Condoleeza Rice

La first (?) du harem de Bush

(Juin 2007) In love de Sarko ???
(Août 2006) La séductrice : la biz à Douste, dit "le bien bisé" ...
(Octobre 2005) Rice la menace
(Novembre 2004) Elle remplace Colin Powell le "modéré"
(Avril 2004) Sur la Bible elle prend fermement la défense de son maître "W"
(Septembre 2002) La profession de foi de Condoleezza
(Janvier 2002) Condoleezza, l'ombre de "W"
(Décembre 2000) Condoleezza Rice, une spécialiste de la Russie *

A la convention qui devait consacrer George W. Bush comme le candidat de son parti à l'élection présidentielle, Condoleezza Rice avait expliqué dans un discours passionné pourquoi, petite-fille d'un pauvre planteur noir de coton, originaire de l'Alabama, elle ne pouvait qu'être républicaine.
Sa conception de la politique étrangère, elle l'avait exposée avec cette faculté de synthèse qui suscite l'admiration, dans un article de la revue Foreign Affairs. Ce sont les deux faces de Condoleezza Rice, militante et spécialiste des relations internationales. Pendant la campagne électorale, elle a conseillé « W », peu porté sur le monde extérieur, et tout la destinait, en cas de victoire, à diriger le Conseil national de sécurité, où elle avait déjà siégé de 1989 à 1991, du temps de George Bush père.

Née le 14 novembre 1954, Condoleezza Rice a fait de brillantes études de sciences politiques avant de devenir une spécialiste de l'Union soviétique et du contrôle des armements. Parlant parfaitement le russe, elle a été professeur à la prestigieuse université californienne de Stanford, dont elle était proviseur avant de rejoindre l'équipe de George W. Bush.

Comme conseillère pour la politique étrangère et de sécurité, elle aura un rôle essentiel dans la formulation d'une diplomatie américaine d'après-guerre froide, alors qu'elle reproche à l'administration Clinton d'être restée prisonnière des schémas classiques.
Partisane du système de défense antimissile qui doit mettre un terme à une politique de sécurité fondée uniquement sur la dissuasion nucléaire, Condoleezza Rice cherchera aussi, en accord avec le nouveau secrétaire d'Etat, Colin Powell, à redéfinir l'engagement des forces armées américaines sur des théâtres extérieurs.
Elle a déjà fait comprendre que les soldats américains avaient été formés pour mener de vraies guerres et non « pour accompagner des enfants à l'école », allusion aux opérations de maintien de la paix, qu'elle laisserait volontiers aux Européens.
* Daniel Vernet, Le Monde, 19 décembre 2000, p. 2

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(Janvier 2002) Condoleezza, l'ombre de "W"

Elle aime l'intelligence, le pouvoir et l'argent. Elle est la conseillère pour la sécurité nationale du président George W. Bush. Elle s'appelle Condoleezza Rice. Portrait d'une inconnue toute-puissante.

Avant le 11 septembre, c'était la personne la plus intéressante à la Maison Blanche. Sa présence à ses côtés et son amitié avec lui avaient même pour effet de rendre intéressant George Bush lui-même. Deux jours avant les attentats de New York et de Washington, la volumineuse édition dominicale du Washington Post consacrait la couverture de son magazine en couleurs à Condoleezza Rice, photographiée dans la galerie qui longe la roseraie du palais présidentiel. "La fierté et le préjugé", disait le titre, annonçant un article superbe sur l'enfance de la conseillère à Birmingham, dans la plus raciste des villes du Sud raciste.

Richard Cheney se remettait alors difficilement de la perte de la majorité au Sénat - que le vice-président préside - et d'un infarctus qui n'était pas le premier ; Donald Rumsfeld, le secrétaire à la défense, était empêtré dans une réforme des forces armées bien mal partie ; le secrétaire d'Etat, Colin Powell, semblait en sérieuse perte de vitesse. Et personne ne voyait très bien où allait la présidence de "W" Bush. Les attentats, le danger terroriste, la guerre déclarée contre les réseaux islamistes ont "défini la présidence", comme disent les commentateurs, et rétabli les perspectives.

Le vice-président est redevenu l'homme le plus important après le président et auprès de lui. Donald Rumsfeld, mauvais ministre de la défense, s'est révélé un excellent ministre de la guerre, selon l'intellectuel conservateur William Kristol, dont chacun a répété la formule. Colin Powell a pu déployer son expérience des relations internationales et son savoir-faire diplomatique pour créer les conditions politiques de la guerre déclarée par les Etats-Unis contre le terrorisme.

La conseillère pour la sécurité nationale s'est effacée derrière le président, qui lui doit sans doute une bonne part du leadership dont il a fait preuve dans cette période. C'est elle qui le tient informé, tout au long de la journée, des événements militaires et diplomatiques. Elle a le premier contact, chaque matin, à 7 h 15, avec Rumsfeld et Powell, par téléconférence. Elle prépare la réunion quotidienne du Conseil national de sécurité, que préside George W. Bush et dont sont membres le vice-président (présent en personne ou par vidéo), les ministres des affaires étrangères et de la défense, le directeur de la sécurité intérieure et le directeur de la CIA.

Une seconde réunion de ce groupe a lieu en fin d'après-midi, avec davantage d'utilisation de la vidéoconférence mais sans le président ; c'est la conseillère qui la dirige. Outre ces rendez-vous fixes, elle voit son patron plusieurs fois dans la journée, éventuellement avec Richard Cheney lorsque celui-ci est présent, secrètement, à la Maison Blanche. Elle assiste à certains entretiens avec des chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers. Ses journées commencent à 5 heures, dans son appartement du Watergate, par une séance de gymnastique, et se terminent rarement avant 23 heures.

Michael McFaul, spécialiste comme elle de la Russie et professeur à l'université Stanford, où elle enseignait, estime que le rôle de Condoleezza Rice s'est accru depuis le 11 septembre. "Il ne fait pas de doute, pour moi, que la guerre telle qu'elle est menée doit beaucoup à sa façon de penser, parce que le président lui fait confiance", dit-il. Coit Blacker, directeur de l'Institut d'études internationales de Stanford, reconnaît les idées et le style de son ancienne collègue dans ce qu'il estime être le caractère "hautement réfléchi et maîtrisé" de la campagne contre le terrorisme, au-delà des seules opérations militaires en Afghanistan.

Il est difficile, pourtant, de repérer une décision ou un arbitrage dont on puisse dire à coup sûr qu'il porte sa marque. Le président ayant décidé, dès le 17 septembre, de ne pas attaquer l'Irak et de limiter l'action des forces armées à l'Afghanistan, on peut supposer que sa conseillère était de cet avis. L'importance donnée à la relation avec la Russie, le sommet Bush-Poutine des 13 au 15 novembre, puis la décision récente de dénoncer le traité de 1972 sur la protection antimissile témoignent incontestablement du maintien de priorités chères à la spécialiste des relations américano-russes.

Le soutien apporté à Ariel Sharon et la méfiance envers Yasser Arafat, sensibles dans les déclarations de la Maison Blanche, sont probablement en accord avec ses vues. Cependant, comme elle veille, avec les autres seniors de l'équipe présidentielle, à éviter toute fuite et qu'elle donne l'exemple en ne s'exprimant jamais avant les arbitrages présidentiels, il est difficile de mesurer son influence.

Son rôle de conseillère ne l'empêche pas de participer de temps en temps aux émissions politiques du dimanche à la télévision. Titulaire d'un poste de rang ministériel, elle est l'un des responsables de l'administration habilités à expliquer l'action du président dans le domaine international. Les spectateurs de CNN ont pris connaissance, le 16 décembre, de sa nouvelle coiffure, adoptée à l'occasion de la soirée des prix du Kennedy Center, à laquelle elle assistait, deux semaines auparavant, avec le président et le Tout-Washington gouvernemental et diplomatique.

La coupe a retenu l'attention en raison de son caractère un peu décoiffé, pas très républicain, contrastant avec le style jusqu'alors uniformément conservateur de la conseillère. Dans le numéro d'octobre du mensuel Vogue, préparé avant le 11 septembre, elle était photographiée en robe longue près d'un piano de concert. Condoleezza Rice ne s'interdit pas de plaire, mais si son charme du Sud semble faire l'unanimité de ceux qui la connaissent, c'est le moindre de ses atouts.

Cette femme de quarante-sept ans, née à Birmingham le 14 novembre 1954, s'impose par l'esprit et la force. Birmingham, en Alabama, était l'une des villes où la ségrégation atteignait une sorte de sommet dans l'ignominie. Les lois dites "Jim Crow", du nom d'un personnage de chanson burlesque, cantonnaient les Noirs dans certains quartiers, leur interdisaient l'accès des restaurants et magasins des quartiers blancs, les obligeaient à s'entasser à l'arrière des autobus, séparaient les fontaines, les quais de gare, les toilettes publiques.

Les écoles étaient bien sûr séparées, elles aussi, et lorsque le père de Condoleezza Rice, un enseignant et ministre du culte presbytérien, a voulu s'inscrire sur les listes électorales, le responsable du bureau de vote, un démocrate - les Jim Crow democrats dominaient alors le Sud -, lui a présenté un saladier rempli de haricots et demandé d'en dire le nombre. John Rice est revenu un autre jour, l'un des rares où le bureau était tenu par un républicain, qui l'a inscrit à condition qu'il s'enregistre comme républicain (aux Etats-Unis, un électeur s'inscrit comme démocrate, républicain ou indépendant).

Martin Luther King, arrêté après une manifestation, a écrit sa Lettre de la prison de Birmingham. C'est dans cette ville qu'une bombe placée par le Ku Klux Klan dans une église baptiste du quartier de Titusville, où vivaient les Rice, a tué quatre petites filles de onze à quatorze ans le dimanche 15 septembre 1963. L'une d'elles, Denise McNair, était une camarade de classe de Condoleezza. La réprobation suscitée dans tout le pays par ce crime a aidé le président Lyndon Johnson à faire passer au Congrès, l'année suivante, la loi sur les droits civils.

Quelques jours après sa promulgation, John et Angelena Rice emmenaient leur fille dans un restaurant du centre-ville, afin de lui montrer ce qu'est la force du droit. Silence, fourchettes arrêtées à mi-chemin. Un maître d'hôtel s'approche et conduit les Rice jusqu'à une table. "Les gens se sont remis à manger, voilà tout", raconte-t-elle à la journaliste du Washington Post, Dale Russakoff, qui a deux ans de plus qu'elle et qui vivait, à la même époque, du côté blanc de Birmingham.

La famille est partie, en 1965, pour une autre ville de l'Alabama, Tuscaloosa, où le père avait été nommé principal de collège. En 1967, il devenait vice-chancelier de l'université de Denver, dans le Colorado. En 1969, à quinze ans, Condoleezza Rice, qui avait sauté deux années dans sa scolarité primaire et secondaire, entre dans cette université.

Petite-fille de pianiste, baptisée par sa mère par emprunt à une nuance musicale - con dolcezza, en italien : avec douceur -, elle joue du piano depuis l'âge de trois ans et veut devenir concertiste. "J'ai compris que je n'y arriverais pas et que je me dirigeais inexorablement vers l'emploi de pianiste de bar, racontait-elle il y a peu devant une association de femmes noires près de Washington. J'ai dit à mes parents : Je veux changer de matière principale. - Et pour faire quoi ? - Je ne sais pas. - Tu vas finir serveuse dans un Howard Johnson ! - Après tout, c'est ma vie. - Oui mais, après tout, c'est notre argent."

C'est alors qu'elle a suivi le cours de politique internationale d'un immigré tchèque qui n'était autre que Joseph Korbel, le père de la future secrétaire d'Etat de Bill Clinton, Madeleine Albright. "Ce fut le coup de foudre, dit-elle. J'ai découvert ma passion. J'ai appris le russe. Je suis devenue une spécialiste de l'Union soviétique." Vingt ans plus tard, conseillère du premier président George Bush, elle accompagne en hélicoptère Mikhaïl et Raïssa Gorbatchev en visite aux Etats-Unis. "Je me suis dit que j'avais bien fait de changer de matière principale", confie-t-elle.

A vingt-six ans, Condoleezza Rice est assistante à l'université Stanford, à Palo Alto, en Californie, l'une des universités les plus prestigieuses des Etats-Unis, située au cœur de ce qui est en train de devenir la Silicon Valley. Par respect pour l'œuvre libératrice de Johnson, elle a voté démocrate à l'élection présidentielle de 1976. Trois ans plus tard, la naïveté du président Jimmy Carter lors de l'invasion soviétique en Afghanistan l'effraie et la convainc de choisir Ronald Reagan en 1980.

En 1984, son ami Coit Blacker l'entraîne dans la première campagne d'un candidat à la candidature démocrate, Gary Hart, qui n'emporte pas la nomination. En 1986, elle rencontre le général Brent Scowcroft dans un dîner de spécialistes du contrôle des armements. Impressionné par cette "jeune pousse" qui pose les bonnes questions dans un univers d'hommes aux tempes grises, le général fera appel à elle quand il sera choisi comme conseiller pour la sécurité nationale, en 1989, par George Bush père.

Elle ne restera que deux ans à la Maison Blanche. En 1991, elle décide de "retrouver une vie",et, lorsqu'on lui demande ce qu'elle entend par là, elle parle pudiquement de son goût pour le café du samedi matin. Devenue une personnalité du monde politique autant qu'universitaire - elle sera nommée "prévôt" de Stanford, c'est-à-dire numéro deux, en 1993 -, elle entre aux conseils d'administration de la firme d'investissement Charles Schwab et du pétrolier Chevron, où elle retrouve George Schultz, ancien secrétaire d'Etat de Ronald Reagan.

Chevron ayant pour habitude de donner à ses nouveaux navires les noms de ses plus célèbres administrateurs, le tour de Condoleezza Rice était arrivé quand George Bush fils a décidé, en décembre 2000, de nommer conseillère nationale pour la sécurité celle qui avait été son principal instructeur en matière internationale pendant la campagne électorale. Ce rappel des liens, décidément multiples, entre la nouvelle administration et l'industrie pétrolière ne paraissait pas opportun. En mai, Chevron, un peu vexé, a accepté de "ressortir le pinceau", comme l'a dit un de ses dirigeants, pour changer le nom du navire.

Condoleezza Rice est une Noire républicaine. Elle aime l'intelligence, le pouvoir et l'argent. Elle n'aime pas la façon dont les démocrates considèrent ses semblables. "Je préfère être ignorée que prise en charge", dit-elle. Dans sa famille, résister au racisme était un combat personnel qui passait avant tout par le savoir. A Denver, quand un professeur a entrepris d'exposer une théorie sur la supériorité intellectuelle des Blancs, elle s'est levée pour lui lancer : "Celle qui parle le français, ici, c'est moi. Celle qui joue Beethoven, c'est moi. Je possède votre culture mieux que vous. Ce sont des choses qui s'enseignent." Condoleezza Rice a beaucoup appris et beaucoup enseigné. Il est possible que les Américains commencent seulement à découvrir la leçon qu'elle porte en elle.
Patrick Jarreau, le Monde, 4 janvier 2002, p. 9, LE MONDE | 03.01.02 | 10h32

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(Septembre 2002) La profession de foi de Condoleezza
Le Financial Times de Londres publie une interview de Condoleezza Rice, où la conseillère pour la sécurité du président Bush envisage déjà l'après-guerre : Washington "se consacrera entièrement" à la reconstruction de l'Irak, promet-elle. D'une manière générale, les Etats-Unis souhaitent "apparaître comme des libérateurs", dédiés "à la démocratisation et à la marche vers la liberté du monde musulman", en s'appuyant sur ses éléments réformateurs. Avec ou sans l'aval de l'ONU, on ne peut plus maintenant "laisser filer" Saddam Hussein ...
lemonde.fr, 23 septembre 2002

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(08 avril 2004) Attentats du 11 septembre: Condoleezza Rice défend Bush âprement

WASHINGTON (AFP) - La conseillère de la Maison Blanche pour la sécurité nationale Condoleeza Rice a défendu âprement jeudi le président George W. Bush en insistant sur sa détermination à éradiquer le terrorisme international avant même les attentats du 11 septembre 2001.

"Le président Bush comprenait la menace et comprenait son importance", a déclaré Mme Rice, en répondant aux accusations lancées par Richard Clarke, ancien conseiller de la Maison Blanche pour le terrorisme, qui avait reproché à l'administration Bush d'avoir de janvier à septembre 2001 négligé l'importance des menaces terroristes contre les Etats-Unis.

Cette haute responsable témoignait sous serment et en public devant la commission d'enquête chargée de déterminer pourquoi les différents services de renseignement et de sécurité américains avaient échoué à prévenir les attentats perpétrés par le réseau d'Oussama Ben Laden, qui avaient fait près de 3.000 morts à New York et Washington.

Toutes les grandes chaînes de télévision américaines ont retransmis en direct la déposition très attendue de Mme Rice, qui se déroulait dans une salle bondée au Congrès. Des représentants des familles des victimes se trouvaient dans les travées du public.

Le témoignage de Mme Rice pourrait se révéler crucial pour le président Bush.

Celui ci cherche en effet à projeter l'image d'un commandant en chef implacable dans la lutte contre le terrorisme international, pour assurer sa réélection à la Maison Blanche en novembre prochain.

Mme Rice dans une déclaration liminaire d'une vingtaine de minutes, a expliqué que dès son entrée à la Maison Blanche le président Bush avait compris qu'Al-Qaïda représentait "une sérieuse menace". Mais a-t-elle dit, "il avait clairement indiqué qu'il ne voulait réagir à Al-Qaïda au coup par coup. Il m'a dit qu'il en avait assez de tuer des mouches".

Une "nouvelle stratégie" antiterroriste a donc été développée par l'administration Bush durant le printemps et l'été 2001 et approuvée le 4 septembre, une semaine avant les attentats, a-t-elle poursuivi.

Elle a également pris soin de souligner que la priorité de M. Bush avant les attentats du 11 septembre 2001 n'était pas l'Irak.

"La toute première directive majeure en matière de sécurité nationale de l'administration Bush n'était pas la Russie, pas le système de défense anti-missile, pas l'Irak, mais l'élimination d'Al-Qaïda", a-t-elle affirmé.

Richard Clarke, qui avait témoigné devant la commission avait également accusé le président Bush et ses proches collaborateurs d'avoir cherché à incriminer l'Irak de Saddam Hussein immédiatement après les attentats.

Elle a démenti un peu plus tard cette accusation en affirmant que "pas un seul des principaux conseillers (de M. Bush) ne lui a recommandé de faire quelque chose contre l'Irak. Il n'était question que de l'Afghanistan".

Très à l'aise, Mme Rice, qui était vêtue d'un tailleur gris perle épinglé d'un petit drapeau américain en broche, a regretté que les précédentes administrations américaines depuis le début des années 80 n'aient pas pris suffisamment au sérieux les menaces terroristes.

"Les terroristes étaient en guerre contre nous, mais nous n'étions pas en guerre contre eux", a-t-elle affirmé. "Pendant plus de vingt ans la menace terroriste a pris de l'ampleur et la réponse de l'Amérique, durant plusieurs administrations s'est révélée insuffisante" a-t-elle dit.

Sans jamais manifester d'émotion, contrairement à Richard Clarke qui lors de sa comparution devant la commission avait offert ses excuses aux familles des victimes du 11 septembre d'une voix serrée, Mme Rice a également souligné que qu'aucune "solution miracle" n'aurait pu empêcher les terroristes d'Al-Qaïda de frapper le 11 septembre.

Initialement la Maison Blanche s'était opposée à ce que Mme Rice témoigne sous serment et en public devant la commission, mais devant l'impact des déclarations de Richard Clarke, le président Bush avait la semaine dernière changé d'avis.
Yahoo,fr, actualités, jeudi 8 avril 2004, 16h40

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(Novembre 2004) Une « dure » remplace Powell

«UNE FEMME de caractère » : c'est ainsi que Michel Barnier voit Condoleezza Rice, nommée hier par George W. Bush secrétaire d'Etat (ministre des Affaires étrangères) en remplacement du « modéré » Colin Powell.
A Paris, il est vrai, cette brillante universitaire russophone que Chirac appelle « madame le docteur Rice » ne compte pas (à l'exception de Michèle Alliot-Marie) que des amis : ne préconisa-t-elle pas naguère, visant les opposants à la guerre en Irak, de « pardonner à la Russie, ignorer l'Allemagne, punir la France » ?
A l'évidence, la nomination de cette « dure » à la tête d'un département d'Etat (qui passait jusqu'ici pour l'unique organe de l'administration Bush un tant soit peu favorable aux Européens) est le signe d'une reprise en main totale par les « faucons » menés par le vice-président Dick Cheney et le chef du Pentagone, Donald Rumsfeld.

L'espoir de voir un « Bush II » tenté, face aux réalités du bourbier irakien, d'améliorer ses relations avec ses vieux alliés et d'adoucir sa politique s'amenuise. De fait, selon le « Washington Post » d'hier, ce changement « traduit le triomphe d'une conception tranchante de la diplomatie ».

« Une excellente pianiste »

Cela montre aussi la volonté de Bush de s'impliquer davantage : avec Rice, explique Pascal Boniface, de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), « c'est comme si George Bush prenait directement le département d'Etat ».

Affectueusement surnommée Condi par Bush, cette élégante célibataire de 50 ans (elle a fêté son anniversaire dimanche), issue de la « middle class » noire-américaine, devenue une spécialiste de l'ex-URSS et recrutée par l'équipe de Bush père (1988-1992), est très liée à la famille du président.
Comme ce dernier, elle adore regarder les matchs de base-ball à la télé... mais se double d'une pianiste confirmée, donnant parfois des récitals. Elle est souvent invitée au ranch texan de Crawford dans l'intimité du clan Bush.
« Son vrai mérite, juge non sans ironie un ex-ministre français, est de rendre compréhensible à Bush un monde complexe, et d'anticiper ses décisions. »
Lors d'un dîner à Washington, la langue de Condi aurait d'ailleurs fourché : « Comme je le disais à mon mari... euh, au président »... Mais entre les « poids lourds » rivaux Powell, Cheney et Rumsfeld, Condi Rice, au poste de conseillère à la Sécurité nationale dans la première administration Bush (elle est remplacée par son adjoint Steve Hadley), a souvent eu du mal à arbitrer et à exister.

Si « madame le docteur Rice », marquée par la guerre froide, a endossé la « croisade » contre le terrorisme lancée après le 11 septembre, elle n'est reste pas moins une pragmatique. En janvier 2003, elle sidéra un émissaire de Chirac qui la mettait en garde contre un embrasement de la rue arabe en cas d'intervention américaine en Irak : « On peut faire confiance aux autocrates de la région pour éviter ce risque », rétorqua-t-elle en substance. Cela alors que la Maison-Blanche justifiait son expédition par la démocratisation du Proche-Orient !...
La question désormais est de savoir si Washington, confronté aux défis de l'Irak, du nucléaire iranien et nord-coréen, du conflit israélo-palestinien, poursuivra une politique agressive ou si, pour ce second mandat, le pragmatisme pourra malgré tout l'emporter.
Henri Vernet, Le Parisien, mercredi 17 novembre 2004, p. 8

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George Bush et son harem de protection
Le président américain aime à s'entourer de femmes fortes et qui l'adulent.

Quiconque travaille dans une entreprise ou dans une administration connaît le phénomène des «couples de travail». Un homme, une femme, travaillent en parfaite harmonie, sans aucune tension sexuelle. Aux Etats-Unis, les sociologues parlent de work husbands et work wives. George W. Bush, lui, a amélioré le concept, avec le work harem.

Les Américains ont découvert la semaine dernière l'existence de Harriet Miers, une célibataire de 60 ans que George W. Bush entend nommer à la Cour suprême. Miers était son avocate, avant de le suivre à Washington. A peine a-t-elle été nommée que des sources, à la Maison Blanche, l'ont aussitôt présentée comme sa work wife. Mais les mêmes collaient déjà la même étiquette à Condoleezza Rice, une autre célibataire, ancienne conseillère à la sécurité nationale du Président, aujourd'hui secrétaire d'Etat. Auparavant, c'était la conseillère en communication et ombre du Président, Karen Hughes, qui était considérée comme son «épouse de travail».

Récompenses.
Toutes ces femmes, auxquelles il faut ajouter la légitime, Laura, ont en commun d'être très directes, très loyales et très travailleuses. Elles adulent Bush et le protègent. En retour, il les admire et les récompense. Condoleezza Rice a été nommée secrétaire d'Etat, Karen Hughes, secrétaire d'Etat adjointe chargée de la diplomatie publique. Quant à la nomination de Harriet Miers, elle a plus surpris encore, celle-ci n'étant pas juge, et n'ayant aucune expérience constitutionnelle. Bush, lui, ne doute pourtant pas une seconde de son choix. «Elle est la meilleure personne que je pouvais trouver», a-t-il affirmé mardi, avec l'air d'y croire.

«W. adore être entouré de femmes solides qui consacrent leur vie entière à le dorloter, comme les vestales virginales veillant sur le feu sacré, gardiennes de ses valeurs et cerbères de sa réputation», écrit dans le New York Times la chroniqueuse Maureen Dowd, qui a un piment de cayenne en guise de langue.

Le Président, en tout cas, semble plus faire confiance à ses work wives qu'à n'importe qui d'autre. Il les invite fréquemment à Camp David, la maison de campagne des présidents des Etats-Unis, ou à Crawford, son ranch texan. Et pour prendre sa décision finale concernant la guerre en Irak il n'a consulté que deux personnes : Rice et Hughes. Les deux ont approuvé la guerre (1).

«Bush a toujours eu besoin d'être entouré de femmes, qui sont pour lui plus des mères que des épouses, qui l'aiment sans équivoque, qui viennent à son secours, qui le sauvent», juge Justin Frank, un psychiatre de Washington qui s'est risqué, dans un livre, à une analyse sauvage du Président (2). Selon lui, ce besoin est la conséquence d'un manque affectif, lié à la personnalité autoritaire et froide de sa mère Barbara, qui ne l'a «jamais materné». Ses enfants la surnommaient «The Enforcer», «la Porte-Flingue». «Bush est toujours un petit garçon effrayé, poursuivi par des peurs, continue Frank. La plupart des gens ne voient pas ce trait de caractère, parce que Bush se débrouille pour donner cette image de macho. Mais c'est évident. Ces femmes, qui l'adorent, l'aident à surmonter ces peurs, à se sentir mieux.»

«Pitbull en escarpins».
La femme de Bush, Laura, incarne à la perfection le personnage de mère. C'est elle qui l'a sauvé de l'alcool et de l'échec professionnel. Mais Karen Hughes, Condoleezza Rice ou Harriet Miers se sont liées à Bush en le protégeant. Hughes a écrit ses discours, son livre, A Charge to Keep, et elle a quitté sa famille pour le suivre à Washington. Rice l'a guidé pas à pas sur la scène internationale pendant les premiers mois de l'année 2001. En avril dernier, elle aurait laissé échapper cet extraordinaire lapsus : «comme je le disais à mon mar... au président Bush...» Harriet Miers, elle, était au Texas l'avocate personnelle de Bush, qui la surnommait affectueusement «la Pitbull en escarpins». C'est elle qui s'était arrangée pour qu'il n'ait pas à faire son devoir de juré, lorsqu'il était gouverneur du Texas, ce qui lui a permis d'éviter d'admettre sur la place publique qu'il avait été condamné pour conduite en état d'ivresse dans le Maine...

Lien unique.
Justin Frank n'est pas le seul à avoir réfléchi sur la relation de Bush aux femmes. Il y a trois ans, dans une interview (3), Laura Bush avait analysé la symbiose Bush-Hughes comme une affaire d'«instincts communs», une histoire «très en rapport avec sa mère». Selon elle, le lien unique que W. a tissé avec Barbara Bush juste après la mort de sa soeur Robin (il avait 7 ans) le pousse à chercher des affinités avec des «femmes très naturelles». Laura a visiblement poussé Bush à nommer Miers à la Cour suprême. Si celle-ci est confirmée par le Sénat, cela marquera la fin du work harem de Bush. Ne restera plus à la Maison Blanche, comme «femme très naturelle», que la First Lady.
(1) Plan of Attack, Simon & Schuster, 2004.
(2) Bush on the Couch, éd. ReaganBooks, 2004.
(3) Ron Suskind, «Mrs. Hughes Takes her Leave», Esquire Magazine, juillet 2002.
Par Pascal RICHE, samedi 08 octobre 2005 (Liberation - 06:00)

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Exception culturelle : Rice menace
La secrétaire d'Etat américaine dénonce la convention qui doit être examinée à l'Unesco.

La fièvre monte à l'Unesco, à la veille de l'examen d'une convention invitant les Etats à protéger leur production culturelle, à l'initiative notamment de la France et du Canada. Les Etats-Unis se voyant cruellement isolés, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui envisage une descente surprise à Paris dans la semaine, a solennellement mis en garde contre ce texte.

Dans un courrier aux pays membres, daté du 4 octobre, elle exprime sa «profonde inquiétude» devant une convention risquant de «faire capoter les progrès vers une libéralisation mondiale du commerce à l'OMC». Elle estime que, sous couvert de «protection» de la culture, la convention pourrait inciter les régimes autoritaires à violer la liberté d'expression et les droits des minorités. Pressant l'Unesco de retarder l'examen d'un texte si dangereux, afin d'en corriger les «défauts majeurs», la missive se termine sur une menace à peine voilée : la ministre de Bush rappelle que les Etats-Unis avaient quitté l'Unesco à la suite d'un précédent conflit, et redoute que le vote en cours ne «défasse» le travail accompli depuis leur retour.
Par Vincent NOCE, jeudi 13 octobre 2005 (Liberation - 06:00)

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Août 2006. Guerres inter-sémitiques. L'affrontement au Liban d'Israël et du Hezbollah.
Vote, à l'unanimité, à l'ONU, d'une résolution Franco-américaine (rés. 1701,
immédiatement violée par Israël), permettant à Israël, non vainqueur, de se retirer :
La récompense de Douste :

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dimanche 20 aout 2006, 8h43 Israël va poursuivre ses raids au Liban malgré la trêve

JERUSALEM (AFP) - L'Etat hébreu a affirmé dimanche qu'il poursuivrait ses raids au Liban pour empêcher les transferts d'armes destinées au Hezbollah, au lendemain d'une opération commando israélienne dans l'est qui a été qualifiée par l'ONU de "violation" du cessez-le-feu.

Entrée en vigueur il y a à peine une semaine, la trêve paraissait ainsi de plus en plus fragile d'autant plus que le Liban a menacé samedi de suspendre le déploiement de son armée dans le sud du pays après l'opération commando qualifiée de "violation flagrante" du cessez-le-feu par le Premier ministre libanais Fouad Siniora.

"Tant que l'armée libanaise ou les forces internationales ne seront pas déployées (au Liban sud), l'armée israélienne ne cessera pas ses survols dans la région pour empêcher les transferts d'armes en provenance de la Syrie", a affirmé à la radio publique Gideon Ezra, ministre israélien de l'Environnement, un proche du Premier ministre Ehud Olmert.

Un porte-parole de l'armée a pour sa part réaffirmé qu'en "l'absence d'un système de contrôle à la frontière (entre la Syrie et le Liban), Israël continuera à opérer pour empêcher le transfert d'armes au Hezbollah".

L'armée israélienne avait affirmé que le raid héliporté mené samedi matin contre un bastion du parti chiite près de la ville de Baalbeck (est), dans lequel un lieutenant-colonel israélien a été tué et deux autres officiers blessés, visait à "empêcher des livraisons d'armes au Hezbollah de l'Iran et de la Syrie".

Pour elle, cette opération ne constituait qu'une riposte à "une violation" de la résolution 1701 de l'ONU qui, outre la cessation des hostilités entre le Hezbollah et Israël, prévoit notamment un embargo sur la fourniture d'armes au Hezbollah.

La radio publique israélienne a cependant émis une autre hypothèse. Selon elle, le commando aurait pu avoir comme mission de libérer les deux soldats israéliens capturés le 12 juillet par le Hezbollah, qui a été le détonateur du conflit qui a coûté la vie à près de 1.300 personnes au Liban et à plus de 150 Israéliens.

"Je pourrais demander au Conseil des ministres de décider l'arrêt du déploiement de l'armée dans le sud car nous n'avons pas envoyé les troupes pour qu'elles tombent dans les pièges tendus par Israël", a déclaré samedi le ministre libanais de la Défense Elias Murr qui devait donner dimanche matin une conférence de presse.

Conformément à la résolution 1701, l'armée libanaise a commencé à se déployer dans le sud du pays depuis jeudi afin de reprendre le contrôle de ce territoire, qui était depuis des années sous le coupe du Hezbollah. Ce déploiement doit être concomitant au retrait de l'armée israélienne qui y occupent toujours des positions après le cessez-le-feu.

A New-York, le raid de samedi a été qualifié de "violation" par Kofi Annan qui a également appelé les parties à faire preuve d'un "maximum de retenue".
"Le secrétaire général est profondément préoccupé par une violation, par la partie israélienne, de la cessation des hostilités prévue par la résolution 1701 du Conseil de sécurité", a affirmé samedi le porte-parole de Kofi Annan.
"Toute violation de ce type de la résolution 1701 du Conseil de sécurité met en danger le calme fragile", a souligné le porte-parole de Kofi Annan. "Le secrétaire général appelle à nouveau toutes les parties à respecter strictement l'embargo sur les armes, à pratiquer le maximum de retenue", a-t-il ajouté.

Ce regain de tensions intervient alors que sont arrivés samedi au Liban sud une cinquantaine de soldats français du génie, premiers éléments de la nouvelle Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) qui doit épauler l'armée libanaise dans son déploiement dans le sud du pays.

La composition de la Finul est toujours en discussion entre l'ONU et les pays qui ont offert d'envoyer des troupes.
La France a proposé pour l'instant de dépêcher 200 militaires, alors que l'ONU compte sur elle pour fournir l'ossature de la force dont les effectifs doivent atteindre 15.000 hommes en vertu de la résolution 1701. Mise sur pied en 1978, la Finul actuelle compte 2.000 hommes, dont 200 Français.
Cette décision de la France d'envoyer 200 hommes a provoqué la "stupeur" et le "désarroi" en Israël, a indiqué dimanche un haut responsable des Affaires étrangères.
L'ONU multiplie les appels en direction de la France et de l'Europe pour obtenir davantage de Casques bleus pour le sud du Liban.
Mais de nombreux pays, redoutant de tomber dans un guêpier hésitent à s'engager militairement sur le terrain et exigent un mandat clair de l'ONU.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU, Mark Malloch Brown, a indiqué que l'ONU leur avait fourni les précisions demandées.
Mais pour le moment, l'organisation n'est pas encore parvenue à rassembler l'avant-garde de 3.500 hommes qu'elle souhaite envoyer au Liban d'ici au 28 août.
Yahoo.fr, actualités, Par Jean-Luc RENAUDIE, dimanche 20 aout 2006, 8h43

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lundi 25 juin 2007, 18h03 Yahoo.fr, actualités Réconciliation franco-américaine emphatique avec Rice à Paris

PARIS (Reuters) - Les Etats-Unis et la France, dont les relations se sont fortement détériorées en raison de la guerre en Irak, ont tenu à mettre en avant leur rapprochement pour la première visite à Paris de Condoleezza Rice sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Ce dernier, qui avait exprimé pendant la campagne électorale sa sympathie pour les Etats-Unis, espère que le séjour de deux jours de la secrétaire d'Etat à Paris marquera un tournant dans des relations bilatérales mises à mal par l'opposition de Jacques Chirac à cette intervention militaire qui a débuté en 2003.

La visite de Rice coïncide avec une conférence sur le Darfour organisée par le président français. Des responsables américains jugent que les autorités françaises ont fait trop peu auparavant pour tenter de stopper le "génocide" qui frappe, selon Washington, cette région de l'ouest du Soudan.

Rice s'est entretenue longuement avec le successeur de Jacques Chirac ainsi qu'avec les ministres français de la Défense et des Affaires étrangères sur des sujets tels que l'Iran, l'Irak, le Proche-Orient et le Kosovo.

"Plus nous travaillerons ensemble, mieux ce sera", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, lors d'une conférence de presse conjointe précédant un dîner avec Rice.

"(...) Sur bien des sujets concernant l'actualité immédiate, nous avons eu une occasion de voir combien nous étions proches. Parfois nous n'étions pas sur le même niveau de proximité. C'est bien entre amis de se dire les choses franchement", a-t-il ajouté.

BISES ET HOMMAGES

Rice s'est montrée tout aussi chaleureuse en adressant ses félicitations à Sarkozy pour sa victoire électorale.

Elle a salué par ailleurs le travail de Kouchner au sein de Médecins sans frontières, dont il est l'un des fondateurs, et qu'elle a présenté comme "l'une des plus belles organisations (...) jamais créées".

Selon des analystes, cette cordialité ostensible ne doit pas faire oublier les sujets sur lesquels les deux pays sont encore en désaccord, notamment les réticences françaises à l'élargissement de l'Otan, le projet américain de bouclier antimissile - dont certaines composantes doivent être installées en Europe - et le soutien de Washington à Israël.

"Il y a un nouveau climat (...). Il y a une nouvelle confiance mais c'est plus dans le ton et dans le style que sur le fond", estime Dominique Moisi, de l'Institut français des relations internationales.

"Au plan psychologique, on a le sentiment aux Etats-Unis qu'il y a une France nouvelle, avec à sa tête un allié de Washington. En même temps, en France, je ne crois pas que la perception de l'administration Bush ait changé.

"Pour confirmer ce changement de climat, il faudra attendre qu'il y ait un nouveau président à Washington et, idéalement, un président issu du Parti démocrate."

Sur le plan de la gestuelle, les relations franco-américaines se sont en tout cas nettement réchauffées. Kouchner a ainsi embrassé son homologue américaine sur les deux joues dimanche, donnant aux photographes l'occasion d'immortaliser ce symbole de la réconciliation, processus qui a pourtant débuté il y a plusieurs années déjà.

Kouchner a écouté, rayonnant, l'hommage emphatique rendu par Rice au soutien apporté par la France à la révolution américaine: "Sans votre aide, il n'y aurait peut-être pas eu d'Etats unis d'Amérique", a-t-elle dit.
lundi 25 juin 2007, 18h03 Yahoo.fr, actualités

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