Décembre 2007 : Guillaume Dasquié poursuivi par la DGSE pour la publication de documents confidentiels
Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié

Spécialistes du renseignement économique, auteurs de Ben Laden - La vérité interdite, Denoël, Paris 2001, 2002.
Guillaune Dasquié à publié Secrètes affaires, Flammarion, Paris 1999 ; Effroyable mensonge, La Découverte, Paris 2002 ; Les nouveaux pouvoirs, Flammarion, Paris 2003 ; Al-Qa'ida vaincra, Privé, Paris, 7 avril 2005.

1
Le Département d'Etat "parrain" des talibans
L'émergence en 1994 des « étudiants en religion », un nom générique qui se traduit donc par le mot « taliban» en langue pachtoune, se révèle indissociable des enjeux pétroliers et gaziers de la région.
Ils expliquent pourquoi plusieurs Etats ainsi que de grandes compagnies pétrolières ont misé sur ce groupe de moines soldats, perçu comme le seul capable d'instaurer un gouvernement fort, source de stabilité et de sécurité.

Car un peu plus au nord, au-delà des montagnes afghanes, les riches sous-sols du Turkménistan, de l'Ouzbékistan et surtout du Kazakhstan présentent un intérêt à condition de s'affranchir des contraintes géographiques.

Donc de transporter le pétrole et le gaz dont ils regorgent en utilisant, par exemple, l'Afghanistan.

Concrètement: extraire et vendre ce pétrole et ce gaz suppose de les faire cheminer soit par l'ouest, en leur faisant traverser la Russie ou l'Azerbaïdjan avant d'atteindre la Turquie et un terminal en Méditerranée; soit par le sud-ouest en passant par l'Iran; soit enfin par le sud en passant par l'Afghanistan. Ainsi, le projet de pipeline Chardzhou (au Turkménistan)-Gwadar (ville pakistanaise sur les rives du golfe Persique) traverse l' Afghanistan de part en part et passe non loin de la ville d 'Herat.
De la même manière, le projet de gazoduc entre Daulatabad (terminal au Turkménistan reliant déjà d'autres installations gazières de la région) et Multan (Pakistan) court à travers les vallées afghanes, en passant notamment à proximité de Kandahar. Pour de nombreuses compagnies pétrolières occidentales et leur gouvernement, et d'abord pour les États-Unis, la solution afghane présente un intérêt politique majeur. Elle constitue l'alternative rêvée à des tracés flirtant avec la Russie ou pénétrant en Iran. Des solutions qui supposent de négocier directement avec Moscou ou Téhéran, en adoptant la position de « demandeur », un véritable cauchemar pour Washington qui multiplie les initiatives pour contenir l'influence de ces pays en Asie centrale.
Ben Laden, La vérité interdite, folio documents n°6, 2002, p. 44-45

2
Mollah Omar, un allié encombrant

Simultanément, alors que les taliban montrent leur vrai visage, le problème Bin Laden surgit pour l' Ahghanistan.
Depuis près de deux ans environ, les sunnites fondamentalistes d'origine saoudienne désignent les États-Unis comme leur principal ennemi. Dans leur quartier général de Khartoum au Soudan, et avec l'aide de leurs bases arrière implantées dans des régions du Yémen que ne contrôle pas l'armée, ils planifient les premières actions contre ces impérialistes qui souillent la terre saoudienne, où siègent les lieux saints de l'Islam.

Ossama Bin Laden appartient au nombre de leurs chefs. Déchu de la nationalité saoudienne en avril 1994 pour avoir vertement critiqué le pouvoir en place et sa soumission aux États-Unis, à la plus grande joie des autorités religieuses, on l'accuse déjà d'être l'instigateur d'un attentat survenu le 25 juin 1996 contre la résidence des militaires américains de Khobar, en Arabie Saoudite.

Grâce à ses ressources financières, on dit qu'il formerait un mouvement politique partisan de l'islam le plus pur, contre la corruption de la monarchie régnante, et qui regrouperait les anciens combattants d'origine arabe de la guerre contre les Soviétiques. Or, à la même période, on le croise à plusieurs reprises en Afghanistan, dans la ville de Jalalahad, le fief du chef intégriste Gulbudin Hekmatyar, ancien compagnon d'armes au temps de la guérilla contre l'armée rouge, et surtout ancien chef de Mohammed Omar, le nouvel homme fort du pays.

Ce premier retour en Asie centrale, après son départ de 1991, intervient au mois de mai 1996, alors que son protecteur, le chef d'Etat soudanais Omar al-Bashir, décide de se rendre en pèlerinage à La Mecque en Arabie Saoudite. Pour ne pas embarrasser les relations de son hôte avec la monarchie saoudienne, Ossama Bin Laden s'envole vers le Pakistan, et de là rejoint pour quelques semaines la cité de Jalalabad. Ses deux fils, Saad et Abdurahman, demeurent dans un premier temps au Soudan, puis le rejoignent environ six mois plus tard.
Au début de l'année 1997, après des offensives infructueuses contre le régime libyen du colonel Muammar Kadhafi, Ossama Bin Laden décide de s'installer définitivement en Afghanistan.
Ibidem, p. 58-60

3
Chronique d'une négociation interdite (5 février 2001, 2 août 2001)

Nous sommes au commencement de l'année 2001, et voilà donc dans quel environnement intervient Laila Helms, l'experte en relations publiques des taliban. Au lendemain de l'étrange déclaration faite au quotidien The Times, le 5 février 2001, qui invite la nouvelle administration à reprendre le fil des négociations, elle prend en charge la visite aux Etats-Unis de l'ambassadeur itinérant Sayed Rahmatullah Hashimi, représentant le mollah Omar. Pourquoi tant de changements de cap en si peu de temps - en l'espace de trois mois tout au plus?

Bien évidemment, le nombre - démesuré - de responsables de la nouvelle administration Bush issus du secteur de l'industrie énergétique pose question. Tous mesurent parfaitement les enjeux économiques liés à une stabilisation de l'Asie centrale, et aucun d'entre eux n'a oublié les projets de gazoduc développés naguère en Afghanistan. Car, après tout, les compagnies pétrolières et gazières du Texas ne forment-elles pas le groupe des premiers contributeurs de la campagne de Bush junior ?
Une fois aux affaires, la nouvelle équipe s'en souviendra, en décidant par exemple d'ouvrir à la prospection pétrolière les réserves naturelles d'Alaska (le 29 mars 2001) et en rejetant le protocole de Kyoto sur les émissions polluantes, qui déplaît tant au secteur énergétique. Le curriculum vitae des nouveaux responsables qui servent W. Bush vaut toutes les explications.

Le vice-président Dick Cheney lui-même a longtemps dirigé Halliburton, leader mondial des prestataires de service de l'industrie pétrolière, qu'il a quitté au moment de la campagne présidentielle. Condoleeza Rice, directrice du Conseil national de sécurité, l'organe suprême de sûreté qui chapeaute toutes les agences de renseignement, a passé neuf ans chez Chevron. Au sein de ce géant du pétrole, elle a assumé des fonctions de directrice de 1991 à 2000. Elle intervenait régulièrement sur les dossiers portant sur l'Asie centrale - en particulier le Kazakhstan où Chevron est très implanté -, en sa qualité d'ex-soviétologue accomplie (elle collaborait autrefois aux travaux du Conseil national de sécurité, sous Bush père).

Donald Evans, secrétaire au Commerce et ami intime de W. Bush, a accompli l'essentiel de sa carrière dans le secteur pétrolier, en tant que président de Tom Brown, de même que Spencer Abraham, secrétaire à l'Énergie. Quant à Kathleen Cooper, sous-secrétaire au Commerce en charge des affaires économiques, elle était la chef économique du géant mondial Exxon.
Ibidem, p. 74-76

4
Les réseaux saoudiens du fondamentalisme

« L'Arabie Saoudite n'a plus de budget consacré au terrorisme. Mais les 4000 princes qui dirigent le royaume financent au coup par coup les mouvements islamistes, comme autrefois on achetait des indulgences.» «Citons, par exemple, Youssef Djamil Abdelatif, richissime financier saoudien actionnaire de Sony, qui offrit un million de dollars à Ahmed Simozrag, l'un des trésoriers du FIS. Pour ce qui est de l'aide privée, les hommes d'affaires saoudiens, possédant des fortunes colossales, continuent de financer tel ou tel mouvement [dont celui d'Ossama Bin Laden qui, bien qu '] officiellement désavoué par le royaume saoudien [...] reste en contact étroit avec sa famille, l'une des plus riches du royaume saoudien, ainsi qu'avec le clan ultra-puissant des Sudeiri. "

L'Arabie Saoudite développa tout un tissu bancaire destiné dans un premier temps à financer le développement de pays émergents à la condition que ces derniers se rendent perméables à la propagation d'un islam sunnite de rite « hanbalite " (celui-là même qui influence le « wahhabisme " saoudien). La principale agence bancaire fut créée en 1973, la Bill, Banque islamique de développement, dont la monarchie saoudienne détient 25 % du capital. Cette dernière a notamment compensé les sanctions financières imposées au Pakistan, suite à ses essais nucléaires de 1998, en relevant le plafond de ses prêts de 150 à 400 millions de dollars. Afin de rendre plus opaque la finance islamique, d'autres agences bancaires furent créées comme le « Fonds de développement de l'OPEP pour les affaires internationales" (30 % de capitaux saoudiens), la « Banque arabe pour le développement économique en Mrique" (24,4 % de capitaux saoudiens), Dar Al Mal al Islami ou Al-Baraka.

C'est également dans un souci de prosélytisme islamique que fut créée en décembre 1962 la «Ligue islamique mondiale ", dirigée par Abdullah Bin Saleh Al Obaïd. La ligue dispose de représentations dans plus de 120 pays. Dotée de moyens financiers importants, elle finance la construction de mosquées et de centres islamiques partout dans le monde. En Europe, elle a à son actif la construction des mosquées de Madrid, Rome, Mantes-la-jolie, Evry, Copenhague.

Comme on peut le constater, l'Arabie Saoudite joue un rôle clé dans la propagation d'un islam dur dans le monde, notamment par l'intermédiaire des pétrodollars, utilisés habilement dans le cadre de projets d'islamisation. Parfaitement intégrée au système capitaliste, elle en utilise tous les rouages, tant et si bien que ses capitaux sont désormais devenus indispensables à la bonne marche de l'économie mondiale. Réserve énergétique de première importance, le royaume saoudien voit ses activités de prosélytisme protégées par la super-puissance du moment, les Etats-Unis. Il paraît donc peu probable qu'un frein soit apporté, à court ou moyen terme, à la propagation du fondamentalisme islamique, sur lequel s'appuient des groupes d'une extrême violence, comme le Hamas en Palestine, les taliban en Afghanistan ou le GIA en Algérie.

Ossama Bin Laden est en quelque sorte le produit ou l'émanation de cette politique. Dès 1978, i1 fonde à la demande du chef des services de renseignement saoudiens, le prince Turki Al Faisal, une organisation capable d'exporter sur le sol afghan l'islam combattant, la « Légion islamique ».
Ibidem, p. 111-113

5
Les réseaux saoudiens du fondamentalisme

Alors, l'Arabie Saoudite a-t-elle «joué avec le feu» en soutenant la cause de l'islamisme radical? A-t-elle été dépassée par ses propres constructions et schémas plus ou moins opaques pour soutenir le fondamentalisme? Les éléments recueillis nous font douter de cette explication. Il existe en effet des liens étroits et souvent familiaux entre les différents protagonistes de l'islamisme radical, qui ne doivent malheureusement rien au hasard.

Cette politique lui assurait la prééminence sur le nationalisme arabe et sur l'Iran dans la promotion de l'islam. Elle condamnait également et dans le même temps l'Occident à entrer en conflit avec les radicaux soutenus par la première puissance islamique du monde. On a trop souvent dit, et c'est encore aujourd'hui un alibi commode pour certains esprits naïfs, qu'Ossama Bin Laden était une créature» de la CIA, pour la seule raison que les Etats-Unis avaient contribué, sans doute indirectement et temporairement, à ses objectifs radicaux en finançant et en soutenant les rebelles moudjahidine contre les Soviétiques en Afghanistan au cours des années 80.

Si les États-Unis ont aidé Bin Laden, ce fut dans une large mesure la conséquence involontaire de leurs propres ambitions dans la région. Le soutien saoudien s'inscrit en revanche, lui, dans le cadre d'une politique voulue, claire et sans ambiguïtés quant à l'essor de l'islam dans le monde. À la lumière de ces révélations, Ossama Bin Laden apparaît d'abord et avant tout comme un produit du wahhabisme et un instrument du royaume saoudien qui ont tous deux trouvé des éléments de convergence tels qu'ils les liaient durablement.

L'attitude saoudienne dans le cadre de l'organisation de la riposte américaine aux attentats du 11 septembre démontre à cet égard le trouble du régime à l'égard d'Ossama Bin Laden. Le refus du royaume d'autoriser sur son sol la présence de forces américaines pour frapper l'Afghanistan illustre cette tolérance mutuelle qui existait entre l'Arabie Saoudite et Bin Laden : la première n'ayant jamais coopéré avec les Etats-Unis dans les enquêtes en cours, de crainte de provoquer les radicaux du royaume; le second ayant pris soin d' « épargner,> le royaume, alors même qu'il en fustigeait l'attitude dans ses premiers écrits.

On parle volontiers de « terrorisme d'Etat» s'agissant de la Libye ou de l'Iran. L'Arabie Saoudite est absente des listes noires pour la simple et bonne raison qu'elle est incontournable sur la scène pétrolière mondiale. Sans cette manne, il est probable qu'elle y figurerait en bonne place.

Ossama Bin Laden n'est que la figure emblématique d'enjeux et d'intérêts religieux et financiers majeurs qui sous-tendent l'avenir même du régime saoudien. Les réseaux qui le soutiennent sont marqués par la permanence, qu'il s'agisse de la BCCI, des banques islamiques ou des organisations humanitaires, et il est peu probable qu'ils disparaissent avec Ossama Bin Laden.

Le véritable enjeu est désormais ailleurs, et réside dans notre capacité à remettre en cause le soutien politique et financier apporté par l'Arabie Saoudite aux mouvements fondamentalistes dans le monde, tendance lourde, continue et sans doute durable si l'Occident ne parvient pas à entraver cette « marche forcée» du royaume.

Nous avons longtemps fermé les yeux sur cette situation pour mieux préserver la sécurité de l'allié saoudien, laissant se développer les germes d'un fondamentalisme devenu incontrôlable, et renonçant à exercer toute forme de pression sur un pouvoir qui défend encore aujourd'hui l'indéfendable, et lui permet d'exister politiquement, matériellement et financièrement.
Ibidem, p. 129-131

----------

DGSE : un journaliste en examen
Justice. Guillaume Dasquié est poursuivi pour la publication de documents confidentiels.
JEAN-DOMINIQUE MERCHET, Libération, QUOTIDIEN : samedi 8 décembre 2007

Il ne fait pas bon publier dans la presse des documents estampillés «confidentiel-défense». C’est illégal. Pour s’y être risqué, le journaliste Guillaume Dasquié a été placé mercredi matin en garde à vue, puis mis en examen, jeudi soir, pour «détention et divulgation au public de renseignement ayant le caractère d’un secret de la défense nationale», une infraction passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende.

A la suite d’une plainte contre X déposée par le ministère de la Défense, il est reproché à Guillaume Dasquié d’avoir publié, dans le Monde du 18 avril, des «notes de synthèses» classifiées provenant de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Source.

Interrogé par Libération, le journaliste confie être sorti «choqué» et «traumatisé» par ses trente-huit heures de garde à vue dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (DST) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Les enquêteurs voulaient lui faire lâcher le nom de sa source, c’est-à-dire de la personne qui lui a confié, sous la forme de photocopies couleur et noir et blanc, un ensemble de 68 notes confidentielles, soit 328 pages au total.

Les documents en question décrivaient en détail le contenu des enquêtes de la DGSE sur Al-Qaeda avant le 11 septembre 2001, notamment le projet de détournement d’un avion à partir de l’Europe. Tous ces documents avaient été transmis à la CIA et certains contenaient des informations sur la coopération avec des services étrangers, notamment des informations transmises par l’Ouzbékistan sur les terroristes islamistes.

Journaliste spécialisé dans les questions de renseignement, animateur du site geopolitique.com, Guillaume Dasquié avait proposé son enquête au Monde sous forme d’une pige. La publication de ces documents avait alors fait l’objet d’une «démarche éditoriale raisonnée, longuement discutée avec le Monde».

Fuite.

A la DGSE, on juge «très rare un tel cas de fuite». «Nos documents circulent et il arrive que des journalistes puissent les lire et s’en servir pour leurs articles, poursuit-on boulevard Mortier. Mais là, c’est différent. Ce qui lui est reproché, c’est d’avoir détenu et rendu public des documents secrets». «Cette affaire est très pénalisante pour nous», ajoute la DGSE.

Pour les enquêteurs de la DST, le problème est avant tout d’identifier le ou les fonctionnaires qui ont délibérément remis à un journaliste des documents concernant la traque des islamistes. «J’ai tenu bon pour protéger ma source directe, c’est-à-dire la personne qui m’a remis les documents en main propre, mais je n’ai pas pu protéger l’ensemble des gens qui ont permis que ce dossier me soit communiqué», reconnaît Guillaume Dasquié, qui avoue «avoir pleuré en regagnant sa cellule».

Durant sa garde à vue, Guillaume Dasquié a été longuement interrogé par le numéro 2 de la DST, Gilles Gray, et le substitut du procureur Alexandre Plantevin. «Hors procédure, ils m’ont menacé de détention préventive» raconte le journaliste. Des affirmations «totalement mensongères», selon le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin.

«Intérêt général».

Les enquêteurs croyaient avoir trouvé le coupable au sein de la DGSE. Un fonctionnaire - dont l’identité n’a pas été révélée - a en effet été arrêté en même temps que le journaliste et interrogé comme lui par la DST. Mais au cours de la garde à vue, les policiers ont vite compris que ce fonctionnaire n’était pas la personne qu’ils recherchaient.

Restait donc le journaliste. A peine libéré, et placé sous contrôle judiciaire, Guillaume Dasquié a affirmé que «le journalisme d’investigation constitue un garde-fou indispensable pour notre démocratie». Il s’appuie, explique-t-il, sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qui reconnaît le droit des journalistes à publier des informations confidentielles «au cas par cas», en fonction de «l’intérêt général».

De son côté, l’association Reporters sans frontières a estimé qu’«on ne peut pas faire porter la responsabilité de fuites à un journaliste. Il ne doit pas être traité ainsi».

-------

Vers Première Page