le leader syndical avait cité nommément quelques-unes de ces sociétés.

"Combat inégal"

Cité par la défense de José Bové, l'ancien ministre Charles Josselin, membre d'une commission parlementaire en 1996 sur la filière bovine et l'ESB, est venu dire qu'"entre les obligations de santé publique et les enjeux économiques, le combat était inégal". Deux éleveurs ont par ailleurs relaté "l'empoisonnement" dont ils estiment que leur cheptel a été victime de la part d'industriels et les "incitations au silence" qu'ils auraient eu à subir.

Avant sa comparution, le leader syndical et ses pairs de la Confédération paysanne avaient attiré les badauds près de la fontaine des Innocents du Forum des Halles. Ils offraient, contre quelques euros, du jus de pomme bio et des morceaux de moutons grillés, élevés par des paysans de différentes régions de France. "Pour une fois que les Parisiens mangent bien", a rigolé José Bové, devant une banderole qui affichait: "Paysans, consommateurs, ne nous laissons pas rouler dans la farine". Son visage familier a provoqué un attroupement de jeunes de banlieue, tandis que d'autres badauds lui lançaient: "Continuez à nous défendre".
tf1.fr, news, Mis en ligne le 30 janvier 2003, Mise à jour : 20 h 08

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(29 janvier 2003) OGM : le parquet requiert l'incarcération de José Bové

L'avocat général de la cour d'appel de Montpellier a demandé, mercredi 29 janvier, le rejet d'un recours déposé par José Bové visant à limiter la durée de sa peine de prison. Cette cour d'appel l'avait condamné en 2001 à six mois de prison ferme pour la destruction de riz transgénique, et avait révoqué le sursis prononcé en 1998 par le tribunal correctionnel d'Agen pour un autre arrachage d'OGM. La cour a mis son jugement en délibéré au 26 février.

Si la révocation du sursis est confirmée, José Bové sera définitivement condamné à quatorze mois de prison ferme. Tous les recours seront épuisés. Il reviendra alors au procureur général de Montpellier de décider de la date et des conditions de l'incarcération du porte-parole de la Confédération paysanne. M. Bové ne pourra pas solliciter un aménagement auprès du juge d'application des peines, incompétent au-delà d'un an de détention.

"J'ai expliqué aux magistrats qui me demandaient si j'allais arrêter mes actions que lorsque la loi n'est pas adaptée, c'est mon devoir, en tant que responsable syndical, d'y désobéir", a déclaré M. Bové après l'audience, qui se tenait à huis clos. Il a également appelé Jacques Chirac à "assumer ses responsabilités" en répondant à la demande de grâce formulée par ses partisans.

L'audience de mercredi intervient alors que, jeudi 30 janvier, devait avoir lieu le procès en diffamation intenté par le Syndicat national des industries d'aliments du bétail contre José Bové, à propos de la vache folle. Une dizaine d'autres militants de la Confédération paysanne seront jugés en appel, vendredi 31 janvier, à Grenoble, pour l'arrachage d'OGM.
Gaëlle Dupont, LE MONDE | 30.01.03 | 13h02, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 31.01.03

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Dix mois ferme pour José Bové

La cour d'appel de Montpellier a confirmé mercredi la révocation d'une partie du sursis de José Bové. Le leader de la Confédération paysanne devra passer dix mois derrière les barreaux pour ses actions contre les OGM.

La Cour d'appel de Montpellier a tranché : mercredi, elle a rejeté, en partie, la demande de dispense de révocation d'un sursis pour José Bové. La décision a été rendue publique peu avant 14h30 par l'avocat du militant anti-OGM, Me François Roux. José Bové devra donc purger 10 mois de prison pour ses actions contre les cultures d'OGM.

La cour d'appel, qui avait déjà condamné le syndicaliste paysan à six mois ferme en 2001 après le saccage de plants de riz transgénique dans l'Hérault, a confirmé, pour moitié, la révocation du sursis de huit mois, prononcé en 1998 par le tribunal correctionnel d'Agen pour des faits similaires. Le porte-parole de la Confédération paysanne, dont le pourvoi en cassation a été rejeté en novembre dernier, devra donc cumuler ces peines de six et quatre mois de prison.

"Toute demande de grâce présidentielle" est "prématurée"

"Je suis serein dans la mesure où je sais que de toute façon il y a une condamnation à la prison ferme", avait indiqué le leader de la Confédération paysanne depuis le Salon de l'agriculture, peu avant l'annonce de la décision. "Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est de savoir comment va réagir le président de la République", a-t-il déclaré à la presse, se référant à la demande de grâce présidentielle sollicitée par les partisans du leader paysan. Ce serait, en effet, sa seule chance désormais d'éviter la prison ferme. Mais l'Elysée a averti mercredi soir que "toute demande de grâce présidentielle" était "prématurée".

Le syndicaliste paysan a déclaré par ailleurs que cette condamnation "ne signifiait pas l'arrêt du combat contre les OGM" et s'est prononcé pour l'organisation d'un référendum sur les organismes génétiquement modifiés. Il enfin souligné "la nécessité de maintenir le moratoire au niveau européen".
tf1.fr, news, Mis en ligne le 26 février 2003

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(22 juin 2003) Bové à l'ombre, la gauche enrage
La grogne monte à gauche après «l'arrestation de l'ami public numéro un», selon l'expression d'un mouvement de chômeurs • La FNSEA, principal syndicat d'agriculteurs, se joint aux protestations •

A propos du tollé soulevé par l'arrestation musclée de José Bové, dimanche à l'aube (lire l'Evénement), Nicolas Sakozy a fait mine d'être étonné, lundi matin sur France Inter. «Quel est le problème, où est le scandale ?», s'est-il interrogé. «Parce qu'on s'appelle José Bové, qui parle parfaitement anglais et que les médias aiment beaucoup... faut-il qu'un gouvernement refuse d'appliquer une décision» de justice? a argumenté le ministre.

Face à lui, la grogne grandit à gauche, une grogne exacerbée par la méthode de l'interpellation. Le député Vert Noël Mamère évoque des «conditions rocambolesques», et estime que l'interpellation du leader de la Confédération paysanne «est un acte politique grave» qui participe de la «politique-spectacle» du gouvernement. Le Parti socialiste a encore «condamné fermement la méthode spectaculaire», en ironisant sur «l'utilisation de grands moyens pour un homme qui ne cherchait pas à s'enfuir et ne représentait pas un danger pour la République». La place d'un responsable syndical «n'est pas en prison».

Le thème de la criminalisation des actions syndicales revient dans beaucoup de déclarations. Marc Blondel, secrétaire général de FO, est monté au créneau lundi en jugeant «choquant qu'un représentant syndical soit conduit en prison comme un dangereux hors-la-loi». Le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) souligne «l'arrestation de l'ami public numéro un», qui s'inscrit «dans la volonté des puissants de criminaliser le mouvement social et ceux qui luttent pour l'intérêt commun». La Confédération paysanne, les syndicats CGT, Unsa, FSU, G10 Solidaires et le Syndicat de la magistrature ont dénonçé la répression syndicale et le «logique d'affrontement» du gouvernement, lors d'une conférence de presse commune où ils ont appelé à un rassemblement (mercredi à 18h place de la Bastille à Paris) pour exiger la «libération immédiate» de José Bové.

«Dérive autoritaire.
«Il n'est jamais bon qu'un syndicaliste soit en prison», a également estimé la FNSEA, le premier syndicat agricole français. Alliant le geste à la parole, le groupe communiste du Sénat a déposé lundi une proposition de loi visant à instaurer une amnistie sociale pour les délits commis dans le cadre de conflits ou mouvements sociaux. «Non, les militants syndicaux et associatifs ne sont pas des déliquants. Il est temps de stopper cette dérive autoritaire qui accompagne une conception ultralibérale de la société», ajoutent-ils. Venu témoigner sa «solidarité à l'égard du syndicalisme» aux membres de la Confédération paysanne symboliquement enchaînés aux grilles de la préfecture de Corrèze, à Tulle, François Hollande, par ailleurs député-maire de Tulle, a indiqué de son côté que son parti allait «poser des questions au gouvernement» sur cette «épreuve de brutalité».

Bredouille.
«Nous déclarons ouverte la chasse aux ministres tous les jours dans tous les départements français, comme Roselyne Bachelot a ouvert la chasse le mercredi», a lancé lundi à Rodez le secrétaire national de la Confédération paysanne, Jean-Emile Sanchez. «Nous souhaitons renouer le dialogue avec les pouvoirs publics (...) car sinon le mutisme du pouvoir va se retourner contre lui», a poursuivi le responsable syndical qui a tenté d'assister, avec une quinzaine de militants, à une assemblée du Conseil général à Rodez. Bredouille trois heures plus tard, il a constaté: «Les élus UMP et l'Etat s'enfoncent dans leur mutisme, (...) c'est une démonstration de faiblesse. Chacun prend désormais ses responsabilités.»
Par Libération.fr (avec agences), lundi 23 juin 2003 (Liberation.fr - 17:23)

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Larzac (août) 2003: retour à la fête départ
Cent mille visiteurs attendus au rassemblement anti-OMC.

«D'autres mondes sont possibles.»
Dès l'autoroute qui mène vers le plateau du Larzac, c'est annoncé en grandes lettres blanches sur les collines. Ensuite surgissent de part et d'autre de la nationale 9, à hauteur de L'Hospitalet-du-Larzac, les tentes pointues, les chapiteaux et les scènes qui vont accueillir le rassemblement Larzac 2003 à partir de vendredi et jusqu'à dimanche. Ce n'est qu'à quelques kilomètres au sud du Rajal Del Gorp, le lieu où, il y a trente ans, la France contestataire vint joyeusement soutenir les paysans en lutte contre l'extension du camp militaire (note, qui s'installe à Canjuers dans le Var...).

Les enjeux ont changé ­ militants altermondialistes et du mouvement social viennent se battre contre l'OMC et préparer la rentrée sociale ­ mais pas le caractère oecuménique de la manifestation.

Parmi les centaines de bénévoles qui affluent depuis le début de la semaine pour préparer le site, il y a des vieux de la vieille, comme René, éleveur morbihannais à la retraite qui n'a pas manqué un rassemblement (ils furent nombreux sur le plateau) depuis 1974, et des beaucoup plus jeunes qui découvrent le célèbre causse.

Sous la chaleur de midi. Assis sur un banc au milieu du QG en Algeco, José Bové, entouré de ses camarades de la Confédération paysanne, surveille la préparation d'un événement dont il est à l'origine mais qu'il pensait suivre de loin, depuis sa cellule. Libéré samedi (07 août 2003), il est encore un peu décalé, car «en prison, c'est dur de se projeter à l'extérieur». «Je ne pensais pas être physiquement ici.»

«José, la flotte, c'est réglé ?», demande un militant. Pas vraiment. C'est qu'il fait chaud et sec ici aussi, et au dernier moment la préfecture menace de ne pas donner son agrément si les organisateurs ne payent pas la facture des pompiers à l'avance. «Ça fait 70 000 euros rien que pour le risque incendie, soit 10 % du budget ! Et en plus ils veulent qu'on remplisse nous-mêmes la mare là-bas avec 120 000 li tres d'eau. Cet obstacle de dernière minute, c'est vraiment le coup de pied de l'âne !», dénonce José Bové. Mais rendez-vous était pris hier à 17 heures avec le directeur de cabinet du préfet pour négocier un rabais.

On compte ici sur les buvettes ­ le temps est de la partie ­ pour amortir le gros des frais du Larzac 2003 (700 000 euros, avec 50 000 euros de subventions du conseil général et l'espoir de 200 000 de dons). Pour étancher les 50 000 à 100 000 visiteurs attendus de vendredi à dimanche, 350 000 litres de boisson sont prévues. Beaucoup d'eau (140 000 litres) et encore plus de bière (185 000 litres) ! «Au lieu de prendre une multinationale, on a passé commande aux brasseries artisanales des coopératives il y a six mois», dit Bové. Il fut difficile de se débarrasser de la pression des marchands écartés du marché et, selon Philippe, responsable de la «commission boissons», «pour se venger, Stella Artois a bloqué toutes les locations de pompes à bière». «Il a fallu que nos fournisseurs fassent pression à leur tour.»

«Kola équitable».
A la buvette des bénévoles, le Beuk, du «kola équitable», a fait son apparition. «Ça ressemble à..., ça a le goût du..., mais ce n'est pas une boisson impérialiste», proclame la pancarte. Le sucre du soda a été acheté en Amérique latine, là «où il est payé au juste prix». Tout cela a un coût : 2 euros le Beuk. Côté bouffe, sait-on jamais, «on a prévu pour 200 000 personnes», explique Frédéric Libot, éleveur de brebis au Larzac.

13 heures, les bénévoles font la queue : un déjeuner gratuit contre un ticket, en récompense de leur coup de main. Bouffe équitable ? «Tout le monde mange pareil, c'est ça qui est équitable», rigole Myriam, en charge de la restauration. On a fait appel au réseau de la Confédération paysanne et au réseau associatif. Il y aura aussi un marché paysan, où les campeurs pourront se fournir. «Vous avez une grande cuiller pour le gaspacho ?», demande un bénévole, aussitôt rappelé à l'ordre écologique : «Vous pouvez pas le boire au bol ?» Pas question de gaspiller l'eau de vaisselle sur le plateau, et toutes les eaux usées seront récupérées par le tracteur muni d'une cuve à lisier.

Troufions disparus.
Le premier défi est donc d'accueillir les quelque 400 bénévoles qui sont déjà là. Le Larzac est rodé. Du premier rassemblement de 1973 jusqu'à celui du 30 juin 2000 pour soutenir les «dix de Millau» (l'affaire McDo), tout s'est plutôt bien passé. «Même quand on faisait les manifs en tracteurs et les marches (dans les années 70, ndlr), il faisait toujours beau», se souvient Auguste Valette, 67 ans, qui prête ses terres pour Larzac 2003. Cette année, il fait peut-être trop beau, et les consignes anti-incendies sont omniprésentes sur le site. «Le monde n'est pas un barbecue», dit l'une d'elles.

17 heures.
Un gros orage menace. Tant mieux, on va pouvoir respirer. Mais prudence : tous les bénévoles sont évacués du site. A quelques kilomètres de là, dans le bourg de La Cavalerie, des télés font des reportages d'«ambiance» aux terrasses de café. Mauvaise pioche : au centre du plateau, La Cavalerie jouxte le camp militaire, ici on regrette les troufions disparus. La population du camp a nettement diminué et avec elle le nombre de troquets. A 7 h 30 (les couleurs sont hissées) et à 17 h 30 (elles sont amenées), on continue de balancer un coup de clairon (préenregistré) dans les haut-parleurs, mais apparemment le coeur n'y est plus. Sinon, le grand rassemblement du week-end ne suscite pas d'émotion particulière, ici on en a vu d'autres.

18 heures.
Au Rajal Del Gorp, le site de 1973, plus rien ne subsiste de l'événement. On n'a pas trop le goût des commémorations sur le causse. Et puis il est loin le temps où chaque ferme était soutenue par un comité Larzac. En revanche est proche celui où le grand viaduc de Millau sera terminé (2005 ?). Une autoroute traversera alors tout le plateau, et le grand lieu militant de ces trente dernières années se visitera à 130 km/h. Sauf si affinités.
Libération, Par Matthieu ECOIFFIER et Edouard LAUNET, jeudi 07 août 2003, p. 2-3

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(02 août 2003) José Bové sort de prison et sera la grande vedette du rassemblement du Larzac

Le parquet ne s'est pas opposé à sa libération.
José Bové est libre. Le syndicaliste paysan devait franchir, samedi 2 août, au plus tard à 14 heures, les portes de la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), où il est incarcéré depuis le 22 juin.

Le parquet de Montpellier avait 24 heures pour faire appel de l'ordonnance rendue le 1er août par la juge d'application des peines, accordant au leader de la Confédération paysanne " la libération et le placement extérieur sans surveillance", mais il a renoncé à cette option.

C'est en effet peu avant 9 heures, samedi, que Paul-Louis Aumeras, le procureur général près la cour d'appel de Montpellier, a fait part de sa décision sous forme d'une déclaration aux agences de presse. " Pas d'appel", le leader de la Confédération paysanne José Bové sera "libéré" samedi "en fin de matinée", a-t-il déclaré, se refusant à tout commentaire, et mettant ainsi fin à un suspense qui durait depuis la veille.

Toute la journée de vendredi, les avocats de M. Bové et les membres de la Confédération paysanne ont guetté en vain un signe du parquet de Montpellier - qui s'était d'abord prononcé contre le placement extérieur du syndicaliste paysan. Son éventuel appel aurait eu un effet suspensif sur l'aménagement de peine. " Le procureur général vient de nous dire que ce n'était plus la peine d'attendre, que la décision serait prise demain matin", soupirait vendredi, en début de soirée, Me François Roux, l'un des défenseurs de José Bové. Et d'ajouter : " Pour José, si un appel tombe samedi, à quelques heures à peine d'une libération, cela va être une sacrée douche froide."

Dans son ordonnance rendue vendredi matin, Danielle Maccioni, juge d'application des peines auprès du tribunal de Montpellier, avait, pour sa part, estimé, s'agissant de José Bové, que " l'exécution par ce détenu de sa peine sous la forme d'un chantier extérieur sans surveillance du personnel pénitentiaire, eu égard à sa personnalité et à sa situation, apparaît opportune".

Avant de juger que sa requête d'aménagement de peine était à la fois "recevable dans la forme" et " fondée en droit".

La décision du parquet, qui intervient à une semaine à peine d'un grand rassemblement altermondialiste des 8, 9 et 10 août sur le plateau du Larzac, a été accueillie avec un gros soulagement par les partisans de M. Bové. " C'est une décision dont nous nous félicitons, évidemment, mais tout autre décision eut été inconvenante", a immédiatement commenté Me Roux. "Heureux", Jean-Emile Sanchez, le porte-parole de la "Conf", y voyait " le résultat des mobilisations et d'expressions venues de la société tout entière, et notamment des chercheurs". Par ailleurs, ajoutait-il, " après un printemps chaud, le gouvernement est dans une phase de déminage de la rentrée. Sans doute a-t-il souhaité faire baisser un peu la température de cet été".

POINTAGE À LA GENDARMERIE

Après avoir retrouvé son domicile de Potensac et sa ferme, M. Bové devra, dès lundi matin, se présenter auprès de son nouvel employeur - l'Association pour l'aménagement du Larzac (APAL) -, pour lequel il effectuera un travail à mi-temps durant cinq mois dans le cadre du dispositif d'aménagement de la peine. L'ordonnance de placement extérieur lui fait, en outre, obligation de pointer tous les quinze jours à la gendarmerie de Millau et de demander une autorisation au juge d'application des peines " préalablement à tout déplacement pouvant faire obstacle à son travail en chantier extérieur, ainsi que pour tout déplacement à l'étranger".

M. Bové, qui a prévu de se rendre à Cancún (Mexique), début septembre, pour protester contre le nouveau round de négociations de l'OMC, devra donc solliciter un accord. En attendant, il sera la vedette du rassemblement du plateau du Larzac, qui s'annonce comme le grand rendez-vous protestataire du mois d'août.
Caroline Monnot, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 03.08.03, LE MONDE | 02.08.03 | 12h59

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(Juillet 2004) Les anti-OGM arrachent des milliers de plants de maïs

LE RASSEMBLEMENT ce week-end à Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne) des « faucheurs volontaires », à l'appel de la Confédération paysanne et de José Bové notamment, comportait deux types d'exercices : discours samedi et action sur le terrain dimanche.

Le millier de faucheurs volontaires a mis en pratique, hier en milieu de journée, la théorie de la veille en arrachant des milliers de plants de maïs transgénique dans un champ sur la commune de Menville (Haute-Garonne). « On n'arrache pas plus d'un plant par personne, pas de course ni de bousculade, il y en aura pour tout le monde », précise José Bové avant que les faucheurs, originaires de l'ensemble de la France, constituent un long convoi de voitures qui a parcouru à vitesse d'escargot les petites routes du Tarn-et-Garonne et de la Haute-Garonne.

Une heure plus tard, l'imposant cortège s'arrête en pleine campagne sur la commune de Menville. Parmi les faucheurs volontaires, qui portent leur écharpe bleue de parlementaire européen ou tricolore de maire, les élus avancent en première ligne, parmi eux Noël Mamère, maire de Bègles.
Sous le soleil de plomb, les faucheurs traversent un champ de chaumes aux cris de « Non, non et non aux OGM ». Disposés le long du champ de tournesols qui abrite au milieu un hectare de maïs transgénique, les gendarmes attendent les manifestants dans le calme.
Alors que le colonel Andral avertit les élus des risques encourus, le millier de faucheurs investit le champ. Méthodiquement, ils arrachent les plants de maïs à mains nues car les outils de coupe étaient proscrits par les organisateurs. Ils repartent aussitôt avec leurs trophées en ayant pris soin d'enlever la fleur.

Les sanctions encourues passent au second plan

En moins d'une heure, la totalité des plants de maïs sont arrachés ou couchés sur le sol. Des enfants gambadent parmi les tiges de maïs, car on est aussi venu en famille. « On en a marre de refaire le monde entre copains, alors nous avons décidé de passer à l'action », explique Benoît, originaire de Bordeaux. « Il ne nous reste plus que ça pour nous faire entendre », continue son copain Pierre.
« Il y en a d'autres, il y en a d'autres », crie une voix. Aussitôt les faucheurs s'en vont arracher les derniers plants qui avaient échappé jusque-là aux mains des anti-OGM. « En qualité de représentant des citoyens, c'est le seul moyen qu'il me reste pour faire entendre ma voix d'élu », explique Jean, adjoint au maire d'une commune de l'Hérault.
Dans les rangs des faucheurs, les risques encourus pour cette journée d'action passent au second plan. Tous mettent en avant la désobéissance civile et se disent prêts à répondre à la justice. Cette dernière devrait d'ailleurs être saisie rapidement, puisque six gendarmes présents hier avaient une seule mission : photographier l'ensemble des faucheurs et relever les numéros des plaques d'immatriculation des voitures.
Les faucheurs volontaires risquent selon l'article 322-1 du code pénal deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Une disposition qui ne dissuade pas les militants anti-OGM, puisque José Bové a annoncé que d'autres actions de ce genre seraient organisées dans les jours et semaines à venir.
Philippe Font, Le Parisien, lundi 26 juillet 2004, p. 15

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(18 juin 2005) Journée nationale contre les OGM

Sept associations devaient lancer samedi un "appel du 18 juin" à l'occasion d'une "journée nationale d'opposition aux OGM".

Un champ d'OGM

Sept associations nationales impliquées dans la lutte contre les organismes génétiquement modifiés s'apprêtent à lancer samedi un "appel du 18 juin", à l'occasion d'une "journée nationale d'opposition aux OGM". La Confédération paysanne, Greenpeace, les Amis de la Terre, la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB), France Nature Environnement, Attac et Agir pour l'environnement coordonnent cette manifestation, avec la participation d'associations régionales comme Champs libres, qui associe les maires prenant des arrêtés anti-OGM. Cette journée de mobilisation, la deuxième après celle du 8 mai 2004, vise à faire "face aux campagnes de communication menées actuellement par des intérêts privés pour modifier l'opinion publique, toujours largement défavorables aux OGM agroalimentaires", précisent les organisateurs sur leur site web (http://altercampagne.free.fr).
"Des organisations de la société civile sont entrées en résistance depuis plusieurs années contre l'exploitation commerciale des OGM agroalimentaires, leur préférant des alternatives respectueuses de l'environnement et de l'activité agricole", soulignent les promoteurs de cette campagne. Publicité

Les "faucheurs volontaires"

Au total, une quarantaine d'actions ou de conférences-débats sont prévus à travers la France et dans plusieurs autres pays (Belgique, Bolivie, Grande-Bretagne). Ce "18 juin" pourrait être suivi de nouveaux fauchages d'expérimentations transgéniques, opérations menées par les membres des «Faucheurs volontaires». Dans le Puy-de-Dôme, premier département OGM de France et site d'une expérience d'essais cliniques, des réunions de mobilisation et d'information auront lieu devant les neuf mairies des communes concernées par des plantations de maïs transgéniques, selon Chantal Gascuel, porte-parole du Collectif OGM 63. Ces plants de maïs transgéniques ont été implantés par la coopérative Limagrain, via sa filiale Biogemma, et par la société Meristem Therapeutics, dont Limagrain est actionnaire à hauteur de 18%. Meristem Therapeutics est particulièrement visée par la mobilisation anti-OGM. Elle a en effet obtenu le 27 avril deux autorisations délivrées par le ministère de l'Agriculture lui offrant la possibilité de faire des essais sur plus de 21 hectares, soit la part la plus importante d'OGM cultivés en France.

Maïs transgénique

Sur ce total, 20 hectares sont consacrés à une variété de maïs transgénique facilitant la digestibilité des aliments pour les malades souffrant de mucoviscidose. Ils produiront 20 tonnes de maïs qui eux-mêmes fourniront 20 kilos de lipase gastrique, destinés à des essais cliniques sur l'homme, une première en France.

La surface restante, un hectare et demi, sert à tester un maïs transgénique produisant des anticorps pour des applications médicales en cancérologie.
Le mouvement anti-OGM conteste la validité des expérimentations de Meristem Therapeutics car elles "passent par des essais en plein champ, sans passer par les essais en milieu confiné", explique Yves Reverseau, porte-parole des Verts du Puy-de-Dôme.

Par ailleurs, Meristem Therapeutics fait l'objet d'une assignation en justice déposée par France Nature et Environnement le 24 mai, réclamant l'annulation des autorisations délivrées par le ministère de l'Agriculture. L'audience devrait avoir lieu le 22 juin devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand.
De son côté, la coopérative Limagrain contre-attaque en organisant samedi matin, à Joze, sur la ferme d'un agriculteur cultivant l'un des essais, un rassemblement d'agriculteurs-coopérateurs et de chercheurs Biogemma soutenus par les syndicats de producteurs de semences du Puy-de-Dome et par les Jeunes agriculteurs. Ils profiteront de cette manifestation pour "affirmer qu'ils ne céderont pas devant les appels répétés à la destruction des essais".
NOUVELOBS.COM | 18.06.05 | 10:16

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(15 novemebre 2005) Fauchage d'OGM: quatre mois ferme pour Bové La cour d'appel a condamné huit militants. Qui peuvent se pourvoir en cassation.

L'ex-patron de la Confédération paysanne, José Bové, a été condamné hier à quatre mois de prison ferme pour le fauchage d'un champ de maïs transgénique le 24 juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne). Le frondeur moustachu, qui conserve toutefois ses droits civiques, n'était pas présent à l'annonce de ce jugement donné par la cour d'appel de Toulouse. «Il existe évidemment une volonté très claire des magistrats de réprimer l'action des faucheurs volontaires, a déclaré Bové au téléphone. Ils espèrent, en m'envoyant en prison, que ça fera cesser le mouvement.»

Dans cette même affaire, le député vert de la Gironde Noël Mamère et le député européen Gérard Onesta ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis, les cinq autres à deux. Les huit prévenus devront payer, en plus, près de 100 000 euros de dommages et intérêts aux trois sociétés semencières ­ à commencer par Pioneer ­ qui s'étaient constituées parties civiles. «La justice veut nous ramener au statut de délinquants de droit commun alors que nous avons agi au nom de la santé publique, de l'intérêt public. Nous ne sommes pas des casseurs», a déclaré Noël Mamère.

Lors du procès les 20 et 21 septembre, l'avocat général avait requis un an ferme et la privation des droits civiques contre Bové, en raison de sa situation de récidive. Les Verts dénoncent un jugement d'une «sévérité inouïe», le PCF «une décision politique qui criminalise l'action syndicale», le FSU (fédération syndicale majoritaire dans l'Education) y voit un nouvel exemple de répression du mouvement social.

Sur les 222 personnes qui avaient revendiqué le fauchage, neuf avaient été poursuivies. Le neuvième prévenu, l'agriculteur Jean-Aimé Gravas, 85 ans, n'a pas été condamné en raison de son âge. Les huit autres décideront, aujourd'hui, d'un éventuel pourvoi en cassation. S'il est engagé, il entraînera pour José Bové la suspension de la peine. Et le syndicaliste n'ira pas en prison. Pas tout de suite.
libération.fr, par J.-P.T. (avec AFP), QUOTIDIEN : mercredi 16 novembre 2005, p. 19

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Condamnés à payer 300 000 euros, Bové, Lemaire, Mamère et d'autres risquent la saisie.
OGM : les faucheurs fauchés

Le papier bleu est arrivé début février au domicile de José Bové, de Noël Mamère ou encore de Gilles Lemaire, entre autres «faucheurs volontaires» de maïs transgénique. Envoyé par les sociétés Monsanto et Biogema, fabricants d'OGM. C'est la stricte application de deux arrêts des cours d'appel de Toulouse et de Riom qui les ont solidairement condamnés à payer 300 000 euros de dommages et intérêts aux multinationales de la semence. Ces «commandements à payer» sont la dernière étape avant la «saisie vente» de leurs biens. Les anti-OGM se sont pourvus en cassation, mais cela ne suspend pas la procédure judiciaire.

Huissier. Gilles Lemaire, ancien secrétaire national des Verts, organisait hier une conférence de presse dans son minuscule appartement parisien, où il s'attend d'un jour à l'autre à recevoir la visite d'un huissier. On se prend à recenser des biens de valeur : une solide table en bois, une demi-horloge, une collection de Guide du routard, un réfrigérateur faisant office de cave à vin... Tout le monde se case tant bien que mal dans la maison de poupée. «Nous sommes un peu à l'étroit, il y a encore trop de meubles», rigole Lemaire. José Bové, encore plus bravache : «Il n'est pas question de payer quoi que ce soit, on ne leur donnera pas un sou.» Le leader paysan attend «de pied ferme» les huissiers de Monsanto & Cie en sa ferme du Larzac : «S'ils veulent saisir mes chèvres, il faudra d'abord qu'ils parviennent à entrer chez moi.» Lors d'une précédente procédure, la gendarmerie avait dû pénétrer par hélicoptère pour contourner le bouclier humain. Cette fois, Bové suggère qu'on envoie le Clemenceau. Leur avocat, Me Roux, promet une «guérilla judiciaire» pour échapper aux saisies. «On sait les mener», dit-il, en souvenir d'anciens combats au Larzac, des fermes saisies par l'armée changeant successivement de propriétaire en cours de procédure.

Des faucheurs d'OGM ­ parfois les mêmes ­ viennent pourtant bénéficier de deux relaxes prononcées en première instance par les TGI d'Orléans et de Versailles, pour des faits strictement identiques (lire ci-contre). Gilles Lemaire ironise sur cette loterie judiciaire : «J'ai participé à l'opération sanctionnée par la cour de Riom car j'étais alors en vacances au Larzac et des paysans locaux m'ont entraîné. Si j'étais resté à Paris, j'aurais participé au même moment à l'opération pour laquelle le tribunal de Versailles a relaxé tout le monde.» Noël Mamère, député vert également condamné, en profite pour affirmer que «les délinquants sont les semeurs, avec le gouvernement comme complice». Il s'en prend à la future loi OGM, débattue en mars au Parlement, qui va durcir les sanctions contre les faucheurs : cinq ans de prison avec sursis, ferme en cas de récidive. Bové en rajoute : «On a affaire à une mafia avec un gouvernement à sa solde. Ils attaquent par tous les bouts ceux qui empêchent leur business.»

Instrument.
L'entreprise Biogema vient ainsi de déposer une plainte pénale à Riom (Puy-de-Dôme) contre l'ensemble des faucheurs pour «association de malfaiteurs». Une application de la loi Perben 2, présentée à l'origine comme un nouvel instrument de lutte contre les mafias de banlieue, qui permet de larges écoutes téléphoniques. Au tribunal administratif, Biogema réclame également 25 millions d'euros de dommages et intérêts à l'Etat français pour avoir trop longtemps tardé à sanctionner les anti-OGM. A entendre ces derniers, 2006 sera l'année de vérité, car «les firmes veulent passer en force et casser le mouvement des faucheurs». D'un côté, l'Union européenne menace de condamner la France si elle ne traduit pas d'ici à l'été en termes législatifs sa directive sur les tests en plein air ; de l'autre, la Cour de cassation devra statuer d'ici à la fin de l'année sur les jugements contradictoires concernant les faucheurs.

Une course de vitesse est engagée : le mois dernier, Monsanto a fait saisir les comptes bancaires de la Confédération paysanne ; en retour, le syndicat de José Bové lui promet de «nouvelles formes d'actions».
Libération, par Renaud LECADRE, QUOTIDIEN : jeudi 16 février 2006, p. 15

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Paru le : 24/03/2006 GAUCHE. Bové-Fabius, le duo insolite

Ils n'hésitent pas à s'afficher ensemble et affirment beaucoup s'apprécier. Pourtant, tout sépare le social-démocrate un peu distant et l'anarcho-syndicaliste parfois exalté.

VOIR José Bové et Laurent Fabius sur la même photo, comme mardi dernier, contre les OGM, ou comme le 16 mai 2005 contre le traité constitutionnel, surprend toujours : le paysan moustachu et le grand bourgeois dégarni n'ont, a priori, pas grand-chose en commun. Pourtant, les deux hommes ont noué, ces dernières années, une relation de « fascination mutuelle », selon l'une de leurs connaissances communes, qui va bien au-delà de la convergence idéologique sur quelques sujets d'actualité.

Ils se sont rencontrés pour la première fois à la fin des années 1990 : Fabius préside alors l'Assemblée nationale et invite beaucoup à l'hôtel de Lassay. Bové, qui vient de se faire connaître en démontant le McDo de Millau (Aveyron), est reçu parmi d'autres leaders syndicaux. En novembre 2003, à l'approche du Forum social européen, qui se déroule à Paris, Fabius souhaite mieux comprendre la mouvance altermondialiste. Le sociologue Denis Pingaud, directeur de la stratégie d'Euro-RSCG et conseiller de Fabius, vient de publier « la Longue Marche de José Bové » (le Seuil), et connaît donc bien le leader paysan.

« Ils se fascinent mutuellement »

Il organise une rencontre secrète entre les deux hommes. Qui parlent notamment, et déjà, de l'Europe. Depuis, l'élu et le syndicaliste n'ont cessé d'échanger. « Quelque chose se passe entre eux, témoigne Pingaud. Ils se fascinent mutuellement, car ce sont deux animaux politiques radicalement différents. » Fabius, « cérébral, rationnel, construit », est très curieux de la manière dont Bové, « malin, dans le flair, le contact humain », raisonne et sait gérer son fonds de commerce politique, rebondir, intéresser les médias. Bové, tout sauf sectaire, est trop heureux de ne pas s'enfermer dans un tête-à-tête avec la gauche radicale. Bref, entre le social-démocrate, qui croit aux vertus de l'action étatique, et l'anarcho-syndicaliste, qui ne jure que par l'action de terrain, le courant passe.

D'autant mieux que la convergence idéologique est réelle. Alors que le gouvernement Jospin est favorable aux OGM, Fabius est l'un des premiers au PS à émettre des réticences. Et se bâtit un corps de doctrine sur la « social-écologie » qui plaît à la vedette du Larzac. Lorsque le débat sur le traité européen surgit, les deux hommes se retrouvent de nouveau en phase pour défendre le non. Et s'affichent ensemble à Rouen, pour la première fois, en plein débat sur la Constitution. « Fabius, c'est le non-socialiste que j'aime », s'enflamme Bové devant les micros. Tandis que le député de Seine-Maritime démontre qu'il peut discuter avec tout le monde et réconcilier le PS avec la gauche radicale. Instrumentalisé, Bové ? « Pour l'instrumentaliser, il faut se lever de bonne heure, s'esclaffe Pingaud. C'est un farouche individualiste. »

A la Fête de l'Huma, en septembre dernier, Bové est là lorsque Fabius est accueilli par un oeuf. « Je ne savais pas qu'il était aussi courageux », glisse-t-il dans l'oreille du fabiusien Claude Bartolone. Le 15 novembre, lorsque Bové est condamné à quatre mois de prison ferme, Fabius l'appelle pour l'assurer de son amitié. Culturellement comme politiquement, beaucoup de choses les séparent. Mais une chose est acquise : Bové ne sera pas candidat à l'élection présidentielle si Fabius l'est.
Nathalie Segaunes, Le Parisien, 24 mars 2006, p. 6

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(28 mai 2006) José Bové "prêt" à participer à une campagne présidentielle avec les forces de gauche anti-libérales

PARIS (AP) -- José Bové se dit "prêt à participer à une campagne présidentielle" avec "l'ensemble des forces qui combattent la mondialisation libérale" et "disponible pour conduire, collectivement, une campagne capable de créer une dynamique analogue à celle du 'non' au référendum sur la Constitution européenne".

Dans un entretien au Journal du dimanche, l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne précise que la volonté d'une "campagne unitaire" a été "réaffirmée" mercredi par un collectif rassemblant les représentants du Parti communiste, de la Ligue communiste révolutionnaire, de la gauche, des Verts et de personnalités du mouvement associatif et syndical.

"A nous de transformer" l"'attente" d'un "électorat populaire qui désespère d'une alternance gauche-droite sans que rien d'essentiel ne change pour lui" en "une dynamique électorale la plus large possible", lance José Bové. "Nous sommes tous d'accord pour proposer un plan d'urgence et d'intégration sociale pour les plus démunis, pour assortir le contrat de travail d'une sécurité sociale professionnelle tout au long de la vie, pour considérer que les salariés ne doivent plus nécessairement être la variable d'ajustement pour les actionnaires", précise-t-il.

Il ajoute que l'entente porte aussi sur la proportionnelle aux législatives et une profonde réforme des institutions, déclarant que le projet est de "mener une campagne d'un nouveau type qui mette fin à la personnalisation et à la 'pipolisation' de la politique". Interrogé sur Laurent Fabius, José Bové dit avoir "apprécié son engagement en faveur du 'non"' à la Constitution européenne. Pour autant, "le Parti socialiste, à ce jour, ne me paraît pas avoir fait le choix de la rupture avec la logique économique libérale", note-t-il. AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 27.05.06 | 22:08

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Qui est José Bové ? Par François Desouche, dimanche mai 2006 à 11:22 :: Actualité :: #219 :: rss

José Bové a annoncé qu'il serait pret a conduire une liste unitaire a gauche. Mais attention, derriere sa "super moustache" de bon Gaulois de nos campagnes se cache un fils à papa super gauchiste et profondément mondialiste à l'image trés travaillée. Bref, il joue les bons Français AOC mais en fait c'est un organisme communistement modifié.

Joseph Bové est né à Bordeaux en 1953. Le surnom José lui sera donné plus tard.

Itinéraire d'un agitateur L'origine familiale

Son père, fils d'un maraîcher luxembourgeois, sera naturalisé lorsqu'il deviendra directeur régional de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et membre de l'Académie des Sciences (la presse minimise ce fait en parlant de "chercheur").

La famille athée, passait des vacances dans une résidence secondaire à Lacanau-Plage. La fréquentation du bord de mer lui a permis de se familiariser avec la mer. Cela lui servira à Mururoa contre la marine française.

Ce ne sont pas les prolétaires qui font la révolution mais des bourgeois. Déjà, au Congrès de la salle d'Arras à Paris en 1876, les ouvriers mutuellistes écartèrent de leurs débats les "bourgeois, bien intentionnés sans doute, qui cherchent des remèdes à nos maux dans des théories et des élucubrations au lieu de prendre en considération les réalités". Pour cela ils se sont fait insulter par les révolutionnaires.

La formation scolaire et universitaire

A trois ans, ses parents l'emmènent avec eux aux États-Unis : Brillants chercheurs, ils sont invités à l'université de Berkeley. A son retour, il parle couramment l'anglais (1).

Inscrit dans un lycée bilingue près d'Athis-Mons tenu par des Frères, il en sera exclu pour "irreligion" en 1968 (Il a quinze ans ) : Il avait fait, dit-on, l'apologie de la drogue dans une dissertation de français. ("Le Vrai papier Journal", septembre 2000).

Demeuré seul à Paris (ses parents étaient mutés à Bordeaux) il passe beaucoup de temps dans les galas libertaires (2) réussissant quand même son bac avec mention. Il envisage l'enseignement de la philosophie, et s'inscrit en hypokhagne et en faculté à Toulouse où en 1971, il rencontrera sa première compagne, Alice Monier (3).

Un endoctrinement qui associe théorie et pratique

Il est acquis très jeune au pacifisme et à l'antimilitarisme. Il avait une quinzaine d'années lors de sa première arrestation après une manifestation en Savoie. A 17 ans, il organise la projection du film antimilitariste de Peter Watkins, "La Bombe".

Il a été marqué par la fréquentation, dès 14 ans, de la Communauté de Lanza del Vasto, une sorte de gourou revenu de l'Inde avec une philosophie de "non-violence active". De cette époque, Bové a retenu qu'il faut donner une image : Proclamer par exemple qu'on va "démonter" le Mc Do pour ne pas dire qu'on va le saccager, alors que cela revient au même.

Pendant son séjour seul à Paris, début 1970, à 18 ans au Quartier latin, il est pacifiste et antimilitariste. Il milite également dans des mouvements hostiles à la guerre du Vietnam. Avant les "routards", il effectue un "voyage initiatique" en Inde. Il a alors 20 ans.

Aux idées "pacifistes", se sont ajoutées des idées anarchistes et libertaires, Bové sympathise avec le groupe "Anarchisme et non-violence" et se reconnaît dans la CNT (4) : "Je suis un anarcho-syndicaliste. Mes références, ce sont la fondation de la 1ère Internationale (5) au siècle dernier et la CNT espagnole en 1936".

Toutefois, quand il s'agit du grand public, il rejette le mot "anarchie". Il explique ainsi au "Vrai Papier Journal" (septembre 2000) : "Dire que tu es libertaire ou que tu viens des idées libertaires, c'est immédiatement le repoussoir à cause de cette bande de branques qui en ont fait un repoussoir. Si être anar, c'est faire uniquement référence aux pensées du XIXème comme l'ont fait les marxistes, ça ne rapporte rien. Aujourd'hui, agir passe par une réflexion sur l'Etat, sur la technique, sur la façon dont ce système devient de plus en plus totalitaire, sur la façon de l'économie à s'autonomiser".

Comme on le voit l'engagement politique du jeune Joseph Bové a commencé très tôt. S'il a été arrêté par la police vers quinze ans, cela veut dire que l'endoctrinement a commencé plus tôt, vers treize ou quatorze ans, voire moins. C'est là une caractéristique des sectes marxistes et du trotskisme en particulier. On le verra plus loin. De plus on constate que le marxisme commence à l'athéisme selon une formule de Marx.

Il faut admirer la formation de "plein vent" qu'il a reçue (ou qu'il s'est donnée) même si cela suppose des moyens financiers qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses.

L'agitateur politique

Pour les vacances de Pâques 1973, Bernard Lambert (6) organise le premier grand rassemblement du Larzac (30.000 personnes). Il a besoin de militants pour encadrer cette manifestation. "Par hasard", José Bové part avec Alice Monier au Larzac. Ils découvrent donc ce qui est déjà un haut lieu de lutte pour l'extrême gauche en France (7) et font la connaissance de Bernard Lambert. Il a vingt ans. Avec Alice Monier, il abandonne alors l'université. Ils participent aux côtés d'étudiants de toutes tendances, marxistes, trotskistes, chrétiens de gauche, etc... à la reconstruction de la ferme de la Blaquière, pratiquement une ruine. C'est donc le "hasard militant" dira Bové (8) qui l'a transformé en agriculteur. L'année suivante, à l'été 1974, il y aura 50.000 participants. Ils participent à l'opération Moisson pour le tiers monde.

José Bové se trouve par un hasard (?) heureux parmi les quelques militants qui évitent à François Mitterrand, candidat battu quelques semaines auparavant, d'être pratiquement lynché par des groupuscules maoïstes. Le futur président de la République ne l'oubliera pas : dès le 3 juin 1981, il donnera aux "paysans" les 6.300 hectares occupés par l'Armée.

En 1976, le couple Bové s'installe dans un des hameaux de Montredon, un village abandonné... depuis 1920. Ils squattent des terres appartenant alors à l'armée. Il obtient de Pierre Mauroy, le jumelage de ce village abandonné avec la mairie de Lille.

Le couple se lance dans l'agriculture d'élevage et la fabrication de tommes, une incongruité au pays du roquefort. Aujourd'hui, un GAEC compte 560 brebis, dont 340 élevées pour le lait vendu aux caves de Roquefort et 220 pour la viande, 10 vaches et 40 cochons (autre exemple de ferme, la ferme-accueil de la Salvetat, récupérée aux militaires). Sur place, petit à petit les "babas cool" et autres gauchistes s'installent, faisant de ce plateau une véritable réserve ethnologique de gauche.

Bové fait partie des vingt-deux personnes qui investissent cette même année 1976 le camp militaire et s'emparent de documents attestant la vente de terrains par divers paysans (9). Il fait trois semaines de prison préventive, et est condamné à quatre mois avec sursis et privation de ses droits civiques. L'année suivante, il est au volant de l'un des 90 tracteurs qui pénètrent au champ de tir avec, sur le garde-boue, un soldat contestataire en cagoule, délégué par les comités de soldats (contrôlés en fait par la Ligue communiste révolutionnaire).

En 1978, Alice Monier et José Bové fondent un Centre cantonal des Jeunes agriculteurs, (CCJA), dont Alice devient vice-présidente. On note sa collusion avec les trotskistes.

Au cours des années, la lassitude s'installe sur le plateau. En février 1981, sans prévenir, deux syndicats agricoles (FDSEA et CDJA), s'apprêtent à accepter un compromis de mini-extension du camp. A l'issue du rapport présenté, Alice Monier et tout le CCJA démissionnent en plein congrès départemental.

Arrive la victoire de François Mitterrand, elle assure la victoire des jusqu'au-boutistes. L'Etat remet les terres acquises à la Société civile des terres du Larzac, composée d'associés, personnes physiques ou morales, utilisateurs à titre agricole ou non agricole, fermes, terres et bâtiments. "La SCTL (bénéficiaire du bail emphytéotique) a tout de suite fonctionné comme un vrai phalanstère" (10). "Le Nouvel Observateur" (11) précise qu'il s'agit d'une formule "sur mesure pour garder collectivement le pouvoir sur le Causse" (12).

Bové se consacre alors à la construction d'un syndicalisme agricole offensif. Dès septembre 1981, il fonde le "Syndicat des Paysans-Travailleurs de l'Aveyron, où se retrouvent les membres du CCJA.

En 1987, il est cofondateur de la Confédération paysanne, fusion des Paysans Travailleurs de Lambert et de dissidents de la FNSEA, regroupés dans la Fédération nationale des paysans (née en 1982 (13). Il en est l'un des huit secrétaires nationaux. Leur programme développe une vision de plus en plus "anarcho-syndicale" (14).

Élaboration d'une star révolutionnaire La personnalité locale

La reconnaissance syndicale officielle est essentielle dans ce combat. Outre de multiples manifestations et actions, notamment contre le GATT et la PAC, Bové développe sur place un syndicalisme très revendicatif, s'appuyant sur les petits producteurs de lait de brebis, indispensable aux caves de roquefort. Cogérant de la Société civile des terres du Larzac, il fonde et dirige le Comité Roquefort, devenu en 1987, le Syndicat des producteurs de lait de brebis, affilié à la Confédération Roquefort. Il ne sera reconnu par l'interprofession qu'après des luttes, occupations et divers saccages, en mai 1993.

Officiellement les relations sont, au début, froides avec Lionel Jospin, le Premier ministre ironisant sur "cet Astérix qui se prendrait pour un nouveau Tarzan". Le député de Haute-Garonne Patrick Lemasle, suppléant de Jospin et ancien membre de la Confédération paysanne (15) les "rétablira".

En 1995, il est le seul Français présent à l'opération de Greenpeace (16) contre la reprise des (derniers) essais nucléaires français dans le Pacifique. Des zodiacs sont mis à l'eau quelques heures avant le premier essai, tentant d'échapper à la Marine nationale dans la passe de Mururoa. Les images feront la une des journaux américains du Pacifique. Les jours suivants des émeutes suivront en Polynésie française. Collusion de non-violents apparents avec les violents réels.

La vedette régionale

Le 8 janvier 1998, il mène la destruction d'un stock de maïs transgénique, au centre Novartis de Nérac. Il est condamné à huit mois de prison avec sursis et 500.000 F d'amende. L'opinion au cours de ces années s'avère de plus en plus favorable aux thèses protectionnistes de la Confédération paysanne : Poulet à la dioxine, OGM (organismes génétiquement modifiés), retrait des canettes de Coca-Cola, succession de scandales à propos de la "vache folle", etc. C'est alors que se produit "l'affaire du Mc Do de Millau".

L'affaire du Mc Do de MILLAU

Le 19 février 1999, un permis de construire est délivré à Mc Donald's pour la construction d'un restaurant de 373 m². Le 11 mars, avec Raymond Fabrègues et deux autres délégués de la Confédération paysanne, José Bové séquestre deux chargés de mission de Jean Glavany à la préfecture de Rodez, tandis que les CRS chargent les manifestants à l'extérieur. Il ne sera pas poursuivi.

Quelques semaines plus tard, les États-Unis, dans le cadre de la bataille économique du boeuf aux hormones, décident de taxer à 100% divers produits agricoles français, dont le roquefort. Un préjudice d'environ 14 millions de F pour les seuls producteurs et beaucoup plus pour le Syndicat. Les producteurs de roquefort avaient à l'époque soutenu directement les activités antimilitaristes au Larzac dans les années 70 car le lait de brebis local est insuffisant et on doit en importer par avion de Corse.

Le 12 août, au lendemain de l'éclipse qui aurait risqué de faire passer sous silence l'opération, 200 éleveurs et sympathisants "démontent" le Mc Do en construction, provoquant pour environ 400.000 F de dégâts. Les renseignements généraux départementaux ont été prévenus. La police a même proposé à la Confédération paysanne de "faire semblant" en brûlant des planches de chantier et autres matériaux (17).

La somme finale s'élève à 768.000 F mais aucune expertise n'étaye ce chiffre dans le dossier d'instruction. Les parties civiles, dont Mc Do, se désisteront finalement "afin d'éviter des problèmes" (18). Juste après, afin de faire rebondir le dossier et de ne pas passer pour anti-américain, une ferme provisoire est installée à côté du Festival du film américain de Deauville.

Après interpellation des comparses, quatre jours après les événements, un mandat d'arrêt est délivré, le 17 août, par le juge Nathalie Marty. En plein été, où les nouvelles politiques font défaut, le magistrat transforme ainsi l'affaire en feuilleton national pour une manifestation qui n'aurait fait que quelques lignes dans les journaux parisiens. Bové est le nouveau "Robin des champs".

La vedette nationale

Bové cherche à se présenter libre, sans se faire prendre par les gendarmes. A son arrivée, les gendarmes l'arrêtent donc et il se fait prendre en photo au moment où il lève les poings menottés. Il s'agit de se montrer fier de ce qui devrait faire honte. C'est une forme efficace de subversion des valeurs. Cette image fait de lui une vedette. Il récidive en refusant de payer une caution, estimant sa lutte juste. Le gouvernement socialiste "se divise" sur ce nouveau Mandrin : Le ministre Verts Dominique Voynet lui envoie un télégramme de soutien, ainsi que Danielle Mitterrand, veuve de l'ancien président de la République. Cette démarche de Voynet et de D. Mitterand renforce l'effet subversif.

Un comité de soutien est aussitôt monté, rapporte "Libération" (24 août 1999) "à l'initiative d'Annick Coupé, responsable du syndicat SUD-PTT et de la LCR" (19). La Confédération paysanne est d'ailleurs, elle aussi pénétrée par la LCR.

Très vite, La "josébovémania" se développe : on parle même de lui comme d'un candidat à l'élection présidentielle ! On en a fait une vedette nationale en France.

La vedette internationale

L'intéressé multiplie les coups d'éclat médiatiques, cette fois au niveau international

Fin novembre 1999, il est aux États-Unis. Les télévisions s'arrachent ce French guy, parlant un anglais excellent, arrivé avec 200 kilos de roquefort à distribuer sur son passage. C'est la revanche des "fromages qui puent" sur la "World Company". As du marketing contestataire et soutenu par les médias, il devient la mascotte des manifestants. Son objectif est dès lors l'installation d'un "Observatoire de la mondialisation" à Genève, en relation avec les réseaux mobilisés lors du Sommet de Seattle.

Le 29 janvier 2000, il était officiellement invité au Forum économique mondial de Davos, cette réunion secrète des dirigeants des multinationales. Il y est arrivé avec une délégation d'une quinzaine de paysans. La police suisse a vu rouge, tiré une bombe lacrymogène dans le visage du leader paysan, avant de tirer sur lui, une fois à terre, à bout portant, des balles en caoutchouc dures comme des écrous. Des images (20) qui ont scandalisé le monde entier. Vrai star, il est célèbre dans le monde entier.

Anti-français

En avril, il se rend à Nouméa, à l'invitation du FLNKS. Il s'emploie aussitôt à mettre de l'huile sur le feu : "Je suis sidéré par la provocation policière qui règne ici. A mon retour, je vais témoigner de cette compromission de l'Etat français en Nouvelle Calédonie (...). La Kanaky doit disposer d'elle-même" (21). Toujours et partout anti français.

Le révolutionnaire professionnel

Mais aujourd'hui José Bové n'est plus tout à fait un éleveur de brebis (22). Un salarié financé par son syndicat le remplace dans sa bergerie. Il sillonne le pays pour vendre son livre, écoute durant des heures les doléances de ses lecteurs, s'envole pour la Colombie le 6 juillet (23).

En avril aussi, il est devenu le premier des trois porte-parole (24) de la Confédération paysanne, remplaçant François Dufour. Profitant de l'"effet Bové", aux élections des chambres d'agriculture de janvier 2001, ce syndicat minoritaire, qui ne contrôle que quatre départements (Finistère, Loire-Atlantique, Réunion, Guyane), risque de se renforcer face à la FNSEA.

On retrouvera notre vedette dans un geste médiatique, si la situation ne lui ayant pas donné la grosse tête, il est resté l'agent discipliné de la secte qui le soutient.

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lundi 29 mai 2006, 15h44 Marie-George Buffet décline l'offre de José Bové

PARIS (Reuters) - Marie-George Buffet a froidement accueilli l'offre de José Bové de conduire une campagne présidentielle au nom de la gauche de la gauche.

Ce choix appartient, selon la secrétaire nationale du Parti communiste, aux "collectifs d'union populaire" qui se mettent en place sur le modèle des "collectifs du non" de la campagne référendaire sur la Constitution européenne, l'an dernier.

"Ce n'est pas à nous, à des personnalités de décider. C'est aux hommes et aux femmes de ce pays qui se battent pour que la gauche gagne sur un projet et réponde, cette fois-ci, à leurs attentes", a-t-elle déclaré lors d'un point de presse au siège du PCF à Paris.

Interrogée sur son éventuel désistement afin de faciliter la constitution d'un pôle présidentiel, Marie-George Buffet est apparue beaucoup moins consensuelle.

"Mais enfin, (le Parti communiste) est la force militante dans cette affaire (...) Je ne vois pas pourquoi ce serait à nous de nous mettre en retrait", s'est-elle emportée. "Tout le monde doit réfléchir à une candidature unique."

Les "collectifs" discuteront de l'offre de José Bové "comme d'autres propositions" et décideront en octobre prochain, a expliqué Marie-George Buffet.

Fin avril, le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot, avait appelé José Bové, Marie-George Buffet et Arlette Laguiller (Lutte ouvrière) à s'asseoir autour d'une même table pour discuter d'une candidature unique.

L'offre avait été déclinée par le PCF, qui regrette aujourd'hui l'absence de la LCR dans les "collectifs".

Pour elle, il faut éviter de créer une "frontière dans la gauche" et dépasser le "discours désespérant" qui consiste à dire qu'il ne faut pas parler à un Parti socialiste "hégémonique" - position de la LCR. Avec un tel schéma, la "gauche antilibérale" court le risque de rester minoritaire, a-t-elle souligné.

"Pourquoi on ne serait pas capable de rassembler une gauche majoritaire avec des électeurs de toutes les forces de gauche?", s'est interrogée la dirigeante communiste, un an après la fracture de la gauche entre "nonistes" et partisans du "oui".

"Je n'ai pas envie d'être dans une opposition pure et dure avec un Sarkozy rayonnant président de la République. J'ai envie de battre Sarkozy et de construire une gauche qui réussisse", a-t-elle souligné.
Yahoo.fr, actualités, lundi 29 mai 2006, 15h44

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(Juin 2006) Du Causse aux causes
Entre Californie et Davos, Bakounine et Ellul, la personnalité et l'itinéraire de José Bové sont plus complexes que sa caricature d'Astérix paysan.

Il fut d'abord diva du terroir, Astérix bleu-blanc-rouge résistant à la mondialisation du goût et à la standardisation des comportements. On l'imaginait de toute éternité, amarré là-haut sur son causse, trayeur de brebis et asticoteur de pandores, démonteur de McDo et régaleur de roquefort.
Et puis on a vite découvert que Bové était plus global que local et que, en guise de semelles de vent, il chaussait volontiers ses Méphisto pour partir arpenter le vaste monde et plaider la cause alter, de Seattle à Davos. Malgré ses sempiternelles moustaches de blé mur et sa bonne humeur apaisante, le possible candidat à la présidentielle partisan du non au référendum européen est plus complexe dans ses références et son itinéraire que sa légende ne le laisse croire.

La famille.
Hormis un grand-père maraîcher au Luxembourg, Bové n'a pas de racines spécialement terriennes. Ses parents sont des scientifiques, plutôt de droite. Chercheurs, ils ont longtemps officié en Californie.
Celui qu'on caricature en antiaméricain primaire parle un anglais alerte et connaît par le menu un mode de vie qu'il critique moins qu'il ne le perce à jour.

Bové a deux frères. L'un est ingénieur, l'autre informaticien. Avec Alice, dont il est aujourd'hui séparé, il a eu des enfants tôt. Deux filles, Marie et Hélène, qui ont fait des études d'histoire et de droit. Les premiers temps sur le Larzac furent rudes. Ni eau, ni électricité. C'était autant un choix de vie qu'une nécessité économique.

Le caractère.
Alain Minc, ennemi déclaré de Bové, décrivait ainsi la part la mieux connue de Bové. Il le voyait comme un «Robin des Bois joufflu et gouailleur, héritier d'une culture de la truculence et du bon sens» et comme «un double de Walesa cloné par Coluche».
Il y a effectivement chez Bové cette ouverture au monde et ce sens de la mise en scène de ses combats. Mais il faut aussi compter sur l'attrait pour la réflexion et pour le débat d'idées de ce paysan penseur.

Les références.
Pacifiste et non violent, l'anarcho-syndicaliste s'inspire volontiers de Gandhi et de Dom Helder Camara. Il a été également très marqué par Jacques Ellul, sociologue protestant, critique de la technique et apologue de la nature, entre Heidegger et Rousseau.
C'est aussi un connaisseur des thèses de Thoreau et un lecteur de Bakounine. Elevé à distance de toute religiosité, Bové se définit comme «un agnostique, non comme un athée». Mais Bové a peu le goût de la mission, du sacrifice ou de la crucifixion. Il s'applique à toujours injecter du «plaisir dans la lutte» quand il part à la conquête des «châteaux forts» avec ceux qu'il appelle «les gueux, les bouseux».

Les goûts.
Lors d'une rencontre voici quelque temps, il s'était livré aisément à l'exercice pas si vain du «si j'étais». Un livre ? Voyage au bout de la nuit de Céline. «Je l'ai lu trois, quatre fois.» Un film ? Viva Zapata avec Marlon Brando. Une chanson ? The Times They Are a-Changin' de Dylan. Une femme ? Louise Michel, la commune, l'emprisonnement, la relégation en Nouvelle-Calédonie. Un plat cuisiné ? «Le poisson au lait de coco», qui le renvoie à ses expéditions en Polynésie contre les essais nucléaires ou pour soutenir les Kanaks, monde qui le fascine par son histoire et sa sensualité et qu'il envisageait de rejoindre sur un voilier qu'il a fait construire. Une manie ? «Fumer la pipe.» Un regret ? Il n'en voyait pas, même s'il déplorait que ses prises de positions sur la Palestine aient pu choquer. Une guerre ? Celle des «Canudos», des paysans brésiliens. Et quand on finissait par lui demander qui il choisirait s'il devait s'identifier à un président de la République, l'anarcho-syndicaliste qui n'avait pas voté au premier tour de la présidentielle 2002 répondait que ce n'était pas son registre. Que ce n'était pas une fonction qui l'intéressait...
Libération, 14 juin 2006, p. 4

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mercredi 14 juin 2006, 7h41 José Bové candidat à l'Elysée

PARIS (Reuters) - José Bové annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 et assure dans un entretien publié mercredi dans Libération qu'il est le seul capable de rassembler la gauche antilibérale.
"Je suis prêt à assumer la responsabilité d'aller à l'Elysée. Mais je m'inscris dans une démarche collective", explique-t-il en inscrivant sa candidature dans le cadre de la "dynamique" de la victoire du "non" au référendum sur le traité constitutionnel européen du 29 mai 2005.

Jugeant que "la candidature socialiste émerge de la droite du PS", l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne estime qu'un espace existe "pour une candidature antilibérale à la gauche du PS".
Cet espace, il se dit mieux à même de l'occuper que la communiste Marie-George Buffet ou Olivier Besancenot (LCR) car, dit-il, "aucun des chefs d'une de ces deux organisations n'est en capacité de rassembler tout l'éventail de ce front".
"Pour dépasser cette rivalité, je suis prêt à être candidat. Si cette décision est collective et portée par tous, j'irai jusqu'au bout", poursuit José Bové.

Esquissant son programme, le militant altermondialiste évoque la nécessité de "légiférer pour taxer les entreprises qui délocalisent ou qui engrangent de forts bénéfices en licenciant leurs salariés".
Il prône aussi une poursuite de la réduction du temps de travail, le développement des énergies alternatives et le lancement de "chantiers d'amélioration de l'habitat", trois pistes qu'il dit susceptibles de réduire le chômage de masse.
Sur le plan de la construction européen, ce ténor du "camp du non" suggère que la France, qui présidera l'UE en 2008, "propose que les parlementaires européens élus en 2009 se réunissent en Assemblée constituante" chargée d'élaborer la constitution européenne.
Interrogé sur ses ambitions en terme de voix, José Bové pense que "la dynamique unitaire devrait placer cette candidature dans le carré de tête du premier tour".
Yahoo.fr, actualités,

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Notre édition du Lundi, 31/07/2006 José Bové et 200 militants détruisent un champ de "maïs OGM commercial"

En mois de deux heures, quelque deux cents militants anti OGM emmenés par José Bové ont presque totalement détruit dimanche un vaste champ de "maïs commercial OGM" à quelques kilomètres au sud de Toulouse, sous l'oeil des journalistes et des gendarmes.

Les faucheurs divisés en deux groupes emmenés l'un par José Bové, l'autre par Francis Roux, de la Confédération paysanne, ont semble-t-il bénéficié de l'effet de surprise en arrivant vers 17H30 près de l'immense champ irrigué situé à Saint-Hilaire, à 6 km de Muret, dont ils avaient estimé la superficie à dix hectares.

Un hélicoptère de la gendarmerie est rapidement arrivé, survolant la scène à basse altitude et photographiant les faucheurs qui s'engageaient, en ligne, au milieu des hautes tiges de maïs méthodiquement cassées à la main et au pied.

Un colonel de gendarmerie, arrivé à pied, a vainement tenté d'empêcher José Bové de poursuivre la destruction, avant de reculer et d'observer l'opération tandis que quelques gendarmes prenaient en photo de près les faucheurs.

"Après nos actions contre des parcelles d'essais OGM, cette opération contre un champ de maïs OGM commercial destiné par Monsanto à l'exportation vers l'Espagne est une première", a indiqué un José Bové moustachu et barbu, rappelant qu'il se trouvait "en état de récidive légale".

"Nous entendons par ce geste effectué à visage découvert dénoncer un type de culture illégale, une situation de non droit. Il n'y a en effet ni législation, ni cartographie, ni information du public", a-t-il martelé au milieu des épis couchés dans la terre grasse.

Dans un premier temps, les militants de la Confédération paysanne et du collectif des Faucheurs volontaires venus de toute la France s'étaient retrouvés sur un parking de supermarché avant de partir en un long convoi automobile vers le champ visé.

Pour l'élu municipal toulousain Alternatif François Simon (ex-PS), présent sur place, "les faucheurs ont collectivement décidé de ce qu'ils ont à faire". "Nous nous battons pacifiquement contre des décideurs incapables de régler les problèmes d'environnement et nous demandons toujours un référendum national sur les OGM", a-t-il indiqué.

Sous un chaud soleil, après le départ de l'hélicoptère, les militants, souvent vêtus des T shirts jaunes des Faucheurs volontaires et portant des banderoles indiquant notamment "culture commerciale d'OGM, Non!", ont cassé des milliers de tiges de maïs.

Pour José Bové, "le discours dominant a fait état de milliers d'hectares de ce type de maïs OGM commercial, mais la Confédération paysanne estime que seules trois exploitations pratiquent cette culture en Midi-Pyrénées et Aquitaine".

Il a précisé que "des tests" prouvant qu'il s'agissait de cultures OGM avaient été pratiqués par la Confédération dans le champ avant le fauchage.

Les militants ont symboliquement laissé deux sacs de maïs biologique au coin du champ avant de se retirer, "pour que le +transgénéculteur+ puisse se reconvertir", a expliqué en souriant José Bové avant de donner le signal du retour vers les voitures et de promettre "d'autres rendez-vous" de ce type dans le futur.
Tageblatt.com, Notre édition du Lundi, 31/07/2006

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samedi 4 novembre 2006, 18h41 José Bové en garde à vue après une manifestation anti-OGM

BORDEAUX (Reuters) - L'ancien syndicaliste paysan José Bové a été placé en garde à vue samedi à la gendarmerie de Belin-Beliet (Gironde) à la suite d'une manifestation de militants anti-OGM chez un exploitant de Lugos, apprend-on à la gendarmerie.

Lorsqu'il a été envoyé en cellule, José Bové s'était lui-même rendu chez les gendarmes accompagné d'une cinquantaine de militants pour déposer plainte pour "tentative d'homicide", car l'exploitant avait ouvert le feu pour disperser ses assaillants, a indiqué à Reuters un manifestant.

Les gendarmes expliquent qu'il a en fait tiré en l'air à une seule reprise. Il a néanmoins été aussi placé en garde à vue.

Une centaine de partisans de José Bové se sont regroupés dans la soirée devant la gendarmerie pour réclamer sa libération. Ils ont remis aux gendarmes une liste de 105 personnes revendiquant l'action collectivement.

La manifestation avait réuni 100 à 150 membres des "Faucheurs volontaires" sur l'exploitation situé entre Salles et Lugos, dans le sud de la Gironde. Selon les manifestants, des semences transgéniques y sont utilisées.

Les militants ont déversé de l'eau dans la récolte de maïs OGM stockée dans des silos afin de la neutraliser, et ont inscrit "OGM" sur le silo.

L'exploitant est alors arrivé et a tiré, puis aurait percuté volontairement trois véhicules de manifestants et un de journaliste avec le sien, avant d'être maîtrisé par les anti-OGM.

José Bové, qui a déjà été arrêté de nombreuses fois pour des incidents similaires, n'exclue pas d'être candidat à la prochaine élection présidentielle comme leader de la "gauche de la gauche". La décision doit intervenir en décembre.

Il a déjà été emprisonné en deux fois en 1999 et 2002 pour le saccage d'un restaurant Mc Donald's à Millau (Aveyron) et en 2003 pour l'arrachage de plants expérimentaux de riz transgénique, en Camargue et de cultures expérimentales de maïs transgénique.

Même sans la nouvelle affaire girondine, il risque une nouvelle incarcération car il a été condamné à quatre mois de prison ferme en novembre 2005 pour une action similaire. L'affaire fait l'objet d'un pourvoi en cassation.
Yahoo.fr, actualités, samedi 4 novembre 2006, 18h41

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vendredi 24 novembre 2006, 13h58 Candidature antilibérale: José Bové se retire "pour l'heure"

PARIS (AFP) - Le leader altermondialiste José Bové a décidé de retirer "pour l'heure" sa candidature pour représenter le mouvement antilibéral en 2007, accusant le PCF et la LCR de "casser la dynamique unitaire", dans une lettre au Collectif national dont l'AFP a obtenu vendredi copie.

"Pour l'heure, et sous réserve d'événements qui changeraient profondément la situation actuelle, j'ai donc décidé de retirer ma proposition d'incarner notre rassemblement sur le bulletin de vote de l'élection présidentielle", affirme le leader altermondialiste dans cette missive.

Outre José Bové, plusieurs candidats sont en lice pour représenter les collectifs antilibéraux issus du "non" au référendum européen de 2005, dont Marie-George Buffet, numéro un du PCF, Clémentine Autain adjointe (app PCF) au maire de Paris, Yves Salesse, président de la fondation Copernic, et Patrick Braouezec, député-maire communiste de Saint-Denis.

Selon M. Bové, "le Parti communiste veut imposer Marie-George Buffet comme candidate et ne lésine pas sur les moyens pour parvenir à ses fins".

Quant à la Ligue communiste révolutionnaire, "elle vient de confirmer son engagement dans une campagne autonome avec Olivier Besancenot comme candidat" et "multiplie les arguments pour justifier un prétendu désaccord de fond sur notre orientation commune", ajoute M. Bové.

"Le Parti communiste et la LCR ont pris la responsabilité de casser la dynamique unitaire", accuse-t-il.

Les collectifs doivent choisir leur candidat par "consensus" les 9 et 10 décembre lors d'une réunion des délégués à Saint-Ouen en région parisienne.
Yahoo?fr, actualités, vendredi 24 novembre 2006, 13h58

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30/01/2007 - 10h30 Un Français sur trois (des sympathisants de gauche) pour une candidature de Bové
José Bové annoncera officiellement sa candidature à la présidentielle le 1er février

32% des sympathisants de gauche et 48% des sympathisants Verts sont favorables à une candidature de l'altermondialiste.
A droite, 21% des sondés se disent pour une candidature de José Bové.

Alors que José Bové doit se prononcer officiellement jeudi sur sa candidature à l'élection présidentielle, un sondage CSA pour Le Parisien/I-Télé révèle que 29% des Français souhaitent sa candidature. Parmi les sympathisants Verts, il recueille 48% d'avis favorables, au risque d'affaiblir Dominique Voynet, la candidate officielle du parti.

La part d'avis favorables s'affaiblit lorsqu'on interroge les sympathisants de gauche : ils sont 32% à souhaiter sa candidature. Parmi les sympathisants de droite, seuls 21% s'expriment en faveur de l'altermondialiste. Enfin, parmi les moins de 30 ans, 42% des sondés se disent pour sa candidature.

Pour Yves Cochet, député Vert de Paris, une telle candidature "contribue à l'émiettement" de la gauche dans sa mouvance antilibérale, où Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et Marie-George Buffet sont déjà candidats. La candidate du Parti Communiste a évoqué hier une candidature "pas très sérieuse" de José Bové, pourtant soutenue par une pétition sur internet qui a dépassé les 30.000 signatures. L'altermondialiste revendique 80 parrainages glanés auprès des maires anti-OGM ou Verts dissidents sur les 500 requis.
Sondage réalisé par téléphone le 24 janvier auprès d'un échantillon national représentatif de 1.004 personnes constitué d'après la méthode des quotas.
tf1, 30/01/2007 - 10h30

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Publié le 30 janvier 2007Actualisé le 30 janvier 2007 : 08h22 Buffet implore Bové de renoncer RODOLPHE GEISLER, Le Figaro

TOUJOURS créditée d'à peine 3 % d'intentions de vote dans les sondages, Marie-George Buffet a regretté hier la future candidature de José Bové au scrutin, estimant que « c'est la candidature de trop » et « une candidature de plus dans l'émiettement de la gauche ». « Je pense qu'aujour­d'hui l'heure est au rassem­blement », a-t-elle dit sur France Inter, ajoutant à l'adresse du militant altermondialiste, qui doit annoncer sa candidature jeudi, que « la porte est toujours ouverte », et qu'« on peut toujours se retrouver ». Pour la candidate communiste, qui s'est auto-investie en décembre candidate « de la gauche antilibéra­le », « on se trompe de temps avec les candidatures ». « Maintenant, le débat, c'est comment battre Sarkozy, parce qu'il n'est pas battu encore », dit-elle.

Si les candidatures des porte-parole des deux formations trotskistes, Arlette Laguiller pour LO et Olivier Besancenot pour la LCR - ou encore celle de Gérard Schivardi pour les lambertistes du PT -, ne devraient pas trop manger sur son électorat traditionnel, celle de Bové est plus contrariante pour elle. L'ancien syndicaliste paysan est en effet soutenu par les « refondateurs » du Parti, à commencer par le député communiste de Seine-Saint-Denis Patrick Braouezec, qui reprochent à Buffet d'avoir fait un hold-up sur les collectifs unitaires antilibéraux. Le risque pour Buffet de faire moins que Robert Hue en 2002 (3,37 % des suffrages) est donc bien réel.

En interne, même si les courants n'existent pas officiel­lement, nombreux sont ceux qui rêvent secrètement qu'elle é­choue. À commencer par les partisans de Hue, qui espèrent ainsi prendre leur revanche sur la direction actuelle, ou encore les « orthodoxes », qui lui reprochent d'avoir cherché à liquider le parti en s'acoquinant un peu trop avec les collectifs unitaires. Certes, la semaine dernière, lors de son premier grand meeting de campagne au Zénith de Paris, les « orthodoxes » - comme le président du groupe communiste à l'Assemblée, Alain Bocquet, ou encore le député-maire de Vénissieux, André Gerin - étaient bien présents sur la photo. Mais leur soutien ressemblait plus à un baiser de Judas. Le mépris entre la direction et les « orthodoxes » est en effet bien trop ancien pour croire à une sincère réconciliation.

Buffet encore plus à gauche

De nombreux militants antilibéraux, venus des collectifs unitaires nés du non de gauche au référendum européen, soupçonnent également Buffet de négocier des postes avec le PS, pour elle-même et son parti, en cas de victoire de la gauche en juin. Du coup, devant l'imminence d'une candidature Bové, Buffet a décidé de « gauchiser » encore plus son discours et adopte une posture de plus en plus critique vis-à-vis du PS. Hier, elle a ainsi déclaré qu'elle n'envisageait pas, en l'état actuel, faire alliance avec la candidate socialiste Ségolène Royal. « Pour l'instant, on n'a pas encore son programme mais on entend par exemple, que sur l'Europe, elle ne veut pas bouger par rapport à la campagne pour le oui qu'elle a menée en 2005 », souligne-t-elle.
lefigaro.fr,

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jeudi 1 février 2007, 16h15 José Bové officiellement candidat à la présidentielle

SAINT-DENIS (AP) - José Bové officiellement candidat. L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne a annoncé jeudi officiellement sa candidature à l'élection présidentielle afin d'être "le porte-voix des sans-voix". Présentée comme une "alternative à gauche", sa candidature vient émietter encore le camp antilibéral.

La nouvelle, annoncée par José Bové dans "Le Parisien-Aujourd'hui" puis lors d'une conférence de presse à la Bourse du Travail de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), était attendue.

Le moustachu du Larzac, décontracté dans une chemise en jean, a expliqué avoir "accepté que (s)on nom incarne sur le bulletin de vote la volonté commune de battre la droite et redonner l'espoir d'une alternative à gauche". "Il est temps de décréter l'insurrection électorale contre le libéralisme économique", a-t-il lancé.

"Nous voulons être le porte-voix des sans-voix, de ces millions de citoyennes et citoyens qui souffrent de la précarisation sociale et de discriminations", a ajouté le leader altermondialiste. "Nous voulons leur dire que l'abstention ou le vote Le Pen conduisent tout droit à l'élection de Nicolas Sarkozy".

José Bové a mis en garde contre le candidat UMP, "homme dangereux", "candidat du Medef", "ami de Blair et de Bush". Il a aussi vu en Ségolène Royal l'incarnation d'une "gauche qui a renoncé" par son "refus de rompre avec la logique économique libérale".

Détaillant son projet de "transformation sociale", José Bové a proposé "un plan d'urgence sociale", "un nouveau modèle de développement" et "la refondation de la construction européenne" en cohérence avec le "non" du référendum du 29 mai 2005.

Entouré de personnalités de la gauche antilibérale, José Bové a présenté sa démarche comme "une candidature collective". "Je ne suis pas le candidat d'un parti, je ne suis pas un professionnel de la politique", a rappelé l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne.

Son entrée en campagne consacre l'éclatement de la gauche de la gauche, qui n'est parvenue à s'entendre sur une candidature unique dans la lancée de sa victoire du 29 mai 2005. Mais la confirmation en décembre de la candidature de Marie-George Buffet et celle d'Olivier Besancenot pour la LCR ont sonné le glas de la démarche des collectifs antilibéraux.

Jeudi, l'amertume était vive parmi les partisans de Marie-George Buffet. "C'est une candidature de division de la gauche antilibérale", a déploré Serge Lépine, membre du conseil de campagne de la candidate communiste.

Les socialistes et les Verts, dont beaucoup doutent que José Bové ira jusqu'au bout, affectaient la sérénité. Pour Jack Lang (PS), "c'est une candidature de plus". L'entourage de Ségolène Royal voulait croire que la candidature Bové ne nuirait pas à leur championne et qu'il serait "loyal" en appelant à voter pour elle au second tour. "Sa candidature est complémentaire de la nôtre", a estimé Noël Mamère (Verts).

A l'UMP, on se frottait en revanche les mains. "Visiblement, ça a l'air de poser des problèmes à la gauche, mais ce n'est pas notre sujet", a réagi Xavier Bertrand, porte-parole de Nicolas Sarkozy.

L'éleveur de brebis du Larzac, qui tiendra son premier meeting le 7 février à Aubagne (Bouches-du-Rhône), doit maintenant trouver les 500 signatures nécessaires pour se présenter. Il a appelé jeudi les "élus communistes, écologistes, alternatifs, socialistes antilibéraux" à lui accorder leur parrainage.

De plus, José Bové devra composer avec son agenda judiciaire. Il est en effet sous la menace d'une nouvelle incarcération pour la destruction d'un champ de maïs OGM à Menville (Haute-Garonne) en juillet 2004. La chambre criminelle de la Cour de cassation doit rendre son arrêt le 7 février. AP
Yahoo.fr, actualités,

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01.02.07 | 21h06 José Bové juge Ségolène Royal "un peu naïve"

José Bové, invité du journal de 20 heures sur TF1 jeudi 1er février, a expliqué que sa candidature à l'élection présidentielle a vocation à "être utile à la gauche pour battre Sarkozy et Le Pen".

Il a qualifié la candidate socialiste, Ségolène Royal, d'"un peu naïve peut-être". "Elle ne s'attaque pas vraiment aux causes de la désespérance dans le pays", a-t-il assuré.

M. Bové a précisé disposer d'"environ deux cents" engagements de parrainage de maires et d'élus.

Il a également confirmé qu'il ne renoncerait pas à sa candidature si la Cour de cassation devait confirmer, le 7 février, sa condamnation à quatre mois de prison ferme, infligée par la cour d'appel de Toulouse, le 15 novembre 2005, pour l'arrachage de maïs transgénique en juillet 2004. "Je ne suis pas privé de mes droits civiques", a-t-il souligné.
LEMONDE.FR | 01.02.07 | 20h59 • Mis à jour le 01.02.07 | 21h06

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Mis à jour le 08.02.07 | 07h22 Le "candidat-condamné" José Bové lance sa campagne sous le signe de l'unité LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 08.02.07 | 07h04 • Mis à jour le 08.02.07 | 07h22

Venu se "ressourcer" à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, mercredi 7 février, quelques heures après la confirmation définitive de sa condamnation à quatre mois de prison ferme, José Bové a prôné "l'unité" lors de son premier meeting de campagne.

"Il y avait une alternative. Soit j'étais ici ce soir à Aubagne, soit j'étais au bagne. Pour moi, le choix était évident." Acceuilli aux cris de "Libérez José", le "candidat-condamné" a choisi l'humour pour fustiger une "condamnation politique" d'un gouvernement qui, dit-il, "impose des OGM que 80 % des citoyens refusent". "Cela ne me fait pas plaisir de savoir que je peux retourner en prison. J'ai une épée de Damoclès au dessus de la tête mais quand on se bat pour des idées, on se bat jusqu'au bout", a-t-il réaffirmé.

LE "NOM DES SANS-NOMS, LA VOIX DES SANS-VOIX"

Devant une assistance "rouge-verte" de près de 1 500 personnes, le leader altermondialiste a surtout réitéré sa volonté de fédérer sur son nom les forces de la gauche antilibérale. "2007 sera marqué par l'émergence de la gauche antilibérale et unitaire dans le champ politique français. L'unité et le mouvement, cela ne se décrète pas. C'est quelque chose qui se construit", a-t-il déclaré. "C'est ce mouvement qui se développe comme une vague et va nous porter plus loin. C'est un mouvement que je ne pourrais incarner seul", a-t-il lancé, sans les nommer, aux autres candidats antilibéraux Marie-George Buffet et Olivier Besancenot.

Dans une conversation téléphonique avec le philosophe Michel Onfray, José Bové a aussi émis des regrets sur le mode uninominal de l'élection présidentielle. "On aurait préféré un nom multiple sur le bulletin de vote, plutôt qu'un nom qui rassemble tout le monde. Mais j'assume d'être ce nom pour toute la campagne", a-t-il dit. L'intellectuel français l'a remercié d'accepter d'être le "nom des sans-noms, la voix des sans-voix".

"Nous nous sommes battus dans les entreprises, dans les champs et dans les rues. Ce combat, nous sommes décidés à le mener dans les urnes", a encore expliqué le candidat à l'Elysée. "Nous sommes à un moment où l'insurrection électorale est en train de se lever", a-t-il estimé.

Il s'est enfin prononcé pour une régularisation massive des personnes en situation irrégulière. "Il faut régulariser tous les sans-papiers de ce pays, c'est un devoir citoyen", a conclu José Bové.
LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 08.02.07 | 07h04 • Mis à jour le 08.02.07 | 07h22

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mardi 13 février 2007, 13h55 José Bové apporte son soutien aux victimes de l'Erika

PARIS (AP) - Le candidat à l'élection présidentielle José Bové est venu mardi au Palais de justice de Paris pour apporter "(s)on soutien aux victimes" de la marée noire de l'Erika et poser la question de la "responsabilité des multinationales sur ce qui se passe sur la planète".

"Le premier responsable, c'est l'entreprise Total", a estimé l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne. "C'est l'affréteur qui doit être aujourd'hui pénalement et civilement responsable par rapport à l'ensemble des dégâts écologiques, économiques et aussi de santé humaine", a-t-il ajouté.

Selon José Bové, les milliers de bénévoles qui ont nettoyé les plages ne savent pas quels risques ils ont pris. "On ne sait pas s'ils ne sont pas en train de développer un cancer", a dénoncé le militant altermondialiste. Il a également évoqué la faillite de milliers de personnes suite à la marée noire.

Il a fustigé les "multinationales". "Tout le monde dit que la planète brûle, qu'on a un vrai problème énergétique. Or aujourd'hui, on laisse ces questions à des entrepreneurs qui font des bénéfices énormes et n'ont absolument pas le souci du bien commun", a-t-il ajouté.

Total et quatorze autres prévenus sont jugés depuis lundi par le tribunal correctionnel de Paris pour déterminer leur responsabilité dans le naufrage du pétrolier Erika, le 12 décembre 1999, au large des côtes bretonnes. La marée noire qui a suivi a souillé 400km de littoral.

Les victimes, communes, régions et particuliers, ont reçu lundi le soutien de trois autres candidats à la présidentielle, Corinne Lepage, l'une de leurs avocates, Philippe de Villiers, partie civile, et Dominique Voynet, ministre de l'Environnement à l'époque des faits. AP
Yahoo.fr, actualités, mardi 13 février 2007, 13h55

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La peine de quatre mois de prison de José Bové convertie en jours-amende
AFP - Lundi 10 décembre, 14h51MILLAU (AFP) -

La peine de quatre mois de prison ferme à laquelle a été condamné en 2005 José Bové pour un arrachage d'OGM a été convertie en jours-amende, a annoncé lundi le leader altermondialiste à la sortie du tribunal de grande instance de Millau où il était convoqué lundi par la juge d'application des peines.

Le procureur de la République et la juge d'application des peines ont accepté d'aménager la peine de prison en jours-amendes dont le nombre et le montant seront notifiés à ses avocats le 17 décembre, a ajouté José Bové.

Le leader altermondialiste a par ailleurs annoncé qu'il observerait une grève de la faim avec des militants opposés aux organismes génétiquement modifiés (OGM) à compter du 3 janvier 2008 afin de protester contre le fait qu'un véritable moratoire n'ait pas été décidé par le gouvernement à l'issue du Grenelle de l'environnement.

Déchirant une photocopie du décret du ministère de l'Agriculture ayant suspendu la semaine dernière l'utilisation du Mon 810, maïs OGM de la firme Monsanto cultivé en France, jusqu'au 9 février 2008 seulement, José Bové a estimé que c'était "complètement inacceptable".

"Les jours-amende, c'est le moins important (...), aujourd'hui, ce qui est grave c'est que le gouvernement a pris la décision d'aller à l'encontre de ce qui avait été dit au Grenelle de l'environnement, de ce qui avait été dit par le président de la République, et à l'Assemblée nationale, par Jean-Louis Borloo", le ministre de l'Ecologie, a-t-il poursuivi.

"Quand la parole publique est bafouée, les citoyens doivent agir. Il faut que l'année 2008 soit une année sans OGM, que le moratoire soit effectif", a-t-il insisté.

"L'aménagement (de peine) prévu aujourd'hui va permettre que le combat continue. On sera plus efficace dans la rue en faisant une grève de la faim que derrière les barreaux", a-t-il encore dit devant plusieurs dizaines de militants anti-OGM rassemblés devant le tribunal.

José Bové avait été condamné en novembre 2005 par la cour d'appel de Toulouse à quatre mois de prison ferme pour un arrachage de plants de maïs transgénique à Menville (Haute-Garonne) un an plus tôt. Une peine confirmée en février par la Cour de cassation.

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José Bové entame sa grève de la faim contre le maïs OGM à Paris Le Monde 03.01.08 | 08h23 Laure Bretton

PARIS (Reuters) - José Bové a débuté une grève de la faim pour obtenir que la France active la clause de sauvegarde, qui permet à un État de l'Union européenne d'interdire la culture d'un OGM autorisé par Bruxelles.

Invité sur RTL, le leader altermondialiste a expliqué qu'il s'était installé depuis mercredi soir dans des locaux parisiens, sans donner plus de précision, avec une quinzaine de personnes pour faire pression sur le gouvernement.

Ce mouvement de protestation est lancé pour que le "point emblématique" du Grenelle de l'environnement sur les OGM "ne passe pas à la trappe sinon c'est l'ensemble du Grenelle qui va passer pour une espèce de mascarade, un show médiatique et je pense que l'écologie mérite mieux que ça", a-t-il déclaré.

Pour qu'il revienne sur sa décision, la "condition est simple c'est l'envoi de cette clause de sauvegarde et le fait qu'on ait une preuve matérielle que cette clause a été envoyée", a expliqué José Bové.

"Cette lettre doit partir de Paris, arriver à Bruxelles et c'est à ce moment là que nous arrêterons cette grève de la faim et j'espère que ce soit le plus rapidement possible", a-t-il souligné.
Laure Bretton

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OGM Ségolène Royal soutient la grève de la faim de José Bové NOUVELOBS.COM | 04.01.2008 | 14:40

Le leader altermondialiste veut obtenir l'activation par la France de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM. Il s'est installé rue de la Banque à Paris, dans le "ministère de la crise du logement".

José Bové, qui a entamé une grève de la faim pour obtenir un moratoire sur les OGM en plein champ, a reçu jeudi 3 janvier le soutien de plusieurs personnalités de gauche, dont celui de Ségolène Royal.

L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle a rendu visite jeudi après-midi au leader altermondialiste, ainsi qu'à la quinzaine de militants également en grève de la faim, dans leur quartier général installé dans le "ministère de la crise du logement", rue de la Banque, dans le IIe arrondissement de Paris.

"Je respecte et je salue ce courage politique", a lancé Ségolène Royal, louant "une posture morale par rapport aux enjeux". "C'est une question de morale en politique" et "un enjeu de santé publique", a-t-elle affirmé, ajoutant: "un moratoire a été promis sur les OGM en plein champ, cette promesse doit être tenue".

"Rendre publiques les enquêtes sanitaires"

L'ex-ministre de l'Environnement a réclamé la "transparence du débat démocratique", et a appelé à "faire toute la clarté sur les enjeux financiers considérables, et notamment de la firme Monsanto, qui se jouent derrière la diffusion des OGM", ainsi qu'à "rendre publiques toutes les enquêtes sanitaires" sur le sujet. "Il faut accélérer la recherche scientifique dans ce domaine pour faire reculer la pauvreté à l'échelle de la planète", a encore jugé Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charentes a aussi rappelé qu'elle avait confié à José Bové, durant la campagne présidentielle, "une étude" sur la souveraineté alimentaire. Elle a ajouté: "nous allons continuer à travailler ensemble, s'il le souhaite". José Bové a estimé que le soutien de cette "première personnalité politique" était "très important".

Soutien du PS, du PC, des Verts

José Bové et les grévistes de la faim ont également reçu le soutien du groupe des députés socialistes. Philippe Martin, député du Gers et vice-président du groupe PS, est venu jeudi en fin de journée, au nom du groupe PS, exprimer son "soutien" et son "amitié" à José Bové. Le Parti communiste parisien s'est dit pour sa part "solidaires" de José Bové, estimant que "c'est un véritable moratoire sur les OGM qui s'impose aujourd'hui. Cela supposerait que la France active la clause de sauvegarde".

Enfin Les Verts ont déclaré qu'ils partageaient le combat contre les OGM et que le Grenelle de l'environnement s'était conclu sur "une promesse minimale": "un moratoire des cultures plein champ du maïs MON810 avec dépôt de la clause de sauvegarde prévue par l'Union européenne permettant de déroger au libre marché en cas de danger pour la population". Les grévistes de la faim reprochent au gouvernement de ne pas avoir activé la clause de sauvegarde auprès de l'Union européenne, qui permet à un Etat membre d'interdire provisoirement la culture d'un OGM autorisé sur le plan européen. Le gel des cultures OGM fixé par le gouvernement français prend fin le 9 février prochain.

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OGM : prison ferme requise contre Bové Le Parisien.fr Eric Moreau | 28.08.2008, 07h00

Douze militants anti-OGM, dont José Bové, sont poursuivis pour avoir dégradé, le 4 novembre 2006 , 2 300 t de maïs transgénique stockés dans un silo à Lugos (Gironde) . Hier soir, le procureur a requis huit mois de prison ferme et quatre ans de suppression de droits civiques à l’encontre de José Bové, avançant des « agissements compulsifs » et un « oedipe mal négocié ».
Les onze autres accusés risquent entre quatre et six mois de prison avec sursis.
Le procureur a requis dix mois de sursis contre Marc Giblet, le propriétaire du silo.

Le procès qui s’est ouvert hier matin au tribunal correctionnel de Bordeaux dans une ambiance électrique mettait côte à côte les faucheurs volontaires et Marc Giblet, le propriétaire du silo, partie civile.
Il est lui-même poursuivi pour violence avec arme, car il avait tiré un coup de feu lors de l’action et percuté avec son 4 x 4 trois voitures garées sur le chemin de son exploitation.

Une à une, l’audition des prévenus commence. « Nous nous battons contre quelques aventuriers décidés à produire du maïs OGM pour le commercialiser en Espagne où les règlementations sont laxistes… J’ai déjà été emprisonné quatre mois pour mes actions et je suis prêt à y retourner pour avoir mis du brou de noix dans ce silo afin d’en établir la traçabilité », déclare José Bové.

Pour les acteurs de la lutte contre les OGM, la journée est aussi l’occasion de mettre à nouveau en lumière le combat mené contre l’utilisation de maïs transgénique et notamment le Monsanto 810 dont la culture est désormais interdite.
« Au regard de cette décision, nous attendons un acquittement », déclarait avant l’ouverture des débats Patrice Rauet, l’un des coaccusés. « On veut nous condamner pour avoir eu raison avant l’heure ! » renchérit plus tard José Bové.

« Nous ne sommes pas des ragondins »

Autre figure de la journée, Marc Giblet, propriétaire du silo et exploitant de 1 700 ha (dont 200 ha de maïs transgénique au moment des faits). « La destruction d’un stock considérable de maïs est un préjudice important », déclare l’avocat de l’agriculteur, M e Frézal.
Son client est poursuivi pour violence avec arme : « Je vois des personnes déverser des quantités d’eau sur mon silo. J’ai en permanence un fusil de chasse chargé de plombs pour tuer les ragondins. Je le prends et je tire en l’air… »
« Nous ne sommes pas des ragondins », réplique l’un des faucheurs à la barre. Déjà indemnisé à hauteur de 497 000 € par son assurance, l’exploitant demande 500 000 € de dommages et interêts. Les avocats de la défense ont obtenu un délai supplémentaire et plaideront ce matin. Le jugement sera mis en délibéré.

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Relaxe pour José Bové lefigaro.fr avec AFP 17/09/2008 | Mise à jour : 16:55 | Figaro/Bouchon
Le leader altermondialiste comparaissait pour avoir envahi, en 2006, des entrepôts du semencier Monsanto.

Retour sur 10 ans de lutte contre les OGM et la malbouffe qui ont souvent conduit José Bové devant le juge.

En cours - audience de délibéré prévue le 22 octobre : destruction de maïs transgénique à Lugos. José Bové et onze militants anti-OGM dégradent, en novembre 2006, un stock de 2.300 tonnes de maïs transgénique dans un silo à Lugos, en Gironde. Exaspéré l'exploitant agricole tire en direction des faucheurs.
Le procureur du tribunal de Bordeaux a réclamé mi-août huit mois de prison ferme et quatre ans de privation des droits civiques, civils et familiaux à l'encontre de José Bové, entre quatre et six mois avec sursis pour les autres faucheurs et dix mois avec sursis contre l'agriculteur.

17 septembre 2008: l'assaut contre des hangars Monsanto à Trèbes. Le tribunal de Carcassonne relaxe José Bové et 30 militants anti-OGM. Le procureur avait réclamé, en juillet dernier, une amende de 3.000 euros, «dont une grande partie avec sursis» pour entrave à la liberté de travail et dégradations suite à leur action d'avril 2006.

4 septembre 2008 : fauchage de maïs transgénique à Daux. 41 faucheurs dont José Bové sont poursuivis pour avoir arraché plusieurs hectares de maïs OGM (MON 810), en juillet 2006 à Daux. Le procureur du tribunal de Toulouse a condamné le leader altermondialiste à s'acquitter de 180 jours-amende à 100 euros, soit un total de 18.000 euros.

Décembre 2007 : arrachage de maïs à Menville. La cour d'appel de Toulouse condamne initialement en 2005 à 4 mois ferme de prison le leader altermondialiste pour sa participation en 2004 à l'arrachage de mais transgénique dans un champ de Menville. La Cour de Cassation confirme le jugement début 2007 mais ne prive pas l'opposant à la Malbouffe de ses droits civiques. Il peut donc se présenter à la présidentielle de 2007.

José Bové prévient qu'il refusera toute aménagement de peine comme le port du bracelet électronique et que si jamais sa condamnation devient effective lors de la campagne, il se considérera comme prisonnier politique. Il échappe finalement à la prison. Le juge d'application des peines transforme, en décembre 2007, sa sentence en jours-amende. José Bové devra s'acquitter de 40 euros pendant 120 jours (soit 4800 euros).

Février 2005 : l'affaire Nestlé. L'ancien réfractaire au service militaire est mis en examen à Millau, par un juge d'instruction suisse, pour une manifestation devant le siège de Nestlé à Vevey deux ans auparavant.

Février 2003 : les plants de riz transgéniques de Montpellier. L'éleveur de moutons est condamné à 10 mois avec sursis pour avoir détruit des plants de riz transgénique en 1999. La sentence est portée en appel à six mois fermes et 7.622 euros d'amende. A ces 6 mois ferme se rajoute les quatre mois avec sursis récoltés dans l'affaire Novartis, José Bové doit effectuer 10 mois d'emprisonnement. Alors que le berger est écroué à Villeneuve-lès-Maguelone, Jacques Chirac lui accorde en juin 2003 deux mois de remise de peine, qui complètent les deux mois de grâce collective présidentielle du 14 juillet.

Octobre 2002 : le colza de Gaudiès. Le tribunal de Foix prononce 100 jours-amende à 30 euros pour le fauchage à Gaudiès d'un champ de colza transgénique.

Mars 2001 : affaire de la préfecture de l'Aveyron. José Bové et huit membres de la Confédération paysanne (CP) sont déclarés coupables, en 1999, de «violence en réunion» sur des fonctionnaires de la préfecture de l'Aveyron qu'ils ont brièvement séquestrés. Toutefois, le tribunal de Rodez les dispense de peine. Deux ans plus tard, la cour d'appel de Montpellier condamne le fondateur de la CP à 914,69 euros d'amende.

Septembre 2000 : le McDonald's de Millau. Le célèbre démontage en 1999 d'un chantier d'un restaurant de la firme américaine, pour s'opposer aux sanctions douanières imposées par les Etats-Unis contre des produits européens, lui vaut trois mois d'incarcération. Le militant crée l'événement en se rendant en prison sur son tracteur.

Automne 1998 : manifestation contre les essais nucléaires. Le tribunal de première instance de Papeete le reconnaît coupable d'entrave volontaire à la navigation d'aéronef mais le dispense de peine. José Bové avait manifesté autour du site militaire de Mururoa contre la reprise des essais nucléaires français dans l'atoll du Pacifique Sud.

Février 1998 : Destruction d'un stock de semences OGM de Novartis à Nérac. Le tribunal d'Agen le condamne à huit mois d'emprisonnement avec sursis et à la privation de ses droits pendant trois ans. La cour d'appel de Montpellier ramènera, en 2003, à quatre mois la peine de sursis.

1976 : les premières luttes du Larzac. Alors qu'il vient de s'installer dans le Larzac pour élever des moutons, José Bové participe à la lutte contre l'extension du camp militaire. Il fait trois semaines de prison préventive, et est condamné à quatre mois avec sursis et privation de ses droits civiques pour activités antimilitaristes.

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Eva Joly et José Bové roulent pour Cohn-Bendit
Aurélie Ladet | 20.10.2008, 22h37 | Mise à jour : 21.10.2008, 13h24 le parisien.fr

D'un côté, une ancienne magistrate, juge d'instruction rendue célèbre dans l'affaire politico-financière d'Elf. De l'autre, un "repris de justice", qui revendique "la désobéissance civique" quand il fauche un champ OGM...
Deux personnalités fortes, deux parcours différents, unis sur une seule et même liste pour les élections européennes de 2009.

Eva Joly et José Bové ont rejoint le mouvemement Europe-Ecologie autour du député européen Vert, Daniel Cohn-Bendit. Une liste de signataires encore provisoire, présentée lundi face à la presse comme le «green deal» nécessaire devant l'«urgence» de la crise écologique.

Sur la tribune aussi, d'autres personnalités entouraient l'ex-leader de mai 68: Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, le président du Mouvement écologiste indépendant (MEI) Antoine Waechter, ou encore Jean-Paul Besset, un proche de Nicolas Hulot.

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Malbrough s'en va-t-en guerre