Ancien professeur de géopolitique au Collège Interarmées de Défense (sanctionné par le ministre de la Défense Hervé Morin le 05 février 2009), Directeur de la Revue française de géopolitique
Aymeric Chauprade. Géopolitologue, auteur notamment de Introduction à l'analyse géopolitique, Ellipses, Paris, 1999, Géopolitique, constantes et changements dans l'histoire, Ellipses, Paris 2001 ; Introduction à l'analyse géopolitique, Ellipses, Paris 1999 ; co-auteur avec François Thual de Dictionnaire géopolitique, Ellipses, Paris 1998.
A propos de la colonisation
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Le fait géopolitique majeur de l'Afrique reste donc l'ethnie et ses subdivisions (clans et tribus). Bien sûr, on ne peut réduire les conflits au seul facteur ethnique. Bien d'autres déterminants agissent comme ceux de la géographie physique lorsque l'on rencontre des discontinuités ou des enclaves territoriales (Casamance, bande de Caprivi...) ; comme les ressources économiques, carburant du pouvoir (en Angola, pétrole pour un clan, diamant pour l'autre) ; comme les divisions socio-économiques (citadins/ruraux ; pasteurs/agriculteurs ; nomades/sédentaires...) comme le rôle des puissances extérieures qui clientélisent les divisions internes des États africains; ou encore comme le rôle des pouvoirs économiques transnationaux (firmes multinationales)...
La colonisation est-elle responsable des conflits africains ? in L'Afrique réelle, n°34, hiver 2002, p. 3-12.
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Il est donc absurde de parler de responsabilité de la colonisation sur les conflits contemporains que connaît l'Afrique. La colonisation avait gelé les conflits inter-africains, faisant chuter considérable ment la mortalité des populations civiles, et ce d'autant que dans le même temps elle répandait la médecine européenne.
Force est de constater que le bilan géopolitique de l'Afrique noire post-coloniale est lui catastrophique : des millions de morts, en Angola, au Soudan, un génocide dans les Grands Lacs (durant la seule année 1994, on estime que la population du Rwanda est passée de 7,8 millions à 5,5 millions d'habitants ; la même année, selon l'O.N.U. le conflit angolais faisait plus de 1000 morts par jour), des guerres civiles atroces au Libéria, au Sierra Leone, et partout l'instabilité politique, les coups d'État, l'insécurité alimentaire, le recul de l'hygiène, le développement des persécutions racistes contre les Blancs au Zimbabwe. Les ex-États colonisateurs, lassés sans doute du gâchis énorme, s'éloignent de l'Afrique noire ; la France en particulier, parœ qu'elle ne rêve plus que d'Europe fédérale et tourne le dos à sa vocation mondiale; mais aussi l'Angleterre qui ne dit mot face à la tyrannie de Mugabe.
Et plus les ex-colonisateurs s'éloignent, plus l'Afrique s'enfonce en continuant, aveugle, de jeter
tous les maux sur le dos des Blancs: allant jusqu'à la révision complètl de 11 histoire : africano-centrisme négation du rôle déterminant d! l'esclavagisme noir, exagération d! l'importance économique et démo, graphique de la traite européenrn servant àjustifier des demandes d( compensations financières...
La seule chance pour 1'Afrique est que des puissances comme la France ou l'Angleterre s'y intéressent de nouveau sérieusement. Et aussi que l'Afrique fasse le bilan objectif de son histoire. Qu'elle repousse les flatteries d'une gauche qui la trompe en l'entretenant dans la haine de l'Occident, l'empêchant ainsi de faire son auto-critique pour repartir de l'avant.
Ibidem.
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13/02/2009 Blog de Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, Secret Défense,
CID : Chauprade porte plainte contre Morin pour "discrimination" devant la Cour de Justice de la République Rédigé le 13/02/2009 à 10:35 |
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