Edward O. Wilson (1929 - )
Le fondateur de la sociobiologie

La sociobiologie est née aux Etats-Unis d'Amérique en 1975 lorsque Edward O. Wilson, professeur de zoologie à Harvard, publie son ouvrage fondamental "Sociobiology, the new synthesis".

La sociobiologie est née des recherches les plus récentes en éthologie, la science du comportement animal, en écologie et en biologie génétique.

La sociobiologie a pour objet de rechercher les causes et les conséquences de la socialité, de la vie sociale. La sociobiologie s'est beaucoup intéressée aux fourmis, des insectes particulièrement performants, et a constaté que la socialité était un phénomène commun à différents groupes animaux, notamment aux primates donc à l'Homme.

Les sociobiologues pensent que les êtres vivants sont en perpétuelle compétition pour essayer d'améliorer leur situation. Plus précisément, selon Wilson, l'organisme vivant n'existe pas pour lui-même mais pour permettre la reproduction de ses gènes, la transmission de son génotype, son patrimoine génétique, dans les meilleures conditions possibles, quantitatives et qualitatives. L'individu stérile assure le succés de son patrimoine génétique en favorisant la reproduction des individus fertiles de sa parenté (kin selection, théorie de la parentèle, découverte par le britannique W.D. Hamilton en 1964), c'est le fondement de l'altruisme. Et c'est la faculté de reconnaître ses parents génétiques qui permet d'orienter ses relations sexuelles de telle sorte que l'inceste soit évité.

Pour Wilson la "nature humaine" est faite d'un certain nombre de contraintes biologiques, codées génétiquement, qui amènent les différents humains à prendre les mêmes décisions dans un large éventail de contextes. Wilson pense que le moteur du comportement social est l'égoïsme biologique qui permet la conservation de ses propres gènes et/ou de leurs copies, ce qui conduit les individus à s'affronter socialement pour l'acquisition de la dominance - car la dominance sociale, directement liée à l'agressivité, peut se traduire par un grand succés reproductif.

Edward O. Wilson et les sociobiologistes ont été violemment attaqués aux Etats-Unis et en France par les scientifiques environnementalistes marxistes ou proches du marxisme (radical-scientists, le généticien Richard Lewontin (et autres auteurs, Nous ne sommes pas programmés : génétique, hérédité, idéologie, La Découverte, Paris, 1985) et le biologue et géologue Stephen Jay Gould (La Mal-mesure de l'Homme, Ramsay, Paris, 1983 ; La Vie est belle, les surprises de l'évolution, Le Seuil, Paris, 1991) du groupe Science for the People. Pierre Thuillier, Les biologistes vont-ils prendre le pouvoir, la sociobiologie en question, Editions Complexe, Bruxelles, 1981.). La sociobiologie est accusée d'être une idéologie déterministe, sexiste et raciste.

Selon le sociobiologue Français Pierre Jaisson (La Fourmi et le sociobiologiste, Odile Jacob, Paris, 1993, p.17) la sociobiologie n'est pas une idéologie "mais une discipline scientifique qui regroupe plusieurs théories parfois incompatibles entre elles". Il n'y a pas prédestination mais prédisposition :"la plupart des sociobiologistes considèrent que les aptitudes comportementales des animaux et de l'Homme sont permises par leurs potentialités génétiques" et se développent "sous l'influence du vécu de l'individu". Les différences sexuelles existent mais ces différences ne sont pas des inégalités, "elles participent à la richesse globale de l'espèce". "La sociobiologie humaine s'intéresse aux comportements universels de l'espèce humaine ... Il n'y a pas de travaux sociobiologiques sur les comparaisons interethniques (la notion de race est particulièrement floue chez l'Homme)".

Edward O. Wilson, Sociobiology, the new synthesis, Havard University Press, 1975, La Sociobiologie, Le Rocher, Monaco/Paris, Cambridge (USA), 1987 ; On human nature, HUP, 1978, L'Humaine nature. Essai de sociobiologie, Stock, Paris, 1979. Charles Lumsden & Edward Wilson, Genes, Mind and Culture, HUP, 1981 ; Promethean Fire, HUP, 1983, Le Feu de Prométhée, Réflexions sur l'origine de l'esprit, Mazarine, Paris, 1984 ; L'unicité du savoir, de la biologie à l'art, une même connaissance, Robert Laffont, Paris 2000.
Pour certains sociobiologues l'organisme vivant n'est qu'un "véhicule à gènes", Richard Dawkins, The Selfish Gene, Oxford, 1976, Le Gène égoïste, Menges, Paris, 1978, Armand Colin , Paris, 1990.

Retour Première Page