"Rallié" à Ségolène ...
Candidat en 2007 ??
Jean-Pierre Chevènement

Républicain socialiste souverainiste, hostile à la construction européenne de type fédéral, et à la politique économique libérale des Etats-Unis.

Ayant obtenu 5,33 % des suffrages exprimés à la présidentielle de 2002, il est responsable, avec la candidate radicale Christiane Taubira (2,31 %), de l'échec de Lionel Jospin (16,18 %), arrivé en troisième position après le candidat du Front national Jean-Marie Le Pen (16,86 %).

Ministre socialiste de l'Intérieur dans le gouvernement Jospin (1997), il démissionne en 2000 pour protester contre le projet de réglement de l'affaire Corse (autonomie).
Ministre socialiste de la Défense dans le gouvernement Rocard (1991) il démissionne pour protester contre l'intervention militaire de la France dans la guerre du Golfe.
Dit ses réserves lors de l'intervention américaine de l'OTAN en Serbie le 24 mars 1999.

Fondateur-président du Mouvement des citoyens.
Auteur, notamment, de Le Temps des Citoyens, Le Rocher, Paris/Monaco, 1993.

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Les Etats-unis, qui sont un grand pays et un grand peuple, ont pris sans l'avoir vraiment cherché le relais de l'hégémonie européenne au XXème siècle. Notre rôle devrait être de les aider à ce concevoir autrement que comme un Empire mondial, ce dont je pense qu'à long terme ils n'auront d'ailleurs plus les moyens.

Nous devrions plutôt les aider à se concevoir comme la grande nation qu'ils sont : une grande nation parmi d'autres, mais pas un empire. Cela supposerait que l'Europe soit capable de s'organiser par elle-même, non pas comme une réplique des Etats-Unis, mais comme une confédération souple de nations. Ce serait l'intérêt bien compris de l'humanité et des Etats-Unis eux-mêmes. Cela favoriserait la naissance d'un monde pluriel et stable à la fois, propice à l'apparition dans le Sud de nouveaux pôles de développement.

Il faudrait, pour cela, trouver à l'intérieur de l'Europe des équilibres entre les vielles nations de l'Ouest - essentiellement la France et la Grande-Bretagne, auxquelles il faudrait maintenant ajouter l'Italie et l'Espagne qui sont devenues des pays industriels majeurs - et d'autre part l'Allemagne, qui se retrouve aujourd'hui - même si elle n'en a pas le désir - en position hégémonique au coeur du continent.
Le Temps des Citoyens, p. 235.

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Publié le 07 novembre 2006 Actualisé le 07 novembre 2006 : 08h19 Jean-Pierre Chevènement candidat à l'élection présidentielle, RODOLPHE GEISLER. (Le Figaro)
Jean-Pierre Chevènement souhaite « mettre la gauche à la hauteur de ses responsabilités ».

FIN de suspens. Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a annoncé hier soir qu'il serait candidat à l'élection présidentielle de 2007.

« Oui, j'ai pris la décision d'être candidat à la présidence de la République », a déclaré très solennellement sur TF1 l'ancien ministre au journaliste qui l'interrogeait, Patrick Poivre d'Arvor.

« Cette décision s'est imposée à moi progressivement et avec la force de l'évidence », a-t-il dit à dix jours du vote des militants socialistes pour désigner leur candidat à la présidentielle. Cette déclaration n'est toutefois pas réellement une surprise. Il y a deux semaines, le maire de Belfort avait déjà annoncé dans plusieurs médias que sa candidature était plus que « probable ». Il la jugeait alors « utile et légitime pour élever le débat ».

« Notre pays va mal, on a l'impression que la France fout le camp, ma voix est nécessaire », a-t-il ajouté, hier, citant « Thomson, Pechiney, Arcelor » ou encore « les délocalisations industrielles, avec ces employés qu'on licencie ».

Or, selon lui, « les trois prétendants sont liés par le projet socialiste, que sur bien des points je considère comme ambigu, insuffisant voire dangereux ». Et d'ajouter : « Il faut redresser les choses. Mettre la gauche à la hauteur de ses responsabilités parce qu'on va ouvrir la voie à de nouvelles déconvenues. »

« Ce sera difficile »

Aujourd'hui âgé de 67 ans, Jean-Pierre Chevènement avait réalisé un score de 5,33 % au premier tour de l'élection présidentielle en 2002. Interrogé sur sa détermination à aller jusqu'au bout, il a répondu : « Bien évidement, quand on part, c'est pour aller jusqu'au bout. » « Ce sera difficile, a-t-il admis, mais je conquerrai mon espace, je ferai en sorte que la gauche soit en mesure de répondre aux attentes qui sont immenses dans notre pays. »

Bluff en vue de renégocier à la hausse un accord électoral pour les législatives avec le Parti socialiste ? Alors que le fil entre les deux partis est rompu depuis le mois de juin, la semaine dernière, Georges Sarre, premier secrétaire du MRC, avait déclaré que son parti était en droit de réclamer du PS - qui a gelé 36 circonscriptions pour le Parti radical de gauche (PRG) - 83 circonscriptions...

Ségolène Royal, candidate à l'investiture socialiste, qui était de son côté hier soir l'invitée du JT de France 2, a souhaité que Chevènement la rejoigne si elle est désignée comme candidate par les socialistes : « Je souhaite bien entendu que le moment venu, si je suis désignée, il puisse me rejoindre », a-t-elle déclaré. « J'ai beaucoup de respect pour Jean-Pierre Chevènement (...). J'ai appartenu au même gouvernement que lui et je l'ai toujours soutenu dans sa démarche concernant l'encadrement des jeunes (...). Il partageait avec moi la conviction qu'en réussissant l'éducation des jeunes, on les mettait le plus facilement dans la bonne direction », a-t-elle poursuivi.

Né le 9 mars 1939, Jean-Pierre Chevènement avait adhéré à la SFIO en 1964, avant d'entrer au Parti socialiste, qu'il quittera en 1993 pour cause de désaccord sur l'Europe. Après l'échec de la gauche au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, les socialistes en général, Lionel Jospin en particulier, avaient accusé Chevènement d'être à l'origine de leur défaite...
lefigaro.fr, Publié le 07 novembre 2006 Actualisé le 07 novembre 2006 : 08h19

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